Budget 2026 / année blanche : « c’est facile, ça évite de devoir réfléchir » selon Christine Lavarde
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On commence donc cette émission avec la sénatrice du jour, Christine Lavar, sénatrice les Républicains des des hautes scènes. Et comme chaque jour et bien on va commencer par regarder les unes de la presse régionale avec trois unes que nous avons sélectionné. D'abord la une de la Dépêche du midi vacances.
Cet été, le budget sera serré alors que pour la première fois depuis 5 ans et bien le budget des Français s'annonce à la baisse à la une de l'est républicain Macron face au dilemme de la dissolution puisqu'à partir de demain, le président de la Républiquea pourra à nouveau dissoudre l'Assemblée nationale s'il le souhaite. Et puis à la une du journal La Provence, ce que disent les cahiers de doléance hérité de la crise des gilets jaunes de 2018. Quelle une choisissez-vous ?
Christine Navarde, celle du milieu sur la dissolution. Exactement. Donc vous le disiez justement, demain le président de la République retrouve son pouvoir de dissoudre l'Assemblée nationale.
Va-t-il faire ? Ne va-t-il pas le faire ? qui est certain, c'est qu'il y a aucune raison de le faire là dans les jours qui viennent parce que je pense que si jamais on convoquait les Français au vote en plein pendant les vacances d'été, on aurait un taux de participation extrêmement faible et ce serait pas du tout bon pour la démocratie.
Et puis au-delà de savoir euh si le président de la République va appuyer sur le bouton, c'est pour faire quoi et avec quel espoir, j'ai cru comprendre que sa plus grande crainte était d'être celui qui aurait préparé l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir. Je ne suis pas certaine que si jamais on ne faisait pas des enfin si on fait des élections en septembre, c'est peut-être le résultat qui pourrait advenir et ce serait je pense un échec collectif. Donc c'est à nous de montrer que une autre voie est possible.
Euh une voix qui sera difficile hein parce que je pense qu'on va en parler tout à l'heure. Le projet de loi de finance pour 2026 va être compliqué. Tout à l'heure, on entendait Eric Coel qui dit qu'en gros, chaque mesure d'économie est forcément une mauvaise mesure.
Alors voilà, d'un côté, il y a ceux qui pensent qu'il n'y a que l'impôt, que l'impôt, que des taxes supplémentaires. Moi, je plaide plutôt pour une autre voie quand on voit comment le niveau de nos dépenses a augmenté par rapport à 2019. des questions à se poser.
Ben justement, vous faites la première transition Christine Lavard puisqu'on va parler du budget. Effectivement le président du du Sénat Larch remet ses propositions à François Bairou, le premier ministre pour trouver ces 40 milliards d'euros nécessaires au budget 2026. Christine Navarde, vous êtes membre de la commission des finances du Sénat.
Est-ce que la droite sénatoriale va proposer la fameuse Année Blanche, ce gel des dépenses publiques ? Alors, je ne vous dirai rien euh de ce que le président du Sénat euh va proposer euh tout à l'heure au Premier ministre. Ce qui est certain, c'est qu'on a eu un travail euh collectif, hein, euh de l'ensemble des groupes politiques qui constituent le socle commun au Sénat euh pour définir euh des mesures, des idées qui sont partagées par nous tous et qui donc doivent faire consensus si jamais elles étaient proposées au moment de de leur vote dans l'hémicycle. de manière à pouvoir permettre de trouver des économies.
Alors, on a pris ce chiffre de 40 milliards, sachant que c'est pas nous qui l'avons calculé. Donc aujourd'hui, on le prend comme une donnée d'entrée. Euh peut-être que c'est 35, peut-être que c'est 45 euh qu'il faudra trouver euh à la fin.
Hier, j'entendais euh le ministre des armées qui qui disait justement, on narrête pas de me dire, il faut augmenter le budget des armées, mais augmenter jusqu'où ? Augmenter pourquoi ? Posons-nous quand même la finalité de chacune des dépenses avant de mettre un chiffre en face et c'est tout le travail qui reste à faire d'ici la présentation du projet loi de finance.
Est-ce que vous personnellement vous êtes favorable à cette piste de l'année blanche et du gel budgétaire ? Alors disons que pour son acceptation politique effectivement c'est facile tout le monde est logé à la même enseigne. Ça ça évite de devoir réfléchir après en donc c'est c'est efficace mais est-ce que c'est efficient ?
Et là, je le pense pas du tout parce que ça veut dire qu'on ne s'interroge pas sur la qualité de la dépense publique. On ne s'interroge pas pour savoir s'il est nécessaire de continuer à mettre de l'argent public dans telle politique plutôt que dans tel autre. Aujourd'hui, il est grand temps de se poser sujet par sujet la question de savoir si c'est toujours à l'état d'intervenir ou s'il y a pas des des des éléments qui doivent être transférés au secteur privé. notamment parce qu'aujourd'hui nous n'avons plus les moyens de vivre comme nous le faisions auparavant et objectivement la politique qui a été mise pendant la crise de la COVID et après la crise de la COVID nous a laissé croire qu'il y avait de l'argent magique et ce n'est pas le cas et on en paye les conséquences maintenant.
Alors par exemple sur quel secteur sur quelle mission il faudrait faire des économies et les transférer au privés ? Aujourd'hui, regarder la photographie et c'est ce que nous avons fait avec le rapporteur général des dépenses par mission budget 2019 euh PLF enfin loi de finance 2025 même en retraitant de l'inflation au cours de la période, le niveau de dépenses est supérieur. C'est-à-dire que des dépenses qui étaient des dépenses de soutien, de relance, qui ont été mises en place pour soutenir l'économie à la sortie de la crise sanitaire, on continue à perdurer.
Donc en fait, les crédits qui auraient dû être conjoncturel liés à ce choc économique sont devenus des crédits structurels. On n pas su les arrêter et il y a tout un tas de secteurs économiques qui continuent à bénéficier crédit qui ressemble plus à de la subvention qu' un véritable levier de de politique publique. Il est temps aujourd'hui d'aller les chercher ligne à ligne et de revenir dans une économie.
Aujourd'hui, on le montre assez justement, enfin, le taux de prélèvement obligatoire est tel en France que parfois on est plus dans une économie administrée que certains pays qui se revendiquent d'une économie non libérale. Mais justement sur la question des prélèvements obligatoires, on entend la gauche et le Rassembl national qui disent si il y a trop de de baisse de dépense et d'atteinte au pouvoir d'achat des Français, et bien on censurera. Est-ce que vous allez vous n'allez pas être obligé d'accepter certaines hausses d'impôts pour les plus aisés ?
Alors euh pour ce qui relève de de l'extrême gauche et de la gauche, j'entends bien, c'est leur discours, de toute façon, ils ont qu'une seule ligne. L'impôt, l'impôt, l'impôt et à côté plus de dépenses, plus de dépenses, plus de dépenses. Pour ce qui concerne le Rassemblement national, j'ai du mal à comprendre cette stratégie parce que je lis par ailleurs qu'ils essaient d'aller attirer à eux les chefs d'entreprise, les acteurs de l'économie et je suis pas certaine que pour tous ceux qui vont vivre l'économie, plus d'impôts soit la solution.
Donc il va falloir aussi qu'il mettent en concordance leur ligne politique dans les médias et puis ensuite leurs actions dans l'hémicycles. Donc pas de hausse d'impôt même sur les les plus aisés pour essayer de trouver un consensus politique à l'assemblée. C'est c'est inacceptable selon vous ?
Alors, en tout cas, et on c'est les propos que nous avons notamment pu tenir au moment où nous avons rejeté la taxe dumane, c'est-à-dire pas d'impôts pour l'impôt, euh par contre avoir des des mesures qui permettent l'évitement fiscal, qui permettent euh l'optimisation fiscale et qui et qui en fait euh ont pour conséquence que chacun paye un impôt juste, ça nous y sommes favorables. Et c'est ce que nous avons fait notamment avec le dispositif anti anticoukum. Mais là, vous voyez, c'est du cas par cas, c'est très ciblé.
C'est pas un discours général de on augmente les impôts pour trouver des recettes et ensuite équilibrer le budget. Alors, anticumoukum juste rapidement pour exptimisation sur les dividendes des banques pour faire très simple. Alors, il y avait une piste d'économie qui avait qui avait été évoquée il y a quelques mois par le gouvernement.
Elle concernait les agences de l'État et opérateur public. Et justement, vous avez mené une commission d'enquête sur ce sujet sur ce sujet. On en parle avec notre journaliste Clémentine Lis qui a réalisé un documentaire justement sur les agences de l'État. [Musique] Bonjour Clémentine.
Bonjour. Alors, vous avez donc réalisé un documentaire pour public sénat intitulé Agence de l'État qui veut gagner des milliards. Ce documentaire, il est d'ailleurs à revoir sur la plateforme publicsenaén.fr fr et notre chaîne YouTube et en fait vous êtes intéressé au travail de la commission d'enquête du Sénat menée par Christine Lavard avec cette question.
Peut-on faire vraiment des économies sur ces agences et opérateurs publics ? Oui et elles ont beaucoup fait parler d'elles ces agences depuis que la ministre du budget a annoncé vouloir en supprimer un/ers pour faire 2 à 3 milliards d'économies. Mais avant de faire du ménage, comme l'a annoncé madame de Montchalin, on a essayé de comprendre ce qu'ététaient ces fameuses agences de l'État et pourquoi tout d'un coup elles étaient devenues la cible euh du gouvernement.
Alors déjà premier euh constat, beaucoup d'entre vous ne savent pas du tout ce que sont les agences de l'État. Pourtant, ce sont elles qui mettent en œuvre une partie de nos politiques publiques et vous en connaissez forcément sans même le savoir. Par exemple, France travail, Météofance, l'ANES, l'ADEM sont des agences de l'État et il y en a dans pratiquement tous les domaines avec des missions très différentes et aussi avec des statuts juridiques très variés.
Tout cela fait qu'on ne sait pas vraiment combien il y en a. On estime leur nombre entre 1150 et 1200. Euh et si le paysage médiatique est aussi vaste et aussi dense, et bien c'est parce qu'on a créé euh de façon un peu mécanique toujours plus d'agences pendant près de 50 ans.
Euh écoutez Marounedé qui est euh philosophe et essayiste politique nous parler de la jeunèse de ces agences. C'est quelque chose qui date des années 1980 qui vient notamment du du New Public Management et à la base ça vient en particulier de Margarette Toucher et donc c'est l'idée que les ministères en fait seraient trop lourds, trop inefficace et donc il faut créer à côté des ministères des agences pour pouvoir courtcircuiter en fait ces ces ministères et avoir un état qui est plus efficace et moins coûteux. Le problème c'est que c'est devenu un réflexe lorsque cela dysfonctionne de créer une agence supplémentaire en se disant elle sera plus facile à piloter.
Sauf que cette agence va créer un échelon de pilotage supplémentaire et finalement alourdir toute la structure. On vient de l'entendre. Marounedé parle d'un réflexe lorsqu'il y a un sujet à traiter de créer une agence.
Euh madame Laavde, vous consacrez une large partie de votre rapport à montrer que ces agents se sont effectivement développés au cas par cas sans vraiment euh repenser la la le paysage administratif dans son ensemble. Aujourd'hui, à quoi ressemble ce panorama des des agences et comment on en est arrivé euh là ? Ah ben, je pense que vos propos l'ont l'ont le l'illustre en fait, c'est illisible, c'est un peu un patchwork et effectivement on n' pas eu de logique de stratégie pour créer ces agences.
C'est-à-dire que si au début des années 1990, il y avait effectivement cette théorie du new public management, il y avait une sorte un peu de philosophie pour organiser l'action publique, depuis on a créé une agence dès qu'on avait un problème. Alors, des problèmes qui peuvent être de nature très très diverses, hein. On voulait pouvoir recruter un certain niveau de compéten et les règles d'emploi dans l'administration publique ne le permettaient pas.
On crée une agence pour pouvoir recruter. Euh, on voulait pouvoir euh mettre en place des crédits budgétaires avec de le de la pluriannualité. On créer une agence, ce qui en soit est un peu faux puisque le budget de chacune de ces agences est soumis au vote du Parlement et le Parlement vote un budget annuel.
Donc, finalement, la pluriannualité, on peut la gérer de la même manière que dans les missions ou dans les agences, enfin sur le budget de l'État ou dans les agences. Et puis alors le dernier cas de figure, on a un problème, on crée une agence en disant qu'on a trouvé la solution. Euh voilà, ça donne le sentiment au français qu'on agit tout de suite sans même se poser la question d'ce qu'on a pas des objets qui existent déjà.
Et l'exemple qu'on donne et qui marque les esprits parce que tout le monde voit de quoi quoi on fait référence, la cathédrale Notredame brûle. on veut la rénover très rapidement, la restaurer très rapidement pour les Jeux Olympiques. On crée un établissement public qui va être chargé des travaux.
Alors même qu'au sein du ministère de la culture, on avait déjà deux structures administratives qui existaient. Alors, vous vous venez d'en parler à force de créer des agences, on a beaucoup parlé de doublons. Euh alors, un doublon, qu'est-ce que c'est ?
Ben, ce serait deux agences ou une agence et un ministère qui aurait en fait des missions qui se recoupent. Donc deux structures qui feraient plus ou moins la même chose et donc ça coûterait forcément deux fois plus cher et ça complexifierait encore euh le 1000 feuille administratif. Nous, on s'est intéressé à une agence qui est ciblée par le gouvernement comme étant un doublon par rapport à son ministère, c'est l'Agence nationale du sport.
Euh cette agence, elle a été créée en 2019 pour accompagner le sport de haut niveau et en même temps la pratique amateur, donc les clubs, les associations. Euh elle chapote donc une grande partie des acteurs du sport en France, notamment les fédérations sportives. Et on s'est intéressé euh à l'une de ces fédérations, c'est la Fédération Française de natation.
On est allé les rencontrer et là-bas, depuis la création de l'agence, donc il y a 6 ans, et bien le le travail s'est un petit peu complexifié. Donc ça c'est le contrat de délégation que l'on signe avec le ministère sur une période de 4 ans et ça c'est le contrat que l'on signe avec l'Agence nationale du sport. Le contrat signé avec le ministère définit le cadre juridique des actions de la Fédération.
Le contrat passé avec l'Agence nationale du sport établit quant à lui les financements qui lui seront accordés. Avant la création de l'agence, Agnès Berté n'avait qu'un seul interlocuteur, le ministère des sports. Il peut y avoir peut-être des fois un petit peu trop d'interlocuteurs euh sur les sujets qui nécessitent la vision des des trois institutions aujourd'hui. fait, c'est quelque chose qui peut avoir une plus-value mais qui peut être aussi parfois un peu freinant dans le les dynamique les dynamiques des fédérations.
Madame Lavar, vous vous venez d'en parler mais dans dans vos travaux, vous vous êtes aperçu qu'il y avait comme ça beaucoup de doublons. Alors, de toute façon, l'Agence nationale du sport est une des agences dont nous recommandons la suppression parce qu'effectivement, elle vient euh alors en doublon d'une part pour la politique de sport de haut niveau parce que vous ne le mentionnez pas mais à côté on a quand même l'INEP, Institut national du sport et de la performance. Donc mot performance et le mot sport, je pense qu'on entend tout de suite que c'est euh tourner vers les sportifs de haut niveau.
Et puis l'autre mission de l'ANS, c'est aussi donc effectivement d'aller cofinancer les établ enfin les équipements du quotidien. Pour nous euh à côté de la question des agences, il y a vraiment la question de l'organisation et de la lisibilité de l'action publique. Et un autre une autre partie de nos préconisations, c'est vraiment de rendre l'action publique beaucoup plus simple pour les bénéficiaires, que ce soit des particuliers, des collectivités, des entreprises, en reposant complètement les schémas de de financement.
Et donc aujourd'hui, les crédits qui sont distribués par l'Agence nationale du sport, ils ont vocation demain à être repris par les préfets. Parce que ce que vous venez de montrer avec les fédérations sportives, quand on se passe du côté des collectivités, aujourd'hui vous êtes une collectivité, vous déposez un dossier de financement pour un gymnase. Ce dossier va être étudié par votre préfecture qui va rendre un avis, va transmettre tout ça à l'Agence nationale du sport qui au niveau national va décider si on vous octroie 50000, 100000, 10000 €.
Et à côté de ça, votre préfet qui lui a d'autres crédits d'investissement va se dire "Bah voilà, j'avais proposé 20000 donc escomé que la NS va donner 20000 à la commune, donc va dire bah moi j'ajoute 10000 sur mes crédits d'investissement." Et puis finalement l'ANS peut décider de donner 50000 comme peut décider de donner zéro. Et donc à la fin, on en arrive à des situations où il y a des équipement qui n'ont pas de subvention et d'autres qui ont une telle somme de subventions qui dépassent le taux de financement public autorisé par la loi.
Donc tout ça ne marche plus. Et donc typiquement bah voilà l'Agence nationale du sport avec deux exemples. On vient de montrer comme quoi en terme de lisibilité, en terme de simplicité de l'action publique, on y est pas du tout.
Alors pour réorganiser un petit peu ce ce paysage, vous parlez de suppression mais dans votre rapport on lit aussi voilà des fusions, des mutualisations et aussi l'intégration de petites agences à de plus gros organismes. Et c'est notamment ce qui a été envisagé avec une toute petite agence qui est l'agence bio. Cette agence, elle s'occupe de distribuer des subventions, elle s'occupe de produire des études et de faire de la communication sur l'agriculture biologique.
On a été à la rencontre d'un éleveur qui grâce aux aides distribuées par l'agence Bure a pu construire son usine de yaourt et lui il s'inquiète de voir disparaître l'agence d'ici voilà avec laquelle il travaille depuis bientôt 10 ans. On l'écoute. Je vois mal comment on peut poursuivre à développer le bio euh sans sans elle et puis ça va être perçu aussi euh contre un désengagement euh euh par rapport à la profession et à même par rapport aux éleveurs quoi.
Alors vous venez de l'entendre Christian Delon, il s'inquiète he dans des engagements de l'État sur la politique du bio. Madame Lavard, cette réorganisation des agences, est-ce qu'elle risque de remettre en question certaines politiques publiques ? Alors euh sur sur le bio, il faut quand même qu'on qu'on redonne les chiffres et les ordres de grandeur.
Aujourd'hui, globalement euh le budget euh qui passe par l'agence bio, c'est moins de 25 millions d'euros. Le soutien public à la filière biologique, c'est 700 millions d'euros. Donc on voit bien que l'agence bio, c'est une infime partie de l'action publique et de la politique publique en faveur du soutien à l'agriculture biologique.
Et loin de moi, l'idée en proposant la suppression et la reprise d'émission de l'agence bio par des structures de plus grande taille d'arrêter le soutien à l'agriculture biologique. Bien au contraire, c'est de le rendre plus efficace. Aujourd'hui, vous l'avez dit, l'agence bio, c'est trois missions, la communication, les études et le versement de subvention.
Aujourd'hui, dans le périmètre du ministère de l'agriculture, on a déjà des structures de beaucoup plus grande taille qui accomplissent ces trois missions. Donc en reprenant les missions et en les mutualisant, on aura une force de frappe beaucoup plus importante pour le soutien de l'agriculture biologique. Et puis dernière question sur ce sujet, Christine Lavare.
Le gouvernement estimé qu'il pouvait faire 2 à 3 milliards d'euros d'économie sur ces agences de l'État. Au terme de votre travail, de votre enquête, est-ce que c'est possible ? Alors, il faut bien dissocier quand on parle des agences, de ce qui est lié au seul fait que les agences existent et que les crédits ne sont pas distribués, dépensés directement par l'administration centrale ou l'administration déconcentrée, c'est-à-dire les préfectures et ensuite les politiques publiques qui sont mises en œuvre par ces agences.
Euh le mandat de notre commission d'enquête, c'était pas de s'attaquer aux politiques publiques, mais c'était de s'attaquer en gros au fonctionnement et à l'organisation de l'État entre les agences d'un côté et euh l'État de l'autre. Et ce que nous montrons, c'est le seul fait qu'il y ait un peu cette multiplicité des acteurs qui est parfois de la redondance, qu'on soit obligé de créer des comités de coordination pour s'assurer que deux acteurs ne font pas la même chose. On estime si on poussait la rationalisation au maximum, on peut escompter entre 500 et 550 millions d'euros d'économie.
Et c'est pas des économies qui se font d'un claquement de doigt. Ça nécessite quand même un une vraie volonté de vouloir rationaliser. Après, les politiques publiques, c'est autre chose et c'est là qu'on trouvera des milliards.
Mais à ce moment-là, effectivement, et comme je l'ai dit hein, il faut avoir du courage parce que ça veut dire que ce sont des subventions en moins qui seront versées aux différents acteurs économiques. Donc, on est loin des 3 milliards d'euros promis par le gouvernement. Si en tout cas on touche uniquement au fonctionnement de ces agences, si on touche uniquement à l'organisation de l'État, effectivement on en est loin.
Merci beaucoup Clémentine pour toutes ces explication et je rappelle votre documentaire sur Public Sénat intitulé Agence de l'État qui veut gagner des milliards à revoir sur le site publicsénna.fr également la chaîne YouTube de Public Sénat. Merci beaucoup Clémentine.
On continue cette interview Christine Lavarde en parlant des énergies renouvelables. C'est un sujet qui divise de plus en plus le socle commun du gouvernement. Alors demain, il y a l'examen au Sénat euh de la proposition de loi du sénateur Daniel Grémier sur l'avenir énergétique de la France.
Et dans ce contexte et bien euh les Républicains et notamment Bruno Rotaillot ont signé une tribune la semaine dernière dans le Figaro où il demande un arrêt du financement public de l'éolien et du solaire. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette proposition ? Alors, il faut aussi enfin sur l'arrêt du financement en tant que tel, je n'ai pas de difficulté parce que aujourd'hui ces technologies sont devenues matures donc elles ont plus besoin du soutien public pour se développer et d'ailleurs pour ce qui concerne le solaire, on est déjà arrivé à ce niveau-là puisque le gouvernement a pris très récemment un texte de nature réglementaire qui vient diminuer drastiquement le niveau des tarifs d'obligation d'achat.
Et donc là, dans le nouveau régime de prix, euh désormais presque le solaire même vient à rapporter de l'argent euh dès lors que les prix sur le marché de l'électricité euh euh évoluent à la hausse. Donc il y a sur le sur le solaire, on y est déjà. Par contre, ça va pas se matérialiser immédiatement euh dans le dans le projet de loi de finance puisque aujourd'hui les engagements que l'État prend sont sur 20 ans.
Donc, on continue à payer les sommes prises antérieurement. Et aujourd'hui, pourquoi est-ce que le solaire coûte aussi cher ? c'est qu'on paye les installations qui ont été mises en œuvre sous un régime de prix qui a été défini en 2006 à des niveaux de prix qui étaient énorme 650 € du MAWh pour les petites installations de particuliers en toiture.
Alors ce voilà ce régime va arriver à extinction hein. C'est tout ce qui a été mis en œuvre entre 2006 2008 jusqu'en gros au moratoire de l'année 2010. Donc, on voit bien qu'en 2030, on se sera débarrassé de cette charge qui passe quand même quasiment à hauteur de 2 milliards par an euh dans les charges de services public de l'électricité.
Et alors sur l'éolien, pourquoi s'attaquer à l'éolien de la part des Républiques he pour voir pourquoi vouloir arrêter le financement public ? Parce qu'on a l'impression que c'est une énergie d'avenir. Alors pourquoi peut-être freiner ce développement en arrêtant les subventions publics ?
Alors sur l'éolien, il faut aussi distinguer deux familles d'installation. Je suis désolée d'être aussi précise mais je pense que c'est important. Ah, vous êtes une spécialiste.
Il y a l'éolien terrestre et donc là, on voit bien qu'il y a une opposition forte. qui effectivement quand on a de l'éolien ben ça ça change les paysages hein et on le voit et on le voit à longue distance surtout si c'est de l'éolien situé en pleine. Et puis après, il y a l'éolien en mer.
Et là aussi, l'éolien en mer, aujourd'hui, il y a un rejet, on ne veut pas le voir depuis les côtes, mais à ce moment-là, il faut aussi dire de au français qu'on emporte la responsabilité d'augmenter le prix de fourniture de l'électricité. puisque quand on va mettre ces éoliennes loin en mer, on est obligé d'utiliser des technologies qui coûtent plus cher. On n'est plus sur de l'éolien posé, c'est-à-dire arrimé au sol, mais on est sur des l'éoliens flottantes, technologie qui coûte plus cher.
Et puis surtout, il y a des coûts de raccordement, c'est-à-dire que notre énergie, elle est produite loin en mer. Ensuite, il faut venir la ramener jusqu'à terre avec des câbles, voilà qui coû et ça c'est ça qui coûte très cher. Plus les éoliennes marines sont loin, plus ça coûte cher.
Exactement. Plus ça coûte cher pour la même le même productible. Donc globalement, vous êtes favorable à cette tribune de Bruno Rotaillo.
En tout cas, moi je suis pour la la liberté. C'est-à-dire que aujourd'hui, si quelqu'un estime qu'il a sa propre rentabilité à vouloir installer des panneaux solaires chez lui, il faut le laisser le faire. Mais par contre, il faut le faire sans soutien public.
On finit par une question politique sur et bien l'avenir du président de la République dans les prochaines années, même après son mandat en 2027. On va l'écouter. Je suis là pour vous dire merci.
Je suis là pour vous dire soyez fier. Et je suis là pour vous dire, j'ai encore besoin de vous et je compte sur vous pour les 2 ans qui viennent chaque jour, pour dans 2 ans. Mais j'ai aussi besoin de vous pour dans 2 ans, pour dans 5 ans, pour dans 10 ans parce que vous serez là et parce que comptez sur moi, je serai là avec vous.
Voilà Emmanuel Macron qui était ce weekend devant les jeunes de son parti. J'ai besoin de vous pendant 5 ans, 10 ans. Est-ce qu'une candidature d'Emmanuel Macron en 2032 ce serait souhaitable ?
Ah euh bah après aujourd'hui de toute façon le la loi lui interdit d'être de nouveaux candidats en 2027. Après, est-ce que ce serait souhaitable de que la France devienne un peu comme d'autres régimes ? Russie où quand le président de la République ne peut plus se présenter, il devient premier ministre et son premier ministre qui devient président de la République.
On voit que ce sont des régimes qui n'ont pas tout de la démocratie. Voilà, donc ce ne serait pas souhaitable pour le renouvellement démocratique. Merci beaucoup Christine Lavard d'avoir été notre sénatrice du jour.
Votre interview est à retrouver en podcast. [Musique]
Christine Lavarde