Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur "l'Ere du Peuple" à sciences-po Lyon
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 62 %Attaque 28 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 21:00OuverteRéponse directe
Sous votre casquette eurodéputé, comment considérer un peuple européen face à une majorité de députés Front National qui veulent s'arracher à l'intérêt général humain ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Votre mouvement est perçu comme personnalisé, voire violent. Quel est votre rôle dans la révolution citoyenne ?
- 24:00OuverteRéponse directe
Votre génie est sacrifié par votre manque de contrôle. Comment devenir président de la République ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 22:00Locuteur 2Promesse
« Le peuple sera constituant ou ne sera pas. »
- 12:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« 70 % des femmes du monde ont recours à une méthode de contraception. »
- 15:00Jean-Luc MélenchonFait
« Un seul écosystème est compatible avec la vie humaine. »
- 0:15Locuteur 1Chiffre
« Il y a 100 millions d'Arabes, il y a jamais eu autant de monde qu'à parler français. »
- 1:00Locuteur 1Fait
« Nous ne sommes pas des Français, nous sommes des êtres humains, vous comprenez ? »
- 5:30Locuteur 1Chiffre
« Nous sommes la nation qui consacre après les États-Unis le plus d'argent par tête de pipe à l'espace. »
- 7:00Locuteur 1Promesse
« Le parti de gauche ne se vit pas comme une fondation pour l'éternité. Nous nous proposons de dissoudre pour faire un autre parti plus grand. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Applaudissements] Bien, bonsoir, bonsoir à tous. Euh merci, merci Jean-Luc Mélenchon d'avoir accepté l'invitation de de l'association et et de venir ici à Science Paul Lyon pour participer à cette conférence. On est très heureux de vous accueillir effectivement dans un cadre universitaire et on a envie effectivement de jouer ce jeu de de l'échange universitaire pour vous découvrir aussi sous un autre angle que celui que celui que veulent bien laisser passer les médias.
Vous nous vous présentez l'air du peuple, un ouvrage que vous avez publié il y a quelques mois voire quelques années. Septembre 2014, c'est ça. septembre 2014, ouvrage dans lequel vous revenez non pas sur la crise car vous faites une distinction très très nette et très précieuse entre la crise et ce qui s'opère dans le monde dans le monde actuel, ce que vous appelez un changement total de trajectoire d'histoire de l'humanité, un ensemble de bifurcation et on va revenir notamment probablement sur ces sur ces termes qui sont extrêmement importants.
Cet ouvrage est est pétri d'une d'une certaine philosophie de l'histoire. Il interroge d'ailleurs le sens de l'histoire et probablement il est un de ces ouvrages qui qui le fait alors que ça ne se fait plus de tant que cela aujourd'hui et il a bien évidemment toute une série de clin d'œil à des classiques, des études politiques et et donc il a toute sa place dans cet amphithéâtre et dans ce dans le débat que nous allonsir. L'air du peuple, c'est plus que le changement, c'est probablement une insurrection, une révolution. et vous insistez avec force sur les différentes dimensions de cette nouvelle trajectoire ou de ces bifurcations qui ont des des dimensions climatique évidemment démographique forte économique avec le nouveau coût du capital mais aussi culturel avec un un chapitre à part je pas de question sur ce chapitre mais qui est fort intéressant sur sur le nouvel ordre du temps et le nouveau rapport au temps qui est là un changement culturel majeur et notamment quand on on ramène l'histoire de l'humanité à une journée, on prend tout le tout le on prend conscience de de l'accélération de de cette histoire d'une certaine manière.
Bien, restes bifurcations qui frappent notre société, notre monde non ne sont guerre pris cette transformation ou ces bifurcations ne sont guerre pris en compte par le politique ou dans le champ politique ? Et c'est là, c'est là tout l'enjeu quand même de cet ouvrage. C'est de cela dont nous allons parler donc au cours de de cette conférence.
Je vous propose donc d'organiser un peu nos nos échanges autour de trois questions et vous prendrez tout le temps bien évidemment que vous souhaitez pour pour répondre à chacune de ces questions. Mais simplement on essaiera de évidemment de conserver 30 à 35 minutes quand même d'échange avec la salle, ce qui est probablement le plus important pour le public ici ici rassemblé. Alors, première question, vous revenez en détail et sur l'éclivage partisan, même si vous le dites pas comme cela, mais sur ce qu'on pourrait appeler l'éclivage partisan, sur leur perte de sens, notamment à gauche, que c'est ce quiintéresse directement sur leur perte de sens dans la France de l'après 2012.
Très clairement, vous visez évidemment les socialistes, vous leur attribuez et à certains d'entre eux, je vais y revenir, la brouille notamment de ce de ce clivage droite gauche ou gauche droite, plus largement, on assisterait selon vous à ce que les politistes appellent un désalignement partisan, c'est-à-dire cette incapacité d'un certain nombre de parties gauche à prendre en compte les profondes transformations sociales parmi celles parmi lesquelles celles que j'ai pu évoquer précédemment en restituant votre votre parole. Les partis ne correspondent plus au principaux clivages qui traversent notre société. On peut toutefois être frappé de la nature de vos de vos propos et de leur niveau de personnalisation dans cet essai politique évidemment et qui a une qui a aussi la forme d'un essai politique.
Vous attribuez beaucoup à la personne de François Hollande et à sa supposée pratique de la monarchie présidentielle avec tout de même deux travers possibles. Et c'est c'est de cela dont j'aimerais qu'on qu'on discute sur cette deux travers possibles à cette personnalisation. Le premier qui serait celui de rester centré sur 2012 alors que probablement les causes sont aussi antérieures à 2012 pour une bonne partie et sont peut-être inhérentes à la 5e République et à ce mariage entre la gauche et la 5e République.
Un premier un premier élément. Et puis par ailleurs évidemment le second travers, c'est d'en rester à la figure du président sans sans évoquer l'ensemble du système qui lui-même contribue très largement probablement euh euh à ce à ce désalignement. et à ce brouillage des des clivages.
Ma question est donc, est-ce que vous croyez véritablement à cette personne ? Bon, d'abord, un mot de remerciement à vous tous qui me faites le l'honneur et le plaisir de venir m'entendre, à ceux qui ont organisé cette soirée, aux responsables de cet établissement et euh d'un mot, je résumerai que c'est pour moi un moment extrêmement important que celui-ci car vous avez l'habitude de me voir peut-être dans des circonstances totalement différentes où je dois m'adapter à un autre rôle qui est d'essayer de manœuvrer les manœuvrier et de retourner le système médiatique contre lui-même dans l'application d'une stratégie qui a ses figures et qui correspond à une vision politique particulière de la formation de la conscience politique de masse. Je pense que c'est le conflit qui crée la conscience.
Et là où il n'y a pas de conflit, il n'y a pas de conscience parce qu'il n'y a pas de mise à distance. Le conflit crée la conscience. iloblige à réfléchir, à opiner, à choisir et précisément tout l'art de ceux qui voudraient se débarrasser des opinions qui les dérangent s'ils sont au sommet de leur art, va consister à les empêcher de penser.
Et pour les empêcher de penser, il faut qu'il falsifient la matière de base de la pensée que sont les mots l'esprit. Si vous vous en référez à ce qu'on dit Carl Marx, vous allez entendre parler un peu de Carl Marx ce soir, hein. C'est pas grave, hein.
C'est pas grave. Dans la vision du matérialisme historique à laquelle j'appartiens, école de pensée du matérialisme historique, la pensée, c'est un brouillard cérébral, électrique, électromagnétique qui prend sa forme, comme dit Marx, par la malédiction de la matière. Et cette matière, c'est déjà le langage qui va permettre de formaliser, d'enchaîner par la syntaxe, la grammaire, l'articulation des choses en telle tel que notre cerveau peut l'organiser.
Dès lors, ma première bataille va consister quand je viens à votre rencontre, c'est très bien que vous êtes pas tous de mon avis. Certains n'ont d'ailleurs pas forcément un avis sur le sujet. ça va être de vous permettre de rencontrer quelque chose qui est une pensée théorique de laquelle se déduit une stratégie politique et des méthodes de combat.
Au fil de la soirée, j'espère que vous discernerez les différents niveaux d'intervention. Je ne suis pas un savant, je ne suis pas un sociologue, je ne suis pas un philosophe, je ne suis pas un anthropologue et je suis tout ça en même temps au service d'une action mais qui est une action raisonnée, pensée. Les idées claires précèdent l'action claire.
Pas d'action claire sans idée clair. Alors, je réponds à votre question. Quelle place occupe François Hollande dans ce dans ce livre ?
Un livre est un objet. Nous sommes au 21e siècle. Je préférerais faire des livres plus universitaires en ayant le temps d'y travailler avec les outils et les forme et les aides que cette tâche appelle.
Mais ce n'est pas ce que je fais. Tous mes livres sont des ouvrages de vulgarisation d'idées et des penflet. Quel est le rôle de François Hollande ?
Aucun. Il n'en a pas. Il me sert de tête à claque pour commencer le livre et lui mettre une sorte de fil rouge.
C'est-à-dire qu'à chaque chapitre, quand j'ai eu fini le livre, j'ai rajouté quatre ou cinq lignes pour montrer que l'autre était un bon à rien, qu'il avait rien compris, qu'il était à côté de la plaque ou qu'il faisait le contraire. Mais je vous le dis franchement, c'est un prétexte. Sauf que le système a accouché de cet homme-là en particulier qui sur le plan humain est un homme absolument charmant et à qui j'ai aucun reproche particulier à faire.
Je ne le connais pas assez pour ça. Sauf qu'il correspond à cette nécessité de la tyrannie actuelle qui est de voler les mots et d'en changer le contenu. Ainsi, une politique de droite est présentée comme de gauche puisque le titulaire de la fonction est censé l'être.
Ainsi, vous présentera-ton la politique de l'offre ? à une conférence à au palais de l'Élysée au mois de janvier où le le président peut dire une bêtise de plus où il dit bah tout le monde le sait en effet depuis Jean-Baptiste sa 18e siècle moi qui suis marqué j'ai gagné un siècle par rapport à lui. L'offre crée la demande.
Bon ben non précisément si on sait quelque chose est faux c'est bien ça. L'offre crée la demande et c'est traditionnellement le prétexte des politiques conservatrices. Je devrais pas dire conservatrice des politiques libérales que de vouloir faire croire que l'offre va créer la demande.
La vérité c'est que les sociétés humaines sont d'abord fondé sur les valeurs d'usage des objets qu'elles consomment et dont elles ont besoin. Par conséquent, la demande a toujours précédé l'offre. Du moment où vous avez eu soif, il a bien fallu trouver de l'eau et si vous vouliez en ramener à la maison, il fallait fabriquer un outil pour pouvoir ramener cette eau.
La demande a toujours précédé l'ordre l'offre et c'est la logique des sociétés humaines. C'est la raison pour laquelle le fil conducteur de l'émancipation humaine passe par la satisfaction de la demande et l'accès égal à la satisfaction de cette demande. Donc je vous donne raison de dire que si on lisait le livre en pensant qu'on rend cet homme responsable de tout, ce serait une erreur.
Je n'essayie pas de le faire. J'ai dit que je m'en servais comme prétexte mais il est aussi la quantessence des choses que nous vivons. Cette falsification des mots est pour moi le plus grave.
Je suis un homme de gauche au départ assez traditionnel. Ma formation c'est celle des années 70. Il y avait une révolution socialiste par an quelque part dans le monde.
Donc nous passions nos soirées fiévreuses à comparer les modèles de révolution socialiste entre eux, lesquels ont préféré, lesquels ont condamné, qu'est-ce qui était bien, qu'est-ce qu'il fallait faire, qu'est-ce qu'il fallait pas faire et ainsi de suite. Et donc les mots étaient la manière déjà de situer les choses, de les positionner. Déjà, on avait du mal.
Fallait appeler socialisme quelque chose qui finalement n'y ressemblait pas trop et ainsi de suite. Et là, nous sommes dans une espèce de paroxisme actuellement. Et je c'est devenu vraiment une méthode de combat de je ne dis pas les socialistes parce que le mouvement socialiste, il continue à exister dans les consciences, dans les cœurs.
Des tas de gens sont socialistes. D'une certaine manière, je le suis, je l'ai j'ai été membre de ce parti pendant 32 ans. Mais ça ne veut plus rien dire.
Non seulement parce que ce que nous avons sous les yeux, je les ai appelé les sols fériniens, n'a plus rien à voir avec le mouvement socialiste, ni traditionnel social-démocrate, ni nouveau social social libéral comme il peut-être appliqué en Allemagne et cetera, mais surtout parce que le logiciel de base est définitivement condamné pour les raisons que je je vais passer en revue tout à l'heure mais que je peux déjà vous résumer. Les deux grands logiciels politiques sont obsolètes. Le premier c'est celui des libéraux qui est l'idée libéraux au sens où nous l'entendons en France, non pas au sens historique américain ou nord-américain ou bon ce courant là pense que ce qui va mener le monde et nous permettre de trouver la solution à tous nos problèmes, c'est la main invisible du marché, la politique de l'offre, la libération sans condition de ce qu'il considérait être la dynamique fondamentale des sociétés, la compétition.
Voilà. Et nous savons tous que ce système-là aboutit à une prédation inouie sur la nature et sur les êtres humains. Et nous sommes d'ailleurs en ce moment à une phase quasiment paroxistique de cette affaire où le système lui-même ne sait plus quoi faire face à ce qu'il crée lui-même.
Par exemple, la COP 21 est sous l'emprise la conférence sur le climat y compris dans le camp libéral où tout le monde n'est pas c'est pas composé d'autres dieux sauvages qui veulent la mort du reste de l'humanité. mais de gens qui ne savent plus par quel bout attraper la question, comment faire coïncider la ligne politique qu'ils défendent avec la la protection des catastrophe qu'elle déclenche au niveau écologique et ce sera le sujet tout à l'heure. Voilà pour les libéraux.
Quant aux socio-démocrates, on va les appeler socio-démocrates mais en vérité il n'y a jamais eu de parti social-démocrate en France. Ce serait une autre discussion politique de savoir comment on caractérise le mouvement socialiste français qui a toujours eu une singularité dans l'espace de la social-démocratie mondiale, notamment parce que vous ne vous en rendez pas compte peut-être en raison de de votre âge, mais quand Lionel Jospin a été élu premier ministre et a obtenu une majorité et arrive au congrès de l'international socialiste auquel j'ai eu le bonheur de participer à Stockholm et que Tony Blair venait de gagner en février, n'est-ce pas ? Vous voyez qui est au Nibler.
Maintenant, tout le monde est au courant, n'est-ce pas, de cette grandiose trouvaille. Et arrive euh Lionel Josep et les gens le regardaient avec des yeux encore plus gros que les siens parce que qu'est-ce que c'était que ce type qui venait de gagner une élection en proposant de réduire le temps de travail sans baisser les payes et qui ramenait dans son gouvernement des communistes et des écologistes. Personne n'avait jamais vu ça.
Nulle part des écologistes dans un gouvernement. Et qui plus des communistes 10 ans après la chute du mur de Berlin, fallait quand même avoir de l'audace. Beaucoup pensaient qu'il y avait plus de communisme du tout, notamment atlantique.
Donc je la singularité du mouvement socialiste français que je ne vais pas creuser ce soir mais auquel j'ai participé est maintenant terminé. Que reste-t-il ? Le bloc de pseudo logique qu'ils ont à vendre.
Que dit-elle cette logique ? Nous allons corriger les inégalités de la société en répartissant inégalitairement les fruits de la croissance. Nous donnerons plus à ceux qui ont moins et moi à ceux qu' ont plus.
Ceci comporte deux erreurs énormes. La première, jamais de côté, elle est stratégique. Si vous ne touchez pas au capital acquis, puisque vous comptez corriger les inégalités par les fruits de la croissance, vous ne faites pas qu'il y aurait ou passer à côté d'un mago.
Vous passez à côté de toutes les relations sociales que cette accumulation a permis et les rapports de domination que cette accumulation a permis. Donc vous laissez à vos adversaires leurs armes et vous leur dites et en plus vous avez le droit de vous en servir. Naturellement ils s'en servent.
Sur le plan stratégique c'est une sautise. Quant au fond théorique c'est une absurdité. Car si l'on voulait corriger l'ensemble des inégalités par la répartition des fruits de la croissance, il faut qu'il y ait une croissance.
Une croissance sans fin en quelque sorte. Un mesure que la population augmente, naturellement les prédations sur la nature doivent augmenter pour satisfaire les besoins. Mais comme la répartition est inégalitaire, les deux combinés donnent une dynamique de croissance qui est autodestructrice.
Donc si on applique cette ligne, on est sûr de détruire la planète. Par conséquent, on ne corrigera rien du tout, ni les inégalités, ni quoi que ce soit d'autre. Donc voilà pourquoi ce sont à ces fondamentaux que j'ai essayé de m'attaquer.
Pas simplement. Je ne suis donc pas quelqu'un qui vient vous dire je dénonce la trahison des autres. euh parce que ils auraient dû être plus à gauche.
Ce n'est pas la question qui nous est posée. La question qui nous est posée, c'est de répondre aux circonstances dans lesquelles nous évoluons dont je vais parler tout à l'heure avec des outils intellectuels nouveaux en faisant attention au fait que les mots nous ayant été volés, nous menaçons, nous sommes menacés à tout instant de nous prendre les pieds dans le tapis. Pour que on me comprenne bien, il a donc là un double saut.
Le premier est en saut critique contre ce qui se fait. C'est pourquoi il est important quand même de rappeler l'ampleur des désastres déclenchés par la politique d'après moi de François Hollande. Mais il est important de ne pas en rester là et d'aller directement au regard que l'on a sur le monde pour en déduire des outils.
C'est pourquoi dans l'introduction je dis on va pas en rester au resti des turpitudes. On va pas en rester là à se désespérer, à se lamenter, à se tirer les cheveux parce que c'est la catastrophe. Rien ne va comme prévu.
Tout le monde nous déteste. Et les gens du commun disent "Ah ben la droite et la gauche, c'est pareil." Pour vous en ficher, moi c'est un crève cœur d'entendre une chose pareille.
J'ai vu tant d'amis, tant de camarades épuiser leur vie au combat de la gauche. Soit comme syndicaliste, soit comme associatif, soit comme militant politique. À l'époque, il y avait que des gifles à prendre et je vous signale qu'encore aujourd'hui, on en reçoit beaucoup. vous l'avez vu à Air France mais pour une fois c'est pas les mêmes qui prenaient les gifles.
Bon je vais donc juste pour me résumer sur ce moment particulier de l'esprit de la nécessité de concevoir autrement les choses. J'ai trouvé une citation de Garcia Marquez qui est au début de mon livre. Figurez-vous qu'un jour où je rentre dans une salle comme là, une dame me tend un livre.
Elle me dit "Je vous l'offre si vous n'avez pas lu." Bien sûr que je l'avais lu. C'est 100 ans de solitude.
Tout le monde l'a lu ici. Faut lire 100 ans de solitude de Garcia Marquez. Et bien sûr, j'ai lu en tant de solitude, mais vous verrez au fur et à mesure de que votre vie s'avancera, vous aurez des livres qui sont comme des personnes dans votre existence tellement ils vous auront bouleversé et changé votre regard sur le monde.
Puis le temps passe et vous vous dites "Oui, oui, je l'ai lu. Grand Dieu, mais quand ?" et tout d'un coup, vous découvrez qu'il y a un gouffre de temps qui vous sépare des textes.
Si bien que il n'y a qu'une solution, il faut relire. Et voilà la phrase que je vous propose pour que vous compreniez quelle démarche j'ai voulu entreprendre. Voilà ce que dit Garcia Marquez.
Ça se passe au début de 100 ans de solitude. Le colonel Auréliia va être fusillé, ce qui en général paraît-il déclenche toutes sortes de pensées au moment où ça va arriver. Et lui se rappelle de ce qu'il a vécu en arrivant.
Il dit à l'époque où il est arrivé, le monde était si récent. que beaucoup de choses n'avaient pas encore de nom et pour les mentionner, il fallait les montrer du doigt. Ce que j'essaie de faire dans le livre, c'est de montrer du doigt et de donner des noms aux choses pour les désigner du mieux que je peux, telles qu'elles sont, en essayant de ne pas repasser par les sentiers battus du vocabulaire qui pourraient vous induire en erreur.
Ça c'était pour la première question. Merci. Il il y a évidemment dans le titre un mot plus important que l'autre qui est le mot peuple et vous avez un de longs développement dans votre ouvrage sur la notion de populisme que vous rejetez avec avec grande précision et et avec bonheur puisque de fait c'est une notion extrêmement polémique et vous vous le montrez très bien.
Par ailleurs, je me permets de dire que c'est aussi une notion qui pose très largement problème lorsqu'elle est utilisée en terme scientifique, notamment en sciences politiques ou ou en sociologie. Et je citerai simplement les propos de notre collègue Anne Nicol qui montre bien que que le terme de populisme est simplement une forme d'importation en sciences politique d'un débat politique et qu'il ne va que dans le sens de la délégitimation de tous ceux pour qui le peuple est une cause à défendre au profit de la légitimation de ceux pour qui le peuple est un problème à résoudre. Et donc très clairement vous vous vous montrez cela avec vos propres mots et et dans le dans le combat politique.
Et là on ne peut véritablement qu'adhérer quand on on comprend quand on voit la polycémie, la pluralité des usages qui est fait de ce terme et donc il ne veut plus dire grand-chose. Preste une vraie interrogation celle de votre définition du mot peuple. Euh on a là euh réellement un développement marxiste marxien d'ailleurs.
Lorsque vous dites que le peuple advient euh euh lorsque la multitude cesse d'être informelle, cesse d'être l'agitation individuelle pour de pour devenir ayant une conscience en pour devenir véritablement un peuple, une unité ayant une conscience et une conscience pour soi. Mais dès lors qu'on on commence à à observer cela, on peut se demander si on est dans ce moment historique, c'estàd ce moment où le peuple prend conscience et comment on peut le juger d'une certaine manière. C'est là se confronter finalement presque à une des impasses de la pensée de de Marx qui lui-même a hésité à des moments de de son œuvre pour savoir si notamment la commune de Paris avait été véritablement une révolution.
Et et le Marx de la guerre civile dira oui en 1871, le Marx à l'81 dira non. Absolument pas. C'est un mouvement proudonien qui n'avait aucune unité et donc on on sent bien que cette notion de conscience de classe, cette ce fait de savoir si le peuple véritablement advient est un est une véritable question.
Et la question qu'on peut qu'on peut vous poser, c'est donc véritablement de de de vous demander d'une certaine manière si selon vous les mouvements que l'on observe en France certes mais aussi dans dans bien d'autres pays vont advenir et notamment les mouvements urbains auquel puisque vous assistez très largement sur la dimension urbaine de ces de ces mouvements sociaux. Est-ce que ces mouvements font unité ? Est-ce que ces mouvements laissent advenir ce que vous appelez le peuple ?
Autrement dit, quelle est véritablement votre définition du Bon, vous avez bien positioné positionner le l'interrogation. On la voit d'abord dans le champ des idées si on la rattache au passé puisque je vous ai dit tout à l'heure que moi je viens de cette tradition politique, le marxisme en tant que matérialisme historique. Je préfère parler de matérialisme historique parce que dès qu'on commence à dire marxisme, tout le monde s'engueule sur est-ce que c'est le jeune marque, le vieux marc, le marque du dessus, du dessous de l'avant.
Disons que il nous a enseigné une manière d'utiliser le matérialisme dialectique, le matérialisme historique pardon que lui qualifiait de dialectique. Moi, je sais pas si je qualifierai ça de dialectique pour bien aider au matérialisme. Nous sommes à peu près certains, je pense que vous en conviendrez, que l'arrière-plan scientifique de l'œuvre de Marx, une fois qu'on le revisite, nous fait revisiter le matérialisme historique lui-même. par exemple quand il écrit sa vision du déterminisme historique, vous savez l'idée qu'il y ait des lois dans l'histoire, hein, des étapes dans l'histoire euh mais doit être regardé différemment car lui voyait un développement extrêmement mécanique lié à la définition du déterminisme tel que Simon Laplace pouvait le faire à la fin du 19e siècle.
Si on connaît la position d'un corps et sa vitesse à l'instanté, on peut dire toutes les positions qu'il aura dans le futur et toutes celles qu'il a eu dans le passé. Vous voyez comment parallélisme, on peut déduire toutes sortes de choses. Mais ça est absolument faux.
Entre-temps, on a découvert le principe d'incertitude. On va pas on va pas en faire grief à Carl Marx de pas l'avoir connu, hein. Mais il existe et c'est en 1905 qu' a lieu la première bataille intellectuelle entre Nilbor et Einstein sur le thème Einstein dis pas possible, Dieu joue pas au D.
C'est pas si Dieu joue à quelque chose, mais ce dont on est certain, c'est que le principe d'incertitude rend le déterminisme probabiliste. C'est très important. Parce que quand vous parlez d'un déterminisme probabiliste, une probabilité même faible peut s'accomplir, je le rappelle.
Et quand elle s'accomplit, c'est à 100 %. C'est ce qui m'amène peut-être, pardon, c'est un peu abstrait tout ça, mais c'est pour montrer comment il vaut mieux parler de matérialisme historique parce que ça nous oblige à penser les outils du matérialisme que de nous référer au marxisme comme à une doctrine clause dont nous ne tirerons rien sinon des disputes de de de Bénédictin pour savoir ce qui est vrai, ce qui est pas vrai, à quelle page et où et comment. Bon, donc moi, je suis entré dans la réflexion sur le sens de mon temps.
Quel est l'acteur de l'histoire ? Et la déflagration pour moi, elle commence en 1983. C'est vieux.
On avait tout prévu et on allait faire la révolution et le changement socialiste par l'accumulation d'un certain nombre de réformes qui allaient nous faire basculer progressivement dans une société socialiste. Il y a des gens qui n'y ont jamais cru. Peut-être qu'il y avait des cyniques, peut-être qu'il y avait des gens qui rigolaient, mais moi j'y ai cru et j'ai fait partie des gens qui pensaient que c'était démontrable et sérieux.
Et à partir de 1983, on s'aperçoit que tout ce qu'on dit, ça marche pour expliquer le passé mais jamais pour prévoir ce qui va se passer. Et les acteurs que l'on met en scène dans l'histoire ont tellement changé. Quel rapport entre le prolétariat archipel d'ouvriers dans un océan de paysannerie et de petits commerçants et le monde dans lequel je vivais.
Je me suis donc intéressé à ce qu'il y avait de nouveau. Je n'ai pas cherché à démantler l'ancien raisonnement. Je me suis dit qu'est-ce qui a vraiment changé au-delà de tout modes et du reste ?
Qu'est-ce qui a vraiment changé ? Et la première alors ce sont des des découvertes à échelle de masse d'abord à échelle planétaire. Le premier changement et le plus significatif celui qui va m'amener le plus loin dans ma réflexion c'est le nombre.
J'observe je cherchais comme beaucoup des régularités dans l'histoire. Est-ce qu'il y avait des cycles ? Oui, il y a des cycles.
Mais à quoi peuvent-ils bien correspondre quand vous les mettez sur une feuille de papier ? ne correspondent à rien. C'est pas vraiment tous les 10 ans, c'est pas vraiment tous les 15 ans.
Et au bout d'un moment, j'envens à me dire "Mais qu'est-ce qu'en cycle ? Bon, c'est le temps que prend la planète pour faire le tour du soleil." Donc il y a d'autres repères de cycle.
Celui-là est pertinent pour décrire une situation sociale et politique quand vous avez des sociétés qui sont entièrement fondées sur l'agriculture. Alors, le cycle annuel correspond à un cycle de saison qui lui-même va correspondre à des structures politiques, religieuses et sociales. Pharaon fait se lever l'étoile de Sirius.
Il y va tous les ans, il va dans un endroit bien précis. Il l'a fait se lever, elle se lève, la crue a lieu. On envoie les inspecteurs des impôts recalculer les surfaces au bord d'une île pour savoir ce qu'on va prendre aux gens.
Si bien que l'ordre politique, l'ordre cosmogonique et l'ordre social correspondent en un tout harmonieux, global. On peut avoir d'autres discussions dessus mais c'est global. C'est pas notre cas.
La première des modifications, celle qui est donne le rythme de l'histoire, je l'affirme. Alors, d'abord, j'avais trouvé ça dans mon bureau. Vous savez, moi je suis un modeste.
Je suis en sciences humaines qui ont la réputation d'être des sciences molles comparé aux sciences dites dures. Je n'ai pas très bien compris en quoi elles étaient dures. Mais bon, moi je repère que chaque fois que la population humaine double, il se produit un changement fondamental dans l'organisation des sociétés humaines.
Cette thèse est vérifiée par hasard dans un livre de démographe que je lis 3 ans après, mais je l'intègre dans mon livre qui s'appelle La conquête du chaos en 1991. Le rythme intérieur de l'humanité, ces grands bouleversements serait donc directement lié au nombre des êtres humains et la cadence de doublement ou de triplement serait le métronome de l'histoire. Et si vous voulez y réfléchir, on a pas le temps parce que sinon je parle 2 heures, vous verrez que le nombre et je le dis dans le livre, l'histoire est l'histoire des fluctuations du nombre des êtres humains.
Ce n'est pas la thèse marxiste. La thèse marxiste c'est l'histoire et l'histoire de la lutte de classe. C'est-à-dire qu'elle centralise la question de la répartition des richesses comme étant le moteur de l'histoire.
Je ne dis pas que ce n'est pas vrai. Je dis que la question du nombre inclut celle de la lutte pour la répartition de la richesse. Mais ce qui est premier, c'est le nombre.
Et ces fluctuations vont modifier la civilisation humaine. Dès lors, parce qu'il faut faire bref, je m'en vais examiner sinon quelle peut-être l'explication magique de l'accélération de l'histoire humaine ? Si vous reportez l'histoire humaine à une année, vous observez un phénomène incroyable.
L'intuition vous suggère que les êtres humains apparaissant, ils accumulent, c'est vrai, progressivement des savoirs et des sciences, c'est vrai, et des techniques. Sauf que ça n'a absolument rien de linéaire. En supposant qu'un être humain, les êtres humains soient nés le 1er janvier, le soir même, il a inventé les premiers outils.
Mais ensuite, vous devez atteindre fin début janvier, le soir même, il a inventé les premiers outils, mais vous devez attendre fin octobre, janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre. Vous devez attendre octobre pour l'invention du feu. Puis vous devez attendre le 13 décembre pour les premiers rides funéraire, le 28 décembre pour les peintures de la grotte d'Olasco, le 30 décembre l'invention de l'agriculture et le 31 décembre au matin, ça commence à s'accélérer d'une manière vertigine à 4h du matin, on invente la roue.
À 22h05, Christophe Colomb découvre l'Amérique. À 22h50, on invente la machine à vapeur. À 23h a lieu la Révolution française.
À 23h46, on crée la première centrale nucléaire. Et à 23h58, Monseigneur, le téléphone smart. Qu'est-ce qui explique cette accélération ?
Qu'est-ce qu'il explique ? Il faut bien trouver un facteur explicatif. Quelqu'un dit "Il y a eu une modification génétique." Oui, c'est vrai.
Mais les mêmes qui ont découvert ça disent "Vous prenez un prix Nobel de science dure et vous le mettez au pôle Nord." Et ben, vous savez quoi ? Une heure après, il est mort parce qu'il a aucune idée de comment on survit dans un coin pareil.
Si personne ne vient lui dire comment on survit, il ne survivra pas aussi intelligent qu'il soit. Par conséquent, ça n'est pas son aptitude à être intelligent qui va l'adapter à son environnement. C'est bien le process de culture cumulative.
Les êtres humains sont des êtres d'apprentissage mutuel et ils accumulent du savoir. Le fait de parler peut-être considéré comme le résultat d'une culture cumulative. En avons-nous la preuve ?
Oui, par la preuve du contraire. des sociétés dont le nombre s'est accru. un jour pour des circonstances historiques particulières a vu leur nombre décroites parce qu'ils étaient coupés des autres êtres humains et que par conséquent les maladies lorsquelles dévasta faisaient réduire le nombre des des humains.
Non seulement il perdit la pratique de certaines techniques mais les prérequis de ces techniques. Autrement dit il y a un rapport direct entre le savoir, la technique, le développement de la société et le nombre des êtres humains. Bien, on a posé ça dans un coin, on développe pas plus. et on regarde notre temps.
Comme vous pouvez le remarquer, je commence déjà à être antique et quand je suis né, il y avait 2iard 500 millions de personnes. Si j'applique l'outil d'enquête que je viens de mettre en avant, je regarde combien il y en a aujourd'hui. 7 milliards.
Ça a donc triplé pendant le cours de mon existence. Il a fallu 200000 ans pour que le premier milliard d'êtres humains soit atteint et ensuite même pas 100 ans pour qu'on arrive aux trois premiers êtres au tr premiers milliards et nous en sommes à 7 milliards. Et vous croyez qu'il s'est rien passé ?
Il s'est passé plein de choses mais vous ne les voyez pas. Pourquoi ? Parce que vous êtes dedans.
Donc comme vous n'êtes pas extérieur, vous ne pouvez pas observer, vous ne pouvez pas vous rendre compte. Et comme chaque génération est un peuple nouveau, elle reçoit le monde qui lui a été donné comme une évidence alors que c'est une nouveauté. Parmi ces nouveautés, j'ai cherché à pointer.
Vous allez voir, on arrive au peuple. Lesquels ? Alors, je vais commencer par les choses les plus dures.
L'urbanisation du monde. En 1950, 30 % de la population mondiale vivait en ville. Autrement dit, 70 % étaient des ruxaux, des paysans dans des petits bourgs et ainsi de suite.
Aujourd'hui, 60 % de la population mondiale vit en ville et 85 % dans les pays les plus développés. Sur les 12, mais attendez, quand je dis plus développé, les plus développé de population sur les 12 plus grandes villes du monde, neuf sont dans les pays du sud. Quel est quels sont ces êtres humains qui sont là dans des conditions inconnues de toutes les générations passées ?
Pourquoi toutes les générations ont les individus ont dépendu les uns des autres ? Mais là, ils ne dépendent pas les uns des autres, ils dépendent du système, pas des uns des autres. Je ne dépends pas de vous pour la cueillette ou la chasse ni vous de moi, heureusement pour vous, parce que sinon on mangerait pas souvent.
Mais nous dépendons d'un système global, c'est-à-dire que vous n'avez pas d'eau à Lima km 40 si vous n'en avez pas à Lima km 20 parce que s'il y a pas de tuyau, il y a pas d'eau et vous aurez pas l'eau potable et ainsi de suite pour l'électricité et tout le reste. Autrement dit, la caractéristique de ces êtres humains, c'est que ce sont des êtres en réseau. Je l'ai appelé hom urbanus parce que j'ai pas trouvé le mot en latin de l'homme l'homme être humain pas l'homme genre masculin.
Des hommes en réseau, des individus en réseau. Le fait d'être de dépendre d'un réseau et d'une machinerie complexe touche tous les aspects de votre vie. Ceci aussi est absolument neuf.
Vous naissez et vous mourrez dans des réseaux. Très peu de gens naissent à la maison, très peu de gens meur à la maison. Je vais prendre des exemples extrêmes.
Cette population urbaine, elle a une autre caractéristique. Elle est massée au bord de l'eau. Et la limite de ce qui peut être pris à la terre telle que nous la connaissons, la partie émergée, est en train d'être atteinte. ce nombre augmentant, cette proximité, nous ne sommes pas proche de l'eau.
Nous sommes à la frontière de l'espace suivant que nous allons envahir quand nous avons envahi tous les autres espaces disponibles de la planète. C'est-à-dire que le 70 % de la surface de la planète est en train d'être envahi par les êtres humains. Et vous ne vous savez pas, vous ne vous en rendez pas compte parce que ça a commencé à la sauvage.
On commence par y mettre les ordures, les poubelles, des continents entiers de plastique qui sont là. On fait des trous un peu partout pour prendre du pétrole. On y coule tout ce qui tout ce qui gêne et ainsi de suite à la sauvage, à la libérale, à la barbare.
Évidemment, le niveau de l'eau monte à cause des prédations qui sont faites sur la nature. Et ça concerne 50 % de la population mondiale, 75 % pour certaines zones de gens qui vivent à moins de 100 km de la mer. Ça vient le peuple hein.
Mais je finis cette explication comme ça elle sera faite pour la suite. Le fait que l'eau monte et que ça provoque ce que vous imaginez. Qu'est-ce que vous imaginez ?
Le plus rigolo. L'eau au monde ça détracte le climat. Ça met pas que les pieds dans l'eau de ce qui s'y trouve hein.
Puis d'ailleurs, c'est pas pourquoi je dis rigolo. Il y a des choses sont pas du tout drôle. Quand l'eau aura monté d'un m,20 et elle va monter d'un m20, il n'existe aucune possibilité qu'elle ne monte pas d'un m20 d'ici à 2040 ou 50.
Aucune possibilité. Ne croyez pas que l'eau ne montera pas. Elle a déjà commencé à monter plus vite en 10 ans qu'au cours des 3000 années précédentes.
Que va-t-il se passer ? Elle va monter, elle va monter, elle va monter 1,20. Supposez que vous habitiez Bordeaux.
Vous êtes à 50 km de la centrale nucléaire de Blaï. Quand il y a eu un creux de 7 m et un 20, un vent à 140 km, heureusement qu'un ingénieur s'est dit que ça allait mal tourner et il a coupé l'alimentation de la centrale et mis les barres qui bloquent le la réaction nucléaire. En effet, les prises d'eau étaient en train d'être bouchées par les aluvions.
La centrale est à 50 km. Ça va, un type qui nous a tiré d'affaires. Mais la prochaine fois quand l'eau va monter, non, à 1,20 la centrale est noyée noyée.
J'ai pas la carte là, on a fait des petits des petits dessins. Donc le défi que représente pour l'humanité les conséquences de sa prédation et de son mode de production et d'échange, ça c'est très marxiste, très matérialiste sur la société la met au défi de trouver des solutions. Donc ce que je suis en train de vous dire, c'est pas de l'idéologie.
Vous avez le choix mes amis. Si l'eau monte, vous avez deux choses possibles à faire. Investir de l'argent dans les sociétés de déménagement, ça rapportera.
Apprendre à nager. Ça vous fait rire ? Vous savez qu'il y a deux villes en Inde où on fait le tour dans les quartiers pour savoir qui s'est nagé, qui s'est pas nagé parce qu'ils sont noyés tous les 3 mois.
On en est là. Bon ou l'autre solution c'est de se dire bah peut-être que tous ensemble il va falloir trouver une solution qui nécessairement devra s'imposer à tous. S'imposer à tous.
Quelle horreur ? C'est la loi. La racine l'essence de la loi c'est qui s'impose à tous parce que décidé par tous.
Donc ce n'est pas vrai que dans ce cadre la somme des intérêts particuliers des fuites particulières va donner le résultat de l'intérêt général. Ça c'est pour tout à l'heure. Je viens au peuple.
Le peuple c'est cette entité qui vit en réseau et plus seulement ceux qui sont dans l'entreprise comme acteur de la révolution que dont nous voulions qu'elle soit socialiste. Dans notre idée du passé, ce qui allait changer la société et renverser l'ordre des dominations, c'était le prolétariat des entreprises qui se constituant en classe révolutionnaire prenaient le pouvoir, abolissait l'ancien système et libérer l'humanité toute entière. ce scénario a sa logique et sa cohérence, mais les la situation se présente.
Alors à l'époque quand on le propose, c'est un archipel dans une société de paysans, je l'ai dit tout à l'heure, et de commerçant. Et quelle est la particularité de cet archipel si on veut bien y réfléchir ? C'est que c'est un réseau.
Quand vous allez voir un coron, qu'est-ce que c'est si c'est pas un réseau ? La preuve, c'est que ça a été construit par les patrons les Corons. Pour ceux qui aiment bien jouer du violon sur les murs charmantes du passé, figurez-vous, c'est une entreprise de fliquage généralisé incroyable en Coron parce que personne n'est libre là-dedans.
Tout le monde surveille tout le monde. Mais c'est un réseau. L'idée est une bascule.
Quel est l'acteur de l'histoire ? C'est cette masse humaine dont nous savons qu'elle habite Paris, Massie, Évri parce que nous sommes des gens instruits. Mais si vous les regardez du ciel, tout ça existe pas.
Il y a une énorme conurbation. Les millions de gens sont là, 13 millions, c'est la région parisienne et ils vivent en réseau, des fois très court, on sort pas de chez soi ou des fois c'est le RER, d'autres fois c'est le téléphone. Et curieusement, plus on est proche, plus on communique.
C'est pourquoi un des symptômes les plus évidents de l'activité populaire et révolutionnaire, c'est l'augmentation des connexions téléphoniques. Vous n'allez pas croire que c'est le téléphone qui fait la révolution parce que c'est arrivé que des gens le croient hein que le réseau crée le mouvement social. Non, c'est le mouvement social qui dispose d'un outil technique.
C'est frappant à voir mais l'étude a été faite puisque maintenant comme vous le savez par la géolocalisation, on sait où sont les gens sont en train de faire. Donc le peuple c'est cette catégorie là qui dépend entièrement du système du collectif. Certains peuvent penser qu'ils n'en dépendent pas.
Certains arrivent à s'arracher à ce collectif. Je me souviens au Brésil de camarades à San Paolo qui me disait "Regarde-les passés". On voyait des hélicoptères qui allait d'une tour à l'autre et il me disait "Regarde c'est les riches." J'ai bon débarras bien blaguer.
Et le camarade me dit "C'est pas du tout une bonne nouvelle, pas du tout parce que comme ils sont plus en bas dans leur bagnoles à se taper les bouchons, ils en ont plus rien à faire ni de l'état des routes, ni de l'état des transports en commun. Eux, ils ont leurs hélicoptères." Le peuple c'est cet ensemble pris.
Alors quand vous le voyez qu'est-ce que c'est ? C'est le peuple par exemple vous mettez à la sortie d'un ascenseur à Montparnas où là vous devoir une tour horrible aussi. Bon alors les gens sortent.
Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'ils font ? On ne sait pas.
C'est la multitude. C'est ce que j'appelle la multitude. Des milliers de destins différents, des petits, des grands, des gros, des maigres, des riches, des moins riches et cetera, mais ils sortent tous du même ascenseur et ensuite ils sortent de l'immeuble et ils vont dans la même rue.
Peut-être pas pour monter dans la même voiture ni pour se déplacer de la même manière. C'est la multitude. C'est destin mélangé, bigaré.
Apparemment, ils n'ont rien de commun. Si a quand vous les avez à l'entreprise dirons quelque chose en commun, c'est l'entreprise le lieu de l'exploitation et de la fabrication de la plusvalue. Oui.
Oui, c'est vrai. Mais quand ils vont se mettre en mouvement, les choses ne se passent pas comme prévu dans l'ancien manuel. Ce n'est pas dans l'entreprise que ça démarre.
Je vais donner un exemple brésilien puisque je me fais en devoir de saluer au premier rang un personnage qui en connaît bien plus que moi sur le Brésil. Et c'est le moment où les camarades font des manifestations contre les stades de foot. Alors on dira mais comment le Brésilien vous savez ce que c'est le brésilien c'est génétique.
Il né, il commence à taper dans une balle. Mais qu'est-ce qui arrive le pass stade de foot ? Qu'est-ce qui arrive à ces pauvres Brésiliens ?
On les reconnaît même plus. C'est comme les Arabes tiens, font des révolutions démocratiques. Bon, alors le Brésilien pareil, on le reconnaît pas, il devrait être pour le foot.
Et non, voilà qui demande des choses incroyablement banales quoi. Ils disent "Écoutez, vous ferez des stades de foot quand vous nous aurez d'abord donner des rues propres, quand vous nous aurez donné des écoles, quand vous nous aurez donné des transports en commun qui nous rendent rendent à notre vie les de ou tr heures que vous nous volez tous les jours en nous obligeant à des temps de transport qui sont dans lesquels notre liberté, notre temps, notre vie vous vous l'appropriez et nous on est obligé de le faire. Bref, ils font ses manifes.
Pourquoi je prends cet exemple ? Parce que il voulait des services publics. Qui est là ?
Qui est là ? Vous ne savez pas. C'est le peuple de la ville, tous les gens qui ont besoin de se déplacer.
Mais alors, un journaliste dit à un un camarade pour le coup du mouvement center, il lui dit "Mais pourquoi vous dites que ces manifestations sont de gauche alors qu'il se passe rien dans les entreprises ?" Et notre camarade qui un bon militant, il dit "Ah si si, dans les entreprises, il y a des pétitions." Ah, c'est pas la bonne réponse.
La bonne réponse c'est à votre avis, où sont les gens qui sont dans l'entreprise sinon dans la rue ? Et pourquoi pour être efficace sont-ils plutôt dans la rue avec tous les autres que dans l'entreprise en train d'y faire la grève ? Parce que le rapport de force ne leur permet pas, mais surtout parce que la vraie force, elle est là dans le peuple.
Lorsque le prolétariat, faut prendre des images du passé, se fait peuple, alors il devient puissant et hégémonique. Et lorsque le peuple, la multitude devient peuple, elle devient hégémonique. Et à ce moment-là, elle est en capacité d'accomplir une fonction de base qui est inscrite dans le programme gémétique des êtres humains qui s'appelle la souveraineté.
Voilà. Qu'est-ce que la souveraineté ? Maurice Godelier, l'anthropologue dit "Contrairement à ce que l'intuition vous suggère, la première communauté politique ce n'est pas la famille.
La première communauté politique, c'est quand un groupe humain décide de s'imposer à lui-même des règles de contrôle de sa population et du territoire qu'elle occupe. C'est-à-dire si tu viens avec nous, tu fais ceci et pas ça, tu fais c et pas ça. Ça, tu as pas le droit.
Ça, tu as le droit. Ça, tu as pas le droit. Ça s'appelle des règles, c'est des coutumes et dans les sociétés démocratiques, ça s'appelle les lois qui sont légitimes.
Non pas parce que c'est le plus costaud qui les impose avec un gros bâton, mais parce que comme on a tous décidé, elle s'applique à tous. La souveraineté qui est l'acte élémentaire de maîtrise de soi. Souveraineté et émancipation sont en quelque sorte les deux mêmes mots.
Ils expriment deux aspects d'une même réalité. Je me domine donc je me je m'émancipe parce que l'émancipation ça veut dire sortir du mancipium comme latin la main du père sur la tête de ses enfants. Quand tu es émancipé cette main se retire et tu es libre de ta décision ce que tu n'étais pas jusqu'à jusqu'à présent.
Voilà donc le peuple c'est cette entitélà. Est-ce que c'est une approche idéaliste de l'histoire, monsieur Mélenchon, vous qui êtes un matérialiste, parce que vous êtes en train de nous décrire une chose extrêmement métaphysique, une multitude qui se transforme en peuple à partir du moment où elle veut exercer sa souveraineté par des revendications communes. Là, j'ai pris l'exemple brésilien, des revendications communes.
Là, c'était les transports. En Turquie, c'était sur un jardin public et cetera et cetera et cetera. Non, je renvoie les matérialistes les plus durs qui doivent se trouver dans cette salle et sournoisement en se disant c'est de l'idéalisme à l'état pur, l'idéalisme philosophique hein.
Mais quand j'ai regardé comment Marx parle du prolétariat, je pas pourquoi je vous raconte ça, vous m'en foutez de Marx vous moisi. Il dit dans les catégories marxistes, il y a le prolétariat en soi, c'est-à-dire les personnes qui sont en situation de prolétaire. parce qu'ils ont signé un contrat de travail.
Bon et le prolétariat pour soi, c'est-à-dire les gens qui se disent "Ah non, non, mais moi je suis en ouvrier et à partir de maintenant, on va voir ce qu'on va voir." Par c'est quand même nous les plus nombreux. C'est nous qui faisons tourner la boîte, c'est nous qui produisons de la richesse et c'est vous qui vous gavez.
Bon, ce passage de l'un à l'autre, c'est un processus de quoi ? De conscience, de rien d'autre que de conscience. C'est donc bien la conscience qui est l'enjeu de l'histoire.
Bon et il en vient à dire Carl Marx, le prolétariat sera révolutionnaire où il ne sera rien. Quelle horreur ! C'est de la métaphysique ça.
Comment peut-il être rien alors qu'il est quelque chose ? Il est bien à l'usine ? Je le vois bien en train de travailler.
Je le vois bien dans son bureau en train de faire des des des plans. Comment peut-il dire qu'il n'est rien ? Il n'est rien parce que la conscience de soi n'y est pas.
Voilà qui répond au mécanisme que j'essaie de décrire. Le peuple est cette multitude qui s'empare d'une question qui lui est commune pour essayer de la régler avec des méthodes communes et en sachant qu'il ne pourra rien faire d'autre ni rien de mieux que de poser une règle commune des moyens commun. Alors pour caricaturer, je veux dire que le peuple en tant que peuple est spontanément collectiviste.
Si je voulais vraiment vous provoquer à mort, je dirais il est spontanément communiste et ça nous entraînerait dans des rivages qu'on ne contrôlerait plus. euh au bout d'un moment, mais ça nous amènerait à l'idée des biens communs. Voilà, ça c'est pour la deuxème question.
Merci. Euh pour prolonger parce que la troisème question prolongera prolongera la deuxè euh la vraie question quand même pour rebondir hein, c'est cette multitude veut-elle véritablement exercer la souveraineté ou a-t-elle est-elle arrivée à ce stade de vouloir exercer la souveraineté ? Autrement dit, certes, vous vous dites vous distinguez bien le prolétariat en soi et le prolétariat pour soi, mais est-ce qu'on en est à cette à à ce moment-là de de l'histoire et et qui contribue d'une certaine manière et une manière de c'estàd est-ce que ça arrive spontanément cette conscience de de cette multitude qui se transforme en peuple ou est-ce que il y a un travail politique au sens noble au sens noble du terme ?
Et j'aimerais qu'on qu'on prolonge la discussion autour justement de de la fin de l'ouvrage, la 6e République. La 6e République euh vous vous y consacrez de nombreuses pages et puis depuis il y a eu des il y a eu des développements, donc on on peut on peut y revenir. Euh vous nous dites justement en reprenant Marx euh euh le peuple sera constituant ou ne sera pas d'une certaine manière. et vous insistez sur diverses modalités pour l'avènement de cette 6e République, notamment en vous inspirant d'exemple étranger, notamment des des dernières révolutions.
Vous parlez de de l'importance des assemblées citoyennes, mais vous revenez aussi sur d'autres dispositifs plus surprenants, pourrait-on dire, et notamment les référendums. Alors certes révocatoires, mais référendum tout de même. Ils sont pas forcément sur le même plan tant ils ils sont dans un autre mouvement. celui quand même de poser une question qui ne se pose pas forcément dans le quotidien, d'imposer une problématique au plus grand nombre et qui a quand même tendance à être confondu avec d'autres régimes.
Je dirais surtout pas populistes puisque vous aurez compris que ce terme on on il est bon de le de le rejeter mais qu'on a pu qualifier de césariste à certains moments. Donc la vraie question c'est quelles sont selon vous les institutions d'abord que vous souhaiteriez voir dans cette 6e République ? Ça ça peut véritablement intéresser euh l'auditoire ici ici rassemblé et surtout comment pourrait-elle advenir envie dire concrètement même si on en parlait en venant et vous disiez que c'était une question de journaliste.
Concrètement voilà le concrètement comment advient une telle rupture et et est-ce que vous pouvez y contribuer en participant au jeux politique de la 5e République ? en vous prêtant au jeu politique de la 5e République en fondant un nouveau parti qui lui-même est pris dans le jeu politique de de la République que vous que vous rejetez ou que vous critiquez fortement, est-ce que ça l' ce est-ce que vous pouvez incarner finalement ce changement y contribuer ? Et puis peut-être question aussi un peu plus de provocation.
Est-ce que vous croyez aussi vous Jean-Luc Mélenchon à l'homme providentiel ? Bon, la manière avec laquelle l'histoire se déroule, c'est très important pour nous pour une pensée théorique qui prépare l'action. J'ai dit tout à l'heure en commençant qu'il fallait bien discerner ces niveaux d'intervention.
On a donc besoin de mode opératoire et ce qu'on doit d'abord pour ceux qui se réclame de la tradition du matérialisme he le matérialisme ça veut pas dire l'amour des biens matériels. J'espère que tout le monde le sait dans cette salle hein. C'est partir des faits et de leur enchaînement par eux-mêmes.
Il n'y a pas de transcendance et le réel est une autoconstruction. Vous-même vous êtes une autoconstruction. Vous n'êtes pas la même personne.
Je vous garantis. Je suis un bon témoin. Tout au long de votre vie.
Euh vous n'avez pas le même corps, vous n'avez pas le même contenu de la pensée. C'est tout juste bon comme c'est le même ensemble, bon vous pouvez penser que c'est la même personne mais la probabilité que ça le soit est assez faible. Euh mais rien ne vous étonne, hein.
C'est pas croyable. C'est une idée formidable, non ? penser qu'on n'est pas la même personne toute la vie et que c'est pas sûr qu'on soit bien la même personne.
Alors le le le mouvement de l'histoire va répondre à des nécessités, c'est-à-dire des choses qui ne peuvent pas ne pas se faire. Le mot nécessité au sens philosophique, vous ne pouvez pas ne pas boire. Voilà.
Donc vous devez trouver de l'eau. S'il y avait plus d'eau dans le coin, j'aime mieux vous dire que ça serait rock and roll parce que vous seriez tous en train de vous demander comment vous allez faire pour en trouver. Supposez que vous n'ayez plus à manger, ça serait pareil.
Il y a donc des des mises en mouvement qui vous conduisent à poser des actes. Si vous êtes tout seul, c'est une chose. Si vous êtes 10, ça en est encore une autre.
Si vous êtes 200, c'est encore plus nombreux. Si vous avez que vos mains, c'est une chose. Si vous avez des armes, vous allez devenir beaucoup plus convaincant au présentat de gens et ainsi de suite.
Donc j'essaie de décrire ce qui est une nécessité dans l'ordre du mouvement social. Vous êtes confronté à des problèmes que vous ne pouvez pas contourner. Point.
Même si vous êtes feignant, vous voulez pas ou comme vous faites tout ce qui est possible pour pas avoir à faire. Voilà. Lon Trotski avait trouvé une très belle phrase.
Il disait "Les masses travaillent à l'économie, elles font ce qu' moins fatiguant." Bon, je m'en suis rappelé toute ma vie. Donc il faut pas voir des irondelles quand aucun printemps n'arrive.
Enfin bon, ça fait du bien au cœur. Donc le mouvement de l'histoire, vous me dites est-ce qu'on en est au point de Je n'en sais rien. Ce dont je suis certain, c'est que l'eau va monter et donc vous devrez vous débrouiller.
Vous devrez trouver une réponse. De la même manière, vous pourrez continuer à jeter 1/3 de tout ce que vous fabriquez en matière euh alimentaire, mais je vous informe que la fiesta va bientôt terminer parce que la proportion des terres acidifiés augmente parce que le nombre des êtres humains augmente et non seulement il augmente mais les gens vivent plus vieux donc ils mangent plus longtemps et donc il y a quelque chose que nous sommes en train d'atteindre une limite que nous sommes en train d'atteindre et pendant ce temps il se passe des choses que vous voyez pas parce que vous êtes dedans. Par exemple, vous avez tous compris que quand les êtres humains sont devenus assez nombreux, ils sont passés par la force des choses.
La cueillette, ça va quand vous êtes 5 ou 6 ou 10, vous cueillez. Bon, vous déplacez puis on cuueille et cetera. Mais à partir du moment où il y a eu une bonne année et les enfants sont pas morts, l'année d'après, on est plus nombreux.
Alors cette fois-ci, il faut marcher encore plus longtemps pour cueillir et ainsi de suite. Bon donc au bout d'un moment, celui qui a trouvé ou celle qui a trouvé l'agriculture, les autres ont fait pareil et ceux qui ont pas fait pareil, ben ils sont morts. Donc sont restés ceux qui savaient se débrouiller.
Voilà comment progressivement ça donne les êtres généreux et aimables que vous êtes. Parce que ceux qui ont survécu, c'est pas ceux qui étaient grincheux et que personne ne supportait, qui parl à personne, qu'obéissait à rien. D'ailleurs, on les foutait dehors et il mourait. restaient ceux qui avaient le sens de la solidarité, qui s'occupaient de leur gosse.
Et même, pardon, non, je le fais pas si je le fais quand même, j'ai lu un magnifique livre qui s'appelle bon je veux insulter personne hein, ni blesser personne, mais il semblerait que ceux qui avaient la foi survivaient mieux que les autres parce qu'ils se sentaient responsables de leurs actes. C'est une hypothèse très matérialiste dans la perturbation totale au premier rang. Qu'est-ce qu'il est en train de nous faire ?
Il nous ramène Dieu comme un déterminant matérialiste de l'histoire. Bon, donc c'est ça qui compte. Après, à quel moment se déclenche le passage de "Il y a une situation mais je ça va durer comme ça, je le fais." Qu'est-ce qui déclenche ?
C'est là que l'histoire est probabiliste. Toutes les conditions s'accumulent mais il ne se passe rien parce que l'histoire est probabiliste. Se produit ce que moi j'appelle l'événement fortuit.
L'événement fortuit est un fait de l'histoire. Ce n'est pas de la métaphysique. Il se passe quelque chose et justement c'est ce quelque chose qui cristallise.
Et toutes les belles personnes qui avant étit persuadé que rien ne bougerait, que le monde est stylé, la mondialisation blab bla bla bla bla bla bla, tout ça ne bougera pas. Ce que je vous ai dit tout à l'heure, comment les puissants peuvent-ils garder le pouvoir ? En convainquant tout le monde qu'on ne peut pas faire autrement.
Donc en volant les mots et les outils de penser autrement. Et ils ont d'ailleurs presque ça. Vous voyez bien ce qu'ils font à chaque fois.
Chaque fois vous dites euh bon ben on pourrait peut-être augmenter le SMIC, ça va pas. La mondialisation, allons la mondialisation. Ah la mondialisation les Chinois, les Indiens, avant c'était les Chinois et les Indiens, maintenant vous avez pas au moins cher.
En ukrainien ça coûte 100 € en ukrainien. Un chinois ça coûte 130, c'est excessif euros par mois. Comment faire des grosses bagnoles allemandes à pas cher si on est obligé d'aller payer des Chinois à 130 € pour le faire ?
Bon, nous avons nos Ukrainiens, ça va aller. Alors, je viens à l'événement fortuit. L'événement fortit, je vais vous en décrire.
Au Venezuela, il y a une élection. Les deux parti, le Parti socialiste local et le parti UMP local se mettent d'accord sur les seules règles valables quand même. Faut pas non plus, hein.
C'est-à-dire la loi du marché, tout ça, la dépense publique, tout ce que vous connaissez. Et dans un coin qui s'appelle Punto Firo, on peut pas faire mieux. Point fixe, ça c'est tu es là où tu as cloué la main, tu bouges plus. point fixe et ce couplà c'est les socialistes qui gagnent parce que les autres vraiment tellement abusé une sorte de sarcozy vous voyez alors donc l'autre il il est bête comme ses pieds mais il est élu et il applique son programme c'està dire exactement le contraire de ce qu'il avait dit et il commence immédiatement un plan d'austérité de machin et les gens s'avalent tout personne ne moufte et puis un jour ils augmentent le ticket de bus le ticket de bus mes amis à Caracasse si vous Si baladez-vous, si vous avez une fois la chance d'aller à Caraca, vous vous demandez d'abord est-ce que c'est vraiment des voitures qu'il y a dans la rue, hein ?
Tellement ils sont collés comme ça les gens quand le ticket de bus. Qu'est-ce que le ticket de bus ? C'est les gens qui vont au travail, qui doivent traverser la ville et qui ont pas une voiture personnelle.
Donc c'est la classe moyenne inférieure et qui payent le ticket de bus, c'est ceux qui ne payent pas comme dans le métro à Paris. Et ceuxa, ils en peuvent plus. Et à partir de là, ça commence à râer.
Il bloque les bus et cetera et le gouvernant socialiste envoie la troupe pour mat tous ces gens qui fichent la pagaille partout. Sauf que quand vous envoyez l'armée faire de la police, ça tourne toujours mal. C'est deux métiers différents.
Donc l'armée y va pap 1000 morts. Terminé. Tout le système s'effondre en même pas une semaine et un mois après, les gens se rappelaient plus du nom des parties qu'on venait de virer.
Ça c'est l'événement fortuiti. Autre événement fortuit, je vais pas en faire 50 mais je pourrais pratiquement faire le tour de tous les pays. En Tunisie, le gars qui vend de des légumes, un policier l'interpelle pour lui faire payer la taxe.
Il en a marre. Je vous raconte pas la vraie histoire, je vous raconte l'histoire officielle. parce que le policier était une policière, ce qui a pas peu joué dans le déroulement précis de cette histoire là.
Et le type en a vraiment par-dessus la tête, il a un mauvais geste avec le policier, donc on la metsat, il perc légumes. Bon, il est déjà dans la mouise le gars. C'est c'est un c'est un homme, il est qualifié, il a fait des études déjà.
Bon, vendre des légumes quoi, c'était pas ça qu'il avait imaginé, qu'il allait faire de sa vie. Mais alors, en plus tout ça, ça fait trop d'humiliation. Et il craque, il se suicide par le feu.
Boum ! Vous connaissez la suite ? Le système s'est effondré en quoi ?
Une semaine 10 jours de manifestation publique. Là, j'ai résumé bien sûr hein, mais c'est l'événement fortuit. Et après coup, on dit "Ah bah oui, ben c'était évident, c'était une dictature, une cleptocratie, on disait des voleurs partout.
C'est c'est tellement évident." Oui, mais puisque c'était évident, alors comment ça se fait que tu as pas prévu que ça aurait lieu ? personne a prévu que ça aurait lieu.
Et d'ailleurs, on aurait dit "Mais vous n'y pensez pas la mondialisation blab bla bla bla bla bla bla, on peut pas faire autrement." Et c'est ce qu'on me dit à moi tous les jours. Mais vous n'y pensez pas et puis les gens veulent pas.
Et puis les gens, ils sont égoïstes. C'est vrai, ils sont égoïstes. Égoïstes, ils tâchent de se débrouiller, ils s'occupent de leur gosse et de leur famille.
Sauf qu' un jour même ça, on peut plus le faire. Alors là, les gens commencent à voir les abeilles et ils ne respectent plus rien et même pas les chefs ni leurs chemises. Et voilà comment il se passe des choses inouies et aussitôt toute la bonne société arrive enant c'est intolérable cette violente dégoûtante n'est-ce pas monsieur Mélenchon m'en fonte quasiment le doigt dans l'œil mais ça me fera pas changer d'avis et je dis ah non non non les violences c'est vous 530 morts sur le lieu de travail par an 530 ça fait plus d'un par jour vous pourriez au moins parler une fois de temps en temps et vous manquerez pas d'exemple vous avez qu'à regarder le jour d'avant préparer le jour d'après.
Vous dites, vous me prévenez dès qu'il y a mort, on va faire un film. Même pas, vous n'en parlez jamais. La violence des humbles, la violence de ceux qui travaille, celle-là.
Non, jamais. Comme c'est votre classe, oui, donc c'est bien une affaire de classe. D'ailleurs, ça sert à rien de regarder la télévision si vous voulez voir autre chose que les 60 % de gens qui apparaissent sont très typés qui appartiennent à une classe sociale.
Jamais un ouvrier à l'écran, jamais un employé. Pourtant, c'est la classe sociale la plus nombreuse de ce pays. C'est curieux.
On y voit que des policiers en train de courir après des voleurs une drôle de couleur à chaque fois et ainsi de suite. Voilà. Bon, je viens à mon affaire.
C'était quoi déjà le processus ? Non, on y vient à la 6e réplique. Ça c'est le processus qui déclenche les événements.
Donc ça change tout. La nature des partis qu'on construit, la forme des organisations. Mais surtout nous avons pour nous une chose inouie qu'on avait pas dans le passé, c'est le niveau moyen d'éducation.
En tout cas, dans notre pays, les gens ne se rendent plus compte de ce que ça représente. Mais je reviens aux mêmes dates. En 1950, 56 % de la population mondiale était alphabétisée.
C'est 80 % aujourd'hui. Et cette population alphabétisée, l'alphabétisation, c'est une manière de dominer le temps. Vous n'êtes plus piégé par la tradition orale.
Celui qui sait lire et écrire communique avec le savoir antérieur à tout moment. En tout cas, il peut le faire et maintenant plus que jamais grâce aux outils dont nous disposons. Deuxièmement, cette transmission des savoirs est devenue une question qui ne vous apparaît pas dans sa violence.
Mais comme vous êtes dans un monde très jeune, comme jamais il a été aussi jeune, puisque plus de la moitié de l'humanité, plus de la moitié de l'humanité a moins de 25 ans, 26 % de l'humanité à moins de 15 ans. Çaen fait des jeunes à éduquer ? Oui, mais il se passe quelque chose d'entièrement nouveau, c'est qu'avant on éduquait en reproduisant le passé.
C'est la tradition qui permettait que vous vous en fassiez l'apprentissage continuel. Vous étiez petit, vous marchiez dans les jambes de vos pères et mères et vous voyez comment on faisait la lessive, comment on labourait. Je prends une époque un peu reculée et puis ensuite et puis ensuite et puis ensuite.
Mais maintenant si vous vous servez de ce que la tradition vous apprend, vous êtes sûr d'être mort et de ne rien pouvoir faire. Essayez de faire marcher votre smart téléphone en faisant tourner le cadrant. Je prends un exemple un peu caricatural mais tout le monde comprend.
Ça veut dire que nous sommes dans la transmanente de se projeter en avant. Est-ce que c'est une calamité ? À certains égards, oui.
Mais du point de vue qui me préoccupe moi, c'est-à-dire l'action, c'est dans cet espace de tension vers le futur, vers l'idée qu'on va trouver quelque chose d'autre, que vienne se mettre en place nos espérances, nos rêves. Ça donc pas qu'une calamité. Ça sert à rien de pleurnicher sur la tradition qui a disparu.
Parce que la tradition, moi j'entends ça, je ne sais combien de fois ça va quoi. Arrêtez avec ça. Les racines et tout le couchi, c'est quoi ce truc ?
Le passé était si beau qu'il faudra à tout prix le reproduire. Mais vous y avez pas vécu dans le passé au village sur la surveillance de la bonne du curé. C'était intéressant comme vie.
Je pourrais prolonger ces exemples pour vous montrer les questions auxquelles vous la génération qui est là va devoir répondre. J'espère bien la mienne aussi. Au moins, on a connu une transformation qui faisait changer un statut qui faisait plus d'un statut biologique un statut social.
La contraception, tout le monde comprend ça non ? Et bien 70 % des femmes du monde ont recours à une méthode de contraception. C'est en fait absolument nouveau.
Donc une aptitude biologique cesse d'être un destin social. C'est énorme. C'est une révolution complète de la condition humaine.
Et maintenant vous êtes au seuil d'un nouveau franchissement. Puisque ma vie s'allonge, rassurez-vous, elle va bientôt commencer à raccourcir grâce aux merveilles de la mondialisation et du reste. Qui va décider pour moi ?
Est-ce que je dois attendre la mort comme autrefois on attendait l'enfant ou plus exactement, est-ce que je dois m'attendre à ma mort comme autrefois je m'attendais à mes enfants ? Non, cette question vient. Vous avez donc des droits fondamentaux de la personne humaine qu'il était impossible d'envisager il y a quelques temps et que maintenant il faut bien mettre comme des droits fondamentaux.
Est-ce que vous êtes d'accord pour qu'on rediscute le droit à l'avortement ? Je dis bien le droit à l'avortement et non pas l'avortement. Le droit à l'avortement.
Non. Alors il faut le mettre dans la Constitution. Est-ce que vous êtes d'accord pour décider de votre propre sort et du moment de votre mort ?
Moi oui. Moi je suis pour ça. Je comprends que d'autres non.
Alors, il faut en discuter, il faut trancher. Je ne veux pas que vous m'imposiez la manière avec laquelle la vie me sera arrachée, par exemple. Donc ça, c'est un droit fondamental.
On pouvait pas le mettre dans la Constitution en 1958. Personne n'imagine une chose pareille. De même, tout à l'heure, je vous ai dit, il y a une crise climatique énorme qui arrive.
Est-ce qu'il y a une réponse ? Bien sûr que oui, qu'il y en a une. C'est qu'il faut rompre avec le système productiviste.
Mais je mets ça de côté. C'est pas le sujet ce soir dans les détails, mais je peux au moins vous dire une chose. On pourrait tomber d'accord sur le fait qu'il y a une règle verte qui s'impose à tous.
On ne prend pas plus à la nature que ce qu'elle est capable de reconstituer. Ça s'appelle la règle verte. On met ça dans la constitution et tout le monde est obligé de l'appliquer.
Donc vous voyez, je vous ai amené la question de la Constitution non pas comme un gadget, une trouvaille, vous savez institutionnelle. Est-ce que le président va nommer le président de je sais pas quoi ? Maintenant, c'est pas ça la question.
Une constitution contient les droits que vous vous reconnaissez et que vous rendez obligatoire et vos droits deviennent mes devoirs. C'est pour ça que je vous invite parenthèse à vous méfier de tous ceux qui vous parlent des droits et des devoirs. Chaque fois qu'on a voulu mettre dans une constitution les devoirs, c'est que cé en train de mal tourner.
C'était la réaction. Ça n'existe pas les devoirs. Il existe des droits et la reconnaissance mutuelle de ces droits fait devoir.
Une autre fois, je vous parle de ça, mais c'est très important de le comprendre. Quels sont les droits dont nous avons besoin qui sont constitutionnalisés pour faire fonctionner correctement une société qui ne fonctionne pas à l'évidence ? Une fois que j'ai posé ça, que je vous en ai montré la nécessité par rapport à certaines questions et parmi les plus urgent, je viens à la place qu'occupe la question de la constituante, pas de la constante la constitution mais de la constituante par rapport à ce que je vous ai dit tout à l'heure, le mécanisme de transformation de la multitude en peuple.
Il faut quelle est la stratégie révolutionnaire du 21e siècle ? Alors bon, vous êtes pas obligé de vouloir la révolution, vous êtes content, je montre comme il est, vous va. Bon, parfait.
On peut l'arranger à la marge, pas la peine de s'énerver. Bon bref, c'est un point de vue, on le discute. Mais si vous me lisez, ah et ben il y aura la révolution citoyenne parce qu'on m'aurait élu pour ça.
Donc ça aura lieu. Et comment ? Quelle est la stratégie révolutionnaire ?
J'ai déjà dit à nombre de mes camarades, mais si vous en avez une, vous avez qu'à le dire. Vous pouvez pas dire que vous êtes révolutionnaire et après qu'est-ce que vous faites ? attendez au pied du sapin que le père Noël passe, que les masses surgissent et qu'elle monte des barricades en démontant les ruses qui absurde hein et je sais pas ce qu'on fait après.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Moi, je propose une stratégie révolutionnaire. La multitude devient peuple en faisant une constitution.
Et pour ça, on convoque une assemblée constituante. Voilà, on convoque une assemblée constituante. Ça veut dire qu'on peut tirer des gens au sort pour faire cette assemblée constituante.
On doit élire des gens et ils vont fixer la nouvelle constitution. Comment vont-ils le faire ? Parce qu'on m'a posé la question aussi.
On croirait que c'est une complexité tellement inouie, hein. Mais non, c'est très facile à faire. D'ailleurs, il y en a d'autres qui l'ont fait.
Il faut arrêter de les regarder de haut. Parce qu'aujourd'hui dans la gauche française, il y a un euros, un Europé au centrage, il parle entre eux d'ailleurs, c'est la Jet 7, il se voit d'un congrès de l'international socialiste à l'autre, d'un parti socialiste à l'autre, c'est les mêmes, ils se racontent les mêmes trucs, ils parlent tous en anglais et ils sortent pas de l'hôtel. Voilà, c'est la connaissance qu'ils ont de la discussion avec les autres.
Mais il faut aller voir les Brésiliens comment ils s'y sont pris. C'est une forme en ce moment le refrain c'est il faut faire des podemos et des siras des kirelles d'ignorants qui mettent bout à bout de choses qu'on rien à voir. Siiza d'un côté Podemos bon et bien par exemple au Brésil nous avons renversé la table comment avec un parti traditionnel qui a mis du temps construire le parti des travailleurs qui lui-même est une synthèse.
Ailleurs c'est autre chose. Au Venezuela, c'est autre chose. En Équateur c'est autre chose.
Je prends les deux exemples Venezuela Équateur parce que les deux ont convoqué une assemblée constituante. Comment vous croyez que s'est passé ? On s'est pas contenté d' lire des gens.
Ils ont mis en débat tous les articles de la constitution dans la rue, dans les comités de quartiers et pour que les gens accrochent à la discussion, ils vendaient sur les paquets de pattes des articles contradictoires. Il fallait discuter de ça pour que tout le monde s'y mette. La stratégie révolutionnaire va consister à impliquer le peuple tout entier dans la production de la Constitution à mesure qui prend conscience du fait que c'est de ces droits dont il est question.
Bon, vous voyez certains, ils oublieront pas d'être là parce qu'ils savent bien de qu'on va leur faire et d'autres il pourraient oublier d'être là parce que bon tout ça les dépasse. Pour moi, la la constituante et la promulgation de la nouvelle constitution est la stratégie révolutionnaire du 21e siècle et c'est la révolution. citoyenne.
Alors, c'est le moment peut-être que j'en parle ça si vous voulez bien. Alors, la révolution citoyenne, elle désigne un acteur de l'histoire. C'est la personne qui devient citoyenne.
Qu'est-ce que la citoyenneté ? Ça consiste à exercer le pouvoir. Voilà ce que c'est la citoyenneté, à ne pas confondre avec la civilité.
Être citoyen, c'est pas ne pas jeter son papier par terre. C'est pas ça le sujet. Le sujet c'est exercer le pouvoir.
Vous entendez sans arrêt parler de droits de l'homme. Il y a pas un gargarisme officiel qu'il se pratique sans savoir parler des droits de l'hob. Ils sont d'ailleurs à géométrie variable comme vous le savez tous.
Mais la déclaration c'est la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Qu'est-ce qu'un droit de l'homme ? S' a pas un citoyen pour le garantir et en assurer la pérennité.
Ça n'existe pas. C'est au mieux un vœ pieux. Mais vous êtes décalogu hein pour ça.
Ça va très bien. Donc la révolution est citoyenne. Pourquoi c'est une révolution ?
Parce qu'elle change l'ordre juridique avec la Constitution. Parce qu'elle change l'ordre de la propriété en valorisant la priorité au bien commun par rapport aux intérêts particuliers. Encore faut-il faire la liste des biens communs.
Faisons là. Et troisièmement parce qu'elle change la hiérarchie des normes à l'œuvre dans la société. Autrement dit, là où prévaut comme première règle la concurrence libre et non faussée prévaudra la règle de la solidarité.
C'est un renversement de l'ordre juridique. Alors quand c'est moi qui dis ça, oh là là oh là là comme vous y allez. Et vous voyez monsieur Gatas, lui il arrive, il dit "Ah oui oui, il faut flexibiliser, moderniser le code du travail.
D'ailleurs, il faudrait que l'accord d'entreprise soit plus fort que l'accord de branche. Et s'il y en a pas, alors l'accord de branche plus fort que la loi. Qu'est-ce que c'est ça ?
C'est une révolution. C'est renverser complètement le mécanisme de la loi au profit du contrat, à l'endroit où le plus fort est le plus fort et au prime le plus faible. Parce que qu'est-ce que vous voulez faire comme contrat si vous pouvez pas vous défendre parce que c'est votre gagnepin qui est en cause.
Donc c'est bien une révolution qui propose, c'est bien une révolution qu'ils sont en train de faire. Nous autres les vieux, on appellerait ça une contre-révolution. C'est bien ça qu'ils sont en train de faire.
Ils ont révolutionné l'ordre de la propriété dans tous les pays de l'Est. Ils ont révolutionné l'ordre constitutionnel dans tous les pays d'Europe et ils révolutionnent aussi la hiérarchie des normes. Ils le font et quand on en parle nous, alors là c'est exagéré, ça paraît incroyable.
Non mais vous rendez compte voilà de quoi je vous parle. La révolution citoyenne, oui, c'est une révolution. C'est pas on continue comme avant et on arrange à en corrigeant par les fruits de la croissance ragnag je sais pas quoi.
Bon non c'est une révolution parce que c'est ça ses objectifs mais sa méthode est citoyenne parce qu'elle donne le pouvoir au peuple c'est-à-dire au collectif humain dans son ensemble. Alors peut-être que c'est maintenant qu'il faut que je fasse la une conclusion ou une chose comme ça. En tout cas je sais pas si je vous ai répondu.
J'ai essayé de le faire en sauf sur l'homme providentiel. Ah oui ! Oh euh si c'est pas moi, je suis d'accord.
Non sur le Alors bon non je vais pas tourner autour du pot après tout. C'est c'est toujours un privilège de pouvoir être interpellé comme ça. Je je vais répondre.
Clairement la 5e République a créé une culture collective et la vérité humaine, c'est que dans tous les groupes humains, ça se passe comme ça quoi. Il y en a toujours un qui a la langue mieux pendue que les autres et vous êtes en paquet puis vous avez trois quatre mouvements d'épaule qui se font. Tu touch touchou, c'est vous qui êtes devant.
Et puis les autres autour disent "Vas-y, dis-lui dis-lui ta bien pendu vas-y dis-lui." Bon c'est comme ça. Vous êtes une bande de copains, vous faites un truc ou un autre, il y en a toujours un qui va des on le recherche en plus ou une bon qui va faire marrer, créer l'ambiance, entraîner tout le monde.
C'est aussi l'homme ou la femme providentielle. Dans les groupes humains, ça se passe comme ça. Il y en a un ou une qui cristallise.
Il y a pas de personnalité qui sortent du néant. Donc il peut y avoir des hommes providentiels ou des femmes providentielles mais il y a pas de providence, il y a que des circonstances. Et dans ces situations là, je crois que si chacun pratique un moral de vie, un truc extrêmement exigeant et même prétentieux et inatteignable qui est de dire je me sens absolument responsable de tout, de tout le monde et de tout ce que je fais et j'agis comme si ça devait être ma dernière action.
Donc autant qu'elle soit bien. Les autres s'en rendent compte et ils finissent par vous trouver plus intéressant que d'autres. surtout que c'est vous qui vous faites casser la gueule.
Donc c'est moindre risque pour les autres. Je pense que l'exigence morale qui vous pousse à vous sentir responsable et celle qui va vous permettre d'établir avec les autres un lien particulier. Il faut qu'il y ait des déclencheurs.
Donc je ne parlerai pas d'homme ou de femme providentiel mais d'hommes ou de femmes déclencheur. Celui qui parce qu'il va élever la voix va donner du courage aux autres. Celle qui parce qu'elle va résister va appeler les autres à se mettre en mouvement et cetera et cetera.
Alors dans la politique, c'est vrai, on a créé la culture de l'homme providentiel et le maniment de la dénonciation de l'homme providentiel. C'est quand même une ruse, hein. Quand vous avez des concurrents, en général, ils disent "Tu personnalises l'action, bah vas-y, sois candidat avec un masque sur la figure parce que comme ça personne te reconnaîtra, ça sera parfait.
ça n'existe pas, vous le savez bien. Donc il faut faire attention à ça. Pour ça, faut avoir le goût du collectif et surtout agir d'après des normes qui sont connues des autres, qui sont donc négociables.
Comme c'est le cas dans toute démocratie, on doit discuter à partir d'arguments, pas de vérité préétablie. On ne peut se supporter que parce qu'on argumente une décision. Donc je pense que il y a des manières différentes d'exercer. le statut particulier que les circonstances peuvent vous donner.
En ce qui me concerne, mon autorité est purement morale. Je n'ai aucun moyen matériel ou presque. Je veux dire, j'ai des moyens de venir ici, de repartir, de me loger, de venir avec une équipe et cetera.
Mais j'ai une autorité. Oui, j'ai une autorité mais purement morale. Les gens s'ils veulent bien, s'ils veulent bien, ils me donnent raison et puis il disent tiens, on va le faire.
Allez, on va faire une marche contre le traité européen. Pouf, il en 100000. parce qu'ils veulent bien.
J'ai imposé à personne parce qu'on a discuté avant qu'on est quand même 4 c assez malins pour savoir quels actes poser. Donc ça existe aussi, je vous demande de le considérer et rien n'est donné. D'ailleurs, l'ennemi sait comment nous abattre depuis depuis la grande révolution.
Nous avons toujours été traités de la même manière. Avant, c'était pareil, hein. Avant, on les pendait.
On sait même pas comment ils s'appellent les les meneurs, les leaders hommes et femmes des jaqueries. Ça a été des trucs terribles dans ce pays. Des milliers de gens en mouvement contre les féodos.
On sait même pas comment ils s'appellent. On les branchait comme il disait. On les accrochait aux branches avec une corde pendue.
Bon et après ça a toujours été la même tactique. L'homme ou la femme de gauche est une bête, quelqu'un qui ne se contrôle pas, dont l'animalité est évidente et que la raison ne domine pas. Donc, il va être produit continuellement un un nuage de mots et d'images destiné à bestialiser.
Le grand Jor est représenté la barbir sut avec une bouteille de vin dans sa poche. Des fois, il tient à la main un brandon pour mettre l'incendie. Robespierre est présenté comme un tyran sanguinaire se prenant lui-même pour un un demi-dieu.
Et on voit dans le journal Le Parisien en 2012 13 un buste de Robespierre en 3D grâce au masque qu'avait fait madame Toussau. Et le type dit quand j'ai vu apparaître son visage, j'ai compris, il avait la variole qu'il pouvait être comme monstrueux et faire peur. Il y a qu'un problème, c'est que personne n'a jamais fait aucun masque de Robespèpierre vu que quand on lui a coupé la tête, il venait de se prendre un coup de revolver dans la bouche.
En toute gentillesse bien sûr, c'était lui le monstre et qu'on a jamais fait de masque de lui. Donc vous voyez, on revenait sur cette vision bestiale du libérateur ou de la libératrice. Quant aux femmes, elles sont traitées d'une manière ignominieuse comme toujours ramené à leur genre et à leur sexe.
Nous les hommes, nous sommes, nous éructons, c'est mon cas, j'éructe. Les gens qui écrivent ça savent pas que ça veut dire roter. En plus sont ignorants en plus d'être grossier et vulgaire.
Donc j'upte, je tonne, je m'emporte, je m' pourpre. Voilà tout ça quoi. Et vous avez des photos de moi avec une vue imprenable sur mes trous de nez depuis maintenant 4 ans que ça dure, de mes dents qui sont pas fameuses.
J'ai dit une fois à Pablo Iglésia, je lui dit "Tu as mangé ton pain blanc toi, tu vas voir ce qu'ils vont te faire." Il me dit "A non, c'est déjà dur. Non, je parle pas de ça moi.
Je te parle de toi. Tu vas voir tes trous de nez, tu vas voir tes dents, tu vas voir ta queue de cheval si elle va être aussi populaire. Donc et c'est exactement ce qui s'est passé.
Regardez Chipras, il voulait pas signer, photo par le bas, il signe photo par le haut. Il veut pas signer, il a la bouche ouverte et il chante l'international. Ah !
Ah ! Ah ! Le Attention vous hein, la bouche ouverte, le point fermé pour peu qu'il y a un peu de vent, vous avez les cheveux comme ça et moi ma photo le cheveux comme ça, le point fermé, la bouche à AA de la l'internationale dans je ne sais combien de journaux allemands où on a parlé de mon livre pour bien montrer que je suis qu'un animal quoi.
Bon quand même, c'est en français déjà c'est beaucoup mais en plus une bête. Bon une bête les femmes c'est ignomieux igux. Quand j'étais en train de raconter ça à Pablo, arrive Maria Liosa qui est qui était la tête de l'IS portugaise du bloc et elle dit "Écoute ce qu'il dit parce que moi ils m'ont fait une campagne porno du début à la fin de la campagne parce que son slogan c'était maintenant debout." La camarade Zoé Constantino Poulou, ils l'ont traité d'angoutant mal baisé.
C'est ça qu'ils font avec nous. Nous avilir, nous détruire. Et l'acide passe sous l'armure, mes amis, je vous le dis.
Exactement les filles, la même chose que ce qui vous arrive quand on vous répète continuellement "Mais arrête de t'énerver comme ça, tu es hystérique, tu es hystérique, tu es hystérique." Au bout d'un moment, la fille elle se dit "Je dois déconner." Ça y est, l'ennemi a gagné.
Il est passé sous la peau et tu commences à baisser le nez et tu te dis "C'est de ma faute et tu commences à intérioriser." Et eux, ils gueulent comme des putois dans leur meeting. Ils insultent tout le monde mais eux, ils sont pacifiques et leur photos, c'est jamais celle de leur trou de nez.
Donc je sais pas qui est homme providentiel, mais quand on vient me parler à moi d'homme providentiel, j'échange le rôle quand vous voulez hein, parce que franchement, c'est insupportable. Alors, merci. Est-ce qu'on passe au aux questions euh dans cette faites attention Ils vont croire que je vous ai convaincu, hein.
Bon, c'est un plaisir énorme de te rencontrer. C'est moi ici. Attends, je vois.
Ah, disculp. Euh, grageux. Oui, je suis brésilien et je suis ici à l'université Lontro et Science Po pour discuter, transmettre un peu de mon expérience du Brésil et de ma vie politique sociale d'entrepreneur et à l'origine du forum social mondial comme vous comme vous savez.
Et au Brésil maintenant, nous avons une situation très complexe politique comme vous le savez et après euh 12 ans du gouvernement du parti des travailleurs et avec euh une très grande comment est-ce que vous peuxje vous dire euh interrogation sur ceux qui nous arrive des points de vue idéologique, éthique, politique. Euh il y a beaucoup de gens qui sont euh très euh blessés par ce qui est arrivé qui ont lutté pour que nous pourrions avoir un gouvernement de gauche au Brésil. Mais c'est seulement c'est pas seulement au Brésil.
Comme vous savez, il y a beaucoup d'occasions où la gauche quand arrive au pouvoir, c'est pas exactement euh il y a une certaine difficulté de maintenir toute la vision idéologique, les promesses, la vision du monde qui le font. Qu'est-ce que c'est le pouvoir ? Pourquoi que ça arrive ? fatal qu'il arrive ça la gauche au pouvoir c'est c'est cette question que je voudrais euh vous demander.
Est possible la gauche au pouvoir d'être fiè fidèle à l'idéologie à la vision du monde des valeurs que de son histoire ? Merci. Ça c'est la question la plus importante.
Ça a pas l'air comme ça mais c'est la question la plus importante. D'abord, ça nécessite qu'on comprenne bien une chose par rapport à l'ancienne vision. Les êtres humains sont d'abord des êtres de culture.
C'est très important de comprendre ça. Dans une certaine gauche, il y avait une vision, la mienne de gauche, mécaniste des des choses. C'està-dire qu'on pensait qu'une situation sociale créait ier la conscience sociale correspondante.
Et on imaginait que l'hégémonie culturelle des dominants venait comme une espèce de conditionnement. En gros, les gens étaient comme les chiens de Pavelov, quoi. On leur donne un sucre, ils sont contents.
Mais nous ne sommes pas des chiens de Pavelov. Et nous savons depuis Bourdieu, nous savons depuis Cardau. Je vous recommande de lire à Cardau parce que Bourdieu tout le monde va vous recommander et puis vous allez pas lire à Cardo, le petit bourgeois gentilhomme et tout ça.
C'est c'est des bouquins fondamentaux pour parler du problème que tu viens de soulever qui est la conversion de certaines catégories sociales au modèle dominant. Nous ne sommes pas conditionnés. Nous adhérons avec enthousiasme aux normes dominantes parce que pour la première fois de l'histoire d'humanité, nous sommes dans un monde sans bord.
Il n'y a qu'un seul modèle et du grand rouage macroéconomique au rouage intime, toute la machine fonctionne parce que au milieu vous avez quelque chose de particulier qui est l'industrie de la publicité qui structure vos rêves et vos désirs et vous place en permanence en état de frustration. La publicité est faite pour que vous vous trouviez toujours trop gros, trop vieux, trop ceci, trop cela et pas assez ceci, pas assez cela. Et elle va produire ses frustrations et en même temps la réponse à ces frustrations.
C'est-à-dire qu'elle va faire du consumérisme le modèle de d'autoréalisation. Ce mécanisme évidemment bute sur la limite sociale, pourrait-on croire, qui ferait que bah les pauvres n'y ont pas accès. Mais les rêves des pauvres sont les rêves des riches ou de ceux qui le croient.
Et les gens y adhèrent avec enthousiasme. Pourquoi ça nous importe ? On ne peut pas faire la révolution citoyenne jusqu'au bout si on ne remet pas en cause le modèle dominant.
On ne pourra pas continuer à extraire et à produire sans fin parce que la limite est atteinte. Pour changer les contrats, tout le monde est d'accord hein pour dire oui. Je signe.
OK, ben d'accord. Ben tu auras plus qu'une télé à la maison. Ah bon ?
Et puis le smartphone, on le change pas euh tous les 6 mois. Et puis ceci et puis cela et puis l'autoobsolescence programmée, c'est terminé. On demandera des garanties.
J'ai pas pu traiter ce soir devant vous du problème du temps et des temps sociaux. On va demander des garanties. Tous les objets devront être garantis 5 ans 10 ans.
Peut-être que vous le savez pas mais il y a 30 ans de ça, on acheté un frigo, il durait 30 ans. Vous achetez un frigo aujourd'hui au bout de 6 ans, au revoir. Pareil pour la machine à laver et ainsi de suite.
Donc l'obsolescence programmée, ce qui veut dire que vous devez accepter de vivre avec les mêmes objets alors que ce que vous trouvez fascinant, c'est d'en changer tout le temps. C'est drôle, non ? Bon voilà, comme les fringues.
Et évidemment moins cher dans le livre, j'explique ça. Je dis moins cher, c'est un coût pour quelqu'un. pas pour celui qui vous l'a vendu, ni pour vous qui achetez moins cher.
C'est que moins cher, ça veut dire de l'exploitation, ça veut dire de l'accident du travail, ça veut dire des pollutions. C'est ça moins cher. Faut que ça coûte plus cher.
Le bon manger, c'est si on trouve des paysans pour aller faire de l'agriculture naturelle et bio. Il en manque 700000. Comment je vais faire pour vous envoyer à la campagne sans faire Paul Pote ?
Faut que je vous convainque. Donc il va falloir que je change, va falloir changer la condition paysane parce que les filles, elles veulent pas y aller. Quand elles y sont, elles repartent.
Et les types quand ils y sont, ils se pendent. Ils s'en p un par jour de paysans dans notre pays. C'est ça la condition paysane.
Bon, tous les modèles de consommation doivent être mis en cause. La révolution citoyenne est une révolution culturelle. Peut-on s'en passer ?
Voyons ce qu'on fait les autres. C'est là qu'il faut étudier ce qu'on fait nos amis en Amérique latine et pas les regarder de haut comme un ramassi d'indigène folklorique qui font des trucs et croire à la propagande de la CIA et de Libération et du monde qui sont les deux organes centraux de cette agence de sécurité. Mais en regardant ce qu'ils ont réellement fait, ce qu'il pratiquent vraiment.
Pourquoi sommes-nous dans une difficulté pareille ? Parce que nous sommes en difficulté, notre ami vient de le dire, parce que nous avons sorti de l'extrême pauvreté des gens qui sont devenus pauvres et de la pauvreté des gens qui se sont aussitôt définis comme classe moyenne. La classe moyenne n'existe pas.
C'est une classe idéologique qui s'autoéfinit. Ah ben je suis pas aussi riche que celui-là qui est une honte. Ah ben je suis pas aussi pauvre que celui-là qui pourrait quand même faire un effort.
C'est ça la classe moyenne et elle se vérifie en tant que classe moyenne par des consommations somptuaires autoidentifiantes. J'ai telle tenue, j'ai telle bagnole et avec la taille de la bagnole, le classement social et des fois l'illusion du classement social. Tu vas te ruiner pour avoir la plus grosse télé du quartier ou tu vas à la voir tomber la télé du camion.
Faut savoir où est le camion, d'où tombent les télés gratuite et cetera. Alors, au bout d'un moment, cette classe moyenne qui est sortie de la pauvreté par l'action de répartition de la croissance des fruits de la et cetera, de partage de la richesse, elle présente des revendications au pouvoir politique que celui peut pas accomplir peut pas accomplir, peut pas donner sans arrêt plus de nouvelles machines dont ils ont besoin, de nouveaux appareils, de nouveaux de nouvelles consommations. Ce n'est pas possible.
Alors à ce moment-là, les gens disent "Ah ben c'est bon, merci, d'accord, vous étiez bien jusque-là, mais maintenant ça va quoi, on a compris hein, il faut passer à autre chose." Et à ce moment-là, les autres qui sont là, vous savez qu'il y a pas un seul parti d'opposition de droite dans toute l'Amérique latine. La seule partie d'opposition, c'est la presse.
C'est comme en France. La droite, il y en a pas, ils font rien. C'est la c'est la presse qui bourre le crâne.
Les médias qui bourrent le crâne. Donc les bourreurs de crâne arrivent et disent "C'est une honte." Bon bref, notre problème est concentré là.
Chavez une fois essayé d'y faire face. Franchement, il s'est pris très mal. Il était parti sur on va changer les habitudes des gens.
Voà, fallait pas commencer par là. Il le aur a fait un grand discours sur la bière. Sur le thème, on boit trop de bière dans ce pays, c'est pas normal.
L'alcoolisme est absolument insupportable, vous tuez, vous ruinez la santé, bla bla bla bla. Voilà. Bon, ça a pas marché du tout.
Les gens lui ont dit "Ouais, ouais, le socialisme du 21e siècle à bas l'impérialisme, d'accord, mais la bière fout-nous la paix." Bon, je prends cet exemple un peu caricatural qui le faisait rire lui-même pour dire c'est comme ça la difficulté mais c'est la tâche à laquelle nous avons faire. C'est pourquoi c'est maintenant que je viens je vais vous résumer la doctrine écossocialiste dont je me réclame pour vous montrer qu'elle forme tout si vous permettez pour que quand même je l'ai fait sinon je vais m'en vouloir c'est sur mon papier et je l'ai pas dit.
La question qui a été posée exige donc qu'on ait une vision globalisante des tâches politiques que nous avons à exercer dans le pouvoir. Voici le résumé. Article 1.
Un seul écosystème est compatible avec la vie humaine. Vous avez tous compris, c'est pas la nature qu'on défend. La nature, elle s'en fout de vous et de moi et du reste.
La terre pourrait continuer dans à rouler dans l'univers immense. L'écosystème compat avec la vie humaine. S'il y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine, alors nous sommes tous semblables.
Pas pareil. semblable, il y a pas d'autrui, il y a que des semblables. Et nous sommes tous semblables.
Ça veut dire que l'intuition qui était la nôtre, l'intuition républicaine de l'égalité est fondée et démontrée objectivement. Alors que jusqu'à présent, on nous disait que c'était une thèse idéologique. On disait votre histoire ça existe pas.
Il y a des petits, des gros, des grands, des malins, des bêtes, des riches, des pauvres, des hommes, des femmes, déjà ça comme différence hein. Donc ça existe pas votre égalité. Et si vous faites l'égalité, ça sera toujours contre la nature parce que la nature, elle est pas égalitaire.
Donc c'est un ordre violent que le vôtre. La démonstration est faite par le pire. S'il n'y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine.
Est-ce qu'il y a des biens communs qui appartiennent à toute l'humanité ? Nous sommes tous semblables. Les racistes ont fondamentalement un ramassi d'imbécile.
Troisème chose qui va avec. Si nous sommes tous semblables, s'il y a des biens communs, il y a donc un intérêt général humain. Notez le mot, l'intérêt général humain, c'est pas un intérêt de classe.
Ça correspond à un intérêt de classe pour le plus grand nombre, mais ce n'est pas qu'un intérêt de classe, c'est un intérêt qui est lié à l'humanité en tant qu'humanité. Et s'il y a un intérêt général humain, quand j'étais jeune homme, dès qu'on disait intérêt général, il y a toujours un qui disait "Ouais, intérêt du capital." parce que on voulait dire par là que c'était idéologique comme construction l'intérêt général.
C'est pas idéologique l'intérêt général devant la centrale de Blaï. S'il y a un intérêt général, comment allons-nous le trouver par nous-mêmes ? Attention, nouveau changement, nous allons le trouver par nous-même en discutant contradictoirement.
C'est-à-dire que nous avons besoin de la contradiction comme du moyen pour discerner l'intérêt général humain. Donc on n'est plus dans les choses qui se raconté au 20e siècle sur le thème la démocratie c'est un truc pour les bourgeois, c'est une étape, une concession qu'on fait. Bon parce que il faut bien le faire.
Non, c'est la condition de la révolution citoyenne et de son accomplissement écosocialiste et qui est tout le temps la contradiction. Si tout le monde est d'accord, ça va pas. C'est qu'il y a quelque chose qui tourne par rond.
C'est que il y a un loup quelque part. Donc c'est le dissensus qui fait la démocratie, la contradiction, le désaccord, la polémique qui fait la démocratie et les moyens de la démocratie pour régler ça pacifiquement. La diplomatie, le vote de la loi et le vote démocratique.
Qu'est-ce qu'un vote démocratique ? C'est un vote 51 49. On est incapable de dire pourquoi c'est 51 49. 49 peut avoir raison et 51 tort.
On accepte une règle du jeu. On accepte la règle du jeu parce que on décide tous ensemble et donc ce qu'on décide s'applique à tous. Et voilà comment vous trouvez dans une même chaîne les intuitions qui sont à l'origine du communisme, les biens communs, du socialisme, on s'en sort que tous ensemble. de la République, il y a un intérêt général et on en débat en disant non pas ce qui est bon pour chacun d'entre nous, ça c'est la démocratie nord-américaine, mais ce qui est bon pour tous, ça c'est la République française en principe hein.
Voilà, ça c'est le résumé de la doctrine qui permet de comprendre qu'est-ce que l'écosocialisme, on aurait pu l'appeler autrement écorrépublicanisme et cetera, mais si on avait évacué la question du mot socialisme, on l'aurait coupé de l'histoire politique qui nous amène à ça et on aurait créé une illusion. l'illusion qu'on pourrait faire du capitalisme vert, qu'on pourrait changer écologiquement la société à la marge alors qu'il s'agit de faire une révolution et qu'il s'agit pas de raconter des histoires sur le fait que on pourrait s'en dispenser. Voilà le résumé de la doctrine qui amène le fait que le premier changement, c'est là que ça se passe et pas seulement au moment de prendre la décision de changer de bulletin de vote, mais une fois qu'on a le pouvoir pour faire comme l'a dit Oddiia un instant être capable de remettre en cause toutes les pratiques qui nous identifient et qui en réalité nous lient au système font de nous des agents actifs enthousiastes du système parce que le système c'est pas qu'un système de domination, c'est un système de gestion totalitaire des êtres humains.
Totalitaire. Qu'est-ce c'est quoi la différence entre autoritaire et totalitaire ? Autoritaire, c'est un système qui se maintient par la force durement.
Totalitaire, il rentre dans votre tête, il change votre comportement et ben le système est totalitaire. Et le totalitarisme, il passe entre autres par votre smartphone qui indique continuellement où vous êtes. Qu'est-ce que vous allez manger, qu'est-ce que vous allez commander, à qui vous parlez, à qui vous téléphonez.
Grâce à quoi ? Au réseau. Vous êtes les êtres humains en réseau.
Vous voyez comment on ne peut pas affronter cette réalité sans une vision théorique aussi complète que possible et aussi claire que possible. Mon bouquin, il est pas fameux parce qu'il est pas assez bien écrit, il est pas assez en langue accessible. Pas accessible, c'est accessible à tout le monde mais il y a pas cet effort de fait.
Et vous qui êtes les intellectuels de la suite, rappelez-vous que c'est ça le devoir. C'est pas d'abasourdir par le savoir, mais de le partager. La seule chose que nous pouvons qui s'accroit à mesure qu'on le partage, c'est le savoir.
D'où la fonction centrale de l'éducation et de l'éveil à la conscience. J'ai passé 1 heure et demi avec vous ce soir. Vous allez faire de tout ce que je vous ai dit, votre propre mixture.
Les gens vont tout rejeter et pourquoi pas. et les autres vont en absorber beaucoup. Mais je suis sûr que vous n'êtes plus les mêmes personnes en sortant d'ici qu'au moment où vous y êtes entré.
Et moi non plus. Parce que je vous ai expliqué tout ça. J'ai vu des tas de père Dieu.
J'ai vu des réactions. J'ai vu quand ceux qui sourent, ceux qui sourisent jamais et ceux qui font la gueule à certains moments. Le temps de prendre deux trois questions.
Alors, je vous propose qu'on les prenne à la suite et comme ça qu' il y a une réponse générale comme ça ça nous un garçon une fille hein. Temps on se prend on se prend on prend 10 minutes puisquon on est déjà à la à la fin du temps qu'on s'était donné. Mais donc je vous propose de poser vos questions à la suite et en prie.
Bonsoir. Alors, étudiante en en affaires européennes, j'ai une question à vous poser, monsieur Mélenchon, mais sous votre casquette eurodéputé, euh vous nous vous avez évoqué dans votre ouvrage donc la bifurcation et vous avez vous nous avez donné ce soir de votre vision du peuple et dans une situation où au Parlement européen, on a une une majorité de d'euros députés Front National, euh comment considérer un peuple peuple européen puisque ce groupe de parlementaires européens fond national veulent s'arracher à au collectif et comme vous l'avez dit tout à l'heure veulent s'arracher à l'intérêt général humain. Donc ma question est la suivante : que pensez-vous du peuple européen ?
Est-ce que c'est uniquement un rêve d'étudiants privilégiés qui ont connu le programme RSMUS plus ou voilà ? Qu'est-ce que vous pensez de cela ? Merci.
On enchaîne avec une autre question. Bonjour monsieur Mélenchon, étudiant en première année. Alors, j'ai une question sur vous, sur votre mouvement et sur la manière dont vous envisagez la place de votre mouvement dans la révolution citoyenne.
Alors, Mélenchon, c'est pour beaucoup l'homme qui n'écte pas, donc qui tonne comme vous l'avez dit tout à l'heure, l'homme qui vilippente les journalistes. Ça c'est l'image qu'on donne de vous. Vous dites que c'est des laqués du pouvoir, que c'est des sales petites espions, que c'est des sales petits espions.
Vous avez dit ça un jour de enfin c'est ce qui c'est c'est ce qui a été rapporté en tout cas par la presse. Vous auriez dit ça à un journaliste de C'est que des mensonges. Bon d'accord.
Donc au final, est-ce que vous cont vous pensez pas que vous contribuez quelque part à la personnalisation du débat politique et n'est-ce pas au final un peu nécessaire puisque on voit aujourd'hui que les gens voient en allant de de de droite à gauche Sarkozy, Hollande, vous et donc quel est votre rôle dans le futur et quel est le rôle de votre parti dans la révolution ? Merci. Une dernière question peut-être ?
C'est bon. Bonsoir. Je m'appelle Essel Ministrine et je suis étudiante en 5e année ici à Sciencepo et je vous suis depuis près de de près depuis des années et vous êtes vraiment à mon sens l'illumination de la scène politique française.
Mais j'ai un problème avec vous. J'ai un problème avec vous parce que parce qu'il est insupportable de voir que votre génie se voit sacrifier pour cause de votre manque de contrôle pour vous-même. Euh et ce n'est pas une question que j'ai à vous poser, mais c'est un souhait profond.
Donc vous avez commencé l'année en grande pompe. Vous vous faisiez rare dans les chaînes de télé. Vous vous êtes fait désiré et à votre retour, votre discours était réfléchi et serein.
Enchaînant les plateaux télé soumis aux grands titres politiques et à l'idée majoritaire. Monsieur Mélenchon, pardon, je suis marocaine et je me sens liée à la politique française et je pense que c'est à vous que devrait revenir le siège de la présidence. H de la République de 2007.
Je ne suis pas antie-européenne, mais je pense que vous êtes le seul à pouvoir trouver une solution médiane aux problèmes européens. Mais pour cela, je crois qu'il vous faut plus de sélectivité dans votre propos. Je pense que le seul moyen de devenir président de la République est de plaire à toutes les forces euh à enfin à la majorité des Français et les 4 millions de voix ne constituent en rien une majorité.
Quoique le chiffre reste considérable. Donc vous avez besoin de paraître crédible aux yeux de toutes les forces de ce pays. Vous travaillez énormément vos idées.
Moi, je vous demande avec le souhait de vous voir en tête face à Le Pen, à Sarkozi, à Jupé, Bairou, Hollande ou Vals, de travailler autant vos idées que votre image, que vous ayez la posture d'un président de la République fort et responsable. Et c'est à mes yeux le seul moyen de remporter les élections 2017. Merci.
Bravo ! Donc attends, j'ai pas Ah oui, mais donc trois questions si donc trois questions complètement différentes. Une première question sur le peuple européen et et la conception du peuple européen.
La deuxième question sur le rôle du mouvement de Jean-Luc Mélenchon et notamment Parti de gauche voire fran de gauche dans dans la la révolution notamment. Et puis enfin une question sur le style sur le style. Oui. sur votre sur d'abord sur l'illumination et ensuite sur évidemment sur votre contrôle de vous-même.
Ah ouai. Alors euh je vais commencer par le plus facile, c'est votre question. D'abord je vous remercie de vos compliments.
Euh je salue en vous une quasi compatriote mais moi je suis né au Maroc. Peut-être pas vous si. Ah bon ?
Non mais souvent le Maghrébain c'est moi. Bon d'accord. Donc je suis natif de Tanger, si vous ne le saviez pas, vous la prenez ce soir entre Méditerranée et Atlantique et mon caractère est fait de ces deux rivages.
Alors, je viens sur le fond, le sérieux de ce que vous disiez à propos du style parce que vous n'êtes pas la première à me poser cette question ou à la soulever. Je peux pas tout faire en même temps. Je n'adopterai pas le style de l'homme providentiel.
Et quand bien même tenterai-je de le faire que je n'y parviendrai jamais. Car c'est une construction du regard des autres. Je vous raconte, j'ai fait une fois une émission, on n'est pas couché.
Non, ça cit celle-là c'était des paroles et des actes. Des fois, ça arrive qu'ils invitent quelqu'un d'autre que madame Le Pen. Et non, mais c'est vrai hein, attendez, ça arrive hein.
Et j'étais invité et on avait travaillé entre nous. Comment j'allais me tenir. C'est très difficile vous savez, la télévision parce que la radio c'est votre voix.
Vous pouvez vous projeter. Moi, j'ai toujours aimé faire de la radio. Bon, l'écrit c'est facile euh mais la télé c'est tout le corps.
Votre posture, votre allure, vos habits, vos tout est en scène. Et on a répandu dans l'esprit public une forme de pseudoscience qui fait que dans ce pays, les gens ont des avis absolus professionnels sur deux choses. l'éducation, même s'ils sont pas profs, ils ont aucune idée sur ce qu'est la pédagogie, mais ils ont un avis.
Jamais vous verrez un repas de famille sur comment on doit organiser la la sécurité dans une centrale nucléaire, mais sur l'éducation aussi. C'est pourtant autrement plus compliqué un gamin que cette grosse bouilloire qui est une centrale nucléaire. Et la deuxième, c'est la communication.
Tout le monde a des idées sur la communication, sur ce qu'il faut faire et pas faire. Bon, alors les uns me disent il faut se calmer. Bon, très bien.
Et les autres me disent surtout change rien parce que comme tu es là au moins j'ai l'impression d'être représenté. Donc il faut laisser tout ce qui essaierait de traiter du domaine des apparences, il faut les oublier et se donner la patience de construire parce que la société c'est comme un oignon, il y a des couches successives. Moi, je ne m'adresse pas à ceux pour qui tout va bien et à qui je vais expliquer qu'on va changer un petit quelque chose.
Je m'adresse d'abord le cœur de ce que j'ai à faire au moment où c'est moi qui m'en occupe. Après ça sera un autre ou une autre. C'est d'abord rassembler les têtes dures, les résistants, les opiniatres, ceux qui sont pas d'accord qui pourrissent les repas du dimanche avec la politique, à qui on dit "Ah, ça va, fais pas tomber mélanchon et cetera." D'accord ?
C'est cela parce que c'est le voilà c'est le brûlot, c'est la c'est la braise. C'est la braise qui peut faire partir le feu à la condition de l'événement fortuiti. Donc je peux pas je voilà c'est ma mon moment, c'est pas le bon moment.
Je préférerais moi être que je suis en intellectuel et faire des conférences toute ma vie puis pas être obligé d'élever la voix et pas en rajouter. Bon je dois donc y aller comme ça et je ne peux pas proposer le programme que je propose avec une tête de premier communion. Je je peux pas faire ça gentiment dire oui oui, il y aura pas un salaire au-delà de 1 à 20 et d'ailleurs vous là combien c'est ?
Ben c'est fini et vous là-bas aussi. Vous êtes d'accord hein ? Non non il est pas d'accord.
J'ai fait ça une fois sur un plateau à l'ancien patron de Total. Peut-être que quelquesuns d'entrevu on ce moment je me suis follement amusé. On parlait des salaires.
Je sors mon truc sur 1 à 20. Le gars il me regardait avec sa petite moustache. Pauvre homme il est mort.
Et pas ce soir là. Je suis pour rien mais son avion a je sais pas un chasse-enne lui rentré dedans une histoire incroyable en Russie. Comment s'appelait cet homme ?
Je veux pas qu'on rit de lui parce que le malheureux est mort et bon c'est le patron de Total. Et alors euh ça le faisait marrer ce que je racontais. Genre il me regardait de haut il est sympa ce mélanchant et cetera.
Je dis pourquoi vous êtes augmenté de 3 millions cette année vous ? Il me regarde scotché. Je sais pas.
Non toi là si tu es augmenté tu sais pourquoi ? Il me dit euh bah ça je sais pas. Et ben si, vous savez pas rendez-l parce que je connais pas une personne dans ce pays.
C'est comme l'autre là qui s'est augmenté de 16 millions avant de partir. Tout le monde crie il dit bon d'accord h seulement. Lequel d'entre vous laisse la moitié de sa paye ?
Aucun. Vous direz mais je l'ai gagné, c'est mon travail. Je peux vous expliquer ce que j'ai fait.
J'ai balayé, je sais, j'ai fait cours, je suis allé venu, j'ai préparé mes heures de cours et pour parler d'un prof que tu en train de lui dire ils foutent rien, il sont en vacances. Bon, quand ils vous font la liste de ce qu'ils font, plus le temps qu'on passe à lire vos foutu copies, ça prend du temps. D'accord ?
Vous pouvez justifier, vous direz pas "Oui, oui, je suis d'accord, prenez la moitié parce que vraiment, il y a peut-être eu de la bu mais c'est pas de ma faute." Donc les gens qui font un travail honnête et qui sont une paye honnête ne lâcheent pas la moitié de leur paye. Si le gars dit qu'il en lâche la moitié, c'est que c'est un voyou.
Voilà. Donc, comment voulez-vous que Alors, je lui dis ça, il était scotché, il savait plus quoi dire. Je dis "Ben rendez-les, il s'est marré." En vérité, il savait plus quoi dire.
Vous voyez bien, j'aurais pu faire autrement. J'aurais pu croiser mes jambes et dire tout on doit s'interroger sur le niveau des rémunérations des cadres. Car bien sûr il est normal que contenu des je peux faire ça ou bien je lui fais comme ça.
Pourquoi vous êtes augmenté vous ? Tout le monde regarde vous rigolez. L'humour la dérision pour frapper le système se moquer se moquer d'eux et branler leur certitude sont des tigres de papier.
Ils ne sont rien. Ils savent même pas pourquoi ils gagnent leur paye. Et comme disait Bernie Sanders, je comprends pas moi.
Quelqu'un qui gagne un milliard, pourquoi on en veut deux ? Pourquoi ils en veulent autant ? Qu'est-ce qu'il y a en eux qui s'est pourri jusqu'au sens de perdre tout sens de l'humanité et de la réalité ?
Qu'est-ce qu'une personne qui a des besoins 400 fois supérieur à celle du nôtre ? Parce que c'est ça les écarts de revenu. En quoi ça consiste d'avoir des besoins 400 fois supérieurs ?
Vous voyez, vous pouvez faire vous pouvez faire rire plein de monde avec ça. Dire aux gens "Alors, vous avez gagné un million le premer mois ? Ouais, j'ai plein d'idées.
Le deuxème aussi, le 3e, le 4e, le 5e. Donc on va mettre tout ça en tas et hop, ça part dans la bulle financière dont je n'ai pas pu parler ce soir et qui est pourtant le cœur des contradictions lequel on est. Voilà ce que je veux vous dire.
Le style n'est pas le résultat du fait que je ne me contiens pas. C'est un choix. J'ai choisi de faire comme ça.
Si quelqu'un d'autre veut faire autrement, qu'il le fasse. Et s'il peut le faire mieux, bravo, je le suivrai. Mais pour l'instant, c'est ça qu'il faut faire parce qu'il faut rassembler ceux qui tiennent bons.
Et ceux qui tiennent bons, ils se reconnaissent entre eux. Et vous êtes comme ça, ceux là-dedans. Il y en a des têtes dures ici.
Ceux qui relèvent la tête, qui baissent pas les yeux, qui répliquent et cetera. C'est cela qu'il faut mettre en mouvement. Et ensuite les autres se tournent vers eux.
Qu'est-ce qu'on fait ? Ah ben, qu'est-ce qu'on fait ? Vous avez déjà vu un syndical comment ça se passe.
Les types ils en meurent ou les filles ils en meurent des fois en cours de combat parce que tout d'un coup tout le monde vient les voir. Les mêmes qui leur faisait la gueule avant vi voir qu'est-ce qu'on fait maintenant. Bon alors qu'est-ce qu'on fait ?
Et puis tu as tout le reste. Les jalousies les machins. Bon et il faut il faut mener et puis tous les jours on pose la question.
Bref c'est terrible la lutte. Le poids que ça pèse la préparation qu'il faut à ça. Ils ne se laisseront jamais dépouiller de bon gra.
Donc faudra que soit de force et ne supposez pas une seule seconde qu'il perd de vue où est leur intérêt parce que sinon vous ne comprenez pas pourquoi ils me diabolisent comme ils le font depuis 3 ans et que ils ont dédiabolisé madame Le Pen. Pourquoi moi je suis plus intelligent qu'elle, plus cultivé ? Pourquoi ils s' prennent à moi ?
Je suis plus beau. D'accord. Bon pourquoi ?
Ben c'est c'est tout. la société et la communication, la scène de la communication n'est pas un lieu de communication, c'est une arène. C'est une arène.
Donc la bonne tactique consiste d'abord à faire sauter le cadre. C'est-à-dire si vous avez un journaliste, il faut qu'à la fin il comprenne que c'est une faveur que vous lui faites de pas le sortir de la coquille avec la fourchette. Donc comme ça, il reste au moins poli.
Mais sinon, il faut fracasser le cadre parce que tous les gens se marrent en regardant ça et il voi que vous commencez à dominer le système. Bon et sinon d'abord si vous répondez à leur question, vous êtes morts parce que les questions ont aucun intérêt. C'est George March, il avait trouvé une formule fantastique.
Bon moi j'étais pas de son corps à l'époque he mais bon il avait dit ouais bon ben ça c'est votre question puis maintenant on va voir ma réponse. Vous êtes venu avec vos questions, je viens avec mes réponses. Bon et ben voilà.
Donc comprenez-moi, c'est une tactique de combat. Maintenant s'il fallait diriger ce pays, j'ai déjà eu des responsabilités locales, départemental, nationale. J'ai été ministre de notre pays.
J'ai eu l'honneur d'être dans ceux qui collaboraient, qui travaillaient avec François Mitteran à de nombreuses reprises. Donc, je sais incarner ma patrie quand il le faut et comme il le faut. Je vous garantis que en général les gens savent à quoi s'en tenir.
Mais il faut il ne faut pas s'autocélébrer, il faut se vouer à sa tâche, se dévouer à l'exigence de son combat. Si vous venez avec telle panoplie, c'est celle-là qu'il faut manier et pas se dire "Je suis tellement important que je ne m'abaisserai pas à faire une blague de mauvaise goût pour déstabiliser la personne, aller demander à l'autre pourquoi il a gagné plus d'argent, lui proposer d'aller le rendre et ainsi de suite et toutes les choses que vous m'avez vu faire." Alors ça c'est ce que je veux vous dire.
Après vous parlez du on parle il y a un lien entre tout ça, vous allez voir qu'est-ce que le Est-ce qu'il y a un peuple européen ? Non, il y en a pas. Pourquoi ? pas parce qu'il y a pas d'Européens, il y a des gens qui habitent en Europe.
Mais vous avouerez, je vais revenir à vous que c'est une notion assez confuse parce que qu'est-ce qui rattache un lituanien à un portugais ? Et pourquoi un portugais serait-il plus intéressé à discuter avec un Lituanien qu'avec un marocain ? Parce que les marocains, on les connaît hein, ils sont juste à côté de nous. 13 km, on traverse la flotte et de l'autre côté tas de gens.
Des fois, on est marié avec eux, hein. On a des enfants, des petits enfants, des cousins, tout ça. Bon, et avec les Algériens et avec les Tunisiens, c'est un même peuple, c'est le même qui tourne en rond autour de la Méditerranée depuis 2000 ans.
J'ai raconté ça à Marseille pour ceux qui connaissent mon discours à cette occasion, hein. Donc ça, c'est proche. Un des aspects du futur, peut-être qu'on en parlera pas, bon pour moi, c'est de tourner les batteries de la France d'une autre manière.
Les francophones, ils sont de l'autre côté de la Méditerranée. Il y a 100 millions d'Arabes, il y a jamais eu autant de monde qu'à parler français. Nous avons au moins une langue en commun.
C'est un problème, c'est qu'on parle pas assez l'arabe en France parce que pourtant il y a plein d'arabes. Mais ce sont pas des Arabes, ce sont des êtres humains. Nous ne sommes pas des Français, nous sommes des êtres humains, vous comprenez ?
Mais nous sommes culturellement, familialement liés les uns aux autres. Et regardez la folie qu'on est en train de faire. trier entre nous d'après la religion pour expulser les uns les martyriser, les pour chasser, les humilier, les insulter tous les jours en les assimilant à des terroristes, à des violents, une masse de braves gens qui se sont saignés les veines pour que leurs enfants réussissent à l'école, pour qu'ils progressent et à qui on ne cesse d'agiter deux ou trois petits voyou par-ci qui par là comme il y en a toujours eu.
Imaginez-vous quel crime on est en train de commettre contre la patrie commune des Français de nous tous. Bon, c'est pour ça qu'il faut refonder la France pas seulement pour les droits nouveaux, pas seulement comme stratégie révolutionnaire, mais pour que tout son nouveau peuple, cette nouvelle France s'empare de la France elle-même, se l'approprie parce que nous sommes un peuple universaliste. Universaliste, pas occidentaux.
Nous ne sommes pas occidentaux. Ça n'existe pas à l'Occident. C'est un concept politique dans la main de l'impérialisme américain.
Nous les Français, nous sommes universaliste à cause de de ce qui constitue notre nation liberté, égalité, fraternité. On met en partage chaque humanité entière. Ensuite, parce qu'on est présent sur les cinq continents.
Ensuite parce que notre plus longue frontière, elle est avec le Brésil, pas avec l'Allemagne et ainsi de suite. Donc, nous avons vocation à être universaliste. Ça vient à votre question.
Est-ce qu'il y a un peuple européen ? Il y a un peuple à partir du moment où une communauté humaine astreint les membres qui le composent et le territoire qui l'occupe à des lois communes qui sont légitimes parce qu'elles sont décidées par tous. Comme il y a rien de tout ça, il y a pas de peuple européen.
Et la seule manière, il y en a qui sont posé la question de savoir mais bon comment va tomber sur Mélenchon ? Qu'est-ce qu'on peut bien raconter pour Je parle pas de vous hein pour dire qu'il y en a quand même un. Bon alors les Allemands qui eux n'ont pas du tout la même conception de la nation que nous.
Nous liberté, égalité, fraternité eux de folk. Le folk c'est le folk au sens de peuple ethnique. D'accord ?
Bon alors bon eux ils sont ils ont raisonnés aussi réfléchissent qu'est-ce que ça peut bien être l'Europe parce que le fist européen, c'est-à-dire l'idée de peuple, la le sentiment d'être un peuple, qu'est-ce que ça peut bien être ? Bah qu'est-ce que vous voulez que ça soit ? Qu'est-ce que vous voulez que ça soit ? la religion catholique, le christianisme.
Et voilà pourquoi la démocratie chrétienne allemande a continuellement ramené le christianisme comme devant être le false guist de l'Europe. Donc nous serions européens parce que nous sommes chrétiens. Tout le monde n'est pas chrétien.
Il y en a qui sont d'ailleurs incroyants. Je vous rappelle quand même que c'est la majorité qui commence à en avoir jusque là aussi. Il est obligé de se fader les débats des autres.
Et puis il y a des musulmans, il y a des juifs, il y a toutes les religions sont là mais ils ont essayé de le faire. Donc l'Europe, le peuple européen n'existera que quand ce sera une personne, une voix pour décider de la loi. Or, nous ne sommes pas d'accord sur le simple fait que puisse exister lois dans certains domaines.
Pour les Allemands et leurs satellites, le gouvernement allemand de droite, l'ordolibéralisme, c'est l'économie n'a rien à voir avec la politique et donc elle a pas le droit d'y toucher. Pour nous les Français, même quand on est de droite, on considère que la politique a le droit et le devoir de se mêler de tout parce que voilà, c'est comme ça. Nous, nous décidons qu'on fait un missile balistique intercontinental quand tout le monde a décidé qu'on en ferait pas.
Et ben on en fait quand même. Au début, on dit on le fait avec les autres. Ils mettent les décalcoménies, ils font le premier étage, ça marche pas.
Le deuxième étage non plus. Et un jour, on dit le fait tout seul. Et maintenant, on a fait Arian espace.
C'est le la moitié du marché mondial des satellites et nous sommes la nation qui consacre après les États-Unis le plus d'argent par tête de pipe à l'espace. Vous ne le savez pas, je vous la prends. Voilà comment sont fait les Français.
C'est l'État qui a décidé ça. Une décision de conseil des ministres inenvisageable dans un autre pays. Et pareil pour le train à grande vitesse et pareil pour ceci et pareil pour cela.
Donc dans notre vision, la politique se mêle de tout et c'est normal puisque nous sommes républicains et que nous pensons que euh chacun doit pouvoir dire ce qui est bon pour tous partout et que le grand Jor nous dit "Ah, vous avez créé le français roi dans la cité mais serf dans l'entreprise." Voilà, très bien. On sait où est la servitude.
C'est là qu'il faut faire entrer la citoyenneté, hein. Faire entrer la citoyenneté. Le seul endroit où vous signez un papelard qui dit que vous admettez que vous êtes en état de subordination.
Et monsieur Gataz euh termine en vous disant "Ah, pas que de subordination, hein, de de vassalisation." Voilà, un jour, ils inventeront l'esclavage, ils diront que c'est mieux que rien. Au moins, vous êtes nourris échauffé.
Bon, alors ça c'est pour ça que je ne sais pas si le peuple, je ne veux pas vous décevoir, vous donner l'impression, vous savez, à chaque fois qu'on dit qu'on n'est pas d'accord avec ça, on vous a le repli nationaliste. Quel repli nationaliste ? Moi, ma manière d'être français, c'est une manière universaliste.
Bon. Et puis je je m'en cache pas. Je pense que la priorité pour bon, il y a l'Europe, vous connaissez Mins sur le sujet, je vais pas maintenant à cette heure-ci vous en parler, mais là pour les Français, si je dirigeais ce pays, la priorité serait à la vocation universaliste des Français et donc à une nouvelle alliance internationale que j'appelle altère alliance, altère mondialiste pour un autre ordre du monde avec les nations qui auraient en commun de vouloir défendre la souveraineté populaire et cetera et cetera.
J'ai publié un article dans la revue de la défense nationale qui paraît au mois de décembre où je montre le lien et il y a aussi une revue de l'IRIS où j'ai répondu pour leur numéro leur 100e numéro. Ils m'ont fait une interview formidable très longue et le le thème c'est le nouvel indépendantisme français. Je vous montre le rapport qu'il a.
On ne peut pas être uni à d'autres si on n'est pas libre de son consentement. Je crois que tout le monde arrive à comprendre ça. Bah c'est vrai pour les nations aussi.
Ça c'est pas du nationalisme. Et je finis sur quoi ? Qu'est-ce que je vais faire ?
Je sais rien. Vous dites quel est votre rôle dans le futur ? Le parti de gauche, je ne le dirige plus.
Je n'y ai plus de responsabilité. Je les ai quitté progressivement parce que c'est normal, il faut qu'il y ait des relèves. Le parti de gauche ne se vit pas comme une fondation pour l'éternité.
Nous nous proposons de dissoudre pour faire un autre parti plus grand avec ceux qui voudront et en faire le parti de l'écosocialisme. Ça ça va de soi puisque c'est notre notre devis, c'est République, écologie, socialisme. Bon, ça n'est pas c'est important pour nous parce que c'est notre petit cadre collectif de travail comment et ce qui nous permet aussi de sélectionner des caractères, des énergies mais notre but est pas de nous perpétuer jusqu'à la nuit des temps.
Nous voulons être éclaireur et déclencheur. Voilà. Quant à moi, je vais je vais prendre ma part de tâche.
J'ai pas d'angoisse sur ma propre existence. J'ai eu de la chance, hein. J'ai été beaucoup aimé et j'ai beaucoup aimé.
Je ne suis pas malade, je suis en bonne santé. J'aime écrire, j'aime vous rencontrer. C'est un bonheur d'être là.
Ça va pour moi, ça va pas pour mon pays. Donc je fais mon boulot. On m'a dit "Vous voulez être candidat mais les gens savent pas ce que c'est.
Il croi que vous levez le matin, c'est super, je vais être candidat. C'est un calvaire. Vous pouvez plus sortir après.
Vous pouvez plus aller dans un resto dans un machin. Tout le monde vous saute dessus pour vous parler. G sont gentil.
En plus, s'ils étaient méchants, on les enverrait balader. On leur dirait "Ça va, casse-toi ?" Non, ces gens gentils. "Ah, ça fait plaisir de vous voir.
On peut faire une photo tout ça." Voilà. Bon donc je ne sais pas, je vais me tenir à la hauteur, je vais essayer de me tenir à la hauteur du rôle que les autres m'ont confié et des attentes qu'ils ont à mon égard parce que ça me crée un devoir.
J'ai un devoir, je l'ai dit une fois et là que ça dérange. Oui, j'ai un devoir, il compte sur moi. Qu'est-ce que je fais ?
J'ai annoncé fini. Allez, je rentre chez moi, je vais écrire un roman d'amour comme je l'ai écrit une fois, hein. Bon, non, et chacun d'entre nous a des devoirs et vous savez bien qu'on peut pas s'y soustraire comme ça, même quand on voudrait.
Alors, il faut accomplir son devoir. Voilà, je tâcherai de le faire. Merci à vous.
Merci beaucoup. [Applaudissements]
Jean-Luc Mélenchon