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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 14 janvier 2026 23 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéNumériqueJusticeEurope & international

Vanessa Perrée : « Nous privilégions la piste du crime organisé sur l’assassinat d’Alain Orsoni »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Vous privilégiez la piste du crime organisé sur l’assassinat d’Alain Orsoni ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que si vous êtes saisi, ça veut dire que vous écartez la piste politique ?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Quels sont les premiers éléments dont vous disposez dans cette enquête ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que cet assassinat pose la question des moyens mis par l’État dans la lutte contre le crime organisé ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu’il y a une mafia en Corse aujourd’hui ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi le PNACO est basé à Paris et non à Marseille ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:05Vanessa PerréeFait
    « C'est un camouflé pour l'État. »
  • 2:15Vanessa PerréeFait
    « On s'est saisi du chef de meurtre en bande organisée, d'association de malfaiteurs et de participation à une organisation criminelle. »
  • 6:15Vanessa PerréeFait
    « On est basé à Paris ? Écoutez, c'est déjà une un souhait un souhait politique. »
  • 8:15Vanessa PerréeChiffre
    « On a récupéré 170 dossiers qui venaient de Paris pour les prendre à notre compte. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Vanessa Peré, merci beaucoup d'avoir accepté notre entretien. Vous êtes procureur national anticriminalité organisée. Vous êtes donc à la tête du PNACO.

Ce nouveau parquet national anticriminalité organisé mise en place il y a 10 jours. C'est l'une des mesures phare de la loi contre le narcotrafic dont on vient de parler. On est ensemble pendant 20 minutes pour cet entretien avec la presse régionale représentée par Fabrice Vesser Redon du groupe Hebbra les journaux de l'est de la France.

Bonjour Fabrice, bonjour Orian. Ravi de vous retrouver. Bonjour madame bonjour.

On va on va évidemment parler de ce Pnaco, de ces missions, de ce qu'il faut en attendre. Mais d'abord un mot puisque euh l'actualité euh c'est que vous avez été saisi sur l'enquête sur l'assassinat. Euh d'Alin Horson, figure du nationalisme corse, abattu euh avant-hier d'une balle dans un cimetière l'homme des obsèques de sa mère, le mode opératoire, le fait qu'il a été abattu de cette manière, est-ce que déjà c'est un camouflé pour l'État ?

Alors nous nous sommes saisis, on n'a pas été saisi. Le parquet national antiriminalité organisé s'est saisi effectivement euh de de ses faits au vu de la personnalité euh euh de la victime en cosésine avec le parquet de Marseille euh de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille pour justement euh faire des investigations euh conjointes pour permettre d'élucider cette affaire. C'est un camouflé pour l'État.

Alors, un camoufl euh pour l'État, on est toujours à se dire que on souhaite pas que des gens soient assassinés de surcroix au funéraill euh euh de leur euh de leur mère. Euh les investigations vont avoir lieu et on va essayer de les résoudre pour pour qu'on comprenne bien euh pourquoi vous êtes saisis. Est-ce que si vous êtes sai, ça veut dire que vous écartez la piste politique relative au passé nationaliste d'un Laorson et que vous privilégiez la piste du grand banditisme ?

Alors, on est saisi euh parce que c'est une des pistes, mais le parquet national antiterroriste qui est à Paris également et avec lesquels j'ai des contacts est en observation également sur ce sur ce sujet en lien avec nous et avec le parquet de Marseille ultérieurement, il est en observation, c'est-à-dire qu'il regarde si effectivement la piste aussi est une possibilité mais a priori on est plutôt quand même sur le parquet national anticinalité organisé avec la GIS de Marseille qui ne sont pas des structures qui traitent le terrorisme. Quels sont les premiers éléments dont vous disposez dans cette enquête ? Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ce matin ?

Alors, les premiers éléments dans cette enquête qui est en cours, je vais pas ici sur votre plateau les divulguer. Vous savez qu'on s'est saisi, vous savez qu'on s'est saisi du chef de meurtre en bande organisée, d'association de malfaiteurs et de participation à une organisation criminelle qui est d'ailleurs une des mesures phares de la loi narcotrafic qui avait été proposée par les sénateurs blancs et et durin puisque le sénateur blanc me me précède. Donc on s'est saisi de ces trois qualifications qui sont bien sûr en bande organisée, ce qui correspond à ce qu'on pense être l'équipe qui a pu faire ce type d'acte.

On a saisi les services de police judiciaire d'Ajacoo avec l'OCLO, l'Office central donc de la direction nationale de la la police judiciaire de ces investigations et on a tout de suite déployé euh une un magistrat national anticriminalité organisé avec le parquet de Marseille aussi. sur place sur les lieux pour permettre de suivre de très près ces ces investigations. Euh on va donc là, on est au stade où les enquêteurs euh ont fait bien sûr des constatations pour expliciter la façon dont le tir euh a été euh réalisé, la façon dont ensuite les témoins peuvent être entendus bien évidemment puisqu'il il y en avait.

Euh on est aussi euh en train de de regarder euh quand sont arrivés les différents protagonistes et euh et euh et on va euh continuer les investigations avec euh l'autopsie qui est notamment euh prévue cet après-midi. Il y a des témoins, il y avait forcément des témoins parce qu'on était dans un dans un cimetière et que il y avait des personnes qui étaient présentes. Il il y a il y a des gens euh euh qui parlent parce que c'est aussi l'une du des questions, c'est l'omerta, la difficulté à il y a des auditions qui sont qui sont en cours euh par les enquêteurs.

Euh vous êtes césine avec la GIRS. Euh comment comment ça se passe justement cette articulation entre le Pnaco et la GIRS ? Alors, justement, c'est une mesure également euh phare de la loi de la loi narcotrafic qui est à mon avis très intéressante.

Euh il y a une possibilité euh au moins pendant l'enquête de flagrance et l'enquête préliminaire d'être cossaisi euh avec les juridictions interrégionales spécialisées. Comment ça ça fonctionne ? C'est-à-dire que on fait ensemble les investigations et on peut se les partager.

Par exemple, il y en a qui peuvent s'occuper de des investigations sur place pendant que les autres peuvent par exemple être en lien avec l'international pour avoir des des informations. Ça permet de partager le travail et de de d'essayer de d'avoir un peu tout le spectre. Ça sera très intéressant aussi par exemple dans les trafics de stupéfiant puisque là c'est un meurtre en bande organisée qu'on a.

Et par exemple pour le trafic de stupéfiant, le parquet régional pourra traiter le trafic par exemple local, l'approvisionnement. Nous, on peut s'occuper par exemple du blanchiment euh de toutes les investigations internationales. Donc l'idée, c'est la complémentarité d'avoir une force de frappe nationale avec le parquet national l'anticinalité organisé qui coordonne et justement qui est en appui euh en soutien des juridictions interrégionales spécialisées.

Est-ce que c'est cet assassinat, il pose pas la question des moyens mis par l'État dans la lutte contre le crime organisé ? Est-ce qu'ils sont suffisants notamment en Corse ? Alors, les moyens mis par l'État dans la lutte contre la Crime organisée, euh ils augmentent notamment euh grâce à ce cette prise de conscience, à la loi narcotrafice.

Le le parquet national anticriminalité organisé a été créé. Euh on est des magistrats en plus. On est une équipe pour le moment de 34 personnes.

Il y a 16 magistrats, il y a 13 personnels de greffe. On a aussi des assistants spécialisés, c'est-à-dire des policiers, des inspecteurs des finances publiques qui vont nous aider en matière de saisie et confiscation. On a un officier liaison qui est gendarme.

Euh donc en fait l'idée c'est justement d'avoir une équipe pluridisciplinaire et d'avoir des moyens supplémentaires qu'on a mis qui sont en plus de de celles des juridictions interrégionales spécialisées et et des parquets locaux. C'est justement l'idée de la création de ce parquet et les moyens on nous les donne aussi puisque euh notamment la loi narcotrafic mais il y a aussi euh un projet de loi en cours qui est porté par le gouvernement et notamment par le garde des sauts euh qui est qui est là va nous permettre d'avoir des outils, des moyens euh juridiques euh légaux pour permettre de de mieux lutter. Alors ça peut être il y a plusieurs dispositions, c'est notamment des des facilités de d'utiliser des techniques spéciales d'enquête.

C'est la possibilité de la cosisésine, c'est la possibilité de de déléguer parfois des actes nous-mêmes euh au parquets euh aux parquets locaux. Euh le dossier coffre pour permettre euh d'avoir des investigations qui soient euh davantage sécurisées. Donc l'idée justement le gouvernement est en marche et on nous a donné des moyens supplémentaires pour lutter.

Et on va en parler plus généralement juste pour pour terminer sur la question Corse qui qui est une question particulière. Est-ce que vous diriez qu'il y a une mafia en Corse aujourd'hui ? encore s'il y a des groupes criminels euh qui sont très organisés, très organisés et c'est pour cette raison notamment qu'on qu'on s'est saisi.

Mais vous parlez pas de mafia ? Je parle pas de de mafia parce que c'est un terme qu'on utilise euh pas en France mais en Sicile notamment d'ailleurs certains de mes confrères ont titré sur la Sicile hein par rapport à ce à ce qui s'est passé encore. On est sur quelque chose d'incomparable.

Euh vous voulez dire sur le le groupe criminel, on est sur un mode opératoire qui pose question. C'est évident avec un groupe criminel organisé. Quand vous procédez à un assassinat d'une personne qui vient sur le territoire pour les obsèques de sa mère, c'est visiblement très organisé.

H non mais c'est ça. Donc c'est un mode opératoire qui ressemble au mode opératoire de la mafia ou pas ? C'est un mode opératoire qui peut être comparable.

Et mais vous partez sur cette piste. Alors on part sur cette piste. Je sais pas de quelle piste vous parlez.

Je pense que toutes les pistes sont ouvertes pour savoir justement on en est au stade du début des investigations, ça fait 2 jours que ça s'est passé, donc on est sur toutes les pistes et justement on ne se ferme rien parce que je pense que c'est ça qui fait que réussir en France, vous allez vous rendre en Corse ? Je me rends pas en Corse mais je vais à Marseille ce soir euh pour permettre justement d'évoquer notamment ce dossier avec le parquet de Marseille. Alors justement, on va parler plus largement du PNACO.

Puisque vous parlez de Marseille, certains avaient plaidé pour que ce Pnaco soit installé à Marseille. Finalement, ça n'a pas été le cas. Vous êtes basé à Paris ?

Pourquoi ? Pourquoi on est basé à Paris ? Écoutez, c'est déjà une un souhait un souhait politique.

C'est pas moi qui qui l'ai choisi. À Paris, ça a du sens aussi. On a le parquet national antiterroriste qui est à Paris.

On a le parquet national financier qui est à Paris. Euh on a évidemment des interactions euh à faire et à avoir avec euh ces deux parquets euh pour le volet financier, pour le parquet national euh financier et pour le terrorisme euh avec le procureur national antiterroriste. Donc ça a du sens notamment en terme de de continuité et puis la juridiction au départ il y avait cette Junalco qui était une division du parquet de Paris qui se trouvait également à Paris et dont on a récupéré un stock de dossiers très conséquent puisqu'on a récupéré 170 dossiers qui venaient de Paris pour les prendre à notre compte puisqu'on a considéré qu'ils rentraient dans le portefeuille de la très grande complexité.

Donc c'est le nombre de dossiers dont vous occupez aujourd'hui 170. Ce sont des dossiers de quel type ? Parce que Étienne Blanc qu'on avait juste avant vous, le sénateur à l'origine de la loi de lutte contre le narcotrafic, il disait ce serait bien que ce PNACO se concentre sur la lutte contre le narcotrafic et que les dossiers soient pas trop larges.

Est-ce que c'est le cas ? Alors, c'est vrai qu'au départ la proposition euh sénatoriale euh portait sur le narcotrafic au cours des débats parlementaires. Il a décidé d'étendre euh la capacité et les compétences de ce parquet national euh à d'autres infractions euh qui sont euh notamment euh le proxénétisme, les filières d'immigration clandestine, mais aussi les infractions financières qui vont évidemment avec le le narcotrafic notamment le blanchiment.

Moi, je pense que c'est une bonne chose qu'on ait un spectre très large parce qu'on se rend compte malheureusement qu'il y a des interactions aussi entre les différentes infraction et une porosité. On a des narcotraafiquants qui vont investir à l'étranger, qui vont investir sur le territoire national. Ça a du sens d'être bien sûr euh faire aussi les liens avec le blanchiment et justement voir ces ces deux volets.

On a aussi euh des groupes criminels qui euh commettent d'autres infractions qui malheureusement sont multicartes euh avec du proxénétisme, du trafic d'armes euh de du blanchiment, je l'ai déjà dit. Euh donc pour moi ça a quand même du sens de d'avoir un spectre d'infraction qui soit beaucoup plus large. Fabrice Oui.

Et dans ce dans ce registre le ce registre là pardon euh 14 grands narcotrafiquants ont été interpellés aux Émirats arabes unis euh et extradés vers la France hein selon les chiffres donnés par Gérald Darmanain euh qui indique que il y en aurait une quinzaine à extrader. On en est où de ces extraditions ? Et j'en viens à à la deuxième question sur avec quel pays collabore-t-on sur le sujet ?

Alors, je pense que c'est 17, même depuis euh 1 an. Euh les extraditions euh ont vraiment repris avec les Émirats euh arabes unis. Ouais. 2025 aux Émirats arabes unis pour reprendre les contacts.

Il y avait eu un magistratiaison qui avait été mis en qui avait été nommé par son prédécesseur Éric Dupont Moretti qui avait été mis à l'ambassade à au à Abou Dhabi aux Émirats Arabes unis. C'est un des pays avec lesquels on on collabore et on doit collaborer parce qu'effectivement c'est pas le seul. Mais effectivement, on a beaucoup de narcotrafiquants qui se réfugient euh à Dubaï euh qui investissent euh à Dubaï.

Donc on a des extraditions qui ont vraiment repris, des arrestations et euh on a même eu récemment la nouvelle que les autorités émiriennes, et c'est une très bonne nouvelle ont gelé 82 appartements dans le cadre d'un dossier d'ailleurs de Marseille. euh pour permettre justement de saisir et de confisquer ses biens. Donc on a vraiment une coopération qui s'est nettement améliorée.

On a développé les liens. Moi, je l'ai beaucoup fait quand j'étais notamment directrice de l'agence de gestion et de recouvrement des avoir saisiis et confisqués puisque c'était vraiment ma compétence d'aller à l'étranger pour essayer de de faire que les les saisis internationales fonctionnent mieux. Et je vois vraiment que la coopération s'améliore et bien sûr, il faut qu'on continue à ce qu'elle s'améliore parce que on a bien sûr des investissements qui sont faits dans ce pays.

Alors, c'est pas la seule évidemment c'est pas le seul pays avec lequel on doit on doit coopérer. On doit coopérer avec les voisins européens qui sont aussi touchés par le trafic de stupéfiant. Je parle de l'Espagne, je parle des Pays-Bas, je parle de la Belgique euh avec les pays du Maghreb aussi où de la même façon on a des investissements qui sont faits là-bas et des personnes qui se qui s'y réfugient.

Donc important là aussi de s'appuyer de de coopérer de s'appuyer notamment sur notre réseau de magistant aujourd'hui cette coopération européenne internationale alors européenne on ça marche bien les mandats d'arrêt européens ça ça fonctionne avec l'Espagne la coopération est très fluide la Belgique les Pays-Bas on a notamment des mécanismes de coopération à Eurojuste qui est au Pays-Bas qui fonctionne bien avec des équipes communes d'enquête avec des juges qui sont saisis et qui se qui se parlent donc ça c'est c'est quelque chose qui fonctionne très bien et qu'il faut qu'on continue bien sûr à à développer et puis avec les autres pays où il y a des investissements où les gens se réfugient, on a des réseaux de magistratiaison qui sont là-bas à l'ambassade et qui justement sont là pour faire le lien et c'est très très important pour nous et moi je je serais très attentive à cette coopération internationale parce qu'il est évident que sans nos partenaires et européens et internationaux, on ne peut pas travailler. Vous évoquiez l'Afrique du Nord avec l'Algérie où les relations diplomatiques sont compliquées entre Paris et Alger. On y travaille également et ça fonctionne aujourd'hui.

On y travaille, on a un magistratison qui est là-bas. Mais c'est compliqué. Je euh vous parliez des questions financières, c'est euh évidemment euh le nerf de la guerre.

Aujourd'hui, le narcotrafic il génère combien d'argent chaque année ? Alors, on parle de vous vous connaissez les chiffres comme moi, on évoque des chiffres de 6 milliards, plus de 6 milliards d'euros qui qui sont générés par le narcotrafic. Il est évident que ça rapporte énormément d'argent.

On essaie d'en saisir le maximum. Alors, tant à la fois le produit bien évidemment, mais aussi il faut se concentrer là-dessus sur les les flux financiers. Je vous parle de ce que je connais puisque j'étais directrice de la Grasque l'année dernière. les services de police et de gendarmerie et les magistrats ont saisi 1 milliard 6 quasiment de Alors pas que dans le narcotrafic hein, c'est mais c'est quelque chose qui est évidemment très très scruté et on fait très attention et moi je souhaite vraiment avoir toujours ce double regard à la fois s'occuper évidemment du trafic de démanteler les réseaux mais impérativement il faut empêcher qu'on réinjecte de l'argent sale dans notre économie et qu'on saisisse au maximum l'argent objectif chiffré de saisi pour 2026.

Alors moi j'ai pas d'objectif chiffré, personne m'en a donner. En revanche, moi je je vais on va regarder dans dans chaque dossier, on a mis des minômes de magistrats qui sont à la fois un magistrat qui est spécialisé en criminalité organisée, à la fois un magistrat qui est spécialisé en criminalité financière. Donc l'idée c'est de regarder tous les dossiers et de reprendre même les dossiers qu'on a récupéré avec ce double regard euh de dire voilà est-ce que on a euh tiré le fil d'une société euh euh qui a euh investi qui a l'air d'être une coquille d' une coquille vide.

Comment on a pu réinvestir cet argent ? Où est passé cet argent ? Donc ça c'est quelque chose vraiment que je souhaite mettre en place d'avoir à chaque fois cette double approche à la fois criminalité organisée et financière pour permettre de lutter aussi contre cette réinjection dans notre économie bah de d'argent sale qui sert à investir à l'étranger qui sert à payer des personnes qui sont en séjourrégulier qui sont par exemple je sais pas embauché dans des entreprises qui les du coup les payants liquide qui servent à acheter des montres de luxe.

Je l'ai vu notamment quand j'étais à La Grasque des véhicules réinvestir pour blanchir. Vous vous avez pas d'objectif chiffré ? On sait que l'État mise beaucoup hein sur sur ce Pnaco.

C'est une des mesures phare de ce de ce projet de loi. Est-ce que il vous a fixé des objectifs ? Est-ce que vous avez des objectifs euh dans d'autres matières généraux pour pour 2026 ou pas ?

Alors quand vous voulez dire l'État, vous parlez de qui ? Parce qu'en fait, comme vous savez, il y a il y a une séparation il y a une séparation des pouvoirs qui est assez classique en France avec un pouvoir avec un pouvoir exécutif et une autorité judiciaire. Euh donc non, j'ai pas de après le le garde des saut bien évidemment euh fait des circulaires fait des circulaires de politique pénale euh et il est euh très attentif à à ce que euh un euh on saisisse euh notamment euh euh l'argent et c'est une circulaire qui est faite à l'attention de tous les parquets et à forcerie bien évidemment du mien.

Donc on a des objectifs de saisie euh de faire attentif et d'être attentif dans les dossiers. On a des objectifs de coopération internationale. On a des objectifs par exemple aussi, on en parlera peut-être de surveiller des personnes de manière très attentive dans les établissements pénitentiaires.

Donc il y a quand même une politique globale pénale du du garde des sauts de beaucoup insister évidemment sur ces sujets. Justement, vous parlez des établissements pénitentiaires. Il y a cette affaire à Marseille, l'ex-directrice de la prison des beaummetes qui a été menacé par deux détenus à l'intérieur de l'établissement qui ont diffusé une offre d'emploi pour l'abattre clairement un contrat je crois à 120000 € sur Snapchat je crois.

Euh qu'est-ce que ça dit l'univers carcéral ? Ce sont des gens qui sont identifiés, qui sont incarcérés et tout ça reste possible. Alors, je pense que dans votre question, il y a il y a deux il y a deux questions.

Il y a d'abord les tendances qu'on qu'on voit de la criminalité organisée qui sont premièrement euh effectivement des menaces sur des magistrats, sur des surveillants pénitentiaires. On l'a vu dans un dossier qu'on a récupéré également les menaces contre les établissements pénitentiaires qui au départ avaient été traité par le parquet national antiterroriste et qui avait été récupéré par le parquet de Paris. On voit qu'effectivement qu'il y a des magistrats qui sont menacés. euh le le procureur général de la Cour de cassation euh disait par exemple à l'audience de rentrée qu'effectivement il y avait de de des magistrats qui étaient euh sous protection, qui étaient menacés euh dans le cadre de de narcotrafic.

Donc ça c'est la première tendance. Et puis ce que vous dites aussi, c'est la question aussi de personnes qui sont rémunérées pour des sommes parfois dérisoire qui sont d'ailleurs recrutés sur des réseaux sociaux, sur Snapchat, sur TikTok et qui sont de plus en plus jeunes. Donc ça c'est effectivement des grandes tendances de la criminalité organisée qui sont inquiétantes et sur lesquelles on doit absolument se se projeter.

C'est quelque chose qui est compliqué. euh les établissements pénitentiaires, notamment euh le garde des SAAU a pris tout de suite cette mesure qui est de créer euh des quartiers euh de de lutte contre la criminalité organisée qui sont des quartiers de haute sécurité avec deux établissements qui sont pour le moment dédiés et d'autres qui vont être ouverts notamment dans le dans le sud de la France. C'est aussi euh pour permettre d'éviter que les personnes aient en détention des téléphones pour leur permettre justement d'essayer de recruter des personnes pour commettre des actes d'intimidation.

C'est pour cette raison notamment que qu'on l'a fait. Vous vous arrivez en faire un premier bilan de de ces quartiers de haute sécurité ou c'est trop tôt ? Alors les quartiers de haute sécurité pour le moment ce qu'on voit c'est que ça ça fonctionne quand même très bien puisqu'il y a moins de de téléphone qui rentrent et de et de et de connexion avec l'extérieur, ce qui était ce qui était le but.

Après, il faudra qu'on voit sur comment ça va fonctionner avec les autres qui vont être réalisés. En tous les cas, ça participe euh au fait qu'on essaie d'éviter le le type de fait épouvantable que que vous citez, c'est-à-dire d'avoir un contrat qui est fait depuis euh la prison par téléphone euh contre des des personnes qui ne font que leur travail et ont absolument un droit à être protégé. Je crois qu' il faut qu'on soit implacable là-dessus.

On peut pas tolérer ce type de menace sur nos institutions et on peut pas tolérer non plus euh la corruption qui peut être aussi une des difficultés avec des téléphones qui rentrent en détention, on sait pas trop comment. Alors ça peut être les familles mais mais pas seulement. Donc ça c'est quelque chose aussi sur lequel on Est-ce qu'il faut aussi travailler sur les réseaux de l'intérieur ?

Est-ce qu'il faut travailler sur la question des repentis, sur la question des indiques ? C'est des choses sur lesquelles vous allez travailler. Alors bien évidemment, c'est aussi des outils qui sont très utiles et qui sont d'ailleurs dans la loi narcotraique.

Bon, les repentis, ça ça existe depuis 2004, hein. On en a voilà, il y avait une il y avait une loi qui était celle qui a créé les juridictions interrégionales spécialisées en 2004 qui prévoyait la possibilité de de d'utiliser et de faire des repentis comme ce qui se fait en Italie. Il y a eu un décret qui a été fait, on a eu des repentis déjà.

Vous avez eu des procès notamment médiatiques avec des repentis. il faut encore développer ce système. Euh il y a un décret d'application de la loi narcotrafic qui est en cours de de rédaction et de finalisation au ministère de de la justice et bien évidemment on utilisera aussi euh ces ces moyens puisqu'ils sont à notre disposition et ça peut être intéressant.

Est-ce qu'aujourd'hui dernière question le narcotrafic c'est la principale menace sur notre sécurité selon vous ? Le narcotrafic c'est une des menaces sur la sécurité des des Français. C'est c'est une évidence et surtout ça gêne les Français dans leur dans leur quotidien.

Quand vous habitez dans un immeuble et que sous votre immeuble vous avez quotidiennement des dealers qui viennent, ça crée évidemment un trouble à l'ordre public. Ça crée et puis on a quand même une difficulté aussi de santé publique. Le narcotrafic que la sécurité, c'est la santé publique aussi des des Français qui est qui est mise à mal.

C'est des difficultés de coopération internationale. C'est tout un pan de notre société, plusieurs pans de notre société qui sont touchés. Et c'est ça qui est-ce que vous dites pas que vous attaquez à une montagne avec un narcotrafic qui s'étend sur tout le territoire avec des narcotrafiquants qui ont un temps d'avance qui ont des moyens plus que vous peut-être ?

Alors nous on on commence il y a une semaine donc je vais pas vous dire que on n'est pas allant et déterminé. Euh en tout cas on est prêt à lutter en lien avec les juridictions interrégionales. Un dernier mot Fabrice ?

Oui. Il y a quelques semaines le narcotrafic en France a eu un nouveau visage qui est celui de Micassie à Marseille. en évoqué Marseille tout à l'heure, le frère du militant marseillais en tir narco.

Qu'est-ce qu'on peut dire de cette enquête aujourd'hui ? Alors, cette enquête, elle a été récupéré également par le parquet national anticriminalité organisé. Elle avait été au départ traitée par Marseille puis par là, on l'a récupéré et c'est un des dossiers bien sûr très important et prioritaires dont on devra s'occuper.

Merci Vanessa Peré. Merci beaucoup. Ah non, je vais pas vous donner les informations sur ce dossier.

Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci d'avoir accepté notre entretien. Fabrice, merci d'avoir été là.