Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC dans l'air (sur YouTube)· 18 novembre 2025 9 min

Choose France : derrière les annonces d'investissements, des faillites en cascade

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

aux entreprises françaises. Une promesse: 30 milliards d'investissements. Le nombre d'industries fermées est supérieur à celui des ouvertures de sites. - Un ministre de l'Economie aux petits soins avec les entreprises qui investissent dans le pays.

Au sommet Choose France, R.Lescure a choisi de présenter une industrie qui se porte bien. - R.Lescure: Bravo et merci d'avoir choisi la France.

On va être à vos côtés pour qu'ensemble, malgré les difficultés auxquelles on fait face dans le monde et chez nous, on puisse retrouver les voies d'une dé... réindustrialisation. - Le lapsus serait-il révélateur?

On préfère insister sur les bonnes nouvelles. L'Oréal va investir 60 millions d'euros dans son usine de parfums. Avec 0,5 % de croissance au 3e trimestre, E.Macron se réjouit aussi de son bilan. - E.Macron: Ce qu'on a fait depuis 8 ans fonctionne.

On a augmenté l'attractivité, baissé le chômage. On a une des plus fortes croissances d'Europe. La moitié de la zone euro, c'est la France.

On a augmenté le taux d'activité et baissé le chômage des jeunes. - Mais derrière cette autosatisfaction, les entrepreneurs ne sont pas à la fête. Au sommet Choose France, il y a des discussions houleuses sur le budget au Parlement. - On ressent cette morosité.

On est dans cette dynamique positive, mais on va avoir une approche prudente pour l'avenir, notamment en termes de recrutement. Il faut voir comment le contexte évolue. - Il y a un paradoxe saisissant.

On n'a jamais autant parlé d'industries vertes et de réindustrialisation. Pourtant, ça décroche dans les chiffres. Il faut que les mesures arrivent. - En France, 108 sites vont fermer ou sont menacés, avec la fin de certains produits emblématiques...

Fermeture de l'usine Blédina de Danone, de la biscuiterie La Mère Poulard, et disparition de Cachou Lajaunie. En Moselle, c'est l'aciérie qui est touchée. Les fourneaux d'Hagondange vont s'éteindre. - On va poser la pierre tombale sur Hagondange, comme sur Florange.

Il n'y aura plus d'aciéries en Moselle. - C'est une page qui se tourne. On va se battre pour notre usine.

Pour avoir un financement derrière et des accompagnements dignes de tout ce qu'on a donné pour l'usine. - C'est le 4e redressement judiciaire depuis 2014. Le fabricant d'acier avait été repris l'an dernier par un fonds d'investissement britannique.

Il avait promis 90 millions d'euros d'investissement. L'Etat mettait 85 millions d'euros. Mais le Britannique n'a pas tenu ses promesses.

Le gouvernement hausse le ton. Quand l'industrie française tousse, c'est toute la métallurgie du pays qui tombe malade. La filière ne va pas bien.

Déjà au printemps dernier, le 2e sidérurgiste mondial, ArcelorMittal, alertait les sénateurs. - Le marché a été divisé par 2. Il y a une dizaine d'années, l'Italie représentait 2 fois le marché français.

Aujourd'hui, l'Italie représente 4 fois le marché français. La désindustrialisation en France, c'est un fait. - Les syndicats redoutent de nouveaux plans sociaux dans l'industrie.

Selon la CGT, 300 000 emplois seraient menacés. - C.Roux: Nous allons revenir sur les chiffres de la désindustrialisation.

Un mot sur Choose France. Cette initiative est cette fois-ci concentrée sur des entreprises françaises. Habituellement, c'était des investisseurs étrangers qui devaient investir en France. - D.Seux: Vous avez vu les images.

On n'est pas à Versailles. Les chefs d'entreprises étrangers ont droit à Versailles, les chefs d'entreprise françaises ont droit à Paris. Ca fait plusieurs années que les patrons français disent que ceux qui investissent le plus en France, ce sont les Français.

Ils veulent avoir accès au président de la République, au gouvernement. Que les chefs d'entreprises étrangers ne soient pas les seuls à être courtisés. Des grands patrons français trouvaient non pas porte close, mais étaient un peu déçus.

Evidemment, en plein débat budgétaire, aujourd'hui, ils ont le moral dans les chaussettes. Ils disent: "On nous fait de la câlinothérapie..." 30 milliards, ce n'est pas l'Etat qui dépense 30 milliards.

Ce sont les entreprises qui ont annoncé 30 milliards d'investissements. Ce n'est pas de l'argent qui tombe du ciel. Il y a de la câlinothérapie.

Je crois que ce rendez-vous a été l'occasion d'une explication de gravure. "Nous avons des impôts plus élevés qu'ailleurs. Nous ne sommes pas contents." S.Lecornu a répondu: "Vous êtes bien sympathiques, mais regardez la situation politique dans laquelle je suis.

Que feriez-vous à ma place?" Sous des apparences courtoises, car tout le monde est très courtois dans ce genre d'occasion, c'était un moment de grand déballage. Sur les investissements eux-mêmes, 30 milliards d'investissements ont été annoncés, dont 20 milliards qui l'ont déjà été depuis le début de l'année.

Vous savez comment ça se passe. Le gouvernement appelle toutes les entreprises lors des 3 semaines précédentes en demandant ce qu'on pourrait ajouter à la liste. - C.Roux: S.Lecornu a rassuré les chefs d'entreprise sur la fiscalité.

J'imagine que ça les a en partie rassurés? "Les taxes dont vous avez entendu parler..." - D.Seux: C'est curieux.

Dans ce cas, pourquoi ces taxes sont votées? C'est illisible. Bien sûr, le gouvernement fait ce qu'il peut.

Il entend les chefs d'entreprise. Mais à la fin, c'est le Parlement qui vote. - M.Plane: Ce qu'on voit dans l'évolution du budget, c'est qu'il y a eu beaucoup de propositions de hausses de fiscalité par rapport à la copie initiale.

Les chefs d'entreprise ont des raisons un peu de s'inquiéter. C'est là qu'on trouve les gros leviers actuellement. E.Macron a dit que les entreprises avaient investi et qu'il ne fallait pas casser tout ça. - C.Roux: Question.

On a vu la carte de "L'Usine nouvelle", avec de grandes marques qui mettent la clé sous la porte. - M.Plane: On ne parle peut-être pas assez de ces chiffres.

Si on regarde les chiffres que fournit l'Insee...

On a déjà plus de 100 000 pertes d'emploi en France. Le chômage remonte. La croissance est faible.

On a le coût de l'incertitude. Elle pèse sur l'embauche et les investissements. Les carnets de commandes se vident.

Fatalement, la variable d'ajustement, c'est l'emploi. - D.Seux: Le facteur conjoncturel immédiat, c'est l'incertitude.

Mais la toile de fond, c'est notamment la pression chinoise, qui est considérable. Le déficit de l'UE vis-à-vis de la Chine, 300 milliards de dollars sur un an, a dépassé le déficit que les Etats-Unis enregistrent vis-à-vis de la Chine. 300 milliards, dont 50 milliards pour la France.

La Chine a longtemps été...

Ca a longtemps été les vélos, les smartphones.