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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 10 avril 2020 22 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Chloroquine : Macron chez le Pr Raoult - C à Vous - 10/04/2020

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui est reproché aux études de Raoult ?

  • 1:37RelanceRéponse directe

    En quoi ça pose problème, cette absence de groupes de contrôle ?

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Pourquoi une telle prudence du fabricant Sanofi sur l'hydroxychloroquine ?

  • 4:13OuverteRéponse directe

    Un mot sur cette chloroquine et son utilisation qui fait polémique depuis des semaines.

  • 4:33OuverteRéponse directe

    Vous-même, vous avez été touché par le Covid-19. Vous y avez pensé à la chloroquine ?

  • 6:32OuverteRéponse directe

    Juste un mot sur cette visite présidentielle dans les services du professeur Raoult.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:31InvitéFait
    « On en a souvent parlé ici, mais en gros, c'est l'absence de groupes de contrôle de patients non traités. »
  • 2:19PrésentateurFait
    « Il ne compare pas, il ne veut pas dans cette dernière étude. »
  • 2:25PrésentateurChiffre
    « Et donc il affiche 91% de guérison sur ces patients traités à Marseille et 0,5% de mortalité. »
  • 2:33PrésentateurChiffre
    « C'est l'âge médian des patients dans l'étude et sans traitement. »
  • 3:15PrésentateurFait
    « Pas d'efficacité démontrée et trop d'effets secondaires. »
  • 3:23PrésentateurFait
    « Les CDC, l'Agence fédérale américaine de santé publique, vient de retirer l'hydroxychloroquine de ses recommandations. »
  • 3:37PrésentateurFait
    « Les preuves cliniques actuelles sont insuffisantes pour tirer une quelconque conclusion sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine. »
  • 3:52PrésentateurChiffre
    « Depuis la fin mars en France, 54 cas de troubles cardiaques, dont 4 mortels chez des malades ayant pris de l'hydroxychloroquine. »
  • 4:53InvitéFait
    « Il y a eu beaucoup de faux espoirs créés par ces essais, ou en tout cas les annonces faites par le professeur Raoult. »
  • 5:41InvitéFait
    « Ces règles, on ne peut pas les changer en cours de route. »
  • 11:51InvitéFait
    « Depuis que nous sommes dans la pandémie, il y a beaucoup de patients qui ne sont plus revenus à l'hôpital. »
  • 16:13InvitéChiffre
    « On considère en France que probablement 10% de la population a séroconverti. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Présentateur19 %
  • Invité 217 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Mais d'abord, Macron, 3 heures chez Raoult, résume à sa une ce matin le quotidien à la Provence. Une visite qui n'était pas inscrite à l'agenda officiel du président de la République, préparée dans le plus grand secret, et qui fait également les gros titres du Parisien ou ceux du Figaro. À son tour, Macron consulte Raoult, Macron qui n'écarte plus le traitement du professeur Raoult. Consultation ou consécration s'interroge d'autres observateurs. Est-ce un tournant ou pas pour ce traitement ?

0:25
Présentateur

En tout cas, c'est une visite vécue comme une revanche par les soutiens très nombreux du professeur Raoult. Une députée de la majorité dénonce ce matin dans le Parisien le résultat d'une guerre entre médecins aux égaux démesurés. Et à la une de la Provence, Franz-Olivier Gisbert fustige les prétendues élites parisiennes qui ont présenté Raoult comme un mirliflor marseillais, un diafoirus provençal, dans le même mouvement de haine des supporters du PSG contre les joueurs de l'OM.

0:51
Invité

Est-ce que c'est une querelle qui est donc très franco-française ?

0:54
Présentateur

Eh bien non. Les articles, les critiques les plus acerbes contre la méthode Raoult, on les trouve dans la presse anglo-saxonne et les blogs scientifiques du monde entier. Ainsi, il y a trois jours, dans le Guardian, le grand quotidien britannique, ce papier titré « Comment un traitement sans preuve est devenu le remède miracle de Donald Trump contre le virus ? » Pire encore, ce matin, à la une du site de Science, la plus prestigieuse revue scientifique américaine, très éloignée, vous en conviendrez, des querelles entre parisiens et marseillais. Le président français alimente-t-il le battage médiatique autour d'un traitement non prouvé ?

1:29
Invité

Qu'est-ce qui est reproché aux études de Raoult ? On en a souvent parlé ici, mais en gros, c'est l'absence de groupes de contrôle de patients non traités. En quoi ça pose problème, cette absence ?

1:38
Présentateur

Parce que la comparaison est un principe de base en recherche médicale. Je vais simplifier en prenant l'exemple de la poudre à laver. Si vous voulez tester l'efficacité de votre lessive, vous laisserez par exemple avec une chemise tachée. Si la tâche a disparu, vous serez contente du résultat. Vous direz « Bravo, ma lessive, ça marche », mais c'est peut-être aussi que la tâche était légère. Donc pour être sûr, il faudra essayer avec une autre lessive ou avec de l'eau claire. Et si la tâche disparaît à l'eau claire, vous en déduirez que votre lessive n'a pas du tout fait la preuve de son efficacité, même si la tâche a disparu dans tous les cas.

C'est exactement ce qui se passe avec les essais de Didier Raoult. Il ne compare pas, il ne veut pas dans cette dernière étude. Et donc il affiche 91% de guérison sur ces patients traités à Marseille et 0,5% de mortalité. Et c'est à peu de choses près les mêmes pourcentages qu'on retrouve dans les populations de personnes infectées au même âge, 43 ans. C'est l'âge médian des patients dans l'étude et sans traitement. Mais attention, autre précepte, l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence.

Voilà pourquoi les scientifiques en sont réduits à attendre les résultats en cours de la grande étude Discovery qui, elle, fait des comparaisons rigoureuses sur des cas graves, ce qui n'est d'ailleurs pas le cas de l'étude de Marseille, dont 95% des patients étaient jugés à faible risque de développer des complications.

2:56
Invité

En attendant ces résultats, l'hydroxychloroquine est administrée un peu partout dans le monde.

3:00
Présentateur

Oui, mais pas toujours avec succès. Les Chinois l'ont testé très tôt, à Ouad. Ils ont été les premiers. Voyez ce papier du Wall Street Journal hier. Résultat négatif. En Suède, les hôpitaux ont arrêté cette semaine d'en prescrire. Pas d'efficacité démontrée et trop d'effets secondaires. Aux États-Unis, les CDC, l'Agence fédérale américaine de santé publique, vient de retirer l'hydroxychloroquine de ses recommandations.

Et puis en France, ce matin, un troublant communiqué de Sanofi, le grand labo pharmaceutique, qui est le fabricant du produit, le Plaquenil, qui annonce à la fois qu'il va arroser le monde, 100 millions de doses dans 50 pays, mais aussi que, je cite, les preuves cliniques actuelles sont insuffisantes pour tirer une quelconque conclusion sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine.

3:43
Invité

Ce qui paraît contradictoire. Pourquoi une telle prudence du fabricant lui-même ?

3:46
Présentateur

Sans doute pour se prémunir d'éventuels procès. Les premières données sont en train de remonter du réseau de pharmacovigilance. Depuis la fin mars en France, 54 cas de troubles cardiaques, dont 4 mortels chez des malades ayant pris de l'hydroxychloroquine, remède qui peut être pire que le mal.

4:03
Invité

Bonsoir Alexandre Mignon. Bonsoir. Professeur de médecine, anesthésiste réanimateur à l'hôpital Cochin à Paris et initiateur du projet Covidia, un outil numérique pour mieux relever le défi du confinement. On va en parler longuement. Un mot sur cette chloroquine. Et son utilisation qui fait polémique depuis des semaines, quasiment depuis le début de l'épidémie. Mercredi, sur ce plateau, le professeur Berch, ancien directeur de l'Institut Pasteur de Lille, nous expliquait que s'il était atteint du coronavirus, il demanderait à être traité à la chloroquine. Vous-même, vous avez été touché par le Covid-19. Vous y avez pensé à la chloroquine ?

Alors, je pense qu'il n'est pas nécessaire de rajouter de la polémique à la polémique. On est dans une situation grave. Vous le savez, il y a déjà de très nombreux décès en France. Il y a eu beaucoup de faux espoirs créés par ces essais, ou en tout cas les annonces faites par le professeur Raoult. J'ai peur qu'il y ait du désespoir et peut-être demain du déshonneur. Donc en pratique, à titre personnel, j'ai effectivement, comme vous l'avez rappelé, été souffrant il y a une quinzaine de jours. J'ai eu une forme assez grave. Je ne suis pas allé en réanimation, mais j'ai manqué d'oxygène. Et j'ai fait comme tous mes collègues.

J'ai appelé mes meilleurs amis, mes collègues, pour savoir si je devais en prendre ou pas en prendre. Et je vais vous le dire très simplement, je n'ai pas pris ni de chloroquine, ni d'hydroxychloroquine, ni d'azithromycine. J'ai pris de l'eau fraîche. Je me suis reposé. Je me suis couché sur le ventre. C'est intéressant parce que vous avez vu que beaucoup de nos patients sont couchés sur le ventre quand ils sont en ventilation mécanique. En réanimation intubée. En réanimation intubée. Alors je me suis dit, pourquoi pas faire comme ça ? Ça ne fait pas de mal. Et j'ai passé le cap comme probablement est ce que vous avez rapporté tout à fait cohérent. C'est le cas.

Vous le savez, nous avons des règles dans la médecine. Ces règles, on ne peut pas les changer en cours de route. Et c'est que nous avons à faire des essais contrôlés, randomisés, dans lesquels nous faisons en sorte que des patients le plus identiques possible soient inclus dans des études, qu'ils signent des consentements éclairés, que des comités d'éthique, juste que ces études sont acceptables sur le plan de l'éthique médicale, puis ensuite sont tirés au sort pour recevoir en double aveugle, ni les patients, ni les soignants savent quels médicaments ils reçoivent. Raoub dit que c'est de la bureaucratie tout ça, que ça ne sert plus à rien.

Alors Raoub, peut-être, est en train de transformer le paradigme que nous avions de ce qu'on appelle la médecine basée par les preuves, evidence-based medicine. C'est possible, mais ce n'est pas au milieu du match de football qu'on change les règles. Et donc aujourd'hui, nous avons des règles. Pourquoi pas changer les règles, mais pas en ce moment ? Pas en ce moment. Pas en ce moment. Et donc en pratique, pour vous dire, je n'ai pas pris d'hydroxychloroquine et j'ai le plaisir d'être avec vous ce soir. Juste un mot encore sur cette visite présidentielle dans les services du professeur Raoult. Elle s'est effectuée sans la présence de la presse.

Comme c'était le cas le même matin au Crémain-Bicêtre à Paris, à une nuance près, l'Elysée avait rendu publique une séquence avec cette légende soutien à nos héros en blouse blanche. Ce qu'on ignorait, c'est que juste avant cette séquence d'applaudissement, un membre du personnel, une femme, avait pris la parole de manière viscérale pour parler des conditions de travail des soignants et des problèmes rencontrés. Avec ces métiers-là, on est fait par vocation. On l'a fait parce qu'on aime les gens. On a l'hôpital public. Je suis le seul de ma famille qui n'est pas soignant. Les soignants ont des défauts. Et demain, on peut se retrouver dans les livres, nous aussi.

Et ce qu'on aimerait bien pour nous, on aimerait pouvoir le faire pour autres. Et avec les membres des petits, avec ces membres du personnel, on y arrive. Et c'est après cette séquence que l'ensemble du personnel a applaudi pour saluer le discours musclé tenu face au président. Ça veut dire quoi ? Que la mobilisation à l'hôpital, elle l'a été, elle reste exceptionnelle, mais que ça n'efface pas la réalité de ce que vit l'hôpital depuis des mois, des années ? La mobilisation à l'hôpital est exceptionnelle.

Tous les professionnels de santé, des administratifs jusqu'aux soignants, ceux qui vous soignent, ceux qui ferment malheureusement parfois les yeux de nos décédés, eh bien, ont développé une énergie, un talent, un courage, une force exceptionnelle, exceptionnelle. Et il faut vraiment les féliciter. Et je peux vous dire que le meilleur moment de la journée, c'est 20 heures, quand on entend tous ces casseroles, tous ces klaxons, tous ces gens qui nous disent merci. Voilà. Maintenant, il est vrai que, et c'est pas de la faute du président Macron, ça fait une trentaine d'années que le problème de l'hôpital, qu'il soit public ou privé, probablement n'est pas résolu comme il le faut.

Les priorités ne sont pas posées là où elles sont, là où elles doivent être posées. Il faut rediscuter, mais c'est pas le moment à nouveau, on va passer les crises, il faudra remettre vraiment tout à plat et savoir pourquoi on fait ce métier. On fait ce métier pour vous soigner, on fait ce métier pour vous rendre service et il faut remettre le soin au centre du débat. L'accompagnement par l'administration et par la gestion est secondaire. Les médecins ont perdu la direction médicale des autos.

8:57
Présentateur

Là, en ce moment, c'est les médecins qui ont pris le pouvoir.

8:58
Invité

Les médecins ont repris les clés des camions, les directeurs sont... C'est très important parce que vous voyez bien que cette capacité à pousser les lits, à ensuite aller soigner les gens, c'est quand même les infirmières et les aides-soignants et les brancardiers, les ambulanciers, la médecine de ville, tout le monde doit être félicité. Les directeurs font un travail difficile, mais aujourd'hui, nous avons expliqué aux directeurs comment il fallait faire marcher nos hôpitaux et ils marchent très bien. Hier, le directeur général de la santé a indiqué que pour la première fois depuis le début de l'épidémie, les patients sortis de réanimation sont plus nombreux que ceux qui y sont entrés.

C'est un indicateur que tout le monde devait guetter à l'hôpital. C'est exactement ce que vous avez constaté à l'hôpital Cochin ? Tout à fait. On est toujours en période extrêmement tendue. Il y a énormément de patients dans les réanimations, mais nous avons réussi à extuber, retirer la sonde d'intubation. Nous avons des patients qui sont sortis des réanimations pour aller dans des services de réhabilitation. Nous avons des patients qui sont rentrés chez eux. Nous avons même des patients âgés. Il faut bien dire que le drame de cette maladie, c'est qu'elle effectivement fait beaucoup de victimes chez les sujets âgés.

Mais quand on est sujet âgé et qu'on a Covid, on n'est pas nécessairement condamné. Il y a plein d'exemples magnifiques de grands-parents qui ont pu revoir pour l'instant par FaceTime ou Facebook ou tout ce que vous voulez, tous les réseaux sociaux pour leurs enfants. Mais il faut rester dans les éléments positifs. Il faut dire aux gens, on va se battre pour vous et on va vous sortir de ce mauvais pas. Le confinement doit durer parce qu'il ne s'agit pas de relâcher les efforts, même si on semble se diriger vers ce qu'on appelle un plateau, c'est-à-dire une stabilisation du nombre de malades du Covid-19.

Le confinement sauve des vies, mais vous dites qu'il durera plus longtemps que le Covid lui-même, que le virus lui-même. Alors d'abord, le virus est toujours là. Il n'a pas disparu, il n'est pas parti en vacances. Deuxième chose, nous sommes effectivement probablement en train de redescendre, mais tout doucement, du pic, de la cloche. Il y a encore beaucoup de patients qui sont en situation critique. Troisième chose, c'est que si on levait trop tôt le confinement, on risquerait d'exposer des gens qui n'ont pas encore rencontré le virus à faire la maladie et éventuellement en faire des formes graves et donc d'avoir à revenir dans les hôpitaux qui sont encore en surchauffe.

Donc il faut maintenir le confinement, c'est tout à fait évident. Et puis il faudra toujours ne jamais oublier que nous devons changer de culture. Même si ce n'est pas notre culture, la culture de l'hygiène, des mesures barrières, des masques, celle qui est loi et qui fait loi dans les pays chinois, asiatiques, coréens, etc., n'est pas notre mode de vie, mais il faudra réellement y penser et l'appliquer. Donc ensuite viendra la problématique du déconfinement. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que Covid aura malheureusement fait beaucoup de victimes et beaucoup de malades par son effet direct. Un virus, une réponse de l'organisme qui a fait du tort et beaucoup de mal et beaucoup de décès.

Mais Covid fait beaucoup de mal parce qu'il génère des décès indirectement liés à l'effet cytopathogène du virus. Je vais vous donner quelques exemples. D'abord, depuis que nous sommes dans la pandémie, il y a beaucoup de patients qui ne sont plus revenus à l'hôpital. Des infarctus du myocard, des accidents vasculaires cérébraux, il y a des gens qui se soignent moins bien. Et ces gens-là qui n'étaient pas Covid, finalement, probablement souffrent et vont risquer de décéder à cause de Covid lui-même. Et puis le deuxième élément qui est fondamental, c'est la crise économique. La précarité, la pauvreté, l'absence de reprise économique va faire énormément de victimes.

On le sait et on le sait notamment depuis la crise de 2008. En 2008, il y a de nombreux papiers scientifiques très bien faits qui ont montré qu'on avait vu une augmentation des maladies psychiatriques, des maladies du cancer, des maladies cardiovasculaires, de toutes les affections chroniques. Car quand on est pauvre, quand on est précaire, on se soigne moins bien, on se dépiste moins bien, on est en plus dans des conditions plus difficiles de vie. Vous voyez bien par exemple que c'est une maladie plutôt qui touche les gens de milieux socio-économiques défavorables. Le 93, par exemple, est le département qui probablement souffre le plus.

Et on comprend bien que dans des conditions de vie difficiles, d'un confinement où il y a beaucoup de gens les uns à côté des autres, eh bien on a fait probablement des maladies qui ont été réalisées du fait d'un confinement qu'on n'avait pas pu faire d'ailleurs pour séparer ceux qui pouvaient contaminer les uns les autres. Et donc vous voyez bien que le dilemme est là.

Et le dilemme c'est de savoir, et c'est une question qui est posée au président de la République, et je crois qu'il n'y a pas grand monde qui aimerait être président de la République aujourd'hui, c'est de dire je dois maintenant déconfiner avec un double enjeu, pas prendre de risque pour les populations, c'est-à-dire de voir revenir une deuxième vague de la maladie, et en même temps relancer l'activité économique qui fait que les gens ressortent, revivent, travaillent et font un pays prospère. C'est ça l'enjeu.

13:33
Présentateur

Alors pour préparer ce déconfinement, vous avez monté un projet qui s'appelle Covidia, IA pour intelligence artificielle, avec d'autres médecins, Patrick Berge qu'on a cité, qui était à votre place avant-hier, Gilles Pialou, des scientifiques, des modélisateurs, des entrepreneurs. Covidia c'est un outil numérique qui permettrait, vous m'arrêtez si je dis une bêtise, de scanner la population française à partir d'un échantillon de tests, de déterminer les facteurs de risque et d'organiser ainsi un déconfinement progressif. Mais la première phase c'est de tester.

14:04
Invité

Absolument, d'abord c'est d'établir le modèle. Alors le modèle c'est quoi ? Je vais faire une analogie avec ce qu'on connaît, ce que peut-être beaucoup de gens maintenant connaissent. Vous montrez à un ordinateur 50 000 chats, de n'importe quelle race, de n'importe quelle couleur, photographié par au-dessus, par en-dessous, de différentes façons. Et l'ordinateur va décortiquer ces images, pour faire en sorte que si vous représentez à l'ordinateur des images qu'il n'a pas vues, il est capable de reconnaître des chats parmi des chiens, des éléphants et des baleines. Ça c'est ce qu'on appelle l'apprentissage supervisé. On apprend à l'ordinateur à faire quelque chose et il le reproduit.

Et puis on a encore mieux, on a ce qu'on appelle l'apprentissage non supervisé, c'est-à-dire que quand vous lui remontrez des images, il y a des chats, et puis aussi il y a un groupe ou deux groupes d'animaux qui sont surreprésentés, par exemple des baleines et des éléphants. Et donc il va réussir à découvrir, au sein de toutes les images qu'on lui montre, des nouveaux groupes. Et il va éventuellement suggérer que ce sont des baleines et des éléphants. Alors pour faire ce modèle-là, il faut faire quoi ? Il faut rentrer des informations dans le modèle et nous avons besoin du président de la République pour le faire. Nous avons aussi besoin des Français et de leurs entreprises.

Et c'est pour ça que nous avons créé cette fondation qui s'appelle Covid-IA, qui repose sur le principe que sur la base du volontariat, et sur l'engagement d'un certain nombre de grandes entreprises françaises, et un certain nombre d'entre elles nous ont déjà rejoints depuis trois jours. Et bien on va être capable de proposer à des volontaires de venir, dans le cadre de la médecine du travail, se faire dépister. Avec des petits tests que vous avez vus, qui sont des petits tests qu'on fait au bout du doigt, qui permettent de voir si on a développé des anticorps.

Et là je crois qu'il faut que je fasse une petite pause pour bien expliquer à tout le monde ce que vous avez déjà très bien expliqué sur le plateau, mais qui est important de faire. La première chose, c'est que vous avez les tests qu'on fait au bout du nez, qui permettent de savoir si vous portez le virus. C'est une photo, c'est les PCR. Et puis il y a les tests qu'on va faire demain, qui ne sont pas encore disponibles, qui sont les sérologies au bout du doigt, ou éventuellement à partir de prises de sang. Qui vérifient que vous avez des anticorps. Que vous êtes immunisé. Vous êtes immunisé. On est sûr que la maladie procure cette immunité ?

Vous savez, Madame Lemoyne, qu'en médecine ou en science, on n'est jamais sûr de rien. Et qu'un vrai chercheur, c'est quelqu'un qui vous dit qu'il ne sait rien ou qu'il ne sait pas tout. Donc pour vous dire, c'est très important qu'on sache, si les gens sont séropositifs, ils ont séroconverti, on considère en France que probablement 10% de la population a séroconverti, ou qu'ils sont séronégatifs, c'est-à-dire qu'ils sont naïfs pour le virus, et que s'ils sortent de chez eux, ils vont rencontrer le virus. Pour certains d'entre eux, les jeunes, les gens en bonne santé, qui n'ont pas de facteur de risque, ils vont faire pour 50% d'entre eux rien du tout.

Pour 35% d'entre eux, une maladie que moi j'ai eue, qui s'appelle la grippe. Et puis malheureusement, pour 15% d'entre eux, on ne dit pas la grippe, on dit Covid, et une forme plus grave qui va les amener à l'hôpital, éventuellement en réanimation, et pour certains, les tuer. Et donc dans ce contexte, ces gens-là doivent être bien identifiés, et on doit faire la part entre les séropositifs, les séronégatifs, et à l'intérieur des séronégatifs, des gens qui sont très à risque, et qui doivent rester confinés le temps qu'on trouve des traitements ou des vaccins que je vous rappelle qu'on n'a pas, et les autres probablement revenir dans le travail.

16:58
Présentateur

Et donc ensuite, on organise le déconfinement pour ne pas mélanger, ou pour mélanger le moins possible, les gens vulnérables et les personnes immunisées.

17:05
Invité

Absolument, et donc la machine va travailler à partir d'un échantillon de Français. Nous, on considère qu'à partir de 300 000 personnes qui vont accepter de participer à notre travail, probablement jusqu'à 1 million de gens, on pourra promettre aux Français de non pas les tester tous, c'est-à-dire 65 millions de Français, tel que le Président nous l'a dit, parce que les tests sont difficiles, ils ne sont pas disponibles, ça prendra un an de le faire, ce n'est pas crédible et ce n'est pas possible. En revanche, qu'on puisse faire des modèles mathématiques pour nous permettre de savoir où sont les séropositifs, où sont les séro-négatifs, et le Président aura une carte de la France.

Et donc on déconfine par zone, par âge, par activité ? Mais le Président choisira, le Président c'est une décision politique, il aura une carte. C'est les paramètres possibles, c'est ça ? Zone, âge ? Mais il n'y a pas que ça, il n'y a pas que ça, il y a effectivement les zones, il y a les âges, il y a le fait que vous êtes séropositif ou séro-négatif, et donc avec des curseurs, le Président fera un espèce de jeu vidéo sur lequel il aura la carte de la France, et il pourra décider en changeant les paramètres, je déconfine l'Alsace, je déconfine le Languedoc. Voilà ce qui se passe. Voilà ce qui va se passer, on le projette, on le projette. On saura ce qui va se passer. Et vous savez quoi ?

Ça marche. Ça va marcher. Mais c'est-à-dire qu'il suffira pour certains Français de savoir exactement à quel groupe ils correspondent pour savoir quelle attitude adopter ? Alors non, pour l'instant, il faut que le modèle soit établi. Donc chaque chose en son temps, le modèle doit être établi par des mathématiciens, des modélisateurs, on a pris les meilleurs. On a même fait venir des gens de l'étranger qui travaillent à l'Imperial College, qui travaillent aux Etats-Unis, etc. Ces gens-là travaillent avec nous. On introduit un certain nombre d'informations.

La première d'entre elles, ça serait qu'on puisse disposer de tests anonymisés de gens qui ont répondu aux tests positifs en PCR et qui sont à la disposition de la Direction Générale de la Santé. On ne demande rien d'autre que savoir la date où le test a été fait et la commune, l'habitation des gens qui l'ont fait. À partir de ça, on a déjà une première photo. Ensuite, on introduit les résultats des 50, 100 000, 300 000 personnes qui sont venues faire le test, éventuellement jusqu'à 1 million. Le modèle s'affine au fur et à mesure que les tests arrivent et on peut de mieux en mieux prédire ce qui peut se passer au moment du déconfinement.

Et choisir, que faire en fonction de ces prévictions ? Le président choisit. Nous, on propose, on explique, voilà. Ça permettrait de retrouver une vie normale sociale plus rapidement ? Certains disent que ce ne sera pas le cas avant l'automne. Mais c'est bien le problème, c'est que les gens vont risquer de mourir de chagrin, de mourir de maladies psychiatriques. On voit bien, les psychiatres nous racontent des bouffées délirantes, des dépressions, des suicides, des violences. Parce que vivre confiné, c'est dur, c'est très dur et c'est d'autant plus facile.

Disons, c'est plus facile de le faire quand on habite à l'île de Ré que quand on habite dans des endroits où on est confiné avec plusieurs, dans des petits appartements, évidemment. Juste pour revenir à la question de l'immunité, si je vous la posais, c'est qu'en Corée du Sud, les autorités ont annoncé aujourd'hui que 91 malades qui avaient eu le coronavirus et dont on pensait qu'ils étaient immunisés ont de nouveau été testés positifs à la maladie. Le virus aurait été réactivé plutôt que ses patients réinfectés. Mais ça pourrait tout changer cette question de l'immunité. Cette question, elle est centrale.

Malheureusement, je n'ai pas eu le temps aujourd'hui de lire cet article et il faudra bien l'analyser. Évidemment, je sais que la dernière fois quand Patrick Berge est venu, M. Cohen lui a montré un article qui est... Qui pose les mêmes questions. C'est la même chose. C'est la même chose. Donc il faut regarder en détail ces choses-là. Mais j'ai envie de vous dire que si réellement il y a cette chose-là qui existe, alors là, on est dans le grand souci. Parce que quand même, globalement, ce que nous pensons, c'est que progressivement, le virus va faire des vagues. Il y a des vagues à attendre. Nous pensons ensuite qu'il va s'atténuer en termes de virulence.

Savez-vous pourquoi il va devenir moins virulent ? Parce que le virus, pour qu'il subsiste, il faut qu'il y ait des gens qui le portent. Et donc progressivement, c'est l'histoire naturelle de la grippe espagnole. Progressivement, le virus a diminué en virulence et il est devenu un virus de la grippe saisonnière. Alors, ce n'est pas exactement la même famille de virus. Nous avons affaire à des coronas. Le virus de la grippe espagnole était un H1N, un myxovirus. Mais il est possible, voire probable, que ça se passe comme ça. Donc, l'immunité de troupeaux ou l'immunité de groupes, c'est quand plus de 50% et a priori, hier, M.

Fontanet vous disait, deux tiers de la population, c'est séroconverti. Et alors, il faudra que, bien sûr, en attendant qu'un vaccin arrive, qui ne peut pas arriver avant probablement janvier de l'année prochaine et que des traitements, et aujourd'hui, je peux vous dire, il n'y a pas de traitement, on ne fait que du traitement symptomatique. Alors, il va falloir que le président nous dise comment on fait. Et nous, on va l'aider. Et vous le disiez, personne n'aimerait être dans la peau du président, Emmanuel Macron, qui s'exprimera lundi soir à 20, juste après 20h. Oui,

21:23
Présentateur

l'adresse, covid-ia.org.

21:26
Invité

Qui s'affiche normalement au bas de notre écran. Je vérifie, mais c'est bien le cas. Merci, professeur Alexandre Mignon. Vous restez avec nous.

Chloroquine : Macron chez le Pr Raoult - C à Vous - 10/04/2020 · Pourquijevote