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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 10 janvier 2024 15 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalTravail & emploiÉducation & recherche

Attal à Matignon, quel cap pour le nouveau premier Ministre ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse partielle

    Quel sera le cap du nouveau Premier ministre et dans la foulée du nouveau gouvernement ?

  • 0:52OuverteRéponse partielle

    L'arrivée de Gabriel Attal à Matignon est-elle à vos yeux un mouvement stratégique habile, un coup politique audacieux ou un coup de com' ?

  • 7:04OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'il devrait faire, dans la composition de son gouvernement, pour poursuivre cet élan ou ce plan de relance ?

  • 8:33OuverteRéponse partielle

    À quoi doit ressembler le gouvernement à venir ? Est-ce qu'il faut traiter les susceptibilités ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41PrésentateurFait
    « Cher Gabriel Attal, je sais pouvoir compter sur votre énergie et votre engagement pour mettre en œuvre le projet de réarmement et de régénération que j'ai annoncé dans la fidélité à l'esprit de 2017. »
  • 4:02InvitéFait
    « Emmanuel Macron a dit qu'il ferait la réforme des retraites et il a dit qu'il allait repousser l'âge de départ. »
  • 4:07InvitéFait
    « Il a dit qu'il ferait la réforme de l'immigration. »
  • 11:42InvitéChiffre
    « 6 ans et demi à Bercy, 2500 jours. »
  • 13:26InvitéFait
    « Il n'a pas voulu être leader de la liste pour les européennes. »
  • 13:30InvitéChiffre
    « Dans les scores, il y a eu un seul sondage qui l'a mis à 22%. »

Temps de parole

  • Invité35 %
  • Invité 226 %
  • Invité 325 %
  • Présentateur9 %
  • Présentateur 25 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Allez, on y va. Débat ce matin après la nomination de Gabriel Attal à Matignon. Gabriel Attal qui devient le quatrième Premier ministre d'Emmanuel Macron et le plus jeune de la Ve République. Changement d'homme donc, mais pour quelle politique désormais ? Quel sera le cap du nouveau Premier ministre et dans la foulée du nouveau gouvernement ? On en débat avec Bruno Jeudy, directeur délégué de la Tribune dimanche, Nathalie Chuh, grand reporter politique au point et Thomas Legrand, éditorialiste à Libération, producteur d'enquête de politique sur Inter. Bonjour à tous les trois et merci d'être là ce matin.

Dans un message sur Twitter, Emmanuel Macron a ainsi intronisé son nouveau Premier ministre. Cher Gabriel Attal, je sais pouvoir compter sur votre énergie et votre engagement pour mettre en œuvre le projet de réarmement et de régénération que j'ai annoncé dans la fidélité à l'esprit de 2017. C'est dépassement et audace. L'arrivée de Gabriel Attal à Matignon est-elle à vos yeux ? Un mouvement stratégique habile, un coup politique audacieux ou un coup de com' ? Nathalie Chuh.

1:03
Invité

Un très gros coup politique. Honnêtement, je commençais à penser qu'Emmanuel Macron n'était plus capable, n'avait plus de jus, comme on dit souvent, qu'il ne pouvait plus nous sortir un lapin de son chapeau. Et ce n'est pas seulement un coup, c'est aussi un réarmement, pour reprendre les mots du Président, politique. C'est-à-dire que c'est le retour de la politique dans le sens noble du terme, à mon sens, puisque c'est un professionnel de la politique, mais ce n'est pas quelque chose de sale être un professionnel de la politique. C'est un apparatchik, Gabriel Attal. Ça fait presque dix ans, huit, dix ans qu'il grenouille déjà dans les couloirs du pouvoir. Donc il connaît ça par cœur.

Il connaît les coulisses des ministères, les coulisses du Parlement. Donc pour moi, oui, c'est un gros coup quand même. Thomas Legrand. Quelle tristesse ! Un gros coup politique de mettre un apparatchik quand on nomme un Premier ministre, un chef de gouvernement, un chef de la majorité. Un chef de la majorité, ça veut dire qu'il y a un souffle, ça veut dire qu'on va avoir un nouveau contour d'une majorité, un nouveau mouvement. Je reviens au tweet que vous avez cité, Léa. Réarmement et dans l'esprit de 2017. L'esprit de 2017, c'était révolutionner la politique. On a vu ce que ça a donné. Mais c'est l'esprit de 2022 qu'il faut retrouver.

Parce que 2022, c'est l'élection la plus fraîche, c'est la légitimité la plus fraîche. Et là, il y avait un seul message. Il n'y a pas eu beaucoup de messages, il n'y a pas eu beaucoup de campagnes, mais il y avait un seul message. C'était mon mandat sera écologique ou ne sera pas. Si les mots ont un sens, tout le monde a oublié ça, parce qu'on a fait l'immigration et les retraites. Moi, j'attendais que le président dise, bon, on a fait l'immigration et les retraites, il fallait adapter la France. On est d'accord ou pas, mais ce sont des mesures d'adaptation. Maintenant, on a fait ça, c'était dur, c'était compliqué. On va revenir sur le message de 2022.

Les électeurs, ils ont voté en 2022, ils ont voté en 2017, mais ils ont re-voté en 2022. Et il a gagné en 2022 parce qu'il a dit ça, à mon avis. Non, Bruno Jeudy n'est pas d'accord avec vous. Il a dit ça et ça a permis à une frange importante de l'électorat de gauche qui avait voté pour lui contre Marine Le Pen, de recommencer à voter pour lui contre Marine Le Pen. Donc, si les mots ont un sens, mon mandat sera écologique ou ne sera pas. Moi, je m'attendais à ça. J'ai pas entendu le mot écologie dans le premier discours. Si, il en a parlé. Je pense que c'est un bon coup politique pour Emmanuel Macron, qui n'avait pas d'autre choix.

Si on parlait ce matin de la nomination de ceux qui étaient désignés il y a trois jours, on serait tous d'accord pour dire, franchement, il n'avait pas grand chose à faire. Il réussit ça au moins. Vous savez, six ans et demi après, quand un président de la République était en place, arriver à étonner encore déjà nous-mêmes, c'est déjà beaucoup. Et ça veut dire que quand il parle de régénération, je pense qu'il parle déjà de lui-même parce qu'il voit bien, effectivement, comme dit Nathalie, il n'y a plus de jus dans le macronisme. Donc, je ne dis pas du tout que c'est gagné pour lui.

En revanche, comme souvent, Thomas, je pense que les gens de gauche auxquels vous vous adressez, ils oublient souvent ce que dit l'interlocuteur. Emmanuel Macron a dit qu'il ferait la réforme des retraites et il a dit qu'il allait repousser l'âge de départ. Il a dit qu'il ferait la réforme de l'immigration. On est d'accord ou on n'est pas d'accord. Il l'a fait. C'était un sale boulot à faire. Et justement, moi, j'ai dit, après avoir fait ce boulot-là, il n'avait pas démérité. Donc, il revient au message de 2022, l'écologie, de 2022. Moi, je pense que Gabriel Attal, Thomas, c'est un plan de relance du quinquennat. C'est un plan de relance du quinquennat.

C'est un quinquennat qui ne va pas bien du tout. Et que là, ce qui se joue... C'est pour ça que ce remaniement est sans doute le plus important. Parce qu'il va donner un cap, ce remaniement ? Bien sûr, il va donner un cap. Ce n'est pas seulement un plan de relance pour les mois qui viennent, pour les européennes. Ça, c'est très important. Mais c'est pour la suite du quinquennat. On verra au discours. Ce qu'il va faire là, c'est ce qui existera dans deux ans ou n'existera pas. Donc, s'il n'y a pas ça, il n'y a plus de macronisme et le macronisme, il n'en restera rien du tout. Donc, c'est pour ça que la nomination de Gabriel Attal va bien au-delà d'un tweet et d'un coup de com'.

Oui, mais je reprends tout à fait ce que Bruno Jeudisait sur le plan de relance du quinquennat. Si le président fait ça, c'est aussi parce qu'il arrive à un moment où il était complètement acculé et où on avait l'impression qu'on était en fin de règne. Que le mandat, trois ans et demi avant la fin, était quasiment terminé. Qu'on ne pouvait plus avoir de surprise. C'est la première fois que le jeu politique se rouvre à ce point-là. Vous parlez de stratégie. Non, je parle de politique et de réforme. C'est moi terminé, je vais vous expliquer pourquoi. Il a dit une chose, Gabriel Attal, il y a, je vais réunir toutes les forces vives. Je vais respecter l'opposition, je vais lui parler.

Alors, on n'est pas obligé de le croire sur parole, on va bien voir dans les faits ce qui va se passer. C'est la première fois qu'on se dit, tiens, il a un problème Gabriel Attal, le même qu'Elisabeth Borne avant lui, il n'a pas de majorité pour réformer. Mais, on voit bien qu'il y a des voies de passage, des choses qui peuvent se nouer avec une partie de la droite qui est prête à discuter avec lui. Alors, ça ne va pas du tout dans votre sens parce que pour le coup, c'est plutôt un penchant vers la droite. Je pense que c'est quelqu'un qui va mener... Non, non, non, c'est la pratique politique qui m'intéresse. Non, mais la pratique politique, justement, elle peut changer éventuellement.

Vous avez toute une partie de la droite aujourd'hui qui a été écoeurée parce qu'il s'est passé dans le débat sur l'immigration, écoeurée d'avoir à voter des motions de rejet avec le Rassemblement National et qui dit, au fond, c'est le dernier train qui passe. Si on nous appelle, pourquoi pas ? Thomas Le Grand. Alors, là, je ne parle pas d'orientation politique. Je ne parle pas de réformes aussi. Parce que si la droite a été écoeurée récemment, il y a de bonnes raisons. Elle a fait un deal avec le gouvernement. Elle a fait un deal avec la majorité. Et là, on a l'impression, et on va voir dans la nomination des ministres, on a l'impression que ce deal est caduque.

Que tant mieux, le Conseil constitutionnel va censurer la moitié de la loi. Et puis, pour ce qui est du reste, on ne fera pas des régularisations au fil de l'eau. Donc, on ne révisera pas l'AME. Donc, la droite, de ce point de vue-là, la rénovation de la politique, bon, moi, sur la loi de l'immigration, ça ne me dérange pas, mais d'un point de vue de la pratique politique, je trouve ça... Il faut attendre le discours de politique générale, il faut attendre la nomination des ministres, et de voir si l'architecture, je parlais d'écologie, est-ce qu'il y aura une architecture...

7:04
Présentateur

Alors, justement, quel regard... Parce que c'est aussi une affaire, pardon Thomas, mais c'est aussi une affaire de personne. Vous semblez dire que ce n'est qu'une affaire de cap ou de pratiques politiques, c'est aussi une affaire de personne. Donc, qu'est-ce qu'il devrait faire, dans la composition de son gouvernement, pour poursuivre cet élan ou ce plan de relance à Talc, dont vous parlez...

7:27
Invité

Il a donné quand même un petit peu un élément hier, je pense qu'à côté de l'écologie, on va voir le sort qu'il lui donnera, c'est très important, sur ce point-là, je suis d'accord avec Thomas, l'école, il a quand même dit hier, la cause de l'école, donc l'école doit figurer...

7:40
Présentateur

Est-ce qu'il peut cumuler Matignon et l'éducation ?

7:42
Invité

C'est une vraie question, ou est-ce que l'école dépendra de Matignon ? Il y a envie, mais je crois que l'Élysée a dit plutôt non. Mais ce qui est clair, c'est qu'à mon avis, c'est un bon cap, l'école, parce que franchement, toutes les études... Nous, le week-end dernier, on a encore publié un sondage sur le niveau des élèves... C'est un cas en plus du dépassement, la droite et la gauche peuvent s'entendre sur beaucoup de choses...

Oui, mais une chose est de le dire, une autre est de le faire, et de ce point de vue-là, Gabriel Attal sera rattrapé par ce qu'il a déjà fait à la tête de l'éducation nationale, il doit poursuivre pour garder, j'allais dire, une identité politique, il commence à construire un petit peu une identité à l'éducation, paf, il s'en va au bout de 5 mois, alors que c'était plutôt prometteur, il a plutôt intérêt de continuer à Matignon, c'est pas parce qu'il n'est plus à la tête du ministère de l'éducation nationale que les Français vont oublier ce qu'il avait promis, et à la rentrée, et après le calamiteux classement PISA.

8:33
Présentateur

Nathalie Chuc, à quoi doit ressembler le gouvernement à venir ? Est-ce qu'il faut traiter les susceptibilités ? Il y a des ténors, je ne sais pas si c'est vrai, mais il paraît qu'ils se sont opposés à cette nomination. Le cas Bruno Le Maire, qu'est-ce qu'il doit faire Emmanuel Macron ?

8:47
Invité

Il va être aussi coincé qu'Elisabeth Borne avant lui, c'est exactement la même problématique, il y a des équilibres à respecter au sein de la Macronie. Vous avez déjà le pape François Bayrou qui dit « Moi je pèse tant de pourcents au sein de la majorité, donc je veux tant de mecs au sein du gouvernement, et je ne déroge pas à ça. » Et d'ailleurs, l'arithmétique va à tel point que François Bayrou... Ils ont déjà pris une petite claque quand même Nathalie. Ils ont pris une petite claque certes, mais vous avez... Vous voulez dire Bayrou s'est pris une petite claque ? Alors il n'a pas été suivi, parce qu'ils avaient des réserves.

Ils ont tous un peu grincé quand ils ont vu qu'il allait vraiment nommer Gabriel Attal, et qu'ils n'ont pas calé. Mais pourquoi ils ont grincé ? S'agissant de François Bayrou, je ne sais pas s'il s'opposait véritablement à Gabriel Attal, il préférait Julien Denormandie, mais je pense que son sujet c'était plutôt « Est-ce que je ne peux pas différer ce gouvernement de quelques semaines, en espérant être blanchi au moment du verdict de l'affaire des assistants parlementaires du BADEM, et éventuellement accéder à Matignon ? » C'est très humain. Je pense que c'était ça sa problématique.

Donc il va falloir qu'il compose avec Bayrou, il va falloir composer avec Édouard Philippe, il va falloir composer avec la majorité relative. Ce qu'il a de mieux à faire aujourd'hui, c'est mettre tout le monde autour de la table, parler avec la droite, parler avec la gauche, dire « Voilà, on a une difficulté, l'extrême droite est aux portes du pouvoir. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on se met d'accord ? » Et donc essayer de faire un gouvernement un peu composite, c'est peut-être celui qui a le plus de chances d'y arriver. Alors le risque de plantage est majeur, mais en tout cas il peut essayer. Comment vous le voyez ce gouvernement Bruno Jeudy ?

Moi je pense qu'il faut qu'il reste sur son mot « régénération », ça veut dire qu'il faut qu'il arrête de vouloir composer avec tout le monde et qu'il fasse un gouvernement... Là il y a urgence, l'extrême droite est aux portes du pouvoir, 10 points de retard dans les sondages aux européennes, c'est une grosse gamelle, un gros coup de tonnerre qui se prépare pour le mois de juin, il ne s'agit pas de trembler et de se dire « Je vais donner une pincette à Bayrou, une pincette à... Je vais ménager Édouard Philippe », mais il ne faut ménager personne maintenant. Ils sont obligés de passer par la Bayrou et tout. Oui, mais au niveau de régénération, il faut qu'il y aille.

Il faut qu'il y aille juste. Tout malheureusement. Je ne veux pas faire le vieux grincheux, ce n'est pas les postes et les noms qui comptent, c'est la politique, mais qui connaît plus de 3 ou 4 noms de ministres aujourd'hui ? Nous on en connaît un peu plus, mais ceux qui connaissent plus de 10 noms, ceux qui connaissent de 10 noms de ministres, c'est qu'ils sont ministres même, c'est qu'ils sont membres du gouvernement. Sinon, la plupart des postes qui vont se souhaiter ou qui vont changer, personne ne s'en apercevra. Vous connaissez la petite blague ? Le qui est important, c'est Bruno Le Maire. Oui, voilà. Et alors, Bruno Le Maire ? Attendez, attendez, je finis.

Ce qui m'intéresse, c'est de voir si la structuration qui était bien faite sous Elisabeth Borne, elle était mal incarnée et la politique n'a pas suivi. C'est-à-dire que l'écologie et la française que prenait Emmanuel Macron n'a pas encore trouvé ses contours. Est-ce que cette structure administrative et politique sera maintenue et renforcée ? Moi, c'est ça qui m'intéresse, je pense que c'est le plus important. Deux choses, je pense qu'il y a quand même un élément important dans ce remaniement qui se prépare, c'est le cas Bruno Le Maire. 6 ans et demi à Bercy, 2500 jours. L'homme politique le plus expérimenté actuellement, ministre depuis une décennie. Non, ce n'est pas du tout un défaut.

Simplement, Emmanuel Macron, on voit bien, il ne l'affronte pas de face. Là, il y a un problème, il veut le contourner, il veut l'écarter. Il a déjà essayé au mois de juillet, ça n'a pas marché. On voit bien qu'il y a une volonté de changer la maison Bercy.

12:06
Présentateur

Et pourquoi ? Il a démérité, Bruno Le Maire ?

12:08
Invité

Non, il n'a pas démérité. Moi, je pense qu'il devrait être Premier ministre, si vous voulez, le fond de ma pensée. Ah oui ? Je suis tout à fait d'accord avec Bruno Le Maire. C'est Bruno Le Maire qui devrait être Premier ministre. En 2022, tout à fait, Emmanuel Macron est élu avec des voix de droite. Donc, on fait la politique de ses électeurs, pas la politique forcément de sa majorité. Et honnêtement, celui qui était le plus capé pour devenir Premier ministre, c'était Bruno Le Maire. Ça, c'est le choix du président, il ne veut pas de Bruno Le Maire à Matignon. Maintenant, Bruno Le Maire, c'est pas... Pourtant, il est loyal.

Souvenez-vous, Bruno Le Maire a été le directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon. Et c'était pas du tout, Dominique de Villepin, un Premier ministre effacé. On revenait au canon de la Ve République, où le Premier ministre gouverne, occupe le Premier plan. Et donc, Bruno Le Maire a toujours dit, un Premier ministre est là pour être au Premier plan médiatique. Et le président, en gros, inaugure les crédits en tête. Le titre originel de Bruno Le Maire, c'est que c'est pas un fidèle de la première heure. Là, forcément, en nommant Gabriel Attal, il nomme le titre de libération Macron. Donc, c'est quelqu'un à qui il doit tout. Le titre de libération.

C'est quelqu'un à qui il doit tout. Il a un petit peu le coup de Mitterrand avec Fabius. Le cadet de ses sosies. Il l'installe et Gabriel Attal, à mon avis, peut faire un bon Premier ministre. Il n'empêche, Bruno Le Maire, le cas Bruno Le Maire doit être traité. Est-ce qu'il reste à Bercy ? Est-ce qu'il va au Quai d'Orsay ? Ou est-ce qu'il s'en va tout court ? Il n'a pas voulu être leader de la liste pour les européennes. Moi, je trouve que c'est étonnant parce que dans les scores, il y a eu un seul sondage qui l'a mis à 22%. Franchement, à 22%, il devrait signer tout de suite parce que c'est loin d'être gagné cette affaire.

Ça paraît compliqué quand même d'avoir un Premier ministre très jeune, qui peut être un peu anxiogène du coup, même s'il est très expérimenté pour son âge, et de se séparer de ténors comme Bruno Le Maire. Gérald Darmanin qui visiblement a obtenu des assurances. Il semblerait que Bruno Le Maire ait obtenu des assurances aussi. Mais c'est vrai que, je pense qu'Emmanuel Macron est très mitterrandien. Il s'amuse aussi à déstabiliser les piliers de son équipe. Donc, il va essayer de trouver d'autres personnalités pour les noyer un peu. Ça paraît compliqué de les sortir quand même.

C'est que Bruno Le Maire et Gabriel Attal, même s'il a été son ministre délégué, s'entendent plutôt mieux qu'entre Gabriel Attal et Gérald Darmanin. Mais ça, cette pièce-là, on l'a déjà connue avec Elisabeth Borne. Donc, ça continue. Voilà, puisqu'on est dans les petites histoires, ce qui est amusant, c'est le tweet de Gérald Darmanin qui dit, ou la déclaration qui dit, moi j'aime bien finir ce que j'ai commencé. Voilà.

14:24
Présentateur

C'est une belle manière de finir ce qu'on a commencé. On va continuer à parler des noms et du gouvernement, puisque c'est les deux jours où vont bruisser toutes les rumeurs possibles et imaginables.

14:34
Invité

On dira tout et le contraire de tout, puis c'est pas autre chose, de toute façon.

14:37
Présentateur

Et puis on verra le résultat vendredi. Merci à tous les trois. Merci. Bruno Jeudy, Nathalie Chuc et Thomas Legrand.