Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingyoutube.com· 20 septembre 2022 31 minFond programmatiqueInstitutions & électionsTravail & emploiTransportsÉconomie & entreprises

18ème Congrès de Régions de France à Vichy - Discours de la présidente Carole Delga - 16/09/2022

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 11:58Chiffre
    « nous sommes dix fois inférieurs à la Suisse. »
  • 14:25Chiffre
    « A eux seuls, ces péages représentent un milliard d'euros. »
  • 19:17Fait
    « La loi NOTRe l'a renforcée. »
  • 20:49Chiffre
    « ils sont financés aux deux tiers par les régions. »
  • 20:52Chiffre
    « En Allemagne, c'est deux tiers par l'Etat. »
  • 24:12Chiffre
    « mais aussi portent 70% de l'investissement public. »
  • 24:38Chiffre
    « 21% nous avons augmenté nos investissements. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Madame la Première Ministre, chère Élisabeth, Madame la Ministre de la Ruralité, chère Dominique, Monsieur le Président du Sénat, cher Gérard Larcher, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Monsieur le Président des Césaires de France, dont l'Assemblée fête cette année ses 50 ans, cher Éric, Monsieur le Maire de Vichy, cher Frédéric Aguilera, merci pour votre accueil, pour votre remarquable accueil.

Monsieur le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, cher Laurent, Mesdames et Messieurs, chers collègues, Mesdames et Messieurs, chers partenaires, nous sommes Renaud Muselier, Président délégué et moi-même, très heureux de l'initiative de Laurent Wauquiez d'avoir organisé ce congrès ici, dans cette magnifique ville de Vichy. Nous en sommes heureux parce que cela démontre l'attention que les régions portent à tous les territoires, à toutes les villes, villages de leur territoire.

Je note ici que cette ville de Vichy a été précurseur en termes d'écologie urbaine, puisque dès 1857, elle a engagé un grand plan de déménagement de promenades ombragées, dont le Parc des Sources, qui accueille notre congrès. C'est donc depuis cette ville, Madame la Première Ministre, que je m'adresse à vous pour vous tendre la main au nom de l'ensemble des 22 présidentes et présidents de région et vous dire notre volonté collective d'être pleinement engagé dans l'équipe France, dans le PAC France. En 2022, il y a eu la réélection de M. le Président de la République, la nomination d'un nouveau gouvernement, dont vous avez la responsabilité, et qui dispose donc de cinq ans pour agir.

Du côté des régions, les exécutifs issus des élections de 2021 sont installés jusqu'en 2028, comme a le rappelé Renaud Muselier. Une nouvelle relation, Etat-région, peut donc s'inscrire dans la durée, sans concurrence politique stérile, et avec la nouvelle configuration du Parlement, qui est révélatrice. Nous devons croire, nous voulons croire, que cette nouvelle relation pourra s'inscrire dans une nouvelle forme de gouvernance, plus partagée, plus partenariale, plus respectueuse, à l'écoute des besoins de nos concitoyens. Objectivement, les premiers signes sont encourageants.

Vous avez souhaité, Mme la Première Ministre, recevoir l'ensemble des présidents de région, à Matignon, le 20 juillet dernier, et ouvrir quatre chantiers sur lesquels je vais revenir. Le Président de la République, pour la toute première fois, a reçu Territoires unis à l'Elysée, et je remercie David Lysnard et François Sauvédey d'avoir été présents. Nous avons été reçus il y a dix jours, et il a proposé de nous recevoir deux fois par an pour des séances de travail. M. le ministre, Christophe Béchut multiplie les échanges avec les associations d'élus pour préparer le projet de loi de finances.

Saurions-nous enfin entrer dans la République de la confiance que nous appelions de nos voeux pour notre livre blanc des régions ? Nous l'espérons toutes et tous, car nous sommes convaincus que face à la complexité du monde, et tout particulièrement par rapport à la situation géopolitique, qui a été très cruellement, très douloureusement rappelée par M. l'Ambassadeur d'Ukraine, face à la dureté des crises qui touchent nos concitoyens, crise climatique, crise sociale, il n'y a pas de réponse unilatérale qui vaille. La coopération entre les différents niveaux de gouvernance publique est plus que jamais essentielle, et la confiance est à la base de cette coopération.

La confiance, c'est d'abord et avant tout le respect de la démocratie. Tous les élus détiennent un mandat d'égale valeur, le mandat des uns ne peut donc pas être écrasé par le mandat des autres, sinon nos concitoyens ne s'y retrouvent plus. C'est à nous, responsables publics, locaux ou nationaux, de trouver les chemins qui nous amèneront à l'intérêt général que nous souhaitons, pour la réussite de notre pays, la France. Une bonne manière de trouver ce chemin, c'est de respecter le bon vieux principe de subsidiarité. Pourquoi faire d'en haut ce qui peut être mieux fait au plus près du terrain et de ces réalités vécues tous les jours par nos concitoyens ?

Et avant même de modifier la Constitution ou d'écrire des lois, la pratique de l'action publique, si elle respecte ces principes simples, respect des mandats et de la subsidiarité, elle peut à ce moment-là fondamentalement déjà changer notre pays et renouveler la démocratie. Voilà quelles sont nos convictions, Madame la Première Ministre. Nous sommes au début d'une nouvelle ère où le Parlement a retrouvé un rôle clé et où les élus locaux doivent à présent être considérés comme des acteurs à part entière. Nous sommes prêts.

Les régions où nous sommes dans l'équipe France, comme les communes, les intercommunalités, les départements, comme l'ensemble des forces vives du territoire, et nous pouvons commencer tout de suite à jouer. Quels sont les enjeux ? Lors de notre réunion de juillet à Matignon, nous avons ouvert quatre chantiers. Nous avons vraiment ensemble défini ces quatre chantiers. Celui de l'emploi, des métiers, des compétences, celui des mobilités, celui de la transition environnementale et climatique, celui bien sûr de la souveraineté économique, industrielle, sanitaire, alimentaire, souveraineté des savoirs. Le premier chantier, c'est donc celui de l'emploi, des métiers et des compétences.

Oui, parce que nous sommes convaincus que le travail élève. Le travail, c'est fondamental. Le travail, il est émancipateur. Et nous savons la difficulté dans laquelle se trouvent nos concitoyens lors de périodes de chômage. Le gouvernement a lancé deux grandes réformes. La réforme du lycée professionnel annoncée par M. le Président de la République et la réforme intitulée France Travail. Nous partageons un certain nombre de constats sur le marché du travail, la nature des métiers, les aspirations de nos concitoyens au travail, à sa forme, avec une prise en compte plus globale de sens, de cadre, d'avoir un projet d'équipe, d'avoir un sens dans l'action du travail.

Et bien entendu, nous devons nous adapter à cette aspiration sociétale à l'issue de ces confinements. C'est pourquoi nous en avons fait un axe majeur dans notre livre blanc. Si on met de côté la question de l'assurance chômage, qui relève d'un dialogue national entre le gouvernement et les partenaires sociaux, on peut dire que la question se résume en deux mots. L'accès aux métiers, d'une part, la capacité des entreprises à recruter les personnes dotées des compétences dont elles ont besoin d'autre part. Nous soutenons donc cette volonté de réforme. Mais nous avons déjà commencé à y travailler, comme en témoigne l'étude qui a été présentée ce matin par François Bonneau.

Pourtant, j'entends ici et là les ministres en charge, voire le président lui-même, évoquer ce chantier sans citer les régions. Ou alors, comme un maillon parmi d'autres, d'une chaîne qui, in fine, devrait rester pilotée par l'État. Or, nos collectivités ont un rôle central à jouer. Et je dirais même plus, sans nous, vous ne pouvez y arriver. Les régions ont la responsabilité des lycées. Première étape de l'accès d'un jeune au monde professionnel. Et nous devons, au moment de l'orientation scolaire, et même dès la fin du collège, faire en sorte que nous puissions créer ce lien entre le monde professionnel et, bien entendu, ces jeunes.

Elles s'occupent, les régions, depuis 82 de formation professionnelle. Elles accompagnent les entreprises sur le terrain. Et qui mieux qu'elles, peuvent prendre la responsabilité de piloter le service public de l'emploi, de relier les différents acteurs et d'adapter l'offre de compétences sur chaque bassin d'emploi en lien avec les partenaires sociaux.

Monsieur le président du Sénat l'a rappelé, la question de l'adaptation, c'est au service d'un objectif commun, mais c'est en prenant en compte les réalités différentes d'un bassin d'emploi, qui peuvent être différentes au sein d'un même département, encore plus au sein d'une région, que nous pouvons réussir à cet objectif du plein emploi et d'un travail justement rémunéré et d'un travail qui permet l'épanouissement. C'est donc une responsabilité politique majeure qui ne peut être confiée à un établissement public comme Pôle emploi, qui n'est qu'une autorité administrative, et ce, quelle que soit la qualité des personnes qui y travaillent, avec un grand dévouement.

Il faut donc commencer à remettre en cause quelques tabous, et j'en vois trois principaux. Faut-il continuer à rebours de nos voisins européens, à piloter du même lieu l'assurance chômage, qui relève d'une logique de solidarité nationale, et l'accompagnement individuel des demandeurs d'emploi, qui est par nature très territorialisé.

Je n'appelle certainement pas au démantèlement de Pôle emploi, mais à minima, est-ce qu'on sépare bien le pilotage de ces deux missions, pour ramener, et vous le savez, Madame la Première Ministre, parce que vous avez beaucoup travaillé en tant que ministre sur ces sujets, nous devons adapter fortement l'accompagnement des demandeurs d'emploi vers le retour à l'emploi, et cela demande de la souplesse, de la réactivité, de l'adaptation. Faut-il continuer à considérer que les établissements scolaires sont des lieux qui doivent protéger les élèves du monde extérieur ?

Nous avons le plus grand mal, aujourd'hui, à mettre en œuvre notre compétence sur l'orientation, car la plupart du temps, les entreprises sont personnelles en grata, dans les lycées, je ne parle même pas des collèges. Le Président de la République appelle à renforcer encore l'information et la découverte des métiers. Dès la cinquième, a-t-il dit, à la Sorbonne. Mais comment faire si ceux qui connaissent les métiers, les chefs d'entreprise et les salariés, ne peuvent pas venir simplement en parler et faire partager la réalité des métiers ? Monsieur le Président de la République veut aussi renouer le lycée professionnel. Il en a bien besoin.

Commençons donc déjà par l'ouvrir plus directement sur son environnement. Et surtout, arrêtons la concurrence malsaine qui existe en matière de formation professionnelle initiale, entre l'apprentissage et le lycée. Il faut accepter de revenir à un minimum de régulation, sinon les lycées professionnels seront phagocytés. Et des initiatives, comme dans la région Bourgogne-Franche-Comté ou dans la région Pays de la Loire, eh bien, ces initiatives, elles doivent être développées pour permettre, en effet, aux lycées professionnels de pleinement s'épanouir.

Réussir ce chantier, c'est donc un enjeu fondamental pour l'avenir de notre pays, au plan économique, évidemment, mais aussi pour chacun de nos concitoyens pour trouver sa place dans le monde du travail et tout simplement au sein de la République. Le deuxième chantier est celui des mobilités. Jean Rodner, il travaille ardemment au sein de la région de France et nous sommes au bord de l'implosion, vous le savez. Avec 45 euros par habitant et par an investi sur son réseau, la France fait trois fois moins bien que l'Allemagne ou la Grande-Bretagne et je ne parle même pas de la Suisse, nous sommes dix fois inférieurs à la Suisse.

Quand la France prévoit de mettre 2,8 milliards d'euros par an sur dix ans, l'Allemagne propose 9 milliards, l'Italie 10, et Jean-Pierre Farandou lui-même chiffre à 100 milliards les besoins à 15 ans. Nous devons avoir un plan d'investissement massif dans les infrastructures ferroviaires. Il en va de la souveraineté de notre pays, de la souveraineté, bien sûr, par rapport au changement climatique, de la souveraineté par rapport à la compétitivité économique de nos entreprises, de la souveraineté également pour relier nos populations.

Et cet investissement n'est pas une dette stérile, cet investissement est générateur de richesses et bien entendu de PIB, mais aussi de bien-être pour nos populations. On est donc aujourd'hui, pour l'instant, je dirais, très loin du compte, et la conséquence, c'est que l'état du réseau ne permet plus de faire rouler des trains dans de bonnes conditions ni de rouvrir des lignes. Nous avons partagé ce constat avec l'ensemble des présidentes et des présidents de région, et si nous n'agissons pas dans les cinq prochaines années dans un volume financier largement décuplé, cela veut dire que d'ici cinq ans, c'est près de la moitié des lignes ferroviaires qui ne pourront plus fonctionner.

C'est cela la réalité. Nous devons savoir anticiper. Et je ne m'éconnais pas, bien sûr, la situation budgétaire de notre pays, mais nous devons porter cet investissement au niveau européen, lancer un grand plan d'investissement européen sur les infrastructures de transport, et la France doit être fer de lance sur ce sujet. C'est absolument indispensable parce que c'est un investissement, je le rappelle, générateur de richesse. Et la richesse, c'est bien sûr le produit intérieur de l'hôte, mais c'est aussi la lutte contre le réchauffement climatique, et c'est tout simplement que les populations ne se sentent pas oubliées.

Alors, nous devons, bien sûr, avancer parce que nous avons cette question qui est prégnante, et nous devons également revoir le modèle économique du financement, parce qu'aujourd'hui, SNCF Réseau pratique des péages parmi les plus élevés d'Europe, qui constituent un véritable frein à l'offre de services. A eux seuls, ces péages représentent un milliard d'euros. Et il faut croire dans son pays, il faut croire dans la nécessité de relier gens, comme le font les présidents de région, pour développer l'offre de services sur les lignes ferroviaires, parce que plus nous mettons de train, et plus nos péages augmentent.

Et c'est là, ça veut dire que nous agissons pour la France, dans l'équipe France. Et donc, c'est tout cela qu'il faut mettre en oeuvre. Nous devons donc également, avec ce choc de l'offre, un effort majeur, donc, sur ces infrastructures. Nous devons aussi avoir une action très forte sur une politique tarifaire attractive. L'Allemagne l'a fait. L'Allemagne l'a fait, les résultats sont puissants. Trafic en hausse, réduction de la circulation automobile, des millions de tonnes de CO2 en moins, et une atténuation des effets de l'inflation pour nos concitoyens dans leur trajet du quotidien. Depuis le 1er septembre, l'Espagne le fait, dans un rayon environ de 40 km autour des grandes villes.

Nous devons travailler sur cette question des transports en commun sur les territoires denses. Et vous en rappelez, Madame la Première Ministre, c'est la proposition des régions sur l'agence des mobilités sur les bassins de vie urbains. Nous avons besoin d'avoir une meilleure complémentarité. Nous avons besoin d'avoir un financement partagé parce qu'aujourd'hui, le versement mobilité de nos entreprises ne bénéficie en termes clairs pour le service des transports en commun qu'au maximum à deux tiers de leurs salariés. C'est une question de justice fiscale, c'est une question de réchauffement climatique. Le 3e chantier, c'est bien sûr celui de la transition environnementale et climatique.

La facture énergétique de nos concitoyens sera impactée au-delà du conflit en Ukraine. Vous avez annoncé hier des mesures, mais tout cela n'a fait que révéler notre fragilité, notre dépendance aux énergies fossiles. Les régions peuvent là aussi travailler de façon forte avec le gouvernement pour lutter contre la précarité énergétique. Elles peuvent le faire dans le cadre d'une programmation pluriannuelle de l'énergie. Et nous attendons beaucoup du rôle des comités régionaux de l'énergie. Ces instances doivent permettre, dans le respect des attentes des élus, de faire des choix acceptables sur notre mix énergétique et l'implantation des projets d'énergie renouvelable.

Elles peuvent le faire dans le cadre du soutien au redémarrage d'une filière nucléaire qui a été en grande partie vidée de ses compétences. Elles peuvent le faire en faisant la promotion des métiers qui font aujourd'hui défaut au secteur des énergies. Et je pense en particulier aux soudeurs. Elles peuvent le faire aussi en soutenant d'autres projets d'énergie renouvelable à travers la méthanisation, à travers l'éolien flottant ou l'hydroélectricité. Les régions ont aussi une responsabilité, et je déplore aujourd'hui beaucoup trop flou, dans l'accompagnement des ménages pour la rénovation énergétique de leurs maisons ou de leurs appartements.

C'est une évidence, les enjeux en matière de rénovation énergétique, en matière de consommation d'énergie, ne sont pas les mêmes en Hauts-de-France, en Grand-Est, en Nouvelle-Aquitaine ou en Corse. Les bâtiments aussi ont leur territoire. Laissez-nous gérer le dispositif MAPRIVE-Rénov'. Laissez-nous la responsabilité de faire en sorte que chacun de nos concitoyens puisse avoir accès à un service public d'accompagnement simple et efficace. Et dans ce cadre, nous pourrons former des professionnels et structurer une véritable filière.

Laissez-nous développer des mécanismes financiers d'avance ou de garantie, parce que les subventions existent, bien entendu, de l'Etat, nos collectivités locales les complètent, mais pour les ménages les plus modestes, faire même l'avance des travaux n'est pas supportable. Et donc, nous devons également travailler sur ces dispositifs d'avance. Les régions peuvent le faire. Et pour certaines, elles le font déjà. Enfin, nous pouvons conquérir à la sobriété énergétique sans miser sur la décroissance. Nous pouvons le faire par l'éducation et la sensibilisation sur les gestes du quotidien.

Nous pouvons le faire avec nos agriculteurs, en faisant évoluer le modèle alimentaire, en sachant reconnaître les efforts extraordinaires qu'ils ont fait ces dernières années, et où nous allons continuer à les accompagner de façon forte. Nous pouvons le faire aussi en coordonnant le déploiement homogène du réseau des bornes de recharge pour véhicules électriques. Et cela, ce ne sont que quelques exemples. Oui, nous voulons une croissance, une croissance en conscience et une croissance qui puisse irriguer l'ensemble des territoires. Et puis, notre quatrième chantier, c'est celui de l'économie. C'est une compétence historique, de nos régions. La loi NOTRe l'a renforcée.

Nos équipes se sont professionnalisées. Avec la réorganisation des services des concentrés de l'État, ce sont nos équipes qui ont pris le relais pour l'accompagnement des entreprises sur le terrain. Nous investissons dans la recherche et l'innovation. Nous faisons du capital risque. Nous renforçons les fonds propres. Nous pouvons même être actionnaires de certaines entreprises, tout particulièrement dans le secteur des énergies renouvelables, où un actionnaire public, patient, qui est la région, eh bien, il permet de stabiliser le modèle économique.

Et nous voulons également faire cet accompagnement au plus près du terrain, sur mesure, parce que les régions, nous sommes aussi bien capables d'accompagner l'entrepreneur du bâtiment avec trois salariés, que le boucher charcutier qui veut renouveler son camion ambulant, que la grande entreprise qui a besoin juste d'être aidée pour de la recherche et de l'innovation, pour être performantes, toujours au niveau international.

Nous y travaillons en bonne intelligence, avec l'ensemble des partenaires, parce que, oui, nous savons faire PAC, parce que nous avons un réseau des développeurs que les régions savent animer, avec, bien sûr, les intercommunalités, avec les consulaires, avec les filières professionnelles. Aujourd'hui, ce sont les régions qui sont les interlocuteurs des chefs d'entreprise. Ce sont elles qui connaissent et ce sont elles qui savent créer les écosystèmes. Nous citons souvent l'hydrogène, parce que nous, présidents de région, nous avons été à l'origine des trains à hydrogène. Nous sommes battus. Les trains à hydrogène, en France, ils sont financés aux deux tiers par les régions.

En Allemagne, c'est deux tiers par l'Etat. Nous sommes convaincus que la filière hydrogène, c'est une filière forte. Nous l'avons créée en finançant des centres de recherche, en travaillant sur la production de l'hydrogène vert à travers l'éolien flottant, à travers également la méthanisation. Mais nous avons aussi travaillé sur le réseau de distribution dans le cadre d'appels à projets européens. Et puis, bien sûr, les usages, les usages sur la mobilité, mais également sur l'énergie et sur l'industrie. Nous devons continuer à agir fortement, à permettre la liberté d'action.

Et c'est ainsi que la France sera dotée de filières d'avenir pour une économie décarbonée et permettra également une meilleure structuration pour les entreprises de taille intermédiaire, qui sont un frein à la croissance en France. Nous avons besoin de plus d'entreprises de taille intermédiaire et nous avons besoin d'encourager les petites et moyennes entreprises pleines de promesses. Faisons donc en sorte que notre pays soit vivifié, soit confiant dans l'avenir, avec un pilotage offensif à l'échelle de chaque région dans le cadre d'une relation de confiance, bien sûr, avec les préfets, comme nous avons pu le faire pendant le Covid.

Madame la Première Ministre, voilà quatre des nombreux chantiers qui sont devant nous. Vous le voyez, nous sommes volontaristes, nous sommes audacieux, nous sommes engagés. Mais nous sommes aussi dans un contexte compliqué avec des moyens publics qui ne sont pas illimités. C'est pourquoi nous devons, sur ce quinquennat-là, avoir une stabilité de nos recettes et non plus une diminution de nos dotations comme nous l'avons eue. Et nous devons avoir des boucliers concernant les augmentations exceptionnelles des coûts de l'énergie.

Je tiens à rappeler que sur le quinquennat précédent, la baisse des dotations, la suppression de la compensation du transfert de la compétence économique des départements a représenté près de 800 millions d'euros annuels de manque à gagner. On ne peut pas demander plus à ceux à qui on a donné moins. Madame la Première Ministre, le 20 juillet à Matignon, vous nous avez assuré que le cadre des recettes de TVA affectées aux régions était sécurisé. Nous vous en remercions. Et nous espérons que le projet de loi de finances qui va être proposé au Parlement traduira cet engagement. Nous espérons qu'il le fera sans ajouter une norme de dépense comme le furent les contrats de Cahors.

Je l'ai indiqué à M. le ministre Attal, nous sommes volontaires, nous sommes des bonnes gestionnaires. Laurent Wauquiez le rappelait. C'est un excédent des collectivités locales de plus de 4,7 milliards d'euros. Nous sommes des bonnes gestionnaires, mais nous ne sommes pas sous tutelle. Et nous n'avons pas à subir une tutelle pour encadrer nos dépenses. Nous devons être en responsabilité devant nos concitoyens. Cela est essentiel. La confiance, c'est aussi respecter cette liberté de savoir gérer. Rappelez aussi que les collectivités locales dégagent des excédents, font en sorte que nous ayons une bonne gestion, mais aussi portent 70% de l'investissement public.

Alors, nous voulons bien sûr nous engager dans la transition, continuer un fort investissement. Sur les deux dernières années, les régions ont augmenté leur budget en investissement de 21% parce que nous avons été partenaires sur les plans de relance de l'Etat, parce que nous étions conscients que de par cette crise qui était exceptionnelle, qui était inattendue, il fallait tous se mobiliser. 21% nous avons augmenté nos investissements. C'est significatif. Nous voulons continuer parce que nous partageons, bien entendu, vos priorités sur la lutte contre le réchauffement climatique. Mais cela est possible si nous avons des recettes et si nous avons une visibilité sur plusieurs années.

C'est absolument indispensable. Nous devons aussi retravailler sur nos impôts qui reposent sur l'automobile parce qu'ils ont vocation à diminuer de façon de plus en plus forte d'année en année. Ils ont travaillé sur cette imposition sur l'automobile et la taxation des carburants. Et c'est vrai aussi que nous avons un impact fort sur nos dépenses d'énergie et aussi sur nos dépenses transports. En 2023, c'est plus d'un milliard d'euros de dépenses supplémentaires. Et sur 2023, la dynamique de TVA certainement ne pourra pas suffire. Et vous savez, les déclarations que nous avons échangées hier soir de M. le Président de la SNCF sur la répercussion sur les régions. Mais nous allons y travailler.

Nous avons besoin d'avoir une compensation exceptionnelle. Et bien sûr, nous nous engagerons dans cette question du travail fondamental sur les compétences, sur la lutte contre le changement climatique et bien entendu, sur la création d'emplois. Nous avons souhaité également, avec mes collègues David Lysnard et François Sauvadet, indiquer à M. le Président de la République que nous devons avoir une nouvelle ère de décentralisation. Ce n'est pas l'urgence pour l'année prochaine. Nous connaissons vos urgences, Mme la Première ministre. Et elles sont nombreuses. Mais commençons à y travailler.

Commençons à y travailler pour aller sur une nouvelle ère de la décentralisation où les missions qui sont confiées aux collectivités locales soient complètes. Elles soient complètes, elles ne soient pas partielles pour arranger les susceptibilités des uns et des autres. L'heure aujourd'hui, à la France, elle est de l'élever. Elle est d'avoir de la hauteur. Et cela n'est possible que quand on considère l'intérêt général. Et l'intérêt général, c'est d'avoir des missions qui sont abouties, données aux collectivités locales, d'avoir en effet aussi un pouvoir réglementaire. C'est vraiment fort. Nous avons besoin de cette République de la confiance.

Et desserrer les taux de la verticalité, c'est faire respirer la démocratie. Nous devons avoir une véritable autonomie d'action des collectivités locales. Et je voudrais faire un éclairage particulier sur l'attachement que nous avons à la République une et indivisible, bien entendu. Mais nous avons besoin d'une autonomie d'action des collectivités locales. Parce que nous devons trouver un espace particulier pour nos amis corses, qui revendiquent, et c'est légitime, une autonomie de plein droit et de plein exercice dans la République. La Corse, c'est une île marquée par une histoire et une culture spécifiques, que je connais fort bien.

Et nous devons aussi trouver une place pour les régions et les collectivités d'outre-mer, si différentes les unes d'hies autres, mais qui portent haut les couleurs de la France. L'écrivain Patrick Chauamoiseau le disait si bien dans un texte qui l'a écrit dans Le Monde il y a quelques jours, qui relayait l'appel de Fort de France. Il affirmait que c'est l'occasion pour la France d'assainir son rapport à ses terres lointaines et de réoxygéner les fondements de sa présence au monde en tant que grande nation. Oui, en effet, il faut étendre l'imaginaire politique par la responsabilisation de ces territoires d'outre-mer et non pas par le simple concept de responsabilité.

Parce que nous devons prendre en compte la situation sociale extrêmement tendue. Nous devons prendre en compte la richesse de ces territoires. Et dans ce peuple, nous devons lui donner la fierté parce que la France, c'est reconnaître les talents et la France, c'est aider aussi dans les difficultés. Alors oui, bien entendu, c'est un exemple sur la Guadeloupe, cher Harry, où nous devons retravailler complètement sur l'organisation du système de l'eau parce que cette ressource première, elle doit être partagée. Et nous devons avoir une organisation efficace et là aussi, une action de l'État moyen budgétaire largement augmentée.

Nous devons rappeler que ces territoires, ils sont fondamentaux aussi pour notre souveraineté. La France, c'est la deuxième puissance maritime au monde. Et donc, ces territoires d'outre-mer, au-delà de la mer, mais qui en fait renforcent notre horizon et renforcent notre champ des possibles, doivent être pleinement reconnus parce que c'est une vraie richesse pour notre pays. Alors nous devons agir et nous devons être aussi dans la clarification et dans la spécialisation qui en sera la conséquence. Nos coopérations seront plus efficaces. Et puis, bien entendu, c'est la question que quand on est élu, on doit pouvoir répondre en responsabilité du niveau de prélèvement auprès de nos concitoyens.

Il est très étonnant que les régions aient des actions majeures, déterminantes pour l'activité économique, pour les mobilités et que nos ressources ne soient nullement corrélées à la dynamique économique ni à la question des mobilités. Alors c'est cela que nous voulons partager et bien sûr, vous parlez de confiance, Madame la Première Ministre. C'est ce pilier fondamental pour pouvoir rebâtir notre République, notre République à laquelle nous sommes fondamentalement, passionnément attachés. Confiance pour nos concitoyens, confiance aussi pour être dans l'action et dans l'action du progrès partagé.

Parce que oui, nous sommes convaincus que le progrès, c'est une des solutions, c'est une solution majeure et que ce progrès, il doit être partagé pour toutes et pour tous. Alors, Madame la Première Ministre, progressons ensemble pour l'intérêt général de la France, pour l'amour de notre pays, pour que la France soit belle, rayonnante et grande. Merci d'avoir regardé cette vidéo !