Pourquoi Éric Zemmour veut-il supprimer la loi SRU ? Avec Christophe Robert - C à Vous - 02/02/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:47OuverteRéponse partielle
Pourquoi trois quarts des Français se disent satisfaits de leur logement alors que 4 millions sont mal logés ?
- 4:15OuverteRéponse directe
Qu'a fait l'État sur le logement ces cinq dernières années ?
- 6:40OuverteRéponse directe
Éric Zemmour veut supprimer la loi SRU. Pourquoi ?
- 7:20RelanceRéponse directe
Des logements sociaux réservés aux Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20InvitéFait
« En 2023, elles sont écartées du marché normalement. »
- 0:23InvitéFait
« Les pires, les pires. C'est un processus qui va monter progressivement jusqu'en 2035 à partir de 2023. »
- 1:45InvitéChiffre
« il faut un minimum de 350 000 logements par an. »
- 2:00InvitéChiffre
« c'est là où il faudrait plutôt à 400 000, 450 000, peut-être 500 000. »
- 3:37InvitéChiffre
« 4 millions de mal logés »
- 3:49InvitéFait
« On a des impacts sur la santé. »
- 3:58InvitéChiffre
« 12 millions de précarité énergétique. »
- 4:25InvitéChiffre
« Une coupe de 5 euros par mois aux 6,5 millions de bénéficiaires des allocations logements. »
- 5:27InvitéChiffre
« Et c'est 400 millions d'euros de moins du budget de l'État dédiés aux ménages modestes. »
- 5:54InvitéChiffre
« c'est 15 milliards d'euros de coupes en 5 ans dans le budget de l'État. »
- 6:48Invité politiquePromesse
« J'ai dit que je supprimais la loi SRU qui oblige la moindre petite commune de plus de 3000 habitants de faire construire des logements sociaux, oui. »
- 7:02InvitéFait
« Et c'est ce qui a permis d'ailleurs une forte augmentation des constructions de logements sociaux depuis 2000. »
- 7:30InvitéChiffre
« 1,8 million de logements sociaux. »
- 7:47InvitéChiffre
« À l'époque, c'était 20%, maintenant, c'est devenu 25%. »
- 8:06InvitéChiffre
« Vous avez plus de 5 millions de logements sociaux, 80% ce sont des Français, les autres ce sont des personnes qui ont des titres de séjour. »
Temps de parole
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On voit bien que de toute façon, toutes les questions désormais écologiques et sociales sont liées. C'est vrai, la rénovation thermique, on fait baisser la facture des ménages et on va limiter les émissions de gaz à effet de serre. D'où l'importance de rénover toutes les passoires thermiques très vite, en moins de 10 ans. Nous pensons que c'est réaliste. En 2023, elles sont écartées du marché normalement. Les pires, les pires. C'est un processus qui va monter progressivement jusqu'en 2035 à partir de 2023. Par rapport au sujet que vous évoquez, effectivement, il faut limiter l'étalement urbain.
Il y a beaucoup de gens aussi qui s'étalent parce qu'ils ne trouvent pas chaussures à leurs pieds à proximité de leur lieu de travail. Donc nous, on a beaucoup enquêté sur ce sujet. Parce que les loyers sont trop chers ou les prix de la... Donc on va toujours chercher plus loin. On peut faire plusieurs choses. On peut rebâtir sur le bâti. On peut reprendre aussi des locaux d'entreprises, pardon, de bureaux. Il y a beaucoup de bureaux vides. On a beaucoup construit de bureaux, y compris qui n'ont pas servi. Pour pouvoir les transformer en logements. On peut réfléchir à la manière de mieux densifier la ville. Densifier la ville, ça ne veut pas dire ne pas la végétaliser parallèlement.
Donc c'est un équilibre à trouver. Le pire serait quoi ? De dire, on ne se préoccupe pas de tout ça, on construit nos 500 000 logements par an et on n'y fait pas attention. Ce n'est pas possible. Et l'autre, pire, ce serait de dire, non, pour des raisons écologiques, on ne fait plus rien. Et ça, on ne peut pas accepter. Parce qu'il y a une urgence, avec les 4 millions de Français mal logés. Alors oui, d'abord, il y a une urgence sur la situation des mal logés. Mais là, il peut y avoir aussi des priorisations, de logements qui sont vacants, qui vont être remobilisés, de logements qui vont être adaptés à ces besoins particuliers.
Mais sur la construction globale, par rapport à votre question, vous savez, par rapport aux besoins annuels, c'est-à-dire les séparations conjugales, les jeunes qui décohabitent chez leurs parents, il faut un minimum de 350 000 logements par an. Maintenant, si on veut rattraper le retard dans les grandes métropoles liées à une absence, ou une insuffisance, pardon, de construction ces dernières années, ou répondre aux mal logés, dont les 4 millions dont vous venez de parler, c'est là où il faudrait plutôt à 400 000, 450 000, peut-être 500 000. On peut trouver le bon équilibre, mais il ne faut pas le faire les yeux fermés, effectivement.
La réhabilitation et la réhabilitation ou la récupération de logements, de bureaux, de transformation. Oui, ou de bureaux transformés en logements, ou densification de la ville. J'insiste sur la densification de la ville, c'est-à-dire qu'on a souvent une illusion. On croit, par exemple, qu'il y a une ville très densifiée, que nos villes sont très densifiées. Non, on peut les densifier différemment, tout en veillant à créer des espaces végétalisés.
Ce n'est pas facile, je ne dis pas que tout est facile, mais il me semble qu'aujourd'hui, on a conscience des deux, ces enjeux écologiques et ces enjeux de construction, et qu'on devrait, avec l'intelligence qu'il y a dans ce pays, être capables de le faire. Vous dites que le mal-logement en France est une bombe sociale à retardement. Pourtant, trois quarts des Français se disent satisfaits de leur logement. Comment est-ce que vous expliquez ça ? Il y a une France à deux vitesses. Vous savez, ce matin, on présentait une personne qui vit depuis six ans dans un hôtel social avec ses deux enfants. Et elle disait qu'elle était quand même un peu contente, parce qu'elle n'était pas à la rue.
C'est incroyable. C'est-à-dire que vous allez rencontrer des gens qui sont dans un situation de logement de surpeuplé. Ils sont six dans 30 mètres carrés. Il y a des gens qui sont dans les logements complètement pourris. Ils chauffent l'extérieur quand ils chauffent. Ça leur coûte une fortune pour pouvoir se chauffer un petit peu l'hiver. Et ils vous disent, oui, mais enfin quand même, moi déjà, j'ai la chance d'avoir un logement. En même temps, raison gardée, observons les choses. Il y a beaucoup de gens pour qui ça va bien. Donc il faut le reconnaître. Ce pays, globalement, a une bonne protection, a eu des efforts qui ont été faits. Une majorité de propriétaires. Mais, mais, oui, 56, 57%.
Mais, ce qui est préoccupant, c'est que vous avez tout un pan de la population. 4 millions de mal logés, là, c'est les situations les plus dures. Mais vous avez aussi beaucoup de gens qui dépensent, par exemple, 50% de leur budget pour se loger. 50 à 60%. Tout ça, c'est des choses qu'on ne voit pas. Mais l'impact, c'est quoi ? C'est qu'on ne se soigne pas comme il faut. On ne s'alimente pas comme il faut. On a des impacts sur la santé. On l'a vu très fort pendant le confinement. Les personnes qui sont en surpeuplement ont été plus affectées que les autres. On a des impacts de la précarité énergétique. 12 millions de précarité énergétique. Donc, tout dépend de quoi on parle.
Vous savez, quand on pose un sondage comme ça et qu'on dit, voilà, est-ce que vous êtes satisfait ? Les gens, oui, globalement, je suis satisfait. Et tant mieux, d'ailleurs. Mais maintenant, là où on a une responsabilité collective, et c'est la responsabilité de l'État, c'est de venir en aide à ceux qui sont en difficulté. Justement, qu'a fait l'État, qu'a fait le gouvernement Macron ces cinq dernières années ? Vous dites que le logement n'a jamais été une priorité pour l'exécutif. Un quinquennat qui a commencé par une drôle d'annonce. Une coupe de 5 euros par mois aux 6,5 millions de bénéficiaires des allocations logements.
Aujourd'hui, Emmanuel Macron, que vous avez rencontré et interrogé, a reconnu que ce n'était pas une bonne idée.
Je ne reviens pas sur ce qui s'est fait en début de mandat, qui était un peu une espèce de coup parti sur les APL, qui avait fait beaucoup de polémiques et dont on aurait pu, à mes yeux, totalement se passer, parce que ça ne servait pas à grand-chose et ça représentait très peu d'économies, y compris dans le montant. Après, il y a eu une réforme. Les APL étaient calculés jusqu'alors en regardant les situations historiques, avec un effet un peu de retard. Et on a remis le calcul des APL pour qu'ils correspondent à la situation actuelle. Et c'est vrai que, compte tenu des dynamiques, ça a conduit, entre guillemets, à des économies.
L'objectif de cette réforme n'était pas de faire des économies, mais ça rentre dans l'autre que vous disiez.
L'État fait des économies sur les aides au logement ? Beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Vous savez, j'ai eu cet échange avec le président de la République, je le remercie. On dit que c'est une erreur. Le ministre de l'Économie dit que c'est une erreur. Le ministre du Logement de l'époque dit que c'est une erreur. Le président de la République dit que c'est une erreur. C'était 5 euros au départ. 5 euros par ménage, par mois. Mais ça a continué pendant les 5 ans. Et c'est 400 millions d'euros de moins du budget de l'État dédiés aux ménages modestes. Parce que les APL, c'est les ménages modestes. Donc on ne l'a pas remis en cause. Et ça a servi à éponger quoi ?
Non, mais vous savez, il y a eu 5 euros. Après, on a gelé les APL. Après, on a supprimé l'APL, l'accession à la propriété. Après, on a changé le mode de calcul. Alors, ce n'est pas condamnable, parce qu'on s'adapte plus à la réalité des ressources des ménages et leur évolution. Mais au total, si on prend toutes les coupes qui ont été faites sur les ménages, c'est-à-dire ce qui arrive moins dans la poche des ménages au titre des APL, ou ce qui a été coupé sur la capacité des bailleurs sociaux à produire du logement social, c'est 15 milliards d'euros de coupes en 5 ans dans le budget de l'État. Donc on a discuté avec le président de la République. Bon, je crois que c'est assumé.
Le résultat, c'est quand même que les aides au logement sont moins solvabilisatrices pour les ménages, d'une. Et deux, c'est qu'on a moins construit de logements sociaux. Et le président de la République, dans cet entretien, dit effectivement qu'on n'a pas atteint nos objectifs. Donc il y a un moment où on sent qu'il y a eu une logique de Bercy purement budgétaire. Et c'est pour ça que le président dit qu'en fait, c'était une coupe aveugle, qu'elle n'était pas bien pensée. Effectivement. Et alors ? On apprend de ces erreurs et on change. Nous, ce que l'on appelle, c'est à changer. Il y a des propositions, là, évidemment, à l'aune de la campagne.
Éric Zemmour, lui, veut supprimer la loi qui oblige les communes à construire 25% de logements sociaux, la loi dite SRU.
J'ai dit que je supprimais la loi SRU qui oblige la moindre petite commune de plus de 3000 habitants de faire construire des logements sociaux, oui.
Et c'est ce qui a permis d'ailleurs une forte augmentation des constructions de logements sociaux depuis 2000.
Et c'est ce qui a permis que les ravages de l'immigration et de la violence se répandent dans toute la France. On loge les immigrés. On loge les gens dans le droit d'asile qui attendent leur réponse et qui ne sont jamais expulsés. Et donc, c'est pour cela que les Français ne sont pas logés. Et je dirais simplement, je finis, moi, je réserverai les logements sociaux aux Français.
Des logements sociaux réservés aux Français ? C'est faux. C'est faux. La loi SRU, elle a permis de construire la moitié des logements sociaux depuis 20 ans que cette loi a été adoptée. 1,8 million de logements sociaux. Et elle vise quoi, cette loi ? Elle vise à dire, vous voyez, quand il y a une commune qui a fait 60% de logements sociaux, puis il y en a une autre qui a fait 5%, peut-être que l'effort, il peut être un peu partagé. Donc à l'époque, le ministre, Louis Besson, dit, on va regarder, c'est la moyenne du taux de logement social dans les communes, donc on va le mettre à 20%. À l'époque, c'était 20%, maintenant, c'est devenu 25%. Voilà, donc c'est du bon sens.
Je veux dire, c'est une logique d'intervention collective où on se préoccupe chacun de faire un effort. Ça s'appelle la solidarité, ça s'appelle regarder, tendre la main à un moment à ceux qui sont en situation de fragilité. Et puis ce qui est faux, c'est que le logement social n'est pas réservé aux immigrés. Ça n'a aucun sens. Vous avez plus de 5 millions de logements sociaux, 80% ce sont des Français, les autres ce sont des personnes qui ont des titres de séjour. Ils ont le droit d'être là, les personnes qui n'ont pas de titre de séjour ne sont pas éligibles au logement social. Donc voilà, il faut arrêter, il faut arrêter.
Éric Zemmour