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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 29 novembre 2024 15 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Reconstruire Notre-Dame en 5 ans, un pari fou ? - C à Vous

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30A.-E.LemoineFait
    « Rebâtir Notre-Dame était une priorité pour E.Macron. »
  • 2:30X.LefebvreFait
    « Ce délai a permis d'avoir une échelle humaine en termes de rétroplanning. »
  • 4:30O.LatryFait
    « Quand on va à l'étranger, on ne parle pas de Notre-Dame de Paris mais de Notre-Dame. »
  • 8:30X.LefebvreFait
    « Tout a été reproduit à l'identique. La flèche de Viollet-le-Duc a pu être reconstruite. »
  • 10:30O.LatryFait
    « L'orgue sonne exactement comme avant. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

avoir fait voter une loi d'exception, il peut s'enorgueillir d'un pari tenu, sans effet sur l'opinion. L'Elysée ne se faisait pas d'illusions. On rebâtit plus facilement une cathédrale qu'une image politique. - A.-E.Lemoine: Pour ce qui est de la résurrection de Notre-Dame, qui a été restaurée à l'identique, de la charpente à la flèche, en passant par les voûtes, tout ça en 5 ans, plus précisément en 4 ans...

C'était un sacré pari, voire un pari impossible? L'un des chefs de chantier remerciait presque E.Macron d'avoir fixé un délai aussi court. - X.Lefebvre: Ce délai a permis d'avoir une échelle humaine en termes de rétroplanning.

Ca a permis à tous les ouvriers et restaurateurs, artisans, de se projeter sur une fin et non pas de la léguer à d'autres générations. Les premiers artisans n'auraient pas vu l'oeuvre achevée, comme ça se passait au Moyen Age. Ce délai a permis cette possibilité.

Il y a eu un an de stabilisation et de sécurisation dans ces 5 ans. A partir de là, les vrais travaux ont pu commencer. - P.Cohen: 5 ans, c'est le délai qui nous sépare de l'incendie. - A.-E.Lemoine: Rebâtir Notre-Dame était une priorité pour E.Macron.

Vous en avez pris la mesure, parce qu'elle représente la France, cette cathédrale. Quand vous allez à l'étranger, c'est ce que vous ressentez? - O.Latry: Quand on va à l'étranger, on ne parle pas de Notre-Dame de Paris mais de Notre-Dame.

Pas besoin de préciser. On sait où ça se trouve. Ce n'est pas seulement le kilomètre zéro de la France. - A.-E.Lemoine: Si ce pari a été réussi, c'est grâce à l'investissement du général J.-L.Georgelin, à qui vous dédiez ce documentaire.

E.Macron lui a rendu hommage ce matin. Le président a aussi eu une pensée pour l'un des artisans du chantier décédé récemment chez lui, qui voyait ce chantier comme le sommet de sa carrière.

Il devait prendre sa retraite fin janvier. Un échafaudeur comme d'autres dont le travail n'est pas toujours reconnu. Vous en parlez dans le documentaire.

Ce travail a été essentiel? - X.Lefebvre: Il voulait prendre sa retraite le jour de l'inauguration.

Il y a aussi un charpentier décédé d'un AVC. - P.Cohen: Azzedine Hedna a été applaudi par les 1200 personnes qui ont participé au chantier.

Ca a été la seule interruption du discours présidentiel. - A.-E.Lemoine: Un mot sur les échafaudeurs.

On ne voit jamais leur travail. Pourquoi ils se sentent un peu frustrés? - X.Lefebvre: Parce qu'on ne voit jamais leur travail.

C'est un peu comme les charpentiers. On peut visiter la charpente de Notre-Dame, mais une fois que la couverture est posée, on ne voit pas leur travail. Ces images d'échafaudages...

C'est l'une des images fortes qui m'a marqué. La 1re fois que je suis rentré dans Notre-Dame, c'était en juin 2020. O.Latry, c'est une autre histoire dans le documentaire.

Cette cathédrale était vide d'échafaudages. Il y avait les filets, une espèce de toile d'araignée. J'ai pénétré dans Notre-Dame un mois après.

Elle était remplie d'échafaudages. C'était une métamorphose perpétuelle. - O.Latry: On ne reconnaissait plus rien. - A.-E.Lemoine: Plus de 2000 personnes, artisans ont participé à cette reconstruction.

On sent leur émotion, leur fierté d'avoir travaillé sur ce chantier du siècle. Certains vous ont raconté qu'ils prenaient le temps de contempler la beauté de la cathédrale, parce que c'était la grande oeuvre de leur vie. - X.Lefebvre: La grande oeuvre de leur vie.

Aussi, ils avaient accès à des points de vue que personne d'autre n'aurait. Parfois, on se pinçait en se disant qu'on avait de la chance. J'ai une pensée pour tous ces gens.

Ca a été leur bureau pendant 4 ans et demi. Ils ont pris des habitudes. Ils ont créé un lien avec la cathédrale.

Là, il y a un baby-blues, une gestion post-natale, presque. Une dépression post-natale, pardon. - A.-E.Lemoine: Pour vous, Olivier, c'est un peu le contraire.

Pendant 5 ans, vous avez été privé du bureau de Notre-Dame. Comment vous l'avez vécu? - O.Latry: Comme j'ai pu.

Heureusement, ma vie, c'est aussi jouer des concerts. Le fait de revenir à la maison, comme retrouver cet instrument...

C'est comme retrouver un vieil ami. On se raconte nos histoires en musique. "Qu'est-ce que tu as fait depuis 5 ans?" - A.-E.Lemoine: L'orgue était recouvert de poussière de monoxyde de plomb.

Il a fallu le nettoyer et enlever un à un les 8000 tuyaux qui le composent. Une fois les tuyaux réinstallés, il a fallu l'harmoniser avec une question: va-t-il sonner comme avant l'incendie? - Quand un tuyau parle mal, c'est là que l'harmoniciste intervient.

Ca peut être monter ou baisser le biseau. Ensuite vient l'accord. ...

Si on referme le haut du tuyau, ça sera plus grave. - A.-E.Lemoine: Vous disiez que rien que la remise en l'état de l'orgue, c'est proportionnel à la dimension dingue du chantier de Notre-Dame. - X.Lefebvre: On parle des 8000 tuyaux, mais il y a les soufflets, les câblages...

Tu connais mieux le vocabulaire que moi. - A.-E.Lemoine: C'était un boulot titanesque. - O.Latry: Absolument.

Ce qui m'intéresse dans ce travail...

On parle du corps, des lèvres...

Un tuyau, c'est comme un être humain. Ca facilite la collaboration. - A.-E.Lemoine: L'orgue sonne exactement comme avant? - O.Latry: L'orgue sonne à l'identique.

La cathédrale, pas tout à fait. - A.-E.Lemoine: L'acoustique est meilleure? - O.Latry: Elle est différente.

Il va falloir s'y habituer. Avant, on sentait le son qui se promenait. Maintenant, on a des grandes vagues. - P.Cohen: C'est l'éclat du neuf. - O.Latry: Peut-être. - X.Lefebvre: Les pierres n'ont plus la même résonance. - O.Latry: Dans quelques millions de touristes, on retrouvera... - A.-E.Lemoine: Patrick? - P.Cohen: L'un des gros défis, c'était la reconstruction de cette immense charpente, pour laquelle 2500 arbres ont été nécessaires.

Des chênes taillés à la hache à la seule force des charpentiers, comme il y a 850 ans. - L'humain transparaît sur la matière. On voit le geste du compagnon, de la personne qui a équarri.

On voit si la personne est expérimentée, fatiguée. C'est extraordinaire. - On amène une touche humaine dans ce monument incroyable, de la même manière que chaque tailleur de pierre amène son identité.

Ce qui est exceptionnel avec ça, c'est qu'on peut se promener dans la charpente et dire quel charpentier a taillé telle ou telle poutre. - P.Cohen: Aujourd'hui, les poutres sont taillées dans des scieries.

Les charpentiers se sont réappropriés un métier. - X.Lefebvre: C'est de l'équarrissage.

C'est pour pouvoir couper le bois dans sa fibre. Comme ça, il n'y a pas de rupture et le bois peut supporter plus facilement les forces qu'il doit supporter. C'était la technique du Moyen Age.

Tout a été reproduit à l'identique. La flèche de Viollet-le-Duc a pu être reconstruite avec des poutres coupées en scierie. - P.Cohen: On va voir le responsable de l'assemblage de la charpente, le gâcheur.

Il vérifie que toutes les pièces sont parfaitement au bon endroit. Pour cela, il y a un marquage spécifique avec un alphabet unique. "Patte d'oie", "langue de vipère"... - A.-E.Lemoine: Ces métiers, ils les maîtrisaient? - X.Lefebvre: La charpente, on comprend.

Il y a des fermes, des poutres...

Mais la flèche...

Je suis en état de choc. Je ne sais pas comment ils ont fait. - P.Cohen: Un drone l'a filmée ce matin.

C'est exceptionnel. - X.Lefebvre: Quand on a filmé l'assemblage à l'intérieur de la flèche...

Ils sont en train de se passer les morceaux de poutres... - P.Cohen: La voilà.

Regardez cette image. Elle est époustouflante. - A.-E.Lemoine: Il y a aussi les cordistes, dont vous montrez le travail exceptionnel.

Ce sont les seuls à pouvoir accéder aux voûtes. Ce sont eux qui ont enlevé tous les débris. Ces cordistes se sont rappelé ce qu'avaient dû être les 1ers cordistes, ceux à qui on doit ces voûtes.

Ils travaillaient en se souvenant de ceux qui avaient construit ces voûtes? - X.Lefebvre: Comme maintenant, il n'y a pas que les cordistes qui sont intervenus sur les voûtes.

Il y avait aussi des échafaudages qui permettaient d'accéder au-dessus des voûtes. Ensuite, il fallait enduire. Ils étaient suspendus avec des sacs de toile.

Ils ont pu faire ce travail. C'est Xavier Rodriguez qui cite...

Ils se sont réapproprié une technique. On pourrait penser que c'était une technique proche de l'escalade. Non. - M.Bouhafsi: Notre-Dame, c'est aussi les fameuses gargouilles.

Là, ce sont les tailleurs de pierres qui interviennent. - X.Lefebvre: Les chimères. - M.Bouhafsi: On découvre le lieu où ils ont travaillé.

Il a parfois fallu recréer entièrement les chimères. - En cours de modelage, des échanges se font entre le sculpteur et l'architecte. Ca peut être une affaire de goût, de style.

Si on partait de là, pourquoi les oreilles vont dans ce sens? - Oui. - On peut les mettre plus dans ce sens. - On peut essayer, mais je ne suis pas tout à fait sûre. - Et les arcades sourcilières... - M.Bouhafsi: Ce qui est impressionnant dans le documentaire, c'est que c'est une coopération continue entre les différents corps de métier.

Il a fallu apprendre à travailler ensemble ou réapprendre. - X.Lefebvre: Je ne sais pas...

Je pense que ça s'est fait grâce à l'établissement public qui a coordonné tous ces corps de métier. Sincèrement, je ne sais pas comment ils ont fait. C'était organique.

Tout s'est mis en place d'une façon qui semble être a priori naturelle. C'est une histoire de coordination... - M.Bouhafsi: C'est un engagement collectif. - X.Lefebvre: Et dans la bonne humeur. - O.Latry: C'est incroyable de voir... - X.Lefebvre: J'ai une anecdote.

Il y a plein de choses surprenantes sur le chantier, qui nous ont époustouflés. On ne s'est pas consultés, avec les 8 chefs opérateurs et mes coauteurs...

On prend le métro. Tout d'un coup, des gens nous disent bonjour. Les gens ne nous connaissaient pas.

Tout le monde nous disait bonjour. Je trouve Que c'est assez représentatif de l'état d'esprit, de l'humilité qu'il y avait en permanence sur le chantier. - O.Latry: Il y a cet intérêt des gens les uns par rapport aux autres, cette osmose.

Moi, j'arrive en fin de course. J'arrive avec une humilité folle par rapport à ces gens qui ont tout fait dans la cathédrale. Je jouais l'orgue il y a quelques semaines. 2 ou 3 personnes montent. "On vous a entendu.

On voulait voir." C'était fabuleux. - A.-E.Lemoine: C'étaient vos premiers auditeurs. - O.Latry: C'est ça. - A.-E.Lemoine: Xavier Lefebvre a été le premier à entendre