Crise du logement, prêt à taux zéro, loi SRU, locations saisonnières, sans-abris pendant les JO... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Olivier Klein
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse directe
Depuis des mois vous prévenez que le logement sera la prochaine bombe sociale, est-ce que ça y est la mèche est allumée ?
- 1:19RelanceRéponse partielle
Vous dites que le logement n'est pas en haut de la pile médiatique, mais on doute aussi qu'il soit en haut de la pile du gouvernement. 82% des Français pensent que le logement est le grand oublié du gouvernement. Ils se trompent ?
- 2:38OuverteRéponse directe
D'abord sur le constat, pour la première fois depuis 2015, les prix du marché de l'ancien baissent en France. Est-ce qu'il faut laisser faire ou est-ce que le gouvernement doit intervenir ?
- 3:24FerméeRéponse directe
Ça va durer jusqu'à quand, la révision ?
- 3:51RelanceRéponse directe
Il va être maintenu, mais il coûte trop cher, c'est ce que dit Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie. Vous le maintenez, mais est-ce que vous allez changer les conditions d'accès ?
- 4:39RelanceRéponse directe
C'est une somme importante. Mais pas de prêt à taux zéro pour ceux et celles qui veulent s'acheter un petit pavillon ? C'est fini ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueFait
« Oui il y a un risque de bombe sociale, le logement c'est un espèce d'eldorado pour beaucoup de nos concitoyens et moi ma mission avec tous les acteurs du logement c'est empêcher que cette bombe explose. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Il faut qu'ils puissent trouver un logement, donc ça peut être location, ça peut être accession et aujourd'hui on voit qu'il y a des difficultés parce qu'on a une double crise. Une crise de l'offre et une crise de la demande et c'est là-dessus qu'on a travaillé depuis des mois dans le cadre du conseil national de la refondation »
- 1:42Invité politiqueFait
« Regardez MaPrimeRénov', c'est vraiment un dispositif qui a mis l'éco-geste au centre de la réflexion. »
- 1:50Invité politiqueChiffre
« Regardez le premier plan logement d'abord, c'est 440 000 personnes qui sont sorties de la rue pour aller vers un logement. »
- 2:03Invité politiqueChiffre
« il y avait 5 milliards à la fin du quinquennat précédent, il y avait 12 milliards pour les quartiers populaires pour la rénovation urbaine. »
- 3:31Invité politiquePromesse
« Et puis, une des mesures fortes que l'on a, c'est le maintien du prêt à taux zéro pour que nos concitoyens, quels que soient leurs revenus, s'ils en ont la capacité, les classes moyennes et intermédiaires, puissent acheter quand les taux d'intérêt sont forts, le prêt à taux zéro prend encore plus d'importance. »
- 4:32Invité politiqueChiffre
« Donc non, c'est 600 millions d'euros par an que le nouveau PTZ va dépenser pour le budget d'État. »
- 6:56Invité politiqueFait
« En gros, ça divise par 1,5 le prix. »
- 6:59Invité politiqueFait
« À Paris, par exemple, un bail réel solidaire, on arrive à acheter un appartement à 5 000 euros du mètre carré, alors que sans le bail réel solidaire, on serait à 10 000 euros du mètre carré. »
- 9:21Invité politiquePromesse
« Là, on va dire que le prêt à taux zéro, il est maintenu pour trois ans. »
- 13:26Invité politiqueFait
« Non, il faut le respecter. Il faut travailler dans le cadre de la loi SRU telle qu'elle existe, à l'échelle communale. »
- 14:10Invité politiqueFait
« Donc oui, il faut respecter la loi SRU parce qu'elle a permis, vous l'avez dit, de construire plus de 50% du logement social de ces dernières années. »
- 14:18Invité politiqueChiffre
« Donc beaucoup de ceux qui n'y allaient pas, y sont allés. Et 50% du logement social construit ces dernières années l'a été grâce à la loi SRU, qui est une loi extrêmement importante. »
- 14:50Invité politiquePromesse
« Alors, on a passé en première lecture à l'Assemblée la possibilité de continuer à plafonner à 3,5% jusqu'en juin 2024. »
- 18:02Invité politiquePromesse
« parce que si on veut rénover plus, et là on va annoncer un objectif de 200 000 rénovations performantes, efficaces et performantes pour 2024. »
Temps de parole
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Bonjour Olivier Klein, il est de plus en plus difficile de trouver un logement en location aujourd'hui en France, de plus en plus compliqué d'accéder également à la propriété. Depuis des mois vous prévenez que le logement sera la prochaine bombe sociale, est-ce que ça y est la mèche est allumée ?
Oui il y a un risque de bombe sociale, le logement c'est un espèce d'eldorado pour beaucoup de nos concitoyens et moi ma mission avec tous les acteurs du logement c'est empêcher que cette bombe explose. Et donc trouver des solutions pour permettre à nos concitoyens de se loger, quel que soit leur niveau de revenu, quel que soit l'état de leur compte en banque. Il faut qu'ils puissent trouver un logement, donc ça peut être location, ça peut être accession et aujourd'hui on voit qu'il y a des difficultés parce qu'on a une double crise.
Une crise de l'offre et une crise de la demande et c'est là-dessus qu'on a travaillé depuis des mois dans le cadre du conseil national de la refondation, avant même que la crise soit en haut de la pile médiatique, à réfléchir à comment on redonne l'envie de construire aux maires, à nos concitoyens, comment on construit un parcours résidentiel. Je l'ai dit dès le début, je ne suis pas le ministre du logement, mon sentiment c'est que je dois être le ministre du parcours résidentiel, de la mobilité résidentielle de tous nos concitoyens.
Vous dites que le logement n'est pas en haut de la pile médiatique, mais on doute aussi qu'il soit en haut de la pile du gouvernement. 82% des Français pensent que le logement est le grand oublié du gouvernement. Ils se trompent ?
Oui, ils se trompent. Le président de la République et la première ministre ont décidé d'avoir un conseil national de la refondation plein et entier. Tout au long du quinquennat précédent, des choses ont été faites, des choses majeures. Regardez MaPrimeRénov', c'est vraiment un dispositif qui a mis l'éco-geste au centre de la réflexion. Regardez le premier plan logement d'abord, c'est 440 000 personnes qui sont sorties de la rue pour aller vers un logement.
Regardez l'Agence Nationale de la Refondation Urbaine que j'ai eu l'honneur de présider quand on a commencé, il y avait 5 milliards à la fin du quinquennat précédent, il y avait 12 milliards pour les quartiers populaires pour la rénovation urbaine. Donc non, on a travaillé sur la question du logement et on ne part pas d'une page blanche. Et ce Conseil National de la Refondation, c'est la suite de l'histoire de l'action du gouvernement, mais pas tout seul. S'il y a vraiment un sujet qui est une responsabilité partagée, c'est bien celle du logement.
L'État tout seul ne peut rien, les collectivités locales ne peuvent rien toutes seules et c'est ensemble qu'on va construire le parcours résidentiel de nos concitoyens.
Allez, on va essayer de détailler certaines de ces annonces. D'abord sur le constat, pour la première fois depuis 2015, les prix du marché de l'ancien baissent en France. Est-ce qu'il faut laisser faire ou est-ce que le gouvernement doit intervenir ?
Alors qu'il y ait une régulation, c'est la loi de l'offre et la demande. On a appris ça quand on était petits à l'école et c'est juste parce qu'aujourd'hui, c'est vrai qu'un certain nombre de prix étaient très importants et rendaient le logement encore plus inaccessible. Dans une période de hausse de taux d'intérêt, évidemment, il y a un double effet. Donc nous, on doit travailler et c'est ce qu'on fait avec les banques pour que les Français puissent encore accéder au crédit. C'est ce qu'on propose aussi avec le maintien de la mensualisation du taux d'usure. Et donc, il faut continuer à avoir ces mesures d'accompagnement.
Taux d'usure, c'est le taux maximum auquel les banques prêtent, qui a été mensualisé depuis ces derniers mois.
Ça va durer jusqu'à quand, la révision ?
Au moins jusqu'à la fin de l'année, c'est une annonce que doit faire la Première Ministre. Et puis, une des mesures fortes que l'on a, c'est le maintien du prêt à taux zéro pour que nos concitoyens, quels que soient leurs revenus, s'ils en ont la capacité, les classes moyennes et intermédiaires, puissent acheter quand les taux d'intérêt sont forts, le prêt à taux zéro prend encore plus d'importance. Et moi, je suis très très heureux de dire ce matin que le prêt à taux zéro va être maintenu.
Il va être maintenu, mais il coûte trop cher, c'est ce que dit Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie. Vous le maintenez, mais est-ce que vous allez changer les conditions d'accès ?
D'abord, on le maintient dans le neuf, et c'est très important, dans le collectif neuf, en zone tendue. Ça va permettre vraiment à de nombreux Français d'avoir cette espèce d'apport. Un prêt à taux zéro, c'est à peu près considéré pour la banque comme un apport. On va le maintenir dans l'ancien, en zone tendue et détendue, parce qu'on parle beaucoup des passoires thermiques. Le moment de l'acquisition, c'est le bon moment pour faire les travaux. Et donc, permettre de sortir des appartements qui sont vacants grâce au prêt à taux zéro et un soutien à l'acquisition, c'est vraiment extrêmement vertueux.
Donc non, c'est 600 millions d'euros par an que le nouveau PTZ va dépenser pour le budget d'État.
C'est une somme importante. Mais pas de prêt à taux zéro pour ceux et celles qui veulent s'acheter un petit pavillon ? C'est fini ça ?
Non, pas de prêt à taux zéro pour celles et ceux qui veulent s'acheter un petit pavillon, parce qu'il faut faire des choix. Gouverner, c'est aussi faire des choix, des choix budgétaires dans une période où l'argent est plus rare.
Mais pourquoi pas les pavillons ? Pourquoi non aux pavillons, mais oui aux appartements ?
D'abord parce que l'habitat collectif produit plus de logements. On parle tous d'une crise du logement. Donc il faut produire plus de logements. Mais les prix en ville sont bien plus élevés qu'en banlieue ou en zone rurale. Justement, mais les petits pavillons, d'abord c'est souvent de l'ancien. Pour ceux qui ont des pavillons anciens, ils auront accès toujours à ma prime rénov', à l'éco-prête à taux zéro pour rénover son pavillon. Tout ça est toujours possible quand on est déjà propriétaire. Il faut faire des choix. Ce choix, c'est privilégier de loger le plus grand nombre et donc l'habitat collectif.
La droite vous demande de remettre en place la mesure qu'avait prise Nicolas Sarkozy il y a de ça quelques années, c'est-à-dire déduire des impôts, les intérêts d'emprunt des prêts immobiliers pour les primo-accédants. Est-ce que c'est une piste ?
Écoutez, le Conseil national de refondation, les annonces de la première ministre sont tous sauf un point final. On va continuer à travailler. Moi, je veux bien que la droite nous invite à dépenser plus d'argent. Je pense qu'il faut être attentif à l'argent public et choisir les mesures qui privilégient l'accès à la propriété d'un maximum de Français. Mais le logement, ce n'est pas que l'accès à la propriété. C'est pour ça qu'on est aussi extrêmement attentif et actif sur le logement intermédiaire, comme l'a souhaité Emmanuel Macron, le président de la République, parce que ça permet de loger des classes moyennes, de faire un lien plus fort entre l'emploi et le logement.
Aujourd'hui, on le voit, si on veut réussir le plein emploi, si on veut réussir les transformations industrielles de ce pays, il faut ramener beaucoup plus le lien entre l'emploi et le logement, la mobilité, pour permettre d'accéder à un logement, mais aussi garder ou avoir un emploi.
Et le bail réel solidaire, c'est un autre moyen d'accéder à la propriété. Comment ça marche ?
Alors ça, c'est, moi, je crois, un formidable outil, le bail réel solidaire. Ça permet de déconnecter le foncier sur lequel on construit l'immeuble et l'appartement. Ce qui fait que ça permet d'acheter de manière beaucoup plus abordable, là encore, pour des classes moyennes, des revenus modestes, mais être propriétaire. Et donc, on paye seulement son appartement. En gros, ça divise par 1,5 le prix. À Paris, par exemple, un bail réel solidaire, on arrive à acheter un appartement à 5 000 euros du mètre carré, alors que sans le bail réel solidaire, on serait à 10 000 euros du mètre carré.
Et là aussi, vous allez toucher aux critères pour qu'il y ait plus de bénéficiaires ?
Plus de bénéficiaires. La Caisse des dépôts et consignations va accompagner mieux les projets de bail réel solidaire avec un prêt qui s'appelle le prêt Galia et qui va permettre de développer ce très bel outil. Il n'y a qu'en France, où on est à la fois souvent propriétaire du sol et de l'appartement, les londoniens font ça depuis de très, très nombreuses années. Et c'est vraiment un outil qu'on souhaite développer pour permettre l'accession à la propriété des plus modestes.
Olivier Klein, ministre de la Ville et du Logement, invité de France Info jusqu'à 9h, 8h40. Toute petite pause pour le Fil Info avec Diane Ferschit.
Les femmes et les filles sont les grandes oubliées du projet de loi de régulation du numérique. C'est ce qu'affirme le Haut Conseil à l'égalité. Il estime que le texte ne va pas assez loin et préconise plusieurs mesures pour lutter contre les violences en ligne, notamment dans l'industrie pornographique. Boire ou gaspiller, il faut choisir plusieurs associations de défense de l'environnement. Sites une tribune sur franceinfo.fr ce matin. Elles appellent à repenser nos usages en eau face au réchauffement climatique. Le gouvernement doit être plus volontariste, affirme sur France Info Cécile Duflo, la directrice générale d'Oxfam France.
Trois hommes comparaissent à Amiens cet après-midi, suspectés d'avoir agressé Jean-Baptiste Tronieu, le petit neveu de Brigitte Macron. C'était il y a trois semaines des prévenus âgés de 20, 22 et 34 ans qui sont actuellement en détention provisoire. Et puis l'Arabie saoudite veut faire remonter les prix du pétrole. Elle annonce une coupe de production, une réduction volontaire de l'ordre d'un million de barils par jour. Elle doit débuter au mois de juillet. Avec le ministre délégué chargé de la Ville et du logement Olivier Klein, les promoteurs immobiliers tirent aussi la sonnette d'alarme. Ils réclament un plan d'urgence face à l'explosion des matières premières.
Qu'avez-vous prévu de leur annoncer tout à l'heure ?
Aujourd'hui, dans un logement, tout est cher. Le foncier, donc il faut maîtriser le prix du foncier. Les matières premières, on voit qu'elles recommencent à baisser, mais ça va prendre du temps. Et donc, nous, ce qu'on va leur annoncer, c'est ce que je vous disais tout à l'heure. D'abord, le maintien du prêt à taux zéro. Et jusqu'à présent, le prêt à taux zéro, il était annoncé d'année en année. Donc, ça donnait très peu de visibilité. Là, on va dire que le prêt à taux zéro, il est maintenu pour trois ans. Donc, ça permet. Aujourd'hui, quand on démarre un projet, quand on est promoteur, on sait que le temps d'obtenir les permis, etc., ça va prendre du temps.
Néanmoins, et d'ailleurs sur la question des permis, je pense qu'il faut trouver des solutions d'assouplissement. Il faut aller plus vite. Il faut que les maires respectent leur propre PLU. Aujourd'hui, les maires ont des programmes locaux de l'urbanisme qui définissent des hauteurs, etc. Mais quand les promoteurs arrivent, on leur explique, vous savez, finalement, j'ai mis ça dans le PLU, mais moi, je préfère quelque chose de plus bas, etc. Donc, il faut qu'on se donne tous l'envie de construire plus parce qu'on a des concitoyens qui attendent, qui attendent trop longtemps un logement. Et ça, ce n'est plus possible. Donc, c'est tout ça qu'on va faire ensemble.
Il n'y a rien pour les matières premières si j'écoute bien votre réponse.
Non, sur les matières premières, comment voulez-vous qu'on intervienne sur cette question-là ? Après, il y a la RE 2020, il y a des règles. Elles sont justes, elles sont écologiques et il faut les respecter.
Vous dites qu'il faut que les maires fassent un effort, qu'ils permettent plus de construction. Comment concilier la construction de logements avec l'objectif de zéro artificialisation nette des sols ? Comment dire aux maires, il faut permettre plus de construction et en même temps, vous leur mettez d'autres normes ?
D'abord, c'est un objectif 2050. Donc, aujourd'hui, on peut toujours construire et il faut le faire.
Mais avant 2030, il y a un objectif qui est aussi, celui de diviser par deux l'artificialisation qui existe déjà.
C'est pour ça que le gouvernement a annoncé le maintien du fonds Friche. Et on va travailler vraiment à regarder comment on peut faire du renouvellement urbain sur les zones commerciales, sur les friches industrielles, sur les friches. L'État va mettre à disposition, parce que nous aussi, on doit montrer l'exemple avec notre foncier, le foncier de l'État et de ses différents organismes associés. Il faut aussi faire avec le déjà-là, rehausser, rendre ça plus possible. Il faut faciliter la transformation de bureaux en logement. Il y a trop de bureaux vacants aujourd'hui, après le Covid, et puis en fonction des caractéristiques industrielles ou de bureaux d'un territoire.
Et puis, il y a ce qu'on appelle la construction hors-site aussi, qui va être développée. On veut créer une filière française industrielle sur le hors-site pour pouvoir avoir une sobriété foncière. Elle est nécessaire pour la planète, et il faut la mettre en œuvre. Mais moi, je suis persuadé que c'est une opportunité, cette sobriété foncière. D'abord, il faut le faire. Vous aviez, il y a deux minutes, un reportage sur l'eau. Donc, on a besoin de protéger l'eau. Il faut réfléchir au cycle de l'eau. Et en même temps, il faut construire, parce que nos Français ont besoin d'habiter.
Il n'y aura pas d'exception à la loi sur la non-artificialisation des sols. Vous savez qu'il y a des travaux qui sont venus avec le Sénat. Il y a des tentatives en ce moment, ils concourent au sein de la majorité pour dire, attention, ça va être trop dur.
Il y a une réflexion sur le périmètre. Le net doit se calculer sur un périmètre intelligent. Lorsqu'on construit une infrastructure nationale, bien évidemment, ça doit être compensé sur des tailles et des périmètres plus grands que le territoire d'une commune ou d'une intercommunalité. Donc, il faut retrouver...
C'est-à-dire que ça pourrait se décider à l'échelle d'un département ou d'une région, par exemple, plutôt qu'à l'échelle d'une ville.
Ça fait partie des réflexions, en tout cas à l'échelle intercommunale. Il faut restituer. Vous savez, quand on regarde, moi, je suis maire ou j'ai été maire très longtemps. Je fais du renouvellement urbain. Je regarde ma ville. On est en train de reconstruire une ville comme Clichy-sous-Bois sur un ancien délaissé d'autoroutes. En 50 ans, ce délaissé d'autoroutes est devenu une zone humide, alors qu'il y a 50 ans, on prévoyait d'y faire passer une autoroute. Eh bien, on cherche dans sa ville d'autres lieux, d'autres zones humides pour restituer, parce que net, ça veut dire donner et restituer.
Sur le logement social, Olivier Klein, est-ce qu'il faut toucher à la loi SRU qui oblige les villes à construire 20 ou 25, selon les villes, à 25% de logements sociaux ? Est-ce que vous souhaitez qu'on touche à ce chiffre qui a à la fois permis d'augmenter le chiffre de logements sociaux et qui, dans certaines villes, n'est pas respecté ?
Alors, surtout pas. Enfin, moi, je suis un farouche défenseur de la loi SRU. Il faut construire du logement social partout. Le logement social, c'est une chance, c'est un modèle français, c'est tout sauf un épouvantail. Aujourd'hui, les maires ont beaucoup changé. Il faut l'augmenter ce chiffre ou pas ? Non, il faut le respecter. Il faut travailler dans le cadre de la loi SRU telle qu'elle existe, à l'échelle communale. Ensuite, moi, j'invite les maires à signer des contrats d'équilibre social pour pouvoir avoir cette capacité à mieux construire, à construire plus, plus vite. Mais oui, il faut...
Il y a aussi des maires de bonne ou de mauvaise foi, d'ailleurs, qui disent qu'on n'a pas le foncier pour construire et qui, année après année, payent des amendes.
Mais ça, dans le cadre des conventions triennales, c'est regarder avec le préfet, avec intelligence et parfois bienveillance, là où il y a des zones inondables, des zones à risque et qu'on ne peut pas construire. Oui, mais moi, je connais aussi beaucoup de maires qui ont quelques dents creuses. Et dès qu'il y a une dents creuses, on construit et pas forcément du logement social. Donc oui, il faut respecter la loi SRU parce qu'elle a permis, vous l'avez dit, de construire plus de 50% du logement social de ces dernières années. Donc beaucoup de ceux qui n'y allaient pas, y sont allés.
Et 50% du logement social construit ces dernières années l'a été grâce à la loi SRU, qui est une loi extrêmement importante.
Est-ce qu'il faut pénaliser davantage les maires qui ne veulent pas, vous venez de le dire, construire du logement social ?
Il faut continuer à les pénaliser, il faut les accompagner. Moi, je crois aussi à la politique plus de la carotte que du bâton. Mais s'il faut un bâton, on emploiera aussi le bâton.
Question importante pour les locataires, Olivier Klein. Jusqu'ici, l'augmentation des loyers a été plafonnée par le gouvernement. Il y a une sorte de bouclier 3,5%. Est-ce que ça va continuer et jusqu'à quand ?
Alors, on a passé en première lecture à l'Assemblée la possibilité de continuer à plafonner à 3,5% jusqu'en juin 2024. Donc, le chemin parlementaire continue. La loi va au Sénat dans les jours qui viennent. C'est une proposition équilibrée. Si on ne fait rien, les loyers vont augmenter dans le cadre de l'inflation à plus de 6%. Donc, moi, je souhaite protéger les locataires, mais aussi les propriétaires. Parce qu'on ne peut pas dire qu'il faut rénover et empêcher les propriétaires d'avoir un certain nombre de ressources qui augmentent avec l'inflation. Donc, cette proposition à 3,5%, elle est équilibrée. 3,5%, pour des personnes modestes, c'est une grosse augmentation qui va tomber.
Est-ce que ça va aller de pair aussi avec une revalorisation des APL ?
Alors, on a revalorisé les APL une première fois. Dans le cadre de la loi de finances, c'est difficile. On n'arrête pas de le dire. Les finances sont contraintes. L'État a mis en place des boucliers pour amortir les hausses des énergies. Donc, beaucoup de choses ont été faites pour protéger nos concitoyens.
On est loin de la hausse de 10% demandée par la fondation Abbé Pierre au niveau des APL.
Oui, parce que l'argent est rare, qu'il faut faire des choix et d'aider les plus fragiles. Il y a des aides qui existent, d'autres qui doivent être renforcées. Il faut travailler sur la partie charge des APL et c'est ce que l'on fait aujourd'hui.
On va parler dans un instant de ce qu'on surnomme parfois le chantier du siècle, c'est-à-dire le chantier de la rénovation thermique des bâtiments. Ça coûte parfois très cher, c'est parfois un peu complexe aussi, beaucoup de plaintes. Il y a vraiment un objectif de simplification sur le chantier. Vous allez nous expliquer tout ça dans une minute. Le temps du fil info à 9h10 avec Diane Ferschit.
Comment redynamiser le secteur du logement ? Elisabeth Borne présente plusieurs mesures cet après-midi en clôture du Conseil national de la refondation sur le logement. Le prêt à taux zéro va notamment être restreint à certains types d'habitations, mais il est prolongé jusqu'en 2027. A la veille de la 14e mobilisation contre la réforme des retraites, réunion de l'intersyndicale. Aujourd'hui, elle rencontre le patronat pour parler salaire, mais aussi emploi des seniors. La famille de l'INSEE, reçue par Papendiaï, le ministre de l'Éducation nationale, la jeune fille s'est suicidée le mois dernier, victime de harcèlement dans son établissement scolaire.
Le rectorat attend les résultats d'une enquête administrative. Moscou affirme avoir repoussé une offensive ukrainienne de grande envergure dans le Donbass, opération qui n'a pas été confirmée par l'Ukraine et les combats se poursuivent dans la région frontalière russe de Belgorod, un frontement entre l'armée russe et des combattants russes pro-ukrainiens. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel. Toujours avec le ministre de la Ville et du Logement, Olivier Klein. Olivier Klein, pour tenir nos objectifs climatiques, il faudrait rénover entièrement, pas simplement changer une fenêtre ou une chaudière, 400 000 logements par an. On est à 70 000. Ce sont les derniers chiffres, ceux de l'an dernier. Comment est-ce qu'on va y arriver ?
D'abord en simplifiant, en mettant plus d'accompagnateurs rénov', en augmentant le nombre de guichets qui permettront aux Français d'aller chercher les informations et les subventions, en baissant le reste à charge, parce que c'est le rôle de l'éco-PTZ, en aidant plus dans le collectif, parce que si on veut rénover plus, et là on va annoncer un objectif de 200 000 rénovations performantes, efficaces et performantes pour 2024.
C'est-à-dire globales.
Voilà, des rénovations qui dépassent. Trois fois plus que l'an dernier. Exactement, et c'est vraiment un objectif qu'on souhaite tenir, parce que 80% des logements sont déjà là. Ceux de 2050 sont déjà là. Donc rénovons ce qui existe pour améliorer la qualité de vie des Français. C'est bon pour la planète, c'est bon pour leur portefeuille. Il y a une proposition qui vient d'être faite par un député de la majorité.
Il propose que tous ceux qui font des travaux puissent rembourser le prêt des années après, au moment de la revente de l'appartement ou de la maison, ou au moment de la succession. Est-ce que c'est une bonne idée ?
Alors c'est une piste qui existe déjà, qu'on veut développer. Piste modeste,
puisqu'il y a 30 personnes l'an dernier qui ont bénéficié en France. Ce n'est pas comme ça qu'on va tout rénover.
Parce que nos concitoyens ont du mal à laisser une dette à leurs descendants. Et donc il faut qu'on explique mieux ce dispositif pour permettre de rénover plus et plus vite.
Mais est-ce qu'il faut par exemple qu'une banque qui propose un prêt pour faire des travaux propose obligatoirement cette option-là ?
Oui, ça fait partie du travail que l'on mène avec Bruno Le Maire et les banquiers, d'informer ceux qui vont faire des travaux de tous les dispositifs qui existent. L'éco-PTZ, on y a beaucoup travaillé. Vous savez, aujourd'hui, quand on dépose son dossier MaPrimeRénov', on n'a pas besoin de redéposer les mêmes pièces administratives à son banquier parce qu'il y a un lien qui est fait entre les deux. Donc tout ce qui est fait pour simplifier l'acte de rénover est vraiment au cœur de nos préoccupations, je peux vous l'assurer. Et il le sera aussi dans la rénovation privée, mais il faut aussi rénover le logement social. C'est extrêmement important.
Et empêcher, puisqu'on va parler Airbnb très probablement après, moi je me bats pour que quelqu'un qui n'est pas capable de respecter les règles de sortie de ses passoires thermiques de son appartement ne puisse pas d'un seul coup le basculer dans le meublé touristique. C'est une aberration aujourd'hui. Mais c'est pour ça qu'on travaille dans le cadre d'un projet de loi qui sera étudié à la rentrée à empêcher ça, à avoir le diagnostic, l'étiquette thermique aussi pour le meublé touristique parce que c'est trop facile d'avoir une passoire thermique dans laquelle on loge mal ses locataires et d'un seul coup mettre des petits nœuds aux fenêtres.
Et ça paraît complètement fou qu'aujourd'hui on ne puisse plus et heureusement louer une passoire thermique puisque les premières interdictions sont tombées au début d'année. Mais qu'on puisse encore louer un appartement à des touristes pendant trois jours qui est une passoire thermique.
Absolument et c'est insupportable et donc on va se donner le moyen de l'empêcher.
En parlant d'Airbnb un peu partout en France des maires partent en croisade contre ces locations saisonnières osent des loyers pénurie de logements ce sont les conséquences. Est-ce que la France est condamnée à ce Airbnb-ser ?
Non il faut à la fois être un pays touristique c'est une chance et il faut la respecter mais il faut aussi permettre à nos concitoyens où qu'ils soient de se loger c'est le cas en Bretagne c'est le cas dans les Pays Basques c'est le cas en Corse on voit qu'il y a des grandes difficultés c'est le cas à Paris et donc il faut taxer plus les Airbnb il faut permettre aux maires d'avoir la possibilité de définir le nombre les compensations Donc on met en place
des quotas dans chaque ville ?
Alors ça c'est la décision des maires c'est pas à moi d'en décider on augmente il y a 2000 villes qui pourront augmenter par exemple la taxe sur la résidence secondaire les maires pourront s'en emparer ou pas on est en train de travailler avec les associations d'élus à la liste et vous savez en France on a déjà beaucoup de protection sur Airbnb on voit que c'est pas suffisant il y a la numérotation la classification etc il faut continuer à trouver des solutions équilibrées mais il faut aussi on parlait de la loi SRU tout à l'heure en zone touristique il faut pas s'exonérer aussi du respect de la loi SRU parce qu'on voit qu'il y a un temps de vie Mais est-ce qu'on peut réfléchir
aussi à l'interdiction à Florence par exemple dans le centre historique on envisage d'interdire la location Airbnb
il n'y a pas de tabou ça fait partie des sujets que l'on doit mener dans le cadre de la décentralisation des politiques de logement des réflexions qu'on mène avec les élus locaux
il y a aussi la question de la fiscalité vous en avez dit un tout petit mot aujourd'hui quelqu'un qui loue son appartement sur Airbnb a un abattement de 70%
sur ses revenus dans les mesures qui vont être annoncées on travaille sur une fiscalité la plus équivalente possible sur le meublé le meublé touristique l'allocation longue durée la même fiscalité pour quelqu'un
qui loue avec un bike classique
la première ministre va probablement annoncer un chantier de réflexion sur les fiscalités on verra ce que sera le point d'atterrissage mais ils péront plus d'impôts si je suis votre raisonnement à un moment si on veut privilégier le logement de ceux qui vivent là et qui veulent travailler là il va falloir trouver des mesures plus équilibrées
parce que finalement le point de départ et celui qui encourage le Airbnb c'est le fisc 70% d'abattement quel autre secteur a 70% d'abattement sur ses revenus ça ne veut pas dire qu'il paye 30% d'impôts ça veut dire qu'il est imposé sur 30% de ses revenus
on est dans un pays extrêmement attractif d'un point de vue touristique donc il faut respecter
et qui aime imposer mais pas
il faut imposer tout le monde avec justesse
Olivier Klein le gouvernement va inciter les sans-abri qui sont en région parisienne à partir en province avant les Jeux Olympiques est-ce que ce sera sur la base du volontariat
alors c'est sur la base du volontariat aujourd'hui on a ouvert environ 4000 places d'accompagnement provisoire en province parce qu'on a 100 000 places d'hébergement d'urgence en région parisienne c'est trop on ne sait pas faire bien l'accompagnement social et administratif de ces personnes quand ils sont dans des hôtels répartis un peu partout donc si on veut mieux accompagner ces personnes fragiles il faut sur la base du volontariat les accompagner vous savez les associations de solidarité avec lesquelles on travaille tous les jours sont favorables à ce dispositif Pascal Brice le disait encore il y a quelques jours
mais vous entendez le message quand même qui est sous-jacent un SDF est moins rentable qu'un touriste pour les JO
c'est pas ça la question la question c'est comment on fait pour que on sorte de l'hébergement d'urgence dans les mesures qui vont être annoncées par la première ministre il y a le plan logement d'abord 2 je parlais tout à l'heure dans le bilan le plan logement d'abord 1 plus de 160 millions supplémentaires dans le cadre du quinquennat pour faire que les gens sortent de la rue pour aller vers un toit ça c'est déterminant l'hébergement d'urgence c'est pas la bonne solution mais c'est l'honneur de la France de préserver cet hébergement d'urgence de manière inconditionnelle moi je me suis battu pour garder 200 000 places d'hébergement d'urgence dans ce pays c'est à ce que c'est nécessaire il y a trop de gens fragiles mais en même temps l'objectif c'est pas de rester dans l'hébergement d'urgence
mais concrètement comment ça va se passer il va y avoir des cars qui vont venir prendre venir chercher les sans domicile fixe
mais non ça a déjà commencé il y a un travail qui est mené par la préfecture de région Île-de-France d'information aux associations et à ces personnes sans abri de leur dire voilà si vous acceptez d'aller en province on va vous accompagner plutôt des personnes seules pas des familles parce qu'on va pas changer les enfants des écoles etc si vous acceptez d'aller en province dans ce centre d'accueil provisoire on va étudier votre dossier on va regarder votre situation et ensuite vous pourrez revenir en région parisienne si c'est votre choix vous pourrez aller en zone tendue où il y a besoin de travailleurs si c'est votre choix c'est un travail qui est fait sur la base du volontariat mais je vous assure dans une volonté de mieux accueillir et accompagner ces personnes sur le territoire national s'ils peuvent y rester
Olivier Klein ministre de la ville et du logement était ce matin l'invité de France Info merci
et bonne journée à vous
merci merci merci merci merci merci
Olivier Klein