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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 4 décembre 2025 65 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & familleNumérique

Shein : qui peut arrêter le géant chinois ? - C dans l’air - 05.11.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Shein a ouvert ce matin malgré les polémiques. Qu'est-ce que ça symbolise ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les raisons de dénoncer Shein ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Shein représente 4 à 5 % des ventes de vêtements en France. Comment expliquer ce succès ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Le BHV a perdu 15 millions par an. Shein peut-il le sauver ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Shein se dit marketplace. Que signifie cette stratégie ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Des poupées sexuelles ont été interceptées. Comment est-ce vécu en Chine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00N.BouzouFait
    « Il y a énormément de raisons de dénoncer beaucoup de pratiques d'une entreprise comme Shein. »
  • 12:00L.RobequainChiffre
    « Vous prenez une ville comme Grenoble, 95 000 clients de Shein. »
  • 16:00L.RobequainFait
    « Si vous achetez pour 100 euros chez Shein, vous avez 100 euros de bons d'achat dans tout le BHV. »
  • 24:00V.NiquetFait
    « Shein, Temu ou d'autres plateformes chinoises sont là exclusivement pour le marché extérieur. »
  • 28:00N.BouzouFait
    « Le coût caché du t-shirt à 2 euros, c'est la fermeture de nos magasins de centre-ville. »
  • 32:00C.RouxFait
    « Le gouvernement engage la procédure de suspension de Shein. »
  • 36:00Chiffre
    « D'après l'enquête de Bercy, 66 % des produits vendus par Shein en France présenteraient un risque de danger immédiat pour la santé du consommateur. »
  • 40:00Fait
    « Shein prend acte et annonce interrompre temporairement la vente de produits issus de marchands tiers comme l'était la poupée. »
  • 44:00Chiffre
    « L'UFC-Que Choisir a dit que 69 % des produits testés ne correspondent pas aux normes en vigueur dans l'UE. »
  • 56:00L.RobequainFait
    « Le DSA va nous permettre de lutter contre ce type de plateforme qui ne respecte pas. »
  • 1:00:00V.NiquetFait
    « La Chine vit des exportations. Elle vit de la surproduction pour acheter la paix sociale. »
  • 1:04:00V.NiquetFait
    « Shein, Temu ou d'autres plateformes chinoises sont là exclusivement pour le marché extérieur. »
  • 1:08:00S.MatellyFait
    « On est clairement sortis de cette naïveté depuis plusieurs années. »
  • 1:16:00S.MatellyFait
    « La Chine est devenue le 1er producteur mondial de caviar. »
  • 1:20:00Chiffre
    « L'aliment, le 1er poste de coût, 2,10 euros le kilo, c'est 2 fois et demi ce que paye le Chinois pour un produit de meilleure qualité. »
  • 1:24:00L.RobequainFait
    « Les marques chinoises de luxe se concentrent sur le marché de consommation chinois. »
  • 1:28:00N.BouzouFait
    « Les entreprises de biotechnologies chinoises vendent des brevets à des grands laboratoires européens et américains. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Musique douce ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. C'est le symbole de la puissance chinoise qui s'installe dans un des magasins les plus emblématiques de Paris. Ce matin, Shein a ouvert 1000 m2 au BHV, malgré la polémique.

Les clients affluent. La mise en vente de poupées sexuelles et d'armes sur la plateforme, les pratiques commerciales trompeuses ou la vente de produits dangereux ou non conformes n'y changent rien: Shein inonde le marché européen et français de produits à prix dérisoires et fragilise le commerce local. Depuis des mois, la France tente de hausser le ton.

Le Premier ministre a évoqué pour la 1re fois le lancement d'une procédure de suspension de la plateforme. D.Trump a-t-il réussi à faire plier Pékin?

Comment contrer le rouleau compresseur chinois qui investit maintenant le secteur du luxe? C'est le sujet de notre émission. Avec nous pour en parler, N.Bouzou.

Vous êtes économiste, directeur fondateur du cabinet de conseil Asterès. Vous êtes chroniqueur à "L'Express". L.Robequain, vous êtes directrice de l'Institut Jacques Delors.

V.Niquet, vous êtes spécialiste de la Chine. S.Matelly, vous êtes économiste et directrice de l'Institut Jacques Delors.

Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à cette émission. On va regarder ces images.

Shein a ouvert ce matin, malgré les polémiques et tout ce qu'on a dit...

Il y avait des manifestants mais aussi des consommateurs. - N.Bouzou: Il y a beaucoup de consommateurs.

Ce qui est compliqué dans notre affaire, c'est qu'il y a énormément de raisons de dénoncer beaucoup de pratiques d'une entreprise comme Shein. Je partage ces raisons. - C.Roux: On va les évoquer. - N.Bouzou: J'imagine.

On a vraiment de bonnes raisons, intellectuelles, économiques et politiques de dire "stop". Mais une fois qu'on a dit ça, on est dans une économie de marché, et c'est le consommateur qui décide. Aujourd'hui, ces entreprises ont un succès extraordinaire.

Ca représente 4 à 5 % des ventes de vêtements en France. C'est des millions d'euros de chiffre d'affaires. Nos concitoyens qui connaissent des problèmes de pouvoir d'achat plébiscitent ces marques.

Vous avez deux légitimités qui s'opposent: une légitimité intellectuelle et le consommateur qui veut s'habiller à bas prix. - C.Roux: Des prix très bas et une stratégie très offensive de la part de la plateforme qui était marketplace de vente en ligne.

C'est la nouvelle stratégie, avec d'autres points de vente prévus en France. - L.Robequain: Dans des villes françaises moyennes où la demande va être supérieure à celle de Paris.

Le président du BHV donnait un chiffre frappant. Vous prenez une ville comme Grenoble, 95 000 clients de Shein. Dans ce genre de ville dépeuplée, Shein va faire un carton.

C'est une journée un peu exceptionnelle devant le BHV de Paris. Si vous achetez pour 100 euros chez Shein, vous avez 100 euros de bons d'achat dans tout le BHV. - C.Roux: Ca allait assez mal, au BHV. - L.Robequain: Il y a eu 15 millions de pertes par an.

Il a vraiment besoin d'être sauvé. Le directeur général a dit que Shein allait leur permettre d'accueillir des jeunes, des nouveaux clients...

Il faut que le BHV trouve des solutions. Peut-être que c'en est une. On ne peut pas avoir un jugement totalement négatif sur ce que Shein peut apporter à certaines marques françaises. - C.Roux: V.Niquet, on va revenir sur votre réaction.

Il n'y a pas que la polémique autour des poupées sexuelles. Le fait que Shein se dise "on était une marketplace et on vient s'installer au coeur des villes moyennes, mais aussi de la capitale", qu'est-ce que ça veut dire? - V.Niquet: Pour Shein, ça veut dire s'acheter une sorte de réputation et une grande visibilité.

En voyant la photo, ça me fait penser...

C'est pas le même genre de commerce, mais ça me fait penser à Uniqlo. Il a l'air très cool, le patron de Shein, sur cette...

On oublie que ça vient de la République populaire de Chine. En termes d'image, y compris pour la Chine en général, c'est important. Ensuite, il y a un vrai écosystème qui fonctionne avec Shein.

Il y a Shein, des produits très bon marché qui répondent à des vrais besoins, mais il y a aussi TikTok, les influenceurs...

Les influenceurs qui mettent des vêtements ou des produits Shein...

Tout ça s'alimente, fait boule de neige auprès d'un public très jeune qui viendra peut-être au BHV, mais qui va continuer à acheter sur Internet. - C.Roux: On a tous été très heurtés d'apprendre que des poupées sexuelles étaient vendues sur des plateformes comme celles-ci.

Pas simplement sur Shein, mais aussi sur Temu ou sur Wish. Est-ce que ça heurte les dirigeants de la compagnie, les officiels chinois...

Est-ce que ça arrive jusque-là? Comment c'est vécu? - V.Niquet: Je ne sais même pas s'il y a une conscience de ça au niveau de la direction chinoise.

C'est sûr que la publicité qui est faite aujourd'hui n'est pas particulièrement positive pour la Chine, mais il faut bien voir que Shein, Temu ou d'autres plateformes chinoises sont là exclusivement pour le marché extérieur. Un Chinois ne peut pas acheter sur Shein. C'est une entreprise qui ne vend que pour l'étranger.

Du moment Qu'il y a un besoin, on y répond. C'est ce qui est choquant chez nous, où la question de la dignité humaine est prise en compte, y compris sur ces sujets délicats. Shein, quand il voit un marché, il y va. - C.Roux: Une poupée sexuelle vendue par la plateforme Shein a été interceptée dans un colis en début de semaine dans les Bouches-du-Rhône.

Le destinataire, un homme de 56 ans déjà condamné pour des affaires de moeurs, a été placé en garde à vue. Des politiques veulent connaître les noms de ceux qui achètent ces poupées à l'effigie de petites filles. - S.Matelly: Je crois que c'est un mode de consommation qui n'est pas un mode de consommation pour classes populaires ou pour gens pauvres.

C'est un mode de consommation jeunesse, communication. Il y a tout un écosystème autour de ce type de consommation. On peut aller au BHV pour s'acheter un sèche-cheveux hors de prix et remplir son panier de vêtements Shein.

Tout est poussé par "il faut en être". Le rayon du BHV ne va pas changer fortement les pratiques de consommation, mais au moins, on pourra dire: "Shein, ça se vend aussi au BHV, donc c'est chic." - C.Roux: La stratégie qui consiste à sensibiliser le consommateur est vaine? - S.Matelly: Je pense que c'est toujours dangereux d'être donneur de leçons et dans le jugement de valeur autour de ça.

On vit dans ce monde des réseaux sociaux, du paraître et de la communication. Vous allez à une soirée, vous avez envie de vous habiller de cette manière, vous commandez et, en 24 heures, vous avez la tenue. Ca participe à un mode de vie.

C'est plutôt aux régulateurs de voir ce qu'on peut faire. - C.Roux: Et c'est pas simple pour le régulateur.

Est-ce que ça a du sens de s'adresser aux consommateurs? - N.Bouzou: Est-ce que c'est vrai?

Peut-être. Est-ce qu'il faut le faire? Oui, me semble-t-il.

Ce n'est pas inintéressant ou inopportun de dire aux consommateurs que, quand un t-shirt s'achète 2 euros, c'est qu'il y a un problème quelque part et qu'il y a un coût caché quelque part. Et c'est un libéral qui vous le dit. Le coût caché du t-shirt à 2 euros, c'est la fermeture de nos magasins de centre-ville.

En campagne municipale, les maires me disent que la grande problématique des habitants, c'est qu'ils disent tous que les magasins de centre-ville sont en train de fermer. Mais c'est bien l'évolution des modes de consommations qui fait fermer les magasins de centre-ville. - C.Roux: Le patron de Système U s'inquiète de tout ça.

La France est le 1er marché européen du géant chinois. Après la polémique des poupées à caractère pédopornographique, S.Lecornu engage un bras de fer et une procédure de suspension de la plateforme.

En attendant, malgré le scandale, les clients affluent. - Une file d'attente interminable et un grand magasin sous haute sécurité aujourd'hui. A Paris, le BHV vient d'inaugurer sa boutique Shein malgré la polémique et les contestations. - Honte à vous!

Bouh! Bouh! Bouh! - Sous l'affiche, la colère ne retombe pas après la vente de poupées à caractère pédocriminel sur le site de commerce chinois. - C'est illégal.

Ca n'a rien à faire chez nous, en France ou à Paris. - Les clients assument. - On a de faibles revenus.

Ce style de magasins comme Tati avant, ça nous permet d'acheter plus régulièrement des vêtements. - Honte à Shein. - Toute la semaine, des actions coups de poing se sont multipliées devant le magasin.

Sur les bancs de l'Assemblée nationale, le choc aussi, et l'unité, assez rare pour être soulignée, contre les méthodes du géant chinois. - Shein a dépassé les bornes. - Nous en sommes arrivés là.

Sacrifier nos enfants sur l'autel du marché à tout prix... - Ce matin, un homme suspecté d'avoir commandé sur Shein une poupée à caractère sexuel a été interpelé.

Annonce du gouvernement ovationnée. - Le gouvernement engage la procédure de suspension de Shein. Et le temps nécessaire pour que la plateforme démontre aux pouvoirs publics que l'ensemble de ses contenus sont enfin conformes à nos lois... - Shein prend acte et annonce interrompre temporairement la vente de produits issus de marchands tiers comme l'était la poupée.

Les responsables du BHV tentent d'éteindre la polémique, non sans maladresse. - Je crois que Shein a fait un travail formidable, ces dernières années, d'amélioration. On entend les critiques.

Elles ont été véridiques, un certain temps. Aujourd'hui, c'est une marque qui produit dans des conditions beaucoup plus légitimes. Tout le travail qu'on a fait consiste à encadrer ce partenariat, à lui donner beaucoup de sens.

On s'est assuré que l'intégralité de la chaîne jusqu'à la livraison soit faite dans la plus stricte application des règles. - Pourtant, plusieurs ONG continuent de pointer la face cachée de Shein. Il y a quelques mois, la BBC a pu se rendre dans ses ateliers de fabrication, dans le sud de la Chine. - Plus de 80 % des gens qui habitent ici travaillent pour Shein. - Ce quartier, surnommé "le village Shein", est un labyrinthe d'usines où sont fabriqués des vêtements à la chaîne à destination de 150 pays du monde.

Ici, on travaille 7j/7, jusqu'à 16 heures par jour pour un salaire de misère. - Je gagne entre 12 et 24 centimes par vêtement. Nous gagnons tellement peu.

C'est très insuffisant, avec le coût de la vie qui est si élevé désormais. - La France est devenue le premier marché européen de Shein, avec plus de 20 millions de clients. Une menace pour l'économie nationale et locale, selon ce grand patron, basé dans les Deux-Sèvres, à Niort. - Low cost, c'est le chômage.

Plus de 300 000 destructions d'emplois dans la filière textile en une dizaine d'années. Lorsque je suis dans les rues de Niort, que je vois ces magasins fermés, ces enseignes qui ont été liquidées...

On voit la destruction d'emplois et le mal social. - Le BHV fait entrer le loup dans la bergerie avec Shein? - On peut dire ça comme ça. - D'après l'enquête de Bercy, 66 % des produits vendus par Shein en France présenteraient un risque de danger immédiat pour la santé du consommateur. - C.Roux: En regardant ce reportage, vous me disiez qu'il y a déjà le loup dans la bergerie. - V.Niquet: Oui, avec toutes ces plateformes auxquelles on a accès tellement facilement.

Le système de livraison de Shein qui passe par des millions de petits colis...

Je sais pas combien de dizaines de milliers par jour...

C'est ordinaire. Et qui coûte! Les douanes ne peuvent pas vérifier tout ça.

Il faut l'acheminer...

C'est une espèce de rouleau compresseur du commerce chinois, mais qui est totalement lié à la nécessité pour la Chine d'assurer sa croissance. Elle doit compter sur l'accès massif à des exportations, y compris de produits bon marché. On parlait de montée en gamme, mais on voit ces dames qui gagnent très peu...

Si certains quartiers et certaines familles n'ont pas accès à Shein, c'est la faillite. On l'a vu, lorsque les Polonais ont fermé les voies de chemin de fer brièvement, des nouveaux trains des Routes de la soie qui viennent de Chine jusqu'en Europe...

Xi Jinping a abordé la question. La Chine a besoin de ce marché. - C.Roux: De déverser cette marchandise.

On verra comment l'Europe peut tenter de s'en protéger. Question. - L.Robequain: Il y a une certaine forme d'hypocrisie dans cette idée qu'on défend le made in France en s'attaquant à Shein. 97 % des habits qu'on achète en France sont faits à l'étranger et 70 % en Chine.

Si les Français achetaient français, ça se saurait. La France est le 1er marché de Shein en Europe. On est aussi l'un des premiers marchés de McDonald's.

On adore Action. On adore acheter pas cher. Politiquement, on est très conservateurs, patriotes, nationalistes, mais économiquement, on est très libéraux.

Notre réflexe est de vouloir acheter pas cher plutôt que de défendre nos usines. Les Etats-Unis, le Canada et d'autres pays ont une logique autre. - C.Roux: Même avec des produits qui sont défectueux ou dangereux.

L'UFC-Que Choisir a dit que 69 % des produits testés ne correspondent pas aux normes en vigueur dans l'UE. Les consommateurs le savent? - N.Bouzou: Je ne sais pas, mais ça justifie qu'on ne mette pas sur le même plan des entreprises comme celle-ci et d'autres entreprises, qui sont des entreprises qui vendent des choses pas très chères comme Action, qui est devenue l'une des marques préférées des Français et qui, à ma connaissance, n'a pas ce type de problème.

De la même façon que McDo, on pourra en dire ce qu'on veut, mais il n'y a jamais eu un seul scandale en France avec une entreprise comme McDo. Je n'ai pas l'impression qu'on doive les mettre sur le même plan. On a aussi Toutes ces études économiques qui montrent que ça a un impact sur l'emploi, sur les défaillances d'entreprises.

Le sujet le plus technique, mais le plus embêtant, le plus préoccupant, c'est le fait qu'on n'a pas véritablement de preuves...

Il est tout à fait possible que ces entreprises soient soutenues par les pouvoirs publics chinois pour qu'elles vendent à perte, ou en tout cas...

Donc pour détruire, pour affaiblir nos économies. Il faut quand même distinguer des entreprises qu'on peut ne pas aimer mais qui vendent à des prix bas parce que c'est une demande des consommateurs et là, ce qui me pose souci, moi qui suis libéral, c'est qu'on peut penser qu'il y a une stratégie de politique industrielle de l'Etat chinois qui nuit à nos intérêts. C'est particulier. - C.Roux: La question est: que peut faire la France?

Question. - S.Matelly: C'est un vrai sujet.

En réalité, on arrive au bout du bout du bout d'un modèle qui s'est fondé et qui a fondé sa croissance sur la consommation de masse. Shein, ça pose aussi des questions de surproduction, de gaspillage, d'environnement et de réchauffement climatique, et des questions de survie de nos modes de vie et de l'espèce humaine. A partir du moment où, depuis plusieurs générations maintenant, on a expliqué que consommer, avoir la possibilité de consommer, c'était accéder à un certain niveau de vie, il est évident qu'on a du mal à revenir en arrière.

Il y a un temps, les Chinois n'importaient pas en Europe en tant que tel. Là, on est dans l'ultra fast fashion. - C.Roux: C'est sans doute le sens dans l'intervention du gouvernement avec l'idée de taxer les colis, etc.

La décision est prise par le gouvernement, après la polémique sur les poupées. On précise qu'un député a saisi le procureur de la République pour vente d'armes de catégorie A sur Shein. ...

Il y a ça aussi, sur ces plateformes. Pourquoi le gouvernement accélère? C'est la polémique, pas simplement la mise en cause d'un modèle. - L.Robequain: Ce qui pose question sur Shein, c'est la marketplace où ils ne sont qu'un intermédiaire entre les acheteurs et les vendeurs.

Ils vendent des produits qui ne sont pas des produits Shein. Ils estiment ne pas être responsables de ce qu'il y a sur leur plateforme. Bercy va lancer 3 procédures juridiques différentes.

D'abord, ils transmettent une injonction de retirer ces produits sous 48 heures, sinon le site Shein sera suspendu en France. La 2e, c'est que L.Nunez a demandé le blocage du site.

C'est du plus long terme. La 3e démarche est européenne. Le gouvernement saisit la Commission européenne pour lancer une enquête sur Shein.

Il faut que cette réponse soit européenne. Le DSA va nous permettre de lutter contre ce type de plateforme qui ne respecte pas... - C.Roux: Il y avait d'autres initiatives, parlementaires notamment, sur l'idée de taxer d'un montant de 2 euros chaque petit colis. - L.Robequain: C'est totalement anecdotique. 2 euros, c'est rien du tout.

Même ça, Bruxelles s'en émeut. Ils ont dit: "La France ne peut pas prendre ce type de mesures." L'Europe a voté une exemption des petits colis chinois jusqu'en 2028 et là, on va contrevenir à la loi européenne.

Nous n'avons pas le droit de le faire. C'est tout le drame de l'Europe. Même quand un pays veut être très fort sur quelque chose, l'Europe peut lui interdire. - C.Roux: Le Sénat a adopté une loi contre la fast fashion?

C'est toujours dans les méandres du débat parlementaire. Il y a quand même une volonté de la part des politiques français de s'emparer de ces sujets avec des armes qui sont des armes légales...

Des règlements. - N.Bouzou: On est un Etat de droit.

On fait des choses...

C'est pas très grave d'essayer de faire les choses correctement, même si d'autres pays ne font pas les choses correctement. - C.Roux: Shein se met dans l'illégalité, avec plus de 100 millions de condamnations en matière de conditions de vente. - N.Bouzou: En France en Europe, on n'interdit pas des entreprises parce que ça ne plaît pas.

Il y a des enquêtes qui sont menées, notamment au niveau de la Commission européenne. Pourquoi les politiques se saisissent de cette affaire? C'est relatif à ce que je disais tout à l'heure.

Beaucoup d'élus locaux, de sénateurs et de maires s'en font le relais. Ils voient l'impact de ces entreprises sur l'économie, sur les commerces de centre-ville, mais plus largement sur la vie sociale. Quand vous avez un magasin de vêtements qui ferme, un magasin de chaussures qui ferme, à côté, vous pouvez avoir un 3e magasin qui ferme.

De proche en proche, c'est le centre-ville qui va connaître des difficultés. Après les "gilets jaunes", le Conseil d'analyse économique avait publié une enquête passionnante sur là où il y avait le plus de "gilets jaunes". Il y avait la diminution de la densité commerciale.

Pour le dire en français, dans les villes moyennes, dans les villages où il y avait beaucoup de faillites de commerce, il y avait plus de "gilets jaunes" et donc plus de contestation. C'est pas que des questions économiques. C'est presque identitaire. - C.Roux: Avec certaines enseignes qui sont allées au tapis, notamment toute une filière textile à bas coût.

Ca a été les premiers impactés: 300 000 emplois supprimés. - L.Robequain: En septembre, Shein est venu au secours de Pimkie, qui était au bord de la faillite.

Un partenariat a été créé. Grâce à Shein, Pimkie espère doubler son chiffre d'affaires. C'est tout le paradoxe.

Shein se pose aussi en sauveur des marques qui ne vont plus, comme le BHV, Pimkie, toutes ces marques françaises en déshérence. C'est le principal argument du fondateur de Shein. - C.Roux: Est-ce que ce combat est perdu pour le commerce local, pour du made in France dans des secteurs comme le textile?

La question est un peu brutale, mais quand on vous écoute attentivement, on se dit qu'ils sont installés au coeur de la capitale, qu'ils ont des millions de marchandises, que c'est un rouleau compresseur...

Comment interdire ces plateformes? Est-ce qu'on peut les suspendre, voire les interdire? - L.Robequain: Ce n'est même pas souhaitable.

C'est la liberté d'entreprendre. On ne peut pas interdire ces plateformes, sauf pour tout ce qu'elles ont d'illégal. Ca va forcer ces marques à évoluer.

Ca va forcer quelques marques à évoluer. - V.Niquet: C'est un révélateur...

Shein comble des manques. Elle le fait en Afrique, par exemple, quand elle a construit des infrastructures. Avant, personne ne s'intéressait à l'Afrique.

Elle le fait avec ces entreprises en offrant une capacité de se distraire, en achetant, à des populations qui n'ont pas les moyens de s'acheter des produits plus coûteux. Ca touche les jeunes aussi. Ca révèle les limites et les manques de nos sociétés qui s'appauvrissent.

Si Shein existe et si elle a tant de succès, certains des gens qui vivent par exemple dans les territoires d'outre-mer ou dans certains quartiers...

Pour eux, c'est le seul moyen de consommer. Avant, en France, on avait Darty à Paris. Pas Darty...

J'ai un trou. Porte de la Chapelle...

Tatie. Tati, on avait des rangs entiers de vêtements très bon marché qui attiraient énormément de monde. C'est un autre modèle aujourd'hui, mais c'est la même réponse. - C.Roux: Comment lutter, dans cette bataille?

Vous parliez du modèle. Vous aviez commencé en disant qu'il ne fallait pas culpabiliser le consommateur parce qu'il comble un problème de pouvoir d'achat...

Comment concilier ces injonctions contradictoires? - S.Matelly: C'est ce qu'on a dit sur les réglementations.

A un moment donné, il faut mettre sur un pied d'égalité les entreprises qui produisent en Europe et les entreprises qui produisent en Chine. Pour le coup, il y a une concurrence totalement déloyale. Le jour où Shein sera obligée de respecter les mêmes règles que nos entreprises françaises et européennes, les prix seront un peu plus élevés. - C.Roux: Quand on parle de produits qui sont dangereux pour la santé, nous, on a des normes qu'on impose aux productions françaises.

Vous dites que quand on importe des produits chinois, ils sont importés sans contrôle. - S.Matelly: Ca dépend.

Si c'est une relation commerciale établie entre l'entreprise française qui écoule des produits Shein ou une entreprise européenne, là, ils respectent...

Là, c'est la question des petits colis. Il y en a tellement qui arrivent qu'il est impossible de tout surveiller, de tout vérifier. Il y a forcément des petits colis qui passent, énormément de petits colis ne respectant aucune de ces normes. - C.Roux: Il y a désormais un transporteur chinois, Gofo, qui a été lancé. 250 000 colis par mois. 75 millions cette année.

Ils considèrent qu'ils sont mieux servis par eux-mêmes. Ils veulent maîtriser l'ensemble de la chaîne, de la production à la distribution? - S.Matelly: Je crois que c'est la stratégie chinoise depuis des années.

Ils ont accédé à nos marchés depuis la fin des années 90 en devenant sous-traitants de marques américaines ou autres. Petit à petit, on les vus gagner, remonter dans un sens comme dans l'autre, dans la chaîne de valeur. Aujourd'hui, de la matière première à la livraison des produits, vous avez les Chinois qui sont en capacité de tout maîtriser. - C.Roux: Question.

Il y en a eu. - L.Robequain: Il y a des articles de loi qui permettent de poursuivre ce type de sites.

Le fait de vendre des armes ou des poupées pédopornographiques, c'est passible de 75 000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement. En 2021, le gouvernement a mené une action forte contre Wish qui a été accusé de vendre des produits illégaux. - C.Roux: Cette citation de Pierre-François Le Louët. - N.Bouzou: En y allant très fort sur les droits de douane, il peut y avoir des mesures de rétorsion de la part de la Chine qui peuvent peut-être faire céder les Etats-Unis. - C.Roux: Sur la question des petits colis... - L.Robequain: Ils ont baissé de 91 % en 5 ans.

C'est énorme. - C.Roux: On peut rappeler ce qu'il a fait? - L.Robequain: Il y avait une exemption sur les petits colis qui prévalait jusqu'au mois d'août.

Il a supprimé cette exemption. Il y a des taxes douanières de 24 % ou un forfait de 100 euros par colis, totalement rédhibitoire. Si vous voulez acheter quelque chose et qu'on rajoute 100 euros... - C.Roux: Pourquoi on ne le fait pas? - L.Robequain: Parce que l'Europe a prévu une exemption jusqu'en 2028.

Pour changer cette loi, il faut passer par le Conseil, notamment. Certains pays de l'UE sont hostiles à cette exemption. - C.Roux: Pourquoi on s'est dit que c'était une bonne idée de donner la possibilité aux Chinois d'inonder le marché européen de petits colis? - V.Niquet: C'était pour économiser sur les contrôles douaniers.

On avait décidé que, quand c'était pas cher, on n'allait pas se fatiguer ou utiliser du personnel pour contrôler, donc ça passait sous les radars de la douane. Mais c'était avant l'arrivée massive de ces colis chinois. - S.Matelly: Ce sont des petits colis qui ne concernent que les particuliers.

On n'imaginait pas cette vague. On se disait: "Un particulier, un individu lambda qui consomme pour 10 euros de produits Shein, c'est pas très grave. On va pas mettre un douanier là-dessus." Je pense qu'on a sous-estimé l'impact de la vague qui allait nous arriver.

Aujourd'hui, on est en train de changer avec toutes les limites que vous nous rappelez. Il y a un certain nombre d'Etats qui ne sont pas tout à fait prêts à lever cette exemption. - C.Roux: On se dit que ce que la Chine n'arrive pas écouler aux Etats-Unis, elle l'écoule en Europe? - V.Niquet: Oui, il y a aussi les véhicules électriques...

Ca a causé des problèmes aux Allemands, notamment. Aujourd'hui, les voitures électriques, ça va très certainement être massivement des petites voitures électriques chinoises. - C.Roux: Comment ces prix arrivent à tomber? - V.Niquet: On rentre dans le système chinois de prêt préférentiel, de soutien aux entreprises...

Un Etat qui a absolument besoin que la Chine exporte...

Je rappelle que la consommation des ménages en Chine, c'est à peine 30 % du PIB. Les exportations, on est à 38-39. En Inde, la consommation des ménages pour un pays en développement, c'est plus de 60 %.

La Chine vit des exportations. Elle vit de la surproduction pour acheter la paix sociale. Tout le monde produit, fait son petit business, fabrique à peu près n'importe quoi et il faut vendre.

Il n'y a pas de marché, en Chine. Je caricature. Donc on exporte.

C'est vital. Les Chinois sont très inquiets de toutes les mesures qui peuvent fermer les frontières aux exportations, parce que c'est la stabilité sociale qui est en jeu. - L.Robequain: Je reviens sur le prix des habits Shein.

J'avais envoyé un journaliste en Chine voir les ateliers Shein dans la région des Ouïgours. Il avait rencontré des jeunes filles de 14 ans qui travaillaient 6 jours par semaine, 13 heures par jour. Jamais de vacances.

C'est aussi ça qui explique des prix imbattables. - N.Bouzou: Imaginez, vous avez le Parlement européen qui produit des normes qui s'appliquent à nos industriels et distributeurs.

Vous faites face à une complexité qui est croissante. Face à ça, vous avez des importations qui sont absolument non contrôlées. Il y a de quoi devenir fou.

En revanche, je pense qu'on peut faire des choses. Je pense que le combat n'est pas perdu. Tout ça doit nous amener à réfléchir très en profondeur à nos faiblesses.

Pourquoi il n'y a pas de pouvoir d'achat et pourquoi nos concitoyens achètent ces produits? C'est peut-être l'occasion de réfléchir très sérieusement à ces sujets. - C.Roux: Mais on ne pourra jamais s'aligner sur les conditions sociales...

Et on ne voudra pas s'aligner. - N.Bouzou: Mais il y a quand même d'autres manières de faire, notamment en matière d'automobile.

Il y a eu des erreurs stratégiques qu'on paie aujourd'hui très fortement. Il y a aujourd'hui du contentieux entre l'UE et un certain nombre d'entreprises chinoises. Déjà, il y a des enquêtes qui sont menées sur les pratiques anticoncurrentielles.

Il y aura peut-être des sanctions. Cette question des contrôles n'est peut-être pas perdue. Quand vous avez des entreprises dont 60 ou 70 % des produits s'avèrent ne pas respecter les normes, il y a quand même possibilité de mettre un peu plus de contrôles, de les faire respecter et de mettre des amendes. - C.Roux: Un mot sur l'Europe avant d'aller au 2e reportage.

Est-ce qu'on est sortis de la naïveté? Je sais que c'est compliqué, à 27. On n'a pas tous les mêmes relations avec la Chine.

Mais est-ce que sur ce problème et cette difficulté, ce qui est produit en Europe notamment, est-ce qu'on est sortis d'une forme de naïveté? Est-ce que l'Europe est en train de mettre en place les moyens pour se protéger? - S.Matelly: On est clairement sortis de cette naïveté depuis plusieurs années.

La matérialisation de ça, c'est l'instrument anticoercition qui nous permet de mettre en place un certain nombre de mesures pour limiter l'accès au marché. C'est aussi le contrôle des investissements étrangers avec le contrôle de nos technologies. Il n'empêche que l'Europe est une puissance commerciale aussi, que l'Europe a un excédent commercial, c'est-à-dire qu'elle exporte beaucoup plus qu'elle n'importe.

A la différence des Etats-Unis, qui ont un méga déficit et qui peuvent fermer pour se protéger, on navigue toujours entre deux eaux. Il y a un certain nombre de pays grands exportateurs qui hésitent à se fermer aux marchés étrangers. Sur la filière automobile, c'est très intéressant.

On a mis en place un certain nombre de mesures pour taxer les véhicules chinois qui arrivent en Europe et on voit que ça commence à bouger. On voit que l'importation de voitures électriques chinoises a un petit peu ralenti. On est peut-être sur la bonne voie en la matière. - C.Roux: Il y en a un qui a commencé un bras de fer avec la Chine, c'est D.Trump.

Dans son affaire commerciale avec le reste du monde, il s'est heurté à la Chine et il a dû composer avec les exigences de Pékin. Les 2 géants ont fini par s'entendre avec une sorte de trêve d'un an. Le président américain revendique la victoire, mais la Chine conserve un moyen de pression redoutable: les terres rares. - C'est officiel depuis ce matin: les Etats-Unis et la Chine annoncent faire une trêve dans leur guerre commerciale, près d'une semaine après la rencontre des 2 dirigeants.

Jeudi dernier, en Corée du Sud, D.Trump s'était montré particulièrement complaisant vis-à-vis de son homologue chinois. - D.Trump: C'est un très bon négociateur.

Ca ne va pas être facile. On se connaît bien. - Première rencontre entre D.Trump et Xi Jinping en 6 ans.

Derrière les amabilités se cachent des tensions intenses. Le président chinois avance avec plus de retenue. - Xi Jinping: Monsieur le président, je suis prêt à continuer à travailler avec vous pour établir une base solide pour les relations entre la Chine et les Etats-Unis et contribuer au développement de nos deux pays. - A la sortie, pas de déclaration commune, mais un accord.

Premier dossier: les droits de douane. Washington avait menacé de les augmenter en rétorsion au trafic de fentanyl, une drogue qui fait des ravages aux Etats-Unis et dont les composants sont produits en Chine. - D.Trump: J'avais décidé d'imposer des droits de douane de 20 % en Chine en raison de l'importation de fentanyl.

Aujourd'hui, je les ai réduits à 10 %. - Autre sujet majeur sur la table, les terres rares: des métaux indispensables à l'industrie automobile, du high-tech ou de l'armement. La Chine, en quasi-monopole, avait annoncé limiter les exportations début octobre, provoquant la colère de Trump. - D.Trump: Ils nous ont menacés avec les terres rares et je les ai menacés avec les droits de douane.

Mais je pourrais les menacer avec plein de choses comme les avions. - Pékin accepte de suspendre les restrictions à l'exportation. Est-ce un succès pour le président américain?

L'accord ne vaut que pour un an. Les victoires obtenues n'en sont pas vraiment. Exemple avec le soja.

La Chine s'engage à en acheter de nouveau au producteur américain. Ces derniers mois, en représailles à la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis au reste du monde, elle avait suspendu ses commandes et fait passer un message. - Les Etats-Unis devraient résoudre les questions avec la Chine par le dialogue et la consultation sur la base de l'égalité, du respect des avantages mutuels plutôt que d'exercer sans cesse des pressions, de proférer des menaces ou d'intimider. - A la fin de l'été, D.Trump s'était attaqué au géant chinois du commerce en ligne. - Cela vise les marchandises que les Américains achètent en ligne. - Ca va affecter les revendeurs en ligne comme Shein ou Temu. - Les colis qui arrivent par centaines de milliers de Chine seront désormais soumis aux taxes douanières. - D.Trump: C'est très important de le faire.

C'est une grosse escroquerie contre les petites entreprises de notre pays et nous y mettrons fin. - Fin mai, la Commission européenne avait proposé de taxer les paquets d'une valeur inférieure à 150 euros sans adopter la mesure depuis. L'année dernière, 4,6 milliards de petits colis ont été livrés en Europe. - C.Roux: La rencontre avec Xi Jinping, c'était il y a plus d'une semaine...

Qui a gagné? D.Trump a dit que c'était une victoire.

En même temps, on a compris qu'il y avait un coup de pression de la part de la Chine, notamment sur les terres rares. - S.Matelly: D.Trump ne dit jamais qu'il a perdu.

Les Chinois ont obtenu une trêve d'une année. A savoir si elle tiendra. Avec D.Trump, ça peut évoluer très vite.

Ils ont lâché sur les terres rares. Ils avaient certains intérêts à ne pas faire durer trop longtemps cette restriction sur les exportations de terres rares. Ils ont lâché sur le soja.

Il n'ont pas lâché grand-chose, en réalité. Par contre, D.Trump a sacrément réduit les droits de douane, même si, à la fin, il y a quand même des droits de douane sur les produits chinois.

Il n'y a pas de gagnant et de perdant, dans une guerre commerciale. Mais les Chinois ont quand même le temps pour eux et ont joué de ce temps pour se positionner. - V.Niquet: Ils ont baissé les droits de douane de 10 % sur la taxe prévue.

Donc c'est quand même élevé. Les droits de douane sont encore à plus de 57 %. Les 2 ont perdu ou gagné...

Le moratoire d'un an sur l'exportation de terres rares est quand même important. La Chine avait déjà utilisé cette arme des terres rares sur le Japon. Mais la Chine casse les prix...

C'est devenu totalement inintéressant, sans parler des questions environnementales et sociales, dans l'exploitation des terres rares, de produire des terres rares ailleurs. Pour l'acheter, c'est aussi des entreprises étrangères, qui trouvaient que c'était mieux de payer pas cher des terres rares chinoises et de laisser fermer toutes les entreprises à l'extérieur de la Chine qui en produisaient ou qui les transformaient. D.Trump, avec la Malaisie, va sans doute chercher des moyens de contournement. - C.Roux: Ils ont un énorme moyen de pression, avec les terres rares, sur les Européens et le reste du monde...

C'est notamment très utile dans le développement de l'IA. - V.Niquet: Mais les Chinois agissent de manière tellement brutale que ça provoque des réactions.

Il faut peut-être ça pour que l'Europe et les Etats-Unis se disent: "Les terres rares, il ne faut pas leur laisser le monopole absolu." La même question sur les technologies...

Il s'agit véritablement de prendre conscience et de prendre des mesures. Peut-être que D.Trump va réussir à trouver des solutions pour réorienter. - L.Robequain: On a tous des moyens de pression.

La Chine a des terres rares. Les Etats-Unis ont les puces Nvidia. La Chine en a besoin.

C'est pour ça que c'est un jeu d'égal à égal. L'Europe a un moyen de pression immense qu'elle n'utilise pas: son marché de consommateurs. 450 millions de consommateurs.

Ca devrait être le moyen de pression ultime. Les Gafam ne peuvent pas vivre sans l'Europe. Mais l'Europe a scrupule à utiliser ses moyens de pression.

Il y a beaucoup de critiques adressées à l'égard d'U.von der Leyen, qui a plié les genoux face à D.Trump cet été.

Ca ne repose pas que sur elle. La faute est générale. Il y a une difficulté à avoir les 27 travailler ensemble, et cette peur de hausser le ton...

Nous sommes les bons élèves. Nous respectons les règles. Nous faisons des enquêtes, et ensuite, nous agissons. - C.Roux: Question. - N.Bouzou: Je suis plus indulgent envers l'UE.

Par rapport aux Etats-Unis, le deal qu'on a fait est plutôt pas mal, comparé aux autres. Sur la Chine, on ne peut pas se fâcher avec tout le monde en même temps. On n'a plus de lien avec la Russie...

C'est normal. Les relations avec les Etats-Unis sont compliquées. Avec Trump, rien n'est jamais réglé.

On ne sait jamais ce qu'il peut se passer. On ne peut pas se fermer complètement à la Chine. Vous avez un pays au coeur de l'Europe très dépendant de la Chine en matière d'exportation: l'Allemagne.

L'Allemagne exporte énormément vers la Chine. On comprend que la présidente de la Commission, U.von der Leyen, qui est accessoirement allemande...

On comprend qu'elle essaie de faire attention en matière de relations. On ne peut pas donner des coups de menton avec tout le monde. On ne peut pas être en permanence perdants.

Je vois bien Que je ne convaincs personne... - C.Roux: Quand on reprend le fil de notre discussion, on a le sentiment qu'on est perdants.

Sur la partie consommation, on a parlé des millions de colis qui débarquent... - N.Bouzou: C'est trop tard.

Je suis d'accord avec ça. Mais je pense qu'aujourd'hui, L'idée d'avoir une UE qui passe par des procédures légales et non pas, comme le fait Trump, par manipuler les droits de douane tous les 3 jours...

On verra les résultats de la politique américaine. Pour l'instant, il n'y a pas de réindustrialisation, aux Etats-Unis. Il ne se passe rien.

Une autre force de la Chine par rapport aux Etats-Unis et par rapport à nous...

Xi Jinping le dit explicitement. Ils ont une vision de long terme. Ce n'est pas une démocratie.

Ils font moins attention à l'opinion publique. Leur horizon n'est pas un horizon à 1 ou 2 ans, c'est un horizon à 10-20 ans. - S.Matelly: La question de l'Europe dépasse largement la simple naïveté ou l'idée qu'on ne serait pas assez courageux.

L'Europe, on a beau l'appeler "UE", c'est quand même 27 pays. C'est 27 législations. Le marché unique n'est pas finalisé sur un certain nombre de secteurs.

Quand on fait ce marché unique, ça veut dire qu'on s'ouvre aux autres Européens et on a des entreprises françaises qui se retrouvent en concurrence avec les Allemands, les Italiens, et qui ne font pas le poids. - C.Roux: Ce qui est compliqué à entendre, c'est qu'une partie du débat public est portée par des forces publiques qui disent: "On va se protéger, se fermer." Il y a des commerçants qui disent: "Donnez-nous les moyens de nous défendre.

Aidez-nous." C'est à eux que certains s'adressent en Europe. - S.Matelly: Le sujet, c'est...

Passer à l'échelle européenne, ça veut dire protéger les intérêts européens. Mais est-ce que, dans cette protection des intérêts européens, le petit commerçant français va être mieux protégé que quand il est protégé par des réglementations françaises? C'est le sujet.

A un moment donné, c'est la question de la souveraineté. On pense la souveraineté européenne comme un renoncement à notre souveraineté nationale. - C.Roux: Le bon échelon pour se défendre, c'est l'échelon européen? - S.Matelly: Oui, mais ce n'est pas évident sur tous les secteurs et sur tous les dossiers.

C'est ce qui pose problème. C'est ça, mes réticences. - V.Niquet: Je ne suis pas spécialiste de l'Europe et de l'économie... - C.Roux: Vous êtes spécialiste de la Chine. - V.Niquet: Cette vision de la Chine à long terme...

Le Parti communiste chinois veut rester au pouvoir. Il a la vision des soulèvements possibles s'il y a du chômage chez les jeunes. C'est pour ça qu'ils mettent l'accent sur l'exportation, pour maintenir la stabilité sociale.

Il y a une pression. En Europe, il y a une erreur stratégique. L'une d'elles, c'est d'avoir tout misé sur la Chine pendant des dizaines d'années.

On y croyait. C'était le principal marché. Il fallait tout céder pour s'ouvrir au marché chinois.

On a fait venir des investisseurs chinois, mais ils s'en vont en abandonnant tout avec des gros problèmes économiques qui restent...

Cette monomanie, y compris dans le luxe, on le voit. Des magasins à Paris qui ont construit des départements pour accueillir des touristes chinois, qui viennent beaucoup moins aujourd'hui...

Toute cette vision très étroite d'un marché eldorado...

On a tout misé dessus, comme si ça ne devait pas se terminer. On ne va pas regarder ailleurs...

C'est un des problèmes...

On a ces problèmes en raison... - C.Roux: Est-ce qu'il y a un projet politique et commercial de la Chine vis-à-vis de l'Europe?

On dit toujours que D.Trump n'aime pas l'Europe, qu'il a des relations bilatérales avec les uns et les autres, que l'Europe ne l'intéresse pas à part pour augmenter les droits de douane et faire des deals...

Il y a un projet vis-à-vis de l'Europe de la part des Chinois? - V.Niquet: L'Europe a une fonction pour les Chinois: équilibrer les Etats-Unis, permettre de jouer l'un contre l'autre.

C'est aussi un marché qui doit rester ouvert. Nos 2 missions pour la Chine, c'est être un grand marché ouvert sans contrainte, fournir des technologies, éventuellement, jouer avec la Chine contre les Etats-Unis. - S.Matelly: Et en même temps, les Chinois ont toujours essayé de jouer du bilatéral plutôt que de l'européen et de nous diviser. - C.Roux: C'est une constante.

Aucun secteur n'échappe totalement à la puissance commerciale chinoise, pas même le luxe. En quelques années, la Chine est devenue le 1er producteur mondial de caviar. Elle interdit toute importation d'oeufs d'esturgeon et subventionne cette activité, au grand dam des producteurs français d'Aquitaine. - C'est un produit d'exception, la perle noire de la gastronomie française: le caviar, qui habille les meilleures tables, comme celles de ce chef étoilé, Matthieu Pasgrimaud.

Au menu du jour: boeuf, betteraves, caviar. - Le caviar vient jouer avec la betterave et le boeuf. La minéralité va faire qu'il va y avoir une subtilité. - Dans son assiette, du caviar français. - Je privilégie le France tout court.

C'est normal de travailler avec un caviar français. - Pourtant, depuis quelques années, le caviar français subit la concurrence du caviar chinois. En seulement 10 ans, la Chine est devenue le 1er producteur mondial, grâce à des fermes géantes, comme celle-ci, et à la puissance politique chinoise de subventions.

Un succès vanté par la télévision chinoise. - Cette entreprise produit plus de 100 t de caviar par an, qui sont envoyées partout dans le monde. Le caviar chinois devient de plus en plus populaire dans le monde entier. - Difficile de rivaliser pour la demi-douzaine de producteurs français, comme pour Laurent. - A la base, on n'a pas les mêmes coûts d'élevage.

L'aliment, le 1er poste de coût, 2,10 euros le kilo, c'est 2 fois et demi ce que paye le Chinois pour un produit de meilleure qualité. On utilise de l'eau avec des normes de qualité, des taxes sur le pompage et sur le rejet. Le poste suivant, c'est les salaires.

Au total, on a un coût de revient qui n'a rien à voir avec celui des Chinois. - L'appétit des Chinois bouleverse l'avenir de la filière française. - Je suis inquiet pour mon entreprise.

Je vois ce qu'il s'est passé dans d'autres secteurs. On peut parler du photovoltaïque...

Beaucoup d'entreprises de notre secteur souffrent énormément. Ca va mettre du temps à se répercuter sur des faillites, mais ça va arriver. - Chaque année, 7 t de caviar sont produites dans le laboratoire de l'entreprise. - On tamise les grains pour les extraire.

On va les laver, les saler, les mettre dans des boîtes qui servent à la maturation du caviar. - 10 % de ces boîtes partent à l'étranger, sauf en Chine, qui interdit toutes les importations sur son territoire. L'UE taxe à 17 % le caviar chinois. - Il faut cesser d'être naïfs.

En face de nous, on a des régimes très...

Pas autoritaires, mais qui ont une vision...

Les Etats-Unis ou la Chine...

Nous, au milieu, on a un marché fantastique. Pour le moment, on se fait piller notre marché par ces gens. Il faut qu'on réagisse.

Sinon, on décide de ne plus produire en Europe. On achètera tout en Chine ou aux Etats-Unis. - Pour sortir la tête de l'eau, les producteurs de caviar européens souhaitent une action au niveau de l'UE afin d'augmenter les droits de douane sur le caviar chinois. - C.Roux: Il y a tout, dans ce reportage, y compris l'absence de réciprocité.

On ne peut pas exporter du caviar français en Chine, mais eux peuvent inonder le marché. - V.Niquet: Les Chinois appliquent au caviar ce qu'ils appliquent aux terres rares.

Ils cassent les prix et la concurrence étrangère. Comme le caviar n'est pas encore un produit stratégique comme les terres rares, on ne fait rien. Mais ça tue des commerces, une industrie, des revenus.

Ca crée de la pauvreté. On va aller acheter des produits Shein... - C.Roux: Et la boucle est bouclée.

Sur le secteur du luxe...

On était sur l'habitude du made in China, des produits pas chers de mauvaise qualité, et là, on a le sentiment que la Chine va cabosser le secteur du luxe. - V.Niquet: La Chine n'est plus un copieur.

Ils excellent dans de nombreux domaines. Ils sont leaders dans de nombreux domaines, les drones, le photovoltaïque... - C.Roux: Il y a une crainte sur l'industrie du luxe, un des fleurons français? - L.Robequain: LVMH continue d'avoir des ventes massives en Chine.

Les marques chinoises de luxe se concentrent sur le marché de consommation chinois, qui est immense. Il n'y a pas beaucoup de marques de luxe chinoises qui inondent les Galeries Lafayette ou les grandes enseignes parisiennes. Ca va venir, certainement.

La Chine investit tous les domaines de l'industrie en Europe. Le luxe va certainement arriver. - N.Bouzou: Là où la Chine monte très fort en valeur ajoutée, c'est la santé et les biotechnologies.

C'est les entreprises qui sont les plus perfectionnées sur les cancers, sur la longévité. Pendant très longtemps de la Chine exportait les principes actifs, la pénicilline, par exemple. Aujourd'hui, les entreprises de biotechnologies chinoises vendent des brevets à des grands laboratoires européens et américains.

On commence à voir que nos grands laboratoires pharmaceutiques, une petite part de l'innovation très poussée, ça vient de la Chine. C'est nouveau. Ce qui est très impressionnant en Chine, on l'a vu avec le textile, c'est que l'économie reste très forte, pour de très mauvaises raisons, sur des secteurs bas de gamme.

Mais en même temps, ça ne les empêche pas de monter très fortement sur des domaines qui sont la frontière technologique, le mieux de ce que l'on peut faire en technologie. - C.Roux: Dans l'IA, aussi. - V.Niquet: Cette capacité à produire et la recherche dans les biotechnologies, c'est une des priorités de la recherche chinoise.

Ils ont les moyens de le faire parce que les règles ne sont pas les mêmes et que les essais, par exemple, sont beaucoup moins contrôlés. On retrouve les mêmes problèmes et les mêmes facilités pour les produits chinois. - S.Matelly: La particularité de la Chine, c'est que dans tous les secteurs, c'est la guerre des prix.

L'IA, ils ont proposé un équivalent de ChatGPT chinois à un dixième du prix de l'investissement américain. Par rapport à ça, il faut apprendre à gérer. Il y a les règles, mais il faut aussi voir qu'ils soutiennent massivement leur économie.

La question de la réciprocité tient aussi à ça. Nous devons peut-être soutenir aussi ça. - C.Roux: Avec par exemple un grand plan d'investissement européen pour concurrencer la Chine sur l'innovation... - S.Matelly: La santé, c'est notre survie.

Il y a des coopérations à faire. Pourquoi ne pas travailler avec eux? Pourquoi ne pas investir sur le territoire? - L.Robequain: C'est déjà le cas.

Il y a des ingénieurs chinois qui viennent en France pour nous conseiller sur la manière de construire au mieux nos usines de batteries. - C.Roux: C'était l'inverse il y a quelques années. - L.Robequain: Avant, ils copiaient nos ingénieurs.

Désormais, ces ingénieurs chinois viennent dans nos usines. - C.Roux: On revient à vos questions.

Question. C'est un hasard du calendrier? C'est une provocation? - L.Robequain: Est-ce un hasard si les poupées pédopornographiques sortent avant la commercialisation au BHV? - C.Roux: On n'a pas les réponses.

On a posé des questions...

On ne va pas s'en sortir. Question. - N.Bouzou: Pour le coup, ça, la raison, c'est qu'ils pensent que ça va marcher et que ça va être rentable pour le BHV.

C'est peut-être vrai. On n'en sait rien. C'est quand même une marque plébiscitée par nos concitoyens.

Après, je pense que ce n'est pas une très bonne idée. L'intérêt pour le BHV, je le vois, mais faire entrer le loup dans la bergerie...

Il y a déjà des loups dans la bergerie, mais celui-ci est bien gros. Du point de vue de ses propres intérêts, je ne suis pas sûr que ce soit l'idée du siècle. - V.Niquet: Le BHV veut recréer de la circulation dans le magasin.

La circulation rue de Rivoli...

Ca ne joue peut-être pas en faveur de la fréquentation. - C.Roux: Question. - L.Robequain: Il y a des tonnes de critiques adressées à Shein, dont celle du danger. 70 % des produits sont non conformes aux normes européennes.

C'est peut-être le pire. Ca devrait convaincre les Français de ne pas acheter sur Shein. Ca représente un danger pour nos enfants.

Les prises USB qui s'enflamment, c'est quand même un argument choc pour les consommateurs. - C.Roux: Question. - S.Matelly: La fast fashion...

On est passés de la fast fashion à l'ultra fast fashion. C'est encore plus consommateur d'énergie, au niveau de l'environnement. - C.Roux: Il y a des marques françaises qui font produire en Chine et qui doivent respecter les normes.

Question. L'ancien ministre de l'Intérieur, proche d'E.Macron, a été à un moment en charge du comité RSE de Shein. - V.Niquet: Les entreprises chinoises recrutent des hommes d'affaires, et pas uniquement chez Shein.

Ca se fait ailleurs. Certains, avec les entreprises du pétrole en Russie... - C.Roux: C'est du lobbying? - V.Niquet: Tout à fait.

Ils repèrent tous ceux qui ont besoin d'avoir une activité, bien rémunérée, généralement. - C.Roux: Il a quitté le groupe Shein.

Question. - V.Niquet: C'est une entreprise qui a été créée à Nankin.

Mais elle n'a été créée que pour exporter. Leur siège est maintenant à Singapour, pour des raisons fiscales. Le siège de Temu est en Irlande.

C'est une stratégie entièrement conçue pour envahir le marché occidental, notamment européen. Quand on va sur le site Shein chinois, on est redirigé vers le site international. Les Chinois n'achètent pas...

Ils achètent sur des plateformes chinoises installées à l'intérieur du territoire. - C.Roux: Pourquoi faire ce différentiel? - V.Niquet: Le marché chinois est hyper occupé par d'autres entreprises.

Donc Shein se tourne exclusivement vers l'exportation. - C.Roux: Ce sont des entreprises subventionnées par l'Etat. - V.Niquet: Ce sont surtout des petits ateliers dans la région du Guangdong. - C.Roux: Question. - V.Niquet: Oui. - C.Roux: C'est interdit en France.

Question. On en parlait tout à l'heure. Dernière question. - L.Robequain: Non. - C.Roux: Il ne suffit pas de le dire. - L.Robequain: Il faut suspendre la plateforme. - C.Roux: Merci à tous.

Fin de cette émission. Vous retrouvez A.-E.Lemoine et l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Au programme ce soir: le profil très étonnant de l'un des braqueurs présumés du Louvre.

Il se faisait appeler "Doudou Cross Bitume". On vous raconte son histoire. Et l'émotion des familles de C.Kohler