Municipales 2026 : pari réussi pour le RN et LFI ? | En immersion l'émission
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Voilà pour ces deux reportages signés Hélène Bonduel et Clément Perou. Et pour en débattre en plateau, j'ai le plaisir d'accueillir Annabelle Roger. Bonjour.
Bonjour. Vous êtes rédactrice en chef à Radio Classique. Je cite votre livre L'écœurement des mères cossigné avec Jean-Pierre Bédeille.
Frédéric Dab, vous êtes directeur général Opinion groupe IPFOP. Vous avez évidemment beaucoup suivi ces élections municipales et Bruno Cotè, vous êtes politologue, chercheur au Sévipov. Alors, on va revenir sur ces deux campagnes mais aussi sur voilà plus globalement le paysage politique sur Roubet Anna Roger.
C'était un objectif de la France insoumise. Ils y ont gagné seul avec un candidat qui est parti en campagne très tôt qui a fait énormément de terrain. C'est ça un peu la recette gagnante pour David Guirot.
Exactement. David Guirot, il est parti en campagne il y a 4 ans finalement quand il a commencé sur les législatives. Il est resté sur le terrain, ça se sent.
Il connaît la ville par cœur, il connaît quasiment les les électeurs par cœur et les problématiques. On dit souvent que une campagne finalement c'est la rencontre entre un homme et des citoyens. Ben là, c'est exactement ce qui s'est passé.
Très méthodique aussi. Il a fait une une campagne effectivement d'une efficacité redoutable en ciblant plus ciblé sur les quartiers populaires de de cette ville pauvre finalement. justement et Bruno Cotè, on voit que dans le reportage ses opposants essayent de constituer un peu un front anti LFI.
Ça ne marche pas à la fin mais beaucoup ont insisté sur le danger d'avoir une ville LFI au sein d'un département et d'une région qui penche à droite. On parle de risque d'ostracisation de cette ville. Est-ce que ça peut exister ?
Ça dépendra des résultats que David Guirot va obtenir comme comme maire. D'abord, c'est un argument de campagne. Il est normal que les adversaires utilisent cet argument de campagne dans le contexte de ces de ces municipales notamment où dans l'entre de tour cette dimension s'est accentuée.
La FI avait réalisé de bons scores dans de nombreuses villes qui avaient un peu le même profil que que Roubé. Donc forcément, c'est un argument de campagne qu'ils ont essayé d'utiliser. Vous avez raison, ça n'a pas ça n'a pas marché.
En revanche, c'est vrai qu'il y a un gros gros défi pour ce nouvel élu. C'est un jeune député qui est très connu médiatiquement, qui est très connu dans la vie politique nationale. Par contre, il démarre, il fait ses armes sur une responsabilité qui est très différente de celle de maire, de celle de député pardon, celle de celle de maire.
Donc il va avoir effectivement maintenant à montrer de quoi il est capable et c'est à ce moment-là qu'on pourra pleinement répondre à la question. L'épreuve du pouvoir, on y reviendra. Mais juste Frédéric, ce qui est très présent aussi dans le reportage, c'est qu' à Roubet le vainqueur c'est l'abstention 62 % au second tour.
David Guirot, il est élu évidemment mais avec une très très forte abstention. Et vous avez raison, c'est 20 points de moins que la moyenne nationale. Et cette campagne de proximité dont parle Annabelle Roger, c'est surtout une campagne de mobilisation.
Il va partout, il essaie d'amener les électeurs un par un au vote avec une campagne d'ultra proximité. On le voit à un moment vers visiter un quartier, un bureau, le bureau 119 ou 109 où euh il dit c'est le bureau qui a le moins voter en 2020 aux élections passées. Il faut que je convainque les gens.
La voix off dit que finalement il n'y arrive pas mais il a vraiment fait ce travail de mobilisation avec une campagne où il s'est-ême dénationalisé. C'est quelqu'un à l'échelle nationale qui peut être très polémique. On a vu quelques quelques saillis qui ont fait qui ont polémique et là il met ça complètement de côté.
La seule dimension nationale du reportage, c'est la venue euh de Jean-Luc Mélenchon et euh et encore, c'est vraiment un seul moment de campagne. Il a complètement localisé sa campagne. Et justement sur cette épreuve du pouvoir dont parlait Bruno Cotè, Annabelle Roger, euh on voit que dans le discours de David Guirot sur la question de la police par exemple, il ne veut pas désarmer la police municipale puisqu'il voit bien qu'il y a un peu la réalité aussi du terrain.
Ses électeurs lui demandent de lutter contre le trafic de drogue, contre l'insécurité. Bah, c'est vrai qu'on a vraiment l'impression que qu' qu'il a une double personnalité un petit peu euh David Guot d'un côté euh le député et les filles avec avec ses saill politique la la la politique vraiment assez violente qu'on voit qu'on voit dans l'hémicycle. Et puis là euh effectivement ce principe de réalité où il s'éloigne hein finalement euh de son parti.
Alors certes, il accueille euh Jean-Luc Mélenchon, mais il ne veut pas désarmer la police. Il en fait même un argument de campagne en disant "Non seulement je veux pas désarmer la police, mais je veux des policiers de Roubet." [raclement de gorge] Oui, et ça je trouve ça assez fort quand même dans la manière dont il s'y prend.
Ouais. Oui, c'est ça. C'est c'était c'est vrai que c'est une séquence assez marquante.
Il dit il faut des roubésien pour s'occuper des roubésiens. Bruno Cot, ça peut paraître même étonnant de la part d'un insoumis. Oui.
D'ailleurs, ce qui est extrêmement intéressant, c'est que cette séquence, elle illustre un peu cette espèce de de transformation de mutation de David Guerra en un candidat qui fait vraiment dans le local. On voit effectivement qu'il mise tout sur son excellente connaissance de la de la de la de la commune. Il met très souvent en avant à la fois et bien sa proximité avec les gens.
À la fin du documentaire, d'ailleurs lorsqu'il célèbre sa victoire avec ses ses ses amis, il est en train de boire une bière et il dit la la fierté de cette ville est de retour. Et donc effectivement, il insiste beaucoup sur cette dimension des cadres de la police municipale roubéien. Il insiste énormément sur cette dimension.
Donc c'est très intéressant parce qu'on voit que lui qui est un personnage important déjà de la vie politique nationale, alors là, il a vraiment totalement joué la carte local, jouer complètement la carte locale Frédéric Labî, même si il y a Jean-Luc Mélenchon qui vient dans ses meetings et puis David Guerro, il dit voilà tout le monde sait que je suis un candidat insoumis mais il a voulu quoi gommer un petit peu cette cette partition nationale complètement. Il dit je suis insoumis, c'est marqué sur mon front. C'est vrai que quand Jean-Luc Mélenchon vient, on la le reportage raconte qu'il a fait 20 minutes sur Gaza avant de parler des problèmes de des Roubésiennes et des Roubésiens.
Mais c'est vrai qu'il a complètement localisé sa campagne parce que c'est vrai que la France insoumise peut faire nationalement des très bons scores au premier tour mais a toujours un souci de second tour. On l'a vu dans d'autres villes quand je pense à Toulouse ou Limoche et cetera et il a pas voulu être touché par ce stigma éventuel d'un tout sauf et lesfi. Et il faut dire aussi, moi je vois un parallèle avec Enin Baumon, c'est bien sûr pas le même parti.
En 2014, une mairie discréditée à bout de course, pas de bilan, un maire qui a dû quitter le pouvoir. Ça aussi ça a été aussi des facteurs qui lui a permis qui lui ont permis de jouer la distinction locale par rapport à ses concurrents sans passer par le national. Annabelle Roger, c'est aussi une spécificité justement politique à Roubet cette situation effectivement où euh on on s'est dit dans le reportage donc le maire a dû quitter ses fonctions puisqu'il a été condamné.
C'est aussi un terrain euh propice pour David Guerot. Oui, il y a il y a plusieurs choses. Euh, je reviens juste sur la pauvreté.
Je pense que les gens, ils sont fiers de ce de ce candidat et il apporte une belle image en tout cas de de la ville. Donc il insiste beaucoup sur la fierté de pouvoir retrouver les Roubéens et les Roubés. finalement d'avoir que quelqu'un de national s'occupe d'eux a sans doute finalement facilité les choses entre guillemets à à Frédéric Dab soir du second tour on en a un peu ironisé mais chaque formation politique a créé victoire sur la France insoumise alors ils ont gagné Roubet ils ont gagné d'autres villes CR Vénitieux Vaenvelin quel bilan on peut en tirer est-ce qu'ils ont réussi leur paris vous avez raison le scrutin municipal c'est le seul où les partis politiques, les écuries présidentielles parce qu'on est à un an de l'élection tion présidentielle vont chercher à imposer aux français une vision stratégique du scrutin et c'est vrai que les instrumis peuvent dire nous étions complètement absent des conseils municipaux nous rentrons en force et puis il y a ces villes symboliques Roubet Saint-Denni qui tombe dès le premier tour Creille et puis la banlieue lyonnaise Véniti et voilà mais globalement ça reste peu de villes ça reste moins d'une dizaine de villes et si je puis dire la big picture la tendance lourde de cette élection municipale c'est quand même que les partis traditionnels l'ont emporté Très largement, je fais référence au PS et ALR.
Est-ce qu'on peut voir dans la France insoumise et dans les villes qu'ils ont gagné Bruno Côess justement des des villes où on sait qu'il y a des nombreux quartiers populaires. Est-ce queil y a une territorialisation un petit peu du vote de la France insoumise ? Quand on regarde les candidatures où est-ce qu'ils ont concentré leurs efforts les insoumis ?
Oui, on voit qu'il y a une vraie stratégie de consolidation de bastion et aussi de s'adresser à des segments de l'électorat que la France insouise travaille particulièrement sur le terrain particulièrement voilà les gens qui sont le plus à distance du système politique, les quartiers abstentionnistes effectivement là où ils ont eu du succès, c'est beaucoup de communes, beaucoup de villes qui sont confrontées à des taux de pauvreté absolument incroyables. Il y a pas que Roubé effectivement beaucoup de chômage également. Donc effectivement, ils ont concentré leurs efforts et ça c'est une vraie stratégie qui est intéressante pour eux parce que c'est une formation politique très récente.
Elle va fêter ces 10 ans. Donc c'est une formation politique très récente. Ils ont pas nécessairement encore le vivier de candidat pour être candidat dans toute la France, dans toutes les types de de communes. et en revanche d'être arrivé à accrocher des grandes villes ayant ce profil là pour la campagne du candidat insoumis dont on se doute que ça sera Jean-Luc Malenchon à l'élection présidentielle.
C'est un ressort très important parce qu'il peut cultiver ça à différence à l'intérieur de la gauche. Il peut renvoyer au Parti socialiste l'image que voilà vous vous savez plus leur parler et nous on y arrive. Et Frédéric Dabitait aussi euh la victoire à Saint-Nis évidemment 150000 habitants.
Annabelle Roger, est-ce que ces villes les Roubets en l'occurrence puisque c'est le sujet de notre reportage et les autres ça va servir de laboratoire pour la France insoumise ? Elles vont être aussi scrutées, c'est-à-dire je sais pas si on peut se rendre compte des premiers résultats en 6 mois ou en vant la prochaine présidentielle, mais on va regarder le résultat de ses mè. Il a Bruno le disait tout à l'heure, il a une grosse pression David Guirou parce que il va falloir qu'il ait des résultats rapidement et souvent on dit que pour faire vraiment changer une ville, il faut mandat.
Là, il a 1 an pour faire bouger les choses. Donc oui, effectivement sur le terrain. Ensuite, avec qui est-ce qu'il va travailler ?
Ça c'est la la question aussi parce que Jean-Luc Mélenchon en 2027, il gagnera pas tout seul et on voit que une sorte de cordon essaie d'être mise en place autour de de LFI comme c'était le cas il y a plusieurs années autour du Front National à l'époque. Qu'est-ce que ça va donner ? C'est c'est la c'est la question effectivement sur l'année qui vient.
Et alors un des points communs entre David Guirot à Roubet et Laor La Valallette à Toulon, c'est qu'ils ont sur leur affiche, ils ont gommé les noms de leur parties. Pourquoi cette stratégie Frédéric Dab ? On se fait passer pour sans étiquettes politiques alors que tout le monde sait bien que leur la valette est du [raclement de gorge] Rassemblement national et David Guot de la France insoumise.
Vous l'avez dit tout le monde tout le monde le sait mais on sait ils savent très bien aussi bien David Guirot que leur la valette et leurs entourages que dans les déterminants du vote aux élections municipales c'est un triptique projet bilan incarnation beaucoup moins l'étiquette. C'est pas la peine de le marquer dessus on le sait. David Guotro donne une donne un argument qui est plutôt valable.
Il a essayé d'avoir un rassemblement hors de la France insoumise avec d'autres formations politiques sans doute beaucoup plus petites que la France insoumise. Il a mis son drapeau dans sa poche tout en disant que naturellement il était connu. C'est c'est quand même assez classique pour les élections municipales.
C'est rare quand c'est un quand c'est un impétrant qui veut tenter un premier mandat. C'est beaucoup plus fréquent quand un maire enchaîne euh les mandats. Je pense pas qu'André Santini euh qui a été relu pour la 8e fois où Laurent Catala à Crétail est mis en avant leur étiquette centriste d'un côté, socialiste de l'autre.
Et sur l'or la valette justement, c'est un visage du rassemblement national et pourtant elle met pas le RN sur son affiche de campagne. Bruno Cotè. Oui.
Alors, elle s'en explique d'ailleurs dans le documentaire. Elle dit qu'au fond l'objectif c'est de parler à tous les habitants, d'être la mère de tous les habitants et donc que tout le monde sait qu'elle est du rassemblement national, qu'elle a pas fond donc à l'afficher. Mais on voit effectivement un grand classique des élections municipales.
Quand on regarde dans à peu près n'importe quelle commune, le nom des listes, la plupart du temps, c'est tous unis autour de le nom de la ville, tous pour le nom de la ville. Donc c'est du grand classique. Euh il y a de petites formations politiques.
J'ai regardé par exemple les étiquettes des listes lutvrière. Alors on sait par contre lutte ouvrière le parti des travailleurs. Mais sinon en dehors de ça ils prennent tous souvent un nom de de liste qui met en exergue leur identité, la vie, leur appartenance et et ils tiennent à distance.
Alors je rappelle aussi par ailleurs que l'image des partis politiques n'est pas très bonne he dans les enquêtes du CVEF. On est cette année à 15 % de confiance dans les partis politiques. Et Annabelle Roger sur le cas de Laur La Valallette dans le reportage, on voit qu'elle essaie peut-être de gommer une partie des aspérités euh de ses idées peut-être les plus radicales.
Est-ce que ça vous a euh frappé dans sa manière de faire campagne ? Moi ce qui m'a frappé c'est que je la trouve quand même assez on pas on a pas le sentiment qu'elle connaît finalement si bien que ça tout long. En tout cas c'est c'est assez vague son programme si on fait la la comparaison avec David David Guot.
C'est elle qu'elle met en valeur et c'est moi finalement la ville. J'ai un programme, voilà qui je suis. C'est peut-être que ça peut-être que ça fonctionne un petit peu moins et effectivement il y a il n'y a pas le le le logo Rassemblement national sur et elle ne l'assume pas.
Oui, elle vient aussi mais elle n'assume pas son appartenance au parti. Enfin, moi j'ai j'ai rien vu de la Lord de la valette une fois de plus de l'Assemblée nationale sur le terrain à Toulon. Vous avez aussi trouvé Bruno Cotess une forme de voilà que c'était pas tout à fait les mêmes personnes.
On essayait de cacher la députée RN et de mettre en avant plus je pense que c'est d'autant plus un enjeu pour des personnalités qui sont très identifiées dans l'espace public, dans l'espace médiatique. Donc forcément pour eux, il y a un très gros enjeu qui est de montrer que ils viennent pas là en touriste, ils viennent pas là en en parachuter. David Guirot au début du reportage, il dit bah il a été parachuté puis après il s'est vraiment fond il assume le parachutage mais après voilà il v la ballette elle est originaire de de la de la ville donc on voit petite différence mais fondamentalement c'est une un gros enjeu pour de campagne de ne pas apparaître comme des personnalités qui viennent là au fond s'ils perdent leur ça ça compromet pas leur carrière faut vraiment qu'il montrent que c'est la responsabilité qu'ils veulent en premier et beaucoup députés qui sont candidats aux élections municipales.
C'est des questions qu'on c'est des questions qu'on leur pose. Pour prendre une are commune au Havre, Édouard Philippe avait beaucoup cette question qui était alors voulait être réélu maire du Hav mais mais est-ce que est-ce que vous avez pas nous quitter dès le lendemain ? Et Frédéric Davi, est-ce que pour vous Toulon c'est l'illustration d'un plafond de verre pour le RN ou est-ce queil y a un cas très spécifique sur la ville de Toulon ?
C'est très bien expliqué dans le reportage de Clément Perot. Toulon a déjà connu un maire Front National, ça s'est très mal passé. Euh comment on peut juger justement cet impact de 95 là sur le scrutin ?
Je pense qu'il est relativement euh faible. C'est plus le même nom du parti, même si dans son histoire Lor La Valallette est arrivé au FN à l'époque de Jean-Marie Le Pen. Je suis toujours gêné par ce terme de plafond de verre parce que les plafonds de verre sont faits pour être crevés.
On disait le RN le FN ne gagnera plus ne gagnera jamais de duel. C'est vrai qu' Y B ici à l'Assemblée en 90 et les victoires en 2017 et quelques victoires, le FA n'avait quasiment plus jamais gagné en duel dans une élection et c'est plus ce qui s'est passé quand on a regardé les le rapport de force de 2022 et 2024. C'est vrai qu'elle fait un premier tour qui est conforme aux enquêtes d'opinion.
C'est vrai aussi et là elle joue elle est très elle est beaucoup plus stratège politique que David Guiroot qui a un second tour qui confirme complètement son premier tour. Elle essaie d'enfermer et là c'est très très politicien mais c'est le jeu. La mer sortante Joël Massi comme une personne de gauche avec ces fameux tractes finalement enfin c'est des affiches qu'elle ne diffuse pas Mélon avec Macron alors qu'elle est divers droite José.
Voilà c'est très d'un registre politicien mais on la voit aussi dans une certaine proximité. Je suis un peu moins sévère que vous sur sa connaissance du terrain quand elle parle des parkings, quand elle parle de la cantine, elle elle a essayé de faire une campagne de proximité. Peut-être que sans le dire la marque Eren lui a fallu un un soutien très fort mais aussi elle était moins clante en campagne qu'elle ne peut être à Paris exactement comme pour David Guirot.
Annabelle Roger, on sait que cette ville de Toulon, les journalistes n'y ont pas été par hasard non plus. C'est parce que voilà, il y avait un enjeu pour le Rassemblement national. Est-ce que finalement c'est pas ce qui a desserviors la valette puisque on voit que il y a d'autres villes à côté qui ont été remportées par le Rassemblement national mais peut-être que sur celle-ci avoir mis voilà un des visages du Rassemblement national ça lui a aussi coûté quelques points.
Oui, je pense que les les Toulonnais euh contrairement aux habitants de Roubé mais ils n'avaient pas besoin d'avoir une personnalité. Finalement quand on quand on voit la mère qui est qui est réélue. C'est quelqu'un qui n'est pas du tout médiatique.
C'est très bien dit aussi dans le reportage. Voilà, on dit qu'elle est elle est très discrète. qui ne veut pas faire de débat, c'est une campagne à bas bruit et c'est finalement ce qui a ce qui a fonctionné face à une lors de la valette très très très ouverte qui qui était très présente partout.
Voilà, les les les habitants, c'est ce qu'on on a on a vu dans notre dans le livre qu'on a écrit avec Jean-Pierre Bédeille, c'est qu'ils ont besoin d'un maire qui soit là, qui soit qui soit présent et pas qu'il parle de lui mais qui parle d'eux, même si vous me trouvez peut-être un petit peu sévère avec leur la valette, elle parle beaucoup d'elle, elle parle peut-être un petit peu moins des habitants. Et elle dit quelque chose dans le reportage justement quand elle renvoie José Massie à Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron, Bruno Cotes, elle dit "Bon, c'est facile, moi je suis la droite, elle c'est la gauche." Alors déjà, on va peut-être débattre sur le fait de savoir si José Mass de gauche, mais sur leur la valette qui s'assume de droite, je croyais que Marine Le Pen avait dit que son parti était ni de droite ni de gauche.
C'est on connaît toutes les tergiversations, les hésitations du Rassemblement national sur cette question avec les différentes je sais pas si on peut dire différentes lignes vraiment s'il y a voilà mais en tout cas des hésitations sur leur positionnement parce que ils veulent s'adresser aux électeurs de la droite en général évidemment coulon ses concurrents étaient à droite donc effectivement ça explique aussi peut-être dans le cadre dans le cadre d'une élection très concurrentielle il faut essayer de ramasser le plus large possible donc s'adressé à toute la frange de la de la droite et puis c'est une manière de réactiver les bons vieux clivages avec des des électeurs qui disent "Ah mais oui, si c'est si c'est quelqu'un qui qui est qui est proche du centre, donc c'est donc c'est proche de Macron, donc c'est proche peut-être du centre gauche aussi." et on voit qu'elle est clairement dans cette dans cette stratégie qui ne lui réussit pas finalement finalement mais c'est une c'est une question de de stratégie pour le Rassemblement national qui est bien au-delà du cas de du cas de de de Toulon et on voit Jordan Bardella qui dès le lendemain de ses élections municipales commence à dire "Oui, il faut il faut qu'on parle à la droite mais est-ce que Marine Le Pen aurait dit exactement la même chose pas forcément elle ne veut pas forcément cette union des droites. Elle dit souvent je parle à tous les Français pas du même territoire pas du même territoire mais c'est vrai qu'elle a une note stratégique qui est de dire nous c'est le c'est le peuple c'est pas les droits de la la droite.
D'ailleurs, c'est très drôle dans le documentaire quand elle fait du porte à porte où elle va sur un marché où elle parle de Michel le sénateur Michel Bonus comme si c'était un de ses amis. Ah vous avez voté Michel. Bon Michel c'est c'est à droite comme moi contre Joël Massi qui est à gauche.
Elle a essayé et ça a pas marché parce que les reports de voix quand on fait l'arithmétique a été excellents de Michel Bonus vers la mer réélue. la différence de Nî qui n'est pas si loin que cela à Vol d'oiseau, c'est quand même pas à côté mais où on a vu très bien que après une division de la droite comme à Toulon, l'électeur de droite qui a été éliminé, l'électeur à droite est allé massivement au rassemblement national même si c'est le Parti communiste qui a gagné la ville. Mais Annabelle Roger puisque là effectivement c'est une défaite pour le Rassemblement national mais qui a quand même un score 47 % c'est quand même très très fort et on voit aussi dans le reportage des gens qui l'appellent pour figurer sur sa liste.
Donc il y a une forme de notabilité qui s'instaure au sein aussi du Rassemblement national qui semble voilà devenir fréquentable. Effectivement ce policier qui n'est pas sur sur la liste du sénateur qui appelle et puis finalement la place ne lui plaît pas donc ça ne se fait pas. Mais oui, malgré tout, le Rassemblement national est tendance et là effectivement elle a raté son coup entre guillemets en se voulant de droite et le reste du monde c'est le reste du monde qui a qui a gagné sur Toulon.
Ce sera sans doute pas la même chose après au niveau national sur les élections qui viennent. Ouais, justement Frédéric Davi puisque là tout long le Rassemblement national a échoué mais même question pour LFI tout à l'heure quel bilan on peut tirer pour le Rassemblement national ? C'est des villes plutôt moyennes ? plutôt des confirmations que vraiment une extension dans de nouveaux territoires.
Alors, autant je parlerai de percé limité pour LFI, mais une vraie percée, autant le RN qui est parti depuis longtemps aux élections municipales, c'est une vraie implantation. Premièrement, quasiment tous leurs sortants, je crois 20/ 22 sont réélus. Deuxièmement, on voit qu'il y a un véritable bastion, c'est ce sud, ce sud-est, parce que tout long, ça a raté mais autour si four plage, la scène surmer et cetera.
Troisièmement, et là c'est peut-être le seul parti qui a réussi ça dans des villes petites et moyennes concurrentes de euh la droite, il y a des bons succès, il y a des belles percées aux élections législatives qui sont concrétisées un an et demi après par des villes percés dans la Sartte, la flèche qui tombe. Percé dans le le dans le Loiret, Montargie, autour de Montaban de Carcasson, de Castre. Donc ils ils réussissent à capitaliser.
Ils étaient dans 53 départements en terme d'élus en 2020. Ils sont dans 84 départements. Mais bien sûr parce qu'on a cette fragmentation territoriale dont parlait pour Cotess dans les grandes métropoles, les sorts du scores du RN sont absolument souvent faméliques.
Et la question qui se pose, peut-on gagner une présidentielle en faisant 1 et demi à Paris, 5 à Lyon ou ou un score très bas dans telle alors à Paris le Rassemblement national additionne avec Sarah Knafo. C'est peut-être pas un hasard que nos deux personnages principaux, à la fois à Toulon et à Roubet soient députés euh dans les formations politiques qui s'implante. C'est vrai que les députés ont labouré le terrain, le connaissent bien et c'est eux qui ont été un peu en première ligne.
C'est aussi parce qu'ils avaient fait ce travail en circonscription à Bruno Cotè. Oui, c'est tout sauf un hasard. d'abord pour des formations politiques qui ont pas le le le capital euh de de notables locaux d'élus qui sont vraiment très ancrés depuis longtemps avec des des formations politiques qui ont pu détenir des mairies depuis des fois des des décennies.
C'est vrai que le fait d'avoir des députés, c'est absolument essentiel parce que le corps, le vivier de candidat pour être député, bah forcément, il est beaucoup plus restreint qu'aux élections municipales. Donc, il est plus facile pour ces formations politiques d'avoir des candidats dans presque toutes les circonscriptions. Et c'est vrai qu'on voit, on voit très très bien dans plein de départements, il y a un véritable effet d'entraînement du député sur sa suscite d'évocation.
Le député peut faire venir le leader du parti. On moi je l'ai observé en Normandie dans une petite petite commune où au fond ils ont fait venir Jordan Bardella pour soutenir c'est dans une circonscription d'un d'un député de l'heure voilà département où ils tiennent quatre des cinq circonscriptions. Donc on voit qu'il y a effectivement un enjeu considérable pour des formations politiques qui qui en sont à à une décennie ou un peu plus de de d'ancré dans les dans les territoires [raclement de gorge] à travers les députés et peut-être ultérieurement les sénateurs.
Sauf que Annabelle Roger, c'était pas forcément prévu comme ça puisque'au début le Rassemblement national avait dit à ses députés vous restez députés. Est-ce que c'est aussi faute de candidat solide que pour les mairies on envoie les députés ? C'est exactement ce que vient de dire Bruno.
Effectivement, ce sont des partis qui sont alors le Rassemblement national un petit peu moins mais encore en construction. On a vu ce que ça donnait lors des précédentes législatives avec tes candidats. Elle le dit d'ailleurs leur la valette. dit nous tous nos candidats on on les check, on regarde voilà, ils sont et justement il y a une séquence avec le journaliste où elle demande aux autres voilà de faire leur travail parce qu'ils s'intéressent aux autres listes et à sa liste et pas ex.
Oui, exactement. Donc oui, il faut faire monter comme ça des personnalités pour en entraîner d'autres et créer ce vivier de candidat potentiel pour la suite. Effectivement, vous parliez justement du du RN et de ses scores dans les métropoles.
Est-ce que c'est pas l'inverse pour les insoumis ? sa que tous les deux ont vocation voilà à compter à peser pour 2027 voir remporter le scrutin. Mais on voit quand même que dans la sociologie des villes ou des endroits voilà où ils font des scores élevés, il y a vraiment une coupure quoi.
Oui, c'est vrai. Ben c'est le grand un des grands enseignements de ce scrutin, c'est cette fragmentation territoriale. Il y a eu une époque où des villes pouvaient passer de gauche à droite sur les je pense à Saint-Étienne qui avait été communiste, socialiste, RPR, UDF.
Maintenant, est-ce qu'on y est-ce qu'on imagine un parti droite gagner Roubet dans 10 20 ou 30 ans ? C'est peut-être tout est possible. En électoral, c'est le peuple qui a le dernier mot, mais ça paraît difficilement envisageable.
On voit très bien les zones territoriales où des parties surperformment ou à l'inverse elles sont très inexistants. L'URN ce sont ces villes si je mets de côté le car sud-est quand même Nice qui a été gagné par l'écosystème Sioti. Mais au-delà de ça, c'est un peu spécifique mais c'est quand même des villes petites et moyennes comme celle de la droite et dans beaucoup de villes on a vu un remplacement du vote LR par le vote RN je pense à Marseille.
C'est aussi un enseignement dans le cadre de la future présidentielle. Exactement. Est-ce que Annabelle Roger euh la droite qui le soir du premier tour a bien redit et a redit que ça avait pas été suffisamment dit hein, avait gagné le plus de de villes mais c'est souvent voilà des des villes moyennes.
Oui. Et puis pour rebondir ce que sur sur ce que dit Frédéric, la droite dit "Nous, on n pas fait d'alliance avec le Rassemblement national contrairement à la gauche. On a vu le le débat.
Ouais mais l'électorat il est complètement l'Union des droites dans les urnes, elle existe déjà. Exactement. Donc ça veut dire que la droite traditionnelle, ben désolé mais elle est elle est mangée aujourd'hui par ce rassemblement national et ben un peu par le centre de l'autre côté.
On verra ça. Et alors on a parlé là du Rassemblement national et de la France insoumise. Qu'en est-il du Parti socialiste et des Républicains, des vieux partis si je puis dire beaucoup plus implantés ?
Bruno Cotè eux disent "On a gagné le parti socialiste en avant voilà des victoires comme dans des villes comme Paris ou Marseille. Qu'en est-il ? Est-ce que vraiment le paysage politique est complètement redessiné ?
La fragmentation qu'on connaît ici à l'Assemblée nationale, est-ce qu'elle existe maintenant au niveau municipal ? Il me semble que oui, on la voit à travers le nombre de communes où il y avait on a beaucoup parlé des communes avec une seule liste avec beaucoup de victoires au premier tour, mais on voit aussi beaucoup de communes où il y avait trois quatre maintenant la triangulaire, la quadrangulaire, la quintangulaire, on voit aussi dans les grandes villes, dans les systèmes de de candidature, la la logique des des blocs quand même qui commencent à à s'exprimer un petit peu. Il y a eu des listes Union de la gauche PS écologiste communiste ou PS communiste ou écologiste communiste.
Voilà donc une logique un petit peu de bloc avec la France insoumise en liste à côté au centre centre droit. On a quand même vu beaucoup de communes où du LR était assez souvent avec du horizon, avec du Renaissance, avec de l'UDI. Donc là aussi la la logique de ce fameux socle commun dont on sait plus bien où il est aujourd'hui et on a vu effectivement s'exprimer ces ces ces ces logiques là.
Donc donc il y a quand même un effet de ce de ces tendances nationales qu'on retrouve à un moment donné dans les systèmes de candidature. Alors ça reste quand même des élections avec une dimension très très très locale faut quand même le le rappeler. Mais c'est vrai qu'on commence à voir de véritables logiques nationales.
Les conséquences nationales des élections municipales sont assez importantes sur les stratégies les positionnements stratégiques des des acteurs. C'est c'est un petit peu ambivalence un petit peu entre les deux du local qui finit par avoir des conséquences nationales. Et justement, qu'est-ce que ça nous apprend sur 2027 ?
Parce qu'on espérait parfois que voilà ce scrutin municipal allait nous donner toutes les réponses et ça reste quand même très flou, très embrouillé encore pour la suite. Quelle recomposition politique justement en vue de la présidentielle Frédéric David ? Question difficile, mais avant même de parler de recomposition, ça nous apprend des choses sur les campagnes électorales.
N'oublions pas, on commente Roubet Toulon que le fait major, on a dû de l'émission, c'est cette abstention majeure dans une élection municipale 2020 exceptée depuis la libération. Ça veut dire que pour la présidentielle, même si des Français veulent une belle campagne, ils nous le disent dans nos enquêtes, ils veulent sortir de cet exit du politique, ils veulent un reset du pays grâce à une campagne. S'il y a pas une belle campagne, si elle est percutée par l'international comme ça s'est passé aux élections municipales, il peut y avoir une abstention forte.
Non, c'est ce que dit euh Bruno qui me paraît très juste. On a deux une étanchéité très forte entre politique locale et nationale qui fait qu'il serait très imprudent de donner une portée nationale dans cette futur présidentiel dont on ne connaît absolument pas l'offre électorale. He on est dans une période de flou euh très importante.
Mais avec la percée de LFI, avec la confirmation de l'implantation du voter on voit une sorte d'homogénéisation entre ce national et ce local. Ce qui nous fait dire Alliance PSF perdantes, Union des droites gagnantes parfois très perdantes à Paris. Donc on n'est pas sur deux monde si étanche que ça mais ça nous pose voilà plein de questions et ça tranche pas forcément encore les réponses à Annabelle Roger ou est-ce que d'après vous on commence à voir un peu à gauche comment ça pourrait s'organiser à droite également et puis côté LFI Rassemblement national.
Alors plusieurs choses. D'abord sur une belle campagne je suis pas certaine quand on voit le niveau de violence à l'issue pass sans précédent pour les pendant les municipales he effectivement. Ça augure rien de très très bon au niveau national.
Après ce qui est certain qu'on a ces deux pôles extrêmes, Rassemblement national et lesfill qui sont en plein boom si je peux m'exprimer ainsi. Et puis au milieu, ben voilà, qu'est-ce que ça va donner ? PS plus Parti communiste plus vert sans doute une seule partie parce que certains voudront partir avec et les filles, on nen sait rien.
On a un bloc central où on a quand même quoi 23 candidats potentiels. C'est du du jamais vu ce bloc central où ça se ça se bagarre aussi. Alors, on sait maintenant que Renaissance définitivement au centre droit.
Donc c'est déjà là ça nous ça nous fait avancer. Oui. Mais veut pas de primaire avec les républicains.
Voilà. Donc euh donc oui, enfin je trouve qu'on on avance sur le sur les deux côtés. Au milieu, ça reste quand même compliqué, hein.
Est-ce que c'est ça aussi ? Il y a beaucoup, on a beaucoup fait de débat sur les élections municipales et beaucoup de gens disaient "Bah en fait au moins RN et LFI leur stratégies elles sont claires, on peut les combattre politiquement mais voilà, ils ont des stratégies assez claires. Est-ce que c'est aussi ce que nous montre un peu les élections municipales et en disant et au milieu bah en fait un coup on est allié avec l'un, un coup avec l'autre et ça reste assez flou." Oui.
Oui. Absolument. Ça reste très flou même on n pas la réponse.
On sait que les résultats de ces élections municipales ont accentué sans doute les tensions internes à gauche et à droite. On le voit très clairement de depuis le deuxème tour par que ça. On parle plus que de ça.
Voilà. Parti socialiste, beaucoup de tension interne. Euh la question reste entière parce qu'effectivement euh le Parti socialiste peut-il renouer avec ce qu'il a connu il y a 20 ou 30 ans, c'està-dire de de gagner l'élection présidentielle avec un candidat socialiste sur une une base programmatique du nom de la gauche, mais quand même sur un candidat socialiste, on a l'air un peu loin de de cette situation.
Merci beaucoup Bruno Cutè, Frédéric Davi et Annabelle Roger. Merci à Clément Perot et Hélène Bonduel pour leurs deux reportages. L'un à Roubel, l'autre à Toulon, rédaction en chef de Chantales.
Merci d'avoir suivi ce numéro d'en immersion. À très vite sur LCP. [musique] [musique]
David Guiraud