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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 5 juin 2021 33 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsCulture, médias & sport

France-Algérie : les mémoires douloureuses

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Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Bonjour Benjamin Stora, bonjour à nos côtés est resté le cinéaste Lucas Belvaux.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Votre livre 'La gangrène et l'oubli' racontait déjà comment la guerre d'Algérie perdurait dans les têtes. Trente ans après, où en est-on ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous parliez d'une 'guerre des mémoires'. Quel est le danger de cette communautarisation des mémoires ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Lucas Belvaux, vous citez dans votre film une 'guerre sans nom'. Comment le cinéma peut-il contribuer à apaiser cette mémoire ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Benjamin Stora, votre rapport sur la mémoire de la colonisation et la guerre d'Algérie propose des gestes symboliques. Quels sont-ils ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quel rôle les présidents de la République française ont-ils joué dans la construction de ce récit mémoriel ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:00Benjamin StoraFait
    « le danger c'est qu'on n'arrive pas à trouver les passerelles qu'on n'arrive pas à trouver les ponts »
  • 14:00Benjamin StoraFait
    « personne ne nous écoute et il n'existe rien sur nous »
  • 18:00Benjamin StoraPromesse
    « le fait qu'on puisse accéder aux archives des deux côtés de la méditerranée »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] et dans l'actualité des idées aujourd'hui france algérie les mémoires blessées on en parle avec notre invité l'historien benjamin stora chargé à l'été 2020 par emmanuel macron de rédiger un rapport sur la mémoire de la colonisation et la guerre d'algérie remis en janvier dernier à l'élysée présenté depuis devant les députés une enquête et des recommandations pour favoriser dit-il la circulation mémorielle une enquête et des recommandations réunis aujourd'hui dans un livre france algérie les patients douloureuse qui paraît chez albin michel où l'auteur historien plaide une fois encore pour une lecture de toute l'histoire pour refuser la mémoire dit-il hémiplégie bonjour benjamin stora bonjour à nos côtés est resté le cinéaste lucas belvaux invités de la première partie de la grande table à l'occasion de la sortie de son film des hommes adapté du roman de laurent mauvignier un film sur la mémoire ainsi un film sur les souvenirs sur les cicatrices à travers la voix de deux appelés durant la guerre d'algérie lucas belvaux merci d'être resté avec nous et rebonjour sortie en 91 benjamin stora l'occasion des 30 ans d'indépendance algérienne votre livre la gangrène et l'oubli racontait déjà comment la guerre d'algérie perdurait dans les têtes et dans les coeurs il écrivait vous écriviez sur cette guerre aussi sur cette histoire ce traumatisme collectif que c'était une guerre sans nom et lucas belvaux vous citez dans la première partie de l'émission une guerre sans nom pour les français et pour les rennais de les algériens une révolution sans visage trente ans après où en est-on benjamin stora l'écouté vous avez un d'or ça me touche de commencer par la gangrène et l'oubli qui a été un livre que j'ai publié par dont il y a trente ans déjà lorsque j'ai rédigé la gangrène et l'oubli on était dans une période d'occultation fait en france c'est à dire le fait que cette cette histoire qu'on appelait encore les événements d'algérie à l'époque on n'avait pas reconnu l'existence de la guerre d'algérie ça n'a été le cas qu'en 1999 à l'assemblée nationale donc après donc je m'étais évertué à expliquer en quoi et pourquoi cette occultation s'était installé dans la société française pourquoi il fallait ne pas regarder en face cette histoire qui était extrêmement douloureuse et malgré la somme de films de livres de travaux de romans produits il y avait toujours cette sensation de manque d'absence et qu'on pouvait disons voir à travers peut-être cette sorte de blessure n'assiste narcissique du nationalisme français dans la perte de l'algérie française gérée française qui était considéré un peu comme le joyau de l' empire et donc il fallait oublier pour vivre pour exister pour reconstruire et il est évident on en reparlera peut-être le général de gaulle a joué un très grand rôle bien sûr dans cette fabrication d'oubli comme il l'avait fait d'ailleurs après 1945 trente ans plus tard et bien c'est pas tout à fait la même situation bien sûr car nous sommes sortis de l'oubli et nous sommes sortis et de quelle manière parce que nous sommes sortis de l'oubli dans une sorte de confrontation des mémoires j'ai même utiliser un moment donné il ya une quinzaine d'années l'expression de guerre des mémoires c'est à dire que cette sortie double il s'est fait dans le désordre dans la confusion dans le repli identitaire dans le fait que tous les groupes porteurs de cette mémoire qui sont très importants vont les connaît les grands groupes lucas belvaux quitte ici à la consacrer un très beau film aux plus grands groupes porteurs de la mémoire algérienne c'est à dire les appeler c'est le plus grand groupe celui dont on parle le moins d'ailleurs paradoxalement un million et demi de jeunes soldats français né en 1930 entre 1932 et 1943 mais il y en a d'autres bien sûr on le sait les européens d'algérie c'est à dire les pieds noirs bien sûr les immigrés algériens en france bien sûr les harkis et cetera et cetera bref chacun de ces groupes en fait a voulu que l'on reconnaisse sa vérité de manière exclusive c'est à dire le fait qu' ils avaient été les seuls pratiquement à souffrir de cette guerre de cette tragédie de cette histoire du colonialisme sans essayer de comprendre la souffrance des autres sujets que vous y voyez un risque quoi un danger à benjamin stora dans cette communautarisation des mémoires ce pas évident à éviter à contourner mais il faut quand même tenter d'y parvenir vous dites que c'est un exercice difficile que d'écrire sur la colonisation et la guerre d'algérie car longtemps après avoir été figé dans les eaux glacées de l'oubli on revient à la gangrène et l'oubli cette guerre est venu s'échouer s'engluer dans le piège fermé des mémoires un vide individuel écrivez-vous là dans l'introduction de ce livre aussi au risque ensuite d'une communautarisation des mémoires et vous avez raison un par sa polyphonie le film de lucas belvaux montre bien cette idée d'archipel des mémoires de points de vue qui sont rapportés là à travers différents personnages quel est le danger le danger c'est qu'on n'arrive pas à trouver les passerelles qu'on n'arrive pas à trouver les ponts qu'on n'arrive pas à faire en sorte que les gens s'écoute les uns les autres tout simplement parce que il n'ya pas simplement c'est ça la difficulté c'est qu'il ya pas simplement la séparation entre les grands groupes dont je viens de citer rapidement mais les fractures elle existe à l'intérieur de chacun de ces groupes c'est à dire à l'intérieur du groupe d appeler qui ont le sentiment pour certains d'avoir pas fait la même guerre que ceux qui sont partis en 56 et ceux qui sont partis en 61 qui n'ont pas la même sensation d'avoir connu la même intensité dans le combat pour ceux qui étaient dans le désert par exemple et puis ceux qui étaient dans l'est constantinois à la ligne morice ils n'ont pas du tout le sentiment d'avoir connu la même histoire parce que cette rupture s'est fracturé elle existe bien sûr à l'intérieur des européens d'algérie entre ceux qui massivement choisi de partir on le sait elles étaient 62 notamment messieurs aussi qu'ils sont restés en algérie et donc ils ont eu la volonté le désire peut être de construire une autre histoire de construire une algérie nouvelle donc il y a des fractures à l'intérieur de chacun de ces groupes et toutes ces fractures additionner nous parlons pas bien sûr de la fracture j'allais dire centrale entre français et algériens dans leur perception de l'histoire coloniale qui n'est pas du tout la même bien entendu bien à l'intérieur de toutes ces fractures ce qui s'est passé à mon avis c'est qu'on s'est réfugié dans j'allais presque dire cette sorte de périmètre de douleurs individuel c'est à dire que dans la mesure où il n'existait pas de rassemblement collectif dans le projet commun d'une histoire qui aurait pu permettre de raconter tout cela est bien ce qui a dominé en fait fondamentalement c'est la blessure individuel c'est à dire le fait d'être un incompris ce qui a dominé fondamentalement c'est la solitude la solitude des porteurs de mémoire comme on le voit dans le film la solitude de gérard depardieu sa profonde solitude la solitude des femmes aussi parce qu'il ya énormément de livres qui ont été rédigées par des femmes qui ont connu la guerre d'algérie mais aussi qui dont les pères ont fait la guerre d'algérie ce qui me fera beaucoup c'est là la sortie aujourd'hui d'un certain nombre de romans rédigés par des femmes il y en a un qui a été écrit par une dame qui s'appelle la croix qui s'appelle marraine du djebel qu'un très beau livre paru aux éditions michalon cette année et qui raconte en fait l'histoire de son père un appelé en algérie qui écrit des lettres d'amour à cette femme qui est restée en france et un très beau lieu il y en a beaucoup d'autres c'est à dire qu'il ya aussi la solitude à l'intérieur même des groupes porteurs de mémoire et donc le sens la sensation de l'abandon c'est à dire la sensation de ne pas être écoutés de surtout de ne pas être compris moi j'ai toujours été frappé dans le travail que j'ai fait depuis maintenant 40 ans sur cette histoire qu'à chaque fois que j'ai rencontré quelqu'un porteurs de cette histoire les européens les juifs d'algérie bien sûr j'ai beaucoup écrit sur les juifs d'algérie ils me disent ils tous à chaque fois la même chose personne ne nous écoute et il n'existe rien sur nous n'existe pas le deux livres sur nous alors j'avais beau leur dire mais attendez il ya des centaines d'ouvragés il ya beaucoup de films qui existe et ben non ils savaient le sentiment pour chacun des groupes qu'ils avaient été voir le film qui les concernés eux et eux seuls le coup de sirocco pour les pieds noirs bien sûr l'honneur d'un capitaine pour les officiers bien entendu avoir 20 ans dans les aurès pour les appeler bien sûr etc etc et il y avait ce sentiment disons que dans le fond ils étaient rejetés ou abandonnés par l'histoire c'est toute la difficulté précisément à travers le travail de fiction à travers le travail historique et surtout on y reviendra à travers le travail politique d'accomplir des gestes à caractère symbolique qui permettent d'unifier lucas belvaux je pense que vous parliez du danger justement de ses mémoires cette mémoire fragmentée où c'est l'instrumentalisation parce qu'à partir du moment où on se sent seul et incompris c'est facile d'attiser justement cette cette douleur pour l'instrumentaliser politiquement ce qu'on voit ce qu'on voit des deux côtés et par exemple en faisant le film vous avez le sentiment de marcher sur des oeufs encore aujourd'hui soixante ans après vous avez été extrêmement prudents sur certaines paroles certains faits que vous avez rapporté dans le film moi j'étais prudent ce que je voulais blesser personne je trouve qu'il ya suffisamment de souffrance pour pas pour pas blessé et choqué mais je sais que laurent par exemple donc s'il ya dix ans il n'y a pas si longtemps aidé l'auteur l'euro mauvignier oui absolument et il a eu des menaces de mort quand même à l'époque pour des gens qui n'avaient pas lu le livre c'est ce qui est assez frappante cessé de recevoir des menaces de mort de gens qui n'ont pas vu le livre uniquement parce qu'ils savent qu'on parle de leur communauté et qui suppose qu'on en dit du mal parce que ce que disait benjamin stora à l'instant parce que personne ne connaît ce qui s'écrit finalement on ne veut connaître que ce coût ce qui a été écrit sur ce qu'on pense que c'est très étrange et on ne veux blesser personne c'est comme ça qu'on en arrive au silence à ne pas mettre des mots à ne pas créer de récits et ne pas chercher à crise a créé aussi un récit partager un récit comment benjamin stora ceux qui ont forcé le blocus précisément de cette mémoire fragmenté ce sont les romanciers ils ont essayé et puis ensuite bien sûr les cinéastes notamment jeu jeudi les romans et les historiens les historiens oui bien sûr c'est tellement évident mais les romanciers parce que ils ont anticipé quelque part sur un certain nombre de situations historiques je pense aux grands romans bien sûr d'albert camus bon à le premier homme ça c'est un livre magnifique et qui anticipe très bien sur la solitude et le désarroi de sa propre communauté mais il ya aussi bien sûr les livres de jules roy mais plus récemment dans la littérature algérienne je pense au grand livre de kateb yacine de maux de dos mouloud-mammeri de rachid mimouni tu est un très grand écrivain algérien qui est décédé qui a écrit un livre magnifique s'appelle le fleuve détourné tout vous tombez à l'honneur de la tribu c'est de ce sont des grands livres parce qu' ils disent tout ils disent les choses il met des mots sur les choses ils n'ont pas peur quelque part d'écrire peut-être parce que par les cris on peut mieux s'exprimer quelque part c'est moi c'est moins difficile mais tous ces romanciers dans le fond ils ont ouvert la voie aux historiens ils ont frayé le chemin avec beaucoup de courage et d'audace beaucoup d'audace que les historiens quelquefois n'ose pas emprunter sous prétexte qu'ils de moyens n'a pas accès aux archives par exemple diana pas les archives donc on peut pas savoir mais vous savez on aura peut-être l'occasion de revenir sur cette question des archives quand j'ai commencé à travailler il ya 40 ans dans les années 70 qui arrêtera les archives né là bien fallu écrire et lorsque j'ai faibli mais dictionnaire biographique de militants algériens de faire à ta base de messali de de gaulle 2 mitterrand et bien j'avais beaucoup beaucoup de gens qui avaient parlé et dit beaucoup de témoins à beaucoup d'acteurs qui n'avait qu'une seule chose en tête c'était de transmettre de parler et de dire fondamentalement donc il ya par conséquent aussi peut-être une très grande frilosité d'un certain nombre de personnes qui appartenait qui appartiennent à ce qu'on pourrait appeler l'académisme où l'élite politique et qui n'ont pas suffisamment pris de risques n'ont pas suffisamment été audacieux pour avancer au diapason de leur société il a été question à sa mort récemment on peut après sa mort de panthéon nisé pardon l'avocate gisèle halimi vous ne m'aurez pas facile à dire de la faire entrer au panthéon grande avocate gisèle halimi mais ça a provoqué là encore une levée de boucliers voir un réveil des sensibilités on écoute gisèle halimi moi mon post 7 et le tribunal militaire en algérie je me suis battu au détriment de la liberté physique le même été arrêtés pour ce en algérie il y avait une colonisation et au peuple algérien qui étaient opprimés et exploités surtout à qui on a enlevé ont refusé la dignité d'exister en tant que peuple vous voyez moi j'étais très sensible je ne sais pas si je citais malraux mais j'ai dû le faire sans le vouloir en plaidant pour un algérien qui parlait pas le français et même pas l'arabe est un espèce de patois des montagnes et il disait on me dit mais pourquoi qui fait la guerre d'algérie ne savait pas très bien mais pourquoi l'indépendance il connaissait pas très bien ces mots là il dit avant je vivais j'étais comme un ouvrier au père puis on est venu me dire on m'a dit les frères m'ont dit refuse yves à la montagne pour quoi faire pour l'indépendance mais seulement at il dit j'ai pris un fusil et en gravissant cette montagne dans le sud venu un homme gisèle halimi en 1974 et pourquoi cette cette levée de boucliers cette réaction face à cette éventualité d'une pente est honni za sion de gisèle halimi à cause de son passé militant durant la guerre d'algérie benjamin stora est ce qu'elle est victime aujourd'hui de ce que vous appelez cette guerre des mémoires à son tour forcément puisque ses prises de positions étaient extrêmement tranché gisèle halimi il faut pas oublier qu'elle a défendu une femme jeune qui s'appelle djamila boupacha avec simone de beauvoir et quitte un livre d'ailleurs qui a pas aux éditions gallimard en 1960 elle était déjà extrêmement attaquer à cette époque là avec jean paul sartre claude lanzmann françois maspero etc c'était déjà des gens qui était pensé à l'époque je parle je parle des débats de cette époque des années 50 ils étaient déjà considérés comme des traîtres à la nation française c'est à dire qu' il fallait une en soit on le sait pas mais ça je vous le dis carrément les universitaires de cette époque dans les années 50 étaient majoritairement pour l'algérie française il ya un manifeste des intellectuels français en faveur de l'algérie française qui a récolté des centaines et des centaines de signatures sans l'oubli on n'a retenu que les gens dans le fond qui s'était opposé à la guerre d'algérie mone en oubliant précisément la masse de ceux qui étaient des partisans de l'algérie française n'avait pas que soustelle il y en avait beaucoup d'autres beaucoup d'autres à la cendre donc tout ça pour dire que l'histoire est ainsi faite c'est à dire qu'on l'a reconstruit on la transforme bien sûr on la réécrit en estimant dans le fond que la décolonisation était quelque chose d'absolument évident qu'on considère aujourd'hui qui va aujourd'hui en 2021 considéré que la colonisation est un bon système que la france ya mené une politique civilisatrice ou que l'esclavagé était tout à fait intéressant plus personne plus personne va s'amuser à dire ça aujourd'hui on le dit quand même mais avec des mots différents ont l'expriment de manière différente et c'est cette manière différente qui fait qu' on combat contre l'entrée de gisèle halimi au panthéon si la mémoire divise l'histoire peut rassembler dit pierre nora benjamin stora est ce que c'est ça l'enjeu aussi de ce rapport raconte et rassembler aujourd'hui dans ce livre est ce que c'est de réconcilier les mémoires de trouver un terrain d'entente entre toutes ces mémoires savez ce rapport moi je les construis comme une sorte de compromis c'est pas une une un texte définitif qui est soit une mise en accusation radical de ce qui a été le système colonial soit au contraire d'acceptation des massacres commis par la france pendant cette histoire j'ai essayé de faire un texte on puisse se retrouver on puisse identifier des personnages emblématiques comme l'émir abdelkader ou la reconnaissance de l'assassinât de ali boumendjel voulant très bien sûr de gisèle halimi au panthéon avancer sur des mesures concrètes avancer sur des mesures pratiques par exemple le fait qu'on puisse accéder aux archives des deux côtés de la méditerranée le fait qu'on puisse ensemble écrire un geek un guide des disparus c'est des choses qui ne sont pas des proclamations abstraite idéologique théorique mais des moments des lieux des situations des personnages où on puisse s'identifier se rassemblent et voilà c'était ça l'objectif de ce ce rapport mais force est de constater 60 ans après qui a encore des refus il y encore beaucoup de refus y compris dans le caractère minimal de ses propositions car c'est pas du tout des propositions à caractère révolutionnaire que j'ai voulu écrire m'a accueilli aussi via la gauche radicale de ne pas avoir suffisamment expliqué dénoncé organisé un système de diatribes le violent etc mais moi mon objectif c'était d'essayer de trouver des voies et des moyens des passerelles de réconciliation et pas de rester dans la situation paresseuse de la dénonciation idéologique parce que dans la dénonciation idéologique forcément en garde les mains toujours pure mais on n'avance pas la question s'est avancé la question c'est de faire en sorte qu'on puisse retrouver les disparus qu'on puisse avoir accès disons au cimetière où sont enterrés beaucoup de familles européennes qu'on puisse effectivement identifié les lieux ont été faits les expériences nucléaires au sahara et qui ont touché beaucoup de personnes ce sont des questions incroyable soixante ans plus tard soixante ans plus tard on s'attendait à ce que sorte un brûlot anti colonialiste d'un côté ou au contraire une sorte de livre vantant les mérites de la colonisation mais non soixante ans après moi j'ai simplement identifier les dossiers qui restait encore à traiter ce qui est extraordinaire soixante ans après l'indépendance de l'algérie les archives les disparus les essais nucléaires les cimetières vous rendez compte que tout ça n'est pas encore réglé c'est ça qui est extraordinaire et en s'abritant derrière des grandes disputes idéologiques et bien dans le vent on n'avance pas concrètement qu'est ce qu'elles disent ces disputes idéologiques comme vous dites bas ce sont des disputes de l'état du débat ou de la mémoire un oui bien sûr ça signifie que la mémoire continue de saigner c'est à dire qu'il y a par conséquent des gens qui se complaisent et qui vivent de cette guerre des mémoires il ya des rentiers de la mémoire des gens qui précisément ne peuvent exister que dans la mesure où il ya séparation et guerre le conflit les fait vivre mais pas simplement france de l'autre côté de la méditerranée aussi en algérie le conflit les fait vivre la guerre permet de légitimer un pouvoir politique bien entendu et en france nous avons aussi des grands chantiers de la mémoire de ceux qui ne veulent absolument pas avancer vers des pacification de mémoire parce que précisément ils perdraient des clientèles électorales massives est bon de l'autre côté de la méditerranée comme ici eh bien il ya cette forme d'entretiens mémorielle en effervescence à la parmi ceux ou celles qui peuvent réparer ses mémoires qui scène il y a la parole du politique on a parlé du rôle des historiens de celui des témoins des cinéastes et un peu des romanciers qu'en est il de la parole présidentielle quel rôle les présidents de la république français ont eu dans la construction de ce récit mémorielle on y retourne en sont si vous le voulez bien avec jean bulot aux archives est thomas beau à la mise en ondes il est nécessaire maintenant de définir un nouveau cap pour les relations entre l'algérie et la fringue voyage du président de la république française en algérie ne peut pas être un voyage comme les autres vous connaissez comme je la connais notre histoire je pense en cet instant à tous ceux de part et d'autre qu'elle a réuni et qu'elle a déchiré et je le redis le passé est le passé regardons maintenant l'avenir aujourd'hui je veux rendre l'hommage de la nation aux soldats morts pour la france en afrique du nord il y a presque un demi-siècle après c'est déchirement terrible au terme desquelles les pays d'afrique du nord se sont séparés de la france notre république doit assumer pleinement son devoir de mémoire les algériens ont beaucoup souffert beaucoup je respecte cette souffrance mais a aussi beaucoup de souffrance de l'autre côté il faut la respecter je ne mets pas l'un sur un piédestal et l'autre en dessous je les regarde toutes les deux et je dis c'est l'histoire c'est le passé maintenant construisons l'avenir je viens ici ni pour blesser ni pour m'excuser je ne veux pas blesser des amis je respecte l'algérie pour ce qu'elle est son histoire je souhaite simplement que la france soit considéré de la même façon pendant 132 ans l'algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal c'est la colonisation nous avons ce devoir de vérité sur la violence sur les injustices sur les massacres sur la torture valéry giscard d'estaing 1978 mitterrand à alger 1981 jacques chirac 2002 sarkozy nicolas sarkozy à alger en 2007 et enfin françois hollande en 2012 en 34 ans benjamin stora en entend l'évolution des discours la prudence des mots et en même temps les ruptures qui peuvent être constitués par certaines présidences oui tout à fait vous avez raison de le souligner il ya une évolution de giscard à hollande et bien sûr les manuels macro on y reviendra on y revient mais bien sûr il quand on regarde disons quand on fait l'inventaire et contrite ses discours sur le temps dans la durée on voit d'abord qui a cette volonté de dire nous ne parlerons pas du passé c'est à dire qu'on on n'affronte pas le passé on ne le regarde pas en face il faut avancer vers l'avenir en oubliant le passé c'est impossible bien entendu et donc il ya une évolution qui se fait dire que jacques chirac le premier d'ailleurs on l'entend dans ce discours où il dit nous avons un devoir de mémoire ce que ne disent pas giscard d'estaing et françois mitterrand ils ne le disent pas lui le 10/10 nous donc s'il ya une ouverture là qui sauf qui se fait qui s'opèrent mais avec nicolas sarkozy il ya un autre élément un deuxième grand élément à mon sens dans ses discours c'est le fait de renvoyer dos à dos les protagonistes de cette histoire c'est à les souffrances sont identiques de part et d'autre oui et non oui bien sûr une souffrance reste une souffrance quand on regarde et quand on reste dans le registre bien sûr des souffrances humaines mais il y a une origine différence des souffrances et la question celle de la colonisation bien sûr doit être mise à l'ordre du jour ce que fera françois hollande dans son discours à alger de décembre 2012 c'est à dire qu'il va plus loin en disant il ya effectivement un système qui est à l'origine des souffrances c'est la colonisation il la condamne mais sans aller pour autant identifier les leviers possibles d'identification de 7,2 cette souffrance en termes de personnages ce que fera emmanuel macron lorsqu'il arrivera au pouvoir et qu'il va décider que maurice audin a été assassiné et ça c'est une grande première c'est une grande première parce que jusqu'à présent on était cantonné dans le registre des discours abstraits soit ce qu'il ne prévoyait pas d'affronter le passé soit ce qui renvoyait dos à dos l'ensemble des personnages soient ceux précisément qui caractérisait mais sans prendre de mesures pratiques ce que dira macron sait il y à des personnes dont on citera le nom c'était la guerre d'algérie c'est toujours des histoires de noms qu'il faut citer dont on va citer le nom du côté disons des français est un militant communiste maurice audin et lorsque j'aurais remis ce rapport en mars il citera le nom de ali boumendjel était un grand dirigeant nationaliste algérien qui a été assassiné d'ailleurs cet assassinat avait déjà été revendiqué il ya plus de vingt ans par paul aussaresses plus de 20 ans et là il va nommer les choses c'est ça qu'est la grande différence est la nomination donc il y a effectivement dans ces énoncés de discours présidentiels une progression indéniable indéniable dans la connaissance puis la reconnaissance de ce qu'a été la réalité du système colonial mais ce qui est absent quand même danser etc tout petit extrait du discours c'est le fait que chacun de ces chefs d'état ont toujours insisté sur un aspect c'est la question du partenariat économique entre la france et l'algérie c'est dire l'intérêt stratégique de la france sur la question économique en direction d'un grand pays qui s'appelle l'algérie et ça c'est une constante aussi de tous les discours de chef d'état alors emmanuel macron lucas belvaux comme vous l'évoquiez dans la première partie de la grande table autour de votre film des hommes et lui aussi de la génération d'après il est né après l'indépendance et porte peut-être aussi à ce titre un regard ou des baux qui peuvent être différents en tout cas une sensibilité qui est qui est différente par rapport aussi à se passer à cette histoire il ya des mots qui vous ont marqué dans ce que vous avez entendu là vous leur d'image oui le sergent ce que disait benjamin j'ai pas grand chose à dire de plus à quel point le les phrases sont ciselés pour quelque part donner des gages accompagne un mouvement sans aller trop loin et à chaque fois pour une génération plus et c mais c'est quand même intéressant l'idée que c'est jacques chirac qui tout à coup va quelque part de débloquer le la réflexion la mémoire le mouvement mais parce que c'est le seul de tout ce qui est allé c'est ça a été un appelé en algérie et donc il avait forcément quelque chose d'un team une relation intime avec cette histoire là et que il n'a pas vu le il n'a pas vu cette histoire la commune et comme les autres c'est une guerre sans mots et une guerre sans images sur tout et vous leur raconter bien benjamin stora sur la guerre d'algérie contrairement à la guerre du vietnam aujourd'hui lucas belvaux vous mettez certaines images / / / cette guerre là cette question d image qui reste un impensé pour vous jamin stora qu'est-ce que peut le cinéma que peu la fiction qu'est-ce qu'est ce qu'on peut créer ou recréer par l'image lucas belvaux benjamin stora bonne réponse exempt de tout petits des observations par rapport à ce que disait lucas belvaux l'instant c'est vrai que jacques chirac a fait la guerre d'algérie mais c'est vrai aussi que françois mitterrand et giscard d'estaing ont exercé le pouvoir pendant la guerre d'algérie ça c'est fondamental ce sont des hommes de pouvoir d'état et donc c'est très difficile pour eux d'assumer cette bière en tant qu'homme d'état les giscard d'estaing était au gouvernement général de gaulle et françois mitterrand était garde des sceaux ministre de l'intérieur ferment cette petite parenthèse mais c'est fondamental sur le fait de ne pas regarder en face l'histoire deuxième petite petite précision par rapport à jacques chirac sait qu'il a été le premier en france à ouvrir le couvercle de la mémoire avec le discours du vel d'hiv avec la reconnaissance de l'esclavagé comme un crime contre l'humanité et avec son discours un abbad hammad et à madagascar pardon en 2006 sur les massacres qui ont été commis en quarante huit donc il ya une avancée qui a été fait aussi à ce niveau là qui étaient considérables donc il nous emmène bien sûr sur l'algérie en même temps pour répondre à votre question sur les images je dirais que la guerre d'algérie ça a été aussi un énorme moment la différence du vietnam qui était celui du som s'élève transistors c'est à travers la sonorité des grandes émissions de radio d'europe 1 et de radio luxembourg c'est à dire avec des grands journalistes comme yves courrière bien sûr à l'époque philippe labrouche je vais pas citer tous les grands journalistes français qui ont couvert la guerre d'algérie mais c'était la radio c'est alors que la guerre du vietnam c'est des images ça ne signifie pas qu'il n'y avait pas d'image mais ça voulait dire que les images de fiction et les images de documentaires étaient censurés tout simplement il y avait une censure d'état extraordinaire pendant la guerre d'algérie sans l'a oubliée aujourd'hui c'est la dernière grande période de l'histoire de france ou les films de fiction qui traitait de la guerre d'algérie sont sortis après dans l'après-coup je veux pas citer ici le film derosier adieu philippine le petit soldat de jean luc godard etc tous ont fait tous ces films ont été censurés ce qui fait que quand la guerre se termine en 62 les films sortent et c'est plus la guerre donc on tombe dans l'après-coup et les gens se détournent de cette période ils veulent oublier cette période ils ne veulent pas qu'on parle qu'on se souvienne de cette période est donc les films de alain cavalier d'un arrêt n'ai je pas tous les citer eh bien tous ces films là tombent à plat après coup en dehors disons du champ de représentation visuelle indépendamment de ce que j'ai dit tout à l'heure du stade défi un défi bien sûr qui est très important parce que ce défi va commencer à être relevé mais pratiquement que maintenant parce qu'il ya d'autres projets de films il ya d'autres films qui exige qu'ils vont sortir pas tout de suite je pense en particulier à un film très important qui va sortir prochainement dans quelques mois cette fois ci consacré à fernand yveton et qui a été réalisé par un très jeune réalisateur avec vincent lacoste et qui doit sortir dans quelques mois et ça c'est très important parce que la nouvelle génération qui s'empare qui s'empare d'un sujet qui est quelque chose qui se joue dans ce moment là oui qui se joue dans les nouvelles générations dans les nouvelles générations françaises et algériennes ou de ceux issus de l'immigration algérienne en france et qui veulent rentrer dans les zones d'ombré de cette histoire vous m'apprenez que vous aviez fait un livre sur ce sujet l'imaginaire des guerres aussi à travers le cinéma par la découverte ont rejoint cela aussi un lucas belvaux l'importance du cinéma / sur ce récit à apaiser peut-être à construire aujourd'hui partagée se nourrir ces imaginaires la wii faut il faut il il faut aussi donner l'occasion d'en parler ouvrir en une espèce de forum où on peut parler de façon apaisée gelé vu quand on a fait les avant-premières un peu partout en france avec le film où les gens des spectateurs beaucoup viennent parce qu'ils ont été directement concernée par le par le sujet et tout à coup ils ont envie de parler après mais ils n'ont pas envie d'en parler de façon violente agressive je me souviens d'un débat orléans notamment où il y avait la fille d'un ancien combattant du fln et d'anciens combattants de l'armée française et des pieds-noirs et tout le monde pouvait discuter sans que ça que ça s'insulte et c'était un moment très très émouvant et il ya très souvent à la fin des débats aussi ou à l'intérieur des débats mais souvent après des récits spontanée les gens viennent me voir lille vous savez votre film c'est mon histoire j'ai vécu ça je l' ai vu et il ya quelque chose de très libérateur aussi je pense pour les gens de pouvoir de pouvoir en parler et pour les enfants ou les petits enfants pratiquement à chaque débat j'entends vous savez mon père mon oncle ils n'ont jamais parlé ils l'ont fait ils n'ont jamais rien 10 en ont souffert et avec ce film je comprends un peu pourquoi ils n'ont rien dit et maintenant ils sont plus là pour en parler mais il ya une transmission qui se fait alors elle se fait trappe à travers le cinéma en l'occurrence les geordies alerté livres ou de benjamin ou de raphaëlle branche pour parce que vous aurez il ya des récits vous vous retrouverez quelques jours ne peut savoir de film sortira en algérie je ne m'étendrai pas pour le moment là pour la môme ou sous le manteau peut-être merci benjamin stora d'avoir été avec nous aujourd'hui pour cette grande table autour dé mémoire de la guerre d'algérie merci lucas belvaux votre film des hommes sort en salles ce mercredi en france votre livre jamas tu auras france algérie les patients douloureuse vient de paraître chez albin michel

France-Algérie : les mémoires douloureuses — Emmanuel Macron · Pourquijevote