La grande interview : Laurent Nuñez
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez un bilan à nous donner ce matin ?
- 0:37RelanceRéponse directe
Mais est-ce qu'on doit s'habituer justement ?
- 1:24OuverteRéponse directe
Et des blessés aussi en raison d'un pérotechnique ?
- 2:00OuverteRéponse directe
C'est-à-dire qu'il y aura un dispositif encore plus important pour le 30 mai prochain, lors de la finale ?
- 2:33RelanceRéponse directe
Ça veut dire qu'on ne peut plus, aujourd'hui, fêter un événement sportif sans tout casser, c'est ça ?
- 2:55RelanceRéponse directe
Un mot des forces de l'ordre, selon les informations européennes du renseignement territorial, les agressions contre les policiers ont bondi de 19% au premier trimestre. 17 policiers sont agressés chaque jour dans notre pays. C'est bande contre bande, aujourd'hui, Laurent Nouniès, en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« Vous avez toujours des centaines d'individus qui créent ces débordements à l'issue des festivités, même pendant les festivités, et qui cherchent à s'en prendre aux forces de l'ordre, à piller des commerces également. »
- 1:14Invité politiqueFait
« Il y a eu une tentative, elle a été empêchée. »
- 1:14Invité politiqueChiffre
« Le bilan, c'est 128 interpellations sur l'agglomération parisienne, dont 107 à Paris. »
- 1:32Invité politiqueChiffre
« On a 11 blessés parmi les personnes qui étaient sur l'espace public, dont une grave en faisant usage d'un mortier. Et puis parmi les policiers, on a quand même 23 policiers légèrement blessés. »
- 3:14Invité politiqueChiffre
« Les violences urbaines, d'une manière générale, depuis le début de l'année, elles baissent plutôt. Elles vont être à presque moins 10%. »
- 3:23Invité politiqueChiffre
« Les atteintes aux forces de sécurité intérieure augmentent. Elles augmentent de 19% depuis le début de l'année. »
- 5:21Invité politiqueFait
« Ces rassemblements musicaux illégaux, qu'on appelle la REF Party, nous on dit des rassemblements musicaux illégaux, il n'était pas déclaré, il n'y a eu aucun contact avec la préfecture. »
- 6:30Invité politiqueChiffre
« 700 mètres cubes de matériel. »
- 6:42Invité politiquePromesse
« Il faut que ce soit délictuel, qu'on puisse avoir des gardes à vue, qu'on puisse poursuivre, y compris pour les participants. »
- 6:58Invité politiquePromesse
« On veut créer un délit. C'est ce que je porte dans le projet de loi Riposte. »
- 9:58Invité politiquePromesse
« il y aura une présomption d'usage légitime. »
- 13:09Invité politiqueChiffre
« On a eu 120 laissés-passer des livrets depuis que je suis allé en Algérie et les reconduites depuis le début de l'année. Donc, hier, on a dépassé les 140. »
- 14:19Invité politiqueChiffre
« Il y en a un peu plus de 700 sur 2000 places. C'est à peu près 30 à 40 %. »
- 16:41Invité politiqueFait
« de dissolution, de structure, de gel de fond, de gel administratif qui n'existent pas en matière de séparatisme islamique. »
Temps de parole
- Laurent Nuñez77 %
- Présentateur23 %
≈ 6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et notre invité ce matin dans la grande interview au CNews et Européens, c'est Laurent Nouniez. Bonjour à vous, ministre de l'Intérieur. Beaucoup de sujets à voir ce matin. D'abord, ce PSG, cette victoire du PSG hier face au Bayern Munich. Il se qualifie pour la finale de la Ligue des Champions le 30 mai prochain à Budapest. Mais malheureusement, au-delà de la joie des supporters, il y a eu des débordements, des policiers qui ont été agressés, des débordements en marche des Champs-Elysées que vous aviez complètement bloqués pour éviter ces scènes de violence. Est-ce que vous avez un bilan à nous donner ce matin ?
Oui, d'abord, je condamne évidemment ces débordements qui deviennent malheureusement habituels les soirs de victoire du Paris-Saint-Germain, puisque nous sommes à Paris.
Mais est-ce qu'on doit s'habituer justement ?
Non, on ne s'habitue pas à ça. On ne s'habitue pas à ça. Je condamne extrêmement fermement. Vous avez toujours des centaines d'individus qui créent ces débordements à l'issue des festivités, même pendant les festivités, et qui cherchent à s'en prendre aux forces de l'ordre, à piller des commerces également. Et on voit les forces de police. Le bilan, d'abord, je veux remercier et féliciter le préfet de police, l'ensemble de ces équipes, qui sont intervenues systématiquement, conformément aux instructions qui sont les miennes, qui étaient celles aussi de mes prédécesseurs. C'est de ne tolérer aucun débordement et d'intervenir systématiquement.
C'est ce qui a été fait hier soir, systématiquement. Il n'y a pas eu, à ma connaissance, de pillage de commerce. Il y a eu une tentative, elle a été empêchée. Le bilan, c'est 128 interpellations sur l'agglomération parisienne, dont 107 à Paris.
Et des blessés aussi en raison d'un pérotechnique ?
Oui, bien sûr, on a 11 blessés parmi les personnes qui étaient sur l'espace public, dont une grave en faisant usage d'un mortier. Et puis parmi les policiers, on a quand même 23 policiers légèrement blessés. 23 policiers légèrement blessés. Mais encore une fois, je veux saluer la grande réactivité des effectifs de la préfecture de police, du préfet de police. Il y avait un dispositif. Évidemment, on ne peut que condamner ces débordements. Mais ce qui est important, c'est la réponse policière qui est apportée systématiquement. On intervient systématiquement. Ils ont essayé de bloquer le périphérique, ils en ont été empêchés.
Chaque fois qu'il y a eu des tentatives de dégradation de pillage de commerce, ils en ont été empêchés. Il y aura toujours cette réponse de grande fermeté.
C'est-à-dire qu'il y aura un dispositif encore plus important pour le 30 mai prochain, lors de la finale ?
Le 30 mai, oui, c'est le final. Vous avez doublé le dispositif que vous allez faire. Oui, on a l'expérience de l'année dernière. On va discuter aussi avec le maire de Paris, qui a annoncé de manière unilatérale la création d'une fanzone. En général, on discute un peu avec le préfet de police. Ça n'a pas été le cas. Ça n'a pas été le cas. Il faudra qu'on voit où cette fanzone va être organisée. Mais évidemment, le soir de la finale, il y a des risques de débordements importants. Et je veux vous redire ici, à votre antenne, qu'il y aura une réponse qui aura la même fermeté que celle d'hier soir. Des interventions systématiques. On ne tolère pas de débordements.
Ça veut dire qu'on ne peut plus, aujourd'hui, fêter un événement sportif sans tout casser, c'est ça ?
Si, on peut fêter un événement sportif. On peut fêter un événement sportif. Ça se passe dans les grandes capitales européennes. Ça se passe aussi en France. Ça se passe quand il y a des victoires de l'équipe de France, du Paris Saint-Germain. Ça se passe. Mais il y a toujours quelques centaines d'individus qui viennent pour créer des troubles. Et ils ont toujours une réponse très ferme de l'État.
Un mot des forces de l'ordre, selon les informations européennes du renseignement territorial, les agressions contre les policiers ont bondi de 19% au premier trimestre. 17 policiers sont agressés chaque jour dans notre pays. C'est bande contre bande, aujourd'hui, Laurent Nouniès, en France ?
Non, ce n'est pas bande contre bande. D'abord, vous avez raison de souligner que les violences urbaines, d'une manière générale, depuis le début de l'année, elles baissent plutôt. Elles vont être à presque moins 10%. Mais au sein de cette catégorie, les atteintes aux forces de sécurité intérieure augmentent. Elles augmentent de 19% depuis le début de l'année. C'est à peu près un quart des violences urbaines. Évidemment, ça nous inquiète. Il y a des prises à partie des forces de l'ordre dans les quartiers. Et c'est d'ailleurs pour cela que j'ai passé les instructions aux préfets et aux directeurs de police, qui sont très claires. C'est l'intervention systématique.
L'intervention systématique, contrairement à ce que j'ai pu entendre encore il y a quelques jours sur votre antenne d'un chroniqueur qui disait que les préfets ont l'instruction de ne pas intervenir. Le ministre lui-même donnait ses instructions. Non, on intervient systématiquement. J'ai été encore aux côtés des policiers dans les Yvelines il y a quelques jours, où il y a eu des violences urbaines importantes. Et ils interviennent systématiquement. Je veux saluer évidemment leur courage. Et la réponse de l'État, c'est toujours celle de la fermeté.
On va évoquer dans un instant la free party. Juste, le député insoumis Thomas Porte demande une commission d'enquête sur les « crimes » policiers. Qu'est-ce que vous lui dites ?
Non mais c'est insupportable. Je pense qu'en réalité, c'est les députés de la France insoumise chaque fois qu'il y a des interventions de police ils vous expliquent que ce sont des violences policières. Systématiquement. C'est-à-dire que ces personnes sont contre la police en tout cas contre une police armée et qui intervient et qui fait rétablir l'ordre et qui rétablit l'ordre.
Donc ils sont pour les délinquants ?
Je n'irai pas jusque-là quand même mais enfin ce faisant, il facilite un peu le travail de ceux qui sèment le désordre dans notre pays. Il est normal que la police intervienne de manière proportionnée. Elle est sous contrôle comme aucun autre corps. et c'est aussi vrai de la gendarmerie nationale. Et donc voilà, je trouve que ces propos sont extrêmement graves en fait. Sont extrêmement graves pour la concorde républicaine au sein de notre pays. Il est normal que la police donne la force quand il y a des dégradations. C'est normal et c'est légitime.
Laurent Nouniaz, vous êtes notre invité sur CNews et sur Europe 1. Autre événement qui a beaucoup fait polémique, cette free party qui s'est déroulée jusqu'à mardi soir dans les environs de Bourges, dans le Cher. Réunissant près de 20 000 participants. Là encore, des gendarmes ont été blessés lors de l'évacuation très compliquée des lieux. les transportaient à l'hôpital de Bourges. Elles ont reçu des boules de pétangue, des tirs de mortier, des cocktails Moletov. Ce n'était pas une fête. C'était un rassemblement interdit sur un site militaire interdit. On ne sait plus faire respecter la loi sur notre territoire.
Ce qui s'est passé, d'abord, ces rassemblements musicaux illégaux, qu'on appelle la REF Party, nous on dit des rassemblements musicaux illégaux, il n'était pas déclaré, il n'y a eu aucun contact avec la préfecture.
La préfecture ne l'avait pas interdit ?
Oui, c'était interdit évidemment. Mais vous avez des milliers de personnes qui convergent dans la nuit de plusieurs points du territoire et qui s'installent sur un terrain.
Et on ne sait pas les empêcher de faire ?
C'est toujours comme ça que ça se passe. Et une fois qu'ils sont installés, c'est très compliqué de les déloger. Je comprends que nos concitoyens ne comprennent pas qu'on ne puisse pas intervenir.
Vous êtes sur une zone
qui est un polygone militaire que je connais bien puisque je suis originaire du département du Cher. Je connais bien cette zone. Je vous assure que quand vous la traversez en méconnaissance des règles applicables, vous êtes verbalisés. Je comprends que nos concitoyens, je comprends que les riverains, je comprends que les habitants du département du Cher ne comprennent pas qu'on ne puisse pas intervenir dans ces cas-là. Mais une fois qu'ils sont installés, c'est très compliqué de les déloger. J'entends.
Une fois qu'ils sont installés, c'est quasi impossible. Comment on peut les empêcher en amont ? Les camions qu'amènent la SONO, c'est imposant. En revanche,
ce qu'on a fait, on a fait faire des contrôles. Moi, je suis allé sur place. J'ai eu une réunion avec le préfet que je veux saluer, le préfet, les gendarmes qui sont impliqués. Et on a procédé à des contrôles systématiques en sortie, contrôles de l'acolimique, contre le surverbalisation systématique, puisque ça n'est malheureusement qu'une contravention. Malheureusement, ça n'est qu'une contravention. Et puis ensuite, on a saisi tout le matériel. 700 mètres cubes de matériel. Mais vous n'avez pas le moyen
d'agir en amont, monsieur le ministre ?
En amont, d'abord. En amont, il y a deux façons d'agir. D'abord, il faut que nos textes soient plus dissuasifs. Ça les fera réfléchir avant de faire ce type d'action. Il faut que ce soit délictuel, qu'on puisse avoir des gardes à vue, qu'on puisse poursuivre, y compris pour les participants. Quand vous occupez pendant 3-4 jours un terrain comme ça a été fait, avec de nombreuses dégradations pour les agriculteurs, pour les riverains, des nuisances pendant 3-4 jours, vous ne pouvez pas être sanctionné d'une simple contravention comme une simple infraction routière. Ce n'est pas possible. Donc on veut créer un délit. C'est ce que je porte dans le projet de loi Riposte.
Et puis en amont, c'est compliqué de prévenir ce type de mouvement parce qu'il s'organise de manière quasi-militaire. Et les services de renseignement, non pas pour des groupes festifs, finalement, ils n'organisent que des fêtes, mais ça crée des nuisances. On n'est pas sur des groupes radicaux violents où on peut mettre en place des techniques de renseignement et plus introduisées. Ce que j'ai dit hier au Sénat, c'est que quand même, on peut s'interroger...
Une organisation militaire et nous, on est incapable de répéter à ça ?
On peut quand même s'interroger sur le fait, quand vous occupez, comme ça a été le cas, il y a un terrain militaire sur lequel on n'a pas le droit de pénétrer, que vous avez une revendication qui est clairement d'ultra-gauche. C'était anti-militariste.
Qui vous visait particulièrement ?
Qui me visait par ailleurs. D'abord, on visait les armées parce que c'était sur un champ militaire. On visait le ministre de l'Intérieur qui, on le sait, combat les RFP, les organisateurs de RFP parce qu'il est originaire de Bourges, né à Bourges, il a toutes ses attaches, donc on vient dans le chair. Voilà, je pense que la façon dont ils ont procédé mérite qu'on s'interroge pour savoir s'il ne faut pas monter en puissance sur le suivi de renseignements de ces groupes qui finalement créent des violences qui sont inacceptables.
Ça paraît évident. Hier, le Sénat a adopté votre proposition de loi Repos qui vise à renforcer l'arsenal juridique justement alors contre ces free parties illégales mais aussi contre les radios urbains, les tirs de mortier d'artifice, les protocytes d'azote et il crée un délit de participation à ces événements. Est-ce que cela aurait arrêté ces délinquants ou pas ?
En tout cas, on aurait pu les verbaliser plus sévèrement avec du délit. Ça veut dire, le délit, pour comprendre ce que ça veut dire, ça veut dire des peines de prison, des amendes extrêmement fortes et puis la possibilité d'aller en garde à vue. Je pense que ce sera plus dissuasif et ça me paraît assez clair. Et dans le projet Repos, d'ailleurs, on vise à durcir systématiquement les sanctions d'un certain nombre d'infractions insupportables pour nos concitoyens et qui persistent. Les rêves parties, les rodéos, les violences dans le sport. On l'a vu hier soir, les violences autour du sport, le protoxyde d'azote, l'usage de mortier contre les forces de l'ordre.
Tout à l'heure, on parlait des violences contre les forces de l'ordre qui augmentent de 19%. La plupart du temps, c'est l'usage de mortier. Donc voilà, on durcit la sanction. Puis par ailleurs, dans ce texte, on vise aussi à faciliter les procédures. C'est d'abord un choc d'autorité, des sanctions et puis un choc d'efficacité. Moi, je veux aussi que les policiers et les gendarmes puissent avoir des moyens accrus de lutter contre la délinquance. Donc on permet d'utiliser la vidéo assistée, la vidéoprotection assistée comme on l'avait fait pendant les JO sur des bâtiments fréquentés par un nombre public, dans des lieux publics.
On permet aussi une meilleure utilisation des lecteurs automatisés des plaques d'immatriculation pour mieux surveiller les flux, pour lutter contre de tout type de délinquance, pouvoir conserver les données plus longtemps. On permet également aux policiers et gendarmes d'avoir des possibilités accrues en matière de fouilles sur les zones frontalières. Voilà. Donc on renforce à la fois les sanctions et les possibilités d'action des forces de sécurité.
Et protéger aussi les policiers avec un système de présomption de légitime défense parce que souvent ils hésitent, eux, à riposter par faire des sanctions qui tombent sur eux.
Alors ça, c'est un autre texte qui a été déposé par un parlementaire des Républicains qui s'appelle M. Éric Pogé. qui a déposé un texte que nous avons ensuite réécrit, qui a été réécrit avec le gouvernement sur un amendement gouvernemental et qui vise à considérer que quand les policiers et les gendarmes feront un usage des armes, de leurs armes, il y aura une présomption d'usage légitime. Voilà. Donc ce texte, il n'a pas complètement, il n'a pas abouti, il reste encore, il doit rester une petite demi-heure de discussion et on va maintenant rapidement le réinscrire à l'Assemblée pour le faire adopter.
C'est important pour les policiers et c'est un message important de considérer que quand ils utilisent leurs armes, ils sont présumés de le faire de manière légitime. C'est une présomption simple, elle tombe très vite, il suffit de, elle peut très vite être démontée, mais en termes de symbole, c'est extrêmement important et y compris, je pense que nos concitoyens sont très favorables. Quand un policier et un gendarme doit malheureusement faire usage de la force, c'est toujours pour de bonnes raisons, il n'y a que des cas extrêmement limités où c'est fait à tort et donc pour moi c'est un texte extrêmement important et je me battrai jusqu'au bout pour qu'il soit vraiment inscrit et adopté.
Encore un mot rapide sur le projet de loi Riposte, sur le narcotrafic, vous voulez augmenter les amendes pour les consommateurs, les passer de 200 à 500 euros, là on a dit sur une suspension du permis de conduire en cas de condamnation, ça va dans le bon sens mais est-ce que c'est assez, est-ce que c'est suffisant pour dissuader les consommateurs ?
Oui, alors c'est un élément du tout de la lutte contre le narcotrafic, voilà, on part du consommateur aux deals de rue, aux bas de spectre jusqu'aux importateurs de cocaïne qui opèrent dans les Antilles, en Amérique du Sud, voilà, c'est un élément de toute notre pièce de lutte contre le narcotrafic et c'est extrêmement important, les consommateurs ont une responsabilité dans tout ce qui se passe, ils ont une responsabilité, il faut qu'ils le comprennent clairement et c'est pour ça qu'à la demande du président de la République, on a augmenté l'amende, on va augmenter l'amende qui passe de 200 à 500 euros.
Laurent Nunez, on est sur CNews et sur Europe 1, on va parler de l'Algérie, vous êtes allé en Algérie en février dernier pour échanger avec vos homologues, on vous a beaucoup reproché le fait d'être trop laxiste par rapport à l'Algérie, de ne pas tenir une posture de fermeté, quels sont les chiffres que vous avez par exemple en matière de reconduction de ressortissants algériens condamnés sur le sol français ? Est-ce que le chiffre d'une trentaine de laissés-passés consulaires accordés est le chiffre que vous nous annoncez ce matin ?
Non, d'abord ce que je veux dire c'est que d'abord je suis allé en Algérie parce que je pense qu'il fallait sortir de cette logique de bras de fer d'opposition frontale avec l'Algérie.
Parce que ça n'a pas marché ?
Un, ça n'a pas marché et puis deux, surtout, indépendamment de ça, moi je ne juge pas les uns les autres.
Là vous visez Bruno Rotaio ?
Non, je ne vise pas Bruno Rotaio, je dis attention, on doit avoir des relations avec l'Algérie en matière de sécurité, en matière migratoire, on ne peut pas ne pas avoir de relations avec l'Algérie. Voilà, ça a été ma position. Ce que je veux dire...
Ce n'est pas la soumission ?
Non, absolument pas, ce n'est pas la soumission. On est dans un dialogue exigeant, ce sont deux grands États qui se parlent avec des responsables politiques qui se parlent, des responsables de sécurité qui se parlent et c'est comme ça que ça doit fonctionner, c'est comme ça que ça a fonctionné. J'ai suffisamment d'expérience pour savoir que ça a été productif en termes de sécurité. Par le passé, il faut que ça continue, il faut que ça reste, c'est trop important. Ce que je veux dire, c'est que, oui, effectivement, il y a des chiffres qui circulent sur les laissés passés.
Moi, quand je suis allé en Algérie, au mois d'un mi-février, nous n'avions aucun laissé-passer des livrets depuis le début de l'année. Aucun laissé-passer des livrets. Et on avait fait quelques reconduites. Et de zéro,
on est passé à ?
C'est reparti, évidemment. On a eu 120 laissés-passer des livrets depuis que je suis allé en Algérie et les reconduites depuis le début de l'année. Donc, hier, on a dépassé les 140. Évidemment, il faut qu'on fasse mieux. Évidemment, il faut qu'on fasse plus. Mais les choses se sont réamorcées et évidemment, je m'en félicite. Et les chiffres sont supérieurs à ce que j'ai pu lire ces jours derniers dans la presse. Il faut encore faire plus. Attention, il faut encore faire plus. Mais la situation ne peut plus s'améliorer puisque je vous rappelle qu'à l'année dernière, à la même époque, les relations ont conduit à ce que nous n'avions quasiment plus aucun laissé-passer.
Donc, forcément, ça ne peut faire que s'améliorer. Et on va poursuivre dans ce dialogue exigeant avec l'Algérie.
Est-ce qu'il y a eu, il y avait une promesse de reprendre les vols groupés de la part du président Tebboune ? Est-ce que cette promesse a été honorée ? Pas encore.
Je vais en discuter avec mon homologue. J'ai lu d'ailleurs dans un grand journal du dimanche que je souhaitais absolument rencontrer mon homologue. Non, je ne souhaite pas rencontrer absolument mon homologue. Nous avions convenu de nous voir et discuter de la réorganisation de ces vols groupés. Et je vais effectivement le recontacter pour qu'on puisse remettre en place ces vols groupés. Voilà, c'est l'autre élément sur lequel il faut qu'on aboutisse maintenant assez vite.
Dans les centres de rétention administrative, est-ce que vous savez combien il y a de ressortissants algériens ? Est-ce que le chiffre de 700 est correct ou pas ?
Oui, il est correct. Il y en a un peu plus de 700 sur 2000 places. C'est à peu près 30 à 40 %. C'est assez variable. Oui, c'est exactement ce chiffre. C'est pour ça que c'est important de reprendre le flux des reconduites.
Un mot de notre compatriote Christophe Glez qui est toujours détenu en Algérie. Est-ce qu'il y a un espoir qu'il a renoncé à son pouvoir en cassation ? Il y a un espoir qu'une grâce présidentielle lui soit octroyée ? On le souhaite.
On le souhaite vivement. Chaque fois qu'on discute avec nos homologues algériens, chaque fois tout ce qu'on fait avec l'Algérie, on a toujours en tête la situation de Christophe Glez. Vous savez, moi, j'ai rencontré à deux reprises sa mère, son beau-père, à deux reprises. Et voilà, ils savent que nous sommes évidemment très attentifs à cette situation.
Le fait que Kamel Daoud écrivain franco-algérien a été condamné par Alger à trois ans de prison ferme pour un livre, ça vous choque ?
Écoutez, je n'ai pas de commentaire à faire. Évidemment, je pense que quand un auteur est condamné pour ce qu'il écrit, c'est toujours évidemment choquant. Mais voilà, je n'ai pas d'autre commentaire à faire. On reste très attentifs, je vous assure à la situation de Christophe Glez.
D'accord.
L'autre projet de loi contre l'antrisme et le séparatisme est actuellement examiné par le Conseil d'État. Il sera présenté en Conseil ministre dans les prochaines semaines. Ce qui est un peu surprenant, Laurent Nunez, c'est que le Sénat a adopté hier le texte quasiment identique de Bruno Rotaillot sur le même thème qu'il avait commencé. Est-ce qu'il y a une concurrence entre vous ?
Non, il n'y a pas de concurrence avec Bruno Rotaillot.
La lutte contre l'antrisme ?
Je l'ai dit hier au Sénat. Je l'ai dit au Sénat. Il n'y a pas de concurrence. D'abord, l'antrisme, la lutte contre l'antrisme, s'inscrit dans une continuité depuis 2017 qui a consisté à lutter contre le séparatisme, le séparatisme et l'antrisme. L'antrisme, il faut voter les spectateurs qu'on voit à une base ce que c'est. Qu'est-ce que c'est ? C'est plutôt la mouvance des frères musulmans, du milligo russe turque où on essaie d'investir la société avec l'apparence de la normalité. Mais en réalité, le but qu'on a, c'est d'imposer une loi religieuse. C'est ça l'antrisme. C'est plus compliqué à cerner. Et le gouvernement travaillait un texte. M. Bruno Rotaio a quitté le gouvernement.
Moi, je suis allaité et j'ai repris le travail qui était en cours. Et donc, j'ai amélioré ce texte. Je l'ai complété avec des mesures nouvelles. On l'a mieux réécrit. On a saisi le Conseil d'État pour être sûr de passer la rampe du Conseil constitutionnel. Bruno Rotaio a souhaité déposer une proposition de loi. Je respecte cette position. Mais moi, je suis légitime à dire que je suis le représentant du gouvernement. Et M. Rotaio, que ce travail avait été lancé. Et il faut aller au bout. Ça veut dire saisir le Conseil d'État. Et bien sûr, j'ai rajouté un certain nombre de mesures par rapport à celles qui étaient prévues par Bruno Rotaio.
Vous savez, ce sont des mesures qu'on a prévues de dissolution, de structure, de gel de fond, de gel administratif qui n'existent pas en matière de séparatisme islamique. Ça n'existe qu'en matière de terrorisme. Voilà, ce sont des mesures extrêmement utiles qu'il faut faire aboutir et qui sont dans mon projet de loi. Il y en a d'autres, d'ailleurs, que j'ai rajoutées qui ne sont pas dans le projet de M. Rotaio qui n'a pas voulu, je tiens à lire, saisir le Conseil d'État. Ce qui est quand même une difficulté. Charles Rodoy, elle a fait adopter une proposition de loi avant-hier, très importante, avec le contour du gouvernement.
J'ai passé trois jours à ses côtés au banc du gouvernement pour porter la position du gouvernement sur la proposition de loi. Et nous avons, pour cette proposition de loi, saisi le Conseil d'État. C'est important de saisir le Conseil d'État.
Laurent Nouniès, ça ne visera que l'entrisme islamiste où toutes les structures ou individus séparatistes comme les groupes d'ultra-droite ?
Ça visera tous les groupes. Mais c'est aussi le cas dans le cadre du texte de M. Rotaio.
L'entrisme islamique peut venir de l'ultra-droite ?
Non, non, pas du tout. C'est aussi le cas dans le texte de M. Rotaio. C'est-à-dire qu'on prévoit de dissoudre un certain nombre de structures ou par exemple, geler les avoirs administratifs de structures qui sont dans l'islamisme politique comme ils peuvent être dans la violence de l'ultra-gauche ou de l'ultra-droite. Voilà, c'est un texte large. C'est-à-dire pour ça que nous, l'intitulé du projet du gouvernement ne vise l'entrisme et le séparatisme sans forcément faire référence à l'islamisme politique. Même si, évidemment, ce texte a été écrit pour lutter contre ces dérives-là. Mais elles auront vocation à s'appliquer à d'autres types de dérives.
Justement, l'article 6 suscite un certain nombre d'inquiétudes puisque le ministre de l'Économie et de l'Intérieur pourrait décider conjointement de geler les fonds et ressources économiques d'une entité sans juge, sans condamnation, sans procès. Comment on définit ces critères ? Est-ce qu'ils ne peuvent pas être étendus demain ? Pourquoi pas un syndicat ou un média ?
Non, parce que... Non, ça n'est pas possible parce que ce texte qui permet de geler administrativement des avoirs, ça existe aussi en procédure judiciaire. Mais là, on permet de le faire en administratif. Ça existe déjà dans notre pays pour le narcotrafic depuis la loi de la narcotrafic. Ça existe depuis 2017 pour le terrorisme et ça existe pour les ingérences étrangères. Donc là, on rajoute le motif du séparatisme et d'autres motifs. On fait référence à un autre article du Code de sécurité intérieure qui vise tous les mouvements qui appellent à la haine, à la discrimination, à la violence, qui visent à s'organiser en groupe de combat, qui appellent à la lutte armée.
Donc vous voyez, on est loin des partis politiques et des syndicats. Il ne faut pas avoir de crainte. On est vraiment sur la mouvance ultra, tout ce qui déstabilise nos intérêts fondamentaux.
On vous a aussi reproché vos propos sur le voile des fillettes. Ce ne sont pas elles qui menacent le vivre ensemble. Est-ce que ce n'est pas ce voile des fillettes un des signes manifestes de l'entrée islamique dans notre pays ?
Ce n'est pas du tout ce que d'abord, j'avais précisé que je, à titre personnel, évidemment, le voile des fillettes me choque. Il n'y a pas de libre-arrivée là-dedans. J'avais précisé, j'avais donné cet exemple pour bien montrer que le combat que nous menons sur le séparatisme et l'entrisme, il faut veiller à ne pas stigmatiser. Et attention à ces mesures qui peuvent être justifiées, mais qui donnent un mauvais signal et qui laissent à penser finalement que ce contre quoi on lutte, c'est contre l'islam. Attention à ces mauvais signals. C'est tout ce que j'avais voulu dire ce jour-là. Et d'ailleurs, je note que le rapport sénatorial qui a précédé la proposition de loi de M.
Rotaillot prévoyait une interdiction du voilement des mineurs comme l'interdiction du jeune, au sens religieux pour les moins de 14 ans. Et je note avec satisfaction que finalement, ces mesures n'ont pas été retenues dans la proposition de loi. Et je crois que c'est une bonne chose. Il ne faut pas donner de stigme qui laisse à penser qu'on stigmatise, qu'on veut s'en prendre à nos compatriotes musulmans parce que le combat qu'on mène contre le séparatisme il est prioritaire. Il faut se concentrer sur le cœur de l'objectif.
Une dernière question, Laurent Donnier, sur le canon français. D'ailleurs, le recteur de la Grande Mosquée de Paris estime qu'il exclut symboliquement une partie de la population puisqu'on y mange du porc. Vous avez été interrogé au Sénat hier à ce sujet-là à propos de propos qui auraient été tenus en marge de ce banquet à Caen qui aurait été raciste. Vous avez des remontées ? Est-ce que vous envisagez une interdiction du canon français ?
Non, non, non. J'ai été interrogé hier à partir de la situation de la maire de Quimper qui avait demandé à la Foire des Expositions de la Ville d'annuler un dîner du canon français et qui fait l'objet d'insultes sur les réseaux sociaux qui sont racistes, qui sont inacceptables. Le préfet, d'ailleurs, est venu la soutenir. Il y a un sénateur qui m'a demandé si j'ai envisagé d'interdire le canon français. Ma réponse a été très claire. De demander au préfet d'interdire. Ma réponse a été très claire. Non, il n'y a pas de trouble à l'ordre public. Maintenant, il y a un cas qui mérite d'être étudié. C'est celui du dîner qui a eu lieu à Caen.
Non pas pendant le dîner, mais apparemment, les convives, lorsqu'ils ont quitté ce dîner et se sont répandus dans le centre-ville de Caen, il y aurait eu des gestes, des propos racistes qui auraient été tenus. On a le maire de Caen qui nous a écrit qu'on a eu beaucoup de remontées qui nous signale tout ça. Mais je vais vérifier. J'ai employé un conditionnel hier. Je reste évidemment très prudent. Pour l'instant, juridiquement, il n'y a aucune raison d'interdire ces dîners. Par contre, quand on nous signale évidemment des propos qui peuvent être des propos... On parle de gestes nazis ou de propos racistes. Évidemment, c'est mon rôle de ministre de l'Intérieur de regarder tout cela.
Merci beaucoup, Laurent Nouniez, d'être venu ce matin pour évoquer tous ces sujets sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Laurent Nuñez