L'"ensauvagement" oppose Dupond-Moretti et Darmanin - Reportage #cdanslair 02.09.2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse directe
L'ensauvagement, c'est un mot qui développe le sentiment d'insécurité ?
- 2:31OuverteRéponse partielle
Vous parlez d'un clash ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:58InvitéFait
« Moi, personnellement, j'ai utilisé le mot d'ensauvagement et je le réitère. »
- 1:14InvitéFait
« Une gendarme de 25 ans qui se fait faucher sciemment, manifestement, me semble pas être un acte de grande civilisation. »
- 1:32Invité politiqueFait
« J'ai été l'un des premiers en commission des lois pour dire que ce n'était pas mes mots, que je ne les retenais pas, que je ne les soutenais pas. »
- 1:51InvitéFait
« Le terme est depuis des années ancré dans les discours, le vocabulaire et la rhétorique du Rassemblement National. »
- 3:14InvitéFait
« C'est ça ton nouveau combat, Aurélien, défendre ceux qui torturent et tondent d'une fille de 17 ans. »
Temps de parole
- Invité38 %
- Invité 216 %
- Invité 310 %
- Invité 410 %
- Présentateur9 %
- Gérald Darmanin9 %
- Basiliu Moretti8 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est un mot qui n'en finit pas de faire parler. Au cœur de l'été, Gérald Darmanin, dans une interview au Figaro, déclare qu'il faut stopper l'ensauvagement d'une partie de la société et divise la majorité. Hier matin, le garde des Sceaux a clairement affiché sa divergence avec le ministre de l'Intérieur.
Le ministre de l'Intérieur, c'est le ministre de l'Intérieur. L'ensauvagement, c'est un mot qui développe, me semble-t-il, Madame, le sentiment d'insécurité. L'insécurité, il faut la combattre. Le sentiment d'insécurité, c'est plus difficile, Madame. C'est pour ça que je vous dis que je veux m'adresser à l'intelligence des Français et pas à leur bas instinct. Parce que le sentiment d'insécurité, c'est de l'ordre du fantasme.
Dans la journée, Gérald Darmanin, en déplacement aux côtés des forces de l'ordre, répond sans détour, assume ses mots et le désaccord. Je vais vous répéter ce que je vous ai dit. On peut utiliser des mots différents. Moi, personnellement, j'ai utilisé le mot d'ensauvagement et je le réitère. C'est un mot qui fait naître en moi des échos des années de permanence électorale où j'ai vu des gens victimes d'actes de sauvagerie. Encore une fois, en tant que ministre de l'Intérieur, aller à l'enterrement d'une gendarme de 25 ans qui se fait faucher sciemment, manifestement, me semble pas être un acte de grande civilisation.
Le ministre de l'Intérieur, droit dans ses bottes, alors que le malaise grandit pour certains députés de la République en marche.
Vous savez, je me suis déjà exprimé, et par ailleurs, j'ai été l'un des premiers en commission des lois pour dire que ce n'était pas mes mots, que je ne les retenais pas, que je ne les soutenais pas. Je pense qu'il n'y a que des citoyens dans la société. Je pense qu'on ne peut pas nommer ainsi la délinquance, combien même elle est gravissime et qu'elle est parfois banalisée. Ce n'est pas en reprenant des mots que s'est approprié l'extrême droite que l'on peut le faire.
En sauvagement, le terme est depuis des années ancré dans les discours, le vocabulaire et la rhétorique du Rassemblement National. Une formule régulièrement utilisée par Marine Le Pen, comme lors d'une interview le 16 juillet 2020, à peine quelques jours avant les déclarations de Gérald Darmanin dans le Figaro. On est victime en France d'un véritable en sauvagement qui nécessite véritablement une politique globale de lutte contre la criminalité. Malaise au sein du gouvernement. Hier, Jean Castex, en pleine rentrée, a tenté de siffler la fin de la récré.
Vous parlez d'un clash. Écoutez, moi, je me suis déjà exprimé sur ce sujet. Nous parlons d'un sujet grave qui est l'insécurité. La question n'est pas les mots qu'on emploie pour qualifier le phénomène, mais les actions que l'on met et que l'on va mettre en place pour y faire face. Donc, fermez le banc, il n'y a aucune polémique.
Et si le Premier ministre est agacé, c'est que les polémiques ont duré tout l'été. Il y a une dizaine de jours, Aurélien Taché, un ancien député de La République En Marche, critique la décision de Gérald Darmanin de vouloir expulser la famille d'une Bosnienne de 17 ans, maltraitée par ses parents. Réaction immédiate et cinglante de Marlène Schiappa. C'est ça ton nouveau combat, Aurélien, défendre ceux qui torturent et tondent d'une fille de 17 ans. Défendre les gens en fonction de leur religion ou origine, c'est une logique identitaire. C'est celle de l'extrême droite, c'est la tienne, c'est celle qui a amené le PS à 6%.
Pour le député visé, c'est une bataille idéologique qui déchire la majorité. Il y a une absence de vision idéologique claire au sein de la majorité. Que finalement, cette majorité s'est construite avec l'idée qu'Emmanuel Macron pouvait bousculer un peu les choses, moderniser le pays, mais n'avait pas vraiment travaillé sur un projet commun, un projet de société plus important que ça. Et on le voit aujourd'hui avec ces errements, finalement, qui sont par exemple ceux sur les sujets régaliens avec Gérald Darmanin ou Marlène Schiappa, ou sur d'autres questions. Finalement, on ne sait pas quel est le projet de société de cette majorité.
On a l'impression que les députés qui y font encore partie ne le savent pas non plus. Des députés qui vont bientôt se confronter aux militants à l'occasion de leur université d'été. Son nom, construire ensemble.
Gérald Darmanin