Financement libyen : les derniers mots de N. Sarkozy à son procès
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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Quels sont les arguments des 2 parties dans ce procès en appel ?
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Quels sont les arguments de ses défenseurs ?
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Et C.Guéant ?
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N.Sarkozy a-t-il trahi la confiance des Français ?
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La tonalité du procès est-elle différente de la première instance ?
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Les avocats maintiennent-ils que c'est un dossier vide ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00P.CohenFait
« Pas un centime d'argent libyen n'a été retrouvé dans les caisses de ma campagne »
- 4:00N.SarkozyFait
« Je n'ai pas trahi la confiance des Français »
- 6:00L.ValdiguiéFait
« Il a parlé un quart d'heure, à peu près. Et pendant un quart d'heure, il a fait plus que ses avocats en 7 heures, en termes d'émotion. »
- 8:00L.ValdiguiéFait
« Ce sont 2 procès complètement différents. »
- 10:00N.BastuckFait
« Ils ont plaidé l'absence de mobile, mais ils ont surtout fait beaucoup de droit. »
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- A.-E.Lemoine: Tout de suite, L'Edito de Patrick.
Le procès en appel vient de s'achever sur le plaidoyer des avocats de N.Sarkozy. L'ancien président, menacé d'un retour en prison, sera fixé sur son sort le 30 novembre.
Quels sont les arguments des 2 parties? - P.Cohen: L'ex-chef de l'Etat serait l'unique bénéficiaire d'une association de malfaiteurs qui avait pour but de le porter à l'Elysée, dans une manoeuvre frauduleuse qui aurait conduit à vicier le financement de l'élection suprême de la Ve République.
Alors qu'il était ministre de l'Intérieur de J.Chirac, N.Sarkozy aurait conclu un accord avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi pour toucher des financements occultes, en échange notamment de la promesse d'examiner la situation judiciaire du chef terroriste A.Senoussi.
Un scénario qui s'articule autour de 2 rencontres secrètes, fin 2005 en Libye, des 2 plus proches collaborateurs de Sarkozy, Claude Guéant et Brice Hortefeux, avec le bras droit de Kadhafi, condamné par contumace en France pour l'attentat du DC-10 d'UTA en 1989. Dans les semaines et les mois qui ont suivi, le régime libyen a fait parvenir quelque 6 millions d'euros sur les comptes d'un intermédiaire qui était présent à ces 2 rendez-vous. Ainsi, pour le parquet général, l'association de malfaiteurs est constituée.
C'est pour ce motif que l'ancien président a été condamné en première instance à 5 ans de prison. Là, l'accusation en requiert 2 de plus, donc 7 ans, pour déclarer aussi N.Sarkozy coupable de corruption et de financement illégal de campagne. - A.-E.Lemoine: Quels sont les arguments de ses défenseurs? - P.Cohen: "Pas un centime d'argent libyen n'a été retrouvé dans les caisses de ma campagne", répète sans relâche le principal prévenu.
Il n'a pas été démenti sur ce point par l'accusation. Aucune dépense suspecte n'a été mise au jour. Pour le reste, la défense a plaidé l'absence de mobile et un scénario sans queue ni tête.
En 2005, le ministre de l'Intérieur, candidat à la succession de Jacques Chirac, pouvait compter sur le soutien de l'UMP et de ses finances. Pas besoin donc de solliciter de l'argent de M.Kadhafi. "'Pourquoi N.Sarkozy aurait été se mettre entre les mains d'un fou furieux, dictateur sanguinaire, par l'intermédiaire d'un pacte faustien?" C'est une des phrases de ses défenseurs. - A.-E.Lemoine: Et C.Guéant? - P.Cohen: L'ancien préfet a été empêché d'assister à son procès, par sa santé.
Dans des déclarations écrites, il dit qu'il a bien informé a posteriori N.Sarkozy de son rendez-vous secret avec Senoussi, une rencontre non souhaitée que C.Guéant regrettera jusqu'à la fin du peu de temps qu'il lui reste à vivre, a dit hier son avocat.
Oui, N.Sarkozy a bien demandé à C.Guéant lors d'un dîner officiel en 2007, devant Kadhafi, de regarder la situation judiciaire de Senoussi.
L'avocat de C.Guéant fustigeait hier le cynisme et la cruauté de l'ancien président qui mettait en cause la probité de son ancien bras droit. Tout à l'heure, c'est N.Sarkozy qui a eu le dernier mot.
En clôture de son procès, il a assuré qu'il n'avait pas trahi la confiance des Français. Décision le 30 novembre. - A.-E.Lemoine: "Je n'ai pas trahi la confiance des Français", les derniers mots de N.Sarkozy au dernier jour de son procès en appel.
L'ancien président de la République s'est adressé à tous les Français au-delà de la cour d'appel? - L.Valdiguié: Il y a quand même 4 avocats qui plaidaient depuis ce matin.
Il fait très chaud, dans cette grande salle du vieux palais de justice de Paris. On connaît tous les photos du procès Pétain qui a eu lieu dans cette salle, en juillet 45. Il faisait aussi très, très chaud.
Ca rajoutait à la tension et à la lenteur. Il s'est levé. Le président du tribunal lui a demandé s'il avait un mot à rajouter.
On a tout de suite compris que oui. Il est venu à la barre avec quelques feuilles. En général, les autres disent qu'ils n'ont rien à rajouter à la défense de leurs avocats.
Là, il a parlé un quart d'heure, à peu près. Et pendant un quart d'heure, il a fait plus que ses avocats en 7 heures, en termes d'émotion. - P.Cohen: C'est lui qui est concerné. - A.-E.Lemoine: C'est un plaidoyer pour lui-même et pour la fonction qu'il occupait. - L.Valdiguié: "Jusqu'au délibéré, à 14h, dans cette salle, chaque matin, chaque soir, jusqu'au 5 novembre, je me lèverai en me posant la question: 'Est-ce que je vais y retourner?'." Ca vous glace, quand vous entendez ça?
C'est d'ailleurs la seule fois en 7 ans et demi que la question a été posée. Les avocats ont très peu parlé de l'homme. C'est un peu comme si ce sujet était tellement énorme, comme si c'était l'éléphant au milieu de la pièce, que personne ne l'a abordé plein pot en 2 phrases. - A.-E.Lemoine: Beaucoup d'impact, cette dernière plaidoirie de N.Sarkozy? - N.Bastuck: Soit il est vraiment un très bon comédien et il a su jouer l'émotion, soit cette émotion était sincère.
Un peu des deux, je pense. Il était manifestement touché. Il a peur de retourner en prison.
Ce sera tout au rien. Ou il sera relaxé, ou il sera lourdement condamné car les faits sont très graves. On ne peut pas imaginer 6 mois avec sursis ou 2 ans d'emprisonnement.
Ce sera entre 5 et 8 ans, ou la relaxe. Pour moi, cette déclaration, d'un point de vue strictement judiciaire, était réussie. - A.-E.Lemoine: Mais la tonalité de l'ensemble du procès était bien différente de la part de l'ancien président qu'en première instance.
Jusqu'au bout? - L.Valdiguié: Ce sont 2 procès complètement différents.
En première instance, il était opposé au Parquet national financier, 3 magistrats qui défendaient leurs dossiers. Il y avait un gros enjeu de relaxe. Avec le recul, on peut dire que le PNF avait un gros enjeu d'éviter la relaxe. - P.Cohen: Et d'être désavoué d'années de travail... - L.Valdiguié: Là, tout d'un coup, il n'y avait plus vraiment cette accusation.
Le parquet général était plutôt absent. Il n'y avait pas tous les témoins de la 1re instance. En revanche, ça s'est déplacé de façon totalement inattendue, car le président portait tout seul l'accusation sur des questions en ayant l'air de ne jamais y toucher, en étant toujours très aimable. - A.-E.Lemoine: Mais à la façon d'un enquêteur très perspicace.
Vous l'avez même surnommé Columbo... - L.Valdiguié: Du coup, le président l'a poussé un peu à la faute, en provoquant la nouveauté de ce procès en appel, ce match inédit et qui n'avait jamais eu lieu en 13 ans entre N.Sarkozy et C.Guéant. - A.-E.Lemoine: Avant de revenir sur ce match inattendu, c'est effectivement un dossier où il y a eu 13 ans d'information judiciaire et d'enquête.
Mais les avocats maintiennent que c'est un dossier vide. C'est vraiment le cas? - N.Bastuck: Ils ont plaidé l'absence de mobile, mais ils ont surtout fait beaucoup de droit.
Ils ont démonté cette association de malfaiteurs que les avocats de N.Sarkozy n'avaient pas du tout vue venir en première instance. - A.-E.Lemoine: Ce qui a expliqué la condamnation à la prison. - N.Bastuck: Ils ont plaidé l'absence de flux financiers, corruption, etc.
Ils n'ont pas vu venir une condamnation sur le fondement de cette association de malfaiteurs qui, pour la première fois, a fait une entrée fracassante dans cette affaire politico-financière. D'habitude, c'est pour les brigands, les terroristes, pour empêcher un braquage ou un attentat. Mais l'utilisation d'outils de la grande criminalité dans des affaires politico-financières, c'était une première.
Donc les avocats aujourd'hui ont fait beaucoup de droit. Et le président, qui est vraiment respecté et qui entend le rester, veut que ce jugement soit irréprochable. En première instance, on peut se permettre quelques fantaisies juridiques.
En appel, on ne peut pas, sauf à vouloir être cassé par la Cour de cassation, car après l'appel, il y a la cassation qui ne juge que le droit. Le président s'est donné 6 mois pour rédiger son arrêt, car il a vraiment envie de le mitonner aux petits oignons. - L.Valdiguié: Le président Géron est aussi dans la situation de Christophe Colomb, écrivant la carte d'un nouveau continent qui est celui de l'immunité présidentielle.
En réalité, il n'y a pas de texte, pas de précédent. Est-ce que l'article 67 de la Constitution, celui qui dit qu'il protège un président dans l'exercice des actes commis en cette qualité, s'applique comme un bouclier à N.Sarkozy?
C'est ce que ses avocats ont plaidé ce matin. "Vous ne pouvez rien lui reprocher à compter de sa présidence." - P.Cohen: Chirac a été condamné... - L.Valdiguié: Après coup, pour des faits anciens.
C'était des faits commis avant son élection. Là, c'est des faits qu'ils sont susceptibles d'avoir commis du fait de sa fonction. Les avocats expliquent que ce n'est pas possible, de faire un pacte de corruption.
C'est pour ça que le président Géron est sur son bâton du droit. On peut y passer des heures et des heures. On y a d'ailleurs passé des heures et des heures.
C'est lui qui dira quel est le droit. - N.Bastuck: Notre question juridique importante est celle de la compétence du tribunal et de la cour d'appel aujourd'hui.
Ou N.Sarkozy en 2005 agissait ou laissait agir C.Guéant et B.Hortefeux en qualité de candidat, auquel cas le délit de corruption ne peut pas être consommé...
Pour qu'il y ait corruption, il faut que le corrompu soit dépositaire d'une autorité publique ou titulaire d'un mandat électif. Ou alors, il a agi comme ministre, auquel cas la corruption
Nicolas Sarkozy