Canicule : "si rien n'est entrepris, ce sera pire dans quelques années", alerte le président du Grand Est
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Chapitres
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Propositif 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:43OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est inéluctable selon vous ?
- 1:48OuverteRéponse directe
Quelles impulsions vous pouvez donner aux politiques ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Transports publics, notamment les trains.
- 3:59OuverteRéponse directe
Avec quel argent on peut faire tout ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49PrésentateurChiffre
« les études du GIEC montrent qu'à l'horizon 2050, les canicules les plus extrêmes pourront aller jusqu'à 50 ou 55 degrés »
- 2:20PrésentateurFait
« l'offre de trains dans notre région est en accroissement constant »
- 4:02Invité politiqueChiffre
« les intempéries en 2025 ont coûté à la France entre 5 et 6 milliards d'euros »
Temps de parole
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de 50 degrés en 2050. Alors qu'on traverse une canicule historique, vous l'avez compris, avec 72 départements en vigilance rouge canicule à partir de midi, dont la Marne et les Ardennes, le président du Grand Est a alerté la semaine dernière sur les conséquences du réchauffement climatique lors d'un forum sur l'environnement qui était organisé à Strasbourg. Il est notre invité ce matin et il répond aux questions de Sylvie Bassal. Bonjour Franck Leroy.
Bonjour. La chaleur elle est insupportable. une chaleur qui fait bouillir les habitants de toute la France et du Grand Est. Vous avez dit il y a quelques jours, le Grand Est va devenir irrespirable. Est-ce que c'est inéluctable selon vous ?
Oui, parce que si vous voulez, le phénomène du réchauffement climatique que l'on vit aujourd'hui n'en est qu'à ses débuts et que les études du GIEC montrent qu'à l'horizon 2050, les canicules les plus extrêmes pourront aller jusqu'à 50 ou 55 degrés, c'est-à-dire à peu près un peu plus de 10 degrés que par rapport à aujourd'hui. Tout ça est évidemment extrêmement inquiétant, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire ou qu'il faut vivre cette situation avec fatalité.
Ça nous impose évidemment d'intégrer dans notre comportement, d'intégrer dans nos décisions politiques notamment des décisions qui vont permettre à tout le moins de ralentir cette évolution climatique et de faire en sorte que la vie dans nos territoires reste soutenable. J'ai évidemment une pensée en ce moment pour nos agriculteurs, pour toutes celles et ceux qui vivent dans des appartements orientés plein sud et qui se prennent la chaleur et qui n'ont pas la possibilité d'y échapper. Je pense évidemment aux ouvriers des chantiers, à toutes celles et ceux qui vivent déjà difficilement cette situation. Il faut se dire que si rien n'est entrepris, ce sera pire dans quelques années.
À votre main, Franck Leroy, en tant que président de la région Grand Est, quelles impulsions vous pouvez donner aux politiques ?
Alors on donne déjà beaucoup d'impulsions. On sait très bien que le réchauffement climatique, il est lié à la production de gaz à effet de serre. Donc tous les comportements qui visent et qui conduisent à réduire la production de gaz à effet de serre sont des comportements qui vont, à terme, nous permettre de mieux vivre, de mieux respirer. Je prends l'exemple du développement du transport public. Aujourd'hui, quand on voit que l'offre de trains dans notre région est en accroissement constant et que de plus en plus de nos concitoyens circulent par des trains, ce sont de bonnes décisions.
On doit construire autrement, on doit rénover les bâtiments de manière à consommer moins de fioul, de gaz et d'énergie fossile pour privilégier des solutions fondées sur l'électricité. Et notre chance, c'est que l'électricité dans le Grand Est, elle est produite par du nucléaire qui ne produit quasiment pas de CO2 et par les renouvelables qui ne produisent pas du tout. On voit bien que sur un certain nombre de sujets, les solutions existent.
Ce qu'il faut maintenant, c'est arrêter d'exprimer une forme de scepticisme face à ce phénomène et c'est introduire progressivement dans nos comportements, dans nos décisions, la prise en compte de l'exigence climatique qui devient, on le voit, absolument indispensable.
Franck Leroy, vous parliez des transports tout à l'heure, transports publics, notamment les trains. Alors, on sait que des rames ont dû être écartées parce qu'elles n'étaient pas climatisées. On sait que des trains doivent s'arrêter parce que les rails, l'acier des rails s'élargit avec les fortes chaleurs.
Oui, mais c'est là qu'on mesure le travail à réaliser. Si vous voulez, notre pays a été pensé dans ses infrastructures principalement au XXe siècle. Au XXe siècle, quasiment personne ne parlait de réchauffement climatique. Et donc, on a, en plus de l'effort à faire pour investir et équiper nos territoires, faire en sorte de veiller à la résilience de nos infrastructures de transport. Ça vaut pour nos canaux, qui sont fuyards pour certains d'entre eux. Ça vaut pour, effectivement, les rails, pour les caténaires.
Et donc, il y a, dans le cadre des efforts qui doivent être entrepris à l'échelle nationale, à l'échelle régionale également, un effort absolument colossal à produire de manière continue au cours des 20 prochaines années.
Franck Leroy, avec quel argent on peut faire tout ça ? Parce qu'on sait, par exemple, que les intempéries en 2025 ont coûté à la France entre 5 et 6 milliards d'euros. Où est-ce qu'on va trouver l'argent ?
Mais ne pas agir coûtera plus cher encore. En 2040, si jamais on n'a pas agi, le coût du dérèglement climatique avoisinera les 350 milliards d'euros, ce qui est évidemment absolument colossal pour notre pays. Je pense que les moyens existent, les politiques publiques doivent y conduire, les décisions doivent être prises en ce sens. Par exemple, dans le domaine des transports, une réflexion importante a été menée dans le cadre du plan Ambition France Transport.
Celui-ci prévoit, par exemple, que le produit des péages des autoroutes qui, aujourd'hui, vont dans la poche des actionnaires, des concessionnaires d'autoroutes, doivent aller vers la rénovation, la régénération des infrastructures de transport. Si on avait eu l'éco-taxe il y a 15 ans, on ne parlerait pas de difficulté de transport aujourd'hui dans notre pays. Donc, on manque de recettes. Tous les pays autour de nous ont trouvé des solutions et des recettes.
Chez nous, il faut que les produits des péages n'aillent pas dans la poche des actionnaires des sociétés d'autoroutes, une fois encore, mais aillent bel et bien sur les territoires pour faire des travaux, pour aménager nos routes, pour régénérer nos systèmes de transport ferroviaire, parce que c'est à cette condition-là qu'on arrivera à un niveau de performance qui permettra de stopper ou de ralentir en tout état de cause le dérèglement climatique.
En un mot, Franck Leroy, il faut être à la hauteur des événements ?
Oui, parce que le travail qu'on fait aujourd'hui profitera essentiellement aux générations futures. Et que quand on est responsable public, ça veut dire qu'on est gardien d'une situation dont on a hérité et on doit surtout préparer l'avenir des générations qui vont suivre. Et rien ne serait pire que de laisser les choses en état.
Merci beaucoup, Franck Leroy. Merci à vous. Et merci à vous deux. Vous restez avec nous dans un instant. Un esprit de fête va souffler sur Ici Matin, malgré la chaleur, avec Olivier Catiou.
Franck Leroy