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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 15 avril 2026 23 minContradictoireMixte

Prix des carburants, inflation, Rassemblement national... Le "8h30 franceinfo" de Thierry Cotillard

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0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Thierry Cotillard. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Vous êtes le patron du groupement Les Mousquetaires, notamment Intermarché ou Métaux. Vous avez donc une vision aiguë des prix dans les rayons et à la pompe. Et on va commencer justement par le carburant qui ne baisse pas, malgré le cessez-le-feu conclu la semaine dernière. Et le gouvernement qui vous met, vous, distributeurs, en cause. Le gouvernement qui réfléchit à plafonner vos marges. Alors pour résumer, il explique qu'il ne veut pas que les distributeurs fassent plus de marges qu'avant la guerre. Comment vous vivez ce coup de pression, Thierry Cotillard ?

0:38
Invité

Très mal. Et pas que moi, je pense l'ensemble des patrons de la distribution. Je vais vous dire ce que je pense. Je pense que ça devient insupportable.

0:45
Présentateur

Qu'est-ce qui est insupportable ?

0:46
Invité

Ça devient insupportable de prendre des décisions dans l'urgence, sans concertation avec les acteurs économiques, et surtout une décision qui ne va rien produire. Et j'ai envie même de vous dire ce matin que je comprends que les Français puissent se désintéresser de la politique. Parce que là, on tombe dans une caricature technocratique. Parce que la question, c'est pourquoi, à votre avis, l'État fait ça ? Pourquoi ? La vérité, la triste vérité, c'est que c'est lui qui encaisse l'essentiel de la marge, 53% sur les 2 euros. La triste vérité, c'est que les caisses sont vides et qu'il n'a pas les moyens. Et la triste vérité, surtout, c'est que sans majorité, il ne peut pas décider.

Donc, qu'est-ce qu'il décide ? On va désigner un coupable.

1:22
Présentateur

Vous êtes le bouc émissaire, le gouvernement veut faire diversion parce qu'il est impuissant, c'est ça que vous nous dites ?

1:26
Invité

Exactement, exactement. Et le seul coupable, c'est le distributeur. Je vous rappelle que dans la chaîne de production, il y a aussi des raffineurs. Les seuls qui vont être contrôlés, ce sont les distributeurs. Et la réalité, c'est que nos marges, qui étaient à 3-4 centimes il y a quelques mois, janvier-février, sont beaucoup moindres aujourd'hui. C'est devenu plus que jamais un produit d'appel.

1:47
Présentateur

Ça, vous le certifiez, les marges sont inférieures aujourd'hui qu'avant la guerre ?

1:51
Invité

Mais c'est évident.

1:52
Présentateur

Combien de centimes exactement ?

1:53
Invité

Pour beaucoup de mes collègues, ils se sont mis à prix coûtant, à zéro, et on est à 1, 2 centimes. C'est ça la réalité. Pas plus. Quand dans ce décret, le gouvernement écrit qu'il veut éviter des effets d'aubaine, il vous vise, vous, vous, ce matin sur France Info, vous dites, il n'y a aucun effet d'aubaine. Il n'y a aucun, alors qu'ils viennent vérifier. Mais là où c'est dingue, c'est qu'on a eu des contrôles. 500 contrôles ont été effectués il y a quelques semaines. On a payé des fonctionnaires pour venir contrôler. Moi, je pensais que c'est ça qu'ils allaient contrôler. C'était un coup d'épée dans l'eau.

C'était encore un effet de com' puisqu'ils ont contrôlé que le prix à la pompe affiché était bien le prix qu'on retrouvait sur le ticket. Mais c'est une foutaise. Il y avait peu de risques qu'il y ait des erreurs. Qu'est-ce qu'ils auraient dû faire, alors ? Ils auraient dû vérifier le prix d'achat de l'essence et le prix de vente pour vérifier qu'on était à 1, 2, 3 centimes et qu'il n'y avait pas d'abus. Ce matin, vous achetez à combien et vous vendez à combien ? Écoutez, ça a baissé légèrement. La politique d'intermarché, elle est très simple. C'est quand ça baisse, ça baisse systématiquement. Je vous donne l'exemple.

Quand il y a eu la réouverture d'Hormuz, si vous étiez allé à la pompe à Provins, en région parisienne, on avait baissé le lendemain de 20 centimes. C'est-à-dire qu'on répercute. On est tellement observé par les consommateurs. Et puis, j'ai envie de vous dire, on n'a pas besoin d'attendre du gouvernement nous dire de le faire puisqu'on est des commerçants et c'est ce qu'attendent les Français. Donc, c'est ce qu'on propose. Après avoir baissé légèrement en début de semaine, ça monte ce matin. Le gazole est à 2,30€, le sans-plomb 95 à 2,03€, le sans-plomb 98 à 2,09€ selon les calculs de Radio France. Vous vous dites là-dessus, vous gagnez 1, 2 centimes, pas plus.

1, 2, et celui qui exagérait serait 3 centimes. Donc, quand on va contrôler ça ? On va décider quoi ? On va décider d'être en dessous de 4 centimes qui était le prix qu'on aurait constaté en janvier. Donc, il ne va rien se passer pour les Français. Donc, je vous dis, c'est un effet de gomme. C'est juste de l'annonce. Il n'y a pas d'action.

3:33
Présentateur

Thierry Cotillard, dans une lettre au Premier ministre, aujourd'hui, la Fédération du Commerce et de la Distribution dont vous faites partie, donc déplore cette mesure envisagée par le gouvernement. Qu'est-ce que vous demandez exactement ?

3:47
Invité

On demande qu'on s'attaque aux vrais problèmes. C'est-à-dire, ce n'est pas de nous contrôler. C'est encore moins de nous stigmatiser parce que, je vous le redis, il y a d'autres acteurs. On est les seuls acteurs. C'est-à-dire, c'est la grande distribution. Les autres distributeurs indépendants ne sont pas contrôlés. Et surtout, les raffineurs, on ne peut pas les contrôler parce que Total, on pourrait, il est en France, mais il y a beaucoup de raffineurs qui sont dans des pays étrangers. Donc, il n'y a pas vraiment de moyens d'action sur le contrôle de la marge.

4:08
Présentateur

C'est pour ça que le gouvernement ne s'en prend pas aux raffineurs ? Je pense.

4:11
Invité

Enfin, c'est à eux de s'expliquer. Mais je pense que c'est la raison parce que vous avez des raffineurs qui sont aux quatre coins de la planète et donc, ils ne pourront pas justifier. Ils raconteront ce qu'ils voudront sur leur marge.

4:19
Présentateur

Mais ce sont eux les coupables pour vous ?

4:21
Invité

Aujourd'hui, il y a certainement quelques abus. C'est un marché sur lequel il y a de la spéculation. Mais le vrai sujet, ce n'est pas ça. Le vrai sujet, et la réalité, c'est ce qu'on peut observer, c'est que la France n'a plus les moyens d'accompagner les Français parce qu'il y a un tel déficit budgétaire. On n'est pas en capacité à faire ce que font les Espagnols et l'Italie. Et même l'Allemagne qui a décidé de baisser les taxes.

4:41
Présentateur

Vous pensez que la France ne peut pas se permettre de baisser les taxes aujourd'hui sur le carburant ?

4:46
Invité

Je ne suis pas à Bercy. Je suis en incapacité à vous dire. Ce que je comprends de ma fenêtre, c'est que certainement, il y a eu des rentrées additionnelles, même si les volumes ont un peu baissé, mais il y a quand même eu des revenus additionnels puisque la TVA, la taxe, est plus importante à 2 euros que lorsque l'essence était à 1,50 euro. Mais j'imagine qu'il y a des coûts aussi. Quand le Charles de Gaulle est en Moyen-Orient, il y a des coûts de guerre aussi qui font que l'équation est difficile.

Mais ce qu'on aimerait, en fait, c'est aussi de se dire que face à cette crise, on pourrait aussi prendre des décisions que les Français attendent de priorisation des projets de l'État, de réduction de charges. Mais concrètement, ça veut dire quoi, priorisation des projets de l'État ? Eh bien, c'est certainement, vous savez, il y a un millefeuille administratif. Il y a peut-être des choses où aujourd'hui, on n'a pas besoin d'attendre encore 12 mois la prochaine présidentielle pour s'y attaquer, obtenir des économies qui profiteraient. Mais si on revient sur le sujet des chances...

5:38
Présentateur

Oui, à court terme, comment on fait pour que les prix baissent ?

5:40
Invité

Qu'est-ce que vous proposez ? À court terme, je pense qu'il y a une taxe que nous, on paye. C'est-à-dire que l'État va se rémunérer à hauteur de 53% sur une TVA, qui est là, plus une taxe. Mais il y a aussi des sociétés comme nous, les distributeurs, qui payons des certificats d'énergie, les fameux C2E. Comprenez que pour 2 euros à la pompe, c'est à peu près 12 à 14 centimes. Cette manne d'argent qu'on donne à l'État, elle sert à flécher des projets de décarbonation sur du long terme. Et c'est très bien. Comme l'isolement des logements, par exemple. Exactement. Et ça finance les primes rénovations qui sont évidemment très intéressantes pour se mettre en projet, pour économiser de l'énergie.

Il faut peut-être faire un choix que cette manne-là soit utilisée à très court terme pour être investie dans le prix de l'essence et soulager les Français.

6:28
Présentateur

Donc suspendre une taxe qui sert à la transition écologique.

6:31
Invité

Ne pas la suspendre, continuer à encaisser, mais la flécher sur du court terme et faire baisser le prix à la pompe. La flécher sur quoi ? De 12 à 14 centimes. La flécher sur quoi, du coup ? En fait, c'est une manne d'argent que nous, on va continuer à payer. Et donc, plutôt que de l'orienter sur des primes rénovations qui sont sur du long terme, c'est de dire, on fait baisser aujourd'hui de 14 centimes le prix à la pompe en baissant notre TVA puisqu'à ce moment-là, on a un produit qui continue à être payé sur les CDSE.

6:57
Présentateur

Donc vous allez dire ça à Matignon ? Vous espérez être reçu, pouvoir discuter ?

7:01
Invité

On a envoyé un courrier signé de tous les patrons de la distribution et on espère être entendu parce qu'en fait, au-delà de la polémique de nous stigmatiser, c'est que ça ne va rien produire.

7:10
Présentateur

Et je pense que les... Concrètement, si ce décret entrait en vigueur, qu'est-ce qui se passerait demain déjà ? Qui paierait la différence entre le prix d'achat et le prix de vente ?

7:19
Invité

Ce qui pourrait se passer, et je vous dis, ça n'existe pas, les contrôles vont le prouver, c'est que la moyenne, je pense, du niveau de marge en janvier-février, puisque ce sera la période de référence, va être de 4 centimes. Qu'est-ce qui pourrait se passer ? C'est qu'un distributeur se soit mis à 5 centimes. Bon, on va lui demander de descendre à 4 centimes. Donc, il récupérerait 1 centime à la pompe pour le consommateur. Mais ça ne va pas être ça. C'est qu'on va constater, puisque nous, on pilote évidemment nos prix, on va constater que la marge appliquée en ce moment est moins importante que janvier-février, donc qu'il n'y a pas d'abus et il n'y aura pas de baisse. La réalité, c'est ça.

C'est une annonce qui ne produira rien pour le prix à la pompe. Vous menacez

7:59
Présentateur

de ne plus vendre si c'était le cas ? Est-ce qu'il y aurait des risques de pénurie, par exemple ?

8:03
Invité

Non, mais alors, c'est tellement une mesure, je dirais, technocratique que quand vous étudiez la formule, il faut avoir fait Mathieu, qu'il y aurait un risque que certains exploitants se disent je vais me retrouver non pas à zéro, mais à vente à perte et donc à ce moment-là, j'attends une nouvelle livraison qui soit moins chère parce que je vais perdre de l'argent et donc à ce moment-là, le contre-effet de cette proposition, ce serait qu'on serait en pénurie puisqu'il y aurait des stations qui pourraient décider là, je vais perdre de l'argent donc j'arrête et la vente à perte en plus est interdite en France. C'est le cas dans votre réseau ? Comment ? C'est le cas dans votre réseau ?

Vous vous posez cette question ou pas encore ? Pas encore parce qu'en fait, on a bon espoir que ça ne passe pas, qu'on raisonne le gouvernement et qu'on revienne à du bon sens.

8:45
Présentateur

C'est de la fébrilité pour vous ?

8:47
Invité

Oui, c'est certainement de la fébrilité. Je reviens à ce que je disais des marges de manœuvre étroites, un marché extrêmement volatile, des moyens budgétaires qui ne sont pas là et une pression politique ou une pression politique d'une majorité justement qui n'existe pas avec des partis opposants qui demandent des décisions et des actions pour les Français.

9:07
Présentateur

Mais qu'est-ce qui va se passer aujourd'hui ? Parce qu'on le voit, le Détroit d'Hormuz maintenant est bloqué par les Américains. Les dernières négociations ont échoué. Vous redoutez que ce soit de pire en pire ? Les prix du carburant vont augmenter encore ?

9:20
Invité

Le vrai risque, c'est qu'en fait, là où on est un peu inquiet par rapport à la consommation parce qu'en fait, aujourd'hui, on paye l'addition à la pompe, le vrai risque, c'est que si ça devait durer des mois et des mois et effectivement, aujourd'hui, c'est quand même très aléatoire et très fragile et il faut être prudent par rapport aux annonces qu'on est incapable de faire puisque personne n'a la lecture de savoir si ça va continuer. Si ça devait continuer, je peux vous dire ce qui va se passer. On l'a connu pendant l'Ukraine, c'est un moral des Français qui est en berne et l'action immédiate, c'est je déconsomme, j'épargne et ça, ça pèse sur l'économie.

L'Agence internationale de l'énergie parle d'un choc pétrolier historique. Est-ce que dans votre carrière, vous aviez déjà connu ça ? Alors, on est sur des niveaux de prix de 85. Alors, je reste encore un jeune dirigeant. Donc, je n'étais pas encore, j'étais étudiant à l'époque mais 85, vous imaginez, ça fait un tas d'années. Donc, oui, bien sûr, ce qu'on est en train de vivre est historique et il faut vraiment espérer sortir de cette situation parce que je vous dis, ça pèsera sur l'économie parce que l'économie française aujourd'hui est portée par la consommation.

Donc, si la consommation s'arrête parce que les Français ont peur, parce que le pouvoir d'achat est en danger, eh bien, ça pèsera évidemment sur les recettes justement de l'État.

10:31
Présentateur

Est-ce qu'on pourra juste, avant de passer au fil info, retrouver les prix d'avant-guerre ? Autour de 1,70€ le litre pour le gaz.

10:40
Invité

J'ai envie d'être prudent. J'ai envie d'être prudent parce qu'en fait, c'est un marché où, en plus, vous comprenez, c'est un marché d'offres et demandes. Nous, aujourd'hui, l'essentiel de notre appro, il ne vient pas du Moyen-Orient. Il vient d'Afrique à 38%. Il vient des États-Unis à 24%. Mais les seuls 12% qui viennent du Moyen-Orient, vous voyez bien, à partir du moment où on en est privé, ça vient totalement déréguler le prix du baril. Donc, j'ai envie de vous dire, je reste optimiste. J'espère que, lorsque tout ça sera fini, et il faut espérer le plus vite possible, eh bien, que ces 12% nous remettent un prix qui soit raisonnable pour les Français. Avec Thierry Cotillard,

11:19
Présentateur

PDG du groupement Mousquetaire Intermarché, on s'interroge, Paul, est-ce que les prix vont augmenter ?

11:24
Invité

Exactement, au-delà du carburant, c'est le retour de l'inflation en France. Le gouvernement a revu sa prévision d'inflation à la hausse presque 2% pour cette année de 2026. Comment vous le voyez dans vos magasins ? Alors, le chiffre, c'est 1,7 et c'est porté par la flambée des prix à la pompe. La réalité, vous savez, c'est que c'était un peu l'actualité il y a un mois et demi, c'était la fin des négociations commerciales. Au 1er mars, on avait fini de négocier avec les industriels et donc, une fois qu'on a négocié, on répercute ou les hausses ou les baisses auprès des consommateurs.

11:56
Présentateur

Parce que chaque année, vous négociez avec les industriels les prix qui seront fixés pendant un an dans vos supermarchés. Exactement. Le prix des pâtes, le prix des produits. Exactement,

12:04
Invité

avec cette spécificité très française où il y a une date butoir et une fois qu'on a négocié, c'est le prix pour les 12 mois qui suivent. Il faut que ça change ça ? Comment ? Il faut que ça change ça ? Oui, je pense qu'il faudrait que ça change puisque vous voyez, là, face à des crises comme ça, les industriels vont certainement revenir avec des hausses de tarifs et en fait, le fait qu'on soit bloqué pendant un an ne justifie pas. En tout cas, la loi aujourd'hui protège le consommateur. Donc, pour répondre à votre question, c'est plutôt une bonne nouvelle, on est en stabilité des prix alimentaires. C'est-à-dire, les plus, les moins font que c'est étal.

Donc, cette stabilité est quand même une bonne nouvelle et nous, on a fait le choix quand on a obtenu des baisses de les répercuter. Il y a 1500 produits à au moins 5 à 15% de baisse et ça va se voir dans les hausses.

12:48
Présentateur

Alors ça, c'est ce que vous dites mais certains industriels demandent de renégocier, de rouvrir ces négociations. C'est possible exceptionnellement, ça avait été le cas pendant la guerre en Ukraine et le ministre du Commerce que vous connaissez bien, Serge Papin parce que c'était l'un des vôtres, estime qu'il faudrait sans doute rouvrir ces discussions. Vous vous dites non, ne nous remettons pas autour de la table.

13:08
Invité

Alors moi, je dis aujourd'hui c'est vraiment prématuré. Ce n'est pas à l'ordre du jour parce qu'en fait, quand on l'a fait, on avait un choc plus important. Je vais m'expliquer. On avait un prix de l'électricité qui avait triplé. Donc, les industriels qui utilisaient beaucoup d'électricité dans leurs usines pouvaient le justifier. On avait des matières premières qui entraînaient dans les produits comme le blé qui avait fait x3, x4. On n'est pas dans cette ordre de mesure, c'est-à-dire l'essence, effectivement, le transporteur. Et c'est pour ça qu'il faut traiter le mal à la source.

Il faut absolument aider le premier maillon de la chaîne qui est l'agriculteur et le transporteur parce que si on ne les aide pas, ces gens-là vont demander des revalorisations auprès de l'industrielle qui vont venir nous voir. Si on traite le problème à la source,

13:48
Présentateur

on n'imitra l'apportation. Est-ce qu'il ne faut pas rouvrir les négociations pour les aider ?

13:51
Invité

Il ne faut pas les rouvrir pour eux. Il faut que l'État mette en place les aides nécessaires et on a ces problèmes-là. On a des transports qui coûtent plus cher d'ores et déjà. On optimise. Et la solution, vous voyez, à chaque fois qu'il y a une crise, que ce soit aux consommateurs de payer, ça ne peut plus être ça parce que c'est nous qui présentons la facture. Donc moi, je demande aux industriels aujourd'hui... Vous ne voulez pas que les prix augmentent ? Vous savez ce qui s'est passé, c'est qu'on s'est pris 20%. On s'est pris 20% pendant la crise hyperinflationniste de la guerre en Ukraine et on n'est pas revenu au prix d'avant.

Et là, on est en train de dire qu'après trois semaines de conflit ou un mois, on en remet une couche et on réaugmente. Je ne crois pas que ce soit raisonnable et j'appelle à la responsabilité des industriels. Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Il y a énormément d'installations qui sont détruites de pétrole. Ça va mettre des années à être construits. L'Agence internationale de l'énergie, je vous le disais, parle d'un choc pétrolier historique. Et vous, vous dites, en fait, ce n'est pas si grave. Attendons de voir comment ça tourne et on se réunira plus tard. C'est ça ? Oui, c'est ce que je dis. Je pense qu'on ne mesure pas véritablement les impacts à moyen, long terme.

Et j'ai envie de vous dire, les industriels ont des stocks de plastique, puisque par exemple, le plastique est un dérivé du pétrole, qui n'a pas été acheté au prix fort. Ce sont les prochaines productions sur lesquelles il pourrait y avoir une inflation. Mais il est encore trop tôt pour moi d'évoquer le sujet parce qu'à la fin, on sait qui paye, c'est le consommateur. Et je pense qu'aujourd'hui, il en a déjà assez avec les 20% qu'on a eus avec l'Ukraine.

15:15
Présentateur

Et vous faites comment, vous ? Est-ce que vous avez besoin de camions ? Vous avez besoin des sources qui payent ?

15:19
Invité

On optimise. On a calculé à l'échelle de notre groupe, c'est 1 million de surcoût par mois. On essaye de faire des économies et puis on prend sur nos marges. C'est-à-dire qu'on réduit un peu notre marge pour pouvoir payer ces charges. Est-ce que vous avez constaté que les consommateurs changeaient leurs habitudes dès aujourd'hui ? Alors, on a constaté, en fait, vous savez, quand il y a eu la flambée du prix de l'essence, qu'est-ce qu'on a constaté ? Alors, on a vu les gens se ruer sur l'essence puisqu'en fait, ils ont fait le plein. Après, l'essence a fait moins 40 dans nos stations parce que le plein avait été fait.

Et dans le supermarché, il y a eu un stockage de produits comme les pâtes, le riz à plus 15, plus 20 % en volume. On s'est dit, est-ce que c'est la crainte de la guerre ? Et donc, je stocke parce que j'ai peur que le conflit se génère. Ce n'était pas ça. C'était, je stocke parce que je vais venir moins souvent à mon intermarché. À cause du prix de l'essence ? À cause du prix de l'essence. Et donc, là où on avait des visites fréquentes, après, c'est redevenu normal.

16:13
Présentateur

Thierry Cotillard, le gouvernement a repoussé une loi qui faisait élargir le travail le 1er mai sous la pression des syndicats et de la gauche. Vous, vous n'avez pas le droit d'ouvrir le 1er mai, il me semble. Est-ce que vous le souhaiteriez ?

16:25
Invité

Alors, moi, je suis chef d'entreprise donc je vais m'exprimer à titre personnel et un peu pour mon secteur. Je n'ai pas fait un sondage auprès de mes adhérents, de mes chefs d'entreprise chez Intermarché Netto mais je pense qu'on n'y serait pas forcément favorable parce que, en fait, c'est un symbole. C'est aussi un moment pour que nos équipes puissent se reposer, être en famille et donc je considère qu'on est suffisamment ouverts tout au long de l'année mais au même moment où je vous dis ça, j'ai envie de vous dire liberté à chaque secteur de faire ce qu'il veut.

C'est-à-dire, je peux comprendre qu'un fleuriste ait envie de vendre du muguet parce que c'est le jour du muguet et donc à partir du moment où on donne la liberté aux salariés et surtout qu'on augmente en multipliant par deux ou par trois son salaire, je ne trouve pas ça inintéressant. En tout cas, j'aurais soutenu que certains métiers comme ces métiers-là, de boulanger ou de fleuriste puissent le faire.

17:11
Présentateur

Donc vous déplorez que le gouvernement ait reculé ?

17:13
Invité

Oui, c'est un peu dommage d'avoir fait marche arrière évidemment.

17:15
Présentateur

Thierry Cotillard ?

17:16
Invité

Le mois dernier, Marine Le Pen déjeunait avec Patrick Martin, le patron du MEDEF, la plus grande organisation patronale du pays. Lundi prochain, c'est Jordan Bardella qui va déjeuner avec le bureau exécutif de ce même MEDEF. Est-ce que le RN est devenu un parti comme les autres ? Écoutez, le RN est un parti représenté à l'Assemblée nationale et pas dans une petite proportion. On parle de 30%. Donc à la question est-ce que les chefs d'entreprise, est-ce qu'on doit les rencontrer ? J'ai envie de vous dire notre rôle, c'est de rencontrer tout. Moi, à titre personnel, je ne les ai pas rencontrés. Je n'ai pas eu l'occasion. C'est pas contradictoire ce que vous dites ?

Non, c'est pas contradictoire parce que si l'occasion se présente, j'assumerais de les rencontrer parce que je ne suis pas là pour faire de la politique avec eux. Je suis là pour leur dire en tant que chef d'entreprise, en tant qu'investisseur, en tant qu'employeur, mes attentes.

18:03
Présentateur

Donc c'est du pragmatisme pour vous. Est-ce que c'est la raison pour laquelle les patrons,

18:07
Invité

aujourd'hui, cherchent à rencontrer le RN ? Je pense. Et puis, je pense qu'on est aussi dans un sujet de démocratie. C'est-à-dire qu'ils considèrent que ces élus-là ont le droit au chapitre à partir du moment où ils sont représentants de X milliers de Français ou millions de Français.

18:23
Présentateur

Il ne faut ostraciser personne, ni le Rassemblement national, ni la France insoumise ?

18:26
Invité

Il faut ostraciser certaines de leurs idées, certainement, mais sur les programmes économiques, qui mieux que des chefs d'entreprise pour leur expliquer qu'on attend la simplification, leur expliquer qu'on aimait bien des économies et leur expliquer que ça passera par des plans de croissance sur différents sujets. Je le disais la semaine dernière, Marine Le Pen dîné avec des grands patrons, LVMH, Capgemini, NG Accor ou Total Energy. Si on vous le proposait, vous accepteriez ?

Nous, ce qu'on va accepter là, c'est que notre représentation, elle passe par un syndicat qui s'appelle la FCD et donc on a décidé de les recevoir, les uns après les autres, les candidats à la présidentielle pour leur présenter notre vision du secteur. Et donc, une fois que je les aurais vus dans le cadre de la FCD, je ne suis pas sûr que je vais avoir besoin de les voir, mais si ça devait être obligatoire pour continuer et défendre nos idées, on le fera, mais le syndicat va le faire et ce sera très bien. La dernière fois que vous étiez venu, vous aviez dit non, vous changez vous aussi, là, vous basculez, non ?

Non, parce qu'on a une échéance qui arrive et qu'on ne veut pas subir des programmes qui seraient à côté de la plaque en termes d'un point de vue économique et on sait que le sujet, il est porté, il doit être porté aussi par des acteurs qui connaissent le sujet. Si on avait été consulté sur le sujet de l'essence, on n'en serait peut-être pas arrivé au décret qui va nous être proposé dans les prochains jours.

19:33
Présentateur

Juste, vous dites que vous allez rencontrer tous les candidats, donc aussi le candidat LFI,

19:37
Invité

le RN, le candidat LFI ? Oui, probablement. C'est la FCD qui va organiser tout ça, c'est prévu normalement.

19:42
Présentateur

Vous êtes régulièrement approché par des partis politiques et notamment par le Rassemblement National ? Même si vous ne les avez pas encore rencontrés, est-ce qu'il y a eu des tentatives ?

19:49
Invité

Non, dans la vraie vie, on a eu des auditions au Sénat et en fait, comme tous les partis sont représentés, ça nous est arrivé évidemment dans les couloirs de discuter mais ça s'est arrêté là.

20:02
Présentateur

Vous déploriez à l'instant que le gouvernement est reculé sur le 1er mai, vous parliez aussi du contexte à l'approche de la présidentielle, un gouvernement qui n'a pas de majorité, qui est fragile. Est-ce que vous, en tant qu'entrepreneur, c'est inquiétant ce climat qui risque de durer encore pendant un an ?

20:20
Invité

Ce n'est pas bon, ce n'est pas bon parce qu'en fait, on cumule deux choses.

On cumule l'inquiétude géopolitique de ce conflit au Moyen-Orient avec les conséquences qu'on a notamment sur le prix d'essence et puis quand on a eu ces périodes où il n'y avait même pas de gouvernement puisque dissolution, ça a été catastrophique parce que les Français ne savent pas finalement à quelle sauce ils voulaient de manger notamment en termes d'impôts, de taxation et donc dans ces cas-là, je vous l'ai dit, 19% d'épargne, c'est 10 points de plus que les Américains, c'est 5 points de plus que les Européens et donc cet argent-là mis de côté, il n'est pas mis dans la consommation et donc c'est jamais bon pour des commerçants que nous sommes ou pour des chefs d'entreprise parce que derrière, ça veut dire des plans d'investissement ou peut-être d'embauche qui peuvent être réduits.

Ce n'est pas le cas chez Intermarché mais on peut comprendre qu'il y a une inquiétude générale.

21:06
Présentateur

C'est le moment de la question qui ? Comme tous les jours à retrouver sur les réseaux sociaux de France Info, Thierry Cotillard, ça rappelle un bon souvenir, vous étiez ici même juste avant Noël, le jour du lancement de votre publicité avec un loup sur la musique de Claude François, mal aimé.

21:23
Invité

Exactement.

21:24
Présentateur

La publicité avait fait le tour du monde, vous avez quelques mois de recul aujourd'hui, qu'est-ce que ça vous a apporté ?

21:30
Invité

Une vraie fierté en interne, celle déjà d'être connue aux Etats-Unis. Maintenant Intermarché est connu aux Etats-Unis, en Russie, au Japon. Ça nous a apporté des scores de performance incroyables sur cette campagne. Évidemment d'identification quand il y a la musique ou le film, ou le loup, on dit le loup, on dit Intermarché. La cote d'amour a aussi augmenté. Donc c'est un sentiment de satisfaction. Alors le chiffre n'a pas fait plus 15, ça ne se mesure pas comme ça. C'est notre image. Mais notre image est bonne et nos équipes, nos salariés, on a quand même un peu plus de 150 000 salariés dans nos points de vente, dans nos usines.

Tout le monde est hyper fier et puis toujours à chaque fois, je le dis, une chèreté pour l'agence parce que ça fait 8 ans qu'on bosse avec eux. On avait fait le choix de ne pas aller sur l'IA, de faire bosser un studio français. Et donc ça a été un moment un peu de bonheur où dans ce marasme ou cette difficulté de contexte, ça faisait du bien en interne et en externe.

22:27
Présentateur

Et une publicité aussi pour le pays. Est-ce que vous avez été félicité au plus haut niveau ou par vos concurrents, pourquoi pas ?

22:35
Invité

Alors, mes concurrents étaient très, j'allais dire, très fair play. A commencer par le leader qui est Michel-Édouard Leclerc, qui a été très sympa. Il a posté en disant j'adore ta pub et c'était super. Alexandre Bompard aussi, le patron de Carrefour, l'a fait. Donc ça, c'était appréciable aussi qu'il y ait une reconnaissance de la profession. Au plus haut niveau politique, je n'ai pas eu un déjeuner ou un petit déj pour me le dire, mais par contre, j'ai vu des grands patrons, je pense à Rodolphe Saadé, qui effectivement m'envoyait des petits messages et c'était super parce qu'effectivement, il y avait une sorte de fierté nationale et on était ravis de tout ça.

23:08
Présentateur

Merci beaucoup, Thierry Coutière, d'avoir répondu aux questions de François. Merci à vous.

23:11
Invité

Merci, à demain. Merci à vous.