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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 23 janvier 2026 53 minComplaisantDivertissementOutre-merAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesCulture, médias & sport

Frantz Gumbs, député "Les Démocrates" de Saint-Barthélemy et Saint-Martin | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a beaucoup de terres agricoles dans votre circonscription ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    On parle de la pêche dans votre circonscription. Comment s'organise-t-elle ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des bateaux-navires chinois qui viennent piller vos fonds marins ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce sont des systèmes qui vous intéressent, l'aquaponie ou l'hydroponie ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut parier sur l'aquaponie pour assurer la souveraineté alimentaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Frantz GumbsFait
    « Saint-Martin, partie française, est une région ultra-périphérique de l'Europe, Saint-Barthélemy, qui est français aussi, est un pays et territoire d'outre-mer, PTOM, c'est pas la même catégorie, c'est même pas les mêmes règles. »
  • 11:00Frantz GumbsFait
    « Traditionnellement et de manière historique, les populations vont et viennent de Saint-Martin à Anguille depuis toujours. »
  • 14:00Frantz GumbsFait
    « La consommation locale de poisson... Si elle n'est pas de la pêche du jour ou d'hier, elle est dans le supermarché, elle est congelée. »
  • 17:00Frantz GumbsFait
    « Il y a une ferme en aquaponie et puis il y a une ferme en hydroponie également. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique --- --- Bonjour et bienvenue dans Politiques à Table, l'émission qui vous emmène en voyage. Voyage culinaire, bien sûr, pour découvrir de nouvelles saveurs, comprendre d'autres modèles d'agriculture. Cette semaine, on fait nos valises et on part avec le député Frantz Gumbs.

Bonjour ! -Bonjour Valérie. -Et bonjour Jean-Pierre Montanay. -Bonjour. -Avec vous, Frantz Gumbs, on part dans les Antilles françaises.

Plus précisément dans la circonscription de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Deux éclats d'écume qui flottent là où l'océan Atlantique vient caresser la Mer des Caraïbes. Un petit coin de paradis où vous avez d'abord enseigné en tant que prof de maths avant de devenir chef d'établissement scolaire.

Des années de pratiques qui vous ont préparé à la discipline politique, pas facile à obtenir dans une classe dirigeante souvent dissipée. En 2007, vous quittez la salle des profs pour rejoindre le conseil territorial de Saint-Martin où vous mettrez un peu d'ordre dans les programmes jusqu'en 2012. En 2022, vous êtes élu député Modem de la première circonscription de Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

Et rejoignez naturellement la commission des affaires culturelles et de l'éducation. En 2024, quand la France repasse son examen démocratique après la dissolution, vous êtes réélu et vous attelé alors au dossier de continuité territoriale d'énergie pour les Outre-mer. Vous appliquez en politique les recettes de vos îles, beaucoup de patience pour faire mijoter les plats comme les idées et une touche de piment pour relever les débats.

C'est exactement ce qu'on retrouve dans le menu du jour, n'est-ce pas ? -Oui, avec un court-bouillon de dorade, avec un gratin de pommes de terre et en dessert, un gâteau à l'ananas antillais et même une salade de fruits tropicaux. -On a peut-être trouvé une solution pour atteindre la souveraineté alimentaire.

Elle s'appelle l'aquaponie et on vous en parle plus tard. -Puis, la découverte d'un fruit exotique inconnu en métropole, le Guavaberry, petites baies rouges et noires qui sont le trésor de Saint-Martin. -Voilà pour le menu.

On passe à table avec Cuisine et confidences. Jingle -Frantz Gumbs, je dois vous avouer que lorsque j'ai appelé le chef du Bourbon, le restaurant voisin qui concocte pour l'émission les petits plats souhaités par nos invités, pour le prévenir que notre hôte du jour était député de Saint-Barthélemy, il a subitement défailli, paniqué. Eh oui, Saint-Barth, comme disent les habitués, c'est un mythe, une île de ouf, l'une des plus belles des Caraïbes, un caillou cerné de plages de sable fin baignées par des eaux turquoises.

Ce n'est pas une circonscription, c'est une carte postale, un petit bout de paradis rendu célèbre par un milliardaire, David Rockefeller, pour les milliardaires, un entre-soi doré sur tranche. Vous comprenez bien que dans ces conditions, le chef soit en panique. "Que va me demander Frantz Gumbs ?" Ce député qui fait la tournée dans sa circo en passant de palace en palace avec des piscines de dingue à débordement où de grands chefs venus du monde entier préparent des linguines au caviar comme d'autres des coquillettes au beurre.

L'écart des tables donne le tournis. Cuisine japonaise fusion avec des California au crabe. Les restaurants français servent du foie gras à gogo à 7 000 kilomètres du Périgord.

Bref, n'en jetez plus. Notre chef a exigé une RTT, un retrait temporaire de tambouille, en attendant votre départ. Mais ouf, votre commande a tout changé.

Quel soulagement pour notre cuisinier. Et oui, on atterrit sur un court-bouillon de dorade avec un gratin de pommes de terre. Clin d'oeil à la fois à la cuisine créole et à la française, mais surtout tellement loin du bling-bling de Saint-Barth.

Il n'y a pas que du bling-bling alors chez vous, en cuisine ? -Du tout, comme vous dites. Et n'oubliez pas que lorsqu'on va à Saint-Barth, on trouve une ambiance, puisque c'est une destination plutôt haut de gamme.

Et lorsqu'on vient à Saint-Martin, c'est une autre ambiance, très différente. On trouve beaucoup de petits restaurants locaux qui servent de la cuisine locale. -Comme le court-bouillon. -C'est ce que j'allais dire.

On va le goûter ce court-bouillon qui a été préparé par le restaurant Le Bourbon, qu'on remercie évidemment, comme à chaque émission, avec une dorade, je crois, si je ne dis pas de bêtises. Est-ce que... -C'est pimenté, Valérie.

Faites attention. -Moi, le piment, je fais attention à ça. -Le piment est indispensable. -Oui, alors ça dépend pour qui. -Pour moi.

Pas pour tout le monde, c'est vrai. -On n'a pas les mêmes palais, M. Gumbs. -Dites-nous, est-ce que c'est comme sur votre île ? -Ca a un bon goût, mais le court-bouillon de poisson, chez moi, se prépare avec des poissons entiers.

Des petits poissons. -C'est quoi les poissons antillais ? -Des petits poissons antillais, il y a un poisson qu'on appelle grande gueule, par exemple. -Grande gueule ? -Parce que sa gueule est grande ouverte. -OK ! -Pas constamment, mais quand on l'a pêché, sa gueule est plutôt ouverte.

Il y a un poisson qu'on appelle le vivaneau, par exemple. -Oui, on le connaît. -C'est un poisson rouge que les restaurateurs aiment parce que la chair est ferme et que ça se prépare bien au four, des choses comme ça.

Il y a d'autres petits poissons qu'on appelle les poissons de nasse. Beaucoup de pêcheurs, traditionnellement, pêchent à la nasse. -Ah oui ? -Qui n'est pas exactement comme un filet, c'est comme une cage, c'est ça ? -Oui, avec un maillage métallique plutôt. -Mais alors, hormis, est-ce qu'il y a quand même, ça s'appelle court-bouillon, il n'y a pas un peu plus de bouillon, normalement ? -Non, non, ça dépend, ça va, il n'en faut pas trop non plus, mais ça dépend de l'accompagnement aussi, de manière, historiquement, disons, avant les années 60, pour nous, les années 60 du siècle dernier, c'est un tournant en matière d'économie.

Auparavant, il n'y avait pas d'économie, ni agricole, ni touristique, ni de quelque nature que ce soit. Et à partir des années 60, se développe le tourisme. Et donc, traditionnellement, les deux îles ont vécu presque en autarcie totale sur eux-mêmes.

Et donc, les gens mangeaient ce qu'ils pouvaient produire sur le territoire. Et en ce qui concerne Saint-Martin, le court-bouillon de poissons, qu'on appelle à Saint-martin "boiled fish". -OK. -"Le poisson bouilli". -L'île de Saint-Barthélemy est anglophone, à prédominance anglophone.

Et donc, le boiled fish se préparait avec surtout de la farine de maïs qui permet de faire ici, on appelle ça polenta. Voilà, et donc avec une sorte de polenta dans laquelle on pouvait, ou en tout cas qu'on pouvait agrémenter avec certains légumes, comme par exemple un légume qui s'appelle le gombo. -Un peu gélatineux parfois.

Si on cuisine mal, c'est pas... -Il faut que ça soit bien cuisiné.

Avec du citron, avec du piment aussi, des choses comme ça, avec de l'oignon, des choses comme ça. Coupé en rondelles, on incorpore ça dans cette crème de maïs ou cette farine de maïs. Ou alors, on faisait ça traditionnellement en incorporant des feuilles qu'on appelle des feuilles de calalou.

Je ne sais pas si vous connaissez. -C'est quoi ? -Des feuilles qui se cuisinent un peu comme les épinards. -D'accord. -Voilà, c'est ça.

Mais ça se trouve... -Pas ici, quoi. -Non, non, ce sont des îles sèches.

Il n'y a pas d'eau de surface, il n'y a pas d'eau courante. L'eau potable, elle est produite par une usine de dessalement d'eau de mer qui permet de produire...

Sur les deux îles, d'ailleurs. -Avant qu'il y ait... une question qui sort de cette émission, avant l'usine de dessalement, comment les populations autochtones faisaient pour désaltérer, pour boire ? -Traditionnellement et de longue date, historiquement, tout le monde avait une citerne. -Ils récupéraient l'eau de pluie. -Comme il y a la saison des pluies,...

OK ! -On fait de la réserve. Mais à Saint-Martin, ce n'est pas surtout les citernes.

Il y a beaucoup de forages. Traditionnels ! Parce qu'il y a des nappes phréatiques extrêmement importantes. -Vous êtes un fin connaisseur quand même de la cuisine, de la gastronomie, mais vous cuisinez vous-même ? -Je ne suis pas un bon cuisinier du tout.

Par contre, ma femme est un bon cordon bleu. Absolument. Et donc, je préfère la laisser faire ces choses-là. -Le court-bouillon, c'est hors de votre portée, par exemple ? -Je n'oserais pas le faire. -Ah ouais ?

Gratin de pomme de terre, c'est un clin d'oeil à la France. -Oui, gratin de pomme de terre...

Le court-bouillon de poisson, contrairement à ce qui se passe, me semble-t-il, en France, mais je n'en sais rien, je ne suis pas très fort en cuisine, toutes les viandes, poisson ou viande, doivent être assaisonnées et souvent marinées dans leur assaisonnement depuis la veille pour le lendemain. -Absolument. -Et donc la chair est imbibée de cet assaisonnement et ce n'est pas en cours de cuisson qu'on rajoute les ingrédients.

Et donc, je ne suis pas très fort en cuisine, mais ma femme fait ça très bien. -Vous savez faire un oeuf ? -Si, si, si. -Quand même, on est rassuré c'est une émission de cuisine ici. -De temps en temps, il y a des gens qui m'envoient me faire cuire un oeuf quelque part.

J'ai appris à cuire un oeuf. -Ca arrive. On parlait de la pêche, des nasses, il y a plein d'autres manières aussi de pêcher.

Est-ce que vous pouvez nous parler de la pêche dans votre circonscription ? Je lisais que les deux territoires sont à la fois territoire français et zone ultramarine de l'Union européenne. Ca donne quoi niveau réglementation ? -Compliqué, d'autant plus que l'arc des Antilles, c'est une ligne d'îles qui permet de séparer l'Atlantique de la Mer Caraïbe.

Et de l'autre côté, il y a l'Amérique, le continent américain. Mais dans cet arc Caraïbe, il y a, disons, une vingtaine d'îles sur à peu près 850, 860 kilomètres en longueur, étirées comme ça. Ca, c'est les petites Antilles.

Et puis, il y a les grandes, comme Cuba, Puerto Rico, la Jamaïque et autres. République dominicaine, Haïti, etc. Mais cet arc des Caraïbes, cette vingtaine d'îles sur une longueur de 850 kilomètres, elles sont très proches l'une des autres.

C'est-à-dire qu'il n'y a jamais plus de 40 ou 50 kilomètres d'une île à l'autre. Et d'autre part, ce sont des petites îles qui souvent sont des pays indépendants. Des petits pays indépendants.

Saint-Martin, partie française, est une région ultra-périphérique. de l'Europe, Saint-Barthélemy, qui est français aussi, est un pays et territoire d'outre-mer, PTOM, c'est pas la même catégorie, c'est même pas les mêmes règles, et la partie hollandaise de Saint-Martin. -D'où ma question, comment on fait pour gérer tout ça ? -Qui est PTOM aussi. -Au moins, ça appartient à un pays européen. -Notre voisin le plus proche, Anguilla, qui se trouve à dix kilomètres en bateau et dix minutes de traversée.

Ce n'est pas un PTOM, c'est une possession britannique, anglaise, Grande-Bretagne, qui n'est plus européenne. Et par conséquent, ils n'ont rien à voir avec l'Europe. -On comprend la géographie, vous nous l'avez très bien expliqué.

Concrètement, comment s'organise la pêche chez vous ? -Traditionnellement et de manière historique, les populations vont et viennent de Saint-Martin à Anguille depuis toujours. Autour d'Anguille, il y a des zones de pêche très poissonneuses.

Et donc les pêcheurs de Saint-Martin, historiquement, allaient à Anguille faire leur pêche, mais les Anguillais et les Saint-martinois se considèrent comme de la même famille. Mais dans les temps modernes, il s'est produit quelque chose, c'est que les Anguillais ont une constitution qui reconnaît de manière extrêmement forte ceux qui appartiennent et ceux qui n'appartiennent pas. Belongers, non-belongers.

On appartient au pays où on n'appartient pas. Les Saint-martinois ont une facilité, les Saint-martinois traditionnels, ont une facilité à aller à Anguille et à revenir, c'est assez bien toléré. Seulement, Saint-martin a eu un apport extrêmement important dans les années 90, un apport de population du reste de la Caraïbe, notamment Haïti, Saint-Domingue, extrêmement important, mais aussi de France.

Et les Anguillais ne donnent pas les mêmes facilités à ces citoyens-là de Saint-Martin qu'aux citoyens originaux, oserais-je dire, de Saint-Martin. Cependant, la plupart des pêcheurs sont des pêcheurs originaires de l'île. -D'accord. -Et par conséquent... -Pas ceux qui sont arrivés ensuite.

Pour rebondir, est-ce qu'il n'y a pas des bateaux-navires énormes, chinois, qui viennent piller vos fonds marins, ou vous êtes protégés de cette menace ? -Non, non, non. Il n'y a pas ça.

Ce sont des îles qui sont petites, d'abord. Il y a eu dans le temps une entreprise qui stockait dans des congélateurs le poisson pêché effectivement par des Japonais. A l'époque, c'était des Japonais.

Je ne suis même pas sûr que ça existe encore. Et ça n'était pas destiné à la consommation locale. C'était un lieu de stockage et de transbordement, probablement, plus qu'un lieu où on stockait pour la consommation locale.

La consommation locale de poisson...

Si elle n'est pas de la pêche du jour ou d'hier, elle est dans le supermarché, elle est congelée. S'il n'y en a pas assez. Mais il y a un marché de frais où on peut trouver du poisson frais, de la viande fraîche aussi. -Avec des pêcheurs locaux. -Absolument. -On en parlait en tout début d'émission et notamment sur cette assiette précisément.

Moi, je vais avoir du mal...

A manger le poisson. C'est trop fort pour moi. Ca vous paraît inconcevable de déguster un plat sans piment ?

Vous en mettez absolument partout ou pas ? -J'en mets partout. Mais tous les Antillais n'en mettent pas partout. -Non, bien sûr.

Mon compagnon, qui ne vient pas des Antilles pour le coup et qui met du piment partout parce que c'est comme ça que se révèle la nourriture à lui. -Je mange du piment tous les jours. -Les piments antillais sont réputés pour être très très forts.

Sur l'échelle de Scoville, ils sont souvent très très hauts. Ce n'est pas le piment d'Espelette. -Lorsqu'on achète des piments préparés, dans un supermarché, il est indiqué la force du piment.

En trois catégories. Le plus faible, le moyen et le plus fort. J'achète le plus fort. -D'accord.

Et vous en mettez donc absolument partout ? -Je peux mettre dans mon sandwich jambon-fromage. -Ils rient. -OK ! -On ne sait pas si c'est bon pour la santé, le piment.

Il y en a qui disent que ça cautérise l'estomac. D'autres qui disent, au contraire, ça fait des trous dans l'estomac. Vu votre expérience, les populations autochtones, quand elles mangent du piment, ça provoque des désagréments ou ça dépend des individus ? -A ma connaissance, non. -Alors, je reviens.

Vous nous avez demandé aussi un gratin dauphinois, là, on est sur les entrées, mais ça, c'est un petit clin d'oeil à la France, à votre petit pied-à-terre parisien, non ? -Non. -Non, pas du tout ? -Non.

Ma mère travaillait à la mairie et elle perd son travail en 1959. Mon père était charpentier. Un excellent charpentier devant l'éternel, paix à son âme.

Et elle perd son travail donc on n'est pas riche. La pomme de terre, c'est le légume le moins cher qui se trouve y compris dans les Antilles. Donc quand j'étais petit, j'ai mangé beaucoup de pommes de terre et par conséquent, j'aime beaucoup la pomme de terre.

C'est aussi simple que ça. -Est-ce qu'il y a beaucoup de terres agricoles dans votre circonscription, sur vos deux îles ? -Sur Saint-Barthélemy, non.

Je pense même qu'il n'y a pas de terre classée terre agricole. Il y a des terrains qui sont en réserve naturelle ou quelque chose comme ça, où on ne peut pas construire. Mais spécifiquement agricole, je pense que non.

A Saint-Martin, il y a des terrains classés zone agricole. -Qu'est-ce qu'on cultive là-bas ? Je pensais au giraumon.

Qu'est-ce que c'est ? -Potiron. Vous connaissez le potiron ?

C'est une variété de potiron. Une sorte d'herbe courante. Par terre. -Cousine de la courge, un curcubitacée. -C'est par terre.

Ca peut faire de très gros légumes. C'est très bon. On ne le mange pas en général tout seul.

Si on le met avec la pomme de terre ensemble, c'est doux. C'est un peu plus doux. Mais qu'est-ce qu'on cultive ?

J'ai failli dire qu'on ne cultive rien du tout. Mais ça n'est pas exact, exact, exact. Au moment où... en période coloniale, en période esclavagiste en réalité, toute l'île était couverte de cannes à sucre.

Ca c'est Saint-Martin, Saint-Barthélemy n'a pas des conditions de sol qui permettent de cultiver vraiment sur des surfaces. Il y a guère de surfaces plates de toutes façons. Et donc on a cultivé la canne à Saint-Martin de manière intensive.

Le sucre était très bon, le rhum était très bon. Mais dès que l'esclavage est terminé, cette économie-là périclite brusquement. D'ailleurs, tous les planteurs partent car s'il n'y a pas d'esclavage, on ne peut pas planter la canne, il faut de la main-d'oeuvre.

La main-d'oeuvre la moins chère possible. Donc c'est les esclaves. -C'est un boulot extrêmement dur, il faut le rappeler. -Ah oui, oui, oui.

C'est du soleil, puis il faut couper. C'est très dur, effectivement. Et donc, cette économie-là périclitant, on a une petite période où l'économie a été basée sur la récolte de sel.

Il y a des lagons, des marais salants qui ont permis de récolter beaucoup de sel qui servait pour saler le poisson sur les navires, ou la viande sur les navires qui devaient rester longtemps en mer, ou saler le poisson de Saint-Pierre-et-Miquelon, où il y avait cette industrie de pêche là-bas. Mais lorsque ça a été terminé, dans les années 1880-1890, par-là, ça a périclité et l'île est entrée en autarcie. La plupart des hommes, non, la plupart, beaucoup d'hommes ont quitté le territoire pour chercher du travail ailleurs.

Il y a eu la construction du canal de Panama. Il a été construit... -Il a exigé beaucoup de main-d'oeuvre. -Beaucoup de main-d'oeuvre de toute la Caraïbe.

Il y a eu des distilleries de pétrole sur les îles d'Aruba et de Curaçao, qui sont des îles néerlandaises également, qui sont sur la côte du Venezuela, tout près de la côte du Venezuela. Et le pétrole, il est difficile, si vous voulez, de faire des grands ports sur la côte du Venezuela à cause des fleuves. Enfin, ce n'est pas très profond.

Et donc, ils envoient le pétrole dans une distillerie à Aruba ou à Curaçao. Et beaucoup de Saint-martinois sont allés là, y compris de la partie française. Y compris en se faisant adopter plus ou moins par quelqu'un de la partie hollandaise pour être accepté.

Enfin bon, il y a eu des histoires de cette nature-là. Et la distillerie, si vous allez à Saint-Martin et que vous parlez à quelqu'un qui a 60 ans et vous lui parlez de Lago, la distillerie de Lago, il saura de quoi vous parlez. Beaucoup de gens ont fait beaucoup d'argent dans cette distillerie et ils avaient un dispositif très particulier, je pense qu'ils épargnaient pour le travailleur.

C'est-à-dire qu'ils vous retenaient et quand vous quittiez cet endroit-là, vous avez un pécule. -C'était des pionniers de l'intéressement. -Des gens ont construit leur maison en revenant de Lago. -C'est passionnant. -Les gens qui sont restés sur le territoire, il fallait quand même qu'ils mangent.

Comme c'est un territoire sec mais très vallonné, il y a des endroits frais quand même. Des endroits qui sont frais. Eh bien, la patate douce, c'est pas mal.

Le maïs en terrain sec, ça va aussi. Ca pousse aussi. -Ca demande de l'eau, le maïs. -Oui, mais ça va. -Il y avait du maïs, je sais pas pourquoi.

Même à Anguille, il y avait beaucoup de maïs. Des petits animaux, tels que le mouton, le cabri, ça va très bien. Le cabri n'a pas besoin de beaucoup d'eau, a priori.

Chacun avait ses poules. La banane, ça pousse très bien. Voilà.

C'était de la culture de subsistance. Il était, par exemple, commun de troquer son bout de viande contre le kilo de poisson que le pêcheur a pris... -En tout cas, on voyage vraiment grâce à vous.

Mais on va revenir quand même à cette assiette et pour réaliser un plat comme celui-ci. Alors, on va chez son poissonnier, mais juste avant, on note les choses à savoir, Jean-Pierre. -Oui, exactement.

Le court-bouillon s'appelle court, Valérie, dans le sens où sa préparation est courte et sa cuisson rapide. C'est 'un simple bouillon de légumes pour faire cuire ou pocher des poissons ou des fruits de mer. Aux Antilles, les poissons sont souvent plongés entiers, pour aller plus vite.

Demandez à votre poissonnier, ici à Paris, au lieu de passer par des poissons entiers, des tronçons de poissons vidés, écaillés, genre Dorade, Rascasse, Vivaneau ou encore Pagre, ça sera plus facile. Le poisson doit passer la veille, ça a été dit, ou le matin même par la case marinade, préparé à base de citron, de sel, de piment. Au dernier moment, d'ail.

Dans une cocotte, vous faites revenir des herbes fraîches, de l'ail, des oignons, tomates, clous de girofle, curcuma ou, comme aux Antilles, le roucou, un arbuste qui donne une couleur orangée au plat, vous ajoutez l'eau et vous faites bouillir. Ca fait un bouillon parfumé et coloré. Et ensuite, une fois que l'eau bout, on parlait de "boiled fish", plongez les morceaux de poisson et faites cuire une dizaine de minutes.

Sortez le poisson, disposez-le dans un plat, ajoutez du jus de citron, un peu de bouillon, comme ça a été fait dans notre assiette par le Bourbon. C'est servi en général avec du riz, ou plus original, avec ce gratin de pomme de terre qui rappelle l'enfance de notre invité. -Absolument. -Et puis, pour accompagner cette belle assiette, vous nous avez apporté deux boissons.

Boissons qu'on n'a pas l'habitude d'avoir à table, dans Politiques à Table. Ca change un peu. Expliquez-nous un petit peu.

Alors ici, on a un ponche Kuba, je le dis bien ? -Oui, ce n'est pas fabriqué à Saint-Martin, d'ailleurs. Mais c'est dans la Caraïbe et c'est très courant un peu partout.

Tout le monde a ça chez lui. -Mais qu'est-ce que c'est ? -C'est une boisson à base de lait de coco, probablement.

Il y a de l'alcool, il y a du rhum dedans. -Ca, on fait confiance. -Très bien, voilà.

Justement, en parlant de rhum, vous avez également apporté ceci. Alors, rhum, Guavaberry, c'est ça ? -C'est pas très alcoolisé ça. -Attendez, on va goûter les deux. -Celui-là n'est pas alcoolisé, pas très alcoolisé.

Celui-ci oui. -Ca se boit pas à table, ça se boit pas avec un court-bouillon de poisson, c'est à l'apéro. -C'est ça. -Expliquez-nous, on va faire dans l'ordre.

D'abord, parlez-nous du ponche Kuba. -Oui. Il se boit surtout frais. -Très frais, d'accord. -D'ailleurs, on pourrait mettre un glaçon dedans, parce qu'il est assez épais. -C'est plutôt pour l'apéro ? -Les deux. -Ca se boit à table, ça accompagne les plats ? -Ecoutez, je vous invite chez moi en soirée.

En soirée, je dispose des alcools sur une table. Les gens se servent. Il y a des gens qui vont prendre le ponche Kuba, d'autres vont prendre le Guavaberry, des gens qui vont prendre autre chose, du cognac ou du rhum.

Un ponche, ce qu'on appelle un petit ponche. -D'accord. -On connaît ici le petit ponche. -Le petit ponche.

Rhum vieux ou pas ? -Ah, non, souvent, c'est du rhum agricole blanc. -Oui, c'est délicieux.

C'est absolument délicieux. -Ca, c'est un bonbon, ça. -Oui, c'est très, très bon. -Très sucré, quand même. -Oui, oui, oui. -Parlez-nous du rhum.

Celui-ci, il est fabriqué chez vous ? -Oui, celui-ci est fabriqué à Saint-Martin, absolument. Alors, les baies, on appelle ça, ici en France, je crois, un rhum arrangé. -D'accord.

Oui, c'est quand il est un petit peu amélioré, quoi. -Non, il y a un fruit dedans. -Ca se fait beaucoup maintenant.

On met un vieux rhum un peu ambré, on y met des ananas, du gingembre, de la cannelle, et effectivement, ça parfume. C'est très à la mode maintenant. -Celui-ci, c'est la baie, la baie de Guavaberry. -On va en parler tout à l'heure. -Et il est plus fort. -Pourquoi vous nous avez ramené ces bouteilles-là et non pas du vin ?

On n'en trouve pas du vin chez vous ? -Il rit. Non.

Oui, on trouve tous les vins de France, tous les vins d'Italie, tous les vins d'Argentine. -Mais ils arrivent par bateau. -Bien sûr, ils arrivent par bateau.

Moi, je bois du vin. Je bois du vin régulièrement, avec modération. -Bien sûr. -Mais le transport doit le rendre inabordable, le vin, non ?

Pour les populations. -J'allais le demander. Les bouteilles doivent être très chères. -Non. -Pas tant ? -Non.

Je vous explique pourquoi. J'espère que je ne me trompe pas. Lorsque vous achetez du vin en France, il est soumis à quel taux de TVA ? -A quel taux de TVA ?

Ah, je n'en sais rien. -Voilà, je ne sais pas, mais en tout cas, il est détaxé de TVA quand il arrive à Saint-Martin, parce que Saint-Martin étant une collectivité à statut particulier qui jouit de la compétence fiscalité, fabrique ses propres règles fiscales. -D'accord. -Et donc la TVA n'est pas applicable à Saint-Martin. -D'accord. -Mais il y a une taxe qui s'appelle la taxe générale sur le chiffre d'affaires, TGCA, qui est de 4 %. -On vient de me donner le chiffre, donc c'est 20 % de TVA sur l'alcool en France qui n'est pas répercuté sur les bouteilles que l'on trouve à Saint-Martin. -Si un exportateur exporte vers Saint-Martin, la TVA n'est pas collectée sur ce qui est exporté. -Il y a beaucoup de bières aussi sur les îles ? -Oui.

Une des bières traditionnellement les plus bues à Saint-Martin, c'est une bière hollandaise, Heineken. -Oui, qu'on connaît partout dans le monde. -Partout dans le monde.

Comme il y a la partie hollandaise, c'est un lieu d'exportation pour la Hollande également. Par conséquent, la Heineken a vraiment été la première bière bue. D'ailleurs, ils sponsorisent également de grands événements.

La bière Heineken est un sponsor important. -Evidemment. -Oui, tout à fait. -L'alcool, toujours avec modération, évidemment.

En revanche, la culture G dans l'émission, c'est à volonté et c'est maintenant avec les quiz. Jingle -On vient de le dire, l'île de Saint-Martin est partagée entre deux nations, donc partie sud, cuisine aux accents hollandais, c'est Gouda, et partie nord française où l'on peut dénicher bien sûr dans des boulangeries, la fameuse baguette française à Saint-Martin. Au propos de la baguette, sauriez-vous me dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ?

Le mot baguette, pour désigner un pain long et non rond, apparaît pour la première fois en 1800 en métropole. -Et comment est-ce que vous voulez que je sache ? -C'est de la culture G ! -Non mais c'est pour que les téléspectateurs se...

Mais je vous signale qu'on aurait pu demander ça à un député de métropole, il n'aurait pas forcément eu la même science. -Alors, est-ce que c'est ça ? -Je vous demande, est-ce que c'est vrai ou faux ?

Une chance sur deux. -C'est faux. -Oui, c'est faux !

Un siècle plus tard, il faut attendre 1904, pour désigner un pain long, donc, dit baguette avec de la farine blanche. La baguette, la première baguette, pesait 200 grammes. Aujourd'hui, alors ça, vous pouvez répondre, parce que vous en avez vu, des baguettes.

La taille standard d'une baguette est de 65 centimètres pour un poids autour de 250 grammes. Est-ce que c'est vrai ou faux ? 65 centimètres.

Et j'imagine que la baguette de Saint-Martin est la même que la baguette parisienne. Vrai ou faux ? -Ca me semble vraisemblable. -Vrai, 2 sur 2 pour quelqu'un qui ne connaissait rien.

Une baguette doit comporter trois grignes, c'est-à-dire trois fentes appliquées sur le dessus de la pâte juste avant de passer au four. Essayez de vous remémorer la dernière baguette que vous avez achetée. Il y avait trois grignes ?

Ou plus ou moins ? -Moi, je crois que ça doit être variable, ce truc-là. -Non, les boulangers respectent les traditions. -Alors, c'est trois ? -Je ne sais pas, j'attends la réponse.

Vrai ou faux ? -J'en mettrais 5. -Eh oui, c'est cinq.

Non seulement il répond, il va au-delà. C'est cinq grignes. Ca favorise la cuisson et les levées de croûte.

La baguette, symbole à l'étranger, surtout aux Etats-Unis, de la France, carte postale, fait de la figuration dans le film "Un Américain à Paris" de Minelli. Est-ce que c'est vrai ou c'est faux ? Est-ce qu'on voit une baguette dans le film de Minelli, "Un Américain à Paris" ?

Vrai ou faux ? -C'est vrai. -Oui, c'est vrai.

Dès le début du film, dans une courte scène à Montmartre, en mode carte postale, pour évoquer la ville lumière, le béret, la baguette, etc. Bravo ! -Aurez-vous autant de chance avec le deuxième quiz ?

Peut-être. Je vais vous parler du Johnny-Cake. Voilà !

L'une des plus emblématiques spécialités culinaires de l'île. Sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ? Les Amérindiens Comanches sont à l'origine de cette recette. -Je crains que non. -Vous avez raison, c'est faux.

Il s'agit d'une autre tribu, les Chonis, qui préparaient ce pain pour leurs longues expéditions. Et il est venu jusque dans les Caraïbes. -Parfois on dit "Journey-cake" comme "voyage" et "Johnny" aussi comme le nom Johnny.

Des fois on se demande qui est Johnny ? -A l'origine, ce pain à la farine de maïs était frit dans la graisse de castor. -Il n'est plus à la farine de maïs d'abord.

Il est à la farine de froment actuellement. Mais on peut mélanger les deux. -Mais est-ce qu'il était frit dans la graisse de castor ? -Non. -Vous avez raison. -Mais non, il y a pas de castor. -C'est une très bonne réponse.

Faux, c'était sur des pierres chaudes. Ah, le nom Johnny, dont vous parliez à l'instant, est une déformation de "journey", qui signifiait que ce gâteau pouvait se garder le temps d'un séjour. -Cela est vrai, c'est "journey" qui est le nom d'origine et Johnny c'est une déformation.

En réalité, au moment de cette période d'autarcie où les gens quittaient la plaine, leur maison et allaient dans les montagnes cultiver la patate douce, la banane et autres choses, ils partaient avec des journey-Cake pour le voyage parce qu'ils y passaient la journée en réalité dans leur champ. -Vous avez raison. Attention, peut-être un 100 % gagnant.

Dernière affirmation. Le Bokit est le cousin guadeloupéen du Johnny-Cake. -Oui. -Bravo ! -10 sur 10.

Vous êtes maître Gumbs au quiz. -J'ai de la famille en Guadeloupe et que j'y ai habité. -Ca aide aussi.

En tout cas, bravo pour ces réponses. On poursuit l'émission avec La brève de comptoir. Jingle Alors, M.

Gumbs, pour préparer cette émission, vous a demandé de replonger dans vos souvenirs pour nous raconter ici un moment à table qui mêle cuisine et politique. Et vous nous emmenez évidemment dans votre magnifique circonscription. C'était en 2022. -Oui. -Expliquez-nous. -Les élections territoriales se passent en mars 2022.

Les élections législatives ont lieu en juin 2022. -On s'en souvient bien. -Je me prépare à être candidat avant les élections de mars.

C'est une circonstance un peu bizarre parce que je ne voulais pas être député, mais on m'a dit : "Va faire député." C'est un peu extraordinaire. Au moment où l'élection du Conseil territorial se fait, je suis désigné un des vice-présidents.

Je suis le deuxième vice-président du Conseil exécutif du Conseil territorial. Le président du conseil territorial est nouveau, mais celui de Saint-Barth aussi est nouveau. Donc le président de Saint-Martin décide qu'il va faire une visite de courtoisie à Saint-Barth et il emmène son deuxième vice-président, que personne ne sait qu'il est candidat pour le moment.

Mais je suis en fait à la recherche d'une suppléante. Et habituellement, j'avais deux conditions. Si je suis candidat à Saint-Martin, le ou la suppléant devait être de Saint-Barth, de l'autre île. -Oui, oui, pour créer un équilibre. -Et la deuxième condition, ça devait être une femme. -OK. -Parité.

Et donc on s'assied devant le président de Saint-Barth, on parle de ceci et de cela. Et mon idée, ou notre idée, c'est que le président vient d'être élu, je voudrais une personne de son équipe majoritaire. Ca augmente les chances, car je suis de l'équipe majoritaire de Saint-Martin.

Le président n'a pas d'idée vraiment, mais une de ses vice-présidentes présente, qui ne répond pas, quitte la salle, et elle va solliciter une de ses amies, qui est sur la liste aussi, et elle revient, elle dit : "Tu as une suppléante." -D'accord, donc c'est comme ça que vous avez construit votre équipe, quoi. -Mon équipe, elle est encore là, en 2026.

Elle a refait les élections en 2024. -Très bien. -Nous sommes encore là. -Super.

On continue notre voyage dans les îles où l'eau douce manque autant que les terres fertiles. Mais une solution existe. Elle s'appelle l'aquaponie et on en parle tout de suite dans Le dessous des plats.

Jingle Direction la Guadeloupe qui met en place depuis plusieurs années des systèmes de production en aquaponie pour tenter d'approcher, peut-être même de gagner, sa souveraineté alimentaire. Cette méthode agricole séduit de plus en plus d'Antillais qui se forment régulièrement, comme vous allez le découvrir dans ce reportage réalisé par les équipes de Guadeloupe La Première. -Quel est le point commun entre ces plants de fraises et...

Ces rougets créoles ? C'est tout le secret de l'aquaponie, une méthode agricole mêlant élevage de poissons et plantes. José Duhamel a créé cette ferme pas comme les autres il y a environ un an.

A ses côtés aujourd'hui, plusieurs responsables des centres de formation de Guadeloupe. L'objectif, faire découvrir et développer ce système de culture encore très méconnu. -L'aquaponie, c'est une technique agricole qui associe l'élevage de poissons d'eau douce et de la culture de végétaux.

Les poissons vont faire leur déjection dans l'eau qui sera chargée en plantes. Les plantes vont purifier l'eau et l'eau va revenir vers les poissons. -Une technique de boucle qui permet de cultiver la terre hors sol.

A moyen terme, cette micro-ferme de 60 mètres carrés de culture devrait évoluer en une ferme professionnelle. -On a un territoire qui n'est pas non plus énorme pour les productions agricoles, on a besoin de maraîchage, donc ça peut être une solution, c'est jamais la seule, mais ça peut être une solution pour améliorer la souveraineté alimentaire. Et l'autre possibilité, c'est qu'on a vu que la production aquaponique pouvait être très intéressante dans les milieux un petit peu compliqués, pollués, par exemple des milieux chlordéconés, on peut imaginer des fermes aquacoles sur ces territoires-là.

Donc des atouts essentiels et des atouts très intéressants pour cette technique-là. -En Guadeloupe, comme sur d'autres îles, l'aquaponie est un système prometteur. Car sur ces territoires, la double priorité reste la souveraineté alimentaire et la lutte contre la vie chère. -Est-ce que vous avez des fermes en aquaponie dans votre circonscription ? -Je pense qu'il y a une ferme en aquaponie et puis il y a une ferme en hydroponie également.

C'est deux systèmes un peu différents. C'est très adapté au pays où il n'y a pas d'eau courante, où il n'y a pas beaucoup d'eau. Mais comme le dit en Guadeloupe, il y a également des zones polluées qui nécessitent d'utiliser des techniques hors sol. pour faire pousser notamment des légumes qui poussent dans la terre directement, comme l'igname ou des choses comme ça. -Est-ce que ce sont, que ce soit l'hydroponie, l'aquaponie, est-ce que ce sont des systèmes qui vous intéressent ? -Absolument. -Que vos concitoyens sur la circonscription viennent vous réclamer, vous demander de faire des études, rechercher ce qui pourrait être appliqué ? -Il y a des initiatives des entreprises, des initiatives de personnes qui se sont lancées là-dedans.

Ils font essentiellement aujourd'hui des feuilles, en quelque sorte, c'est-à-dire de la salade, des choses qui poussent très vite, d'ailleurs. -D'accord. -C'est hors-sol et ça n'a pas besoin de beaucoup d'eau.

C'est recyclé. Par conséquent, c'est très adapté. Donc, il y a une ferme, effectivement, qui utilise la méthode de l'aquaponie.

Et il y a un autre individu qui utilise l'hydroponie. Par ailleurs, il y a des gens, une production assez importante de frais. On parlait d'agriculture, de produits alimentaires, des choses comme ça.

Il y a une production importante, me semble-t-il, mais pas suffisante, de frais. -Qu'est-ce qu'on fait ? Vous parlez justement de production qui n'est pas suffisante.

On parlait justement en introduction des produits que vous importez beaucoup, en quantité, sur vos territoires. Comment vous réfléchissez à tout ça ? Comment vous organisez les choses ? -Je vous ai dit qu'à un certain moment, on était en autarcie et en autoconsommation.

Mais au moment où se développe le tourisme, le tourisme est extrêmement important. La partie hollandaise a un port de croisière qui reçoit deux millions de passagers par année. C'est important.

Il y a un aéroport international et un vol direct Air France de Roissy à Juliana, en partie hollandaise, quotidien et constamment plein. Un deuxième vol de Air Caraïbe qui a commencé la semaine dernière. Et par conséquent, il y a un flux touristique extrêmement important.

Il y a un secteur de la restauration, notamment restauration gastronomique française. -Absolument. -A côté de la restauration locale, cuisine créole.

Donc ça génère un grand besoin. Des besoins importants. Ce qu'on cultive localement ne peut pas satisfaire ces besoins-là.

Et donc, tout est importé de France, quand il s'agit de la partie française, essentiellement, ou d'Amérique, quand il s'agit de la partie hollandaise, essentiellement. Généralement, ceux qui ont quelques moyens préfèrent acheter côté français, même si c'est plus cher, parce que les produits français auraient une réputation de meilleure qualité. -C'est vrai !

Disons-le. -On y trouve de bons fromages, de bons vins. -Mais ça on a à peu près compris le tableau qu'effectivement, on est obligé d'importer beaucoup.

Mais l'aquaponie, moi j'ai vu que c'était quand même encore marginal. C'était des petites fermes avec 60 mètre carré de serre, 8 000 litres...

Est-ce qu'on peut parier sur l'aquaponie pour à court terme ou moyen terme assurer la souveraineté alimentaire d'une île qui voit sa population décupler lorsque les touristes arrivent ? Et ils arrivent presque toute l'année. -Non, je pense qu'il n'est pas raisonnable de parler de souveraineté alimentaire.

Il est raisonnable de parler de moindre dépendance. -Oui. Il faut être raisonnable. -Parce que ce volume-là de consommateurs par rapport aux possibilités de production, moi je ne pense pas qu'on puisse trop envisager de satisfaire cette consommation-là, d'autant plus qu'avec ce volume de restaurants, il faut une production régulière.

On ne peut pas compter sur la saisonnalité. -Avec de très bons standards. -Avec y compris de bons standards.

Quand je parlais du Vivaneau, par exemple, il faut une production très régulière, de taille assez standard. Et donc, ça ne souffre pas de saisonnalité, ça ne souffre pas d'accident, d'un jour...

Il faut...

Voilà. C'est pour ça que nous recevons à Saint-Martin...

A peu près tout ce qu'on mange, on peut le trouver dans un supermarché. C'est accessoirement que, sur le marché, on va trouver des légumes frais, d'ailleurs qui viennent beaucoup de la Dominique voisine ou bien de l'île de Saint-Domingue. C'est des îles de la Caraïbe, c'est des produits assez frais. -Et plutôt locaux quand même. -C'est ça, c'est ça. -Parfois il est difficile de faire pousser certains fruits et légumes, dans les Antilles, et parfois on en trouve à foison, comme ce petit fruit violet ou orange qu'on va vous faire découvrir dans Les pieds dans le plat.

Jingle -Quel fruit Valéry, c'est un fruit sacré sur l'île de Saint-Martin, son nom ne vous dit sans doute rien, le Guavaberry, une petite baie rouge ou noire ou violette comme vous l'avez dit, dont on fait des confitures et des liqueurs et des rhums arrangés, mais surtout qui occupe une place particulière dans le coeur et le palais des Saint-martinois. C'est un reportage de la société IOTV à Saint-Martin avec le commentaire d'Alicia Rogge. -Orange, rouge ou encore noire, le Guavaberry est le fruit emblématique des fêtes de Noël à Saint-Martin.

A Colombier se cachent des centaines d'arbres dont les fruits sont arrivés à maturité. La famille Gumbs les récolte entre le mois de septembre et décembre. Une tradition familiale qui perdure depuis des années. -Une baie très convoitée en cette période de fin d'année de plus en plus fragilisée. -En raison de sa douceur, le produit est généralement transformé et mélangé, en gelée, en liqueur, en dessert ou même en sirop.

Le résultat du travail entièrement fait à la main. -Ce fruit est mis à l'honneur lors du festival de Guavaberry à Colombier, berceau de la culture saint-martinoise. Organisé par une association, cet événement annuel est l'occasion de mettre en avant le fruit rouge, le tout en spectacle.

Musique et chant -Et plus de 200 personnes ont répondu présents à l'invitation. -Star de Noël, le Guavaberry peut se consommer jusqu'en février. Rendez-vous en septembre prochain pour le récolter. -Alors, à part ceux qui ont eu la chance d'aller à Saint-Martin, personne autour de nous ne connaît le goût de ce Guavaberry.

Moi, je suis très curieux, donc vous êtes l'expert. Si on devait le comparer à un fruit exotique connu en métropole, il se rapprocherait de quel fruit gustativement ? -Aucun. -Ah, il est unique. -Ca a quel goût, le Guavaberry ?

C'est quoi ? -Il y a le rouge et il y a le jaune, en réalité. Le rouge est plus corsé, il a un goût fort. -Ce n'est pas une question de maturité, c'est des variétés ? -C'est des variétés. -Ah d'accord. -Il y a la rouge et la jaune.

La variété jaune est plus douce, elle est plus... -Sucrée ? -Non, on peut les consommer crues, on peut avaler.

Mais on ne les mange pas vraiment crues, on les apprête toujours. Ca peut être soit dans des boissons comme ça, le Guavaberry Punch. -En confiture ? -Oui, on fait des tartes au Guavaberry, comme on fait des tartes au coco, à la goyave ou des choses comme ça.

Et...

Oui, c'est ça. C'est soit la boisson, soit les tartes, la confiture. -Pourquoi, j'ai dit "sacré", j'espère que le mot convient, pourquoi il occupe une telle place dans la société de Saint-Martin ?

Pourquoi il est si sacré ? C'est sa rareté, son histoire ? Qu'est-ce qui fait le mystère de ce fruit ? -Il n'existe pas partout. -Il est unique. -Exactement.

Il existe à Saint-Martin. Mais aussi dans les îles vierges américaines qui sont tout près. Mais on n'en trouve pas en Guadeloupe, sauf si quelqu'un en a ramené directement de Saint-Martin ou d'une des îles.

Et donc, il arrive avant Noël. -Il pousse avant Noël. Oui, c'est un peu votre houx. -Voilà. -C'est les petites boules du sapin. -On le cueille.

Maintenant, le ponche de Guavaberry, on a intérêt à le laisser macérer. Et donc, on le prépare cette année pour l'année prochaine, en principe. Donc, il a macéré.

Ca, c'est une entreprise locale qui fait cette fabrication-là à base de rhum. Par contre, il n'y a pas de production de rhum à Saint-Martin. Donc, il l'importe de la Guadeloupe.

La Guadeloupe a de très bons rhum. Il fait sa fabrication locale à partir de ces baies. Il en a des kilos et des kilos, peut-être des tonnes, je ne sais pas, récoltées au cours des ans, qu'il conserve et qu'il produit au fur et à mesure. -Vous avez un arbre à Guavaberry, chez vous ? -Oui. -Bien vu. -Tout le monde a un arbre.

Il paraît qu'on transmet cet arbre. Il n'y a pas de plantation de Guavaberry. -Maintenant, oui. -Oui, avec le rhum...

Mais de base... -Au-delà de l'artisanat, c'est un peu... -Traditionnellement, on a un arbre ou deux chez soi et on le transmet de génération en génération. -Je ne sais pas si on le transmet comme ça. e suis allé dans cette manifestation à Colombier dont on vient de parler.

L'association avait des plants qu'elle donnait à qui voulait en planter. Donc, j'ai récupéré un plant et je l'ai planté chez moi. Il a bien voulu pousser parce que chez moi, c'est assez sec.

Il a produit une année pas mal. Après, il est devenu fainéant, cet arbre. Et donc, j'attends qu'il veuille encore recommencer à produire.

Sinon, je peux fabriquer mon propre ponche. -Vous nous l'apporterez une prochaine fois. Si je vous dis que ça fait partie du patrimoine culturel de Saint-Martin, c'est ça ? -Absolument.

Il y a un très important festival de gastronomie qui se déroule chaque année à Saint-Martin depuis cinq ou six ans, au mois de novembre. Et chaque édition de ce festival utilise un ingrédient phare. Et toute la cuisine, toutes les compétitions doivent contenir ou faire participer cet ingrédient-là.

Cette année-ci, c'était le Guavaberry. Donc, il y avait le Guavaberry à toutes les sauces, en sucré ou en salé. -Si vous en ramenez en douce l'assemblée dans votre valise, les douanes peuvent vous les confisquer à la frontière ou pas ?

Ou on peut transporter des Guavaberry ? -Je refuse de répondre à cette question. -Et comme on ne termine jamais un repas sans une note sucrée, c'est l'heure du Péché mignon.

Jingle -Alors, péché mignon, c'est le temps du sucré, on adore ça, avec vos fruits tropicaux à l'honneur, avec un dessert culte aux Antilles, un gâteau à l'ananas. Mais j'ai bien aimé, gâteau à l'ananas antillais. Oui, il faut bien préciser parce que ce n'est pas le même.

Et une salade de fruits. Commençons par l'ananas. Vous avez donc précisé, bien entendu, antillais.

Quelles sont les caractéristiques de l'ananas antillais ? Est-ce qu'il est unique comme le Guavaberry ? -Non, il est assez courant en Guadeloupe, Martinique, que ça produit pas mal d'ananas.

Dans la Caribe, d'une manière générale, un peu partout, il y a de l'ananas. Il y a des champs d'ananas. La particularité de ce gâteau, ça ne se voit pas tel qu'il est présenté là.

Mais en réalité...

Il est, on dit en anglais, "upside down cake". -Oui, c'est ça, c'est qu'il est cuit à l'envers et déposé. -Voilà, il est démoulé... -Tarte tatin. -...dans l'autre sens.

Et donc, à chez moi, on l'appelle "upside down cake". -Alors, on va le goûter, ce gâteau à l'ananas. Vous allez nous dire s'il est comme dans les restaurants que vous avez l'habitude de fréquenter à Saint-Martin ou Saint-Barthélemy ? -Non, non, non.

Le upside down cake, ça, c'est à la maison. -Ah oui ? -Surtout. -C'est le gâteau au yaourt.

Le quatre quarts avec des ananas. -Là, il a été fabriqué par le restaurant Le Bourbon, qu'on salue. Est-ce qu'il est bon ?

Est-ce qu'il est comme chez vous ? -Je l'ai goûté avant que vous me donniez l'autorisation. Et donc, il est bon, oui. -Et votre attaché parlementaire m'a donné la recette de sa maman.

Je vous donnerai ça, Valérie. -Je veux bien le petit secret. Il est particulièrement délicieux.

Donc on le disait, beaucoup de champs d'ananas, des ananas et aussi des fruits exotiques que l'on trouve à Paris. Ca vous choque que des fruits traversent toute la planète, fassent autant de kilomètres pour que nous, Parisiens, on puisse se faire une petite salade d'ananas frais, un gâteau d'ananas avec des ananas antillais ? Ca vous choque ou pas ? -Moi aussi je consomme des fruits exotiques.

Les fruits exotiques pour moi, quand je suis à Saint-Martin... c'est la pomme, la poire, les fraises et autres choses qui traversent l'Atlantique également.

A priori, non. -Pourquoi ? -C'est un peu une question de survie aussi pour vous.

Si rien n'arrive, vous êtes mal. -On a des fruits locaux. -L'ananas ne fait pas autant de kilomètres. -Il y a la question de la saisonnalité.

On peut se trouver avec, vous l'avez dit, je crois, foison de mangues parce que c'est la saison. Et puis à un moment, il n'y en a plus, donc on le remplace par autre chose. Et puis encore une fois, dans les pays à fort tourisme, on a besoin de livraison régulière.

On ne peut pas compter sur la saisonnalité. Et donc, le fait de pouvoir compter sur des...

En tout cas, pour ce qui nous concerne, sur l'apport de fruits venant d'Europe, c'est nécessaire pour la stabilité du marché. Dans l'autre sens, je ne sais pas, c'est vous qui achetez. Mais quand je suis chez moi, je...

Tous les fruits qui sont là, je... -Là, il y a du kiwi, il y a de l'ananas. qui nous a concocté ce repas.

Merci beaucoup, Jean-Pierre. Et on se retrouve vite pour un prochain numéro