«LA VAGUE DÉGAGISTE VA CONTINUER» - Jean-Luc Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Jean-Luc MélenchonFait
« Vous aviez à répondre, deux signaux à donner. Le premier était un signal de type économique : à certains milieux, c'était l'abrogation du code du travail. C'était incontestablement un signal libéral. »
- 0:45Jean-Luc MélenchonFait
« Il y a une crise politique terrible qui travaille notre pays, dont n'est pas responsable l'actuelle majorité, ni l'actuel président. »
- 1:15Jean-Luc MélenchonFait
« Sa racine profonde est dans la forfaiture de 2005, lorsque le peuple français a voté NON et qu'on a eu comme traduction : Eh bien puisque c'est non, eh bien c'est oui »
- 1:45Jean-Luc MélenchonFait
« Personne ne peut dire que le problème n'existe pas. Mais la crise politique ne se résume pas à ça. »
- 2:45Jean-Luc MélenchonFait
« Les gens se disent : Ça continue ! Ça continue, c'est toujours l'argent qui a le dernier mot »
- 3:45Jean-Luc MélenchonChiffre
« Les mêmes capitalistes, que nous avons arrosés pendant des mois, notamment avec le CICE, sont incapables de trouver la petite somme de 80 millions »
- 4:45Jean-Luc MélenchonFait
« C'est donc cette classe parasite qui accable la République. Et elle va vers une crise politique qui ne dépend pas de vous, mais qui ira à une crise de régime »
- 5:45Jean-Luc MélenchonPromesse
« Nous vous avons proposé le référendum révocatoire, sans vous cacher que c'était une composante d'une stratégie beaucoup plus générale, qui va à la constituante et à la révolution citoyenne. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Notre appréciation est que la majorité qui a imaginé ce texte a mangé son pain blanc. Vous aviez à répondre, deux signaux à donner. Le premier était un signal de type économique : à certains milieux, c'était l'abrogation du code du travail.
C'était incontestablement un signal libéral. Vous voici rendus à nationaliser STX, c'est à dire le signal exactement inverse. Ici, vous avez voulu répondre à une question qui se pose vraiment.
Là, nous la partageons. Il y a une crise politique terrible qui travaille notre pays, dont n'est pas responsable l'actuelle majorité, ni l'actuel président. Sa racine profonde est dans la forfaiture de 2005, lorsque le peuple français a voté NON et qu'on a eu comme traduction : Eh bien puisque c'est non, eh bien c'est oui, forfaiture qui a recommencé quelques années après lorsqu'on devait renégocier le traité qui, ensuite, n'a pas été du tout négocié par le président Hollande, si bien que, depuis cette date, notre démocratie va totalement perturbée, totalement faussée parce que, à deux reprises, la volonté profonde du peuple a été trompée.
Dans cette circonstance, vous avez pensé qu'il fallait se focaliser sur les turpitudes, en effet inexcusables, inacceptables, de quelques parlementaires qui ont faussé l'idée que se faisait le peuple français de sa représentation. Personne ne peut dire que le problème n'existe pas. Mais la crise politique ne se résume pas à ça.
Et, en le résumant à ça, on donne l'impression de ne pas s'intéresser au fond de ce qu'il se passe. C'est à dire à la véritable cause commune, qui est le poids de l'argent et le poids de l'argent défigurant la décision publique défigurant la morale à laquelle les Français de toutes conditions et de toutes opinions se rattachent et aux vertus auxquelles ils croient. En ce moment même, l'épisode « Pénicaud » vient réduire à néant -- non, mais -- vient réduire à néant les efforts que vous avez voulu faire et les signaux que vous avez voulu... -- Mais oui, vous n'y êtes pour rien, mais c'est comme ça.
Les gens se disent : Ça continue ! Ça continue, c'est toujours l'argent qui a le dernier mot et ceux-là même qui demandent des efforts sont ceux qui semblent le moins s'y astreindre eux-mêmes. Par conséquent, la crise politique n'est pas terminée.
La vague dégagiste va continuer à travailler en profondeur notre peuple. Nous avons dit qu'à notre avis, il fallait déporter le débat et l'amener là où se trouve la solution. Les Français ne vous demandent pas de reprendre confiance.
Les Français veulent que la politique serve à quelque chose. Or, elle ne sert, semble-t-il, à rien, si c'est Bruxelles qui commande en tout, pour ce qui concerne les politiques économiques et si, pour le reste, tout le reste n'est qu'un conseil d'administration, déporté dans une assemblée nationale, au service des grandes sociétés, dont l'appétit inépuisable, semble-t-il, ne répond à aucun intérêt national. Je vous demande en un mot d'y réfléchir.
Voyez comment il se fait que le président de la République est obligé d'intervenir pour nationaliser un chantier naval dont, en effet, nous avons besoin, pour d'innombrables raisons, alors que les mêmes capitalistes, que nous avons arrosés pendant des mois, notamment avec le CICE, sont incapables de trouver la petite somme de 80 millions, dont il a été dit, je l'ai lu dans la presse, qu'elle était l'équivalent d'un trait, l'épaisseur d'un trait, sur la ligne des comptes publics, c'est à dire rien du tout ? Donc, ils n'ont même pas de quoi prendre le risque d'acheter un chantier naval qui a 10 ans de carnets de commandes remplis. C'est donc cette classe parasite qui accable la République.
Et elle va vers une crise politique qui ne dépend pas de vous, mais qui ira à une crise de régime, parce que c'est le fondement même qu'il faut changer. C'est le moment de redonner au peuple la capacité de discuter de sa façon de s'organiser. Les gaullistes ont fait ça en 1958, quand le régime était à bout de souffle.
Et c'était la seule façon de sortir pacifiquement du terrible trouble qui s'annonçait et, peut-être même, de la guerre civile qui nous menaçait. Eh bien, nous sommes dans une période comparable ! Le trouble est extrême, la confiance est anéantie, et ce que nous avons fait ne va pas permettre de la rétablir.
C'est pourquoi nous vous avons proposé le référendum révocatoire, sans vous cacher que c'était une composante d'une stratégie beaucoup plus générale, qui va à la constituante et à la révolution citoyenne. Mon dernier mot sera pour vous dire que, si vous avez eu l'idée et, certainement, la certitude, en travaillant -- parce qu'après tout, on ne doit pas se disputer la bonne foi, on peut parfaitement imaginer que nous le sommes tous, même si nous n'avons pas les mêmes évaluations. -- Cependant, je voudrais vous dire que ces quelques jours ont certainement aggravé les choses parce que c'était la nature même du débat.
Comme on ne parlait que des turpitudes des parlementaires, nous aurons, au fond, pendant des heures et des heures, amoindri la confiance que les Français pouvaient avoir dans leur représentation. Je suis sûr que ce n'est pas ce que vous vouliez, mais ce à quoi on est arrivé. Et c'est pourquoi je vous félicite.
Vous avez bien travaillé pour l'aboutissement de mon projet ! (prés. de l'Ass.) Merci M.
Mélenchon (Applaudissements)
Jean-Luc Mélenchon