Rémi-François Paolini, ancien recteur de l'académie de Corse
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous y attendiez ?
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Est-ce que vous ne payez pas aujourd'hui votre engagement pour la langue corse ?
- 1:33OuverteRéponse partielle
Donc, pareil pour la question sur Scolagour, vous ne pensez pas que ça a pu peser un petit peu dans la balance de ce choix ?
- 2:22OuverteRéponse directe
Comment vous aviez vécu cette période ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Donc, votre départ ne signifie pas forcément mettre un terme à ce projet, à ce qu'on a donné les traînes ?
- 4:33OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez quand même le sentiment d'être allé au bout des choses ou une légère amertume ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Quand on est recteur, comme les préfets, on peut s'attendre tous les mercredis en Conseil des ministres à être changé. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Deux ans, c'est déjà une très belle durée pour mettre en œuvre beaucoup de choses. »
- 3:47Invité politiqueFait
« un engagement fort pris par le président de la République, le 28 septembre 2023, devant l'Assemblée de Corse, l'ensemble des élus, demandant la mise en place d'un service public de l'enseignement en faveur du bilingue. »
- 4:04Invité politiqueChiffre
« Le public a ouvert, vous le savez, 70 classes nouvelles l'an dernier. Cette année, on va encore en ouvrir 50. Nos effectifs en immersif vont monter à 2300. »
Temps de parole
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Il a quitté ses fonctions hier sur décision du Conseil des ministres. Après deux années passées à la tête de l'Académie de Corse, il tourne une page de son parcours professionnel. Il s'agit de Rémi-François Paolini, qui a su repartir avec de nombreux bons souvenirs du travail accompli. L'heure est désormais un nouveau chapitre. Il l'a expliqué à Jeanne-Soury. Bonjour Rémi-François Paolini.
Bonjour Saloud.
Votre départ de l'Académie de Corse vient donc d'être acteur en Conseil des ministres. Est-ce que vous vous y attendiez ?
Écoutez, quand on est recteur, comme les préfets, on peut s'attendre tous les mercredis en Conseil des ministres à être changé. Ce qui m'a jamais empêché de mettre en œuvre mon action à la tête de l'Académie depuis deux ans. Ça fait partie des aléas, je dirais, des parcours professionnels. Mais deux ans, c'est déjà une très belle durée pour mettre en œuvre beaucoup de choses. Évidemment, j'ai eu le regret de ne pas pouvoir continuer à mettre en œuvre notamment notre projet Scoladoui 1030. Mais voilà, c'est le projet qui n'est pas le projet du recteur seul. C'est le projet de la communauté éducative et j'ai envie de dire de la jeunesse et de la société corse.
Donc, j'ai eu bon espoir qu'il sera continué et approfondi.
Est-ce que vous ne payez pas aujourd'hui votre engagement pour la langue corse ?
Je ne veux pas commenter les raisons. C'est la prérogative du gouvernement et du président de la République de choisir pour ce type d'emploi, recteur, préfet, les personnes qu'il souhaite quand il le souhaite. C'est la règle du jeu, je la connais et elle s'applique à moi comme aux autres.
Donc, pareil pour la question sur Scolagour, vous ne pensez pas que ça a pu peser un petit peu dans la balance de ce choix ?
Je ne sais pas. Moi, ce que je sais, c'est que nous avons essayé sur ce dossier-là, depuis le début, d'apaiser les choses. Vous savez que quand je suis arrivé, j'ai dit clairement qu'il n'y avait pas d'opposition, mais plutôt une complémentarité. C'est moi qui ai engagé la contractualisation de Scolagour avec deux postes. Il y a eu ce contentieux sur la subvention de la collectivité qui a été introduite par le préfet de Corse. Il a fallu sécuriser les financements. Donc, il y avait plusieurs manières de les sécuriser. Donc, un travail sur ce que pouvait subventionner la collectivité de Corse et une accélération de la contractualisation.
Et j'ai contribué, du côté de l'Académie, à s'y trouver des solutions.
À l'époque, en octobre dernier, quand il y avait déjà eu un petit peu la question de votre départ qui a été mis sur la table, vous aviez reçu un soutien d'une partie de la classe politique insulaire. Comment vous aviez vécu cette période ?
D'abord, j'ai reçu un soutien très large, mais pas que de la classe politique. C'était très émouvant d'être soutenu quand même à l'unanimité par les différentes sensibilités de l'Assemblée de Corse, qui représente la société insulaire. Mais au-delà, c'est les témoignages au sein de la communauté éducative et dans la société corse tout entière, qui sont venus, en fait, conforter le fait que le travail que nous avions mené en équipe est au plus près de la société, puisque le projet académique a été construit avec les partenaires, finalement, suscitait une très large adhésion. Donc, ça nous a confortés dans les choix que nous avions faits.
Donc, moi, je suis, pour une fois, satisfait du parcours accompli, du chemin, mais le chemin se continue. On y est très... enfin, j'ai mouru, hein ? Bon, on dit, j'ai mouru, hein ? Bon, eh bien, voilà. Donc, il appartiendra, après, à d'autres de continuer. Mais c'est un projet collectif. C'est ça qui est important. Moi, j'ai confiance dans la capacité de notre jeunesse, de notre communauté éducative, de notre société à continuer à apporter ce qui lui apparaît comme une priorité.
Donc, votre départ ne signifie pas forcément mettre un terme à ce projet, à ce qu'on a donné les traînes ?
Je ne crois pas. Il appartiendra, après, à d'autres, notamment à ma successeur, de se positionner. Mais, encore une fois, n'oublions pas que dans ce projet, nous mettons en œuvre, s'agissant de la langue que vous évoquez, un engagement fort pris par le président de la République, le 28 septembre 2023, devant l'Assemblée de Corse, l'ensemble des élus, demandant la mise en place d'un service public de l'enseignement en faveur du bilingue. Et c'est ce que nous avons fait, et en particulier, avec la meilleure des méthodes, à mon sens, pédagogiquement, de manière didactique, celle qui concerne l'immersif. Donc, le public a ouvert, vous le savez, 70 classes nouvelles l'an dernier.
Cette année, on va encore en ouvrir 50. Nos effectifs en immersif vont monter à 2300. Et au-delà de la quantité, c'est la qualité que nous recherchons pour avoir des locuteurs actifs. On va mettre en place à la rentrée, puisque tout est prêt. Je tiens à dire à nos auditeurs que tout est prêt pour la rentrée. Il y aura un enseignant dans chaque classe. Il n'y a aucun souci à avoir de ce côté-là. La rentrée a été préparée depuis un certain temps. Mais nous allons avoir trois sites pilotes académiques.
Est-ce que vous avez quand même le sentiment d'être allé au bout des choses ou une légère amertume ?
Moi, je n'ai pas d'amertume. D'abord, c'est mon caractère. Je regarde d'avant. Je crois que dans ces moments-là, c'est la dignité qui doit primer. Un recteur, c'est à la fois un capitaine. C'est l'origine du mot. Il doit tenir le gouvernail. C'est ce que j'ai essayé de faire pendant deux ans, fixer le cap.
Et plus globalement, quel bilan vous tirez de vos deux années ?
Pour un recteur qui a grandi dans cette académie et qui a été formé, comprenez bien que c'est un énorme motif de satisfaction, à un moment donné, dans un parcours de vie, d'avoir pu rendre un peu de ce que la Corse, l'académie lui a donné et d'être utile. A sa jeunesse et à sa société.
Pour l'avenir, quelle trajectoire allez-vous prendre ?
Je suis membre du Conseil d'État. Je retourne au Conseil d'État. Je continuerai à suivre avec beaucoup d'intérêt, comme je l'ai toujours fait dans mes précédentes fonctions, les sujets qui tiennent à la Corse, dans tous les domaines. Et puis l'avenir ira pour la suite.
Pas d'académie en vue ?
Non. Je le suis et je resterai donc recteur de Corse. C'est mon parcours professionnel.
Merci, Rémi-François Pauline.
Merci à vous.