Charlotte Bailly, déléguée CGT à la clinique Saint-Pierre
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse directe
Douze jours de grève, comment est le moral des troupes ce matin ?
- 0:44OuverteRéponse directe
Et en quoi elle consiste cette proposition ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Donc là c'est pas du tout à la hauteur, c'est ce que vous lui avez répondu ?
- 1:33OuverteRéponse directe
Donc c'est point par point, pied à pied comme on dit ces négociations ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Et donc vous le disiez, ces propositions qui ne sont pas à la hauteur d'après vous, elles ont remotivé les troupes ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Il n'y a pas de lassitude pour l'instant, trop ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06PrésentateurFait
« Les salariés poursuivent leur mouvement pour conserver un intéressement de 1500 euros par an. »
- 0:46Invité politiqueChiffre
« Alors c'est 200 euros de primes exceptionnelles maintenant pour pallier à l'absence de primes de cette année »
- 0:52Invité politiqueChiffre
« qui sont souvent à hauteur de 800 à 1000 euros d'ailleurs. »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« on demandait 1500 euros de primes annuelles et 800 euros one shot tout de suite. »
- 2:50Invité politiqueFait
« Alors, elle fonctionne normalement au ralenti. On a beaucoup mis en lumière le service de chimiothérapie qui a fermé ses portes. »
- 3:35PrésentateurChiffre
« Elle dit qu'à peu près 40% des patients ont pu être pris en charge. »
- 4:41Invité politiqueFait
« On a du matériel de plus en plus vétus, qui n'est pas réparé, qui n'est pas remplacé »
- 4:58Invité politiqueFait
« Et on estime aujourd'hui que ça met nos patients carrément en danger. »
Temps de parole
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C'est l'invité d'ici matin, douzième jour de grève ce mardi dans les cliniques Médipol-Saroc de Cabestani et Saint-Pierre de Perpignan. Les salariés poursuivent leur mouvement pour conserver un intéressement de 1500 euros par an. On fait le point sur le mouvement avec votre invitée Marie Roarch. Elle est déléguée CGT à la clinique Saint-Pierre. Bonjour Charlotte Bailly. Bonjour. Douze jours de grève, comment est le moral des troupes ce matin ?
Remotivée, suite aux événements d'hier. Remotivée, donc c'est un mouvement assez tenace de la part des salariés. Alors pourquoi à cause des événements d'hier ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Alors hier on a eu la première proposition nous à Saint-Pierre de notre direction qui nous paraît totalement inappropriée face au mouvement qui dure justement depuis 12 jours aujourd'hui. Et en quoi elle consiste cette proposition ? Alors c'est 200 euros de primes exceptionnelles maintenant pour pallier à l'absence de primes de cette année qui sont souvent à hauteur de 800 à 1000 euros d'ailleurs. et l'augmentation de notre prime de fin d'année à hauteur d'environ 130 euros par personne.
Voilà, c'est ce qui représente à peu près l'enveloppe qu'on a annuellement pour négocier tout ce qu'on veut. Dans les négociations annuelles classiques ? Exactement. Donc là c'est pas du tout à la hauteur, c'est ce que vous lui avez répondu ? Oui. Alors il nous a aussi du coup, suite à ça, demandé quelles étaient nos vraies attentes. Parce que nous dans nos revendications c'est beaucoup plus haut, on demandait 1500 euros de primes annuelles et 800 euros one shot tout de suite. Lui il aimerait qu'on lui donne un entre-deux entre sa proposition et nos revendications.
Donc c'est point par point, pied à pied comme on dit ces négociations ? Euro par euro presque. Oui. Voilà. Et donc vous le disiez, ces propositions qui ne sont pas à la hauteur d'après vous, elles ont remotivé les troupes ?
Oui, parce qu'autant il y avait des gens, il y a une grosse perte financière, 12 jours de grève c'est énorme sur nos salaires. Donc il y avait des gens qui forcément commençaient à prendre la tangente et avec une proposition comme ça, ça les rend beaucoup plus tenaces parce qu'ils se rendent compte que vraiment il y a un problème et qu'on n'est pas du tout considéré pour ce qu'on fait. Il n'y a pas de lassitude pour l'instant, trop ? Il y a eu en plus, on démarre sur un week-end, donc c'est plutôt calme. Là il y a eu ce long week-end de fête du travail.
Donc oui, il y a eu un petit peu de lassitude, mais on arrive à maintenir un piquet de grève, des assemblées générales régulières, quotidiennes, pour renouveler, pour reconduire la grève du jour au lendemain, chaque jour. Et c'est comme ça qu'on tient et qu'on veut se faire entendre.
Avec des cagnottes de grève, je crois, qui ont été mises en place aussi pour soutenir les personnels grévistes.
Il y a une cagnotte en ligne via Pocomain et une petite collecte sur place pour nous aider à manger et boire sur place.
Et pendant ce temps, est-ce qu'elle fonctionne, la clinique Saint-Pierre, dans votre cas ?
Alors, elle fonctionne normalement au ralenti. On a beaucoup mis en lumière le service de chimiothérapie qui a fermé ses portes. Pourtant, nous, élus syndicats représentatifs à la clinique, on peut entrer dans la clinique, on a le droit. On est allé constater qu'il y avait assez d'équipes en poste, réquisitionnées ou de leurs propres grèves non grévistes, pour effectuer au moins les chimiothérapies les plus urgentes. Donc, ça aurait pu s'organiser de jour en jour, mais la direction n'a pas organisé en ce sens. Le pharmacien n'a pas mis la main à la pâte comme il aurait pu le faire. Et c'est comme, d'ailleurs, ce que fait la pharmacienne qui est revenue hier, lundi.
Et depuis hier, on fait enfin une quarantaine de chimios par jour sur 80 prévus initialement.
C'est ce que communique la direction depuis hier. Elle dit qu'à peu près 40% des patients ont pu être pris en charge. On avait diffusé la semaine dernière le témoignage d'un habitant de Saint-Laurent-de-la-Salon qui avait accompagné un proche, dont le rendez-vous, qui était pour sa première chimiothérapie, avait été annulé au dernier moment. J'imagine que ça vous touche, ce genre d'événement en marche de votre vie.
C'est atroce pour nous. On culpabilise beaucoup. Mais ce qu'on veut aussi, c'est continuer de prendre nos patients en charge dans les meilleures conditions. Et ce n'était pas le cas actuellement. C'est pour ça qu'on est dehors aussi. Ce n'est pas qu'une histoire d'argent.
7h48, Marie Ouarge, votre invitée. Elle est déléguée CGT à la Clinique Saint-Pierre. Justement, Charlotte Baye, ces conditions de travail, c'est aussi ça un des moteurs de votre mouvement aujourd'hui. En quoi est-ce qu'elles sont dégradées, vos conditions de travail ?
Alors, il y a plusieurs facteurs. On a un gros problème humain. C'est un sous-effectif qui s'installe de mois en mois, d'année en année, avec le non-remplacement de départ en retraite ou des modifications de planning qui enlèvent des équivalents temps de travail. Enfin, travail temps plein, on le voit, quoi. Ce qui fait une surcharge de travail. Mêlé à un problème matériel aussi. On a du matériel de plus en plus vétus, qui n'est pas réparé, qui n'est pas remplacé, qui n'est pas remplaçable. Majoré avec des locaux assez vétus, qu'on essaye de bricoler, mais qui sont de moins en moins adaptés à notre façon de prendre en charge les gens aujourd'hui.
Donc, tout ça mêlé, ça dégrade nos conditions de travail. Et on estime aujourd'hui que ça met nos patients carrément en danger. En danger ? Voilà. Donc, nous, on parle beaucoup fric. Les soignants veulent du fric aujourd'hui. On ferme la chimiothérapie. Les soignants, c'est des gros méchants, alors que c'est censé être une vocation pour eux. On n'est pas du tout dans ça. Nous, ce qu'on veut, c'est retourner au travail en étant considérés pour ce qu'on fait et avec des moyens humains et matériels pour prendre correctement en charge nos patients.
Et qu'est-ce que vous répond la direction par rapport à ces revendications de conditions de travail ? Je demande de moyens humains, notamment.
Alors, de moyens humains, ce n'est pas un sujet qui a été forcément beaucoup abordé, là en tout cas dans les discussions de ce mouvement. Si vous voulez, la qualité de vie au travail, elle a un petit peu mis de côté dans les discussions parce que pour eux, c'est vraiment un impact financier de nous donner quelque chose par rapport aux revendications qu'on a établies. Mais nous, on compte bien par contre mettre l'accent sur ces conditions de travail qu'il faut qu'on retrouve.
Et je crois qu'on vient d'apprendre que le bloc opératoire débraye aussi aujourd'hui. C'est que votre mouvement gagne du terrain ?
Le mouvement gagne du terrain, et c'est ce que je vous disais tout à l'heure, c'est qu'en fait la proposition d'hier n'a fait qu'attiser les foudres. Là, ça devient inacceptable. Autant le bloc se disait, bon, voilà, ce n'est pas dans leur conviction le mouvement de grève. Mais là, avec cette proposition, c'est vraiment, vous nous prenez pour des idiots.
Merci beaucoup Charlotte Bailly d'avoir été avec nous ce matin en direct. Je rappelle donc que vous êtes déléguée CGT à la Clinique Saint-Pierre où ce mouvement de grève dure maintenant depuis 12 jours. Merci à vous.
Merci.