Femmes + sciences = l'équation à résoudre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Lord ArcosChiffre
« On a eu des chiffres assez alarmants euh depuis plusieurs années sur le fait qu'on avait même baissé euh le l'accession en fait des des jeunes femmes à des études scientifiques. »
- 5:00Lord ArcosPromesse
« Si d'ici 10 ans on a 30 % de jeunes femmes qui font des études scientifiques, on commencera déjà à infléchir en fait cette courbe très inquiétante. »
- 10:00Bérangère du BrûleFait
« Il n'y aurait jamais une première génération qui serait aurait été amenée aux affaires. »
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[musique] Tous les mercredis après-midi, pas de foot, de danse ni de musique pour ses enfants de 7 à 10 ans. Au programme des ateliers scientifiques. Il faut faire la forme du bateau.
Vous allez me dessiner les pièces du bateau qu'on va découper pour faire votre bateau à vous. OK. Inscrite au groupe des explorateurs depuis un an, Lena est l'une des quelques jeunes adhérentes de l'association Planète Science [musique] à Éver Courcouronne en Esol.
J'ai toujours beaucoup aimé la science. Bref, c'est je veux être archéologue. Ce que j'aime plus, c'est découvrir, créer.
Bah, par exemple, avant de venir ici, je savais pas que des qu'il y avait des machines 3D. 3D. Allez, on va y aller.
On va la découpeuse laser. Je vais faire fonctionner la machine. Donc une fois qu'elle sera en fonctionnement, je vais demander à tous de pas se rapprocher de la machine.
Là, je leur ai montré tout ce qui était 2D, 3D, les imprimantes de aussi leur montrer tout ce qui est circuit électrique. Si aujourd'hui quatre filles assistent à l'atelier, cette mixité est loin d'être systématique. Je me retrouve des fois à faire des stages sans aucune fille.
Euh surtout tout ce qui est robotique, tout ce qui touche un petit peu à l'informatique, tout ça. Euh dès qu'il y a des petites, je suis toute contente. Du coup, on va on va faire un petit peu plus attention à à ce publiclà.
Oui. La structure a pour mission principale la sensibilisation de tous les publics aux sciences et ce dès le plus jeune âge. On va déjà mettre en avant le fait que la science, elle est pour tout le monde.
Du coup, que ce soit garçon, que ce soit fille, tout le monde peut peut faire des sciences. On a eu des filles qui ont fait notamment des stages chez nous et qui ont plus tard suivi des études dans le domaine de la science. Ça c'est une très grande fertile.
Coucou N. Alors que les filles et les garçons ont des résultats quasi identiques en mathématiques à l'entrée en classe de CP, 4 mois plus tard, les garçons développent une appétence et des compétences [musique] plus marquées pour les sciences que les filles. Un fossé qui se crée à l'âge de 6 ans et ne fait que grandir [musique] au cours de la scolarité et de la vie.
Depuis plusieurs années, l'enjeu de la féminisation des sciences émerge dans la société et a été pris à bras le corps par certains parlementaires. [musique] Je m'appelle Lord Arcos. Je suis sénatrice de l'essonne depuis 2017 et conseillère départemental [musique] du canton de GIF, donc du plateau de sa clé depuis 2015. [musique] Lors de son entrée au Sénat, Lord Arco siégeait au sein du groupe les Républicains, mais elle a rejoint les indépendants au moment de sa réélection il y a 3 ans.
Pour elle, plus qu'un engagement, la politique a été sa vocation. J'ai deux arrières-gr-pères qui étaient députés euh et un arrière un arrière-gr-père surtout héros de Verdin. C'est ce qui m'a donné la vraiment la passion de la politique et de l'histoire.
J'ai cette fibre cheviller au corps depuis toujours parce que pour moi c'est aussi une façon de servir les autres et j'aurais pu le faire de manière religieuse. J'ai choisi l'engagement politique et toujours vraiment au service au service d'autrui. Très engagé pour la culture et l'éducation, elle a rendu en 2025 un rapport sur l'état de la féminisation des sciences en France.
Élu de l'esson où se trouve le plateau de sa clé, elle a naturellement embrassé cette cause. Je voyais les difficultés pour les ingénieurs et les jeunes femmes qui voulaient rentrer dans les sciences euh pour assumer leur parcours déjà d'étude et ensuite de carrière. On a eu des chiffres assez alarmants euh depuis plusieurs années sur le fait qu'on avait même baissé euh le l'accession en fait des des jeunes femmes à des études scientifiques.
Ce jour-là, la sénatrice passe la matinée dans les locaux flamban neuf de l'université Paris Saclet qui propose un large nombre de formations scientifiques et technologiques. En tant que sénatrice, j'ai j'ai fait un rapport sur femme et sciences et sur le fait qu'il y avait de moins en moins de femmes dans le milieu scientifique. Dans ma filière, on retrouve une bonne partie en fait qui est du sexe féminin.
D'accord. une partie vraiment importante. Donc je pense c'est pas en fait la même chose par exemple dans les sciences dans les sciences dures.
C'est en effet dans les filières de sciences dites dur comme les mathématiques ou la physique que les femmes sont sous-représentées. Un constat visible dès le lycée. La réforme du baccalauréat de 2021 a même accentué les disparités filles garçons dans ces domaines en supprimant jusqu'en 2025 les mathématiques du tron commun dès la première.
Ayant fait bah des spécialités plus scientifiques. Je me suis retrouvé avec que des garçons dans ma classe. On était quatre filles sur 35.
Il y a ce côté déjà bah intimidant parce que je me sentais un peu à l'écart surtout que c'était des garçons bah très doués dans ces matières là. Mais en fait au cours de l'année bah on s'est affirmé c'est la la première de la classe c'était une fille. D'après les derniers chiffres, 40 % des lycéennes de terminal postulent chaque année à des études scientifiques et technologiques sur Parcours Sup, mais seul la moitié d'entre elles intègre réellement ses filières.
Bonjour. Bonjour. Bonjour.
Ben écoutez, merci beaucoup d'avoir accepté de cette rencontre parce que j'avais envie de vous mettre aussi en évidence et en valeur parce que vos combats pour euh qui qui est le qui est le mien également pour les femmes dans le milieu scientifique et d'ingénieur, vous le vivez au quotidien. C'est donc une situation déjà très inégalitaire que récupèrent les établissements d'études supérieures comme ici à Paris Saclet. Un manque de mixité face auquel l'université a décidé d'agir main dans la main avec sa fondation.
C'est vrai que l'université Paris Saclet de par sa position de leader, on est 13e au classement de Shanghï, ce qui est quand même une très belle réussite française, n'est-ce pas madame ? On a envie d'être très exemplaire sur ce sur ce sujet-là euh parce qu'on pense que ça peut aussi bénéficier à tout le paysage universitaire français que que notre grande université en tout cas se soit emparé de ce sujet et soit très exemplaire. Mais aujourd'hui, seul 15 % des étudiants de l'école doctorale en mathématiques de sa clé sont des filles.
La fondation de l'université a fait de la féminisation des filières scientifiques son engagement principal. Les initiatives en ce sens ne manquent pas et suivent plusieurs préconisations du rapport sénatorial. par exemple les bourses notamment dans les filières de formation les moins féminisées.
On a aussi des ateliers de sensibilisation aux sciences à destination de filles. Donc des ateliers dédiés uniquement aux filles sur la robotique, sur l'intelligence artificielle. Euh, on a aussi créé une offre carrière pour uniquement les filles aussi, les étudiantes de l'université et les alumni aussi de l'université avec l'idée de former les jeunes femmes sur tout ce qui va être négociation salariale, leadership, développer son réseau, développer ses compétences professionnelles.
Si les inégalités [musique] entre hommes et femmes se creusent petit à petit tout au long de la scolarité jusqu'aux études supérieures. Une fois arrivé dans la vie active, le fossé est immense. Sep chercheurs français sur 10 sont des hommes.
À quelques encablures de l'université Paris Saclet, nous partons à [musique] la rencontre de Berérangère du Brûle, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de la turbulence. [grognement] Vas-y, vas-y, démarre. C'est parti.
Voilà, là il y a plein de bulles. Donc là, c'est excellent. Vous voyez le turbulent ?
Donc ce que vous voyez là, vous voyez de la turbulence. Donc c'est de la la même turbulence que qui existe dans l'atmosphère, dans l'océan, au au au sein même de la terre. Le but de cette expérience, c'est essayer de comprendre comment dans les systèmes naturels, il peut se produire des changements soudains de circulation à grande échelle.
C'est quand même très concret parce que ça changerait complètement le climat de la façade ouest de la France et on reviendrait à un climat beaucoup plus continental comme celui qu'on observe à Montréal. Tout se passe bien. La manipe est super, elle marche super bien.
Magnifique. On a un très très beau sa et là dans toute cette jungle là et ben il y a notre précurseur de singularité là. Super.
Et c'est ça qu'on cherche ? Et ben c'est ça qu'on cherche. Ah c'est trop beau ça.
Tu vois c'est pour ça que je fais de la séance depuis 30 ans c'est un très très beau signal. Très magnifique. Si aujourd'hui elle concentre ses travaux sur les singularités des turbulences, c'est à l'âge de 8 ans qu'en né sa vocation pour la recherche en découvrant la photo d'une femme Marie Curry à côté de grands scientifiques comme Louis Pasteur, Thomas Edison ou Albert Einstein.
C'est en voyant des femmes scientifiques et œuvreté dans les sciences que les les jeunes filles d'aujourd'hui peuvent se s'imaginer en fait être en état. Et à l'heure actuelle, il y a trop peu de femmes, que ce soit dans les médias, quand on interroge des scientifiques, c'est souvent des hommes. [grognement] Euh dans même dans l'imaginaire, tous ces grands savants qui ont des prix et tout ça, vous verrez, c'est souvent des hommes.
Bon, à titre personnel, j'ai eu de la chance dans mon enfance, j'étais beaucoup dans un environnement avec beaucoup de garçons. Donc en fait, ça m'a pas gêné parce que j'étais habitué. Mais je dois avouer que des fois de me retrouver dans une conférence avec la seule femme parmi 50 hommes, ça c'est c'est un peu pesant parce que c'est pas on peut pas voir tout à fait le même rapport.
Celle qui a été élue femme scientifique de l'année en 2022 estime qu'il est grand temps que les choses évoluent pour donner aux femmes la place qu'elles méritent. Selon elle, cela doit passer par l'instauration de quota lors des études. Une partie des femmes s'émeux de ça parce que si on est arrivé là à cause du quotas, c'est qu'on était moins bonne qu'un homme et tout ça.
Mais toutes les études montrent que par exemple, il y a une étude suivédoise qui montre que à à post égal, un niveau égal en général la femme a un CV deux fois supérieur à celui d'un homme pour arriver au même niveau. Donc à un moment, faut amorcer la pompe. Voilà.
Et le meilleur moyen d'amorcer la pompe c'est les cotinam. Mais déjà la première chose que je ferai parce qu'il y a une histoire de de vocabulaire, c'est j'appellerai pas ça des cotals. Moi, j'appellerai ça des corrections de biais parce que c'est juste une correction d'un billet statistique.
Donc je fais une correction de biais, ces statistiques pour rétablir ce qui est juste la justice. Lordcos, elle aussi est favorable à la mise en place de quota. Des expérimentations ont déjà été menées auprès d'étudiantes.
Elles ont été extrêmement choquées. Tout de suite, leur première réaction, c'était de dire "Mais nous, on a envie d'être de réussir par nous-même et non pas simplement parce que nous sommes des femmes." Donc, on leur a expliqué que on avait vécu la même chose en politique et qu'au départ les quotas c'était plutôt vexant pour des femmes en politique.
Mais au fond, si on avait pas eu ces quotas, il n'y aurait jamais une première génération qui serait aurait été amenée aux affaires. Et nous, on fait partie de cette deuxème génération qui se sont dit c'est possible puisque certaines l'ont fait avant nous. Et donc on leur a dit à ces jeunes filles, vous allez convaincre en fait beaucoup beaucoup des générations suivantes à suivre votre exemple.
Plusieurs mois après avoir rendu son rapport féminiser les sciences, dynamiser la société, la sénatrice reste convaincue de l'urgence d'AGI. On sait très bien que des maladies vont être par exemple combattues grâce à des données en intelligence artificielle. Si ce sont pas des femmes qui fournissent ces données, euh on arrivera peut-être à guérir dans quelques temps des maladies masculine mais non pas des maladies féminines.
Donc ça va jusque là en fait hein. Si d'ici 10 ans on a 30 % de jeunes femmes qui font des études scientifiques, on commencera déjà à infléchir en fait cette courbe très inquiétante. La voix de la femme est différente de celle de l'homme et je pense que les enjeux à venir auront besoin du coup de cet équilibre entre les genres pour affronter en fait tous ces nouveaux défis.
Laure Darcos