SCANDALE BLANQUER : NÉPOTISME ET GABEGIE D'ARGENT PUBLIC, LES RÉVÉLATIONS DE MÉDIAPART
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 85 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Cette association, parce que c’est pas des syndicats, a été la première élue, c’est à dire elle a obtenu le plus de suffrages au conseil supérieur de l’éducation il y a maintenant je crois deux ou trois ans. »
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« Que penser d’un ministre de l’Education nationale qui manipule des jeunes lycéens pour leur faire créer un syndicat en sa faveur pour soutenir sa politique. »
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« L’affaire Blanquer Avenir Lycéen débute le 8 novembre 2020. Les faits sont aujourd’hui démontrés, indiscutables, non contestés. »
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« Une association, un syndicat, créé en décembre 2018 au moment des mobilisations contre les réformes Blanquer a reçu une subvention très importante de 65 000 euros du ministère de l’Education nationale en 2019. »
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« L’association est dépendante à 99% financièrement des subventions ministérielles. »
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« Jean-Michel Blanquer considère aujourd’hui, en tout cas il le rappelle à chaque fois qu’il n’y a pas d’affaire, c’est à dire que les informations révélées par Mediapart n’existent pas. »
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« On va jusqu’à l’interdiction samedi d’une manif pour la liberté de la presse. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Cette association, parce que c’est pas des syndicats, a été la première élue, c’est à dire elle a obtenu le plus de suffrages au conseil supérieur de l’éducation il y a maintenant je crois deux ou trois ans. Ce ne sont pas des sujets que je suis de très peu d‘ailleurs. Elle a obtenu une subvention moindre d’ailleurs que d’autres qui avaient eu le même genre de score les années d’avant.
Que penser d’un ministre de l’Education nationale qui manipule des jeunes lycéens pour leur faire créer un syndicat en sa faveur pour soutenir sa politique. Ils ont reçu une somme considérable, et avec cet argent ils ont plutôt fait la fête que le syndicalisme. C’est une anomalie qui doit être sanctionnée si elle doit être sanctionnée.
Et qui doit être tranchée par une commission d’enquête parlementaire comme le réclament les insoumis ? Bon, ça veut dire non. Cette affaire, Jean-Michel Blanquer, l’UNL n’est pas content, le MNL non plus, le SNES demande des explications.
Est-ce que ça ne vous fragilise pas ? Vous ne voyez pas que cette une affaire cousue de fil blanc par des secteurs de l’ultragauche qui ont finalement un reproche à faire à cette association c’est que pour une fois il y avait une association de lycéens qui n’était pas proche d’eux. Quand Jean-Michel Blanquer parle d’un complot qui aurait été ourdi par l’ultragauche, il est d'une mauvaise foi absolue, lui même le sait.
A Mediapart, on est très à l’aise avec ça, on enquête sur le scandale politico financier depuis des années, qu’il soit à gauche, à droite, à l’extrême droite. L’affaire Blanquer Avenir Lycéen débute le 8 novembre 2020. Les faits sont aujourd’hui démontrés, indiscutables, non contestés.
Une association, un syndicat, créé en décembre 2018 au moment des mobilisations contre les réformes Blanquer a reçu une subvention très importante de 65 000 euros du ministère de l’Education nationale en 2019. L’utilisation de cette subvention pose énormément de questions voire de problèmes parce que plutôt de servir à l’organisation d’un congrès pour lequel la subvention avait été débloquée, une partie de 40 000 euros spécifiquement pour ce congrès, l’argent a été dilapidé par ces jeunes lycéens et certains dirigeants du syndicat. Le second élément de cette enquête c’est que plusieurs alertes écrites et orales ont été effectuées en interne au ministère de l’Education nationale à l’été 2020, en juin et en juillet 2020, pour dénoncer les dérapages financiers et les possibles malversations à l’intérieur du syndicat.
Le ministère n’en a rien fait, à part une forme de sensibilisation, une mission, on nous explique qu’une mission de sensibilisation à l’usage d’une subvention publique a été effectuée mais en tout cas confirmé la subvention de 65 000 euros et s’est engagé en plus à verser 30 000 euros supplémentaires pour l’année 2020. On a révélé l’ensemble de ces faits-là le 8 novembre. Deux jours plus tard, le ministère de l’Education nationale a annoncé qu’il allait diligenter une enquête administrative à la fois pour vérifier comment avait été dépensée la subvention 2019 et pour suspendre le versement de la subvention 2020 qui devait intervenir quelques jours plus tard.
La question centrale de cette affaire qui n’est aujourd’hui pas résolue, c’est pourquoi le ministère a attendu finalement que Mediapart révèle les faits pour lancer une enquête administrative alors qu’il avait lui-même connaissance de ces faits par le biais de différentes alertes en juin et en juillet 2020. La subvention ministérielle a été dilapidée à une vitesse folle, notamment à l’été 2020, au moment où justement les alertes étaient formulées au ministère de l’Education nationale pour le simple mois de juillet 2020 par exemple, 20 000 euros d’argent public ont été dépensés. Il faut savoir que l’association est dépendante à 99% financièrement des subventions ministérielles.
Plusieurs membres du syndicat qui étaient pour certains mineurs, on parle bien d’une organisation lycéenne, ont eu un train de vie et des notes de frais dignes de patrons du CAC 40. Ils ont été dans des hôtels de luxe, l’Intercontinental à Lyon, ils ont été dans des restaurants gastronomiques, le restaurant de Christian Têtedoie également à Lyon. Ils ont été dans des bars chics et des restaurants branchés à Bordeaux.
Ils ont eu un train de vie absolument somptuaire pendant plusieurs semaines, payé avec la carte bleue de l’association qui était elle-même abondée par des fonds publics. Ce qui est très intéressant dans le déroulé de cette affaire c’est de voir que dans un premier temps les autorités administratives, certains hauts fonctionnaires du ministère ont réclamé, et ont obtenu l’ouverture d’une enquête administrative. Au fur et à mesure de la poursuite des enquêtes de Médiapart, parce qu’on a cherché à comprendre pourquoi les dirigeants d’Avenir Lycéen avaient bénéficié de cette impunité là, Jean-Michel Blanquer s’est emparé du sujet avec tout autre discours, il a fait basculer l’affaire dans le champ politique.
Plutôt que de reconnaître les erreurs du syndicat, il a lui-même pris les habits de chef de bande et de président d’Avenir Lycéen pour défendre mordicus une attaque venant de l'ultra gauche. Jean-Michel Blanquer considère aujourd’hui, en tout cas il le rappelle à chaque fois qu’il n’y a pas d’affaire, c’est à dire que les informations révélées par Mediapart n’existent pas, que les démissions qui ont suivi à l’intérieur même du syndicat n’existent pas, que l’enquête administrative lancée par son propre ministère n’existe pas, que la suspension de la subvention 2020 n’existe pas, ou encore que les promesses de certains dirigeants du syndicat de rembourser l’argent n’existent pas non plus. Le discours de Jean-Michel Blanquer c’est de dire que c’est une affaire cousue de fil blanc par certains secteurs de l’ultragauche.
Il va même jusqu’à dire que lui n’a rien à voir avec ce syndicat, qu’il n’entretenait aucune relation politique avec ce syndicat. On a eu une réponse écrite du ministère nous affirmant qu’il n’avait eu aucune relation politique avec ce syndicat, et nous avons démontré le contraire notamment sur un projet politique à l’été 2020, au moment justement où il y avait les soupçons de malversations à l’intérieur d’Avenir Lycéen, Jean-Michel Blanquer recevait dans son bureau au ministère de l’Education nationale, sans son directeur de cabinet ni même son conseiller technique sur les questions lycéennes, il les recevait vraiment en tête à tête notamment pour parler d’un projet politique, ça nous a été confirmé par plusieurs participants. Et ensuite, le 24 juillet 2020, au cours de l’assemblée générale annuelle d’Avenir Lycéen, l’ancienne présidente du syndicat qui est militante chez les Jeunes avec Macron, qui est très proche de plusieurs personnalités du ministère, a échangé directement par messages privés sur Twitter avec le ministre de l’Education nationale pour lui annoncer un nouveau projet politique d’Avenir Lycéen.
Le ministre de l’éducation, qui aujourd’hui dit qu’il ne connaissait pas ces personnes et n’avait pas de relation politique avec elles, lui a répondu “bravo”. Au delà de la relation entre certains dirigeants, dont l’ancienne présidente et Jean-Michel Blanquer, on se rend compte qu’il y a une vraie triangulation entre le ministère de l’Education nationale, En Marche, et Avenir Lycéen. C’est à dire qu’il y a des échanges constants.
Il y a beaucoup de militants et de dirigeants d’Avenir Lycéen qui étaient en même temps militants chez les Jeunes avec Macron. D’ailleurs dans les boucles Telegram du syndicat, il était fréquent qu’il y ait des messages d’En Marche. Sur les réseaux sociaux, Avenir Lycéen n’a pas hésité à relayer des contenus soit du ministre de l’Education, soit du parti politique En Marche.
Plusieurs fonctionnaires du ministère de l’Education ont eux mêmes relayé des contenus d’Avenir Lycéen, et enfin un internaute a analysé la photo du logo d’Avenir Lycéen qui est une photo floutée, mais on se rend compte en réalité qu’il s’agit d’une photo de Jean-Michel Blanquer avec des dirigeants du syndicat. Les attaques de Jean-Michel Blanquer qui on le voit bien essaient de dévier le sujet et attaquent un prétendu complot de l’ultragauche derrière cette affaire, s’inscrivent dans une continuité sous la présidence d’Emmanuel Macron d’attaques frontales contre la presse, contre les oppositions ou même contre la justice. Quand Jean-Michel Blanquer parle d’un complot qui aurait été ourdi par l’ultragauche, il est d’une mauvaise foi absolue et lui même le sait, parce que à Mediapart on est très à l’aise avec ça, on enquête sur le scandale politico financier depuis des années, qu’il soit à gauche, à droite, à l’extrême droite.
Mais cette attaque de Jean-Michel Blanquer elle n’est pas seulement une tentative de diversion anecdotique, elle est bien plus profonde et bien plus grave que ça, ça fait des années qu’on observe un tournant autoritaire du pouvoir qui remet en cause la légitimité de tout acteur institutionnel ou médiatique qui remettrait en cause ses choix, ses concepts et ses visions du monde. Ca a été le cas au moment des violences policières pendant la séquence des gilets jaunes où toute voix qui s’exprimait contre la répression organisée par le gouvernement était traitée de personne illégitime, il fallait pas qu’on parle des violences policières. Quand Michelle Bachelet pour l’ONU a émis des critiques sévères sur la manière dont étaient réprimées les manifestations en France, la réaction du pouvoir n’a pas été de considérer ces critiques-là mais plutôt de disqualifier son adversaire, donc on est dans une disqualification permanente de la presse.
On va jusqu’à dire aujourd’hui que Mediapart et Libération ce serait d’ultragauche. Même Jean-Michel Blanquer a décrété que le monde universitaire était gangréné par l’islamogauchisme, mais jusqu’à la justice où un ancien président de la République, ces dernières semaines, lourdement mis en cause dans l’affaire des financements lybiens, a attaqué frontalement la justice en disant qu’un complot était organisé contre lui sans que le garde des Sceaux ne réagisse. Ce qu’on peut voir à travers cette affaire c’est une accélération de la dérive autoritaire du pouvoir.
A la fois on est face à un ministre de l’éducation qui privilégie ses syndicats, qui considère que les journalistes qui diffusent des informations qui peuvent le contrarier sont en fait des journalistes manipulés, au coeur d’un complot de l’ultragauche, et au-delà de ça on est face à un pouvoir qui veut aujourd’hui sélectionner ses journalistes, et qui décrète notamment sur les réseaux sociaux qu’un tel est un bon journaliste, un tel un mauvais journaliste. On va jusqu’à l’interdiction samedi d’une manif pour la liberté de la presse. Je crois qu’il est important que tout le monde comprenne la gravité du moment.
Donc j’espère qu’on sera nombreux à descendre dans la rue pour défendre la liberté de la presse, aujourd’hui comme dans les prochaines semaines.