« Le pouvoir de dire non » : l’essai de Dominique de Villepin - C à Vous l’intégrale - 09/04/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. Nous sommes en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Bonsoir à tous les 5.
Emilie? - E.Tran Nguyen: Les 86 recommandations pour changer le monde de la culture et mieux protéger les victimes.
C'est ce qui ressort du rapport accablant de la commission d'enquête parlementaire qu'avait demandée et obtenue J.Godrèche. - A.-E.Lemoine: Elle sera là pour commenter les 313 pages de ce rapport dans lequel on lit beaucoup de vies brisées et de carrières interrompues.
Mohamed? - P.Cohen: L'état du monde face à Trump vu par D.de Villepin.
Son ouvrage montre l'imbrication de nos problèmes intérieurs et de l'état du monde. - A.-E.Lemoine: Merci d'avoir accepté notre invitation, D.de Villepin, à l'occasion de la publication de votre essai, "Le Pouvoir de dire Non".
Vous nous direz quelles sont les solutions à vos inquiétudes, les réponses à vos inquiétudes et à celles des Français. Lorrain? - L.Sénéchal: Une start-up qui joue à "Jurassic Park" en recréant une espèce de loup géante.
C'est très controversé. - P.Lescure: Pour les millions de gens que les peintures et les couleurs de D.Hockney rendent heureux, il faut aller très vite voir cette exposition.
Pour ceux qui n'aiment pas, je ne peux rien faire! - A.-E.Lemoine: Ils pourront écouter votre oeil.
Après 20h, M.James, C.Borotra, héroïnes de la saison "Face à face".
Et un film qui met en scène une pilote de F1. Le dîner est préparé ce soir par H.Riboulet.
Son restaurant est à Paris. - B.Chameroy: Bonsoir.
Au menu du soir, des asperges. Vous me disiez qu'il y a du kumquat, que vous hésitez à ajouter. Qui est pour l'ajout du kumquat? - E.Tran Nguyen: Moi. - B.Chameroy: Qui est contre, qui ne m'écoute pas depuis le début?
Il y aura du kumquat! Des asperges avec du kumquat, préparées de quelle façon? - H.Riboulet: Praliné de petit épeautre et 2 ou 3 petites choses que je vais ajouter. - B.Chameroy: Merci.
Bonne émission. - A.-E.Lemoine: Merci.
A tout à l'heure. Tout de suite, L'Edito de Patrick. Patrick, vous avez lu l'essai de D.de Villepin, "Le Pouvoir de dire Non". - P.Cohen: Il est disponible en ligne.
Je ne vais qu'effleurer cet essai. 2 extraits me semblent symboliques. Le 1er dénonce la marchandisation du monde. ...
Le 2e fustige notre "data-isation". ...
Malgré ces constats, qui pourraient vous faire passer pour un conservateur, vous vous situez résolument dans le camp du progrès qui doit dire "non" à celui de la contre-révolution. ...
Il y a 3 grandes peurs d'après vous en France: peur du terrorisme, de l'islam et de l'immigration. Il y a, dans votre texte, un double effet miroir entre votre discours de l'ONU, quand, depuis New York, vous faisiez la leçon aux Américains...
La leçon que nous avait retournée J.D.Vance en février à Munich.
Et votre ouvrage sur le trumpisme. Le trumpisme n'est qu'un fascisme nouveau. Encore une citation sur Trump.
Vous voyez dans le trumpisme une économie morale fondée sur la domination. ...
Domination, virilité...
J'ai tout de suite pensé à la dernière de ces fanfaronnades hier. ... - P.Cohen: Voilà le trumpisme qui n'est, selon vous, que le symptôme des maux qui nous assaillent.
Vous êtes moins éloquent sur la Russie de Poutine, que vous classez comme un empire parmi d'autres. Mais les autres n'ont pas envahi leur voisin. On vous a souvent accusé d'être complaisant avec Moscou, du moins de toujours préférer le dialogue au rapport de force.
C'est une occasion manquée. On remarque aussi votre vibrant plaidoyer européen. Vous avez dû surprendre ou décevoir quelques-uns de vos admirateurs.
Sur la mondialisation, au moment où Trump donne un coup d'arrêt au libre-échange, je n'ai pas compris ce que vous pensiez, au fond, de la promesse de prospérité liée au modèle mondialiste. Vous évoquez des oligarchies qui glissent vers la ploutocratie. Le gouvernement des plus riches, y compris en France.
Vous évoquez le ressentiment profond provoqué par la montée des inégalités. C'est en partie inexact. Les inégalités de niveaux de vie n'ont pratiquement pas bougé en France depuis 20 ans.
Les inégalités de patrimoine continuent de se creuser à cause de la flambée de l'immobilier. Il manque des préconisations, des solutions concrètes. Vous plaidez pour une république rajeunie qui renoue avec l'ordre et la justice, dirigée avec humilité.
Une république qui rende à la démocratie la force de sa promesse. Mais encore? - A.-E.Lemoine: Il ne suffit pas de dire "non".
Encore faut-il donner envie de dire "oui". - D.de Villepin: Je le dis clairement, c'est là-dessus que se termine ce petit essai, la nécessité d'avoir le courage de dire "oui".
Il y aura une suite. Je n'allais pas tout livrer d'un seul coup. Nous ne sommes pas dans le moment où on est prêts à écouter des programmes. - A.-E.Lemoine: Mais sur le fait de savoir comment donner envie aux Français de dire "oui"?
Pendant longtemps, ils ont dit "non". - D.de Villepin: Il ne faut pas sauter les étapes.
Il y a le constat et il y a les principes à partir desquels on peut envisager de refonder notre société. D'abord, il faut éviter qu'elle ne se détricote. L'une des clés du texte est de comprendre quelle est la spirale qui est en train de nous emporter.
C'est l'alliance de la puissance, de la bataille identitaire...
Cette puissance illimitée qui est la marque même du trumpisme et d'autres néo-impérialistes, s'appuie sur une bataille idéologique, la conquête des esprits. On le voit en Europe à travers le populisme. C'est-à-dire la manipulation de quelques groupes à travers une idéologie et la question identitaire.
On attrape les gens par la colère, par la peur. A partir de là, on divise les nations et on les asservit. Aujourd'hui, les logiciels technologiques permettent d'asservir des nations entières.
Le risque, c'est que nous soyons comme des souris blanches avec une électrode à la queue. Ajoutons au mot d'ordre de D.Trump, "forrer, taxer"...
C'est l'empire qui fait payer le tribut aux nations asservies. Nous sommes ramenés à quelques poussières de data. C'est une menace énorme.
Ca ne peut se faire qu'à travers un mécanisme d'asservissement. Quand je dénonce la tentation de la surenchère dans certains partis politiques en France, en Europe ou aux Etats-Unis...
Nous sommes capturés par l'émotion, par la stigmatisation qui nous entraînent à devoir choisir un camp. C'est en même temps nous obliger à renoncer à être des citoyens capables de juger par nous-mêmes, capables de ne pas toujours courir et agir en meute. Il faut réapprendre à être une démocratie, une république.
C'est pour ça que je défends l'idée que le point de départ, c'est de retrouver les attributs de la souveraineté. La souveraineté nationale, c'est l'héritage de la révolution française. Une souveraineté qui doit être une souveraineté populaire.
C'est le peuple qui est au coeur de la démocratie. Mais aussi une souveraineté individuelle, une souveraineté des personnes. C'est cette capacité, en conscience pour chacun, à se situer et à ne pas se laisser emporter par des vagues populistes. - A.-E.Lemoine: En gros, vous nous dites: "Réveillez-vous"? - D.de Villepin: C'est l'étape d'après, une éventuelle indignation.
Dire "non", c'est déjà commencer à agir et à arrêter l'hémorragie. La République s'efface. La démocratie est malmenée.
La nation se divise. Il faut arrêter ce processus qui est un processus mortel. Une fois qu'on a enrayé ce processus mortel, après avoir dit "non", on peut commencer à débattre entre nous.
C'est là où la démocratie retrouve ses droits. C'est toujours pareil. Le socle de l'action, ça n'a l'air de rien...
Prenons les 2 mamelles qui constituent le coeur de la République. D'un côté, l'ordre. Aujourd'hui, on ramène tout à l'ordre, notamment dans le glissement à l'extrême droite.
L'autre mamelle, c'est la justice sociale. On doit avancer avec l'ordre républicain et la justice sociale. On est tous là à discuter des effets macro-économiques des droits de douane.
Derrière tout ça, il y a des viticulteurs, des Pays de Loire, en passant par la Bourgogne...
Il y a des travailleurs qui se posent des questions simples: "Est-ce que demain, j'aurai toujours un emploi?" Il y a des accompagnements qui sont indispensables. Je n'entends pas l'Etat parler d'un bouclier pour protéger l'économie française et les travailleurs français. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas tout à fait ce que nous disait hier A.de Montchalin. - D.de Villepin: Je l'aime beaucoup, mais j'aimerais entendre le Premier ministre et le président de la République.
Nous sommes dans un choc! - P.Cohen: Il y a des discussions au sein des 27. - D.de Villepin: Face à ce choc, il faut une volonté.
La volonté, ça doit être celle du Premier ministre et du président de la République. On l'a fait pendant le covid. Vous croyez que le choc que nous vivons sur le plan économique n'est pas aussi puissant? - A.-E.Lemoine: Il faudrait en quelque sorte un "quoi qu'il en coûte"? - D.de Villepin: J'aimerais au moins que l'Etat...
Une des grandes causes de la dérive que nous vivons, c'est l'impuissance de l'Etat. Quand vous avez des ministres qui vont au 20h pour faire la chasse à l'identité...
Regardez la dégradation de nos services publics ces dernières années. Nous pouvons, par des politiques publiques, enrayer les hémorragies. Nous avons les moyens d'agir. - P.Cohen: Comment on fait, à votre avis, pour endiguer cette bataille identitaire tant que des entrepreneurs de haine mettront cela à l'agenda en priorité?
Comment voulez-vous contrer cela et courir en sens inverse? - D.de Villepin: Sur ce qui constitue le marché identitaire, il y a toujours ceux qui expliquent qu'il y a des solutions magiques pour répondre aux problèmes.
En gros, c'est le schéma trumpien. "Tous dehors". Dans ce schéma, on voit bien qu'il n'est pas question de raison, d'Etats, de responsabilité, de rationalité, de politique publique.
Derrière l'immigration, vous avez 7 ou 8 grandes politiques publiques qui ne sont pas activées. Les malheureux qui viennent aujourd'hui chez nous viennent très souvent parce qu'il y a des crises, des guerres dans des régions. Le Soudan, l'Ethiopie, le Congo, la Syrie...
La diplomatie française s'est fixé pour but d'être partout sur ces crises en initiative? Ce n'est pas faire une conférence à Paris ou là-bas, mais se doter des outils qui permettent d'arrêter ces massacres et ces hémorragies. Une grande politique pour bloquer une grande partie des arrivées.
Deuxièmement, dans ce qui est agité comme moyens magiques, il y a cette idée d'OQTF, de tordre le bras de l'Algérie ou des pays du Maghreb. "Vous allez voir ce que vous allez voir". Pour le moment, on n'a rien vu.
La clé, c'est d'être capable, par le dialogue et l'échange...
Un donnant-donnant doit être engagé. Il faut convaincre ces Etats qu'ils ont intérêt... - A.-E.Lemoine: Le dialogue a été rétabli par le président Macron. - D.de Villepin: Il ne faut pas isoler le sécuritaire du migratoire, le migratoire du mémoriel, le mémoriel du diplomatique...
Il faut prendre la mesure de la complexité et, en même temps, s'atteler à tout ça. Il faut faire les choses très simples: gouverner. - A.-E.Lemoine: On a oublié de gouverner, en France?
Le gouvernement ne gouverne plus? - D.de Villepin: Il considère que la clé de l'action publique, c'est de changer la loi.
On a changé la loi combien de fois sur l'immigration et ça n'a rien changé? C'est en appliquant la loi et en se battant point par point pour changer les choses... - A.-E.Lemoine: Il y a trop de calculs politiciens? - D.de Villepin: On refuse de regarder le réel!
Il ne suffit pas d'être depuis 3 mois dans un ministère... - A.-E.Lemoine: Vous voulez rajeunir la République. - D.de Villepin: Ca n'empêche pas d'avoir affaire à des gens qui ont la compétence, l'expérience et qui ne cèdent pas à la tentation de tout transformer en polémique.
Le ministre de l'Intérieur, je n'ai rien contre lui, mais il a dit: "Toutes les polémiques des 3 derniers mois m'ont servi." Tout est là... - P.Cohen: "Pour parler aux Français", a-t-il dit. - A.-E.Lemoine: Il n'est pas là pour parler aux Français? - D.de Villepin: Le problème, c'est qui est le ministre de l'Intérieur, qui est le candidat à la présidence des LR.
Il y a une hybridité qui pose un véritable problème dans un moment de crise, quand on attend d'un homme politique qu'il règle des problèmes. - A.-E.Lemoine: Vous opposez l'hubris et l'humilité. - D.de Villepin: Pourquoi le RN est monté toutes ces années?
C'est parce qu'on n'a pas fait de politique. On s'est contentés du diagnostic et on s'est disputés sur des mesures qui n'ont rien à voir avec ce qui peut réconcilier tout le monde: le réel. Gouverner, c'est du réel, ce n'est pas de la spéculation.
Quand on vous propose de partir à Saint-Pierre-et-Miquelon... - A.-E.Lemoine: L.Wauquiez proposait... - D.de Villepin: Il proposait d'envoyer les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon.
C'est d'abord une méconnaissance de la réalité de ce type de problème. Mais surtout, c'est croire qu'on peut régler les problèmes en les éloignant. Nos compatriotes de Saint-Pierre-et-Miquelon, ce sont des Français comme les autres.
On pourrait les garder au Puy-en-Velay...
Pourquoi Saint-Pierre-et-Miquelon? Le climat est peut-être plus défavorable. Proposer cela, c'est en quelque sorte donner à voir aux Français qu'on n'est pas très sérieux, qu'on ne croit pas aux vertus de l'action politique...
C'est-à-dire qu'en gros, gouverner, c'est éloigner. - P.Cohen: Il ne gouverne pas.
Il est en bataille pour la présidence et il est en bataille pour la présidence LR. - D.de Villepin: On croit en permanence pouvoir lier la conquête du pouvoir et l'exercice du pouvoir.
Nous sommes toujours dans la conquête du pouvoir. Le résultat, c'est que les Français n'ont jamais de dirigeants qui exercent le pouvoir. C'est tellement difficile qu'on préfère continuer à séduire et à proposer des choses parfois stupides.
On n'assume pas le pouvoir. - E.Tran Nguyen: Est-ce une nouvelle tentative de la droite pour aller chasser sur les terres de l'extrême droite? - D.de Villepin: Ca montre à quel point cette droite est inspirée par ce qui semble le plus dynamique, le plus vivant dans la vie politique française: le RN.
Qu'eux donnent le sentiment de tenir les choses, de répondre aux problèmes des gens. C'est une totale illusion. On voit à quel point D.Trump, une fois au pouvoir, part dans des logiques absolument folles.
Ce n'est pas la réponse. Au sein des Républicains, il y a des gens respectables, sérieux. Prenez O.Marleix et beaucoup d'autres...
Des gens se trouvent pris en otage par cette logique suicidaire de fuite en avant qui ne peut conduire la France qu'à renier ce que nous sommes, renier la République, renier la démocratie, renier l'Etat-nation. La solution qui est proposée, c'est de diviser entre les bons et les mauvais Français. C'est inacceptable. - P.Lescure: Plusieurs sondages vous ont placé dans le peloton de tête des personnalités politiques préférées des Français.
En septembre, vous étiez très applaudi à la Fête de l'Humanité. Vous avez déploré qu'E.Macron n'ait pas proposé Matignon au NFP. - D.de Villepin: J'ai dit dès le lendemain de la dissolution: une force est arrivée en tête.
Il faut lui donner sa chance. Acclamations. Est-ce que ça aurait duré?
Est-ce que le NFP aurait eu l'audace d'étendre ses lignes pour constituer un gouvernement qui puisse avoir une majorité? Ca, ce n'était pas au président de la République d'y répondre à la place du NFP. - P.Lescure: En 2005, vous deveniez Premier ministre de J.Chirac.
En 2019, vous faites un triomphe à la Fête de l'Humanité. Est-ce que c'est vous qui avez changé ou les Français vous voient-ils autrement? - D.de Villepin: Les mécanismes de la pratique politique n'ont pas changé.
Ce que je défends là, c'est un principe. Le mouvement arrivé en tête a vocation à être sollicité par le président de la République. Le président de la République doit lui donner sa chance.
Ce que je constate, et l'histoire me donne raison, c'est que si vous ne faites pas les choses dans l'ordre, vous avez du désordre et de la confusion. On a déjà eu un certain nombre de Premiers ministres depuis. Ils ne tiennent pas.
On ne progresse pas vers ce qui aurait été la seule solution possible...
Il s'agit d'aller d'une hypothèse à une autre. A la fin, qu'est-ce qu'on aurait eu? Sans doute une possibilité de recomposition du jeu politique, allant jusqu'à l'union nationale.
Pourquoi pas revenir au vieux programme du Conseil national de la Résistance. Ce n'est possible étape par étape. Il faut donner à voir ce qui est impossible pour donner à voir ce qui est possible.
Le président de la République a voulu à tout prix écarter cette hypothèse. Le résultat, c'est que nous sommes au milieu de la boue, toujours dans la gadoue, et c'est les Français qui paient l'addition. - A.-E.Lemoine: Votre popularité pourrait se traduire dans les urnes? - D.de Villepin: Ce n'est pas mon problème. - A.-E.Lemoine: Les sondages disent plutôt que non. - D.de Villepin: Ce n'est pas mon sujet.
Vous l'avez compris. On a parlé de la situation créée par le trumpisme. On parle de la situation de guerre sur la planète.
Ce que je veux, c'est montrer à avoir aux Français qu'il y a des alternatives, un chemin, mais que la condition pour avancer, c'est de ne pas renier ce que nous sommes, ne pas renier nos valeurs, ne pas renier notre héritage républicain. ...
La partie douloureuse de Vichy, la souffrance de l'OAS...
On a payé pour voir ce qu'est la contre-révolution dans notre pays. Je nous souhaite pas que nous ayons à rejouer cette partie. Soyons fiers de notre héritage, mais considérons aussi qu'il y a un combat à mener pour le préserver.
C'est la clé de ce petit essai. Il y a des logiques, des mécanismes qui sont à l'oeuvre. Ces mécanismes sont mortels.
C'est comme l'engrenage des somnambules en 1914. Quand vous avez un certain nombre d'intérêts, la colère, la peur, la lâcheté, vous avez une série de conséquences qui se traduisent par ce que les Etats-Unis connaissent aujourd'hui. Ils n'ont pas été capables avant l'heure de constater où ils allaient.
Maintenant, ils y sont. - A.-E.Lemoine: Vous appelez à un sursaut de l'Europe, à reconquérir le pouvoir de dire "non".
L'Europe doit trouver une façon de riposter au texte de D.Trump. - D.de Villepin: "Le Pouvoir de dire Non", c'est un sursaut de conscience individuelle.
Ca commence par chacun d'entre nous. Ensuite, la nation française. Je crois que la France a vocation à éclairer le chemin des Européens dans beaucoup de domaines.
Nous avons cette vocation. Et bien sûr, l'Europe, dont je dis qu'elle n'est plus seulement un levier d'Archimède...
C'est un bouclier d'Archimède. - A.-E.Lemoine: La France doit éclairer le chemin que doit prendre l'Europe, notamment sur la question des taxes.
E.Macron a expliqué comment il voulait que l'Europe négocie. - E.Macron: Nous n'avons pas souhaité des tarifs.
La responsabilité, le déclencheur, c'est le choix du président Trump. C'est une très mauvaise idée. Quelqu'un nous a menacé avec un fusil.
Je n'ai pas peur. Nous n'avons pas à avoir peur. Ca peut avoir un impact.
Les Etats-Unis, c'est un marché plus petit que le marché des Européens. On se fait respecter. On met sur la table ce qui peut être fait et on va négocier. "Est-ce que vous voulez avoir ces tarifs, qu'on riposte et qu'on arrête d'investir chez vous ou est-ce que vous préférez que nos investissements soient confirmés?" mon souhait, c'est qu'il n'y ait pas de tarif.
Si le président Trump confirme son choix, nous confirmerons une riposte et nous nous préparerons à le faire. - A.-E.Lemoine: Le président de la République dit que nous sommes plus forts que les Etats-Unis à condition que les Européens restent unis.
C'est le défi. G.Meloni va se rendre aux Etats-Unis.
On ne sait pas si c'est pour défendre l'Italie ou l'Europe. - D.de Villepin: Le président de la République a raison.
Il faut une riposte graduée, échelonnée. Il faut une réponse chirurgicale. Mais il faut qu'aujourd'hui, nous mettions sur la table la panoplie complète.
Il y a des biens qui sont concernés, mais il y a aussi la possibilité de riposter sur le plan des services. Il y a un secteur où nous pouvons faire particulièrement mal aux Etats-Unis: le secteur du numérique. - P.Cohen: Je vous arrête.
Parce que Trump arrête. Il met un sursis de 2 mois et demi. Pour la Chine, la bataille continue.
On est à 125 %. Les enchères continuent. Pour le reste, il vient d'annoncer qu'il suspend pour 90 jours les surtaxes douanières pour le monde entier, sauf la Chine. - D.de Villepin: 2 leçons à tirer de cette information.
La cible, c'est d'abord l'économie chinoise, avec la volonté de mettre au pas le reste de l'économie mondiale au service de l'économie américaine, pour se retourner contre la Chine. Le 2e élément, c'est que D.Trump, dans le fond, met un genou à terre face aux bourses mondiales et face à l'épargnant américain.
Quelle est la clé qu'on a vu monter dans les dernières heures? Tous ces reportages qui démontraient les épargnants qui voyaient leur retraite fondre. Des gens qui avaient épargné toute leur vie et qui voyaient 40 000 dollars partir d'un coup de leur compte.
C'est un drame que vivait l'Amérique. Qu'est-ce qui est aujourd'hui le quotidien des Américains? La peur.
C'est le pain quotidien des Américains. On aurait imaginé ça dans des pays totalitaires, autoritaires. C'est ce qui peut se passe aujourd'hui là-bas.
Méditons sur ce qui arrive aux Américains pour que ça ne nous arrive pas. C'est une notion de choses que nous devons méditer. Il n'y a pas de ticket retour.
On ne sait pas combien de temps va durer le trumpisme. Une seule chose est sûre: ce n'est pas une simple parenthèse. - A.-E.Lemoine: Vous restez avec nous pour la Story de M.Bouhafsi. - E.Macron: Je veux croire à la peine et je pense qu'elle est indispensable.
On a une intensité de cette guerre qui est terrible. Depuis le 2 mars, plus rien ne passe. Plus d'eau, plus de médicaments, plus de blessés qui sortent.
Il faut une solution politique, reconnaître l'existence de chacun dans ses droits et des solutions de sécurité pour lutter contre le terrorisme. Permettre à chaque peuple de vivre en paix. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une visite inédite.
E.Macron s'est rendu à quelques mètres de la frontière entre l'Egypte et la Palestine. C'est la première fois qu'un dirigeant se rend à la frontière, accompagné du président égyptien.
Le chef de l'Etat a visité un hôpital. Il a rencontré plusieurs enfants victimes des raids de l'armée israélienne. - E.Macron: Ma présence, c'est pour dire qu'on n'a pas le droit d'oublier Gaza.
J'ai vu, et c'était bouleversant, des enfants et des adultes. Certains avaient des regards qui portaient...
L'au-delà de la douleur. Quand vous n'avez...
Quand, au fond...
Vous êtes allé au-delà de l'humanité et, quand vous voulez survivre...
Une jeune femme était blessée à la colonne vertébrale et était restée dans les décombres de septembre à mars. Son regard n'était pas un regard de douleur. Elle avait perdu tous ses frères et soeurs.
Devant sa belle-mère qui était là et qui avait perdu 5 enfants et petits-enfants...
Son regard n'avait plus de douleur. Ce n'était même pas de la rage. Elle voulait revenir sur cette terre.
Quand on arrive à ce degré...
L'immense responsabilité que prennent ceux qui font cela, c'est de construire des générations qui auront grandi dans le ressentiment. - M.Bouhafsi: Le président en a profité pour visiter la plateforme humanitaire de la Croix-Rouge.
Des stocks périssables sont bloqués à cause du blocus par Israël. Près de 1500 civils ont été tués depuis le 18 mars dernier et la reprise des bombardements. E.Macron reste ferme.
Selon lui, B.Nétanyahou doit changer de stratégie. - E.Macron: Je fais partie des rares dirigeants qui n'ont jamais cessé de lui parler et qui ont toujours assumé des désaccords profonds.
On a un désaccord sur l'humanitaire et le rapport à la vie. On a un désaccord stratégique. Je ne pense pas qu'il serve La sécurité des Israéliens dans la durée en leur faisant croire que la réponse n'est que sécuritaire.
C'était la même histoire qu'il racontait il y a 15 ans et cela n'a pas été vrai. Il y a le 7-Octobre. La réponse est politique.
Notre rôle est du côté de l'humanité. Il faut respecter le Premier ministre israélien et le peuple d'Israël, mais il faut aussi essayer de lui dire que ce qu'il fait, ce n'est pas conforme au droit international. C'est un crime.
Ce ne sont pas leurs valeurs. - M.Bouhafsi: E.Macron a rencontré son homologue égyptien.
Le chef de l'Etat s'est entretenu également avec le prince héritier d'Arabie saoudite. E.Macron rejette tout futur rôle du Hamas dans le territoire palestinien.
Il ne veut pas entendre parler de déplacement de la population face aux projets inhumains de Riviera proposés par D.Trump. - E.Macron: Il ne peut pas y avoir de déplacements forcés.
On ne va pas refaire des apatrides, des femmes et des hommes...
A nous de construire une solution. Ce n'est pas un sujet d'immobilier. Le simplisme n'aide pas.
Je dis au président Trump que ce n'est pas vrai. Je comprends son impatience. Ce serait formidable si ça se développait un jour de manière extraordinaire.
Notre responsabilité est de sauver des vies, de retrouver la paix et de négocier un cadre politique. Si tout cela n'existe pas, personne n'investira. Aujourd'hui, personne ne mettra un centime à Gaza. - M.Bouhafsi: Il a également rappelé l'urgence de la restitution des corps à Gaza.
Il appelle à lutter chaque jour contre ceux qui importent le conflit en France. - E.Macron: La France est le pays qui a la plus grande communauté juive en Europe.
Nous sommes le pays qui a le plus d'enfants d'origine maghrébine du proche et Moyen-Orient. On est un des pays d'Europe qui a le plus de concitoyens dont la confession est la confession musulmane. Il y avait toutes les recettes pour que nous explosions après le 7-Octobre.
Je suis très fier de nous. Bâtir l'unité, ça va être se battre contre l'antisémitisme qui a flambé en France depuis le 7-Octobre. Il y a toute une jeunesse qui, par les réseaux, pense que être pour Gaza, c'est être contre Israël.
C'est n'importe quoi. Je dis à cette jeunesse de regarder leurs semblables en France. Ce sont des citoyens.
Notre unité, c'est la République. On est des citoyens...
N'essentialisez jamais quelqu'un selon son origine, sa religion ou autre...
Tous nos jeunes bouleversés par Gaza, ne cédez pas aux raccourcis et aux bêtises. Vous avez raison d'être indignés. Je le suis comme vous. - M.Bouhafsi: Alors qu'il est poussé à reconnaître la Palestine comme 149 autres Etats, E.Macron annonce un chemin pour le faire avec une date, à une condition. - E.Macron: On se bat pour Gaza, le retour de la paix et de la sécurité, et l'humanitaire est une solution politique.
On doit aller vers une reconnaissance. Dans les prochains mois, on ira. Je ne le ferai pas pour une unité ou pour faire plaisir.
Je le ferai parce que ce sera juste. Je veux participer à une dynamique collective. Ca doit permettre à tous ceux qui défendent la Palestine de reconnaître à leur tour Israël, d'être clairs pour lutter contre ceux qui nie le droit à Israël d'exister, ce qui est le cas de l'Iran et de nous engager dans une sécurité collective de la région.
En juin, avec l'Arabie saoudite, on voudrait présider la conférence. - M.Bouhafsi: Vous traitiez du sujet de la reconnaissance de l'Etat palestinien.
Est-ce qu'il faut reconnaître l'Etat palestinien tout de suite et maintenant? - D.de Villepin: C'est la seule façon de transformer ce drame en politique.
Sortir de la violence pour rentrer dans la responsabilité politique. Je salue le chemin qu'offre le président de la République d'ici à la conférence de juin. Je suis heureux du geste qu'il fait en se rendant à proximité de Gaza et des mots qu'il emploie.
Ca fait 18 mois que nous pouvons tous voir ce qu'il se passe à Gaza. Nous pouvons voir au quotidien ce drame se jouer dans l'indifférence de trop d'Etats, y compris dans l'UE, et de trop de responsables. Il faut mettre fin à tout cela.
Il faut sortir de cette escalade où Israël est entraîné par un gouvernement, en dépit des résistances de son peuple. Il ne faut pas oublier que le peuple israélien manifeste tous les jours contre ce qu'il se passe, pour la vie des otages, mais aussi pour sortir de cette horreur au quotidien qui se déroule à quelques kilomètres des grandes villes israéliennes. - A.-E.Lemoine: En France, les violences sexistes et sexuelles dans le monde du cinéma, du théâtre ou de la publicité sont massives.
Conclusions des 6 mois de travaux de la commission parlementaire présidée par S.Rousseau qui, pendant 118 heures a échangé avec 350 professionnels. De quoi écrire que le cinéma, l'art en France, le monde de la culture est une machine à broyer les talents, et notamment celui des plus jeunes.
Entre 16 et 18 ans, ce sont potentiellement des proies. - Lors de mon 1er casting, on m'a demandé de retirer ma culotte, j'ai dit non. J'ai fait mon 1er film.
J'ai 15 ans. Sur le plateau, un des régisseurs, alors qu'on m'attend entre 2 scènes, me dit: "J'ai envie de te faire l'amour dans les fesses." Il a 30 ans.
J'ai 15 ans. Je suis choquée. Ca a été un non-événement.
Sur ce tournage, un peu avant, il y a eu une scène avec un acteur qui devait tenter de m'embrasser. Cet acteur s'amusait à cracher par terre avant les prises pour m'humilier. J'étais mal.
J'en ai parlé au réalisateur qui m'a dit de l'ignorer et que c'était un petit con. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, J.Godrèche.
Merci d'être là à l'occasion des conclusions de ce rapport et dont les conclusions ne vous surprennent pas. Vous avez été la première à dénoncer "le système féodal du cinéma". Vous saviez.
A l'aune de ce rapport, tout le monde sait. C'est écrit noir sur blanc. - J.Godrèche: Et ce n'est que le tome 1.
Il y a 2 tomes. C'est terrifiant? C'est très impressionnant et important que ce soit écrit noir sur blanc et que ce soit ancré à un endroit qui fait que dans le fond, la parole de celles qui parlent ou de ceux qui parlent...
On n'a pas le sentiment de se dire: "Je parle, mais est-ce qu'on me croit?" Ca a été porté par cette commission et par les députés. C'était important que ce problème soit pris à bras-le-corps par cette autorité, par la société, par les élus.
Quand j'ai demandé...
Comment dire...
Quand j'ai souhaité ou appelé de mes voeux cette commission d'enquête, c'était important qu'elle s'ancre à cet endroit de la société. - A.-E.Lemoine: Ce qui se passe dans le milieu du cinéma est le reflet de ce qui se passe dans la société.
Il y a des spécificités, et notamment par l'omerta qui s'y exerce beaucoup plus que dans d'autres milieux. Le problème, c'est la précarité et la peur d'être banni? - J.Godrèche: Bien sûr.
Le problème, c'est la précarité, la peur d'être banni, et le fait que c'est un travail qui n'est pas considéré comme un travail. On vous dit souvent qu'on fait ce métier par passion, par amour. Dans le fond, la loi n'entre pas dans le cadre.
Il y a ce pli qu'on prend très jeune. Je ne sais pas comment on le prend et à quel moment...
Je le vis toujours. Ce sentiment qu'on doit absolument tout donner au réalisateur, le don de soi qui fait qu'on ne veut pas décevoir...
Dans le fond, et J.Binoche en parle à un certain endroit...
J.Binoche parle du risque physique qu'elle a encouru durant un tournage en étant sous l'eau...
Et cette espèce de truc de se dire "on est en plein hiver, mais je me jetterai dans le lac gelé pour montrer que j'irai au bout de ce rôle, que je suis prête à tout pour participer à cet univers et pour plaire au réalisateur." Pas lui plaire pour le séduire, mais pour appartenir au projet. Pour les intermittents du spectacle et les techniciens, à partir du moment où on dit qu'on va travailler avec tel réalisat qu'on admire, l'admiration reste réelle.
Le besoin de travailler est réel. Que ce soit une famille liée ou qui se crée parce que c'est un auteur et quand on a l'habitude de travailler avec cet auteur...
Dans tous les cas, ce sont des endroits...
La famille du cinéma est comme une forme de famille incestueuse. Ce n'est pas la famille qui se remet en question. Lors de ces auditions, les députés se sont retrouvés face à une réalité qui les a bouleversés.
C'était celle de personnes qui posaient 50 fois la même question avant de venir témoigner, de demander comment on pouvait les protéger. La réponse, c'est qu'on ne peut les protéger qu'une fois qu'ils auront parlé. Si vous racontez des choses précises, on reconnaîtra les auteurs.
C'était bouleversant pour eux. Ca se retrouve écrit noir sur blanc. - A.-E.Lemoine: Un milieu où il n'y a pas de loi.
C'est le cas pour les castings. C'est un lieu qui a été identifié comme propice aux violences et notamment à l'égard des plus jeunes. C'est une improvisation totale.
N'importe qui peut être directeur de casting? Ca se passe dans les chambres d'hôtel. - J.Godrèche: C'est comme les agents pour enfants...
N'importe qui peut s'improviser agent pour enfants et rencontrer un enfant dans la rue et lui dire qu'il est agent. Il n'y a pas de droit du travail. Il y a des lacunes, pas de cadre.
Ca va demander beaucoup de préconisations. Il y en a 86. Elles ne vont pas plaire à tout le monde.
Il y a une vraie révolution à faire. Tout est important. L'un des problèmes majeurs qui continue d'être un problème aujourd'hui, on ne parle pas d'un ancien monde, c'est la sécurité des enfants et le corps des enfants qui se retrouvent dans des pièces, seuls, avec des adultes et dans des situations où ils sont incapables de savoir ce qui est bien, ce qui est mal, si on a le droit de leur faire ça... - E.Tran Nguyen: Il y a 86 préconisations qui ne vont peut-être pas plaire à tout le monde.
Il y a eu un débat sur le principe de la présomption d'innocence pour les agresseurs présumés. Le rapporteur a été assez clair. Ce principe n'existe que dans les procédures pénales.
Cela n'empêche pas l'employeur de prendre des mesures sur un plateau à titre conservatoire. Un employeur peut envisager une mise à pied ou une mesure d'éloignement pour protéger les autres. C'est une avancée ou il y a un risque de bannir un innocent? - J.Godrèche: Une des préconisations me semble importante, c'est celle du signalement obligatoire au procureur.
Ca crée un cadre...
On fait rentrer la justice. Et il y a cette espèce de débat sur la présomption d'innocence dans un cadre légal ou pas...
Les choses seront claires. On demande aux producteurs de signaler au procureur...
C'est l'équivalent de l'article 40...
C'est une préconisation extrêmement importante. Nous sommes face à un sujet complexe. On met les mains dans la terre.
Il faut faire changer les choses. Ce qui est très important de préciser, et les gens s'en rendront compte au fur et à mesure, c'est le fait que ce sont des choses qui se passent encore aujourd'hui. , La semaine dernière, le mois dernier...
On n'est pas en train de créer des légendes urbaines qui se seraient passées en 1987. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venue.
Voici le tome 1 de ce rapport. C'est l'heure du 5/5. On commence avec les derniers mots de N.Sarkozy à son procès pour corruption. - L.Sénéchal: Sur le soupçon de financement libyen.
Le tribunal se prononcera le 25 septembre. Le parquet a requis 7 ans de prison et 5 ans d'inéligibilité. "Avez-vous quelque chose à dire?" Il a répondu "non".
Il a d'abord dit que ses avocats avaient bien parlé et a précisé que le contexte médiatique et politique était détestable. ...
Est-ce que des magistrats peuvent avoir pris des décisions en fonction de leur couleur politique? - P.Cohen: Il parle des procureurs, pas des juges.
C'est très différent. Pardon... - M.Bouhafsi: Il parle d'un procureur qui aurait une couleur politique. - P.Cohen: Le parquet, ce ne sont pas les juges qui vont juger N.Sarkozy. - M.Bouhafsi: Même pour un procureur, on peut dire qu'il est politique et orienté? - D.de Villepin: Vous parlez à quelqu'un qui a eu à subir le même type de procès.
La distinction que vient de faire P.Cohen est fondamentale. C'est bien les juges qui décident.
Au regard de la loi et au regard du tribunal, tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Ce qui est extraordinaire, c'est la revendication d'une partie de la classe politique qui voudrait qu'il y ait un privilège d'exception pour ceux qui représentent plus de tant de millions de Françaises et de Français ou qui ont exercé des fonctions extrêmement importantes. Quand on enfreint la loi, il y a un coût, une dimension humaine.
Quand on a servi toute sa vie ou qu'on s'est engagé toute sa vie, c'est un effondrement pour ceux qui ont à subir cette situation. C'est le principe de la justice. Nous avons la chance d'avoir une autorité judiciaire en France qui peut exercer et rendre la loi sereinement.
Souhaitons que nous puissions longtemps conserver cet état de droit. C'est ce qui est en jeu dans ces attaques. C'est la remise en cause de l'Etat de droit qui créera une justice à géométrie variable.
Ce serait un drame. - A.-E.Lemoine: R.Badinter entrera au Panthéon en octobre prochain. - L.Sénéchal: Il va rejoindre les grands hommes le 9 octobre, date d'anniversaire de sa loi de 81, celle de l'abolition de la peine de mort. - R.Badinter: La justice française ne sera plus une justice qui tue.
Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, des exécutions furtives, à l'aube, sous le ciel noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. - L.Sénéchal: On se souvient de la colère saine de R.Badinter en 2022. - R.Badinter: Qu'est-ce qu'une démocratie, sinon qu'un Etat de droit respecté par tous?
Nous vivons un temps où vous avez toutes les possibilités. Vous avez tous les moyens, toutes les libertés, l'expression, le slogan...
Ce que vous voulez. - D.de Villepin: Je signe chaque mot de R.Badinter.
Quand il rappelle le caractère vital de l'Etat de droit qui n'est pas quelque chose qui se négocie, il nous avertit et nous instruit à travers son exemple d'une leçon essentielle. - A.-E.Lemoine: Merci.
Il y a 2 tomes au rapport de cette commission d'enquête. Merci d'être venus. C'est vous qui l'avez apporté. - J.Godrèche: Je vais le récupérer, à moins que vous ne vouliez le lire.
Emmanuel Macron