Emmanuel Macron participe au Conseil municipal d'Épernay
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- 3:00E. MacronFait
« Nous sommes l'Etat, vous l'êtes aussi, et d'ailleurs, un maire l'est, par délégation. »
- 4:00E. MacronFait
« Il ne faut pas faire jouer aux institutions ou à nos territoires des rôles qui ne sont pas les leurs. »
- 5:00E. MacronFait
« Le chômage de masse s'est installé dans le pays, et là, les grandes transitions sont en cours. »
- 7:00E. MacronFait
« Le plan Action coeur de ville est important ici. »
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(Applaudissements) (...) -E.
Macron : Merci beaucoup, M. le maire, pour ces mots, pour votre accueil. Et je suis très heureux, avec le ministre Lecornu et le préfet, de retrouver l'ensemble des membres du conseil municipal, et merci beaucoup pour cet accueil parmi vous, et pour pouvoir échanger très librement.
On a eu l'occasion de commencer à échanger avec nos concitoyens tout à l'heure, de manière aussi très libre, en venant. Mais je suis heureux de retrouver des académiciens illustres parmi les membres du public et donc vos administrés. Evidemment, en étant devant Bernard Stasi, j'ai aussi une pensée pour ce grand républicain qu'il fut.
Pas seulement maire d'Epernay, mais grand ministre et grand acteur de la défense de certains de nos principes dans la République, dont nous parlons beaucoup en ce moment, je pense à la laïcité et au travail éminemment utile que sa commission confiée par Jacques Chirac alors avait pu produire. Je voulais venir parmi vous parce que, durant tout ce grand débat, et avant, dans les échanges que j'avais pu avoir avec beaucoup de nos élus, j'ai perçu l'importance de ces problèmes très concrets que vous avez à gérer au quotidien, mais surtout, d'un mot, parce que ce qui est intéressant, c'est qu'on rentre dans le vif des sujets, je voulais vous dire une conviction profonde et dans laquelle je reviendrai, lors de l'assemblée des maires la semaine prochaine. Je ne suis pas sûr de partager totalement le distinguo que vous avez fait entre l'Etat et les collectivités, au sens générique.
Nous sommes l'Etat, vous l'êtes aussi, et d'ailleurs, un maire l'est, par délégation. Je pense qu'on fait souvent cette confusion et que, parfois, certains, je ne parle pas du tout de vous, M. le maire, bien au contraire, mais dans la musique nationale, ont pu exacerber ces différences pour en faire des projets politiques ou construire une opposition depuis le local.
Il ne faut pas faire jouer aux institutions ou à nos territoires des rôles qui ne sont pas les leurs. Il y a des familles politiques qui s'opposent au niveau national, les élections en décident et le tranchent, aux présidentielles et aux législatives. Les mêmes familles peuvent s'opposer, régions, départements, et dans la vie.
Non, il y a un Etat. Et après, il y a un gouvernement des collectivités qui ont chacun leur temporalité. Je le dis parce que ce qui nous tient tous ensemble, c'est cela, et donc c'est notre capacité à nous élever selon les désaccords et au-delà des structures, et ce qui fait ce lien d'ailleurs entre le président de la République, de là où il est, et le maire, et avec nous et nos équipes, c'est ce lien indéfectible.
Et le fait que nous avons pour mission de faire avancer les choses, des projets, de faire cheminer nos concitoyens dans une direction qu'on a décidée, sur laquelle on s'est engagés, mais de réunir au-delà des familles politiques. Vous, les sensibilités dans un conseil municipal, président de la République, l'ensemble des structures qui font la vie d'un pays et celle de la nation. Le président de la République n'est ni un ministre ni un chef de gouvernement.
Et je crois que c'est important de ne pas oublier cela dans un moment où le pays, parfois, est bousculé par beaucoup de choses. Et, disant cela, je considère que ce qui se joue dans nos villes est très structurant de ce qui est aujourd'hui le grand défi, pour moi, du moment qui est le nôtre, et peut-être du siècle. Nous avons bâti des équilibres au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.
Cette société, cette République française qui s'est reconsolidée autour d'une forme de pacte solidariste, dont les prémices commençaient sous la IIIe, est bousculée depuis 30 ans. Une partie de votre territoire, sous le contrôle du président, il faut le connaître, même si c'est un territoire qui, fort de ses filières agricoles et de la filière champenoise, a une vraie résilience. Il y a eu des difficultés aussi industrielles, il y a des bassins d'emplois qui ont été plus secoués que d'autres.
Et nous avons depuis 30 ans un doute sur notre modèle. Le chômage de masse s'est installé dans le pays, et là, les grandes transitions sont en cours. Et ça s'est accéléré ces dernières années.
Vous avez à les vivre, j'ai à les vivre. Chacun à notre échelle, mais c'est le même défi. Et les gens ont parfois des aspirations paradoxales.
Ils veulent qu'on réponde au défi climatique mais ils ne veulent pas de contrainte dans leur quotidien. Ils veulent qu'on réponde au problème de l'emploi, mais ils ne veulent plus avoir une usine à côté de chez eux et ils ne veulent plus que l'agriculteur, qui parfois nourrit leur propre fils, ou leur beau-frère, ou autre, continue à travailler comme il travaillait avant. C'est ça, la réalité du monde dans lequel on vit.
Ces tensions, c'est des grands moments de changement. Historiquement, nous ne les avons traités que dans des guerres. Les grands changements technologiques ont toujours conduit à des guerres.
Notre défi contemporain, et c'est du local, ou national, c'est de réussir à créer ces transitions. Et donc ce qui m'intéresse beaucoup, ce qu'on va évoquer, c'est comment on arrive à construire ensemble des perspectives pour mener ces transitions. Comment le projet écologique, dans une ville, se construit.
De manière très concrète, en incitant les gens, en les accompagnant. Comment le sujet de la revitalisation des villes...
Le plan Action coeur de ville est important ici. Vous avez porté un projet très innovant et très important, qui se traduit aussi, pour retisser une ville, un urbain qui est différent de celui d'il y a 20 ans. Très différent.
Et qui répond aussi aux problèmes d'organisation de la ville, de son quotidien...
Et donc, tout ça, ce sont nos défis. Et je ne parle pas ici en plus des défis de sécurité, de lutte contre le communautarisme qui, là aussi, sont des réponses qui sont demandées par nos concitoyens, aussi bien au maire qu'au président. Voilà.
Donc, ce qui m'intéresse, c'est la République au concret, mais voyez combien, à mes yeux, cette République est un tout, qui nous lie. Et je crois que c'est l'esprit, d'ailleurs, qui vous anime, et ce qui fait la force. J'ai pu le voir au moment du grand débat, où j'ai énormément appris, et j'ai appris de nos maires.
Je serai pas plus long, parce que je veux surtout vous écouter et pouvoir réagir. Et je reviendrai sans doute, à la fin de nos débats, en réagissant sur les sujets de déconcentration et de décentralisation, pour peut-être partager quelques convictions. Mais merci beaucoup, M. le maire, pour vos propos et votre accueil.
Merci à vous. -Merci, M. le président.
Emmanuel Macron