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François Bayrou, discours de clôture - Congrès 2020

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 39 %Attaque 6 %Défensif 56 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:01RelanceRéponse partielle

    Quel bilan en cette année ?

  • 3:11RelanceRéponse partielle

    qui aujourd'hui pourrait remettre en cause une seule des décisions dont je viens de faire la liste ?

  • 5:21RelanceRéponse partielle

    que nous avons construit ensemble.

  • 5:43RelanceRéponse partielle

    que d'avoir entendu, d'avoir vu, d'avoir senti autant des nôtres

  • 6:33RelanceRéponse partielle

    qui sert d'animateur depuis longtemps dans ce groupe du Sénat.

  • 7:48RelanceRéponse partielle

    qui aura marqué notre temps,

Temps de parole

  • François Bayrou100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:02
François Bayrou

Chers amis, je suis très heureux, bien entendu, d'avoir entendu Marielle pour la première fois depuis cinq mois, dans nos rangs et devant nos responsables et militants. C'est une journée particulière, pas seulement parce que c'est une journée de congrès, mais c'est un de ces moments où les déchirures de la vie vous atteignent, vous obligent à revoir l'histoire, l'histoire collective et notre histoire personnelle, où l'émotion nous fait revivre des moments précieux et où la nostalgie nous enseigne le prix des choses. Tout à l'heure, ce matin, Valéry Giscard d'Estaing a été porté en terre auprès de sa fille.

Et pour quelques-uns d'entre nous, ça a été évidemment une très grande émotion pour Marielle, pour Jacqueline, pour moi. C'est une partie de notre vie, une expérience d'année, d'engagement et de compagnonnage. Et pour notre mouvement, dont je rappelle qu'il a été créé, le modem, par une délibération de l'UDF et que l'association UDF est toujours, en tant que telle partie prenante de ces structures, c'est un rendez-vous, un rendez-vous d'émotion et de réflexion. Alors il y avait l'homme, la prestance, l'intelligence cartésienne, lumineuse et aussi l'audace des aventures.

Il y a eu le président de deux Français sur trois, qui a été en réalité, on l'oublie trop souvent, populaire presque jusqu'au bout, vainqueur de justesse et vaincu de justesse. Et pour nous, il y a eu avec lui beaucoup de jeunesse, beaucoup de culots, beaucoup de rires et des attachements qui ne s'effaceront pas, même quand des divergences politiques apparaîtront. Et puis il y a eu cette proposition politique faite au pays, et c'est le plus important. Et de cette proposition politique, encore aujourd'hui, nous sommes les soutiens et les garants. Cette proposition politique, c'était le refus de la France coupée en deux.

C'était le pays gouverné au centre, la démocratie décrispée, les droits de l'opposition, la modernisation du pays, une économie puissante, le TGV, l'effort vers l'indépendance énergétique, la liberté des prix, une société réformée, la reconnaissance du droit des femmes, le divorce par consentement, l'interruption volontaire de grossesse dépénalisée, la promotion des femmes à des postes de responsabilité, l'élan européen, l'élection du Parlement européen au suffrage universel, le Conseil européen, la marche vers l'euro et pour le monde, le G7 et pour notre défense, Colvésie. Quel bilan en cette année ?

Et dans ce bilan, qui aujourd'hui, y compris de ces opposants acharnés de l'époque, qui aujourd'hui pourrait remettre en cause une seule des décisions dont je viens de faire la liste ? Dans son premier discours de président de la République, il y avait cette phrase « De ce jour date une ère nouvelle de la politique française ». Cette promesse a été tenue. Et pour tous ceux qui ont cru à cette promesse, pour tous ceux qui l'accompagnaient, pour tous ceux qui ont partagé cet élan, il est juste qu'il y ait si longtemps après, à l'endroit de Valéry Giscard d'Estaing, de l'homme, du président, du combattant, un mouvement de gratitude.

On ne peut pas faire une minute de silence, mais on peut entendre la pensée émue et reconnaissante qui est la nôtre. Et je veux le dire aussi, une pensée fidèle. Ce que nous avons construit volontairement, sciemment, avec Emmanuel Macron, c'est le même élan, c'est le même projet, c'est la même jeunesse de l'époque, c'est le même courage pour porter des réformes nécessaires, et c'est la même volonté de dépassement des frontières archaïques. Et il faut quand même l'ajouter, puisque nous faisons de la politique, il y a encore quelque chose de commun, c'est cette revendication de rupture et l'exploit d'une élection seule contre tous.

Je mets le mot « seul » au pluriel parce que, dans les deux cas, nous étions là, avec le vainqueur et autour de lui. C'est notre congrès. Le Premier ministre Jean Castex nous fera l'amitié de s'exprimer, après moi, à la fin de ce propos. Et je remercie tous ceux de nos amis et alliés qui sont venus participer au congrès, soit de « En marche », soit de « Agir », soit Thierry Breton, le commissaire européen, soit les ministres du gouvernement, les principaux qui se sont exprimés. Je veux vous dire simplement que je suis très fier de ce mouvement politique que nous avons construit ensemble.

Et je suis sûr que vous, qui avez participé par centaines ou un peu plus d'un millier toute la journée à ces débats interactifs et virtuels. Mais cette virtualité est aussi une réalité. Je suis sûr que vous avez eu le sentiment que c'était une grande richesse, que d'avoir entendu, d'avoir vu, d'avoir senti autant des nôtres s'exprimer aussi brillamment. On vient d'entendre Marielle. Permettez-moi de citer les membres du gouvernement et de signaler au passage que nos membres du gouvernement sont quatre femmes et un homme. Jacqueline Gouraud, Marc Fénaud, Geneviève Dariusseg, Nathalie Elimas, Sarah El Haïri. Remercier Patrick Mignola. Et les 58 maintenant députés qui forment notre groupe.

Alors, Patrick m'a appelé pour me faire des remontrances parce que ce matin, j'avais dit qu'on était 55. Alors, nous sommes bien 58. Je veux remercier nos 12 sénateurs. Vous me permettrez de dire un mot de Jean-Marie Van Lerenberg qui sert d'animateur depuis longtemps dans ce groupe du Sénat. Nos parlementaires européens, Marie-Pierre Védrenne, Catherine Chabot, Sylvie Brunet, Laurence Farenc, Christophe Grudler. Et là encore, de signaler que c'est quatre femmes et un homme. Je veux dire que s'il y a un mouvement qui assure la promotion féminine, nous sommes fiers d'être celui-là.

Je ne veux pas oublier non plus que Max Orville est dans l'ordre de succession du Parlement européen, le premier remplaçant. Et on imagine ou on espère que des promotions ministérielles lui ouvriront la place de siéger à Strasbourg. Je veux remercier notre secrétaire général, Jean-Noël Barraud, parce qu'il travaille beaucoup et très bien et que je ne suis pas le seul à m'en apercevoir. Et je veux remercier, Jean-Noël l'a fait, chacun, chacune, dans la petite équipe vaillante de nos services et tous les responsables de terrain et vous tous qui êtes là.

VGE nous a quittés et il a été emporté, ça n'a pas beaucoup été dit, par cette maladie du coronavirus qui aura marqué notre temps, cette épidémie qui a bouleversé le monde et provoqué la crise la plus lourde que la planète ait rencontrée depuis la guerre. J'ai besoin de le dire, mais peut-être faut-il le marquer parce que, là encore, l'actualité va plus vite et fait peut-être adopter des points de vue qui ne seraient pas exacts. De cette crise, nous ne sommes pas sortis. Alors, bien sûr, il y a les espoirs de vaccins et ce serait pour nous tous une magnifique nouvelle que l'année nouvelle apporte avec elle cette garantie de préservation pour l'humanité.

Mais de tout cela, nous ne sommes pas certains ni de l'efficacité du vaccin contre la maladie ou la transmission du virus, ni de sa tolérance, ni de son administration aux patients et nous ne sommes pas encore assurés de l'adhésion des Français à la vaccination. Mais les conséquences, en revanche, nous les découvrons tous les jours. Il faudra des années, peut-être davantage, pour que ces conséquences s'effacent. Alors, il faut en prendre la mesure. Pour notre pays, la perte sèche en produits intérieurs, c'est plusieurs centaines de milliards d'euros. Et ce manque à gagner se cumulera avec la même perte l'année prochaine.

Pour notre pays, la dépense publique, qui a permis de soutenir les entreprises en péril, les salariés menacés de chômage, les plus fragiles par des aides directes, tout cela représente aussi plusieurs centaines de milliards d'euros supplémentaires. Le plan de relance et les mesures de soutien sous des formes diverses, filières, entreprises, collectivités, tout cela pèse aussi plus d'une centaine de milliards. Le gouvernement français a été de tous les gouvernements du monde celui qui a mobilisé le plus d'argent pour le plus d'efforts de soutien, de relance et de solidarité. Alors, comment avons-nous pu mobiliser de tels moyens pour consentir un tel effort ?

Et comment adopter une politique durable pour maîtriser le cours de cet endettement dans les années qui viennent et pour en sortir le jour, quand il viendra, de la guérison ? Ce sont de graves et lourdes questions que les Français se posent et permettez-moi de les formuler en votre nom, moi qui ai mené tant de combats sur les déficits et sur la dette. D'abord, pour noter que si, dans le passé, nous avions été plus cohérents comme nation et particulièrement si les gestionnaires de l'État avaient été plus conséquents à l'époque de ces combats, nous aurions eu aujourd'hui davantage de moyens à mobiliser et moins lourds de conséquences au moment de la survenue de la crise.

Mais il y a eu deux bouleversements dans ce paysage qui était pour beaucoup inattendu. D'abord, il y a 18 ans, il s'est passé quelque chose qu'on a un peu oublié, sur lequel on a glissé, c'est qu'il y a 18 ans, nous avons emporté une grande victoire. Nous avons emporté une grande victoire pour nous-mêmes, mais aussi pour notre pays, et une victoire dont nous profitons pleinement aujourd'hui.

car en 1992, grâce, et donc il y a 28 ans, j'ai dit il y a 18 ans, c'est il y a 28 ans, grâce à l'effort conjoint du gouvernement de François Mitterrand et de la partie européenne de l'opposition, toute l'UDF et une partie du RPR de l'époque, les Français ont décidé, après un intense débat et à une majorité de 1%, d'abandonner pour ceux qui le voudraient, leur monnaie nationale et de construire une monnaie unique pour l'Europe, l'euro, et de se doter d'une banque centrale européenne. On se demandait tout à l'heure pourquoi cet effort est possible.

Eh bien, la réponse est que c'est parce que nous avons cet outil crédible, unique, à la surface de la planète, que nous pouvons consentir un tel effort. Et je voudrais poser une question où en serions-nous aujourd'hui si, dans cette crise, ce 1% de majorité d'il y a 28 ans avait manqué, si nous n'étions pas entrés dans cet espace de stabilité et de protection que nous garantit une des grandes banques centrales de la planète. Eh bien, la vérité est que nous serions forcés d'emprunter sous la surveillance des marchés et forcément incapables de mobiliser les sommes immenses que requiert la crise et nous subirions les assauts de la spéculation.

Qui, parmi les opposants de l'époque, voudrait aujourd'hui s'avancer devant les Français et affirmer nous devons sortir de l'euro et reprendre à notre compte solitairement les emprunts que requiert cette crise ? Où sont-ils les critiques et les contempteurs, comme on dit, et les prophètes de l'éclatement de notre union ? Où les entend-on ? En réalité, je vais vous dire un secret, ils ne veulent qu'une chose, c'est qu'on oublie leur déclaration d'hier.

Puis, il y a un deuxième élément dans ce changement qui a permis cet effort, c'est qu'il s'est passé à la surface de la planète une révolution intellectuelle, une révolution de doctrine qui fait que les politiques économiques et financières des grands ensembles du monde ont changé. Jusque-là, on vivait sur la solidité du bon sens. L'argent était emprunté à un taux qui était à peu près proportionnel au risque encouru par l'emprunteur. Et puis, si le risque était faible, les taux étaient bas, si le risque était fort, les taux étaient hauts.

Et c'était des politiques qui n'aimaient pas trop le risque et qui avaient la crainte constante de l'inflation, dont on a vécu toutes les difficultés après la guerre. C'était des politiques qu'on appelle conventionnelles. Mais il s'est passé quelque chose, c'est que la Banque centrale américaine, la première, parce qu'elle a dans son mandat, et c'est très important, et je me suis beaucoup battu pour que nous y réfléchissions, nous, pour nous, les Européens. La Banque centrale américaine, elle a dans son mandat, dans ses obligations, dans ses engagements, non seulement la défense de la monnaie, mais aussi le plein emploi.

Et en raison de cette obligation, ceux qui pensent la politique monétaire américaine sont entrés de plein pied dans une démarche dont très peu ont saisi l'audace, qui est en vérité une politique de rupture, en inventant une politique non conventionnelle, garantissant publiquement, officiellement, qu'elle était prête à soutenir l'économie américaine, quoi qu'il en coûte, et jusqu'au plein emploi. Il y a peu d'observateurs parmi les non-spécialistes qui ont perçu ce tournant.

Et c'était pourtant une révolution qui a conduit à une baisse générale des taux sur la planète, allant pratiquement jusqu'à des taux zéros, parfois à des taux négatifs, on vous verse un intérêt pour que vous empruntiez, et qui a créé à des politiques de création monétaire très abondantes, tous azimuts. Alors, pendant longtemps, les classiques, les conventionnels, on en connaît beaucoup, ont dit que ça ne pourra pas durer. Et pourtant, la vérité du moment, à l'encontre de ce qu'on croit être le bon sens spontané, comme on le ressent, c'est que tout indique que ça va durer.

Il se trouve donc qu'au moment même où la traversée de la crise requiert des sommes immenses d'argent public, les banques centrales permettent que des crédits à 0% irriguent notre économie. C'est une situation, il faut que vous vous en souveniez, pour les plus âgés et pour les plus jeunes, c'est une situation qui ne s'est jamais rencontrée dans l'histoire du monde. Alors, est-ce que cette situation est sans risque ? Je vais vous dire franchement, non, il y a des risques. et nul ne sait vraiment comment maîtriser ces risques.

Le premier de ces risques, c'est que ça creuse les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres, entre ceux à qui on peut prêter, parce qu'ils ont notamment des très grosses fortunes, et les autres. Il y a donc un creusement en raison de cette situation monétaire. Il y a des creusements d'inégalités qui sont considérables. Et si vous regardez le cours des affaires que vous pouvez lire dans les journaux économiques, alors vous allez voir qu'il y a de très grandes acquisitions qui sont consenties par de très grandes puissances financières et qui sont en réalité, oui, en effet, un accroissement des inégalités.

Alors, il y a des risques, mais à l'heure présente, convenons-en, Thierry Breton le disait tout à l'heure, il y a aussi des avantages. Et c'est un monde, pour une fois, l'expression est juste, c'est un monde nouveau. Alors, cette disponibilité inédite d'argent presque gratuit nous permet de passer un cap, mais elle ne nous dispense pas d'ouvrir les yeux sur ce que la crise nous a fait découvrir de nos faiblesses. Alors, je vais en énoncer quelques-unes.

Nous avons découvert que nous, France, qui nous vivons comme un grand pays, nous nous étions laissés aller jusqu'à devenir sur des produits essentiels et même vitaux, dépendants de production et de livraison sur lesquels nous n'avions pas la main. nous avons découvert, par exemple, que sur les médicaments essentiels, ceux qui permettent de lutter contre le cancer, ceux qui sont des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des médicaments pour les anesthésies, des molécules pour les anesthésies et puis, simplement, le paracétamol que chacun a dans sa pharmacie, nous étions menacés d'être en rupture de fourniture.

Et donc, cette crise-là, elle a révélé notre dépendance et notre premier devoir dans cette crise et avec à l'esprit le fait qu'il peut y en avoir d'autres ou que probablement il y en aura d'autres. Alors, face à ces crises, notre premier devoir est de garantir notre indépendance et notre sécurité. On l'a fait dans d'autres domaines, on le fait admirablement avec nos forces armées. L'armée française est aujourd'hui, je crois, sans discussion la première armée européenne et donc, il faut le faire aussi dans le domaine économique et des productions.

Nous devons le faire en définissant les filières stratégiques et les productions clés qui garantissent aux Français leur sécurité et leur capacité technologique. Et nous avons découvert une deuxième chose que je veux reprendre avec vous parce que ça va nous ouvrir des obligations, des devoirs et des missions. C'est que nous avons découvert que la France et son modèle social sont fragiles. J'ai rappelé qu'au service de notre solidarité à l'égard des entreprises, des salariés et des familles, dans la crise, nous avons dépensé, reprenant les mêmes mots que la Banque centrale américaine, nous avons dépensé quoi qu'il en coûte.

Et donc, ça a constitué une dette Covid très importante et je veux m'arrêter une seconde à cette idée parce qu'un grand nombre de Français qui nous écoutent, particulièrement parmi ceux qui nous ont suivis quand on menait le combat juste contre la dette à l'époque, un très grand nombre de Français n'y voient plus clair dans cette question. De l'argent qui paraît sortir de nulle part, comment va-t-on gérer la sortie de cet endettement ? Et moi, je veux répondre clairement à cette question, proposer une réponse en votre nom et proposer une méthode. Cette dette Covid, elle a une caractéristique, c'est qu'elle n'est pas la dette de notre responsabilité.

Le virus est venu d'ailleurs et personne ne sait d'où et je ne crois pas pour ma part qu'on puisse en affecter la responsabilité à qui que ce soit. Donc, cette dette Covid, il faut l'isoler du reste de notre endettement, la cantonner, définir précisément quelles sont les sommes qui ont été dépensées pour la crise du Covid et qu'on n'aurait pas dépensées autrement. Et il faut annoncer que cette dette, nous la rembourserons, mais avec ce qu'on fait quand on achète une maison ou un appartement, avec un différé de remboursement jusqu'au moment où notre pays se sera redressé.

Mais nous la rembourserons dans 5 ans, dans 8 ans, dans 10 ans et sur une longue période, sur 25 ans, sur 30 ans, sur 40 ans, pourquoi pas, mais nous la rembourserons. Nous la rembourserons. Pourquoi ? Alors je lis quelquefois que des esprits rapides, des personnalités ou des forces politiques imaginent qu'on pourrait purement et simplement supprimer la dette. Et je veux dire pour être véridique que naturellement, c'est un leurre. Et c'est un leurre pour une raison simple, parce qu'un pays qui ne rembourserait pas sa dette ne pourrait plus jamais emprunter, y compris pour investir. Et en même temps, quoi qu'il en coûte, ça ne veut pas dire que ça ne coûte pas.

Ça veut dire que nous ne mesurons pas l'effort au service de ceux qui sont en première ligne, mais on le voit bien, et c'est aussi une leçon pour nous, ce modèle social ne peut être garanti que s'il est financé. Et il ne peut être financé que si nous restaurons notre capacité économique à l'égard des pays les plus avancés au monde. Et ce défi, pour nous, nous l'avons repéré depuis longtemps. Il y a quelques années, nous avons fait une campagne présidentielle ensemble sous le slogan « Produire en France ». Et ce slogan, à l'époque, portait à sourire les plus savants et les plus brillants. Aujourd'hui, restaurer notre appareil productif, c'est une question de survie.

Il n'y a pas de modèle social performant s'il n'y a pas de modèle économique à la hauteur. Et la production du pays, qu'elle soit intellectuelle, industrielle, agricole et les services, au bout du compte, assume seul le financement de la protection sociale qui est le vrai contrat social du pays. Et quand on laisse partir les produits, en réalité, on laisse partir la recherche, on laisse partir la réflexion, on laisse partir le marketing. Et donc, nous avons besoin de restaurer tout cela parce que ça s'est, en France, terriblement affaibli. Je veux vous donner un seul chiffre. J'abuserai pas. L'industrie en Allemagne, c'est 25 % du produit intérieur.

L'industrie en France, c'est 13 %, la moitié. Et encore, dans la mécanique, dans l'aéronautique, dans l'énergie, c'est-à-dire les fleurons de notre industrie, la crise a fait que des fragilités nouvelles nous sont imposées dans la voiture, dans l'aéronautique, par exemple, et que donc, nous n'avons pas seulement à sauvegarder notre économie, mais nous avons à relancer, nous avons à reconstruire. Et vous me permettrez de dire au passage que c'est pour moi, dans la mission du plan qui m'a été confié par le président de la République, c'est une obsession et un engagement de chaque instant.

Je voudrais aborder une deuxième grande question qui taraude les Français, c'est la grande question de la sécurité et de la sécurité en rapport avec les libertés. C'est fascinant de voir, comme toujours, dans les grands débats du pays, c'est les grandes questions de principe qui reviennent. Alors, je veux dire ceci, je le dis, le passage que je vais consacrer à la sécurité, je le dis aussi en pensant aux manifestations inacceptables qui ont lieu à cet instant, dans Paris en particulier. et c'est ces images-là que j'ai devant les yeux quand je défends ces principes. Je défends les deux principes, les deux impératifs que nous connaissons.

Nous sommes et nous devons être intraitables sur la sécurité et nous sommes naturellement intraitables sur les libertés. Et si on y réfléchit, la démocratie, c'est ce qui permet de concilier les deux. nous ne pouvons pas vivre sans sécurité. Sur l'épidémie, sur l'ordre public, sur la lutte contre le terrorisme, la sécurité est un impératif catégorique qui ne se discute pas et qui se discute d'autant moins que la sécurité, c'est d'abord la sécurité des plus fragiles, des plus économiquement faibles, des plus âgés. et cela, nous savons bien que ça n'est pas une liberté que de casser des vitrines ou pire encore, comme ils disent, que de casser du flic. La sécurité, c'est une liberté.

Et les commerçants des avenues de Paris et de certains centres-villes de province qui, samedi après samedi, voient leurs vitrines exploser, leurs fichiers jetés sur le trottoir, quelles responsabilités ont-ils ? Pourquoi les cible-t-on ? Quelle est la justification de cette violence ? Eh bien, il n'y a qu'une justification ou qu'une raison, en tout cas, c'est que le désordre, pour cela, est une fin en soi. Le désordre n'est pas un accident, c'est le désordre qu'il vise.

Et ces femmes et ces hommes, je pense aux commerçants, ils ont des obligations, des charges de famille, ils ont des familles et c'est une responsabilité sociale et même une responsabilité de droit que de ne pas laisser faire ces désordres. Et je veux évoquer les mots d'ordre qui sont inacceptables, intolérables d'agression contre les policiers. Les policiers, ce sont nos forces de sécurité, ce sont nos forces de sécurité et à tous. Ceux qui les ciblent, nous ciblent. Et ce ne sont pas des privilégiés. Pour la plupart, comme on dit, ce sont des fils du peuple, des enfants de milieux sans privilège. Ils ont franchi un degré de l'échelle méritocratique en s'engageant comme ils s'engagent.

Et ils ne sont pas protégés, ils n'ont pas à l'être, contre leurs propres erreurs. Ils ont à respecter une déontologie exigeante qui justifie de dures sanctions en cas de manquement. Alors, quand des gens qui profitent de ces manifestations pour assouvir leurs instincts, très souvent, des gens installés dans la vie, très souvent, des bourgeois, comme on dit, et pas toujours jeunes, qui regardent les policiers en face et qui leur crient « Suicidez-vous ! », eh bien, ceux-là, ce n'est pas par préférence, mais c'est de notre devoir qu'on leur dise notre condamnation des uns et notre soutien des autres.

En les soutenant quand ils sont si violemment agressés, comme cette jeune femme commissaire de police qui a été blessée cette semaine en manifestation, en les soutenant, on ne justifie rien des violences inacceptables, par exemple, contre Michel Zuclair, et qui doivent être punis comme tels, comme inacceptables. On défend des principes dont la conciliation est la raison d'être de notre droit et de notre démocratie. C'est être présent auprès de ceux qui en ont le plus besoin que de défendre la sécurité de tous. Et la sécurité de tous ne se défend qu'avec une organisation de la société et des forces de sécurité qui méritent le soutien de tous ceux qui sont attentifs aux injustices.

Je voudrais aborder, troisième chapitre, je voudrais aborder la question de la démocratie. Dans le monde de 2021 vers lequel nous allons, l'état de la démocratie n'est pas rassurant. La démocratie, qui devrait être le respect des droits et du droit, est mise en cause par la manière dont le débat s'organise, par la cataracte de haine qui se donne libre cours sur les réseaux sociaux. La démocratie, qui devrait être préservation de la raison, est déstabilisée par les fanatismes, par les superstitions, par les complotismes et par la mise en cause de plus en plus ouverte de la science et des vérités les mieux établies.

La démocratie, qui est culture du compromis, du respect des opinions différentes, du travail en commun qui dépasse ou est appelée à dépasser les divergences, la démocratie est assaillie par les stratégies électorales fondées sur l'affrontement systématique et la culture de la peur. Et la démocratie, qui est par nature pluraliste, est bannie dans une immense partie du monde, aujourd'hui, au profit de systèmes de domination qui veulent tout diriger et tout contrôler des individus et des groupes. Et donc, la démocratie est affaiblie de l'intérieur et attaquée de l'extérieur.

Alors, est-ce que je puis dire, en même temps que je la défends, que nous ne savons pas ou nous ne savons plus faire marcher la démocratie et probablement, chez nous en France, sommes-nous plus fragiles de ce point de vue-là que dans d'autres pays européens en particulier ? Alors, pourquoi ? La concomitance de l'élection présidentielle et des élections législatives fait que l'habitude s'est prise que dans notre pays, le pouvoir basculait brutalement d'un bord sur l'autre, tout le pouvoir à ceux qui gagnent et plus rien, même s'ils ont réuni des millions de citoyens à ceux qui ont perdu l'élection majeure.

Or, garantir le pluralisme n'est pas seulement une question de justice, c'est pacifier la société. Parce que, quand le pluralisme est respecté, on apprend à se parler, on apprend à discuter, on apprend à s'écouter et les passions reculent pour laisser la place à un débat et à des décisions qui sont prises dans des mécanismes reconnus par tout le monde.

C'est pourquoi je veux dire ou répéter, parce que ça a été dit beaucoup dans la journée et puis que nous le disons depuis longtemps, je veux dire et répéter que la question de la loi électorale est centrale, particulièrement dans un pays comme le nôtre, où l'élection du président de la République au suffrage universel concentre beaucoup de pouvoir entre les mains de l'élu et confie donc en même temps à un seul homme la responsabilité de l'orientation du pays.

Alors, il y a beaucoup de gens qui disent mais la loi électorale, on consent à dire qu'elle est juste, la loi électorale que vous défendez, la loi électorale de justice, on veut bien dire qu'elle est juste mais il y a des risques épouvantables de revenir à la quatrième république et je veux vous dire que c'est absurde parce que ces risques-là, les institutions de la cinquième république les ont bannis une fois pour toutes et donc nous devons comprendre que ces risques n'existent plus et qu'il faut essayer au contraire de retrouver les avantages de ce pluralisme.

d'abord parce que c'est un rééquilibrage nécessaire de la légitimité et parce que c'est, je le disais, le seul moyen d'apprendre aux courants différents à se parler, à s'écouter et à échapper aux affrontements caricaturaux. Et il n'y a pas de risque parce que le président de la République élu au suffrage universel a lui tous les moyens d'empêcher que les divisions ou les désordres n'empêchent l'action publique d'agir. Il a le droit d'opposer ou en tout cas d'obliger à respecter ses engagements dans la préparation de la loi. Il a la menace de dissoudre l'Assemblée nationale. Il a le référendum. Il a la possibilité de s'adresser au pays.

Et donc tout ce que le général de Gaulle a conçu, c'est qu'on puisse avoir le pluralisme et en même temps la garantie que ce risque n'existera plus. Et d'ailleurs ceux qui veulent s'en convaincre, il suffit qu'ils relisent le texte fondateur de la Ve République, beaucoup plus ancien, plus de dix ans avant la création de la Ve République, qui s'appelle le discours de Bayeux.

Et au discours de Bayeux, le général de Gaulle explique exactement son idée, son idée étant que on va faire échapper les gouvernements et l'exécutif aux manœuvres parlementaires, c'est le mot qu'il emploie, et que le président de la République élu au suffrage universel, ce n'était pas encore le suffrage universel, mais c'était l'idée, que le président de la République composerait son gouvernement, écoutez bien cette phrase, en tenant compte des nuances de l'Assemblée nationale. Il ne dit pas en fonction de la majorité de l'Assemblée nationale, il dit en tenant compte des nuances de l'Assemblée.

Et c'est une dérive à laquelle on s'est livré que de croire qu'en réalité, c'est la majorité de l'Assemblée qui doit former le gouvernement. Il suffit de relire les textes fondateurs pour comprendre que nous avons dérivé et glissé depuis un certain temps. Il y a un deuxième problème, c'est que nous ne savons même plus organiser l'expression du suffrage. J'entendais tout à l'heure Patrick ou Marc dire qu'on n'avait pas réfléchi assez à la progression de l'abstention aux élections municipales. Parce que tout le monde s'est laissé entraîner à penser que l'abstention aux élections municipales, c'était le virus. Et possiblement, il est possible que c'était le cas au premier tour.

Mais au second tour, ce n'était pas du tout ça. C'est que l'abstention, notamment dans les villes importantes, était un symptôme et un symptôme grave. C'était soit le désintérêt, soit le sentiment d'inutilité du vote, soit l'indifférence à l'enjeu. comme si les citoyens voyaient très bien que leur cadre de vie était important et que ça les intéressait, mais ne voyait plus le lien direct entre le vote et le cadre de vie. Et c'est pourquoi nous militons, et je parle en particulier aux parlementaires de notre mouvement, nous militons pour une ouverture à d'autres modes d'expression du suffrage.

Vote par correspondance ou vote par Internet, qui ne remplacerait pas le vote dans l'urne et dans l'isoloir, mais qui s'ajouterait au vote en présence ou au vote par procuration. Je suis, moi, stupéfait quand on voit qu'aux Etats-Unis, ce sont plus de 100 millions de suffrages. Vous entendez bien ? Plus de 100 millions de suffrages qui ont été exprimés par correspondance sans qu'à l'heure qu'il ait, en dépit des soubresauts de M. Trump et des plaintes artificielles, on n'a pas pu jusqu'à ce jour trouver une seule anomalie dans l'organisation du vote. Alors on voit bien que les critiques qui, chez nous, font, j'allais dire, la fine bouche, sont, à mon avis, déplacées.

En Allemagne, les élections municipales ont eu lieu en même temps que notre premier tour et elles ont pu se tenir parce qu'elles étaient sous forme, ou en tout cas, offrant aux citoyens le vote par correspondant. En Suisse, les consultations recueillent souvent plus de 90% des voix qui s'expriment ainsi. Je n'ai jamais entendu dire qu'il y avait des risques sur la démocratie suisse, Jean-Noël. Et donc, je veux simplement répéter cela. On a besoin d'une modernisation. On a besoin d'une ouverture. Et j'engage les parlementaires de notre mouvement à se saisir de ces questions sans timidité. parce que je suis sûr qu'il y a là un moyen d'augmenter la participation citoyenne.

Je voulais aborder un chapitre supplémentaire dans cette difficulté de notre démocratie et dans ce que nous pouvons apporter. Je veux traiter de la question de l'association de la société civile à la délibération politique. Et je m'adresse en particulier avec amitié à Marc Fénaud qui a une partie de cette... ou l'essentiel de cette responsabilité au gouvernement. Je vais partir de ce qu'on a vécu. J'ai été frappé du débat qu'il y a eu sur l'organisation du culte dans les églises.

Tout le monde sait ce que je pensais et ce que je pense de la jauge fixée à 30 que je jugeais, comment dire, assez peu logique parce que 30 dans une chapelle et 30 dans une cathédrale, ce n'est pas tout à fait la même chose. Or, il se trouve qu'une décision dans des domaines de cet ordre, une décision contraignante, chaque fois qu'on le peut, il faut qu'elle apparaisse logique d'abord à ceux qui devront la respecter.

Et probablement, eût-il été plus naturel, mais nous ne savons pas bien faire ça en France, de définir une telle décision avec les principaux intéressés, non pas seulement dans un dialogue discret ou secret dans une antichambe ou au téléphone, mais il n'y a aucun inconvénient parce qu'un dialogue public permette de fixer des règles de cet ordre. Alors, j'ai choisi dans le commissariat au plan de prendre le Conseil économique, social et environnemental comme partenaire parce que le Conseil économique, social et environnemental, c'est la chambre de la société civile organisée.

Alors, ce n'est pas la seule, il peut y en avoir d'autres, mais je suis sûr que nous pouvons faire naître des modes de préparation de la décision publique dans lesquels les principaux intéressés soient directement associés, consultés et que ce soit avec eux qu'on construise, on dit aujourd'hui qu'on co-construise la décision. Je veux aborder comme une obligation là aussi la question de l'environnement. La question de l'environnement, elle dit quelque chose d'extrêmement important et que je crois les plus jeunes d'entre nous ressentent très bien, c'est que nous sommes responsables du monde. Et il y a deux grandes questions devant nous.

La première, c'est la protection de la biodiversité et l'autre, c'est la question de l'énergie. Je suis très fier que ce soit l'un d'entre nous, Yann Verling, qui soit chargé pour représenter la France de cette responsabilité de défense et de promotion de la biodiversité. C'est une ligne de responsabilité à l'égard de nos enfants et à l'égard de la planète dont nous avons la charge. Il est de notre responsabilité et de notre devoir, je le dis pour les trois ans qui viennent puisque cette élection ouvre une nouvelle période, il est de notre responsabilité et de notre devoir d'être en première ligne devant la défense et la promotion de la défense et de la promotion de la biodiversité.

Et de la même manière, la question du climat, elle se concentre sur la baisse continue et volontaire pour un pays comme le nôtre, suivant nos engagements, en particulier la baisse des émissions de gaz à effet de serre. C'est un geste de responsabilité et c'est un geste d'exemplarité. Je suis les débats qu'il y a dans les autres pays européens sur cette question. Et ces débats se concentrent aujourd'hui sur le remplacement le plus vite possible ou assez vite des moteurs thermiques thermiques par des équipements électriques sur les voitures ou en tout cas sur les poids lourds.

Ce qui veut dire que la question de la production électrique va être là aussi en première ligne, elle va dominer les débats sur l'énergie. Et la question de la production électrique décarbonée, c'est-à-dire énergie solaire, énergie hydroélectrique et il faut avoir le courage de le dire, énergie nucléaire en France. Nous avons pris une avance sur tous les pays du monde sur la production d'énergie sans rejet de gaz à effet de serre et un certain nombre d'entre nous rêvent que nous nous effacions de ce champ de compétences. J'étais très heureux qu'hier, dans son interview à Brut, le président de la République rappelle cette évidence-là.

Il y a là quelque chose qui est une responsabilité pour nous tous et c'est une responsabilité que nous ne devons pas éluder. Ça veut dire aussi qu'il faut travailler pour certains sur les batteries, pour d'autres sur l'hydrogène. Et nous devons assumer de dire la vérité et non pas de nous échapper comme trop souvent ça arrive. Il y a un sondage qui disait récemment que les Français croyaient que c'était les centrales nucléaires qui étaient à 80% responsables du rejet de gaz à effet de serre. Alors, il faut simplement dire pour que tout le monde l'entende que centrales nucléaires, zéro rejet de gaz à effet de serre. Zéro rejet.

C'est la manière la plus protectrice contre les rejets de gaz à effet de serre. On ne peut pas dire qu'il n'y avait pas d'inconvénients, il y en a partout, mais au moins, si nous voulons une politique cohérente en matière d'énergie, si nous voulons une politique cohérente en matière d'environnement, alors il faut que nous la bâtissions sur des principes solides. Et c'est une des forces de la France. Il n'y a aucune raison d'abandonner cette force-là. Je voudrais dire un mot de notre mouvement en dernier point. Je suis très heureux de ce que nous avons fait.

Et je suis très heureux en particulier de la force de cette équipe et du caractère transgénérationnel, comme on dit, de ceux qui la forment. Nous avons pris soin tous ensemble que soient représentés ou soient accèdent à la responsabilité des femmes et des hommes. J'ai dit qu'il y avait presque plus de femmes que d'hommes, des femmes et des hommes de générations différentes. de ceux qui ont mené les combats, j'en suis, de ceux qui les assument aujourd'hui, génération, par exemple, de Marc Fénaud, de ceux qui ont commencé à les mener et occupent des responsabilités, les plus jeunes membres du gouvernement et les plus jeunes membres de notre équipe.

Je regardais Sarah, j'aurais pu regarder Nathalie, je regarde Jean-Noël. Nous avons pris soin d'équilibrer la représentation et de faire monter, autant que nous le pouvions, des vocations nouvelles et des talents nouveaux. Je ne sais pas si, comme moi, vous avez été frappés d'écouter les débats et de voir à quel point la réflexion, l'aisance, la capacité d'expression était désormais répartie parmi tous les responsables qui ont accédé récemment aux responsabilités. Et donc, de ce point de vue-là, c'est une grande fierté. J'ai eu une attente qui n'a pas été satisfaite.

Alors, je regarde tous ceux qui ont travaillé avec moi, il y a 15 ans, au moins, que je me bats pour que nous inventions un nouveau militantisme. Alors, je m'adresse à tous ceux qui sont de l'autre côté de cet écran. Je suis persuadé que nous devons changer la forme de l'engagement. L'engagement classique, adhésion, cotisation, fédération départementale, c'est un engagement qui a sa valeur, mais je pense qu'il faut que nous imaginions là aussi d'autres formes d'engagement. Je plaidais pour d'autres formes d'expression du suffrage. Je suis pour que nous ayons d'autres formes d'engagement.

Et alors, je m'adresse aussi à des messages personnels que tous les responsables de notre mouvement entendront. J'ai la détermination que nous bâtissions tout de suite la fédération Internet que j'appelle de mes voeux depuis longtemps. Parce que beaucoup d'entre nous ne sont pas au contact d'une organisation départementale qui souvent siège ou s'exprime depuis le chef-lieu. Et ils ont parfaitement le droit de participer au débat, de se faire entendre. Et je garantis que dans les... Allez, on est au mois de décembre. que avant la fin de l'hiver, nous aurons une fédération Internet exemplaire, un mode de participation au débat exemplaire.

Et je voudrais que nous réfléchissions ensemble aux étapes différentes et complémentaires qui déterminent l'engagement. Très souvent, on s'engage sans savoir très bien où on va. Très souvent, on s'engage sans avoir la certitude que c'est le bon mouvement politique, les bonnes méthodes qu'on saura respecter. Les gens ont peur, par exemple, que quand on adhère, on ne soit plus libre. Or, il suffit qu'ils fassent un stage dans nos rangs pour vérifier que ce n'est pas parce qu'on adhère qu'on est plus libre, tout à fait, au contraire.

Donc, je suis sérieux en disant que c'est une obligation pour nous qui avons l'habitude, j'allais presque dire historique, de l'engagement politique, des débats traditionnels, classiques, conventionnels, et ils ont toutes leurs valeurs. Mais, très souvent, je rencontre des jeunes qui me disent « Vous ne voulez pas nous raconter comment ça s'est construit, tout ça ? » Oui, il faut qu'on le fasse. Et il faut que se sentent chez nous des personnes, des femmes et des hommes et des jeunes qui sentent qu'ils partagent quelque chose avec nous sans être sûrs de vouloir aller tout de suite au bout d'un engagement politique.

Un engagement progressif qui respecte la liberté et les choix de chacun et qui innove en matière de débat, en matière d'échange comme nous avons innové aujourd'hui. Voilà les quelques mots que je voulais dire pour notre congrès, pour en tout cas les mois que nous allons vivre. Alors, vous avez tous compris que c'est une grande mission qui est devant nous. C'est une grande mission qui est devant le président de la République. Il a une lourde charge. Il a des qualités hors du commun pour les assumer. Mais il a aussi rencontré des obstacles hors du commun.

Je ne crois pas qu'il y ait eu une période, un président de la République récente, en tout cas dans la Ve République, qui ait connu autant de crises en si peu de temps et de crises qui mettaient en cause l'unité et la solidité du pays. Et donc, le président et la majorité présidentielle doivent assumer dans les temps qui sont difficiles la promesse de renouveau qui est celle de 2017. C'est une lourde responsabilité devant le gouvernement. Et je m'adresse en particulier au Premier ministre qui va me succéder à cette tribune et à nos amis ministres.

Devant le gouvernement parce qu'il doit affronter au présent et au futur un défi, on l'a dit, sanitaire, économique, social, démocratique sans précédent et assumer en même temps l'engagement environnemental qui a été le nôtre. C'est une grande responsabilité devant nous, mouvement politique, parce que nous portons quelque chose qui est infiniment précieux et dont on l'a dit et infiniment discuté, qui porte les valeurs les plus profondes de la démocratie, alors que cette aspiration à la conscience et à la responsabilité est mise au défi comme elle ne l'a jamais été. Et donc, nous devons inventer en un temps inédit de nouvelles réponses.

Et c'est une lourde responsabilité devant nous tous ensemble qui formons le peuple français. Parce que nous avons deux choses à faire en même temps. Je souris en prononçant ces trois mots. Nous avons en même temps à corriger les insuffisances et les erreurs passées et à construire pour l'avenir un modèle de société à vocation universelle comme c'est la mission de la France de la concevoir, de la penser et de commencer à la réaliser. Parce que c'est cela qu'il faut comprendre, je crois, quand on regarde l'histoire et la réalité profonde de notre pays. la France ne peut pas être elle-même si elle ne se projette pas dans l'avenir avec des valeurs.

Valeurs qui rendent son projet unique, c'est des valeurs morales, c'est des libertés, égalités, fraternités, c'est trois exigences morales. Des valeurs morales, des valeurs sociales, des valeurs de liberté et de créativité. La France ne peut être elle-même que ayant charge d'âme, charge de famille, charge d'entreprise, besoin de prospérité et d'emploi. Elle se bat tous les jours en gardant les yeux fixés sur un idéal universel qui est de justice, de liberté et de responsabilité. C'était un beau congrès, inédit par sa forme. Je remercie ceux qui l'ont organisé et je vous remercie d'y avoir participé, même à distance, mais pas de manière virtuelle, à distance, mais réellement. Merci à tous.

Merci à tous.