L'invité de Bourdin Direct : Jean-Pierre Farandou - 17/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse directe
Pourquoi les voyageurs de la SNCF sont-ils si peu contrôlés sur le pass sanitaire ?
- 1:21RelanceRéponse directe
Il y a très peu de contrôle, Jean-Pierre Farandou. Je n'ai jamais été contrôlé.
- 2:17OuverteRéponse directe
Obligation vaccinale pour les cheminots en contact avec le public ?
- 2:59OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes favorable à imposer un pass sanitaire dans toutes les entreprises pour aller travailler ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Le TGV fête ses 40 ans, présentez-nous le futur TGV M.
- 6:10OuverteRéponse directe
Dites-moi, avec un Wi-Fi qui marche dans les TGV.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54InvitéFait
« Trois choses qui sont obligatoires, d'avoir un pied, d'avoir un masque et d'avoir un pass sanitaire. »
- 1:04InvitéChiffre
« On a contrôlé plusieurs millions de personnes, maintenant depuis le mois d'août, où cette décision a été mise en place. »
- 1:17InvitéChiffre
« Parmi, si on regarde les voyageurs qu'on a contrôlés, 99% maintenant des gens ont un pass sanitaire. »
- 1:34InvitéFait
« On a dit que ça serait aléatoire. On a tout de suite dit que ça serait aléatoire. »
- 1:38InvitéChiffre
« On a calé d'ailleurs un seuil autour de 20-25% que nous faisons. »
- 2:23InvitéChiffre
« On a 3500 contrôleurs qui travaillent justement dans ces trains à longue distance dont on a besoin pour fonctionner. »
- 2:29InvitéChiffre
« Tous, sauf 25. »
- 4:13InvitéChiffre
« 3 milliards de personnes transportées en 40 ans. »
- 4:46InvitéChiffre
« Ce nouveau TGV aura une empreinte carbone réduite de 32%. »
- 9:34InvitéChiffre
« L'année dernière, on a perdu 6 milliards d'euros de recettes. »
- 9:42InvitéChiffre
« On a fait à peu près 3 milliards d'euros d'économies l'année dernière. »
- 11:23InvitéChiffre
« Le salaire moyen d'un cheminot, c'est 3200 euros par mois. »
- 11:32InvitéChiffre
« Yannick, 47 ans, contrôleur à bord du TGV, 21 ans de SNCF, salaire de base 1816 euros bruts. »
- 12:10InvitéChiffre
« On déverse chaque année 200 millions d'euros sur la masse salariale par les mécanismes de grille. »
- 14:13InvitéChiffre
« Les facilités de circulation, 400 euros par an et par cheminot. »
- 16:45InvitéPromesse
« Je veux que dans dix ans, il y ait deux fois plus de passagers dans les trains et deux fois plus de marchandises dans les trains. »
- 18:55InvitéFait
« L'État et les conseils régionaux se sont mis d'accord sur un plan de régénération des petites lignes. »
Temps de parole
- Invité67 %
- Présentateur33 %
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct. Jean-Jacques Bourdin. Jean-Pierre Farandou, bonjour. Bonjour. Heureux de vous recevoir pour la première fois. Vous êtes PDG de la SNCF. Alors nous allons évidemment parler des 40 ans du TGV. 40 ans déjà le TGV. Nous parlons des salaires à la SNCF, de l'ouverture à la concurrence, du prix des places. C'est un souci pour beaucoup. Mais je vais commencer avec le pass sanitaire. Jean-Pierre Farandou. Pourquoi les voyageurs de la SNCF, quand nous prenons le TGV, sommes-nous si peu contrôlés, si rarement contrôlés ? Le pass sanitaire est obligatoire dans les trains. Oui, pour prendre le train, le train longue distance. Longue distance, oui. TGV intercité.
Trois choses qui sont obligatoires, d'avoir un pied, d'avoir un masque et d'avoir un pass sanitaire. Alors le pass sanitaire, d'abord ça marche. On a contrôlé plusieurs millions de personnes, maintenant depuis le mois d'août, où cette décision a été mise en place. Donc on a un échantillon sacrément représentatif, avec plusieurs millions de personnes. Je ne sais pas les mille personnes de sondage, c'est en millions. Parmi, si on regarde les voyageurs qu'on a contrôlés, 99% maintenant des gens ont un pass sanitaire. Donc c'est une réussite.
Il y a très peu de contrôle, Jean-Pierre Farandou. J'ai dû prendre le train, le TGV, 20 fois depuis le début de l'été. Je n'ai jamais été contrôlé. Jamais.
Moi je le prends. Vous êtes contrôlé. Oui, je suis contrôlé. On a dit que ça serait aléatoire. On a tout de suite dit que ça serait aléatoire. Ça n'est pas caché. Et d'ailleurs avec le gouvernement, on a calé d'ailleurs un seuil autour de 20-25% que nous faisons. Quand on regarde toutes les formes de validation.
20-25% des contrôles.
Oui. Quand on rajoute les validations à l'embarquement, les validations à bord, les validations à l'arrivée, plus tous les bracelets bleus qu'on distribue, qui sont des formes de validation.
On pourrait utiliser. Ils ne sont pas nominatifs.
Oui, mais en fait ça se passe bien. Je crois qu'il faut faire confiance.
J'ai un bracelet bleu une fois, je le garde et je... On change de couleur.
Oui, on change de couleur. Vous allez changer de couleur ? Oui, on change de couleur. On l'a déjà fait, bien sûr. Orange, violet, bleu. Franchement, le pass sanitaire dans les tresses, ça fonctionne. Je le redis, 99% des voyageurs sont dotés d'un pass sanitaire.
Obligation vaccinale pour les cheminots en contact avec le public ?
Oui, ça s'est bien passé. On a 3500 contrôleurs qui travaillent justement dans ces trains à longue distance dont on a besoin pour fonctionner. Ils sont tous vaccinés ? Tous, sauf 25. On m'a dit qu'il y avait 25 cheminots. 25 ?
Ils ne veulent pas ?
Suspension du contrat ? Pas du tout, pas du tout. On les réaffecte. Il n'y a pas de problème. On peut les réaffecter. Ils peuvent contrôler sur d'autres trains. Ils peuvent faire un travail au sol. Voilà, donc ça se passe très bien. Et d'ailleurs, on n'a supprimé aucun train depuis que le pass sanitaire est donc obligatoire pour les cheminots. Là encore, tout se passe très bien.
Pass sanitaire, bientôt obligatoire pour tous les employés de la SNCF. Dans toutes les entreprises de France, je dis de France, en Italie, c'est ce qui va se passer à partir du 15 octobre. Est-ce que vous êtes favorable à cela ? Imposer un pass sanitaire dans toutes les entreprises
pour aller travailler ? Écoutez, nous, on se rangera à l'avis du gouvernement comme depuis le départ. Non, mais il y a des règles sanitaires, on les met en place. Pas plus, pas moins. Je pense qu'on a été irréprochable, d'ailleurs, sur ce qui est sanitaire. On se souvient, les confinements, les déconfinements, le TGV sanitaire, le pass sanitaire. Voilà, vraiment, l'objectif de la SNCF, c'est d'être, je veux dire, aux avant-gards de l'application des règles. Pas plus, pas moins.
Bien, le TGV 40 ans, vous allez fêter ça aujourd'hui. Le président de la République va venir, garde Lyon, pour, je ne sais pas moi, présenter avec vous le futur TGV, le TGV M. Rien à voir avec Macron. TGV M, non. Non, Jean-Pierre Farandou. Non, non, rien à voir. Non, non. Bon, d'accord. Bon, pas plus rapide. Il ne sera pas plus rapide. 320 km heure maximum. Mais il sera plus confortable, plus modulable, plus écolo et plus économe. Allez-y. Allez-y. Présentez-nous ce futur TGV.
On va dire deux mots, quand même, sur ces 40 ans de TGV. C'est formidable. Oui, on va le faire. Parce que c'est un moment de joie partagée. Pour les cheminots, bien sûr, et pour les Français. Je pense que le TGV, il appartient aux Français. C'est un succès commercial incroyable. 3 milliards de personnes transportées en 40 ans. C'est un fleuron industriel français. La SNCF a commandé 536 grammes à Alstom, dans cette filière industrielle française, qui est là. Ça a changé la France. Ça a changé la vie des Français. Voilà. Alors maintenant, quand on se projette, ça, c'est les 40 ans passés, mais j'espère qu'on a plus que 40 ans devant nous. Alors, il faut un nouveau TGV.
On est déjà à 7 générations d'engins, de TGV. Là, c'est la 8e. La 8e, c'est plus la vitesse maintenant. On est à 320 km heure. On ne cherche pas à aller encore plus vite. C'est déjà pas mal. On avale les kilomètres à 320. Les enjeux, c'est quoi ? C'est l'écologie, la protection de la planète. Ce nouveau TGV aura une empreinte carbone réduite de 32%. Comment ? Par le choix des matériaux. Il sera moins lourd. Oui. Par l'aérodynamisme. Oui. Voilà. Donc, il a une empreinte carbone bien meilleure. Il conservera moins d'énergie. Voilà. On a ce souci, effectivement, que l'impact carbone soit plus bas. Et on le rappelle, tout ça, c'est de l'électricité décarbonée.
On a la chance, en France, bien sûr, d'avoir une électricité qui est décarbonée. Donc, on voit très bien l'impact carbone qui était déjà faible. Il sera encore plus faible. Deuxièmement, c'est le confort à bord. Première idée, c'est la modularité. On a aujourd'hui des configurations de rames. Première classe, deuxième classe, un peu lourde. Je pense que demain, en fonction de la demande, en fonction des trains, en fonction des jours et des destinations, il faudra que ce TGV puisse adapter ses places. C'est-à-dire ? C'est-à-dire le nombre de premières, le nombre de secondes. Et là, on pourra le faire dans une nuit.
Aujourd'hui, ça nous prend plusieurs jours pour adapter les premières secondes. Là, dans une nuit, on pourra rajouter de la première, rajouter de la seconde. On pourra créer des espaces aussi à bord pour les familles, pour les hommes et les femmes d'affaires. Voilà, quelque chose qui soit beaucoup plus souple et modular.
Une voiture super première classe, c'est ce que vont proposer les Italiens. Bientôt, au mois d'octobre ou novembre.
Il faut voir. Si le marché est là, l'idée, c'est de coller au marché. Si on a des relations, peut-être Paris-Lyon, par exemple, ou Paris-Marseille, ou Paris-Bordeaux, si on a des relations où il y a une demande, on a vraiment une clientèle qui recherche beaucoup de confort, on pourra effectivement produire, j'allais dire mettre en scène, fabriquer une voiture spéciale première classe, une espèce de first à bord de nos TGV. Ça sera possible. Voilà, l'idée, c'est de coller à la demande. C'est ça qui est l'idée centrale.
Dites-moi, avec un Wi-Fi qui marche, Jean-Pierre Farandou, parce que ce n'est pas toujours le cas, aujourd'hui, dans les TGV.
Alors, bien sûr, avec un Wi-Fi qui marche, il faudra être connecté, bien évidemment. Là-dessus, nos rames sont équipées. Parfois, on s'ouvre du fait que nos campagnes ne sont pas toujours équipées. Le Wi-Fi, on est prêt à le recevoir dans les trains, mais s'il n'est pas émis par les balises...
Mettez la pression sur les opérateurs. Je souris quand je dis ça ici.
Non, mais c'est ce qu'on fait. Mettez la pression sur les opérateurs. C'est ce qu'on fait. On a des discussions fortes avec eux. C'est vrai, je suis conscient qu'il y a encore des zones peut-être pas blanches, mais en tout cas où le signal n'est pas suffisant. Il faut absolument, mais ça c'est un plan national, que toutes les parties du territoire soient bien équipées et le TGV, dès lors qu'il transverse à ses campagnes, bénéficiera de ses équipements.
C'est très important. Tous les espaces du TGV seront accessibles par les handicapés. Oui, bien sûr. Ça, c'est un effort que vous allez faire, que vous devez faire.
Mais bien sûr. Jean-Pierre Farando. Bien sûr, bien sûr. On doit le faire et on veut le faire. Vous savez, la SNCF d'aujourd'hui et encore plus de demain, elle doit être inclusive. C'est ce qu'on dit. Qu'est-ce que ça veut dire inclusif ? C'est que tous les Français peuvent avoir accès au TGV d'un point de vue physique, comme les personnes en situation de handicap, mais aussi d'un point de vue tarifaire d'ailleurs. Oui, tiens, j'allais vous en parler. C'est une accessibilité totale à bord des TGV. Le TGV, c'est populaire.
Je me suis amusé. Vous aussi, beaucoup de gens s'amusent. Avec mon équipe, je me suis amusé. Mais ça, c'est le jeu. Jean-Pierre Farando. Paris-Bordeaux. Paris-Bordeaux. Je connais bien, Bordeaux. Justement, c'est pour ça que j'ai choisi Bordeaux. Merci. Tout à l'heure. Je veux partir tout à l'heure à Bordeaux. Je suis allé voir. Il y a un train à TGV à 10h13. Ça me coûte 166 euros l'aller. En première classe ? Oui. Oui, en première classe. Et en deuxième classe, 120, 110, 120. Vous avez dit, ok, allez-y. C'est très cher, non ?
Vous y prenez au dernier moment. Oui, d'accord. Est-ce que vous avez la carte avantage ? Non, non. Monsieur Bordeaux. Ah, mais voilà. Non, non, mais pas cher. Si vous avez eu la carte avantage, j'aurais payé beaucoup moins cher. Beaucoup moins cher. Beaucoup moins cher. Paris-Bordeaux, c'est deux heures. Vous aurez payé 59 euros maximum. En seconde, je vous l'accorde. L'idée, les prix modérés, ce n'est pas idiot qu'on cible sur la seconde classe, quand même. Ça peut se comprendre. Bon, franchement, avec la carte avantage, c'est fini. C'est prix jugé élevé. C'est fait pour ça. Avec la carte avantage, 49 euros par an pour une famille. C'est tout à fait raisonnable.
D'abord, vous avez tout de suite des réductions. 30% pour les adultes, 60% pour les enfants. Et on a les prix capés, les prix maximum. Je le redis, jusqu'à 1h, 1h30, 39 euros. 3h, c'est le cas pour Bordeaux, 59 euros. Donc, vous n'aurez pas payé plus cher que 59 euros. Et au-delà, 79 euros. Voilà. Donc, franchement, on a bien compris. La situation que vous décrivez, c'est celle que j'ai voulu traiter. Moi, quand je suis arrivé à la SNCF, 1h30, j'ai vu qu'il y avait ce problème de TGV cher. Il y a une espèce de sparadrap qui nous collait l'image que j'ai utilisée. Mais c'est vraiment ça. Je ne pouvais pas aller sur un plateau ou ailleurs quand on me dit que le TGV, c'est cher.
Alors, les gens de la SNCF ne comprenaient pas parce qu'il y avait des Ouigo, il y avait des petits prix. Mais pourquoi il était cher ? Parce que, comme vous l'avez dit, au dernier moment, il n'y a plus que les prix élevés. Mais oui. Pour pallier cet inconvénient, c'est la carte avantage puisque là, même jusqu'à la dernière minute, vous avez des prix maximum. Achetez une carte avantage, vous en serez content.
Bon, d'accord. Jean-Pierre Farandou, les téléspectateurs, les auditeurs vont réagir. J'en suis absolument certain. Bien. Parlons de la SNCF. La SNCF fait des économies. Vous faites des économies. Vous limitez les dépenses, les frais généraux administratifs et vous allez supprimer des postes. Combien de postes allez-vous supprimer ?
D'abord, il y a le contexte qu'il faut mettre en place. On ne fait pas ça par plaisir. On gère l'entreprise. Je gère l'entreprise. Mais oui. C'est quoi le contexte ? Il y a deux éléments de contexte. D'abord, la Covid. C'est que l'année dernière, on a perdu 6 milliards d'euros de recettes. Et on a fait des économies pour réduire l'impact. C'est normal. Et on a fait à peu près 3 milliards d'euros d'économies l'année dernière, ce qui fait que la perte a été limitée à 3. Cette année, on a encore la Covid. On n'avait pas prévu ce quatrième confinement qui est arrivé au printemps. C'est là, on ne l'avait pas prévu dans nos budgets. Il est arrivé. Donc, on gère.
Déjà, la Covid, il faut réduire l'impact de la Covid. Deuxièmement, il y a la concurrence. On va en parler. Il faut être compétitif. On va en parler, oui. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'SNC Voyageurs conserve le maximum de parts de marché. Combien de suppressions de postes prévoyez-vous ? En suppression de postes, en fait, c'est une tendance historique. Je veux dire, pas plus, pas moins que d'habitude. Non, mais combien ? C'est autour de 1,5%, 2%. Combien de postes ? Ça fait combien de postes ? Si vous appliquez 1,5%, 2% à 140 000, vous êtes autour d'entre 2 000 et 3 000.
Vous allez supprimer 2 000 à 3 000 postes. On fait des recrutements aussi.
On recrute. Non, mais... On recrute 3 500 personnes les dernières. J'imagine bien. On adapte les effectifs à la charge de travail. Vous recrutez parce que certains
partent à la retraite. Mais, globalement, vous allez supprimer entre 2 000 et 3 000 postes. On est entre 1,5% et 2%. Voilà, c'est ça. C'est une tendance qui n'est pas nouveau. La partie réseau ou non ?
On le fait à peu près. Ça peut dépendre des métiers. Un peu partout. Oui, un peu partout. Parce que ce sujet de productivité et de compétitivité, il est général. Oui. Voilà. Donc, on fait notre métier. Ce n'est pas un drame. Quand on se compare à d'autres entreprises... Supprimer des postes, ce n'est pas un drame. Parce qu'il faut s'adapter.
Parce qu'il faut s'adapter. Bien sûr qu'il faut s'adapter. Et les salaires ? Alors, les syndicats, je les ai écoutés. J'avais hier le patron de la CFDT qui me disait... D'ailleurs, la CFDT est très en pointe sur les salaires à la SNCF qui me disait les salaires sont gelés depuis 7 ans. Et c'est insupportable. Est-ce que les cheminots seront augmentés ?
D'abord, les salaires à la SNCF sont raisonnables et raisonnés. Vous savez, le salaire moyen d'un cheminot c'est 3200 euros par mois.
Alors, attendez. Tiens, je prends un exemple. Allez-y. Yannick, 47 ans, contrôleur à bord du TGV, 21 ans de SNCF, salaire de base, 1816 euros bruts. 1816 euros bruts, il a des primes, mais imposées, et qui ne comptent pas pour sa retraite. Non, mais il a des primes. Il faut les ajouter. Non, mais il a des primes. C'est du salaire. Imposées, évidemment, mais qui ne comptent pas pour sa retraite. Ses primes. Oui, c'est bien beau d'avoir des primes. Encore faut-il que ça soit utile pour l'avenir. On parle des salaires ou de la retraite ? Alors, on parle des salaires. Non, non, mais je parle des salaires. On peut faire les deux, mais commençons par les salaires.
Est-ce que vous allez augmenter les salaires ? L'inflation sera à plus 1,9% à la fin de l'année. Non, mais les salaires,
on les augmente tous les ans. L'histoire d'augmentation générale à zéro, c'est vrai, là, sur le traitement, sur le point, mais on déverse chaque année 200 millions d'euros sur la masse salariale par les mécanismes de grille. Vous savez qu'on a un statut à la SNCF, on a une grille. Ces mécanismes de grille, on appelle ça les positions de rémunération, les niveaux, les échelons, 200 millions d'euros, c'est plus de 2%. Donc, moi, je ne peux pas laisser dire qu'il n'y a pas d'augmentation à la SNCF. Ce n'est pas vrai. Est-ce qu'il y aura 2% de masse salariale supplémentaire tous les ans à la SNCF ? Sur le salaire de base, est-ce qu'il y aura augmentation ?
Sur le salaire de base, en termes de points, ce n'est pas sûr. Ce n'est pas sûr. Ce n'est pas sûr ? Ça veut dire non, quoi. Non, par contre... Ce n'est pas sûr. Ce n'est pas sûr. On va négocier. Il y a une négociation annuelle obligatoire. Moi, je serais cheminot,
je serais inquiet. Ce n'est pas sûr,
je serais inquiet. Vous n'êtes pas syndical à la SNCF. Non, non, non. Deuxièmement, attendez, de quoi on parle ? Je le redis. On parle d'une entreprise en perte, quand même. Vous pensez qu'une entreprise en perte, elle a des marges de manœuvre pour procéder à des augmentations salariales importantes ? Il faut être cohérent. Les Français ne le comprendraient pas. Je vais expliquer aux Français que je suis en perte et à côté de ça, on serait très généreux sur les salaires. Il y a un problème. Je crois qu'il faut rester cohérent. Moi, je ne suppose pas l'économique et la sociale.
Avec une inflation à 1,9%, si j'ai bien compris, le cheminot va perdre
du pouvoir d'achat. Non, puisque je vous dis qu'au moins, les mécanismes statutaires déversent 2%. Vous voyez qu'en gros, on suit l'inflation.
Vous suivez l'inflation. Vous allez suivre l'inflation, si j'ai bien compris. La suppression du régime spécial de retraite, vous êtes favorable ou pas ?
Le régime spécial de retraite,
ce n'est pas mon affaire. Oui, d'accord. Non, mais franchement, ce n'est pas mon affaire. C'est le gouvernement. Chacun a sa place.
Moi, je dirige cette entreprise, c'est déjà pas mal. Mais vous pensez qu'il faut supprimer ce régime spécial ou pas ? Je n'ai pas d'avis. Vous n'avez pas d'avis sur la question ? Non, je n'ai pas d'avis sur la question. C'est une décision politique. Je ne suis pas dans le terrain politique. Moi, je fais marcher une entreprise publique française. Je fais rouler 15 000 trains pour les Français en sécurité, en régularité. Ça suffit à mon bonheur.
Les facilités de circulation, les fameux billets gratuits, vous allez les remettre en cause ou pas ?
Non, là, j'ai un avis parce que je peux décider. Oui. J'étais très clair, je ne vais pas les remettre en cause pour les cheminots qui sont à la SNCF. On ne va pas y toucher. Ça fait partie du contrat. Les cheminots, ils ont un contrat avec la SNCF. Le salaire, on en a parlé, et les facilités de circulation, 400 euros par an et par cheminot. C'est un rapport qu'il a évalué. Ce n'est pas exorbitant. Il y a d'autres secteurs d'activité où il y a beaucoup plus. Ce n'est pas exorbitant. Je trouve que c'est un lien sympathique parce que ça relie le cheminot avec la production, avec le fruit de son travail, le train.
Donc moi, en tant que président de la SNCF, je ne toucherai pas aux facilités de circulation des cheminots.
D'autant plus que vous allez rendre les voyages gratuits pour les policiers. Donc évidemment, on comprendrait mal. Non ?
Ce n'est pas moi qui les rends gratuits pour les policiers. C'est le ministère de l'Intérieur. Non, mais j'ai dit que c'est gratuit pour les policiers. Ce n'est pas gratuit pour le ministère de l'Intérieur. Oui. On a un contrat. On a une convention.
Ce n'est pas gratuit pour la SNCF. C'est-à-dire que c'est le ministère de l'Intérieur qui va payer. Bien sûr. Comme pour les armées. Comme pour les armées. Ça exige déjà. Armées, ça vous gêne qu'ils soient armés qui soient armés. À l'intérieur des trains ?
Non, on parle de policiers. On parle de fonctionnaires de police formés. Oui. Non, moi, ça ne me gêne pas du tout. Moi, j'ai confiance en la police. Je l'ai dit aux fonctionnaires de police. On est bien contents de les trouver pour notre sécurité. Donc, ils sont très bien venus à bord des trains.
Bien. La concurrence. Parlons de la concurrence parce qu'elle arrive vite cette concurrence. Je le disais. Elle est déjà là. Elle est déjà là. Les Italiens, j'ai vu que Marseille, Nice, c'est Transdev. D'ailleurs, des cheminots seront transférés. vont travailler pour Transdev qui est une entreprise privée. Est-ce qu'ils vont garder leur statut ? Ils s'inquiètent. Peut-être à juste raison.
Je ne sais pas. C'est normal qu'ils s'inquiètent. C'est un choix pour les cheminots concernés. Bien évidemment, mettez-vous à la place d'un conducteur de train de Marseille.
Transdev qui fait plus fort que vous. Même tarif, deux fois plus de trains. Vous y croyez à cette histoire ? Je ne sais pas. C'est ce qui est annoncé. Vous n'y croyez pas ?
Elle est fausse. Vous pensez qu'on serait assez bête à la SNC pour répondre avec cet aller-retour quand Transdev serait très intelligent et répondait à 14. Aujourd'hui, il y a cet aller-retour. Dans le cahier des charges, il y en avait 14. On a répondu à 14. C'est le genre d'histoires qui sont quand même très étonnantes. C'est une espèce d'injure à l'intelligence de la SNCF. Qui est-ce qui les fait circuler ? Je ne sais pas. Ce n'est pas moi. C'est vrai que ce n'est pas moi. Mais ça m'étonne qu'on puisse les reprendre. Oui, mais c'est quand même étonnant. Je vous pose la question. On est là pour rectifier tout ça.
Exactement. La concurrence, ça vous fait peur ?
La concurrence, d'abord, là encore, c'est une donnée. C'est l'Europe, c'est la France, c'est une loi, il faut y aller. C'est comme ça. Moi, la concurrence, il y a deux éléments. D'abord, je souhaite qu'SNC Voyageurs se battent pour garder le maximum de parts d'un marché. Vous parlez de la région sud, on a perdu le lot au Marseille-Nice, on a gagné l'étoile de Nice qui est deux fois plus gros. Ça sera ça. On va gagner, on va perdre. Et quand un monopole se voit à la concurrence, on ne peut que perdre. C'est quasiment mécanique. Bon, à côté de ça, moi, je monte d'un cran. Moi, ce que je veux, c'est que certes, la concurrence arrive dans le ferroviaire.
Moi, je veux que le gâteau du ferroviaire augmente quand la concurrence arrive. Moi, mon objectif, il est très clair, c'est fois deux. Je veux que dans dix ans, il y ait deux fois plus de passagers dans les trains et deux fois plus de marchandises dans les trains et pas dans les camions. N'oublions pas les marchandises. Voilà, c'est ça l'enjeu. Et si on arrive à faire grossir le gâteau du ferroviaire, la concurrence, d'abord se passera bien, se passera mieux et peut être un aiguillon de ce développement.
Mais comment alors faire grossir le gâteau du ferroviaire ? 85% des Français privilégient la voiture pour leur déplacement. Alors, comment faire ? Comment faire ? Je ne sais pas moi, en développant. Est-ce que vous allez développer des lignes à grande vitesse ? Ou pas ? Les chantiers sont définitivement fermés ou certains vont être rouverts ? Je suis comme vous.
Moi, j'écoute ce que dit le gouvernement et le premier ministre qui a réouvert des perspectives sur une région Montpellier-Perpignan ? Montpellier-Perpignan.
Ça va se faire, Montpellier-Perpignan ?
On verra. Montpellier-Perpignan, c'est vrai. Le on verra, c'est quoi ? Moi, j'ai compris que le premier ministre disait que je fais ma part, l'État fait sa part. Est-ce que les collectivités font la leur ? Ce qui est classique. On a souvent ce genre de montage. Donc, je pense que les discussions sont très actives dans la région Occitanie, dans la région Nouvelle-Aquitaine. Oui, Bordeaux-Toulouse. Il y a beaucoup de discussions pour voir parce que les collectivités vont arriver à compléter le financement de ces lignes parce qu'il faut être sérieux. Si elles ne sont pas financées, elles ne se feront pas.
Si elles sont financées à l'inverse, je pense qu'elles se feront et moi, j'y suis favorable parce que quand on rajoute tout ça, moi, je vois un arc-sud TGV. Je vois un arc-sud à grande vitesse, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Nice et ça serait pas mal. Ce serait possible, ça ? Oui, quand vous raboutez tous ces projets, vous voyez apparaître un arc-sud à grande vitesse qui changerait complètement la donne de notre territoire méridional français qui en a bien besoin. Ce sont des belles villes, ce sont des villes très actives, tournées vers l'Italie, tournées vers l'Espagne. Je pense que ça accélérerait
beaucoup le développement de ces zones. Oui, Perpignan-Mavril est plus rapide que Perpignan-Paris aujourd'hui. Ce qui pose problème quand même. Pardon. Bien sûr, bien sûr. Il y a la relation sur Paris mais il y a aussi la relation entre ces très belles villes du sud de la France. Oui, mais je comprends. Alors, comment développer le train ? Développer des petites lignes ? Reprendre, ouvrir des petites lignes ? Comment développer le train ?
Sur les petites lignes, moi je suis d'abord le petit dé, vous savez pour les gens qui n'habitent pas des petites lignes, c'est leur ligne. C'est leur ligne ? Non, mais je dis petites lignes. Oui, je suis d'accord. C'est le côté local. Je suis d'accord. Alors, moi la bonne nouvelle, et je suis content en tant que patron de la SNC parce qu'on était souvent un peu le sandwich dans les discussions qui nous dépassaient, dans 8 régions je crois, l'État et les conseils régionaux se sont mis d'accord sur un plan de régénération des petites lignes. C'est parti. C'est-à-dire qu'il y a des lignes qui vont rouvrir ? Exactement, qu'on va rénover d'abord et qui vont rouvrir. La dynamique est lancée.
Prenez-moi 2-3 exemples.
Vous avez 2-3 exemples ? Par chez vous,
Alex Bessèges je crois. Alès Bessèges ? Oui, Alès Bessèges qui va rouvrir. Pareil sur Luchon, dans l'Ontario. Des lignes qui vont rouvrir. C'est formidable. Il y en a aussi dans le Grand Est, il y a des lignes qui vont rouvrir. Voilà, ça. Moi je pense qu'il y a une nouvelle dynamique. Alors, il y a 2 choses sur les petites lignes. Bien sûr, c'est l'infrastructure. Tout part de l'infrastructure. Si l'infrastructure n'est pas de qualité, il y a des problèmes de fiabilité, ce n'est pas possible. Donc là, on va les refaire. Et deuxièmement, en termes de recherche et développement, j'allais dire quasiment, on va mettre au point un train léger dans tous les sens du terme.
Léger en poids, c'est bon pour l'énergie. Léger en coût, pour que les conseils régionaux puissent acheter davantage de trains. Et bien sûr, on va sortir du diesel avec des trains hybrides, des trains à hydrogène, des trains à biogas. Voilà, on réinvente le train pour ces petites lignes.
Bien, dernière question, Jean-Pierre Farandou. L'étranger, à l'international, vous allez vendre le TGV encore ? Vous avez de nouveaux contrats en perspective ? Alors, vendre le TGV, c'est Althom. Pas vendre le TGV, vendre votre technologie. Ah oui, alors notre service.
Votre savoir-faire. Bien sûr. Alors, on a un succès tout récent, c'est Ouigo Espagna. On a ouvert des lignes Ouigo entre Madrid et Barcelone. Ça cartonne. Ça a un super succès. On est à 90 ou 95% de taux d'occupation. Et ailleurs dans le monde ? Ailleurs, il faut voir. Franchement, notre zone... Oui, il faut voir. Parce que l'aventure internationale au long cours, il faut faire attention. Nous, c'est l'Europe, plutôt l'Europe de proximité. On a des projets autour de Thalys et Eurostar. On va relancer ces trains-là post-Covid qui en ont besoin. Voilà, c'est plutôt autour de l'Europe de proximité qu'on souhaite faire valoir nos savoir-faire en matière de grande vitesse.
Je le redis, 40 ans de TGV et 40 ans devant nous en France et en Europe.
Merci Jean-Pierre Forandou. Merci. Il est 8h54. Vous êtes sur RMC et BFM TV. Bonne fête. Merci beaucoup.