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AutreFrance Culture — Le Temps du débat (sur Site radio)· 6 novembre 2025 33 minContradictoireMixteÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Terres rares : l’Europe peut-elle s’affranchir de la Chine ?

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 12 %Attaque 2 %Défensif 0 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 29:14PrésentateurPromesse
    « C'est vrai qu'elle n'est absolument pas posée dans ce dossier »
  • 29:18InvitéPromesse
    « Agatha Krat Si je pense qu'elle l'est et je pense qu'elle le sera nécessairement elle le sera au niveau des entreprises qui en fait à un moment si elles doivent acheter des terres rares et si elles doivent acheter des minéraux critiques à un prix plus élevé vont être obligées d'avoir des réflexions d'innovation et des réflexions de sobriété plus importantes »
  • 29:49PrésentateurChiffre
    « il faut accélérer faire plus de financement soutenir la recherche développer le recyclage accorder plus de permis »
  • 30:03InvitéChiffre
    « Ah non moi j'entends un peu le rapport Draghi c'est innover sécuriser décarboner qui je pense doivent être les maîtres mots de l'Union Européenne sur ces sujets là et le chiffre a été posé par Draghi lui-même 800 milliards d'euros par an »
  • 30:11InvitéChiffre
    « 800 milliards d'euros par an un chiffre juste pour vous donner le règlement européen sur les matériaux critiques et j'allais dire tous les projets qui ont été financés on est à hauteur de 92 milliards d'euros »
  • 30:24InvitéChiffre
    « aux Etats-Unis l'IRA l'Inflation Reduction Act qui comprenait aussi beaucoup de choses sur les matériaux critiques c'était autour de 490 milliards de dollars la Chine dans son plan Made in China 2025 on était à plus de 1000 milliards donc à un moment les chiffres comptent et vous ne pouvez pas faire la même chose avec 92 milliards d'euros qu'avec 1000 milliards de dollars ce n'est pas possible »
  • 31:19InvitéPromesse
    « ce n'est pas juste l'Europe c'est le Canada c'est les Etats-Unis ce sont aussi des projets où ça va créer de l'activité économique dans nos territoires au lieu de les créer en Chine et donc c'est quelque chose de bien ça créera de l'emploi ça créera de l'innovation ça créera une re-réflexion de nos chaînes de valeurs des chaînes de valeurs qui pourront peut-être devenir plus européennes donc je pense qu'il faut le voir aussi positivement puisque c'est de l'investissement et l'investissement ça peut payer dans le long terme »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Invité 233 %
  • Présentateur22 %
  • Invité 33 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Les terres rares, ces minerais précieux issus de la croûte terrestre à la surface de la Terre qui, extraites et purifiées, servent à des pans entiers de nos économies modernes. Batteries électriques, écrans de smartphone, équipements militaires ou éoliennes.

Découverts au XVIIIe siècle par le chimiste et philosophe Lavoisier, ces 17 composés magnétiques aux propriétés exceptionnelles, gallium, germanium, graphite, néodyme ou promethium, sont aujourd'hui demandées en grande quantité et largement exploitées par la Chine qui détient, depuis les années 90, un quasi-monopole mondial sur leur extraction, leur raffinage et leur transformation, tandis que l'Europe a laissé se déliter sa capacité industrielle. Aujourd'hui, cette dépendance est devenue un levier géopolitique majeur que Pékin active à chaque montée des tensions commerciales ou diplomatiques.

Encore récemment, fruit de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, cette dernière a promis de renforcer les contrôles sur toutes les demandes d'exportation avant de rétro-pédaler. Mais jusqu'à quand ? Face à cette guerre des nerfs, l'Europe tente de réagir. Ouverture de mines, projet de recyclage, investissement dans le raffinage, mais la route est longue, les coûts énergétiques et environnementaux élevés et la volonté politique souvent timide. Les terres rares sont-elles devenues des leviers géopolitiques ? L'Europe peut-elle s'affranchir de la Chine dans la course aux terres rares ? On en parle ce soir avec deux invités. Bonsoir, Emmanuel Hache.

1:27
Invité

Bonsoir.

1:28
Présentateur

Merci d'être avec nous sur France Culture. Ce soir, vous êtes économiste, adjoint scientifique à la direction Économie et Veil de l'IFPEN. Je cite votre dernier livre, paru en juin 2025 chez Erol, Géopolitique des matières premières. Face à vous, Agatha Kratz, bonsoir. Bonsoir. Merci d'être là. Vous êtes associée au Rodium Group, spécialiste de l'économie chinoise et des relations Chine-Union européenne. Ce sera très intéressant pour comprendre ce sujet. Merci à tous les deux d'avoir accepté le principe de ce débat dans Questions du Soir. A tout de suite. Agatha Kratz, j'aimerais commencer avec vous.

Pourquoi dites-vous que la détention des terres rares, ces minéraux dont on parle, est comparable à la détention d'une arme atomique économique ?

2:18
Invité

Puisqu'en fait, il y a énormément de chaînes de production industrielles en Europe qui sont dépendantes des terres rares, qui sont dépendantes des aimants permanents. Et donc, du coup, le pays qui détient les terres rares et qui détient une part de marché mondial dominante dans les terres rares a la capacité de fermer et de mettre à l'arrêt des chaînes de production en Europe à une échelle énorme. Vous partagez ? Je partage et puis je rajouterai, vu que vous connaissez sur le registre du nucléaire, le fait que dans le nucléaire, il y a de la dissuasion.

Et là, véritablement, on a utilisé une arme de dissuasion pour justement avancer, pour utiliser ce levier géopolitique, pour permettre notamment l'accord qu'on a observé fin octobre.

3:00
Présentateur

Alors justement, on va essayer de comprendre ce qui nous réunit ce soir, c'est-à-dire cette actualité brûlante, mais qui a quand même évolué. Le 9 octobre, Pékin annonce un renforcement des contrôles de ces exportations de terres rares, en réponse, bien sûr, à Donald Trump et son Liberation Day, c'est-à-dire la hausse des tarifs douaniers. Comme si l'Europe était un petit peu au centre de cette guerre. C'est comme ça qu'il faut le lire, Agatha Kratz ? L'Europe au centre de cette guerre ? C'est-à-dire comme une victime collatérale ? Ah oui, comme une victime collatérale, absolument. Subissant peut-être des deux côtés ?

3:28
Invité

Le problème avec les contrôles à l'export sur les terres rares, c'est qu'il faut évidemment contrôler les flux sur le monde entier, puisqu'en fait, il pourrait y avoir des achats qui se font en Europe et qui sont redirigés vers les Etats-Unis. Donc, même si c'est un outil qui est utilisé principalement pour faire mal ou dissuader, du moins, certaines politiques commerciales et autres venant des Etats-Unis, c'est une politique qui, par nature, doit être une politique qui s'adresse au monde entier et des contrôles qui sont appliqués sur le monde entier. Et donc, ça fait de l'Europe, effectivement, une victime collatérale.

Et on le voit d'ailleurs dans la conclusion de l'accord entre les Etats-Unis et la Chine de la semaine dernière, puisqu'en fait, on voit qu'il y a des préférences qui sont données aux entreprises américaines et aux chaînes de valeur américaines dans les concessions chinoises. Et donc, les Européens ne sont pas sortis de l'affaire. Ces dernières semaines et ces derniers mois, la Chine a considérablement renforcé ses contrôles à l'exportation sur les terres rares et les matériaux pour batteries. Cela s'inscrit, au moins en partie, dans le cadre des tensions économiques plus larges entre la Chine et les Etats-Unis. Mais cela a un impact considérable sur nous, ici, dans l'Union européenne.

Nous savons tous combien les terres rares sont essentielles à notre industrie, qu'il s'agisse de l'automobile, des semi-conducteurs ou des équipements militaires. Les décisions annoncées par le gouvernement chinois le 9 octobre représentent un risque important. C'est pourquoi je peux annoncer aujourd'hui que nous travaillons à un nouveau plan européen pour les ressources, dans la lignée de l'initiative Repower. Nous allons accroître les investissements dans les projets stratégiques de production et de transformation des matières premières critiques ici, dans l'Union européenne.

Nous allons accélérer la mise en place de partenariats pour ces matières premières critiques, avec des pays comme l'Ukraine, l'Australie, le Canada, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, le Chili et le Groenland.

5:24
Présentateur

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui dévoilait le 25 octobre dernier à Berlin son plan Resource EU à propos des terres rares. Comment analysez-vous, Emmanuel Hache, la réponse européenne à ce stade ? On n'est pas encore au mois de novembre et avec le revirement chinois, on va y venir.

5:41
Invité

Alors, en entendant Ursula von der Leyen, je m'interrogeais parce que je crois me souvenir qu'en 2022, dans le discours de l'Union, le discours avait été semblable. C'est-à-dire qu'on parlait déjà, justement, de la dépendance aux terres rares et il y avait eu tout un chapitre qui avait été fait qui a d'ailleurs amené le règlement européen sur les matériaux critiques à partir de 2023 où on avait établi une liste de matériaux critiques dans lesquels les terres rares sont appréhendées comme critiques. Elles sont appréhendées d'ailleurs comme critiques depuis 2011. Donc, le sujet n'est absolument pas nouveau.

La question que je pourrais presque mettre en débat, c'est qu'a-t-on fait depuis 2022 étant donné que, j'allais dire, on avait déjà identifié cette faiblesse notamment pour les chaînes de valeur européennes. Alors certes, on a eu une liste de projets qualifiés de prioritaires. Il y a 47 projets prioritaires dont certains sont dédiés aux terres rares au niveau européen dont notamment deux en France, sur le recyclage notamment, qui est très important.

Mais malgré tout, il faut s'interroger sur la réaction notamment, ou la différence de réaction entre ce qui se passe au niveau européen et au niveau américain où, dès 2017, Donald Trump, lors de son investiture, a qualifié la question des matériaux critiques d'urgence nationale. Et le plan américain a été suivi par Joe Biden à partir de 2020-2021. Et quelque part, on a une réaction qui est quand même beaucoup plus affirmée côté américain que côté européen. On a certes tout un langage qui a été développé au niveau européen autour des matériaux critiques. On a des initiatives qui ont été mises en place.

Mais malgré tout, j'ai presque envie de dire que les financements qui sont associés à cette politique sont encore trop rares, ou en tout cas pas assez conséquents, pour permettre justement de se passer des terres rares à court ou moyen terme.

Si je peux ajouter quelque chose ici, c'est très intéressant de noter qu'effectivement les Etats-Unis en 2017 disent déjà à cette époque-là, et Donald Trump déjà à cette époque-là, que les terres rares sont un problème, mettent en place une politique mais qu'on se retrouve tout de même en 2025 avec une situation, une fois de plus, de complet contrôle de la Chine sur la politique extérieure américaine puisque finalement, on voit les Américains qui reculent sur leur propre contrôle à l'export sur la semi-conducteur pour obtenir des terres rares. Et donc, c'est dire que, même huit ans après, les progrès ont été minimes.

Il faut se rappeler que le Japon est le premier pays qui a subi cette coercition économique chinoise et que c'était en 2010, 2011, 2012 avec les contrôles sur les terres rares qui avaient été mis en place. Donc, même 13 ans plus tard, le Japon ne s'est pas défait de sa dépendance envers la Chine, même si c'est un peu mieux au Japon et surtout sur Gallium, Gerdanion, les 3G et le Graphite que sur d'autres terres rares.

Mais tout ça pour dire que c'est dur, que c'est coûteux et que tant qu'il n'y a pas une urgence extrême qui est vraiment ce que le 9 octobre a provoqué, je pense, dans pas mal de pays autour du monde et notamment, je l'espère, en Europe, évidemment aux Etats-Unis, au Japon et dans d'autres pays, tant qu'il n'y a pas une urgence extrême, il y a une tendance à, finalement, revenir à business as usual et de préférer avoir un prix bas qu'une offre diversifiée qui soit plus chère.

8:52
Présentateur

Pourquoi ? Parce qu'en fait, on se repose sur la Chine, on est tellement dépendant d'eux qu'on se dit, là, en ce moment, ça peut avoir comme une zone de turbulences mais finalement, ça reviendra comme avant au lieu de préparer l'avenir parce que c'est très long, Emmanuel H.

9:06
Invité

Oui, je pense qu'effectivement, on réfléchit comme ça et on réfléchit comme ça depuis les années 1990 parce que ce qui est quand même très intéressant à noter, c'est que la dépendance chinoise vis-à-vis des terres rares, l'Europe et les Etats-Unis, se la sont créés depuis les années 80. J'aime souvent à dire qu'en 1985, le premier raffineur mondial qui contrôle 50% du raffinage des terres rares lourdes, c'est la France.

Donc, vous voyez, on avait à l'époque un pouvoir de marché, un pouvoir de marché qui s'est érodé parce que d'un point de vue environnemental, on a commencé à avoir des questions de contestation minière, parce que d'un point de vue économique, bien évidemment, c'est beaucoup plus facile d'aller produire à l'étranger, notamment en Chine avec des coûts du travail qui sont beaucoup plus faibles et en plus facilité par le fait qu'il y a des gisements de terres rares qui sont très intéressants en Chine et les Etats-Unis. On a vu exactement le même processus. Les Etats-Unis étaient le premier producteur mondial de terres rares jusqu'en 1990.

Aujourd'hui, c'est toujours un grand producteur, c'est le deuxième. Mais vous voyez, quelque part, on a eu tendance à délocaliser et puis c'est effectivement très important de rappeler 2009-2012. Pourquoi ? Parce qu'on a ce premier choc où on se rappelle que finalement, les matières premières peuvent être un levier géopolitique. La réaction du Japon est très symptomatique. D'ailleurs, c'est très intéressant que vous en ayez parlé parce que le Japon réduit sa dépendance, notamment avec des accords avec l'Australie. Mais des années plus tard, qu'est-ce qui se passe ? La demande japonaise est tellement forte que sa dépendance à la Chine va réaugmenter.

Ils vont passer de 100% de dépendance à moins de 60% et en quelques années, ils vont remonter à 90%. Pourquoi ? Parce que les coûts sont plus bas et puis parce que tout simplement, effectivement, on revient à un système de business as usual où quelque part, c'est tellement facile d'aller acheter les terres rares en Chine ou les aimants permanents. Et ce qu'on disait tout à l'heure, c'est qu'il y a aussi les chaînes de valeur downstream, comme on dit, donc les chaînes de valeur qui suivent les terres rares qui sont toutes en Chine. Et donc du coup, c'est beaucoup plus pratique finalement d'avoir toute la chaîne de valeur qui se concentre en Chine.

Les acteurs sont les uns près des autres, ils peuvent se parler. Il y a des achats qui sont favorisés par la proximité géographique ou même la proximité de langue et de culture, etc. Et donc finalement, on a une intégration des chaînes de valeur de la mine jusqu'à la voiture qui se font en Chine avec des produits finis qui sont exportés. Et donc c'est pratique. C'est vrai que c'est pratique, c'est économique, ça a du sens. Les investissements qui sont demandés pour diversifier sont énormes. Ils sont nécessaires. On peut en parler. Il faut le faire. On va en parler.

11:36
Présentateur

J'aimerais juste qu'on termine sur cette guerre commerciale et peut-être vous qui connaissez si bien. Oui, allez-y Emmanuel Hage.

11:41
Invité

Juste imaginer avec des chiffres, 69% de l'extraction mondiale de terres rares est en Chine, 91% du raffinage mondial de terres rares est en Chine, 94% des aimants permanents sont fabriqués en Chine.

11:54
Présentateur

Alors même, on ne l'a peut-être pas assez dit ce soir, que le mot terres rares n'est pas le bon puisqu'on trouve de ces composants partout. On en trouve en Bretagne. On va entendre tout à l'heure dans un instant un reportage. On en trouve partout dans beaucoup de régions du monde. Ce qui est difficile en réalité, c'est de l'extraire, de le raffiner, de le transformer.

12:13
Invité

Et de le faire dans des conditions environnementales et des conditions de travail qui soient acceptables en Europe notamment. Juste pour finir

12:19
Présentateur

sur le point géopolitique très actuel à Gatakratz. Pourquoi donc la Chine d'abord annonce ses renforcements de contrôle ? Je crois d'ailleurs sur les armements, sur les équipements militaires de manière extrêmement sévère au point que ça a pu peut-être déstabiliser les secteurs ici automobiles. J'aimerais bien que vous nous en disiez un mot. Et puis ça devait être le 8 novembre, donc dans deux jours. Et puis finalement, on aurait un délai supplémentaire. Est-ce qu'ils jouent aussi un peu avec nos nerfs ?

Ou pour reprendre ce que vous avez commencé à nous dire en introduction, est-ce qu'ils estiment qu'on va abandonner et donc finalement leur laisser cette part de souveraineté qu'on pourrait développer chez nous ?

12:53
Invité

Il faut comprendre ces contrôles de deux façons. Des contrôles qui sont stratégiques et tactiques. stratégiques parce qu'évidemment, on ne met pas en ligne un règlement et un plan de contrôle qui soient aussi détaillés du jour au lendemain. C'est-à-dire que les autorités chinoises n'ont pas écrit du jour au lendemain alors que les choses compliquées avec Donald Trump, les documents qui sont sortis, le document 60, 61, etc. sur le site du Mobcom, du jour au lendemain.

Donc ça veut dire qu'il y avait une stratégie de contrôle des terres rares parce qu'évidemment, sur le long terme, la Chine se doute bien que tout le monde veut dérisquer, que tout le monde veut diversifier son approvisionnement et donc du coup, la nécessité d'augmenter les contrôles à plus de terres rares, à plus de technologies de production des terres rares, à plus d'usages finaux était stratégiquement important. Donc ça, c'est une partie.

La partie tactique, elle nous indique le 9 octobre puisqu'en fait, la Chine annonce ses contrôles à un moment de tension très forte avec les Etats-Unis puisque les Etats-Unis ont mis en place de nouveaux contrôles à export eux-mêmes et sur le secteur des semi-conducteurs en augmentant la liste des entreprises chinoises qui sont visées par les contrôles à l'export américain. C'est un petit peu technique mais en gros, c'est ça. Et en fait, à ce moment-là, la Chine se dit les deux leaders vont se rencontrer à Busan. Ils vont se rencontrer à Busan dans 14 jours. Il faut absolument que Xi Jinping arrive à la table des négociations avec la plus gros pouvoir et la plus grosse force de négociation.

Et qu'est-ce qu'on a dans l'escarcelle ? Qu'est-ce qu'on a dans notre petit panier ? Contrôle à l'export. Et donc, je pense que c'est quelque chose qui est prédaté. C'est-à-dire que c'est impossible qu'ils aient sorti ça de leur petit panier, comme je dis, du jour au lendemain. C'était prévu. C'était prévu de long terme. Mais le jour du 9 octobre, enfin, le timing est très clairement lié aux négociations avec les Américains, l'escalade permanente avec les Américains et la nécessité d'arriver dans une position de force.

14:45
Présentateur

Quel est l'intérêt des Européens dans ce dossier ? À votre avis, Emmanuel H ? D'un point de vue, bien sûr, de la transformation ou de l'exploitation ici en France, mais aussi sur le plan géopolitique. Est-ce qu'il faut jouer l'apaisement ? Est-ce qu'il faut jouer, au contraire, la confrontation ? Est-ce que les Européens aussi sont unis dans ce dossier ?

15:03
Invité

Alors, c'est une question qui est très intéressante, mais ce qu'il faut voir aussi, pour revenir un tout petit peu à ce qui est dit, parce qu'il faut voir aussi ça d'un point de vue très structurel et sur, on va dire, le moyen terme. Ce qui s'est passé en octobre se passe depuis 2023. Les premières restrictions à l'export où on a dit aux entreprises chinoises qu'il faudrait des licences d'exportation pour les aimants permanents ou pour les terres rares, j'ai presque envie de vous dire, à chaque saison, depuis 2023, on a eu une mesure de restriction, que ce soit sur les terres rares, sur d'autres éléments critiques, sur même les technologies.

Et là, quelque part, là où on a sorti l'arme nucléaire, c'est que la Chine a commencé aussi à parler d'extraterritorialité. Et ça, c'est totalement nouveau et c'est très intéressant parce que extraterritorialité, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous êtes un industriel européen et que vous exportez une voiture qui contient 0,1% de la valeur dans son bien, il est obligé de demander une licence d'exportation à la Chine, même s'ils n'exportent pas vers la Chine. Elle contrôle tout. Exactement. Et extraterritorialité, moi, je ne sais pas, mais en tant qu'économiste, tout de suite, je pense à extraterritorialité du dollar.

Et donc, je me dis, mais finalement, la Chine est en train aussi de tester la capacité du monde entier à recevoir ce type de nouvelles mesures et quelque part, ça rentre dans le rapport de force. Alors, avec les Européens, bien évidemment, mais qu'ont à offrir les Européens sur les principales dépendances chinoises. Et ça, c'est une question qui est très intéressante. Pourquoi les États-Unis et la Chine sont arrivés à s'entendre ? Parce que potentiellement, ils ont aussi des dépendances communes, enfin, complémentaires. Les États-Unis sont très dépendants des matériaux critiques chinois. Lorsque vous regardez, ils ont établi une liste de 54 métaux.

Sur les 54, les États-Unis sont dépendants à 100% pour 10 d'entre eux et à plus de 50% pour une trentaine. Et la majeure partie des approvisionnements de ces métaux-là proviennent de Chine ou du Canada. D'ailleurs, ce qui vous explique aussi le tropisme canadien de Donald Trump. Lorsque vous regardez les dépendances chinoises, c'est quoi ? C'est l'alimentaire, c'est l'énergie. Donc là, ils ont réussi à s'entendre. Je vous exporte du soja et potentiellement de l'énergie et je, en contrepartie, la Chine exporte des météros. Qu'a offrir l'Europe ? Elle a un marché à offrir. Un marché pour les technologies bas carbone chinoises. Or, le problème, c'est que l'Europe taxe ces produits chinois.

Donc, quelque part, là, l'enjeu pour l'Europe, ça va être comment je me positionne dans les négociations. Est-ce que j'ai quelque chose véritablement à offrir ou à fermer comme l'a fait Donald Trump ? Oui. Et je pense que ce qui est très important de comprendre, c'est qu'ayant observé l'effet qu'ont fait ces contrôles sur les Américains, l'effet qu'ont fait ces contrôles sur les dirigeants internationaux, la Chine sait qu'elle a un pouvoir, qu'elle a un pouvoir de nuisance et qu'elle peut s'en servir. Il me semble qu'il y a plusieurs choses à l'agenda chinois et plusieurs demandes qui pourraient être formulées.

La première, c'est effectivement sur les véhicules électriques puisqu'on taxe les véhicules électriques à l'importation depuis plusieurs mois, presque un an. Je pense qu'il y a plusieurs autres éléments. Il y a évidemment les exportations européennes d'équipements pour produire des semi-conducteurs. Il faut se rappeler que les Américains ont mis des contrôles à l'export extraterritorieux. Ce n'est pas exceptionnel. L'extraterritorialité, c'est l'extraterritorialité du dollar et des contrôles à l'export américains. C'est vraiment un classique. Par exemple, ASML ne peut pas exporter leurs meilleures machines vers la Chine. Ça, ça peut être un élément de négociation.

Le troisième élément de négociation qui me semble être sur la table, c'est de demander à l'Europe d'arrêter de mettre des sanctions sur des entreprises chinoises dans le cadre de nos sanctions contre la Russie puisqu'en fait, c'est vraiment un élément qui irrite fortement les leaders chinois. Ça ne m'étonnerait pas que ces trois éléments soient sur la table pour une discussion. Les trois sont extrêmement sensibles parce que je ne pense pas que l'Europe ait envie d'accéder aux demandes chinoises. Donc, ça va être compliqué dans les semaines qui viennent.

18:59
Présentateur

Est-ce que ça veut dire qu'il faut qu'on essaye sur le long terme de se passer de la Chine dans ce dossier ou ce sera impossible ?

19:04
Invité

Je pense que c'est nécessaire puisqu'en fait, de ne pas arriver à dérisquer, à diversifier et à se passer de la Chine, ça veut dire confier à la Chine sa politique extérieure, confier à la Chine sa politique commerciale et confier à la Chine sa politique intérieure sur les décennies à venir puisqu'en fait, on voit bien que la Chine, en restreignant les exportations de terres rares, se permet de nous demander certaines choses sur notre politique commerciale, sur notre politique de sanctions, sur notre politique extérieure envers la Russie et c'est extrêmement inconfortable.

Donc, il me semble qu'il va le falloir mais ça va être extrêmement difficile et si on n'y arrive pas, il faut s'attendre à un monde où on doit dire beaucoup plus souvent oui à Pékin. D'ici deux ans, nous serons capables de produire 15% du marché mondial, de la quantité du marché mondial sur les terres rares, ce qui est énorme et ce qui va permettre de sécuriser notre approvisionnement. Et puis, nous bâtissons un partenariat avec un pays qui est le Japon, qui est un pays dont on connaît la fiabilité et la vision de long terme.

20:06
Présentateur

On vient d'entendre la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, l'ancienne, c'était en mars 2025. Elle visitait l'usine dont vous nous parliez à l'instant Emmanuel H. Lac, l'usine Carmaga Lac dans les Pyrénées-Atlantiques. C'était un reportage de France 3 Nouvelle Aquitaine et donc, elle nous dit que peut-être que cette usine pourrait remplir 15% des besoins mondiaux en terres rares. La spécificité de cette usine, j'aimerais beaucoup vous entendre là-dessus, c'est qu'elle ne crée pas, elle n'utilise pas les minerais en question, elle les recycle pour par exemple des anciennes batteries, des anciens moteurs.

Est-ce que ça, c'est une technologie d'avenir qui est intéressante, notamment sur le plan bien sûr de la transition énergétique qui nous intéresse aussi ici puisque c'est un peu le comble parfois que toutes ces terres rares aident à la transition énergétique alors même que ça pollue

20:53
Invité

dans le même temps ? Oui, c'est fondamental. C'est une stratégie fondamentale. Pourquoi ? Parce que lorsque vous êtes dépendant d'une matière première, soit vous allez la chercher à l'étranger, vous investissez, soit vous essayez d'en produire sur le territoire si vous avez des réserves, soit vous essayez de recycler. Vous avez une dernière possibilité, c'est d'influer une politique de sobriété, notamment sur les véhicules électriques ou sur tout ce qui contient en gros des terres rares.

Le recyclage, il a un avantage sur la question des terres rares tout simplement parce que lorsque vous recyclez, logiquement, vous consommez moins d'énergie et vous avez une consommation d'eau moindre que la production primaire de terres rares. Donc environnementalement parlant, c'est très intéressant d'un point de vue environnemental et c'est très intéressant d'un point de vue de la souveraineté. Après, le problème qui peut y avoir, c'est que lorsque vous regardez sur les 390 000 tonnes de terres rares qui sont produites chaque année, la Chine en produit donc 70 %, ça veut dire qu'elle a un pouvoir de marché, elle peut impacter les prix.

Et donc impacter les prix, ça veut dire que dès que vous avez des gisements qui potentiellement, gisements issus du recyclage ou issus de production qui pourraient arriver, la Chine pourrait casser le marché. Et donc, on a potentiellement à réfléchir à des mécanismes pour mettre en place ce qu'on appelle des prix planchers.

C'est notamment ce qu'a discuté Donald Trump avec le ministre de l'Industrie au Japon la semaine dernière où ils ont évoqué justement cette question des prix planchers pour justement assurer une rentabilité des projets de type recyclage ou d'une production minière qui ne pourrait pas être impactée par en gros un comportement chinois qui ferait que la Chine produit énormément et qu'elle fait baisser extraordinairement les prix.

Et j'ajouterais au prix plancher une promesse d'achat avec une certaine quantité parce qu'il faut un certain volume et il faut un certain prix et ça, ça nécessite quand même d'arriver à réguler ou à forcer certaines entreprises à acheter in fine ces terres rares et ces matériaux plus tard dans la chaîne de valeur.

23:02
Présentateur

J'aimerais bien qu'on écoute justement un autre exemple français en Bretagne. Écoutez, Jean-Yves Gégaud, c'est un éleveur bio à la retraite qui s'oppose à la mine d'Andalousite Imeris à Glomel dans les Côtes d'Arma. Il faut poser le problème et il faut là encore une fois faire preuve de transparence. Une relance millière va s'accompagner de la création de zones de sacrifice des populations qui se trouvent autour des sites d'extraction. Je veux bien qu'on aille vers ça mais encore une fois qu'on pose le problème et qu'on le pose sur un plan démocratique. Il ne s'agit pas de sauver le pays en fait. Il s'agit de prendre des options par rapport à notre avenir.

Est-ce que c'est l'avenir qui nous apparaît souhaitable ou pas ? Il y a réellement une dimension politique aussi à ce débat. Il n'y a pas seulement une dimension économique, il n'y a pas seulement une dimension de souveraineté. C'était dans C'est dans l'air le 12 avril 2025. Un reportage dans lequel il parle aussi bien sûr de la pollution que ça crée. Est-ce qu'il faut qu'on s'organise, qu'on aille là-dessus à votre avis vers ce genre d'opérations sur le territoire européen et dans l'usine de Lac dans les Pyrénées-Atlantiques on a eu des soutiens européens mais en effet c'est parfois des millions d'euros c'est parfois pas du tout ce que proposait par exemple le rapport Draghi.

Oui, oui, parfaitement.

24:19
Invité

Juste pour réagir, il va falloir qu'il y ait des compromis et les compromis vont devoir se faire aussi sur l'aspect environnemental c'est évident. Pourquoi ?

Parce que le pouvoir de nuisance chinois à l'heure actuelle il est en termes d'emplois c'est des millions d'emplois qui sont en danger de la coercition chinoise à l'heure actuelle dans l'auto dans les matériels médicaux dans la défense évidemment c'est évidemment notre sécurité et notre capacité à se réarmer qui est en question aussi c'est notre santé c'est des secteurs extrêmement divers et donc il va falloir qu'il y ait des compromis il va falloir qu'il y ait des capitaux mis sur la table il va falloir qu'il y ait des accords comme on disait de prix plancher même s'ils ne sont pas économiquement viables sur le principe ou sur le papier il va falloir des promesses d'achat et tout ça ça coûte ça coûte environnementalement et ça coûte financièrement évidemment.

25:09
Présentateur

Emmanuel H est-ce que c'est aussi pour ça que la Chine s'est construit ce monopole parce qu'en fait on n'avait pas forcément envie que ce soit près de chez nous ces extractions ?

25:18
Invité

Oui oui oui complètement bien sûr bien sûr que c'est une des parties de la réponse je pense qu'aussi de la part des industriels et de la part j'allais dire des politiques il y a eu cette j'allais dire cette sensation ils ont peut-être trop lu Francis Fukuyama si je peux me permettre c'est-à-dire la fin de l'histoire c'est-à-dire qu'on allait vers un monde de social-démocratie sans conflit sans chaos et quelque part délocaliser aller chercher le meilleur prix c'était peut-être la meilleure solution quelque part à cette époque-là on s'est peut-être dit que la géopolitique était morte on passait de la guerre froide à quelque chose de totalement nouveau totalement ouvert et donc donc oui on a construit notre dépendance et je pense que d'un point de vue européen ce qui s'est passé aussi c'est qu'on a totalement perdu notre culture minière lorsque vous allez faire des amphis par exemple et que vous demandez aux gens c'est quoi une mine tout de suite ils vont vous sortir germinal c'est-à-dire la référence minière c'est Zola c'est-à-dire que c'est la mine du 19ème siècle je ne peux pas dire que la mine ça soit exempt d'impact environnementaux mais on n'a pas exactement la même mine aujourd'hui qu'on avait il y a deux siècles heureusement d'ailleurs et ce qu'il faut voir c'est qu'on a un exemple assez intéressant alors c'est pas sur les terres rares c'est sur le lithium il y a une mine à Echassière dans l'Allier qui doit rentrer en production à partir de 2028-2029 pour produire du lithium et donc là il y a cette tentative notamment il y a eu une commission nationale du débat public autour du lithium il y a des experts qui ont été interrogés donc il y a cette volonté de construire mais de toute façon la mine ne se fera pas contre les gens ça ce n'est pas possible

26:55
Présentateur

j'ajoute que c'est terre rare je vous donne la parole dans un instant Agatha Kratz parce que parfois on ne sait pas exactement à quoi ça ressemble c'est comme de la poudre quand on l'utilise et c'est vraiment à la surface de la terre c'est pas en profondeur oui

27:07
Invité

je voulais aussi ajouter qu'on ne pourra pas se reposer que sur l'Europe et que sur les ressources européennes et que sur des mines en Europe et donc il faudra forcément qu'on ait une politique qui soit une politique d'alliance et de coopération avec des pays tiers ça inclut l'Australie ça inclut le Canada ça inclut des pays comme ça qui ont des capacités minières qui ont gardé cette capacité là et qui ont aussi des ressources et par ailleurs ça va inclure des pays émergents avec lesquels il va falloir travailler beaucoup plus la Malaisie j'y pense parce qu'il y a un accord qui a été signé entre les Etats-Unis et la Malaisie il y a une semaine et qui a inclué tout un mémorandum sur les terres rares très intéressant à regarder il y a beaucoup de coopération avec le Japon là-bas tout ça pour dire se diversifier de la Chine ça va vouloir dire faire un peu plus de tout le reste et donc un peu plus d'Europe un peu plus d'Etats-Unis un peu plus de G7 mais aussi un peu plus de pays émergents ce qui est probablement une très bonne nouvelle pour être honnête pour des pays qui s'étaient finalement vu nier la capacité de produire ce genre de substance et toute la chaîne de valeur qui va avec parce que la Chine a aspiré tellement de chaînes de valeur sur les dernières années

28:07
Présentateur

On a vu que ces métaux ces minerais on peut les recycler on peut aller les chercher directement même si ça pollue est-ce qu'on peut s'en passer ? Est-ce qu'il y a des substituts ? Emmanuel H

28:20
Invité

Alors jusqu'à aujourd'hui je n'ai pas connaissance d'un seul métal qui ait vu sa production diminuer je vais vous prendre un exemple peut-être très fort le plomb les batteries au plomb le plomb qui était dans toutes les peintures on pourrait se dire on a chassé le plomb des peintures d'un point de vue sanitaire et malgré tout la production de plomb elle est en millions de tonnes et elle augmente j'allais dire chaque année alors que dans le même temps on décarbone le système des transports donc sans passer à court au moyen terme non par contre rentrer dans des politiques où justement on va plutôt s'intéresser à l'intensité métallique des technologies réfléchir un tout petit peu à j'allais dire la surpuissance de nos appareils comment dire digitaux que ce soit nos téléphones ou nos ordinateurs ou tout le complexe numérique si vous voulez à un moment vraiment il faut se poser la question de la sobriété dans nos produits

29:12
Présentateur

C'est vrai qu'elle n'est absolument pas posée dans ce dossier

29:15
Invité

Agatha Krat Si je pense qu'elle l'est et je pense qu'elle le sera nécessairement elle le sera au niveau des entreprises qui en fait à un moment si elles doivent acheter des terres rares et si elles doivent acheter des minéraux critiques à un prix plus élevé vont être obligées d'avoir des réflexions d'innovation et des réflexions de sobriété plus importantes et je pense qu'elle est aussi à l'agenda sur toute la question du recyclage évidemment donc non je ne pense pas qu'elle soit absente mais évidemment le choc du 9 octobre est un choc et je pense que toutes les conséquences et toutes les implications n'ont pas encore été tirées

29:46
Présentateur

Quand on entend le commissaire européen Stéphane Sejourner nous dire il faut accélérer faire plus de financement soutenir la recherche développer le recyclage accorder plus de permis on peut entendre aussi un peu drill baby drill comme disait Donald Trump ou quand même pas c'est pas de ce niveau là

30:01
Invité

Ah non moi j'entends un peu le rapport Draghi c'est innover sécuriser décarboner qui je pense doivent être les maîtres mots de l'Union Européenne sur ces sujets là et le chiffre a été posé par Draghi lui-même 800 milliards d'euros par an un chiffre juste pour vous donner le règlement européen sur les matériaux critiques et j'allais dire tous les projets qui ont été financés on est à hauteur de 92 milliards d'euros aux Etats-Unis l'IRA l'Inflation Reduction Act qui comprenait aussi beaucoup de choses sur les matériaux critiques c'était autour de 490 milliards de dollars la Chine dans son plan Made in China 2025 on était à plus de 1000 milliards donc à un moment les chiffres comptent et vous ne pouvez pas faire la même chose avec 92 milliards d'euros qu'avec 1000 milliards de dollars ce n'est pas possible après j'ajouterais qu'il ne faut pas mettre la barre à 1000 milliards sinon personne ne fera rien du tout et personne ne se lèvera le matin non non je sais mais c'est parce que j'insiste parce que pour certains décideurs politiques il semble que la barre du dérisking sur les matériaux critiques soit trop haute il y a une espèce il y a une espèce de j'imagine d'impression que tout est perdu que la Chine a gagné le jeu des terres rares on est en retard qu'on ne pourra pas revenir en arrière et que finalement cette guerre elle est perdue et donc il faut abandonner tous ces efforts de dérisking et donc de mettre la barre à 1000 milliards effectivement c'est trop haut mais quelque part entre 92 et 400 il y a quelque chose qui peut se faire ce ne sera pas tout seul on sera nombreux ce n'est pas juste l'Europe c'est le Canada c'est les Etats-Unis ce sont aussi des projets où ça va créer de l'activité économique dans nos territoires au lieu de les créer en Chine et donc c'est quelque chose de bien ça créera de l'emploi ça créera de l'innovation ça créera une re-réflexion de nos chaînes de valeurs des chaînes de valeurs qui pourront peut-être devenir plus européennes donc je pense qu'il faut le voir aussi positivement puisque c'est de l'investissement et l'investissement ça peut payer dans le long terme vous semblez approuver j'approuve totalement je parlais de 800 milliards c'est le plan global drague mais ce que vous avez c'est tout à fait exact mais effectivement on a vraiment l'impression aujourd'hui que nous sommes très perdants en fait dans l'approche dans l'approche minière alors que encore une fois historiquement on a des atouts on a des compétences je ne vais pas on est quand même obligé de dire qu'on a des écoles des mines qui sont véritablement les plus intéressantes et qui forment des gens vraiment sur ces choses là donc véritablement on a des atouts

32:20
Présentateur

et bien on l'aura compris grâce à vous deux merci infiniment d'être passé dans le débat de questions du soir ce soir Emmanuel H économiste adjoint scientifique à la direction économie et veille de l'IFPEN je cite votre dernier livre géopolitique des matières premières chez Erol et merci à vous Agatha Kratz associée au Rodium Group spécialiste de l'économie chinoise et des relations Chine-Union Européenne un immense merci aussi à l'équipe de questions du soir Stéphanie Villeneuve Diane Devancet Juliette Mollick et Antoine Héral