Monique Lubin : « La droite sénatoriale, et la droite en général, font la chasse aux pauvres »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va évidemment parler du budget de la sécurité sociale. On va en parler avec vous. Monique Lubin.
Merci beaucoup d'être notre invité sénatrice socialiste des Landes. Vous êtes membre du conseil d'orientation des retraites. Vous avez participé hier à cette commission mix paritaire.
On va évidemment longuement parler. Mais d'abord on regarde comme tous les jours trois unes de la presse régionale. D'abord la une du Dauphiné libéré.
Un nouveau service militaire. Le service militaire qui n'a donc pas dit son dernier mot supprimé par Jacques Chirac en 1997. Il s'apprête donc à faire son retour sous une forme nouvelle basée sur le volontariat.
Emmanuel Macron présente donc le dispositif à Vars en Iser. La deuxième une, c'est celle de la presse de la Manche. La pêche dans le viseur des narcotrafiquants.
Il semble exercer une pression auprès des pêcheurs pour faire entrer leur marchandises en France pour faire face un numéro dédié à été créé afin de renseigner sur l'activité de réseau criminel. Et puis la dernière, c'est celle du Berry républicain. Les femmes prennent leur place alors qu'au municipal.
Les communes de moins de 1000 habitants devront appliquer la parité sur les listes. Certains freins subsistent à l'engagement des femmes. De quelle lune avez-vous envie de nous parler ?
Je crois que j'aurais envie de vous parler des trois. Celle qui me parle le plus d'un point de vue affectif et de mon engagement, c'est les femmes prennent leur place. Mais le narcotrafic est aujourd'hui aussi un sujet particulièrement d'actualité, particulièrement inquiétant.
Quant au nouveau service militaire, bon, il pose la question de la défense du pays, il pose la question de comment dire d'un état d'insécurité dont nous avions perdu l'habitude finalement. Et on va en en reparler. Allez, on commence à à parler du budget.
Avant de parler du budget de la sécurité sociale, un mot sur le budget de l'État puisque les sénateurs entamment donc aujourd'hui l'examen de ce texte. Est-ce que le Parti socialiste y va toujours avec la volonté de chercher un compromis ou est-ce que vous dites sur ce sujet-là, le compte n'y est vraiment pas ? Je ne peux pas parler à la place des députés déjà par rapport à voilà, je je ne sais pas quelle sera leur attitude à la fin.
C'est très difficile de répondre à cette question. Je vous avoue que devant l'intransigence quelquefois du gouvernement et de la droite de ce pays euh il m'arrive de me dire que nous ne pouvons pas suivre. Mais je sais aussi je sais aussi que le le pays a besoin de stabilité et je sais que le pays a besoin d'un budget.
Donc je pense après des semaines de réflexion et de travail aussi avec nos collègues députés ou tout simplement avec le Parti socialiste, je pense qu'il faudrait un compromis mais pas n'importe quel prix. Et là le prix pour le moment il est trop élevé. Pour le moment oui.
Au niveau du budget de l'État il est trop élevé. Oui. Vous attendez du gouvernement.
Vous attendez aussi de la droite sénatoriale. Vous pensez que la droite sénatoriale va faire des efforts en faveur d'un compromis ? Ah, écoutez, je je peux vous parler de ce qui s'est passé au PLF SS, donc ça je le sais.
Donc pour l'instant, je ne peux pas vous parler de ce qui se passera au PLF, mais de ce que j'ai vu dans le projet de loi de finance de la sécurité sociale, la droite n'est pas prête à des compromis. Non. Non.
Un mot sur une proposition des sénateurs socialistes qui proposent un amendement pour instaurer un emprunt obligatoire d'une durée de 5 ans à taux zéro pour environ 20000 contribuables les plus aisés. Chasse aux riches. C'est ce que disent les LR ici au Sénat.
Qu'est-ce que vous leur dites C'est chasse aux riches. Chasse au riche. Non, c'est pas chasse au riches.
Moi, je j'ai presque envie de vous dire c'est un pisal puisqu'on ne peut pas obtenir une participation qui soit comment dire légitime par rapport à leur à la à la hauteur de leur revenus et à l'effort dont la France a besoin aujourd'hui. Nous allons essayer de trouver une autre solution. Mais moi, je peux renvoyer à la droite du Sénat et à la droite en général chasse aux pauvres. hein, c'est ce que nous avons vu dans cette loi de finance de la sécurité sociale.
Un dernier mot là-dessus, Sébastien Lecnu hier devant vous, devant les les sénateurs a annoncé renoncer à la hausse de la taxe foncière. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ou est-ce que pour les communes, c'est pas une si bonne nouvelle que ça ? Non, mais alors ce débat sur la taxe foncière, il arrive dans ne sait où.
La taxe foncière et le seul impôt effectivement qui existe qui reste pour les propriétaires, elle est particulièrement injuste parce qu'elle est basée aujourd'hui sur des critères qui n'ont plus aucun sens. Donc la taxe foncière, il faudrait une refonte totale. Euh moi je suis favorable à ce qu'il reste une un lien entre les communes et les citoyens par le biais d'un impôt.
Ça me paraît logique, mais il faut une refonte totale et pour ça, il faut avoir un peu de courage politique. Ils en ont pas, il en a pas le gouvernement. Oh, je trouve que là-dessus pas grand monde n'en a eu en fait.
Même les élus ? Non, je parle des gouvernements successifs, donc y compris les vôtres. Y compris les nôtres.
Oui. Euh un un mot, on va parler du budget de la sécurité sociale puisque les députés, les sénateurs se sont réunis hier soir pour tenter de trouver un compromis sur ce budget. Vous allez nous raconter comment ça s'est passé puisque vous avez assisté à cette commission mix paritaire.
D'abord Stéphane, il faut dire que la négociation à tourner course, ça n'a rien donné. Et ben oui, on peut pas dire qu'on a été rongé par le suspense non plus Orian. Tant les positions des députés et des sénateurs étaient éloignées, antagoniste.
Cette commission mixte paritaire, on le rappelle, elle a réuni sep députés et sep sénateurs hier soir pour tenter donc de trouver un compromis sur le budget de la SQ. Alors, les discussions ont été cordiales d'après plusieurs participants, mais vous allez nous raconter he Monique Lubin, vous allez nous en parler dans un instant. Et même si les désaccords étaient profonds, notamment on on pense au gel des prestations sociales, mais aussi à la suspension de la réforme des retraites, et bien les parlementairirees se sont quittés au bout de 30 minutes à peine.
Écoutez le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale. On a pris acte que les deux versions en première lecture, on n'est qu'en première lecture des deux chambres présenter des points de divergence tel que on pouvait pas arriver à un texte de compromis. On est quand même aujourd'hui à 169 articles.
Maintenant, il faut que la navette se poursuive dans les meilleurs délais de manière à ce qu'on trouve les voies de passage pour essayer de donner à la France un un budget de la sécurité sociale avec le moins d'irritants possible. Rapporteur du budget de la sécurité sociale à l'Assemblée nationale, Thbo Basin. Moni Culbin, vous y ét alors comment ça s'est passé ?
Ces désaccords, ils étaient vraiment insurmontables ? Oui, mais c'était écrit d'avance. dira les les deux copies entre l'Assemblée nationale et le Sénat étaient tellement différentes qu'il ne pouvait pas y avoir d'accord.
Et puis nous clairement, nous avons une ligne infranchissable qui est celle de la réforme des retraites et que la droite par un amendement a balayé, la droite a même poussé le snobisme jusqu'à rallonger la durée du temps de travail. Donc non, bien évidemment ça ne pouvait pas se terminer autrement. Mais juste comment ça s'est passé ?
Vous êtes arrivé ? Vous vous avez quand même commencé à discuter ou de base a pas une discussion ? Non, chaque rapporteur général fait le point sur ce qui a été voté dans son assemblée et fait le constat immédiat que conten il ne peut pas y avoir un accord.
Voilà. Ah oui, donc vous avez même pas tenté le le il y a pas eu de tentative de compromis. Non non, ça n'était pas possible là.
Quelle était l'ambiance cordiale effectivement mais parce que nous sommes des gens bien élevés. Non non mais l'ambiance était était cordiale mais bon pour avoir participé par exemple à la commission mixte paritaire sur la la réforme des retraites, c'était complètement différent parce que là nous avions même si les choses étaient écrites d'avance mais nous nous avions la volonté de batailler sur chaque article. Là, c'était absolument inutile.
Il faut que ça revienne en deuxème lecture et qu'il y ait d'autres discussions à l'Assemblée à partir de la feuille que le Sénat envoie parce que donc maintenant l'Assemblée nationale va travailler sur le budget voté par le Sénat. Ben justement, on va voir quelle est la suite. Donc, il y a pas eu d'accord hier soir.
Qu'est-ce qui devient ce texte maintenant ? Stéphane, c'est quoi la suite ? Alors, nouvelle lecture à l'Assemblée nationale d'abord puis au Sénat ensuite.
Les députés examineront le budget de la sécurité sociale à partir de samedi en commission mardi prochain en hémicycle. Ils ne pourront discuter et modifier seulement les mesures sur lesquelles il y a eu des désaccords. Donc beaucoup d'articles.
Donc ensuite s'il arrive au bout du budget de la sécurité sociale, s'ils arrivent au bout les députés et bien le ils voteront le mardi 9 décembre. Le texte sera ensuite renvoyé au Sénat. Là aussi, un peu de suspense.
La majorité sénatoriale devrait refuser le texte de l'Assemblée qui aurait ensuite le dernier mot. Il faudra que les députés se prononcent avant le 12 décembre. C'est la date butoire fixée par la Constitution pour adopter ce budget de la sécurité sociale.
Et sur quel texte du coup vont travailler les députés la semaine prochaine ? Alors, sachant qu'il n'y a pas de texte de la commission mix parétait, ils repartiront de celui voté par les sénateurs hier. Parmi les mesures les plus clivantes au premier plan, la suspension donc de la réforme des retraites, il y a aussi le pardon le gel he de l'année blanche pardon le retour de l'année blanche avec le gel des barês de l'augmentation des barêes de la CSG mais aussi la non augmentation des minimas sociaux et des pensions avec deux exceptions he fixées ici au Sénat pour les retraites en dessous de 1400 € et pour la location adulte handicapée.
La liste est longue mais on peut aussi citer la suppression de l'augmentation de la CG sur les placements d'épargnes. C'était un compromis qui avait été trouvé avec les députés socialistes. Les députés retrouveront aussi, vous l'avez dit, l'augmentation du temps de travail de 15 minutes hebdomadaires voté par la majorité sénatorial.
Mais il y a quand même quelques points d'accord entre l'Assemblée et le Sénat. des maigres points d'accord, mais ils existent par exemple la le refus de la taxation des titres restaurants et des chaqus vacances par les entreprises, mesures voulues par le gouvernement, refusé par les députés et par les sénateurs. Autre point ajouté par les députés et validé par le Sénat, l'alourdissement des cotisations patronales en cas de rupture conventionnelle censé dissuader les entreprises d'y avoir recours et puis il y a d'autres dispositions plus techniques sur lesquelles les parlementaires, les deux chambres ont pu se mettre d'accord.
Monique Lin, vous vous êtes sénatrice socialiste. Est-ce que vous espérez que vos collègues de l'Assemblée vont trouver un compromis sur le budget de la sécurité sociale ? Je je l'ai dit tout à l'heure, je pense que la France a besoin d'un budget et la France a besoin de retrouver un petit peu de sérénité budgétaire hein pour pour tout le monde, pour les entreprises, pour les citoyens, pour tout le monde.
Donc moi, j'espère mais pas à n'importe quel prix. C'est ce que je disais, pas n'importe quel prix. C'est évident que pour nous la suspension de la réforme des retraites, c'est il est évident que l'allongement du temps de travail, ça n'est pas entendable comme ça à voter au détour.
Enfin non, ça n'est pas entendable. Il est évident que le gel des minimats sociaux, ça n'est pas entendable. Donc pour moi, c'est au moins trois sujets sur lesquels on on ne peut pas tergiverser.
Donc on verra ce que ça c'est ligne rouge, c'estàdire s'ils sont dans le texte final, il y a pas de vote du PS. Je pense que ça ne sera pas possible. Bien sûr que non.
Bien sûr que non. Enfin, s'ils sont s'ils sont pas puisque la suspension de la réforme de retraite. Oui, mais mais pour qu'on comprenne bien parce que le vote d'un budget, c'est un acte politique qui est très fort.
Ça veut dire que les députés socialistes pourraient voter pour le budget de la sécurité sociale ou s'abstenir. Quel est le Je ne peux pas répondre pour les députés et je pense que je ne peux surtout pas répondre au niveau au stade où on en est. Quils n'ont pas repris les discussions, ils vont les reprendre.
Donc je je ne peux pas vous répondre. Mais selon la copie, un vote pour, ça vous choquerait pas quoi ? Une abstention ne me choquerait pas.
Un vote pour, il faut voir, je nous sommes dans l'opposition. Donc ça n'est pas si simple que ça de dire qu'on va voter pour. On va on va on va s'attarder quelques secondes sur le point clé, c'est la suspension de la réforme des retraites.
Est-ce que ce matin, après les discussions au Sénat, après la commission mixe par terre hier, vous êtes optimiste sur le fait que cette suspension va voir le jour ? Alors moi je suis optimiste parce que je pense que à l'Assemblée nationale tout le monde est conscient du fait que si si cette suspension ne voit pas le jour, il n'y aura pas de budget. Donc pour vous le camp gouvernemental Horizon Renaissance va faire en sorte que ça pass les les représentants du camp gouvernemental ont été favorables, hein, ont débattu à nos côtés presque si je puis dire là-dessus mais mais c'est c'est une telle ligne rouge que de toute façon ça ne peut pas être autrement.
Donc oui, je suis quand même optimiste là-dessus. Vous avez entendu les les arguments de la droite sénatoriale répété à nouveau pendant ces discussions. Est-ce que suspendre cette réforme, c'est pas mettre en danger notre système par répartition ?
Absolument pas. Et il faudrait euh y consacrer beaucoup de temps sur ce sujet-là parce que je ne cesse de dire que c'est un sujet compliqué et je ne cesse de dire que j'en ai un peu assez d'entendre un certain nombre de personnes tirer des conclusions atives sans connaître réellement le fond du dossier. Euh lorsque il y a eu le premier le premier désir de réforme en 2019 puis après la réforme borne, on nous a brandi un système de retraite en danger.
J'ai même entendu un ministre un jour au banc à bout d'arguments dire "Si on ne fait rien dans quelques mois, on pourra pas payer les retraites." C'est stupide. Euh nous étions à l'époque sur une sur un équilibre.
Voilà. Mais mais juste les choses se modifient un petit peu aujourd'hui avec vous savez ces fonctions toujours de la situation économique et puis on a une donne au niveau de la démographie mais qui ne jouera que dans 40 ans, il faut bien le savoir mais on a une donne on était jusqu'à maintenant le pays d'Europe qui tenait en terme de démographie et aujourd'hui ce n'est plus le cas. Donc mais juste pourquoi c'est ça joue pas ?
Parce que ce que ce que disent les opposants à la suspension, ils disent quand le système a été mis en place, il y avait quatre actifs pour un retraité. Aujourd'hui, il y a 1,7 actifs pour un retraité. Il n'y a pas actif depuis 2 ans.
D'accord. Euh parce que il y a eu le le système des retraites, il n'est pas basé que sur la la natalité, il est basé aussi sur les gains de productivité. Et en 50 ans, on a gardé on a gagné énormément de gains de productivité et on gagnera encore de la productivité par exemple avec l'intelligence artificielle qui nous fait peur mais qui nous fera immanquablement gagner de la productivité.
Donc il faut pas forcément regarder le ratio actif retraité pour et puis je sais que ça ne plaît pas à tout le monde mais il y a aussi l'apport de l'immigration. Et de toute façon, compte tenu de ce qu'est aujourd'hui notre notre comment dire horizon démographique, il faut compter aussi bien évidemment sur l'intégration de nouveaux arrivants pour faire tourner notre machine économique et tout ça. Ça je veux dire si on on s'en était tenu que à la démographie, notre système de retraite, il aurait coulé depuis 20 ans déjà et ce n'est absolument pas le cas.
Donc on voit bien que notre système par répartition, contrairement à ce qui se dit, il est parfaitement solide. Il faut même si on augmente pas le l'âge légal, même si on augmente pas la durée de cotisation, il est parfaitement solide. Ce que je dis moi, c'est qu'il faut le piloter presque au fil de l'eau et non pas selon les lubis des uns et des autres dire tiens là, il faut une réforme des retraites parce que ça va pas et tout d'un coup prendre des mesures et mettre le pays à feu et à sang.
Il faut le piloter au fil de l'eau. On a des outils pour le piloter à 10 ans, à 20 ans. Et il y a des leviers.
Et ces leviers, ils ne ils ne sont pas euh très différents, mais on a l'augmentation des cotisations, on peut avoir l'augmentation de l'âge, on peut avoir l'augmentation de la durée, on peut jouer sur les trois. Moi ce que je crois en tout cas profondément, c'est que pour un certain nombre de Français, on ne peut pas aller au-delà de l'âge qui existe aujourd'hui, enfin de 62 ans. Mais est-ce qu'il faut encore que l'âge soit un critère ?
Est-ce qu'il faut arrêter de faire de l'âge justement ? Ça se discute. Ça se discute parce qu'on a effectivement des gens qui peuvent travailler plus longtemps, qui ont envie de travailler plus longtemps.
Moi, je ne fais pas partie de ceux qui disent à tel âge, il faut que tout le monde s'arrête. Par contre, il faut protéger ceux qui ne peuvent pas aller plus loin. Et aujourd'hui, en augmentant tout le temps la durée de cotisation et en reculant l'âge légal, on ne protège pas cela.
Ça se discute et c'est justement pour ça que moi je rêve d'un d'un grand travail sur les retraites. Je parle travail avant de débat. Voilà, je rêve d'un Donc la conférence retraite emploi retraite tout ça voulu par le ministre, c'est pas c'est pas ça le grand travail pour vous.
Non, ça sera peut-être un départ mais le sujet est tellement vaste et complexe qu'il faudrait y consacrer vraiment plus de temps et dans une certaine sérénité. Il y a pas de sérénité aujourd' retraite. Ah, je ne pense pas.
Ce débat, il pourra avoir lieu pendant la présidentielle ou ou pour vous là aussi ça sera trop politique et pas assez pe mais c'est un enjeu de société donc il aura lieu pendant la présidentielle mais il ne faut pas que la présidentielle soit tournée uniquement là-dessus. On on va parler d'un amendement enfin d'un de vos nombreux amendements au budget de la sécurité sociale. Il y en a un qui concerne le village landais Alzheimer.
On va en parler avec le président socialiste du conseil départemental des Landes. Bonjour Xavier Fortinon. Merci beaucoup d'être avec nous depuis les landes, depuis mise an.
D'abord, ce village landais Alzheimer, expliquez-nous en quoi ça consiste ? Ah, c'est c'est un village qui a été initié au départ en 2013 par Henri Emmanuelli qui était président du département et sur la base de quelque chose qui existait du côté d'Amsterdam. Et le principe c'est d'accueillir les malades d'Alzheimer dans des conditions qui sont quasiment identiques à celles qu'ils ont chez eux.
C'est-à-dire pour éviter le déracinement et avec une architecture, c'est-à-dire organisée vraiment comme un village avec des services que l'on trouve dans un village, l'épicerie, le coiffeur, l'auditorium, la médiathèque et donc organisé en Bastide qui est une forme d'habitat assez importante dans notre territoire llandais et avec des quartiers où sont installés des maisonnés où dans chaque maisonné, il y a entre 7 et 8 villageois et on a donc à peu près 120 personnes accueillies avec 120 soignants et 120 bénévoles. C'est donc le le modèle qui a été retenu avec une possibilité d'aller venir sans sans aucune contrainte de la part des des villageois et donc une intégration la plus importante avec le reste de la de la ville parce que c'est installé sur la la ville de Dax et et Monique Lubin donc vous vous avez parlé de ce village d'Alzheimer lors de l'examen du budget de la sécurité sociale parce qu'il y avait un enjeu sur son avenir. Bien sûr.
Bonjour Xavier d'abord. Bonjour. Euh oui oui, il y a il y a bien sûr un enjeu.
Ce village landais Henri Emmanuel, il a pu se faire grâce à une expérimentation euh dont la durée est de 2 fois 5 ans. Et mais il n'existe pas aujourd'hui de comment dire de de modèle administratif dans lequel sur lequel on puisse le faire entrer et si on n'obtient pas de créer ce nouveau modèle et bien le le le risque c'est que notre village landais se transforme en épathe ce que nous ne voulons absolument pas parce que c'est un modèle vous l'avez compris qui est très particulier et qui est unique et et donc moi j'ai introduit produit un amendement qui avait été très très travaillé en amont pour prolonger cette expérimentation à 15 ans, ce qui nous laisse du temps pour atterrir avec les services compétents sur une comment dire un consensus technique et administratif qui nous permettra de le péréniser et surtout de péréniser son modèle économique. Xavier Fortinon, vous êtes rassuré après l'amendement de Monique Lumain ?
Ah ben c'était un premier pas qui était indispensable parce que aujourd'hui on arrivait au terme de l'expérimentation au 31 décembre 2026 et si ce statut n'était pas pérénisé et si on ne trouvait pas d'accord avec les services de l'État sur sa pérénisation économique, ça pouvait mettre en danger éventuellement le fonctionnement. Mais on est dans un dialogue très nourri avec l'ensemble des services de l'État et tout le monde est convaincu aujourd'hui de l'intérêt d'un tel village à tel point que la ministre donc madame Parmentier Leco lors de la journée internationale qui s'est tenue le 14 novembre dans les Landes a annoncé que c'était un modèle qu'il fallait dont il fallait se servir voir le dupliquer à l'avenir mais que pour l'instant il fallait avoir encore des éléments complémentaires pour pouvoir lancer cette duplication parce que aujourd'hui on est vraiment beaucoup visité par beaucoup d'élus de d'autres territoires qui voudraient mettre en œuvre un modèle. C'est ce que j'allais vous demander.
Il y a beaucoup d'élus d'autres territoires et même à l'étranger non ? Oui. Ben lors du colloque international qu'il y avait le 14 novembre, il y avait des beaucoup de nationalités représentées, beaucoup de chercheurs et beaucoup de de soignants qui expérimentaient aussi euh des modèles dans leur pays et dans les euh et dans et en France.
Donc on on est énormément euh sollicité et visité par beaucoup de territoires pour essayer de s'inspirer de ce qui se fait dans les landes. Un dernier mot, min ce sujet. Écoutez, moi je je j'ai réussi à obtenir un consensus là de de toute de toute l'assemblée et ça a été un très beau moment et je remercie encore hein d'ailleurs tous ceux qui ont accepté de me suivre là-dessus.
Euh c'est important pour le village landais Henri Emmanuellie, mais c'est important aussi pour un certain nombre d'autres projets qui sont portés sur tout le territoire et dans notre beau département des Landes, nous en avons une autre hein, une résidence de répis partagé pour les personnes dépendantes. Donc voilà, c'est c'est une belle promesse d'avenir. Merci Xavier Fortinon d'avoir été avec nous, président socialiste du conseil départemental des Landes.
On va continuer avec l'actualité dans votre région. On va retrouver Jefferson des sports. Bonjour Jefferson, merci d'être avec nous.
Journaliste politique à Sud-Ouest, spécialiste des questions de défense. Jefferson, vous allez nous parler de l'actualité du jour. C'est l'annonce d'Emmanuel Macron d'un service militaire.
Bonjour Arian. Oui, bonjour à Monique Lubin. Une question de défense, vous l'avez dit, Emmanuel Macron aujourd'hui sera à Vars à la 27e brigade d'infanterie de montagne où il va annoncer la création de ce service militaire volontaire.
Et bien, c'est bien volontaire qui il faut retenir dans dans l'expression. Monique Lubin, est-ce que vous partagez cette initiative pour faire face à ce que le président appelle la montée des périls, sachant que dans les landes, vous avez deux emprises militaire importante, la base aérienne de Montmarsan et l'école de l'aviation légère de l'armée de terre avec les hélicoptères à Dax. Je je je comprends, on va dire, voilà, je je comprends ce cette annonce, jefin, je comprends parce que nous vivons dans une incertitude quasi internationale que nous n'avions enfin en tout cas moi ma petite échelle, je ne l'avais pas vu venir euh et je comprends que l'on puisse se poser la question.
Voilà. Alors après, je demande à voir quand même. Il faut il faut connaître exactement les contours de ce service militaire volontaire.
Il faut savoir combien cela va coûter parce que nous sommes quand même dans une contrainte budgétaire que nous n'avons pas connu depuis longtemps. Et donc moi je crains un petit peu que nous n'ayons pas les moyens de suivre. Après euh c'est le Parlement qui donnera ses ses priorités bien évidemment hein.
Euh j'attends de voir aussi ce qu'en dit l'armée professionnelle. Est-ce qu'ils sont prêts à accueillir tous ces jeunes ? Dans quelles conditions est-ce qu'ils en ont envie ?
Voilà, je je comprends que le débat se pose très honnêtement. Jefferson. En tout cas, en tout cas, si on reste sur le débat, Monique Lubin, la création de ce service militaire volontaire fait écho au récent propos du chef d'étatmajor des armées qui a dit qu'il fallait que la France accepte de perdre ses enfants si elle voulait tenir face à une crise majeure.
Est-ce que ces propos vous ont choqué, Monique Lubain ? Oui, ces propos m'ont terriblement interpellé. Oui oui, je je ne je ne crois pas que alors peut-être que dans le langage militaire ça se fait de parler comme ça, mais je ne pense pas qu'on puisse parler comme ça aujourd'hui à nos concitoyens et donner des perspectives telles qu'on enverrait nos nos enfants se faire tuer sur des Je et je alors je ne suis vraiment pas une spécialiste de ces questions là, mais je pense qu' aussi la guerre aujourd'hui elle a elle peut avoir d'autres méthodes si je puis dire euh et et bon je pense que je pense que nous pouvons être attaqué de différentes façons.
Ça a commencé hein quelquefois sur des on peut on peut craindre hein avec des cyberattaques voilà les cyberattaques, les intrusions sur des campagnes électorales, des choses comme ça. Je pense que la guerre aujourd'hui, elle peut avoir de multiples facettes. Alors dire qu'il faut préparer des gens à éventuellement défendre le pays dans certaines conditions et des gens qui seraient volontaires, je peux l'entendre.
Je je demande je demande quand même à connaître tous les contours après annoncer comme ça là de manière abrupte fin 2025 il faut se préparer à sacrifier nos enfants. Ça, je peux pas l'entendre. Merci Jefferson.
La une de du Sud-Ouest, c'est un Girondin sur 7 sous le seuil de pauvreté. C'est à la une de Sud-Ouest dans son édition de Bordeaux. Merci beaucoup Jefferson d'avoir été avec nous et merci Monique Lubain.
Merci. On suivra évidemment les suites du budget de la sécurité sociale et puis à partir de 14h l'examen du budget au Sénat cet après-midi 14h sur notre antenne.
Monique Lubin