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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 29 avril 2019 11 min

Ian Brossat : "C'est parce que nous avons lu les traités européens que nous les avons rejetés"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

ian brossât tête de liste pour le parti communiste français merci d'être avec nous avec toujours mon camarade frédéric 16 et la question rituelle ian brossât que nous avons posées aux deux autres candidats qu'elle refoule et vous moi je veux une europe qui soit une robe de justice sociale on en est aujourd'hui très loin parce qu'on a des traités européens qui grave dans le marbre de dogme le premier c'est le dogmes de l'austérité la fameuse règle des 3% de déficit public on n'a pas le droit de dépasser et le deuxième dogme c'est la concurrence libre et non faussée on nous a construit une drôle de robe dans laquelle l'objectif n'est pas de se serrer les coudes mais dans laquelle l'objectif est de se tirer dans les pattes et donc je pense qu'il est temps de changer profondément le cours de l'union européenne et je crois que le fait que notre union européenne traverse en ce moment une crise existentielle nous oblige d'une certaine manière et que c'est le sens même de l'union européenne qui est posée donc changeons là sinon elle mourra excellent on a beaucoup parlé avec les deux personnes les deux candidats qui vous ont précédés dans ce studio des traités du traité de lisbonne qui organise notamment une certaine impuissance du parlement européen dans la mesure où il peut amender il peut voter les textes mais il n'a pas l'initiative des textes qui vient qui viennent de là de la commission est ce que ça vous souhaitez vous le changez et n'êtes vous pas en un sens candidat à une élection vous n'aurez pas beaucoup de pouvoir d'abord ne sous-estimons quand même pas le rôle du parlement européen parce qu'on nous a tellement dit que le parlement européen ne sert à rien on nous a tellement dit que tout se décide à la commission européenne qu'effectivement on finit par se dire pourquoi est-ce qu'on devrait aller se déplacer le 26 mai pour élire des eurodéputés ça n'est pas complètement vrai parce que les directives elles sont quand même soumise au vote du parlement européen et si une directive est battu au parlement européen elle finit à la corbeille on a quand même quelques exemples qui montrent que les rapports de force internes au parlement européen ça compte par exemple le quatrième paquet ferroviaire celui qui a conduit à la loi sur la sncf celui qui fait que malheureusement on va fermer beaucoup de petites lignes de chemin de fer jugée non rentable ce quatrième paquet ferroviaire il est passé à 24 voix près cela signifie que si nous avions été un peu plus nombreux au parlement européen pour nous y opposer on n'aurait pas eu derrière la loi sur la sncf et la concurrence du transport voyageurs donc ça vaut le coup de s'intéresser à ce qui se passe au parlement européen évidemment suis favorable à ce qu'il y ait encore plus de pouvoir mais même dans le cadre de son pouvoir actuel de ses compétences actuelles il a un rôle qui n'est pas tout à fait négligeable justement si on revient à l'évolution de la sncf une évolution qui a été décidé par le gouvernement il ya eu des manifestations et celles ci ont fait long feu elles n'ont pas empêché la réforme ferroviaire ian brossât tandis que les gilets jaunes eux ont obtenu des choses vont nous tirer si celles ci sont suffisantes ou insuffisante mais on voit que les modes de protestation évolué est ce que du coup le pcf est encore en phase avec les modes de protestation actuelle en d'abord le parti communiste a soutenu tous les toutes les mobilisations de ces derniers mois y compris d'ailleurs beaucoup de revendications portées par les gilet jaune que nous portions d'ailleurs avant même que ce mouvement ne se développe non je crois surtout que le gouvernement devrait réfléchir au grand mépris avec lequel il a traité notamment les organisations syndicales parce que c'est précisément parce que le gouvernement n'a pas entendu les syndicats n'a pas entendu la grande mobilisation des cheminots qui était pourtant très massives que la protestation s'est fait entendre d'une autre manière et donc je crois que la balle est dans le camp du gouvernement et que le gouvernement devrait réfléchir à sa manière de gouverner et qu'on ne pourra pas continuer à avoir des gouvernements qui se succèdent et qui ignore à ce point les corps intermédiaires qu'il s'agisse des syndicats ou des élus locaux quelles sont les demandes des gilet jaune que vous avez soutenu et quelles sont celles qui vous paraissent plus éloigné de ce que le pcf pourrait demander ian brossât au début on nous a dit que c'est est une espèce de ras-le-bol fiscale qui aurait pu virer à une forme de poujadisme auquel évidemment le parti communiste ne peut pas adhérer assez vite on s'est aperçu que la question c'était moins le ras-le-bol fiscale qu'une révolte face à l'injustice fiscale une révolte face à un impôt qui est devenu de plus en plus injuste parce qu'ils pèsent sur les salariés sur les classes moyennes sur les familles modestes bien davantage que sur ceux qui touchent de très très hauts revenus et donc ça ce sont des revendications que nous partagerons le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune l'augmentation du smic l'augmentation des petites retraites ce sont des choses que le parti communiste n'a pas découvert au détour d'un rond point et que nous portons depuis fort longtemps mais ces sujets la compétence européenne par définition sur le plan européen dans votre programme quels sont les deux ou trois points que vous souhaiteriez mettre en avant ce matin l'harmonisation sociale est évidemment une question clé parce que on peut dire que ça ne relève pas du parlement européen mais enfin quand même quand on a une union européenne dans laquelle on a des pays qui ont comme nous un smic à plus de 1000 euros nets et puis d'autre part des pays dans lesquels le smic est à 300 ou 400 euros et en même temps on organise la concurrence libre et non faussée ça veut dire qu'on dit aux travailleurs français sers-toi la ceinture parce que le polonais prat rails pour moins cher que toi et ont dit aux polonais certes ou à la ceinture parce que le bulgare est prêt à travailler pour moins cher que toi donc quand même ce fonctionnement nous tire vers le bas et tire les salariés français vers le bas donc la question qui se pose aujourd'hui de mon point de vue c'est celle de l'harmonisation sociale nous nous sommes favorables c'est une proposition que nous faisons un smic européen à 60% du salaire moyen ce qui nous permettrait d'avoir une augmentation des salaires à l'intérieur de l'union européenne est ce qu'il ya des yeux fondamental concrètement pour la france ça voudrait dire ça voudrait dire 1400 euros net c'est-à-dire une augmentation de 200 euros ce qui supposerait d'ailleurs des je vais dire que emmanuel macron a fait une partie du chemin non parce que ça n'est pas une augmentation du smic qui le smic il est environ à 1200 euros aujourd'hui une prime d'activité c'est 100 euros oui voilà c'est une prime d'activité c'est à dire que c'est une aide sociale qu'il faut aller chercher à la caf moi je crois que ce que demandent les travailleurs de ce pays c'est de pouvoir vivre dignement de leur travail et pas d'aller mendier une aide sociale à la caf en tout cas moi je ne conçois pas les choses de cette manière là un problème de symbole et non ce n'est pas un problème de symboles d'abord c'est un problème très concret qui fait que seul 50% des smicards vont obtenir cette aide sociale mais surtout parce que les conditions de ressources du métro je termine ma démonstration sans cela supposerait que les pme soit aidé parce que évidemment que les grosses entreprises pourraient assumer une augmentation du smic les petites entreprises auraient plus de mal à le faire et c'est la raison pour laquelle nous proposons que les aides publiques aux entreprises soient concentrés sur les pme et qu'on arrête de donner des aides publiques aux entreprises à des boîtes comme ford qui d'abord beaucoup d'argent et n'ont pas besoin des aides et qui par ailleurs licencié ian brossât danse conditions qu'est ce qui vous distingue de la social démocratie parce que finalement ce que vous nous dites là c'est un aménagement alors il peut paraître excessif insuffisant que sais-je aux auditeurs mais en tout cas c'est un aménagement du capitalisme ça n'est pas une logique de rupture ce qui nous distingue la cohérence le parti communiste n'a jamais dit on va pouvoir construire l'europe sociale avec des traités européens libéraux ce n'est pas faire insulte aux sociaux démocrates que de rappeler qu'ils ont voté tous les traités européens il se trouve que les communistes ont lu ses traités européens et c'est précisément parce que nous avons lu ces traités européens que nous les avons rejeté avec constance non pas parce que nous sommes anti européen mais parce que nous avons perçu très tôt qu'il y à un adn libéral dans ces traités et donc je suis toujours un peu surpris de gens qui à chaque élection européenne 10 et maintenant l'europe sociale alors même qu'ils ont voté tous les traités européens qui ont bâti l'europe sur tout autre chose la concurrence libre et non faussée les politiques d'austérité et donc nous nous disons il faut rompre avec la logique de ces traités européens qui nous fait tant de mal ce qui vous distingue pour le coup de l'inviter précédentes qui étaient dans ce studio raphaël glucksmann pour ne pas le nommer vous avez parlé des sociaux démocrates dans ce cadre qu'est ce qui vous distingue vis-à-vis des traités dont vous voulez sortir si on vous entend bien ce matin de la france insoumise c'est difficile à dire parce que je ne suis pas sûr de comprendre quelle est la ligne actuelle de la france insoumise en tout cas je peux vous assurer d'une chose c'est que pour ce qui concerne les communistes nous ne sommes pas favorables à une sortie de l'union européenne moi je ne suis pas favorable à ce qu'on sorte de l'uer et la situation des britanniques ne me donne pas envie de suivre le même chemin eux non plus d'après ce que je comprends c'est la chance j'ai entendu des choses différentes en tout cas nous ne sommes pas favorables à une sortie de l'union européenne nous sommes favorables à une transformation de l'union européenne à un affranchissement par rapport aux traités européens moi je pense que la france doit mener sa propre politique et qu'il nous faut cesser de nous comporter comme des bons élèves de la commission européenne attachée au strict respect des 3% de déficit plutôt mauvais élèves 1 sur ce sujet précis précisément parce qu'il ya le mouvement des gilet jaune et ce qui a conduit emmanuel macron à s'affranchir de la règle des 3% c'était la pression de la rue et la mobilisation sociale donc je considère que nous deux mais notre propre politique et que d'une certaine manière le fait précède le droit et que si nous sommes capables nous de mener notre propre politique de nous affranchir de ces règles nous contribuerons à ce que l'europe change et ils marquent dans tout ça il ya de gros ça vous vous êtes communiste vous êtes sur france culture donc on est un peu entre intello d'ailleurs vous êtes un intello même si très heureux d'être chez vous parce que ma mère écoute france culture et vient nous saluons votre père ian brossât mais au-delà de ça et les références théorie du parti communiste l'époque où on lisait marx l'époque on appliquait marx qu'en est il aujourd'hui quelles sont les références intellectuelles par exemple que vous brandissez lors de cette campagne que vous pourriez invoqué marque bien sûr et dans une europe où le taux de travailleurs pauvres est passé au cours des dix dernières années de 7 à 10% alors que notre produit intérieur brut est passé de 15 mille milliards d'euros à dix sept mille milliards d'euros le moins qu'on puisse dire c'est que la lutte des classes ça existait d'ailleurs tous les mouvements auxquels nous avons assisté depuis maintenant quelques mois traduisent le fait que la lutte des classes est une réalité et qu'on a eu un réveil des des classes laborieuses qui ne supportent plus la situation d'injustice sociale à laquelle elles sont confrontées moi j'assume tout à fait marx et je pense que ça ses horizons alors justement si vous en accepter les prémices pourquoi ne pas aller jusqu'au bout puisque il ya chez marc des décisions qui sont sensiblement plus radical que des seuls aménagements fiscaux et pourquoi ne pas dire par exemple que le parti communiste souhaite aujourd'hui en finir si c'est le cas avec le capitalisme moi je suis favorable au dépassement du capitalisme simplement je veux me confronter à la réalité je ne veux pas faire de la politique de manière théorique moi si je me suis engagé en politique si j'ai choisi de prendre ma carte au parti communiste c'est précisément parce que je ne veux pas changer le monde simplement mots je veux le changer en fait et être comme je le fais aujourd'hui élu local ou demain élus au parlement européen c'est contribuer au fait que les choses changent concrètement et moi c'est en tout cas ce qui me motive et ça n'empêche pas d'avoir des références théoriques comme marc parent ensemble merci beaucoup merci revient de brossard d'avoir été avec nous ce matin tête de liste du parti communiste jeu

Ian Brossat : "C'est parce que nous avons lu les traités européens que nous les avons rejetés" — Ian Brossat · Pourquijevote