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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 2 décembre 2025 26 min

La députée EPR Astrid Panosyan-Bouvet est l'invitée de "Tout est politique"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir à Astrid Panosian Bouvet. Député P de Paris, ancien ministre du travail et euh de l'emploi. Merci d'avoir accepté notre invitation euh ce soir.

D'abord, notre rendez-vous quotidien avec la cellule vrai faux, Luc Brisson. Euh, bonsoir. Vous revenez ce soir, Luc sur une affirmation euh de François Ruffin, le député debout de la Somme qui s'inquiète pour la souffrance au travail.

Je sais que c'est une des questions sur lesquelles vous travaillez beaucoup. les salariés français seraient beaucoup plus anxieux que leurs voisins. Il suffit de comparer ce qui se passe avec les pays alentours.

Le taux d'action de d'anxiété des salariés français est de 48 %. Celui des Allemands est de 12 %. On a vraiment un gros souci.

Alors est-ce que c'est vrai ? Est-ce que nous sommes nous salariés français plus anxieux que les travailleurs allemands ? Alors c'est vrai, on a retrouvé les chiffres de François Ruifin.

Ils viennent d'une étude d'eurfound. C'est une agence qui dépend de lieu. Cette étude, elle date de 2021, mais elle montre bien que 12 % des travailleurs allemands ressentent de l'anxiété au travail contre 49 % de des travailleurs français.

Alors, on n'est pas les pires, il y a quand même la Grèce, le Portugal ou Chypre qui sont au-dessus. Vous voyez globalement, on est quand même bien au-dessus de la moyenne européenne qui est de 30 %. Mais alors, vous avez dit Luc que cette étude, elle date de 2021.

On était en plein Covid. Est-ce que ça n'a pas biaisé les chiffres ? Ah bah, c'est exactement ce qu'on s'est dit.

Du coup, on a contacté les les auteurs de l'étude, voir s'ils avaient des chiffres plus récents. Ils nous ont envoyé des chiffres de 2024, mais globalement, vous allez voir que la tendance reste la même si les chiffres sont un petit peu moins élevés. En 2024, regardez, c'est 11 % des salariés allemands qui ressentent de l'anxiété au travail et nous, on est toujours au-dessus 34 % des des salariés français sont anxieux, toujours au-dessus de la de la de la moyenne européenne he qui est de 21 %.

Et globalement ces études, elles montrent que depuis 15 ans, c'est un phénomène global à part l'exception de 2021, mais les salariés européens sont de plus en plus anxieux au travail, même si c'est vrai en France, on fait partie du haut de la liste. Et alors, est-ce qu'on sait pourquoi les les Français sont plus anxieux que les autres ? Alors, ce serait notamment notre management hein qui serait en cause.

C'est ce qu'a conclu l'IGAS, l'inspection générale des affaires sociales dans un rapport de 2024 qu'on retrouva nos nos confrères de France Radio. Je cite "Le rapport de Ligas, le management français est fréquemment présenté comme défaillant. Selon ces analyses, les pratiques managériales françaises seraient verticales et les distances hiérarchiques élevées.

Ce rapport, il estime qu'en France, on a un modèle managériel entre guillemets de la hâte, hein, trop actif qui prend pas assez la peine de discuter de l'organisation concrète du travail qui serait trop distant de la réalité du travail. Vous qui nous regardez, vous avez peut-être des exemples qui vous viennent en tête, mais ce qu'on peut conclure, c'est que ces pratiques de management plus stressantes, ben ça participerait à cette forte anxiété des salariés français. Merci beaucoup Luc Brisson.

Je rappelle le rendez-vous hebdomadaire avec toute l'équipe de vrai ou faus, c'est le samedi à midi et le dimanche à 20h. À 20h. Merci beaucoup.

Astrid Panosian Bouvet député donc PR de Paris, ancienne ministre du travail et de l'emploi dans les gouvernements de Michel Barnier puis de François Baïou. Vous avez conseillé Emmanuel Macron sur les questions à la fois de travail et de santé. Donc vous connaissez très très bien ces questions. 49 % des Français qui ressentent de l'anxiété au travail loin devant.

Donc la moyenne européenne a 30 % c'est la faute à partir de 2024 mais je rejoins tout à fait les conclusions qui ont été dites ici autour de la spécificité des Patrick des pratiques managériales françaises hein. Cette étude, elle a été faite quand j'étais ministre du travail l'année dernière et qui montre qu'il y a une verticalité des pratiques, un sentiment d'écoute insuffisante, pas pas de capacité d'agir en fait, une intensification des rythmes de travail associé d'ailleurs à la mise en place des 35 heures. Donc tout ça ça fait que il y a du stress et ça se voit en tout cas dans ces différentiels forts entre la France, l'Allemagne et la moyenne de l'Union européenne.

Tout à fait. Et donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut remettre la question de la discussion de l'organisation du travail au cœur du dialogue social.

Imaginez aussi d'autres forme de dialogue social que l'écoute professionnelle, l'écoute de proximité. C'est des choses sur lesquelles les parlementaires travaillent, dont je fais partie et sur lesquelles on avait demandé aux partenaires sociaux de travailler. L'écoute de proximité.

Est-ce quoi ? Attendez, c'est quoi l'écoute de proximité ? Les poupes de proximité, ça veut dire que en dehors du dialogue très formel qu'il y a dans les comités sociaux, dans les instances sociales entreprises, c'est au niveau euh de l'atelier, au niveau de l'équipe, ça doit être formalisé ça parce que les entreprises se plent qu'elles ont déjà plein d'obligation. justement justement le dans d'autres pays ce n'est pas formalisé parce qu'il y a pas cette pratique managériale du il y a du bon sens dans lequel un manager il est pas là simplement en train de donner des ordres et de contrôler. il fait participer aussi tout en étant dans un dans une hiérarchie hein, mais en tout cas il y a il y a cette capacité managériale.

Donc, il s'agit simplement de donner des des conseils aussi pour les managers de mieux gérer, de mieux faire leur job en s'appuyant mieux sur les équipes parce qu'effectivement ce qui ressort aussi d'autres d'autres études du CVPOF, c'est l'insuffisante reconnaissance des travailleurs français par rapport au travail, le sentiment qu'ils sont pas suffisamment écoutés et donc la perte de sens qui va avec ou le sentiment de pas avoir les moyens de faire du bon travail. Est-ce que euh ce mal-être au travail explique selon vous la difficulté que l'on a dans notre pays à parler des retraites ? B pas en parler mais en tout cas à trouver un compromis.

Est-ce que c'est parce que ça vient toucher à une question qui est douloureuse pour Moi je pense que voilà, je pense que le sujet c'est qu'on voit les retraites comme un espèce de bonheur différé par rapport à une vie de labeur et il faut parler du travail, c'est-à-dire à la fois des salaires, des conditions de travail, de la reconnaissance et des perspectives qui en découlent. Et c'est peut-être ça qui pêche aujourd'hui. On a parlé beaucoup d'emplois et on va peut-être en reparler hein.

Le chômage devient un sujet beaucoup moins de préoccupation de nos concitoyens depuis ces dernières années. Mais on parle pas travail et c'est deux choses différentes. Il y a une réalité subjective, un lien social qui se crée autour du travail et qu'il faut aujourd'hui pouvoir améliorer pour nos concitoyens.

Vous avez voté contre la suspension de la réforme des des retraites parce que selon vous c'est une bonne réforme. Tout bah je je vois pas comment on peut faire par rapport au mur démographique, par rapport à la trajectoire financière qui nous a été rappelée mais adnosé par les différents instituts notamment la cour des comptes par rapport à la question du taux d'emploi des seniors aussi hein. 40 % simplement des plus de 60 ans travaillent versus 70 % dans les pays d'Europe du Nord et au fait que on a aujourd'hui 28 % des salaires des actifs qui partent dans le financement des pensions des retraités sans que les actifs aient le sentiment qu'ils puissent eux-mêmes en bénéficier quand ils arrivveront à l'âge de la retraite.

Donc aujourd'hui, je ne vois pas comment faire autrement que de parler de mesure d'âge tout simplement. Mais ça veut dire aussi qu'il faut travailler sur le travail ici et maintenant et notamment la question de la pénibilité parce que l'obligation de travailler plus longtemps liée à l'espérance de vie, elle s'impose pas de la même manière pour tous. Alors, on peut vous objecter deux choses.

La première, c'est les seigneurs qui disent "Moi, j'aurais bien voulu travailler plus longtemps, mais on m'a fichu dehors." Donc ça peut sembler contreintuitif de dire aux gens, "Vous allez travailler plus longtemps" alors qu'il trouvent pas de boulot. Parce que le meilleur marqueur aujourd'hui du taux d'activité des seniors dans les pays européens ou même aux États-Unis, c'est quoi ?

C'est un âge de départ et c'est vrai que nous on a eu un âge de départ qui est passé à 60 ans qu'il a été jusqu'au la réforme vert de 20102 et c'est le marqueur. Voilà, c'est le marqueur. Pourquoi ?

Parce que dans notre pays, dans les années 70, ça ça date de Raymon Bar, on se disait que pour faire de la place aux jeunes sur le marché du travail, il fallait sortir les travailleurs expérimentés. résultat parce que c'est pas des vases communicants, on a une culture, on a une culture de la non embauche à partir d'un certain de la non embauche ou de se dire qu'on a plus tout à fait sa place dans le marché du travail. Ça se voit d'ailleurs aussi dans les taux de formation qui sont formations continues qui sont beaucoup plus bas ou dans la manière dont sont traités les seniors, les ruptures conventionnelles, on va peut-être en parler, la surreprésentation dans les plans sociaux et cetera.

Et donc il y a un sujet très culturel et très français. Et c'est pour ça qu'en tant que ministre du travail, j'avais demandé, on avait demandé avec Michel Barni à l'époque aux partenaires sociaux de se saisir de cette question parce que la clé pour le taux d'activité des seigneurs, c'est quoi ? C'est d'anticiper les choses.

C'est pas de se dire à 55 ans, il y a un sujet, c'est d'anticiper en milieu de carrière à 40 ans pour voir si 45 ans 50 ans pour voir s'il y a les compétences et les questions de santé parce que ça devient cœur et central quand on travaille en vieillissant. pour la pénibilité, vous avez enchaîné tout de suite sur la retraite. Or, finalement, si vous avez soutenu la réforme borne, c'est une réforme qui tient pas vraiment compte de ça.

C'est plus une réforme comme on dit paramétrique de manière à récupérer un peu d'argent. Alors, il y avait un fond effectivement en investissement mais moi et c'est pour ça que je alors que tout le monde dit enfin tout le monde pas tout le monde mais des gens par exemple comme Gabriel Atal ou d'autres personnes disent si c'est celle de 2 si en 2027 c'est un sujet de campagne on va pouvoir faire un système complet qui permettra certes d'avoir un taux actif inactif qui sera plus intéressant mais où on pourra intégrer la pénibilité un certain nombre de choses. Est-ce qu'il faut pas mieux attendre ?

La pénibilité était déjà effectivement était quelque part intégrée mais mais mal et c'est aussi pour ça qu'on a voulu euh qu'on a voulu lors du conclave mettre ce sujet au cœur hein des négociations avec une vision collective de présomption de pénibilité sur des professions dites pénibles versus une vision plus médicale et individuelle du patronat sur lequel on n pas pu s'entendre mais je pense que c'est le cœur parce que les départs en invalidité professionnelle par exemple des dépendent vraiment et de très très fortement en fonction des des secteurs d'activité et des métiers. Voilà, 25 % aujourd'hui des ouvriers non qualifiés du bâtiment partent en invalidité entre 50 et 59 ans que 5 % des des des cadres banquin en assurance. Donc effectivement, c'est très anxiogène pour eux de leur dire vous allez devoir travailler plus longtemps.

D'où la question de travailler sur le travail ici et maintenant, les conditions de travail, les reconversions et de permettre à ces personneslà effectivement de pouvoir partir plus tôt. Je pense que c'est absolument indispensable. Vous plaidez pour le dialogue social mais il faut que tout le monde joue le jeu.

Vous parlez du conclave. Il a échoué le conclave parce que le patronat s'est opposé à la prise en compte de la pénibilité. le il y avait pour être très juste, pour être très exact, il y avait deux visions de la pénibilité et qui coûtaient quasiment aussi cher l'une que l'autre hein.

Donc c'était pas une question de coûp. Il y avait une vision collective qui consistait à dire pour la CFDT notamment si vous avez occupé tel poste ou tel poste dont il est vérifié qu'il y a un fort une forte invalidité professionnelle et cetera, vous pouvez partir entre 4 et 8 trimestres plus tôt. Là où le le MEDF disait, il faut qu'il y ait des contrôles médicaux et donc individualisés à l'âge de 59 ans ou 60 ans.

Donc c'est deux approches différentes, mais je regrette effectivement que on nit pas pu toper là-dessus parce que il y a de véritables variation très forte selon les métiers. Et donc contrairement à la gauche, moi je suis pas pour que tout le monde travaille moins longtemps. Je suis pour qu'en fonction des métiers et en fonction des métiers qui sont dit pénibles, il y en a.

Ça concerne à peu près un/ers de la population active. Femme comme homme eux puissent partir plus tôt parce qu'ils sont effectivement un système un peu à la carte en fait. C'est un système à la carte mais avec quand même à ce moment-là des des des systèmes incitatifs pour travailler plus longtemps.

Ça veut dire que si vous voulez travailler, si vous voulez partir plus tôt, il y a des décotes. Voilà. Mais il y a des décotes qui doivent voilà liberté vient avec la responsabilité.

Sur la mesure d'âge. Vous dites vous dites là ce soir elle est nécessaire, c'est c'est obligatoire mais ça ça crispe he tous les tous les débats. On voit bien, on a bien vu le passage de 60 à 62 là avec 64.

Gabriel Atal dans sa dans la réforme euh qu'il propose, une forme de de réforme à point, il dit on enlève l'âge légal. C'est c'est quand même le c'est le patron de votre groupe vous la clé. La clé non la clé d'un système à la carte que propose Gabriel Atal que propose la CFDT, c'est quand même d'avoir aussi des systèmes de décôte, d'accord ? quand on part quand on part quand on quand on fait peu de trimestre en fait qui qui rendent incitatif de vouloir travailler plus longtemps.

C'est absolument mais il y a pas un Voilà. Non mais ça veut dire qu'il y a quand même la liberté vient avec la responsabilité et la responsabilité vient avec la liberté. C'est absolument indispensable.

Indispensable sur le temps de travail. Il suffit pas d'être pas être un génie ou un économiste de génie pour savoir qu'en gros tout le monde travaille plus que nous. Oui.

Est-ce que vous considérez quand vous vous avez dit deux choses ? Je crois d'abord un qu'il fallait se pencher sur la nature du travail, c'est redonner du sens, redonner une valorisation et deuxièmement est-ce qu'il faudrait pas soit augmenter massivement la productivité, soit augmenter le temps de travail parce qu'on pourra pas s'en sortir autrement. Alors, quand on se compare à l'Allemagne aujourd'hui et ou même à l'Angleterre, c'est une étude du conseil d'analyse économique qui est sortie au printemps, ça montre que on travaille 100 heur de moins par an que les Allemands ou que les Anglais.

Mais c'est pas les gens qui bossent qui bossent moins que les anglais ou les Allemands, c'est qu'il y a pas assez de gens qui bossent. Là où les Allemands sont 11 sur un terrain de foot, nous on est 8 ou 9. On n' pas assez de jeunes dont l'insertion sur le marché du travail est plus lente, plus difficile.

Et on revient sur la question des seniors. Il y a également un taux d'activité des femmes qui était très dynamique ces dernières années qui tend à s'essouffler parce que la parentalité, la garne d'enfants, c'est compliqué. Donc, ce sont des sujets sur lesquels il faut s'atteler et les jeunes et les seigneurs, les deux bouts de l'omelette en fait parce que c'est là que le le le bas blesse, c'est là que le taux d'activité blesse par rapport à nos pays voisins et moins sur la question du temps de travail qui elle crispe aussi énormément.

On l'a vu lors des débats de cit du printemps. C'est intéressant le taux d'activité des femmes. Vous dites parce que la parentalité, parce que les modes de garde, pourtant ça a pas ça s'est pas détérioré.

Si alors ces dernières années, ces dernières années, cette étude vraiment extrêmement intéressante, elle montre que ces ces ces dernières décennies le taux d'activité français c'est considérablement augmenté a considèement augmenté grâce notamment au taux d'activité des femmes. Et ça montrait d'ailleurs ça montrait d'ailleurs que le taux d'activité des femmes n'est pas l'ennemi de la natalité quand la natalité est encore assez dynamique dans notre pays. Simplement elle tend aujourd'hui à s'essouffler.

Donc ça pose un problème, ça pose un problème effectivement de taux d'activité global et puis ça pose un problème aussi d'indépendance économique des femmes parce que l'égalité femme-homme, elle passe aussi par l'indépendance économique et la capacité à gagner ses donc là il y a un recul clairement et là en tout cas les choses s'essoufflent et donc c'est extrêmement important je pense et c'est pour ça que ça va être aussi discuté pendant les la loi de financement de la sécurité sociale de parler garde d'enfant voilà garde d'enfants mais aussi parce parce que ça c'est un sujet aussi. On voit que le salaire des femmes, le différentiel en fait entre hommes et femmes commence au moment du premier enfant et ne se ne se ne se rattrape pas avec la fin de au cours de la carrière. Donc, ce sont des sujets absolument indispensables qu'on retrouve d'ailleurs après à la fin de la carrière au niveau de la retraite avec des pensions féminines qui sont aujourd'hui hors version un/ers inférieure à ceux des hommes.

Vous avez parlé du travail tout à l'heure, je continue. Est-ce que quelquefois on on a l'impression chez des représentants politiques qui considèrent que les Français sont plutôt feignants et qu'en gros il faut je sais pas c'est pas moi. Et quand on entend le discours sur la réforme de laocation chômage ou de l'assurance chômage, c'est on va leur couper plus vite les allocations comme ça elles sont bien obligés de travailler.

Quand on entend le discours sur les arrêts euh maladie, on se dit "On va surveiller ça de su près de plus près comme ça ils vont pas s'arrêter euh un mois quand on poserait s'arrêter 3 jours." Est-ce que vous pensez que tout ça est vrai et qu'il y a probablement un problème avec les Français ? Je pense que les gens qui travaillent, ils travaillent dur dans notre pays et que ça manque de reconnaissance euh objectivement euh parce qu'on a des gains de productivité qui sont insuffisant et qui sont maintenant en ça de ce qu'on connaissait avant le Covid.

Euh les salaires ne progressent pas, des pratiques managériales qui peuvent être très très largement euh perfectibles euh et parfois pas le sentiment d'avoir des perspectives de développement et de progression dans la carrière. Il est là le sujet. Il est là le sujet.

Et donc euh quand vous parlez d'arrêt de travail par exemple et de des indemnités journalières qui aujourd'hui est-ce que il faut reformer plus ? Alors moi je vais je vous en parler d'indemnité journalière, ça augmenté euh de de de près de 30 % depuis 2019. Voilà.

Mais quand on décompose cette indemnité journalière, c'est presque pour 50 % lié à la fois à l'indexation du SMIC et aussi au vieillissement de la population. Par contre, il y a 1/3 de cette augmentation effectivement de des indemnités journalières qui est lié à une augmentation des recours des recours toute catégorie professionnelle et puis tout âge confondu et notamment chez les jeunes. Il y a une étude qui est sortie récemment qui a montré que près de 49 % des jeunes entre 20 et 30 20 et 30 ans ont eu recours à un arrêt maladie.

Donc c'est pas simplement lié au vieillissement de la population. Alors ça ça veut dire qu'ils veulent pas forcément travailler ou pas. Ça veut dire ça veut dire d'abord qu'il y a un rapport au travail qui a changé effectivement qui a changé mais je pense moi que quand on fait un job intéressant qu'on a de la reconnaissance et ben on a envie et et qu'on a le salaire qui est derrière gouvernement à venir président doit-il réformer un peu plus avant que les arrêts de travail effectivement qu'il y a deux sujets sur lesquels il faut travailler aujourd'hui.

En plus des questions de reconnaissance et de salaire, on reviendra peut-être là-dessus parce que je pense qu'il y a des choses très concrètes qui peuvent être faites. C'est effectivement les arrêts de travail sur lesquels il y a parfois des prescriptions qu'on ne comprend pas. Et donc c'est à l'assurance maladie de travailler aussi avec les prescripteurs et ce qui fait que je trouve regrettable que une des propositions du gouvernement qui consiste à dire que il faut au moins 15 jours minimum de enfin de il faut passer de un mois minimum de enfin on peut pas renouveler voilà un un arrêt total passer voilà devant devant un médecin.

Il faut mieux contrôler les médecins. Je pense je pense je pense effectivement qu'il faut mieux contrôler effectivement les les médecins. Ça c'est effectivement un un premier sujet.

Et le deuxème sujet sur les ruptures conventionnelles, ça fait partie aujourd'hui euh ça fait 25 % de l'indemnisation d'assurance chômage. On voit que ceux qui sont en rupture conventionnelle sont pas les seniors mais sont plutôt au cœur de leur carrière, sont plus diplômés. Les ruptures conventionnelles, on explique, c'est quand un salarié se met d'accord avec son employeur pour dire on arrête là, le salarié peut toucher le chômage et ça coûte de plus en plus cher parce qu'il y a de plus en plus de salariés qui prennent le dispositif.

Voilà. Et alors, autant ça a été créé en 2008 pour fluidifier le marché du travail, pour c'est très bien tout ça, mais ça n'empêche que aujourd'hui on voit que entre ceux qui choisissent en lien avec leur employeur et ceux qui subissent un licenciement économique, ceux qui choisissent restent en moyenne plus longtemps au chômage que ceux qui subissent. Voilà.

Et donc, il s'agit de Il faut restreindre la possibilité de choix. Il faut pas restreindre la possibilité de choix, mais peut-être euh voilà introduire un délai de carence par exemple, de pouvoir toucher son chômage euh qui était prévu et ce qui est prévu et ce que je soutiens tout à fait parce que il y a une dérive qui euh doit être euh remise remise d'quer là-dessus. Le sujet quand même de la santé mentale chez les jeunes, on peut pas parler des arrêts maladies qui explosent dans une certaine tranche d'âge sans sans l'évoquer tout.

Justement une des raisons quand on quand je vous disais que que que près de la moitié des entre 20 et 30 ans ont déjà eu recours à un arrêt maladie, c'est d'abord pour des raisons psychologiques et santémententale. Donc il y a effectivement un sujet qu'il faut regarder hein de toute façon qui qui est lié aussi à cette grande cause santémentale qu'on va d'ailleurs renouveler l'année prochaine parce que aujourd'hui il y a encore beaucoup beaucoup d'efforts à faire à ce niveau-là. à propos du burnout, il y a un certain nombre de personnes qui plaidaient en considérant qu'il fallait que ce soit plus facilement reconnu euh notamment dans les critères de pénibilité et certains autres avaient peur qu'on mette à toutes les sauces.

C'est dès qu'on n'est pas bien, on utilise le terme burnout en gros pour pouvoir Ouais, je pense qu'il faut faire attention à la médicalisation de certains sujets collectifs. Je pense qu'il y a aussi des questions d'intensification des rythmes de travail. Je pense qu'il y a des sujets d'organisation de rythme de travail, de sens au travail, de moyens donnés dans le dans le capacité à bien faire son travail plutôt que de vouloir individualiser et médicaliser des symptômes finalement.

Donc je serais plus moi tenante de la question de la question collective et du dialogue social et de comment est-ce qu'on améliore ça et comment forme mieux nos manager aussi. le chômage, on a un taux de chômage qui a remonté légèrement ces ces derniers temps. Est-ce que il faut s'inquiéter d'un d'une inversion de de tendance ?

On entend parler quand même régulièrement de plans sociaux. La semaine dernière c'était cette semaine on parle de de brand quelle inquiétude avec et cetera. Donc je pense qu'on est quand même aujourd'hui sur on a depuis depuis 2017 même enfin pour être très très transparent depuis 2016 hein don on est sur une baisse tendantielle du taux de chômage.

Néanmoins, il faut quand même noter qu'on a un taux de chômage qui reste structurellement plus élevé que la moyenne de l'Union européenne. Donc c'est il faut continuer à travers des politiques d'accompagnement, des politiques d'accompagnement des demandeurs d'emploi. la la transformation de France travail dans va dans ce sens pour toujours être extrêmement vigilant sur sur le chômage.

Ouais. pas durcir, pour le dire clairement, les conditions d'accès aux allocations chômage. Pour moi, le sujet pour le chômage c'est moins les allocations chômage que l'accompagnement des chômeurs.

C'est-à-dire que une fois que vous êtes au chômage, effectivement, il faut pouvoir avoir le fil de sécurité pour pouvoir vivre dignement et sereinement trouver un emploi. Mais la question, c'est comment est-ce qu'on accompagne beaucoup plus efficacement les chômeurs. Voilà, c'est pour moi c'est le sujet qui l'accompagnement des chômeurs parce qu'on a l'impression que enfin ce qu'on nous vend ou ce qu'on nous raconte c'est que chacun est accompagné qui une formation qui une orientation et est-ce que qu'est-ce qui va pas ?

Alors, les choses se mettent en place, hein. Il y a quand même des plans d'accompagnement opérationnel à l'emploi avec des logiques de préembauche entre France Travail et pas mal d'entreprises qui flèchent en fait euh déjà des emplois à créer et où France travail recrute, euh forme euh pour les entreprises qui cherchent du monde. Ça s'est vu notamment pendant les Jo, mais ça a été dans les milieux de la sécurité, de la restauration et cetera.

Donc ça ça continue à bien marcher. Simplement le sujet c'est qu'il faut démultiplier ces dispositifs. Il faut démultiplier ces dispositifs.

France travail aujourd'hui il y a que 25 % des entreprises qui font appel à France Travail pour chercher un emploi pour chercher des candidats. Donc c'est tout le travail que fait France travaille aujourd'hui de se rapprocher des entreprises pour connaître les offres, pour anticiper et puis faire le matching hein, la réconciliation avec la demande notamment des demandeurs d'emploi et la compétence et le temps que ça met à les former pour les demandes des entreprises. Je parlais de la situation de de Brant, le le fabricant d'électroménager.

Euh demain, je crois. Oui, demain le tribunal va se pencher sur la proposition de reprise des salariés via une SCOP. Est-ce que c'est au salarié français aujourd'hui de sauver l'industrie française ?

Alors, je pense que c'est pas qu'au salarié, hein, c'est aussi un effort constant des pouvoirs publics, des industriels, mais aussi des salariés parce que ben normal les scopes, ça marche en fait, hein. On a eu pas mal de de d'exemples d'entreprise où la reprise par les salariés, ça donne du long terme, ça donne de l'engagement, ça donne du sens et ça produit des résultats et ça produit aussi un soutien des clients qui auraient pu aller ailleurs mais qui se disent et d'un territoire, on a envie de soutenir cette entreprise. Donc regardons si les conditions économiques sont là, soutenons le projet des salariés.

Ouais, tout à fait. Il y a eu l'enquête ce matin du CPOF indiquant qu'il y avait un divorce profond entre les Français, la politique. Elle est pas nouvelle cette étude.

Non, elle est pas d'accord mais quand vous vousmême vous regardez la classe politique dont vous avez fait partie diversement en fonction des diverses, qu'est-ce que vous comprenez notamment avec le débat budgétaire qu'il puisse y avoir un épuisement, une lassitude informationnelle et politique en disant on sait pas comment on va s'en sortir. Comprends ? Je les comprends.

C'estàd que là enfin ce qui est nouveau dans cette étude du CVPOF que vous mentionnez ce matin, c'est que les Français disent que les politiques c'est la première préoccupation aujourd'hui l'immigration, le pouvoir d'achat. Il y a 10 ans c'était le chômage. Donc je les comprends.

Comment on le vit ça en tant que femme politique ? Bah je je le je je je le vis parce que je le comprends moi-même en fait. C'est-à-dire cette difficulté qu'on peut avoir à trouver des compromis par exemple typiquement sur les retraites.

Je je regrette que le débat se focalise sur un âge pour tout le monde alors que on voit à l'œuvre de telles différences liées au métier et au métier pénible et qu'il y a des gens qui objectivement sont cassés qui peuvent pas travailler plus longtemps que d'autres. Est-ce que c'est pas un échec des politiques aussi de pas avoir réussi à expliquer les enjeux ? C'est c'est un échec des de de nous tous hein, je pense de nous tous des politiques et des médias aussi.

Mais non, mais vous et vous jouez vos rôles et et justement et c'est pour répondre à pour compléter cette remarque, moi je m'inquiète de ce de ces chiffres là parce que ça ça complète d'autres études qui disent que pour un/ers de nos concitoyens aujourd'hui, bah il existe peut-être d'autres régimes plus acceptables que la démocratie. 80 % des gens disent que un chef fort finalement pourquoi pas ? Et tout ça en lien avec la contestation de l'audiovisuel publique qu'on voit aujourd'hui et je veux défendre l'audiovisuel public ici la contestation des juges bah c'est c'est des choses qui font que la question démocratique sera au cœur je pense aussi de l'échéance de 2027.

Il faut pas que la la question économique élu de la question démocratique. Une petite question politique pour terminer. Est-ce que c'était une erreur d'abandonner le 493 ?

Est-ce que Sébastien Lecnu doit y recourir pour nous permettre d'avoir un budget avant Noël et passer autour ? Je pense qu'il a il je pense que le le Premier ministre a bien fait pour montrer sa bonne volonté et son sa volonté de de de tisser la confiance. Après, si les socialistes estiment que parce que c'est à la demande des socialistes, hein, que il faut peut-être revoir les choses, pourquoi pas ?

Mais je pense qu'il a bien fait pour montrer sa bonne volonté de de vouloir avancer en faisant confiance en compromis. Maintenant, il faut pas se l'interdire. Ça c'est ça c'est aussi à voir parce que vous avez une idée d'un candidat pour la présidentielle.

Il para qu'il en a une quarantaine. C'est pas ça qui manque effectivement. Merci beaucoup à d'avoir été notre invité ce soir.

Les informés de France info juste après le vrai fou.

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