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InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 10 avril 2026 6 minComplaisantActualité / polémiqueJusticeSécurité

L'invité d'Apolline Matin : Pierre Bazin - 10/04

Au micro : Apolline MatinSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Je voudrais que vous nous en fassiez le récit Pierre.

  • 4:24OuverteRéponse directe

    Encore une question sur l'enquête.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13Invité politiqueFait
    « Ce procès c'est celui de deux chefs présumés de la DZ Mafia jugés pour un double meurtre qui date de 2019. »
  • 0:19Invité politiqueFait
    « C'est la première fois que ces narcotrafiquants étaient jugés. »
  • 2:42PrésentateurFait
    « La Cour n'a encore jamais posé une seule question sur le fond de l'affaire à un seul des accusés. »

Temps de parole

  • Présentateur73 %
  • Invité politique27 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité politique

Vous écoutez RMC. Excellent réveil à tous, il est 7h43 et vous êtes bien sur RMC. On va parler de ce procès, ce procès présenté comme exemplaire et qui vire au fiasco. Ce procès c'est celui de deux chefs présumés de la DZ Mafia jugés pour un double meurtre qui date de 2019. C'est la première fois que ces narcotrafiquants étaient jugés. Bonjour Pierre Bazin.

0:24
Présentateur

Bonjour Apolline.

0:25
Invité politique

C'est vous qui suivez les débats depuis le premier jour à Aix-en-Provence pour RMC. Un procès complètement décousu qui a pris beaucoup de retard. Nouvel exemple hier en fin de journée avec de nouvelles tensions. Je voudrais que vous nous en fassiez le récit Pierre.

0:39
Présentateur

Oui pour contextualiser un peu, en fait on a commencé à parler hier du fond du dossier. Seulement 1h30 avant la fin de la journée vers 18h à peu près avec l'audition d'une témoin importante. Mais d'un coup on a senti de la tension, de la tension entre la sœur de l'une des victimes qui était assise sur le banc des partis civils. Et face à elle, certains accusés. On a aperçu des duels de regards assez noirs. Et puis les premières affectives ont commencé à fuser entre Amin Wallan notamment, l'un des accusés, qui s'emporte et qui s'adresse à la jeune femme en lui disant arrête de parler, toi là-bas. L'autre se lève et lui dit je te parle si je veux. Et puis la tension monte d'un coup.

Les avocats tentent de temporiser, mais quelques minutes après il y a tout qui s'enflamme. Les insultes traversent la salle du box des accusés jusqu'au banc des partis civils. Certains avocats dénoncent des insultes racistes qui visent des accusés. Il y a vraiment tout qui s'enflamme. La tension elle est extrême à Pauline à ce moment-là. Tout le monde veut s'interposer. Des cris traversent toute la salle. Les accusés ne se contiennent plus. Il y a vraiment tout qui explose. On sent qu'à ce moment-là c'est absolument plus tenable. Et puis on voit sur le visage des policiers qui assurent l'ordre dans la salle qu'il y a quelque chose qui bascule. Ils ont l'air pas vraiment rassurés.

Alors on est évacués très vite en urgence. Le procès vient d'atteindre un niveau de tension absolument extrême, de violence, même qu'on n'avait jamais connu jusque-là. Et pourtant, à Pauline, depuis trois semaines, on a vu beaucoup de choses assez inédites.

2:06
Invité politique

C'est incroyable. Tout ça se passe quand même, il faut l'imaginer, dans la salle du tribunal. Et c'est dans cette salle du tribunal qu'au fond, la justice est si difficile à rendre. Vous le disiez, on a vu beaucoup de choses pourtant depuis le début de ce procès. Pierre, c'est un procès hors normes, par le profil des accusés évidemment, par le dispositif de sécurité également. Mais ce qu'on retient, c'est effectivement ce déroulement. Il manque des étapes clés. Et on a jusqu'à maintenant quasiment jamais entendu les accusés. Ou alors on a entendu, comme vous disiez, leurs cris, leurs menaces, mais pas forcément sur le fond.

2:42
Présentateur

Oui, oui, figurez-vous que depuis trois semaines, la Cour n'a encore jamais posé une seule question sur le fond de l'affaire à un seul des accusés. C'est-à-dire que le verdict normalement prévu demain, et pour l'instant, on a permis jusque-là à l'un des accusés de ne jamais s'exprimer ni sur le fond, ni de permettre de se défendre, ni de répondre à des points précis de l'enquête. L'un d'eux s'agace assez régulièrement d'ailleurs. Il rappelle à la présidente, nous, on joue notre vie ici. Et puis, il a l'habitude de lever le doigt comme un écolier à l'école pour essayer de prendre la parole. Mais jamais, jamais, ou presque, on la leur donne, en tout cas sur le fond.

Et il faut bien comprendre que ce procès, il est mal parti depuis le début. La présidente de la Cour, qui dirige les débats, a montré très rapidement des difficultés à les tenir, ces débats à s'exprimer. Elle a montré parfois qu'elle maîtrisait mal le dossier. Elle a eu des problèmes d'autorité aussi. Elle a fait des choix assez incompréhensibles. Et puis, alors que le temps est très restreint, on a compris que l'organisation était assez chaotique parce que normalement, aux assises, on doit raconter une histoire assez claire pour se forger un avis. Et bien là, c'est absolument décousu. On entend un bout d'experts par-ci, un bout d'experts par-là, un témoin ici, un témoin par-là.

Bref, tout est décousu. C'est à ne plus rien y comprendre. L'un des avocats des accusés disait assez justement que ce n'est pas parce qu'on a la possibilité de faire appel que le procès, en première instance, doit être un brouillon. Là, on a vraiment le sentiment que c'est un brouillon. Et au final, on oublie presque que la Cour est réunie pour évoquer ce double homicide qui date de 2019 dans un hôtel Formule 1 sur fond de trafic de stupéfiants tellement on ne parle absolument plus du fond de l'affaire.

4:24
Invité politique

Pierre Bazin, encore une question sur l'enquête. Parce que l'enquête sur laquelle repose l'accusation, elle aussi, elle a montré des faiblesses.

4:33
Présentateur

Oui, parce qu'on a senti qu'il y avait des témoignages qui étaient présentés comme des témoignages importants qui venaient de basculer. Il y a des questions, des points majeurs qui ont été pointés par les accusés, les avocats des accusés qui ont fait mouche à l'audience. On a même vu l'enquêtrice, vous savez, l'enquêtrice qui s'est enfuie du procès pendant son audition, qui après a dû revenir. Ça aussi, c'était assez inédit. On a vu cette enquêtrice quasiment admettre que pour l'un des accusés, l'un des principaux accusés, les charges ne tenaient plus. Alors, on s'est posé la question de savoir si l'enquête avait été bien faite ou si c'est le contexte de ce procès qui rend tout ça compliqué.

En tout cas, il faut dire que ce procès-là, qui était censé être une vitrine, en tout cas, c'était comme ça qu'il était présenté, notamment par le ministère de la Justice. Eh bien, ce procès, il l'a viré au chaos et c'est à ne plus rien y comprendre.

5:25
Invité politique

Merci beaucoup, Pierre Bazin, pour ce récit détaillé. Vous êtes le journaliste police-justice d'RMC qui suit ce procès depuis le premier jour. Verdict normalement, normalement, attendu demain.