Comment réconcilier les chasseurs et les anti-chasse ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 32 %Attaque 47 %Défensif 21 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Chasseurs et anti-chasse, peut-on arriver à s'entendre après l'annonce de la mort d'un automobiliste près de Rennes ?
- 0:47OuverteRéponse directe
Quelle solution pour la sécurité ?
- 6:14OuverteRéponse directe
Marc Giraud, vous pouvez réagir à ce qu'on vient d'entendre ?
- 7:35OuverteRéponse directe
Vous avez des problèmes quand vous vous promenez à cause des chasseurs ?
- 7:56RelanceRéponse directe
Ça pose vraiment la question de la liberté de circuler ?
- 16:55OuverteRéponse directe
Posez votre question, allez-y.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:58PrésentateurFait
« Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle, propose d'interdire la chasse. »
- 9:01InvitéFait
« La chasse doit être beaucoup plus expliquée et beaucoup mieux connue. »
- 21:59InvitéFait
« Le but d'un chasseur, c'est de transmettre, de gérer durablement. »
- 22:26InvitéFait
« Les chasseurs étaient les premiers écologistes de France. »
- 34:25InvitéFait
« je vous rappelle aussi juste un truc, c'est quand même... »
- 34:34InvitéFait
« qui nous a quand même signé une dérogation du couvre-feu et du confinement pour pouvoir pratiquer la chasse »
- 34:44InvitéFait
« et c'était écrit noir sur blanc dans l'arrêté, de dérogation comme une mission d'intérêt général et une mission de service public »
- 35:06InvitéChiffre
« tous nos sondages montrent qu'il y a au moins 70-80% des Français qui n'aiment pas la chasse »
- 35:10InvitéChiffre
« le sondage du GDD récent dit que 69% des Français approuvent la proposition de Yannick Jadot »
Temps de parole
- Invité35 %
- Présentateur19 %
- Invité 217 %
- Invité 314 %
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- Auditeur 24 %
- Auditeur 33 %
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France Inter, 18-20, Frédéric Barrère. Au téléphone sonne ce soir, une question sensible mais ouverte au débat. Chasseurs et anti-chasse, peut-on arriver à s'entendre l'annonce de la mort hier soir d'un automobiliste de 67 ans touché par le tir d'un chasseur près de Rennes samedi dernier relance la question de la sécurité à proximité des zones de chasse. Et on a aussi frôlé un drame le même jour en Indre-et-Loire. Une balle a transpercé la voiture d'un couple de retraités sur la route. Le couple est terriblement choqué. Le chasseur se dit bouleversé. Mon premier accident, dit-il, en 60 ans de chasse. Quelle solution pour la sécurité ?
Cinq maires en Ile-et-Vilaine demandent des journées ou des demi-journées sans chasse. En Côte d'Or, une charte pour vivre la nature ensemble a été signée. Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle, propose d'interdire la chasse. Le week-end est pendant les vacances scolaires. Le week-end sans chasse, il faut avoir un débat, lui répond Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique. Et justement, on en débat ce soir au Téléphone Zone avec nos invités en studio. Marc Giraud, naturaliste et porte-parole de l'Association pour la protection des animaux sauvages. Bonsoir, auteur de comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus aux éditions à la riz.
Et il vient de paraître, qui veut la peau des écolos aux éditions double ponctuation ? Et puis, en distance à Metz, je remercie d'ailleurs France Bleu, Lorraine Nord qu'il y a sur la liaison. Philippe Lavite, directeur de la Fédération départementale des chasseurs des Vosges. Bonsoir. Et vous avez, vous, une chaîne YouTube. Féliou, chasse, invité également au téléphone. Sergio Dalla Bernardina, anthropologue, professeur à l'Université de Brest et membre de l'Institut interdisciplinaire d'anthropologie du Contemporain. Bonsoir. Et on en débat aussi avec vous, auditeurs. Appelez-nous, c'est votre émission, le 01 45 24 7000. Le standard est ouvert. Le téléphone sonne. 01 45 24 7000.
Première question, on va à Annecy. Bonsoir, Hélène. Bonsoir. Vous êtes une ancienne végane, vous vouliez intervenir, je vous en prie, allez-y.
Oui, je suis restée végane quelques mois et j'ai eu des soucis d'ordre hormonal, des soucis de déminéralisation au niveau des dents, au niveau des cheveux. Et j'ai dû réintroduire les produits animaux. Et un matin, je me suis réveillée en me disant, mais finalement, les animaux que l'on chasse, ils passent toute leur vie dans leur environnement naturel. Ils sont libres. Ils ont une alimentation qui leur convient. Voilà. Et bien sûr qu'il y a peut-être des moments de stress à la fin et encore selon le mode de chasse. Et donc moi, voilà, de faire vente anti-chasse, je suis devenue pro-chasse, mais bien sûr avec une réglementation.
Et je compare souvent le rapport du nombre d'accidents par rapport aux pratiquants au cas de la circulation routière. Et finalement, il y a moins d'accidents de chasse au vu des pratiquants que d'accidents de la route liés soit à des comportements inadmissibles, soit à l'inattention ou autre. Et pour autant, on n'interdit pas la circulation routière. Voilà. Par contre, moi, en tant que randonneuse, je m'habille avec des couleurs flash. Je respecte le travail des chasseurs. D'ailleurs, à l'époque où j'étais anti-chasse, j'essayais de discuter avec eux, de comprendre ce qui les animait. Et plus encore aujourd'hui.
Mais voilà, je trouve que c'est pour moi évident de porter un pull rouge-orange, une casquette, de façon à être visible et à limiter les risques pour tout le monde.
Merci, Hélène. Malheureusement, ça ne suffit pas. Mais on va d'abord aller à Metz retrouver Philippe Lavite, qui est président des chasseurs des Vosges. Philippe Lavite, ça va vous faire. Directeur, pardon. Directeur des chasseurs des Vosges. Philippe Lavite, ce témoignage doit un peu vous reconforter parce que ces derniers jours, vous avez dû être pas mal attaqué.
Oui, bien entendu. Et puis, je tiens à saluer cette intervention qui est extrêmement intéressante, qui prouve que quand on a cette curiosité, cette ouverture d'esprit, en général, on comprend aussi beaucoup de choses. Et on a effectivement de plus en plus de ces témoignages de gens qui changent leur attitude et leur vision des choses, qui se rendent compte qu'il peut y avoir une des notions de bien-être animal et en correspondance totale avec les pratiques de chasse. La seule chose où je n'étais pas tout à fait d'accord, c'est sur l'utilisation du terme travail, parce que ça n'est pas un travail. Beaucoup essaient de nous faire croire que ça en est un.
Et c'est vrai que ça a des missions d'intérêt général, mais ce n'est pas un travail en soi. Ça reste une activité, un art de vivre. On peut le tourner dans le sens qu'on veut, mais c'est vrai que ça a des effets bénéfiques pour la biodiversité. Et donc, c'est important de le souligner. Et comme la personne l'a très, très bien dit, c'était effectivement la viande de gibier, ce qu'on appelle la venaison. C'est une viande sans antibiotiques, sans pesticides. C'est en plus des circuits courts, c'est-à-dire que les chasseurs vont le prendre dans les forêts environnantes, les forêts ou les plaines. Donc, c'est extrêmement riche et important. Ça devrait être la viande la plus à la mode.
Et en plus, ça a des qualités organoleptiques extrêmement intéressantes. Et puis, au niveau gustatif, bref, il y a énormément de choses. Donc, c'est effectivement une intervention qui montre beaucoup de choses. Et je tenais juste à préciser aussi, en profiter, pour parler du titre de votre émission qui était « Peut-on réconcilier chasseur et anti-chasse ? » Et nous, par exemple, il y avait une personne qui était végane, il n'y a aucun chasseur qui est anti-végane. Et c'est toujours un peu difficile de réconcilier des gens quand on s'affiche déjà en étant anti-quelque chose.
Alors, on va donner la parole à Marc Giraud, naturaliste et porte-parole de l'Association pour la protection des animaux sauvages. Marc Giraud, vous pouvez réagir, bien sûr, à ce qu'on vient d'entendre. Mais vous dites aussi qu'il y a plus, aujourd'hui, beaucoup plus de véganes que de chasseurs.
Plus de végétariens, il y en a deux fois plus. Le monde change.
Le monde change. Alors, une réaction à ce que nous venons d'entendre.
Je suis très étonné par ce témoignage de quelqu'un, en gros, qui comprend bien les chasseurs. Et je comprends qu'on les comprenne. Mais qui se disent ex-véganes. Parce que les gens que je connais qui sont véganes, c'est quand même des gens qui sont tellement concernés par la souffrance animale qu'ils en font des sacrifices, parce que ce n'est pas facile d'être végane. Donc, je suis un peu étonné par ce mélange. Mais passons. Le problème, ce n'est pas que d'être pour ou contre la chasse pour des raisons éthiques aussi. C'est que la chasse, c'est un lobby et qu'il y a aussi un problème de démocratie.
C'est-à-dire que même si on aime bien la chasse, et le livre qu'on a fait, Comment se promener dans les bois, ce n'est pas un livre d'opinion, c'est juste un livre qui montre comment ça marche. Et il y a plein de chasseurs qui me disent, je comprends pourquoi ça va mal. C'est quand même un lobby très pyramidal, et on n'a pas son mot à dire quand on est chasseur.
Alors, le terme lobby est très contesté, notamment par le président de la République, Marc Giraud. Je le signale, ce n'est pas un lobby caché, dit-il, mais très influent. On va prendre un deuxième appel. C'est Anne, je crois. Vous nous appelez d'où, Anne ? Bonsoir, je vous appelle depuis la Creuse à Évaux-les-Bains. Et alors, vous, vous avez des problèmes quand vous vous promenez à cause des chasseurs ? Oui, en fait, moi j'ai choisi d'habiter à la campagne, et ça fait deux ans que je suis là. Et en fait, j'essaye de passer entre les périodes de chasse, mais au bout du compte, je n'arrive jamais à sortir de chez moi pour aller me promener librement, comme j'ai envie, quoi.
Alors, Philippe, oui ? Ça pose vraiment la question de la liberté de circuler ? Oui, oui, oui. Plusieurs témoignages en ce sens, sur ces conflits avec les chasseurs, les problèmes pour se promener. Philippe Lavide, c'est vrai que ça arrive, qu'il y a des problèmes, que les chasseurs peuvent faire peur à des personnes qui se promènent dans les bois ou qui conduisent sur l'autoroute, voire un groupe de chasseurs armés avec leur véhicule, leur gilet orange, à côté d'une 4 voies, d'une autoroute. Ça peut intimider et faire peur à des gens ?
Je le comprends tout à fait. Je remercie Anne pour son intervention. C'est extrêmement flagrant, en fait, la problématique qui est derrière tout ça. Là, on a affaire à une dame, ce n'est pas une insulte du tout, au contraire, c'est néo-rural, si j'ai bien compris. Et c'est arrivé, du coup, à profiter du monde rural et toutes les qualités que cela apporte au rythme de vie. Mais la ruralité, on la prend dans son entièreté et la chasse en fait partie. Ce qui est très important de prendre en considération, c'est le fait que la chasse doit être beaucoup plus expliquée et beaucoup mieux connue. Et en fait, comme vous l'avez dit, je comprends ça.
C'est quelque chose que je comprends totalement, le fait que les gens peuvent être surpris de voir des gens armés. Les armes ont une fâcheuse tendance à être mal vécues, à être associées à la guerre et à plein d'autres choses. C'est vrai que ce sont des outils qui sont faits pour tuer, on va dire les choses très concrètement. Mais la plupart des gens ne connaissent pas du tout leur fonctionnement, leur réelle dangerosité. Et là-dessus, c'est vrai qu'on a un effort à faire. Et en fait, si vous voulez, par rapport à la communication qu'il y a eu et aux règles, ce n'est pas du tout une interdiction de circuler.
C'est-à-dire qu'il n'y a aucun chasseur qui ne peut interdire quelqu'un, sauf s'il est dans sa propriété privée, bien entendu qu'il est chez lui. Ce qui arrive aussi, on en parlera sûrement tout à l'heure. Mais quand il y a une chasse organisée, une chasse avec une potentielle dangerosité, souvent ce sont les battues, elles sont obligatoirement annoncées avec des panneaux qui sont conformes à la sécurité routière. Donc les chasses sont tout le temps extrêmement indiquées.
Et donc on a largement la possibilité, quand ça se fait de manière cordiale, ce qui représente quand même à mon avis plus de 95% des cas, si ça se passe de manière cordiale, on peut demander à la personne est-ce que ça dérange si je passe ? Et la plupart du temps on dit non, mais à ce moment-là prévenez-vous, enfin prévenez l'ensemble des chasseurs. Nous c'est une période pendant laquelle on ne chassera plus et on va désarmer nos armes pour le temps que vous passiez. Mais c'est sûr que si vous pouvez prendre un chemin alternatif, c'est tout à fait possible.
Bon, là je vous donne dans la meilleure des situations, quand les gens nous répondent, quand on leur dit bonjour tout d'abord, et en général c'est toujours possible. Il faut savoir que, Anne me répondra certainement, mais en général dans une commune, il y a plusieurs milliers d'hectares et une chasse ne prendra jamais plus d'une centaine d'hectares à l'instant T. Donc il y a une très très large possibilité de partager cette nature et je pense que c'est ça l'important et la clé du message que je veux passer aujourd'hui, c'est le partage de la nature dont les chasseurs font partie des usagers comme les autres.
Alors je voudrais qu'on entende Sergio Dalla Bernardina, anthropologue. Bonsoir monsieur.
Bonsoir, j'ai été frappé notamment par la première intervention qui me paraît effectivement très intéressante et aussi un peu singulière, dans le sens que je me demande combien de personnes ont eu cette conversion. Mais ça m'a intéressé aussi parce qu'effectivement l'argument de l'intérêt alimentaire de ce gibier qui a vécu dans des conditions de pureté extrême est effectivement un des arguments qui peuvent quelque part réunir plutôt que distancier les deux parties, enfin celle des chasseurs et celle des antichasses. Et en même temps je me posais la question justement du statut de cet aliment.
Parce que c'est drôle de voir comment les chasseurs, que je n'ai aucune envie de critiquer, je n'ai aucune raison pour le faire, mais changent comme tout le monde d'ailleurs de stratégie au fil du temps. Pour justifier justement leur activité. Donc dans le passé, il y a eu un moment où il était important de montrer qu'on ne mangeait pas le gibier. C'était le geste sportif par définition. Moi je suis le sportman et d'ailleurs je ne mange même pas le gibier. Et ce qui compte c'est le beau tir, faire travailler le chien. Et c'était une erreur à mon sens stratégique justement parce que l'aspect gastronomique, je ne dirais même pas alimentaire, mais gastronomique est fondamental.
Toute l'histoire de notre civilisation est une histoire de plaisir, aussi de plaisir lié à l'alimentation au carnet et au gibier en particulier. Donc à la limite, cette vieille stratégie était perdante parce qu'on aurait pu demander à chaque fois au chasseur « Mais si tu ne manges pas le gibier, pourquoi est-ce que tu le tues ? » Et donc c'est très intéressant de voir que cet argument de l'intérêt gastronomique alimentaire réapparaît et il me paraît tout à fait pertinent.
Parce qu'autrefois, la chasse est devenue un loisir, mais autrefois le chasseur était considéré comme un héros il y a bien longtemps parce qu'il rapportait à manger, Sergio Dalla Bernardina.
Oui, disons que si on considère en perspective l'histoire de l'Occident, les héros de la Grèce ancienne sont presque tous chasseurs, enfin très souvent sont chasseurs. Et cette idée de l'importance justement de cet acte, on la retrouve tout au long de l'histoire de l'Occident, mais notamment parce que le chasseur est celui qui nous éloigne du monde sauvage. Et il faut comprendre que notre histoire, jusqu'à il y a très peu de temps, l'histoire d'une civilisation qui a cherché à s'éloigner de la sauvagerie, de penser à distance du monde sauvage et qui considérait la condition domestique comme ce qu'il y avait de plus souhaitable.
Tous les animaux étaient considérés, pour une raison ou pour l'autre, comme des nuisibles, aussi bien l'ester que le dièvre, pas seulement les sangliers, pas seulement. Et donc, et ça fait très peu de temps qu'on a changé complètement, on pourrait dire, de fusil d'épaule, et ces animaux ont été réhabilités, et en même temps la dimension sauvage a été réhabilitée. Mais le chasseur était celui qui gardait, qui nous permettait de défendre ce qu'on avait arraché à la nature et pour rester du côté de la civilisation, si vous voulez, d'un certain point de vue.
Et aujourd'hui, ça...
Et voilà, et aujourd'hui, il y a une inversion incroyable, enfin, tout à fait compréhensible, je ne suis pas en train de la critiquer, mais dans le sens qu'effectivement, on a découvert que la nature est fragile, on l'a découverte, parce que ça fait quelques années que les gens vont à la campagne, en réalité. Donc il y a aussi un antagonisme qui est un antagonisme qui gère le discours sur la nature, qui gère le discours sur les animaux sauvages.
La conscience de l'urgence écologique s'est affrontée, s'est confrontée aux chasseurs, c'est ça. Marc Giraud, vous vouliez intervenir ?
Oui, la vie sauvage, moi, naturaliste, évidemment, j'en suis très proche, et il faut arrêter avec ces clivages chasseurs d'un côté, ou ruraux et bobos, etc. C'est vraiment une légende. Ce que je voudrais dire, c'est qu'on est un peu chez les bisounours depuis un moment, bon, évidemment, les animaux d'abattoir, on peut en parler, mais c'est un autre sujet, et on n'est pas en train de défendre ça, mais les animaux blessés à la chasse souffrent aussi. Il y a énormément de souffrance. Il y a des gibiers d'élevage qui sont élevés dans des conditions qui sont dignes, ou indignes, plutôt, des poules en batterie. Donc la chasse, c'est pas toujours très tendre.
C'est pas tendre vis-à-vis des chiens aussi, parce que moi qui vis à la campagne, je peux vous dire qu'ils sont fermés toute l'année, qu'ils ne sortent que pour les jours de chasse. Et c'est pas tendre aussi pour les gens et pour les ruraux, parce que ce sont les ruraux qui se plaignent de la chasse. À l'ASPAS, on a fait un hashtag oséparler, oséez, et on a reçu une avalanche de témoignages de gens qui ont vraiment des brutalités, c'est-à-dire qu'ils se font tuer leurs animaux parce qu'ils s'opposent à des chasseurs qui rentrent chez eux, des enfants qui osent pas sortir. Alors je suis pas en train de faire pleurer, Margot, c'est vraiment des témoignages qu'on a, mais quasi quotidiennement.
Et depuis un moment, ça fait des années qu'on parle des accidents de chasse et des morts à la chasse, et on n'en parlait pas beaucoup. Et je suis content de voir qu'aujourd'hui, le thème de la sécurité et du partage de l'espace est enfin à l'ordre du jour.
Alors on retourne au standard où Marc nous attend, vous nous appelez de Neuilly Lebrignon, Marc.
Oui, c'est ça, en Touraine. Bonsoir.
Bonsoir. Posez votre question, allez-y. Nous vous invitez pour vous répondre.
Je veux faire part de mon incompréhension quand je constate l'animosité qu'il y a constamment entre chasseurs et écologistes. Pour moi, le moteur de toute action est l'intérêt. Et peut-on exclure les chasseurs de la protection des espèces sauvages et de leur biotope, puisqu'il en va de leur intérêt propre, si vous voulez. Si nous, chasseurs, ne nous préoccupons pas de la nature et des espèces sauvages, où est notre intérêt, vous voyez ? Donc, moi, je ne comprends pas que chasseurs et écologistes qui ont le plus souvent les mêmes adversaires et les mêmes partenaires ne s'entendent pas.
Marc, vous êtes chasseur ? Vous êtes chasseur, Marc ?
On est contemplatif, comme beaucoup protègent, nourrissent, financent, s'investissent pour la faune sauvage. Ils défendent la ruralité. Donc, moi, je suis vraiment, vraiment étonné de ce qu'on n'arrive pas à entendre. Est-ce qu'un jour, de vrais écologistes, chasseurs comme des adversaires, ou pire, vous savez, des pelés, des galets, des galeux d'où vient tout le mal, comme dirait La Fontaine ? Voilà. Je suis totalement surpris du manque d'entente entre écologistes et chasseurs que je suis avant tout un écologiste, même avant d'être chasseur. Je suis un grand botaniste et j'adore les animaux, mais je suis également chasseur et c'est ma passion. Voilà.
Voilà, un chasseur écologiste. Alors, c'est vrai que les chasseurs ont un rôle pour la régulation des espèces.
C'est ce qu'ils veulent faire croire, en tout cas. Vous n'êtes pas d'accord, Marc ? Non. Il y a deux grandes légendes de la communication des chasseurs. C'est qu'il faut réguler les espèces. Alors, on pourrait les prendre les unes derrière les autres. Et la chasse, c'est la ruralité. On en a déjà parlé. C'est absolument faux. Les deux sont faux. Je constate que tout le monde est prêt pour la chasse ce soir. C'est bien. Donc, je serai le seul contre tous.
Le problème de la biodiversité, justement, c'est que nous, écologistes, les vrais écologistes, les défenseurs de toutes les espèces, pas seulement les espèces chassables, on constate que moi, dans mon village, quand je parle aux chasseurs, par exemple, tous les printemps, je ramasse les crapauds avec les gens du village, c'est vraiment un lien rural. Les chasseurs, ça les fait rire qu'on ramasse les crapauds pour qu'ils ne se fassent pas écraser. C'est risible pour eux. Quand je leur parle des orchidées, ils ne savent même pas que ça existe. Enfin, bon, je sais qu'il y en a qui connaissent la nature, mais en général... Alors, peut-être pas tous les chasseurs, Marc Giraud.
Oui, mais quand ils manifestent pour le climat, on ne les voit pas pour le climat. On les voit pour défendre, par exemple, les chasses traditionnelles, qui sont des espèces de gamineries où on attrape des petits oiseaux avec des bouts de ficelle. Là, c'est vraiment le retour à la chandelle ou à la ficelle. Mais sur le climat, sur l'écologie, sur tout ça, on ne les trouve pas, les chasseurs. Moi, j'aurais rien contre, mais on ne les trouve pas. Ils ne militent que pour la chasse.
Alors, Philippe Lavite, directeur de la Fédération départementale des chasseurs des Vosges, vous vouliez intervenir ?
Oui, oui, parce que si on veut que ça se passe de manière complètement cordiale, il ne faut pas raconter des choses quand même, je veux dire, de faire de l'amalgame à parler des chiens, de l'élevage, etc. Je veux dire, les conditions des chiens, on peut, enfin voilà, comme vous l'avez dit tout à l'heure, moi, je suis un peu suivi sur les réseaux sociaux. C'est mon meilleur contenu de montrer la relation qu'on a avec les chiens. Il n'y a personne qui maltraiterait. C'est vraiment ça aussi. Il faut vraiment arrêter avec ça.
Le monde des bisounours, comme il a été cité, en général, il n'est pas trop de notre côté puisque nous, on a l'habitude d'assumer notre rôle et d'assumer le fait que pour tuer un animal, il faut le manger. Et il y a beaucoup de gens qui nous écoutent, qui mangent des animaux et qui peuvent penser que la chasse, c'est mal. Mais il y a un moment quand même où soit on se déresponsabilise et on laisse faire des gens pour qui c'est le métier, soit on l'assume et on mange de la viande sauvage, comme on l'a dit tout à l'heure.
Moi, quand on parle aussi de manifestation, je voulais rappeler à beaucoup d'associations naturalistes que quand on a manifesté pour la préservation du cerf, lorsqu'il y avait des plans de chasse qui étaient vraiment trop intensifs et qui, à notre sens, auraient tendance à faire disparaître un des derniers animaux préhistoriques puisque c'en est un, on n'a pas retrouvé beaucoup d'écologistes à nos côtés et je suis tout à fait d'accord avec l'intervention de ce monsieur qui était extrêmement pertinente et je profite de détailler son propos en disant que les fédérations de chasse, dont je suis le directeur, moi personnellement, je me considère aussi comme naturaliste et je suis ingénieur agronome et forestier et on est association agréée au titre de la protection de la nature.
Donc, c'est des choses qui choquent un petit peu quand on réfléchit ou disons quand on ne réfléchit pas, ça peut choquer un petit peu, mais quand on pousse un petit peu plus loin, on détermine, ça porte un nom, ça s'appelle la préservation par l'utilisation. C'est-à-dire qu'au bout d'un moment, c'est un concept extrêmement sérieux que j'ai développé, que j'ai souvent, pas développé, ça ne s'est pas sorti de ma tête, mais que j'ai souvent défendu et expliqué aux gens le principe écologique de préservation par l'utilisation. C'est-à-dire, à partir du moment où vous avez un intérêt dans une ressource, vous faites votre maximum pour la défendre afin qu'elle soit durable.
Le but d'un chasseur, c'est de transmettre, de gérer durablement. On ne va pas tirer sur le dernier oiseau qui reste, sachant que sinon, après, on aura terminé notre chasse. Et ça, c'est un concept historique. C'est ce qui fait que ce sont les premiers chasseurs qui ont créé des réserves, qui ont limité la chasse pour qu'elle soit durable, partagée. Et donc, c'est en ça qu'on a communiqué, même si ça a choqué, a fait beaucoup rire certains qui n'ont pas la profondeur d'esprit nécessaire pour analyser la situation, qui était que les chasseurs étaient les premiers écologistes de France.
Mais quand on développe les chiffres, quand on montre les linéaires qu'on entretient, les zones humides qu'on préserve, tout ça pour, encore une fois, avoir une biodiversité riche dont on est les premiers à profiter. Et aujourd'hui, être un vrai écologiste, ce que je considère qu'une immense majorité des chasseurs sont, c'est de faire de l'écologie de terrain, pas l'écologie de bureau et de simplement faire des attaques gratuites vis-à-vis des chasseurs parce qu'ils ont un fusil et qu'ils tirent sur des oiseaux.
Alors, Philippe Flavit, merci. Je voudrais qu'on donne la parole à Sergio Dalla Bernardina. Vous vouliez intervenir, Sergio Dalla Bernardina, anthropologue.
Oui. Donc, parce que, paradoxalement, je suis un peu d'accord avec M. Giroud d'un certain point de vue dans le sens que je pense, franchement, que le mythe du chasseur écologiste est véritablement un mythe. Mais il faut que je m'explique quand même.
Allez-y.
Oui, dans le sens qu'il y a. On dit, justement, comme il vient d'être dit, que lorsqu'on a un intérêt pour un bien, on le préserve. Alors, il s'avère que, dans les sociétés rurales du passé, le gibier n'était pas un bien, sauf, justement, dans le cas spécifique où on avait des réserves pour investir autour de la reproduction. Mais sinon, l'animal, il y a eu une priorité du domestique sur le sauvage et le sanguier était un antagoniste du cochon, le chamois était un antagoniste des chèvres à la montagne, etc. Donc, en réalité, les gens des ruraux n'avaient aucun intérêt dans la défense de ces... Pour ne pas parler des oiseaux, naturellement, on n'avait aucun intérêt à défendre ces animaux.
Mais ce n'est pas parce qu'ils étaient cruels ou stupides, c'est parce qu'ils avaient fait un choix économique tout à fait raisonnable. Et les chasseurs pouvaient intervenir tranquillement et sereinement sur ce gibier parce que c'était des restes nullius ou dénuisibles. Il s'avère que les choses ont changé et donc tout ce que les chasseurs disent rétrospectivement, sauf, je le répète, pour les grandes réserves, sur l'intention spécifique de protéger le gibier est une illusion. Sauf dans des cas spécifiques, je le répète. Il n'empêche que ce sont les chasseurs qui, à un moment donné, étant donné que les conditions économiques ont changé, ont commencé à protéger réellement le gibier.
C'est le cas dans les Alpes, par exemple. C'est grâce aux ACCA, c'est grâce à toute une série d'initiatives dans les années 60 qu'on a pu voir venir les Boutins, les Chamois, les Chevois dans certaines régions, etc., les CERF. Et c'est vrai que le chasseur est en train de devenir écologiste. Mais dire qu'il a été dans le passé, à mon sens, c'est une falsification de l'histoire.
Merci Serge de la Bernardina. On vous retournera la parole tout à l'heure. Alors, je retiens Marc Giraud avant d'aller au standard. Je retiens quand on a un bien,
on le préserve. Oui, alors j'aimerais bien en avoir la preuve. Moi, je ne suis pas du tout dans l'invective, je suis dans les faits. Pour le bouquetin, par exemple, il a été flingué jusqu'au dernier, le bouquetin des Alpes, celui des Périnées aussi d'ailleurs. Il est revenu naturellement en France. Il a été à nouveau chassé jusqu'au dernier. Il est revenu une troisième fois naturellement en France depuis l'Italie. Et là, on a créé le parc de la Vanoise. Le bouquetin est une espèce non chassable. Et aujourd'hui encore, le bouquetin va mieux. Et on en réintroduit dans plusieurs régions grâce à cela.
Et il y a des fédérations de chasse qui s'opposent à la réintroduction du bouquetin parce que c'est une espèce non chassable. c'est-à-dire que pour eux, un animal n'est intéressant que si on peut le tirer. Donc, je ne trouve pas ça super bien pour la biodiversité. Et pour les oiseaux, il y a 64 espèces d'oiseaux chassables en France qui est un record européen. Il y en a 20 sur la liste rouge USN, c'est-à-dire qu'ils sont en danger comme l'alouette, etc. et les chasseurs s'opposent aux trèvres de la chasse. Donc, je suis désolé, je suis dans les faits.
En retourne au standard où Emmanuel nous attend. Emmanuel, vous nous appelez de Savoie et vous avez une question sur les contrôles ?
J'ai une question sur la prévention, les mesures de prévention des accidents de chasse, en gros. L'accident de chasse, en gros, c'est quelqu'un avec un fusil, un chasseur qui tire sur quelqu'un d'autre. Et donc, il y a un certain nombre de mesures de contrôle qui pourraient probablement réduire de beaucoup les accidents de chasse, les contrôles qui soient avec une structure qui soit totalement indépendante des fédérations de chasse, bien sûr, pour l'exercer, et qui portent ces contrôles sur les aptitudes des chasseurs. Je pense qu'il faudrait avoir de bonnes certitudes sur les aptitudes visuelles, sur les aptitudes auditives des chasseurs qui sont en jeu dans beaucoup d'accidents.
Le dernier en haut date dont on parle sur votre antenne sur les derniers jours en fait qu'il tape.
Oui.
Et puis, des contrôles d'alcoolémie qui me paraissent indispensables au vu des nombreuses rencontres de chasseurs parfois hauleuses que j'ai pu avoir avec un taux zéro qui soit seul autorisé pour pouvoir se promener dans la nature avec un fusil. Et donc, comme pour le permis auto, de toute façon, mais peut-être en plus c'est vert parce que là, on se promène avec un fusil. Voilà.
Oui. Merci de mettre l'eau là-dessus. Et Emmanuel, on a beaucoup de questions justement sur ce délit de chasse en état d'ivresse qui n'existe pas encore, qui est une circonstance aggravante. Alors, on va poser la question à Philippe Lavite, directeur des fédérations des chasseurs des Vosges. Philippe Lavite, plus de contrôles visuels, pourquoi pas un délit de chasse en état d'ivresse. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Je peux me permettre juste un tout petit rappel par rapport à ce qui a été dit tout à l'heure parce que j'ai entendu toutes les interventions. Je veux juste rappeler effectivement la chasse à la quête les gens se partagent entre 4 millions d'années si c'était les premiers qui ont commencé à acheter des cailloux sur des animaux pour essayer de se les approprier. L'agriculture a 10 000 ans et ça dépend quand on parle de chasseurs-écogistes à partir de quel moment on se fixe sur la frise.
Maintenant, ça fait quand même un moment que les plans de chasse ne sont pas d'hier que les plans de chasse sont nés, c'est-à-dire de fixer ensemble des quotas pour respecter des équilibres, c'est-à-dire qu'il y a des exigences en termes d'équilibre agro- silvocyngétique ce qu'on appelle pompeusement, c'est-à-dire des équilibres des forêts et de l'agriculture avec les dégâts qu'ils génèrent. Il y a des plans de chasse qui sont fixés en collaboration avec tous les partenaires ruraux et tous les gens qui ont un intérêt dans la nature et on fixe ensemble des quotas et des minimums à prélever donc il y a des grosses exigences. Ça, c'est pour la partie régulation.
Sur les contrôles indépendants pour évaluer
les aptitudes auditives, visuelles et l'infraction de chasse dans l'état d'ivresse.
Donc ça, sur la partie chasse dans l'état d'ivresse, c'est quelque chose qu'on ne peut absolument pas conscionner et que je n'imagine pas. Je pense qu'il y a aussi un gros paramètre des grands clichés des sketchs qui doivent rester des sketchs et qui ont fait beaucoup de bruit, qui m'ont fait même beaucoup rigoler et qui m'ont fait rigoler la France mais ça doit rester effectivement des sketchs comme beaucoup de l'activité. Moi, je suis tout à fait favorable. Philippe Labille,
ça existe la conduite en état d'ivresse ? Oui, oui.
Non mais c'est pour ça que je vous dis que dès qu'il y a un accident à la chasse en France, il n'y a aucun accident qui n'ait pas été contrôlé après au niveau de la personne qui a l'origine et donc d'ailleurs je tiens à le souligner puisque dans l'historique des accidents qui sont si on... Enfin voilà, le nombre dont on pourra parler tout à l'heure, il n'y a jamais eu lors d'un accident mortel et systématiquement les tests sont faits, il n'y a jamais eu un accident où il y avait l'alcool qui était impliqué.
Donc voilà, il faut déjà aussi quand même préciser cette chose-là et moi je serais absolument favorable à ce qu'il y ait des contrôles qui soient faits au même titre que pour les voitures. Ça permettrait à beaucoup de gens déjà de casser ces clichés-là et de montrer qu'on est des gens beaucoup plus sérieux que certains laissent à entendre.
Alors, est-ce qu'on a Maryse Standard sur les après-midi de non-chasse ? Bonsoir Maryse, allez-y, posez votre question. Donc vous vous proposez, comme Yannick Jadot, des moments sans chasse, comme ça existe dans certains pays européens.
Exactement, et je voulais savoir pourquoi on ne peut pas envisager une journée par semaine, par exemple, ou même une demi-journée, le dimanche après-midi, de non-chasse pour qu'on puisse aller aux champignons, se promener dans la nature. Moi, j'habite dans la Drôme et en face, il y a l'Ardèche, et bien ce n'est pas possible. C'est-à-dire que le dimanche, par exemple, il y a 15 jours, on est allé en Haute-Ardèche et il y avait trois battues au sanglier au bord de la route. Donc effectivement, il y a marqué chasse en cours, mais alors à moins de faire demi-tour quand on est sur la route.
Les chausseurs qui sont postés tous au bord de la route avec leur gilet orange et on ne peut pas faire demi-tour. Donc on passe, on se dépêche pour éviter. Donc il y avait trois battues au sanglier un dimanche après-midi.
Merci Marie-Zombard. Nos invités vont vous répondre. Marc Giraud, vous...
Ça fait 40 ans qu'on évite pour le dimanche sans chasse. Je vous rappelle quand même qu'en Angleterre, la trêve du dimanche, c'était en 1831 que ça a été voté. Tous les pays d'Europe ont des jours nationaux sans chasse. Il y a même la plupart des pays comme les Pays-Bas ou l'Italie et l'Espagne, il n'y a que trois jours de chasse seulement. C'est-à-dire que l'état normal c'est de ne pas chasser et les gens, ils se promènent un peu plus tranquillement que chez nous.
Philippe Lavit dans les Vosges, chasseurs des Vosges, un dimanche sans chasse, un jour sans chasse, une demi-journée sans chasse. Est-ce que c'est envisageable ? Est-ce que c'est possible ? Ça se fait dans des pays européens.
Ça se fait dans des pays. Ça se fait de manière extrêmement locale. Ça se fait absolument partout. Il y a des clauses dans les locations de forêts domaniales ou dans les forêts communales, etc. Ou quand il y a des soucis de proximité, enfin des soucis, lorsque dans des conditions de proximité avec des villes où il y a une forte fréquentation touristique, où il y a déjà des restrictions qui sont effectuées au niveau local, là où c'est susceptible de poser des problèmes. Moi, ce qui m'en pose un de problème, c'est cette histoire de légiférer et d'imposer ça à tout le monde. Ce qu'il faut quand même retenir en trois points, c'est que la chasse repose sur le droit de propriété.
Il faut garder en tête et ça, j'espérais pouvoir avoir le temps d'audience de l'expliquer à tout le monde. La nature n'appartient pas à tout le monde. Je veux vraiment rester que ça, ce soit enregistré par tout le monde. La nature n'appartient pas à tout le monde. On peut dire que la nature n'appartient pas aux chasseurs. Non, bien entendu, n'appartient pas aux chasseurs. Néanmoins, c'est lié au droit de propriété. Le droit de chasse est lié au droit de propriété qui est un droit fondamental français. C'est un droit comme beaucoup d'autres et il y a quand même près de 70 ou 80% des forêts et de la nature appartiennent.
Les gens font quand même un peu ce qu'ils veulent chez eux et surtout lorsque c'est légal et que c'est très encadré. Déjà, chez ces gens-là, je suis désolé, vous aurez beau faire ce que vous voudrez, vous ne leur intérêts pas de faire ce qu'ils veulent chez eux et s'ils veulent chasser, ils chasseront chez eux et ça, on ne pourra pas en démordre. La deuxième partie, c'est que c'est une activité extrêmement populaire, la chasse, c'est-à-dire que ce sont des gens comme vous et moi qui travaillent la semaine. Ce n'est pas un travail comme on l'a dit tout à l'heure.
C'est une activité de loisirs qui se pratique le week-end et les jours fériés et donc ça reviendrait à interdire la chasse et quand j'entends M. Jadot qui commence sa phrase par dire je veux que la nature soit... Enfin voilà, retourne à tout le monde, soit possible d'être fréquentée par tout le monde et du coup, j'interdirai la chasse. Donc déjà, nous, on est déjà exclus du reste du monde. Donc c'est quelque chose qui est déjà... Enfin, dans la sémantique même, il y avait déjà une erreur qui est inadmissible. Donc voilà, on veut interdire la chasse.
Alors que moi, encore une fois, sur 95% des territoires ou même sûrement bien plus, on a de plus en plus de conventions de partage de territoire avec les fédérations de randonnées, de vététistes, etc. Et ça se passe très bien. Donc pourquoi, alors que tout se passe bien dans 95% des cas, pourquoi vouloir légiférer et imposer ça ? Je vous rappelle aussi juste un truc, c'est quand même...
Ça se fait bien tout le temps.
Pendant le Covid, on a quand même notre ministre qui n'est pas notre plus grande fan à la base de chasse. qui nous a quand même signé une dérogation du couvre-feu et du confinement pour pouvoir pratiquer la chasse parce qu'elle l'a reconnue, et c'était écrit noir sur blanc dans l'arrêté, de dérogation comme une mission d'intérêt général et une mission de service public. Donc, c'était... On vous a compris. On ne peut pas nous dire d'un côté, il faut y aller même quand il y a un confinement parce que c'est important, votre activité est importante et d'un autre côté, on dit, n'y allez pas le week-end et le jour férié. Il y a un moment, il faut être cohérent. Merci.
Je voudrais bien conclure parce que sur la chasse qui est populaire, tous nos sondages montrent qu'il y a au moins 70-80% des Français qui n'aiment pas la chasse et le sondage du GDD récent dit que 69% des Français approuvent la proposition de Yannick Jadot. Donc, populaire. Merci.
Malheureusement, on n'a pas le temps de retourner entendre Sergio Dalla Bernardina et pourtant, et pourtant l'Italie qu'il connaît bien s'apprête à organiser un référendum sur l'abolition de la chasse. Merci à nos trois invités, Sergio Dalla Bernardina, Philippe Lavite et Marc Giraud. Merci aux auditeurs qui nous ont appelés. Après les infos de 20h, l'heure philo. Bonsoir Patricia Martin. Bonsoir Frédéric Barère. C'est un autre Frédéric. Frédéric Worms pour un essai intitulé « Vivre en temps réel », le temps réel, c'est celui de la pandémie. A tout à l'heure Patricia. A tout à l'heure.