Laurent Jacobelli : "La France insoumise a du sang sur les mains !" (France Info)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il a raison, Jean-Noël Barraud, de convoquer l'ambassadeur américain en France ?
- 1:14RelanceRéponse directe
Donc ça ne vous choque pas ce matin qu'un ambassadeur américain en France dise la chose suivante : l'extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin de Rang démontre la menace qu'il représente pour la sécurité publique.
- 1:26RelanceRéponse directe
Donc de quel droit un ambassadeur américain en France, finalement, fait de l'ingérence ? Parce que c'est de l'ingérence, il faut qualifier...
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous êtes d'accord avec Éric Zemmour qui dit que Jean-Luc Mélenchon, ce sont ses termes, et les filles sont complices de la mort de Quentin de Ranck ?
- 2:39OuverteRéponse partielle
Ce sont vos alliés, Donald Trump et Giorgia Meloni, en tout cas au moins idéologiquement, vous pensez un peu la même chose ?
- 2:55RelanceRéponse partielle
Ça ne devient pas un peu gênant de les soutenir ? Parce qu'on voit que vous êtes un peu gêné quand même.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« en France, l'extrême-gauche, une milice d'extrême-gauche, a tué un jeune homme de 23 ans, milice d'extrême-gauche associé... »
- 1:06Invité politiqueFait
« la jeune garde est impliquée, jeune garde qui a été associée au sein du nouveau Front populaire, au Parti socialiste, au Parti écologiste, au Parti communiste et à la France insoumise. »
- 2:12Invité politiqueFait
« la France Insoumise a du sang sur les mains »
- 2:16Invité politiqueFait
« à force de chauffer à blanc les jeunes de la jeune garde, en ayant fait de leur chef de milice un député, Raphaël Arnaud, en les encourageant, et en continuant à les soutenir comme le fait Mathilde Panot »
- 3:23Invité politiqueFait
« Un jeune homme de 23 ans a été tué pour ses idées. »
- 3:31Invité politiqueFait
« C'est grave, et il y a une internationale de l'extrême-gauche. Les Etats-Unis et l'Italie ont eu à en souffrir »
- 6:59Invité politiquePromesse
« Marine Le Pen a demandé, il y a un peu plus d'un an maintenant, je crois, la dissolution de tous les groupes violents en France, qu'ils soient d'extrême-droite, d'extrême-gauche, d'écologie radicale »
- 7:06Invité politiqueFait
« Le RN n'est pas un parti d'extrême-droite, ce que vous dites. »
Temps de parole
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- Présentateur36 %
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Bonjour Laurent Jacobelli, merci d'être avec nous ce matin sur France Info TV. La mort de Quentin de Rang dépasse très largement nos frontières, les frontières françaises. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, a décidé de convoquer l'ambassadeur des États-Unis en France. Ça sera ce soir au Quai d'Orsay à 19h, après des propos tenus par l'administration Trump sur la mort du militant identitaire à Lyon. On viendra après sur le contenu de ces propos. Est-ce qu'il a raison, Jean-Noël Barraud, de convoquer l'ambassadeur américain en France ?
Écoutez, il fait bien ce qu'il veut, il peut convoquer l'ambassadeur. C'est vrai qu'au moment où il y a la guerre en Ukraine, où l'Iran vit une crise terrible, au moment où des Français, Christophe Gless par exemple, sont tenus dans des geôles étrangères en Algérie, le ministre aura probablement beaucoup d'autres choses à faire que cela, mais je comprends qu'il soit gêné. Il est gêné parce qu'à l'international, on remarque qu'en France, l'extrême-gauche, une milice d'extrême-gauche, a tué un jeune homme de 23 ans, milice d'extrême-gauche associé... Il y a comme une enquête en cours, je permets de le rappeler, une enquête en cours qui n'a pas encore donné ses conclusions.
Vous affirmez un peu vite peut-être les choses. Oui, peut-être, mais on voit bien que la jeune garde est impliquée, jeune garde qui a été associée au sein du nouveau Front populaire, au Parti socialiste, au Parti écologiste, au Parti communiste et à la France insoumise. On comprend que ça étonne dans le monde entier et que ça inquiète partout.
Donc ça ne vous choque pas ce matin qu'un ambassadeur américain en France dise la chose suivante, l'extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin de Rang démontre la menace qu'il représente pour la sécurité publique. Donc de quel droit un ambassadeur américain en France, finalement, fait de l'ingérence ? Parce que c'est de l'ingérence, il faut qualifier...
Là-dessus, vous avez raison, on est plutôt pour une politique où chacun s'occupe un peu de ses affaires et évite de mettre son nez dans les affaires des autres. En revanche, malheureusement, le constat qu'il fait est réel. Oui, il y a une augmentation des violences et des violences d'extrême-gauche notamment, mais je vais vous dire, il y a un fait nouveau, c'est que cette extrême-gauche, elle est arrivée au sein de l'Assemblée nationale. Ce ne sont pas des mouvements groupusculaires isolés et que tout le monde pourrait coudonner. Non, c'est un mouvement groupusculaire qui a été adoubé par un parti politique français, la France Insoumise.
Et c'est probablement là que nos partenaires occidentaux s'inquiètent.
Vous êtes d'accord avec Éric Zemmour qui dit que Jean-Luc Mélenchon, ce sont ses termes, et les filles sont complices de la mort de Quentin de Ranck ? On peut comprendre pourquoi il le dit en effet, puisque Jean-Luc Mélenchon... Vous lui diriez les mêmes termes ?
Oui, oui, moi je pense que... Moi je dirais même que la France Insoumise a du sang sur les mains, pour être très clair, parce qu'à force de chauffer à blanc les jeunes de la jeune garde, en ayant fait de leur chef de milice un député, Raphaël Arnaud, en les encourageant, et en continuant à les soutenir comme le fait Mathilde Panot, oui, clairement, il y a le refus de se remettre en cause, et probablement même l'instrumentalisation de la violence.
On parlait à l'instant de l'administration Trump, qui a donc réagi et qui se permet de commenter un drame qui s'est passé en France. Giorgia Meloni, la première ministre italienne, l'a fait aussi, elle a été recadrée d'ailleurs par Emmanuel Macron assez sèchement. Ce sont vos alliés, Donald Trump et Giorgia Meloni, en tout cas au moins idéologiquement, vous pensez un peu la même chose ?
Non, non, pas du tout.
Ça ne devient pas un peu gênant de les soutenir ? Parce qu'on voit que vous êtes un peu gêné quand même.
Absolument pas gêné, je vais vous répondre très clairement. D'abord, nous ne soutenons pas spécialement Donald Trump, nous ne soutenons pas spécialement Giorgia Meloni, mais simplement... Vous soutenez plus Donald Trump que Joe Biden ? Moi je ne suis pas américain, donc je n'ai pas à voter aux Etats-Unis, et vous aurez remarqué qu'on n'a jamais... Idéologiquement ? Non, pas du tout. Mais simplement, vous confondez le messager avec la nouvelle. Est-ce que le monde entier a le droit de s'effrayer devant ce qui se passe en France ? Je le rappelle, parce qu'on peut allumer des contrefeux. C'est quoi le fond de l'affaire ? Un jeune homme de 23 ans a été tué pour ses idées.
Vous pouvez être d'accord ou pas d'accord avec ses idées, mais le fait qu'il ait été tué par une milice violente d'extrême-gauche, c'est grave. C'est grave, et il y a une internationale de l'extrême-gauche. Les Etats-Unis et l'Italie ont eu à en souffrir, et je comprends l'émotion que cela peut susciter.
Un mot sur cette marche qui a eu lieu à Lyon, en hommage à Quentin de Ranque. Vous, vous avez décidé du côté de la Rassemblement Nationale de ne pas y participer. Il n'y avait pas d'élus de votre camp à Lyon sur place. Mais on a appris, grâce à nos confrères de Mediapart, qu'un attaché parlementaire de votre parti, plus précisément de la députée RN de la Drôme, Lisette Paulet, a bien appelé à la tenue de cette marche. Et ce même attaché parlementaire aurait appartenu jusqu'en 2024 à un groupuscule antisémite Lyon-Populaire. Quelle est votre réaction ? Est-ce que ce n'est pas un peu gênant ?
On sent que vous essayez de vous démarquer de l'ultra-droite et de tout ça, mais il y a quand même des gens de chez vous qui travaillent, notamment pour une députée RN de la Drôme, qui faisait partie de cette marche, en tout cas qui ont appelé.
Est-ce qu'un collaborateur a défilé ou pas ? Je n'en sais rien, les députés ne l'ont pas fait. Il a appelé à la tenue de cette marche. Je remarque votre insistance à aller chercher là où il ne faut pas aller chercher. Pourquoi ne parle-t-on pas aujourd'hui de l'ultra-gauche qui est responsable ? C'est marrant ces contre-feux qui sont allumés, notamment par beaucoup d'organes de presse, et je vois par le vôtre. Excusez-moi, mais la vérité c'est quoi ? J'allume aucun contre-feu, je vous ai parlé de LFI et le terme de complicité. La vérité c'est quoi ? C'est que la France Insoumise et la Jeune Garde sont associés, alliés et liés, disait Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon a tenu des propos selon la meute, vous savez le livre qui a été publié sur la France Insoumise en disant aux jeunes... C'est vraiment écrit par mon conflit Olivier Perrault du Monde. Exactement, en appelant les jeunes à la violence contre, je cite, les fachos. Donc au bout d'un moment, c'est là qu'il faut aller chercher. Et vous, vous allez voir dans une foule de 3000 personnes, s'il n'y a pas quelqu'un qui serait le cousin de la sœur, de l'ami d'un député. Et honnêtement, faisons notre boulot, si jamais quelqu'un dans notre mouvement a fait quelque chose qu'il ne fallait pas, nous en prendrons toutes les conséquences.
En revanche, le fond du problème, c'est qu'il y a aujourd'hui des groupuscules violents qui sont à la fois à l'Assemblée nationale et à la fois dans la rue, et c'est ça qui devrait nous inquiéter.
Il y a eu des saluts nazis, des insultes homophobes et racistes. La justice a été saisie. Vous les condamnez, bien évidemment ?
Évidemment, c'est inacceptable. On ne peut pas se balader le bras en l'air dans les rues de France. On ne peut pas insulter quelqu'un en fonction de ses origines ou de ses orientations sexuelles. Il faut évidemment qu'il y ait des poursuites. En revanche, on ne peut pas résumer la marge qui a eu lieu de 3000 personnes qui s'est retenue dans le calme, il faut le dire. Pas de débordements. S'il y a eu quelques à la marge des débordements, il faut bien évidemment les sanctionner. Mais une fois encore, ne pas se détourner de l'essentiel. Un jeune homme de 23 ans a été tué. Il a été tué par qui ? Par des énervies d'extrême-gauche.
Vous dites que l'extrême-gauche est donc responsable. Vous assumez le terme de complicité, utilisé notamment par Éric Zemmour. On a regardé un petit peu au niveau des chiffres, puisque l'ultra-droite a aussi tué en France. En tout cas, il y a un livre, un des travaux de chercheurs spécialisés dans la mouvance de l'ultra-droite, Isabelle Saumier, Nicolas Lebourg, encore Xavier Chrétiez, qui eux ont participé à un ouvrage qui s'appelle « Violence poétique en France » de 1986 à nos jours. Et eux, ils constatent que l'extrême-droite, disent-ils, je les cite, a tué dix fois plus que l'extrême-gauche ces 40 dernières années en France. Six morts ont été amputés à l'extrême-droite depuis 2022.
Quelle est votre réaction, Barbara ?
Vous savez, moi, je ne suis pas l'avocat de l'extrême-droite aujourd'hui. Marine Le Pen a demandé, il y a un peu plus d'un an maintenant, je crois, la dissolution de tous les groupes violents en France, qu'ils soient d'extrême-droite, d'extrême-gauche, d'écologie radicale, parce que la France ne peut pas supporter la violence en politique, d'où qu'elle vienne. Le RN n'est pas un parti d'extrême-droite, ce que vous dites. Non, non, nous ne sommes pas un parti d'extrême-droite et nous condamnons évidemment toute forme de violence.
Nous, nous voulons que le débat se fasse à l'Assemblée nationale, par les urnes, et j'aimerais que ce discours aussi clair soit tenu par tout le monde, y compris à gauche, parce que je comprends aujourd'hui que dans des partis traditionnels de gauche, il y a un malaise d'avoir eu sur leur document de campagne le logo de la jeune garde. Il faut maintenant en tirer toutes les conclusions et arrêter les fréquentations dangereuses, comme le fait aujourd'hui la gauche. Tout le monde doit faire le ménage, ça arrive à tous les mouvements politiques, mais maintenant il faut, je crois, tous être très clairs, pas de violence en politique, d'où qu'elle vienne.
Le fait d'être à gauche n'est pas une excuse.
Laurent Jacabelli, ça ne vous a pas échappé, on est à moins de trois semaines du premier tour des élections municipales, 15 mars prochain pour le premier tour. Quel est l'objectif de l'Assemblée nationale ? On sait qu'il y aura un avant et un après à faire, Quentin, de rank. Est-ce que l'objectif, c'est aussi d'utiliser cette affaire pour faire campagne ?
Non, évidemment pas. Nous sommes en course pour les municipales depuis longtemps maintenant, nous avons investi nos candidats, nous faisons des campagnes locales. Maintenant, il est évident qu'avec la donne actuelle, nous ferons en sorte qu'aucun élu LFI ne puisse arriver dans les communes, parce que LFI, on sait ce que c'est aujourd'hui. C'est la violence, on voit bien. J'ai vu tout le week-end M. Bompard et Mme Panneau ne pas une seconde s'excuser de ce qui était arrivé.
J'ai vu la hargne qu'il y a lorsqu'un journaliste fait son travail avec votre collègue Brigitte Boucher, que je tiens à saluer, qui est aujourd'hui l'objet d'un déferlement de haine de l'extrême-gauche sur les réseaux sociaux. Cette violence-là n'est plus tolérable et nous devons protéger nos communes de cette violence.
L'objectif du Rassemblement National, c'est de gagner combien de villes ? On est vraiment à trois semaines du premier tour ?
Je vais vous décevoir, je ne vais pas vous répondre, parce que je ne le sais pas. Vous avez fixé un objectif, il y a une stratégie. Le municipal est très compliqué, ça dépend de combien il y a de listes au deuxième tour. En tout cas, nous voulons évidemment nous implanter, avoir beaucoup plus de communes qu'avant, parce que c'est, j'allais dire, l'enracinement local qui demain amènera d'autres victoires. Vous savez, c'est une étape avant 2027, avant la présidentielle, qui est notre objectif ultime, pour gagner ces élections avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Et c'est une première étape. Donc évidemment, nous investissons beaucoup d'énergie dans ces municipales. On verra bien le résultat.
Marseille est une ville que vous visez, notamment avec Franck Alizio. Très belle campagne de Franck Alizio à Marseille. Beaucoup de nos candidats font des campagnes exemplaires. Et on voit bien qu'ils arrivent aujourd'hui à rallier beaucoup de forces autour d'eux, des forces qui veulent l'alternance locale devant un système à bout de souffle. C'est le cas à Marseille, et c'est le cas ailleurs. De très belles campagnes, en effet. Et je crois que quand on dit que nous voulons rassembler, nous voulons faire l'union de tous ceux qui veulent changer les choses, eh bien, ces campagnes le montrent.
Laurent Jacobelli