ÉLISABETH BORNE N'A PAS PRIS LA CONFIANCE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La confiance ne se décrète pas à priori. Je ne sais pas où nous emmène madame Borne, mais je ne suis pas sûre qu’elle le sache elle-même. Nous ne sommes pas sensibles à cette communication aujourd’hui de phrases creuses.
Nous ne sommes pas là pour faire du cirque, c’est-à-dire que les députés bouffons de la Nupes n’ont aucune intention de préserver le pouvoir d’achat des français. Il y a un certain nombre de sujets qui, effectivement, carillonnent à nos oreilles. Keutchi, que dalle, nada, rien, zéro, pas un copec de plus.
Bonjour à toutes et à tous. Aujourd’hui au programme, il y a le discours de politique général d'Elisabeth Borne. Privée de majorité absolue, la Première ministre n’a pas voulu se risquer à demander un vote de confiance au Parlement mais à la place, elle a récolté une motion de censure de la gauche.
Alors que retenir de ce discours, la motion de censure a-t-elle une chance d'aboutir et qui sort renforcé de cette séquence alors que les premiers chantiers du nouveau quinquennat se profilent à l’horizon ? Je vous en parle tout de suite sur Blast. Hier dans l’Hémicycle, c’était chaud, pour ne pas dire dissipé.
Mes chers collègues, s'il vous plaît ! Pas de telle manifestation dans l'hémicycle s'il vous plaît. Le discours d’Elisabeth Borne a eu des allures de baptême du feu politique.
C’est ce qui arrive quand on a en face de soi plus de députés d’opposition que de la majorité. L’opposition hier qui a donné de la voix pendant toute sa déclaration de politique générale. Que retenir de ce discours long d’une heure trente minutes ?
Eh bien déjà, c’était très techno, sur le fond et la forme. Ensemble, nous répondrons à l’exigence de responsabilité. Les Français ont élu une Assemblée sans majorité absolue.
Ils nous invitent à des pratiques nouvelles, à un dialogue soutenu, à la recherche active de compromis. Bon, on a connu discours plus lyrique, mais l’appel aux compromis a-t-il convaincu du côté des oppositions ? Pas vraiment.
Pas de surprise, rien de nouveau sous le soleil. Un discours qui ne fait que réégréner le pseudo programme d’Emmanuel Macron à la présidentielle. C’est comme s’il n’y avait pas eu d’élections législatives finalement, pour la majorité présidentielle ou ce qu’il en reste.
Objectivement, j’ai trouvé ce discours totalement indigent sur le plan politique. Entendre durant une heure et demie qu’il faut lutter contre la maladie, le mauvais temps,le chômage. Très bien, c’est difficile effectivement d’être contre cet enfilage de perles, mais il n’en demeure pas moins qu’il n’y a pas de vision politique.
Je n’ai pas entendu, je ne sais pas où nous emmène madame Borne. Mais je ne suis pas sûre qu’elle le sache elle-même. Keutchi, que dalle, nada, rien, zéro.
Pas un copec de plus pour partir en vacances pour remplir le frigo, rien. La politique de ce gouvernement, ça va rester la politique des petits chèques, des petits sous qu’ils vont distribuer. Eh bien la politique des petits chèques, ça va contribuer à avoir des petits salaires, et ça, c’est une petite France.
Entre deux banalités, on a quand même vu se dessiner la feuille de route du gouvernement pour les mois qui viennent. Le pouvoir d’achat mis à mal par l’inflation est désigné priorité absolue. Mardi, la Nupes a présenté son propre projet de loi sur le sujet.
Et puis, il y a réforme des retraites, projet très clivant qui n'est pas abandonné, la Première ministre l'assure, il sera mené à son terme. Autres points notables, l’annonce de renationaliser à 100 % le groupe EDF. Je le disais, je le disais il y a quelques instants, l'urgence climatique impose des décisions fortes, radicales.
C’est pourquoi je vous confirme aujourd’hui l’intention de l’État de détenir 100 % du capital d’EDF. Un projet a quand même été salué par une partie de l’assistance, l’intention de déconjugaliser l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Cette réforme réclamée de longue date par les associations consiste à ne pas tenir compte des revenus du conjoint lorsqu’on verse cette aide à une personne en situation de handicap.
Faire la République de l’égalité des chances, c’est aussi construire une société inclusive. Mais là encore l’opposition se méfie des effets d’annonce. Sur l’AAH, les mêmes qui se sont levés pour applaudir ont rejeté nos amendements quand nous voulions déconjugaliser l’AAH et l’augmenter sous la mandature précédente.
Nous nous sommes permis de dire à ce moment-là : “Hypocrites”. On ne peut pas, je veux dire au bout d’un moment, considérer qu’il y aurait là des gens sans mémoire. Elle a avancé des têtes de chapitre qui vont à l’inverse de choses qui ont été faites précédemment.
Ca on jugera sur les actes mais nous ne sommes pas sensibles à cette communication aujourd’hui, de phrases creuses, alors que précisément sur ce terrain-là l’inverse a été fait. Tout de même, cette dame qui nous a parlé est celle qui a baissé l’assurance chômage de près de 4,2 millions de gens. 1,2 million en particulier ont perdu près de 40% d’assurance chômage, et elle a dit qu’elle allait revaloriser les droits notamment de ceux qui ont perdu l’emploi.
Ça n'est pas sérieux. Elisabeth Borne a tenu bon face à la bronca de la gauche mais elle n’a pas pu échapper à une question, celle du vote : L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler. La confiance ne se décrète pas a priori, elle se forgera texte après texte, projet après projet.
Alors comme ça, la confiance ne se décrète pas a priori, elle se forge ? Pourtant Elisabeth Borne n’a pas sollicité la confiance du Parlement à l'issue de son discours. A cette nouvelle dès lundi, les Insoumis avaient annoncé leur volonté de déposer une motion de censure contre le gouvernement.
La motion de censure permet aux membres de l’hémicycle de potentiellement renverser un gouvernement par vote à majorité absolue. C’est un peu l’arme atomique de l’opposition à l’Assemblée. La proposition a d'ailleurs provoqué quelques remous dans la coalition.
En effet, socialistes et écologistes ne veulent surtout pas donner l’impression que la Nupes est dans l’opposition systématique. Finalement, un compromis est trouvé mercredi. L’objectif de cette motion, c’est évidemment embarrasser l'exécutif en soulignant la faiblesse de la majorité présidentielle mais aussi mettre les autres oppositions devant leurs responsabilités.
Le sens de la censure, c’est évidemment de marquer, ceux qui ne votent pas la censure sont pris dans un coup de force contre la démocratie. Voter la censure, c’est voter que les Français en majorité n’ont pas voulu de ce gouvernement, et le texte que nous avons déposé permet d’avoir un vote sur la motion de censure sans être d’accord avec le fond idéologique de la Nupes ni avec son programme. Mais pas sûr que cette stratégie fonctionne.
Dans les faits, la motion n’a aucune chance de passer. Déjà parce que les oppositions de droite ne voteront pas le texte de la gauche. La Première ministre a même marqué quelques points avec les Républicains.
Il y a un certain nombre de sujets qui effectivement carillonnent à nos oreilles parce qu’ils peuvent sembler en phase avec ce que nous, nous voulions défendre. Maintenant, au-delà des têtes de chapitre, il faudra voir précisément ce qui sera dans les textes. Mais nous on estimait qu’aujourd’hui ce n’était pas un affront fait au Parlement mais un aveu de faiblesse que de ne pas solliciter la confiance.
On ne peut pas tout mélanger et ça ne remet pas en cause une opposition qui est forte mais qu’on ne veut pas déraisonnable, qu’on ne veut pas obstinée. Le Rassemblement national version cravate, lui, n'a que son institutionnalisation en tête. Il n’entend pas non plus s’opposer frontalement au gouvernement pour l’instant, pour mieux se démarquer de la Nupes : Nous ne sommes pas là pour faire du cirque, c’est-à-dire que les députés bouffons de la Nupes qui préfèrent faire des happenings devant le palais Bourbon avec des mariages entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’ont aucune intention de préserver le pouvoir d’achat des Français.
Le texte sur le pouvoir d’achat, il doit être voté avant l’été, avant les vacances estivales. Pourquoi nous ne votons pas cette motion de censure ? Parce que si elle était votée, le texte sur le pouvoir d’achat serait reporté au mois de septembre voire au mois d’octobre.
Donc nous nous allons travailler, parce que nous sommes sommes élus pour ça, nous ne sommes pas là pour faire du cirque et nous allons travailler pour améliorer leur pouvoir d’achat notamment en participant au débat sur ce texte, en amendant, en regardant ce qui peut améliorer, même de manière insuffisante, et surtout en proposant un certain nombre de dispositions comme la baisse de la TVA sur les produits énergétiques. Les macronistes échappent donc au pire. Ils évitent un vote de confiance risqué et l'échangent contre une motion de censure qui n’a que peu de chances d’aboutir.
Loin d’être mises au pied du mur, les oppositions de droite peuvent jouer de la posture de la respectabilité et de la tempérance constructive. Pire pour la Nupes, l'opération pourrait même se révéler positive pour Elisabeth Borne qui pourra présenter l’échec de cette motion comme une victoire. Mais à gauche, on pense déjà au coup suivant, la rentrée sociale.
Jean-Luc Mélenchon a appelé mardi à une “une grande marche contre la vie chère” en septembre. La France insoumise connaît aussi des remous internes qui viennent polluer sa rentrée parlementaire. Eric Coquerel, le tout juste élu président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, fait l’objet d’une plainte pour "harcèlement sexuel" émanant d’une ancienne figure des gilets jaunes Sophie Tissier.
Et comme si cela ne suffisait pas, une autre affaire est réapparue cette semaine, celle de Taha Bouhafs. L’ancien candidat aux législatives, avait été mis à l’écart suite à des signalements au comité interne de suivi des violences sexistes et sexuelles de la France Insoumise. Dans un texte publié sur Twitter, le jeune homme affirme n’avoir jamais été confronté aux accusations dont il faisait l’objet.
Il met aussi en cause le parti, et plus particulièrement Clémentine Autain. Elle lui aurait demandé de motiver son départ non pas pour les accusations d’agression sexuelle le visant mais en invoquant les attaques racistes dont il faisait l’objet. Un feuilleton qui n’est certainement pas terminé.
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Élisabeth Borne