Le Covid, les fake news, les journalistes ? Noël Mamère [ En direct ]
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Noël ma mère, bonjour. Bonjour. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Syerview.
Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succintement ? Alors, je m'appelle Noël ma mère.
Mon prénom Noël est lié à ma naissance le 25 décembre 1948. J'ai été journaliste pendant longtemps, pendant plus de 25 ans. Puis ensuite j'ai me suis engagé dans la vie politique et j'ai donc été membre du parti écologiste, parti vert.
Donc j'ai été le candidat à l'élection présidentielle en 2002. J'ai été maire de Beigle, une ville de la banlieu bordelaise pendant 28 ans et j'ai été député à l'Assemblée nationale, député écologiste euh pendant 20 ans, de 1997 à 2017, date à laquelle j'ai laissé ma place de maire. Considérant que 28 ans c'était beaucoup et je n'ai pas été candidat aux élections législatives considérant que 4 mandats, 20 ans de de parlement, c'était suffisant.
Surtout quand on appartient à une formation politique qui réclame le la vitalité démocratique et le renouvellement. Voilà. J'ai j'étais donc depuis cette époque, je suis plutôt dans la transmission et j'ai renoué, on va dire, avec ce qui est mon seul métier, le journalisme mais de loin puisque je n'ai plus je n'ai plus de carte de journaliste.
Mon numéro de carte était 29678 et que je réponds à la sollicitation de mes amis écologistes lorsqu'ils me le demandent sans m'imposer parce que j'ai trop vu de vieux qui voulaient s'imposer lorsque j'étais en fonction. Et quand j'ai des sollicitations pour des reportages ou [grognement] des documentaires, je je n'hésite pas à y répondre. Je je d'ailleurs pour ce qui concerne les documentaires, je n'attends pas qu'on vienne me chercher.
Je propose des idées de documentaires qui peuvent être réalisés. Certains d'entre eux d'ailleurs ont été diffusés paré France 5 ou ou France 2 avec notamment un réalisateur qui s'appelle Philippe Borel. On on a décidé de vous faire venir aujourd'hui euh en grande partie pour votre passif dans le journalisme, votre grande expérience dans le journalisme.
On va on va discuter un petit peu de votre regard sur la presse. Comment ça se passait déjà à votre époque ? Quel âge vous avez ?
Bien, comme je suis né le 25 décembre 1948, si vous êtes bon en calcul, vous allez considérer que j'aurai 72 ans le 25 décembre 2020. Donc Noël est encore bien vert. On vous a fait venir pour tout ça euh pour aussi faire de la transmission, peut-être combler le fossé intergénérationnel, essayer de mettre les choses à plat.
Pourquoi il y a tellement de défiance face à la presse ? Est-ce que c'est vos années qui ont mis les graines de cette défiance ? On va on va essayer d'explorer ce type de question.
On va essayer de se tarder aussi sur la crise du Covid, peut-être la crise écologique aussi euh euh les institutions, le monde politique et et toutes ces ces ces petites choses qui ne sont en fait que l'écume des choses. Oui, enfin c'est pas l'écume des choses. Tout ce dont vous venez de parler, ce sont les symptômes d'une société malade.
Disons que si on devait résumer l'entretien que nous allons avoir pendant un certain nombre de quarts d'heures, ce serait de se demander pourquoi le futur a laissé la place à l'incertain. Et quand on est dans le brouillard de l'incertitude, ça ça touche toutes les catégories de la société. Comme diraient mes confrères journalistes, ça touche la société dans tous les compartiments du jeu.
Ça ne touche pas que les les plus vulnérables, ça touche aussi ceux qui sont considérés comme parce qu'on ne peut pas construire un projet, un récit sur de l'incertitude. Et c'est précisément ce à quoi nous sommes confrontés. Donc quand vous évoquez la situation d'aujourd'hui, c'est pas simplement une situation sanitaire, c'est l'expression de [grognement] ce que certains que vous avez d'ailleurs reçu ici comme Pablo Servigne appelle les signaux, les perturbations qui peuvent conduire à l'effondrement d'un monde.
Alors, je ne suis pas dans la dans la dans la lignée de ceux qui pensent que nous sommes en train d'assister à la fin du monde. Ça c'est une forme, c'est une version apocalyptique et millénariste qui ne peut que conduire à comment dire au fait que l'on se lance on refuse toute action politique pour changer le monde puisqu'on est tellement vitrifié et figé par cette idée [grognement] de de l'apocalypse. Ce que propose d'ailleurs Pablo Servite, c'est pas du tout ça.
C'est l'idée de la fin d'un monde. C'estàd qu'on est en train de voir à travers cette métaphore géante et planétaire qui est la COVID-19, on est en train de constater la fragilité et la vulnérabilité du modèle de société que qui est aujourd'hui dominant, ce qu'on appelle le capitalisme ou le néolibéralisme. ce que certains auteurs comme Serge Audier dans son dernier livre qui s'appelle la cité écologique appelle le capitalo l'anthropo capitalocè puisque les hommes estiment que c'est le capitalisme qui est la cause de tous nos mots sur quoi ils se trompent parce que le productivisme soviétique a apporté les mêmes les les les mêmes horreurs à la fois en terme de liberté en terme humain et en terme écologique et et et et anthropocène c'est sans doute une très bonne une une très bonne qualification, sauf que tout le monde n'a pas la même responsabilité dans la situation écologique dans laquelle on se trouve aujourd'hui.
On va parler de votre maronnier plus tard. Euh la presse alors la presse Attendez attendez attendez attendez qu'est-ce qui explique cette défiance du peuple face à la [raclement de gorge] presse ? Qu'est-ce qui a créé [grognement] ce climat délétaire ?
C'est parce que les journalistes ne font plus correctement leur travail. C'est parce qu'il y a plus 10 % des journalistes qui travaillent correctement. C'est parce que 90 % des journalistes ont été sélectionnés pour prolonger le rondrond quotidien.
C'est parce que tout simplement les journalistes sont déconnectés. Qu'est-ce qui a amené la presse à être détestée autant qu'un croque mort ? Alors, dans votre question, il y a déjà plusieurs éléments de réponse.
Il se trouve que comme j'étais journaliste et que j'essayais d'avoir un regard détaché sur mon métier, j'ai essayé de de l'analyser tout en étant dedans euh et dehors. Et en 1988, j'ai écrit un livre qui s'appelait La dictature de l'odimat. C'était sans doute prémonitoire.
Mais si je l'ai écrit en 88 aux éditions la découverte, c'est parce que il y avait déjà les signes de cette course à l'audience. Donc je pense que ce sont des raisons principalement économiques finalement qui ont conduit à la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui euh la presse. Euh qu'est-ce que vous entendez ?
Qu'est-ce que vous entendez parler ? Et bien parce qu'il fallait qu'elle soit rentable et moi je me souviens très bien. La merde ça rapporte.
C'est ça. Exactement. Exactement.
Et c'est ça qui a complètement pourri le euh le le monde de l'audiovisuel en particulier. Alors, quand on ajoute à ça la naissance des télévisions euh d'information en continu et euh euh la privatisation euh de grandes chaînes publiques, l'avènement des réseaux sociaux, vous voyez bien qu'aujourd'hui quand vous regardez notamment les télévisions d'information en continu, elles sont dans une concurrence obsène et effrainée avec les réseaux sociaux au point que, comme le dirait Trump, la vérité n'est plus qu'une opinion comme une autre. Et cette course folle, elle est un véritable poison.
Moi, j'ai souvent expliqué que au fond notre la presse d'une manière générale, mais il faut pas mettre toute la presse dans ce même panier parce que ce n'est pas vrai. Mais disons que le mainstream, il est victime de trois poisons qui d'ailleurs sont se sont répandus dans l'ensemble de la société. C'est la dictature de l'instant, la tyrannie de l'émotion et la simplification.
Vous voyez bien que aujourd'hui vous quand vous regardez certaines émissions absolument effroyables, je pense notamment à des émissions comme celle de C News l'émission de Pascal pro par exemple ou le journal de France 2 ou le journal de France 2. Oui. Oui.
Qui n'est pas qui ne va pas aussi loin que le l'heure des pros. Mais oui, en effet, on vit l'image, le la télévision d'une manière générale. Alors, disons, on va faire des classification.
La télé d'information continue, elle véhicule l'image d'un monde qui ne peut pas se passer d'image. C'est un petit peu la technique du sapeur camomember. Il y a un trou, il faut le remplir.
Donc c'est ainsi que vous pouvez voir émerger des faits divers totalement banales qui n'ont aucun sens journalistique qui ne qui ne suscitent pas une explication pour éclairer l'opinion puisque le rôle du journalisme c'est d'essayer d'éclairer l'opinion afin qu'elle se fasse une idée sur influencer. Je pose cette question je vous pose cette question. On va rebondir sur les élections américaines.
Mais j'ai pas terminé mon explication sur le on a on a du temps. D'accord. Je vous coupe.
Les élections américaines, les journalistes sont censés être éclairés. Je suis entièrement d'accord avec vous. Mais comment se fait que les résultats ne soient pas annoncés officiellement et que déjà les médias annoncent Ah oui ?
Non mais là vous parlez des États-Unis, c'est c'est tout à fait différent. C'est pas Mais non mais le le le courant français de la presse fait la même chose. On boîte le pas tout de suite derrière.
Non mais ça fait longtemps. Alors même si Biden a déjà gagné ou pas, oui, ils ont les résultats de où c'est ça éclairé, c'est-à-dire donner une tendance ou influencer l'opinion publique. Non, mais ça c'est lié à la en effet, on peut très bien dire aujourd'hui, mais alors là, vous vous classistes qui euh Pourquoi on se classe devant les complotistes ?
Bah parce que parce que c'est une tradition aux États-Unis. D'abord, d'abord, on ne dit pas qu'il est élu, il est le Président Intellect. Euh d'ailleurs, les télévisions sont appelées après avoir consulté l'agence IP qui est une coopérative de plusieurs agences qui fixe le qui fixe d'une certaine manière euh la règle qui est une règle non écrite.
Lorsque AP considère queon peut que it's time to call pour appeler, alors les télévisions, c'est la tradition annoncent cette élection mais il l'annonce sur des bases solides. Et pourquoi il n'y a pas de d'annonce ? On attend pas l'annonce officielle, pourquoi il y a pas l'annonce officielle d'un ministère de l'intérieur ?
Parce que les États-Unis sont un gouvernement, sont une République fédérale et que ça dépend des États que de toute façon le dépouillement ne se fait pas à la même au même moment ou en tout cas pas à la même vitesse qui ne se fait pas au même moment parce qu'il y a quatre fuséaux horaires. Donc on ne peut pas être dans la même logique qu'en France. Mais ce système fonctionne depuis le 19e siècle et jusqu'à maintenant, il ne me semble pas qu'il y ait eu des erreurs si grave que ça remettait en cause ce qu'annonçait ce qu'a annoncé euh les télévisions à la suite de l'agence IP.
Pour répondre à votre question, c'est vrai que les sondeurs, les sondages et les sondeurs ont pris de plus en plus d'importance dans la vie politique puisqu'ils sont dans la vie des journalistes. Oui, dans la vie des journalistes sans doute. Oui, puisque vous avez aujourd'hui, mais ça c'est une perversion des des sondages puisqu'on fait un sondage pour à n'importe quelle occasion.
Vous aviez bien vu comment par exemple sous la période sarkoziste, on a pratiqué ce que nous appelions certains d'entre nous le populisme pénal. À chaque fait d'hivers important, on suscitait une loi. Il y a rien de pire.
Ça c'est c'est ce que j'appelle la dictature de l'émotion. Et on ne construit pas l'état de droit et on ne garantit pas nos libertés en répondant uniquement à l'émotion. La force de la loi, c'est justement d'être délibéré, d'être débattu à froid.
Et c'est vrai que à chaque fois vous aviez des télés, notamment les télés d'information continue qui lançaient des sondages. Ces sondages, ils sont un petit peu comme Facebook. Je n'y vais pas moi, je n'y suis, j'ai jamais fréquenté les réseaux sociaux, ni Facebook, ni Twitter.
Un peu par principe philosophique influencé par celui qui était mon professeur avec qui j'ai milité qui s'appelle Jacquelul. [grognement] Mais euh en effet, vous voyez bien que Facebook, on se sont des petites tribus, hein. C'est comme des des espèces de de bandouan comme l'été en Afrique du Sud où chacun se conforte.
Bien. Oui, quand vous faites des sondages après des des faits divers, la question qui est posée, c'est des questions qui suscitent des réponses qui vont dans le sens de ce que souhaite les journalistes et même quelquefois le pouvoir. Donc bien souvent, les journalistes se transforment en relais d'un pouvoir qui de plus en plus prétend représenter le peuple en en choissant les méthodes du populisme parce que ça c'est du populisme.
C'est vous qui virez complotiste. Non, je ne vire pas complice. Je fais un constat. pas, je vous accuse pas de complotisme mais je pense que ce qui se passe aux États-Unis ne peut pas être remis en cause sauf par monsieur Molsonaro ou madame Le Pen.
Ce qui est exactement le cas aujourd'hui, je vous signale très bien. Est-ce que le fait que la population soit en défiance totale face à la presse, ça va faire changer la presse ou la presse va continuer son rondron quotidien ? Mais la population, elle n'est pas simplement c'est ça le problème, c'est que la population, elle n'est pas simplement en défiance vis-à-vis de la presse, elle est en défiance vis-à-vis des politiques aussi.
Et elle met dans le même sac et les politiques. C'est ce que dans une version de la simplification, on appellerait les élites contre le peuple. Bon euh on a on a notamment qualifié le mouvement des gilets jaunes d'un mouvement du peuple contre les élite.
Il y avait de ça dans le mouvement des gilets jaunes. Mais ce qui ont remis en cause et c'est ça qui est le plus important à mon point de vue et on en a pas encore tiré les conséquences, c'est que les gilets jaunes, ils ont interpellé pour la première fois depuis longtemps la représentation politique et la représentation des journalistes. Et et en effet, ils ont montré qu'il y a une sorte de lien aujourd'hui entre le monde politique et le monde médiatique qui fonctionne finalement d'une manière un petit peu en circuit fermé, qui fonctionne un petit peu hors sol. dans le bouquin que j'avais écrit qui s'appelait la dictature de l'udimat, j'avais dit c'est le les médias parlent au médiia et au bout d'un moment vous avez toute une partie de la France qui ne se sent pas concernée par la manière dont on aborde le monde ou dans cette catégorie aborde le monde.
Bah ils se sentent ils deviennent de plus en plus invisibles et ils nourrissent ce qui est le carburant du populisme, le ressentiment. C'est d'ailleurs là-dessus que par exemple Trump a a prospéré et c'est vrai que chez dans le journalisme, il y a en effet cette tendance depuis longtemps à une forme d'embourgeoisement mais il faut pas non plus mettre tous les journalistes dans le même panier. % parce que la plupart c'est 2 % la plupart des journalistes en France c'est pardonnez-moi les c'est les crèves la dalle mais tout à fait je je suis je peux en témoigner puisque je l'ai je l'ai j'ai j'étais journaliste et puis après j'étais interrogé par les journalistes à la salle des quatre colonnes par exemple à l'Assemblée nationale dont je faisais partie dont j'étais un bon client bien je voyais des jeunes journalistes qui étaient des portes micro en fait on leur disait il faut que tu fasses 30 secondes de ma mère 40 secondes de truc une minute d'intel mais c'est pas ça le métier.
Je me disais les malheureux, on les a transformé en soutier de l'information sont des OS de l'information des ce qu'on appelait et et c'est vrai que chez les qui qui qui pratiquent le métier selon des exigences finalement économiques parce qu'on leur dit si tu fais pas ça, il y en a 10 derrière toi qui accepteront de le faire. Donc c'est vrai qu'on est dans un dans le le monde journalistique aujourd'hui, c'est un monde de classe. Il y a les aristocrates de l'information, puis après après il y a après il y a les petits bourgeois et puis après il y a ceux qui remplissent la machine.
Bon parlons parlons de votre et qui eux sont et qui eux sont complètement précarisés. Parlons un peu de votre grande expérience. Vous avez présenté un journal un jour, quelque chose qui ressemblait.
Ah oui oui oui oui. J'ai même fait plus que ça. Oui oui, j'ai j'ai à la demande de Louis Berriot, il sil faut rendre à César ce qui lui appartient même si Louis est aujourd'hui décédé.
Il était rédacteur en chef de la rédaction d'antenne 2. Donc Jean-Pierre Elcabche était le directeur de l'information et il m'a fait venir de Bordeaux pour créer avec lui, je parle de Louis Berriot, la première émission généraliste traitant de question d'environnement et de défense du consommateur qui s'appelait C'est la vie. Donc, j'ai présenté et dirigé cette émission pendant 5 ans de 1977 à 1981, ce qui est à peu près la préhistoire pour ceux qui nous écoutent aujourd'hui.
Et ensuite, pendant cinq autres années, j'ai présenté le journal de 13h qui s'appelait antenne de midi. Et après, pendant cinq autres adé et conduit une émission sur les droits de l'homme qui s'appelait Résistance où mon métier consistait à aller voir les victimes plutôt que les bourreaux. un peu partout dans le monde.
Votre regard sur les fake news. Première question, est-ce que vous avez été obligé d'annoncer au journal des fake news qui se sont révélé et des fake news par la suite ? Non non, je n'ai pas été je n'ai pas été euh je n'ai pas été confronté à cette cette situation.
Si je vous demande de vous mettre dans la peau par exemple, j'ai vécu si j'ai vécu un moment euh que que j'ai d'ailleurs expliqué plus tard, qui m'a valu un procès pendant 10 ans qui a été réglé d'ailleurs par la Cour européenne des droits de l'homme. C'est la catastrophe, c'est Ternoby. En effet, je présentais le journal de 13h au moment de Ternobyl mais on était deux présentateurs et qui se qui alternent semaine après semaine.
Et et donc c'est vrai que j'ai vu comment le lobby nucléaire était en train de nous menter. Ils avaient délégué le premier d'entre eux qui était le patron du SCPRI qui s'appelait le service central de protection des rayons ionison qui était l'équivalent de de l'autorité de sûreté nucléaire qui s'appelait le professeur Pèlerin et qui venait nous expliquer sans le dire hein formellement que finalement il y avait rien à craindre en France et que le nuage de Ternobyl n'avait pas franchi nos frontières. Il ne l'a pas dit textuellement.
Euh mais nous recevions des images, les grandes chaînes sont abonnées à une bourse d'images qui s'appelle les EVN qui sont envoyés le matin et le soir. Donc quand vous regardez aujourd'hui le journal de TF1 ou le journal de France 2 ou tous les autres journaux, vous voyez souvent pour des événements où les reporters, les envoyés spéciaux de ces chaînes n'étaient pas présents, voyez souvent les mêmes images. Ce sont des images envoyées par cette bourse d'échange.
Et la bourse d'échange nous a envoyaé des images de Suède et d'Allemagne où il expliquaiit que le nuage avait franchi leur propre frontière. Et donc il nous a fallu plusieurs jours pour que l'on fasse comprendre pour que l'on convainque les journalistes du service scientifique queon ne pouvait pas rester sur cette position puisque la Suède et l'Allemagne nous expliquer que le le nuage n'avait pas franchi les frontières de la France. Donc le professeur Pèlerin qui n'arrêtait pas d'expliquer que si on faisait des moyennes, il y avait rien à craindre.
Sauf qu'il oublié de dire qu'en Core et dans l'est, il y avait des taux de radioactivité qui étaient très élevés. a été viré de n' été comment dire interdit d'antenne. Il a été remplacé par le ministre de l'industrie de l'époque qui s'appelait Madelin et et après alors bien après l'OMS a a effectivement démontré que ce qu'avait raconté le lobby nucléaire était était pas juste.
Alors le procès c'est un procès qui m'est arrivé mais bien longtemps après en 2000 j'étais l'invité d'une émission de Thierry Hardisson, je sais plus comment il s'appelle mais il fait toujours la même sous des titres différents avec Michel Polac et Michel Polac c'était un grand lecteur. J'ai découvert beaucoup d'auteurs grâce à ce que à ce qu'écrivait au conseil de Michel Polac et Michel Polac évoque au cours de cette émission le livre d'une d'une auteur qui est devenue depuis prix Nobel qui s'appelle Svetlana Alexevic qui a écrit trois grands livres sur le l'Union soviétique. Le premier sur l'Afghanistan qui s'appelle cercueil de fer, le second sur Ternobyl qui s'appelle la supplication et le troisième qui s'appelle la fin de l'homme rouge. de ce qu'elle appelle des livres de paroles où elle recueille des témoignages et la supplication c'est un livre formidable sur Ternobyl.
Et donc il évoque ce livre et moi ça me rappelle ce que j'avais vécu en 86 pendant le journal et je dis "Ah tiens, mais c'est je me souviens du professeur Pèlerin d'un sinistre personnage, voilà exactement ce que j'ai dit, d'un sinistre personnage qui s'appelait le professeur Pèlerin et qui venait nous expliquer que le nuage n'a pas franchi les frontières de la France. Et le professeur Pèlerin ne m'a pas attaqué pour sinistre personnage en diffamation mais parce qu'il n'a jamais prononcé le mot le nuage n'a pas franchi les frontières de la France". raison donc j'ai perdu en première instance j'ai perdu non il avait pas raison parce que il avait menti sur les effets du nuage.
Donc mais c'est ça que je moi je voulais dire. Donc j'ai été condamné en première instance en appel en cassation et mon avocat Antoine Comte m'a dit on ne peut pas en rester là. Et donc on est allé devant la Cour européenne des droits de l'homme qui a condamné le gouvernement français et je suis revenu devant les tribunaux pour que cette diffamation soit supprimée en casier judiciaire et ça s'appelait l'arrêt ma mère.
Voilà. Très bien. L'arrê ma mère, ça ça passe bien.
C'est un nom facile hein. C'est un nom qui peut être interprété dans tous les sens. Tout à fait.
Je vous pose une question. Est-ce que vous pouvez vous mettre dans la peau d'un journaliste qui nous annonce les armes de destruction massive d' de Saddam Hussein ? Hm hm.
Est-ce que vous pensez que tous les journalistes qui nous ont annoncé ça à longueur de journée ont eu une conduite introspective ? Non, je pense qu'ils se sont Est-ce qu'il y a eu un meilleakoupa des chaînes de télé ? Aucun.
Mais vous n'avez jamais vu de meilleakulpa des chaînes de télé ni des d'ailleurs euh ce serait injuste de n'attaquer que les chaînes de télé quand des journaux de la presse écrite mettent en une affichent en une euh des et des gens qui dont on ne sait même pas s'ils sont coupables ou innocents et dont on découvre l'innocence. Après, vous les avez vu vous excusez vous, ces gens qui dans la vie peut-être totalement chamboulé. par Nicolas Sarkozi là, ça c'est autre chose.
Euh la justice est là pour pour [raclement de gorge] faire la la vérité et j'espère que les juges d'instruction qui sont en charge de cette affaire ne vont pas la laisser tomber. Quelle indignité ! [rires] Mais mais la réalité c'est quoi ? c'est que en effet les c'est ça fait partie d'une forme d'arrogance de la presse.
On considère que une fois que c'est dit, c'est dit et qu'on a pas revenir en arrière. De toute façon, tout le monde l'aura oublié. Maintenant, il y a des gens qui l'oublient pas. d'abord ceux chez qui ça laisse des traces durables, il ne l'oublie pas parce que ça peut chambouler leur vie et les les les plonger dans de dans de profonde dépression et puis parce que la logique voudrait qu'en effet il y ait non pas un monde honorable de la presse mais qu'elle reconnaisse ses erreurs.
Alors pour la la petite réponse qui a été apportée euh je pense que ça date des années 80, c'est pas si vieux que ça finalement, c'est le médiateur. Donc par exemple sur France Inter une fois par mois, vous avez la médiatrice qui répond à des questions des à des réflexions des auditeurs qui ont estimé que tel ou tel reportage ou tel ou tel éditorial était biaisé. Selon c'est hérité c'est hérité de d'une vieille de comment dire d'une d'une règle qui existe d'une coutume qui existe principalement dans les pays anglo-saxons que nous avons copié qui s'appelle Lombunsman qui existe depuis longtemps.
Par exemple, la presse américaine, je pense en particulier au New York Times et à d'autres grands journaux, lorsqu'ils commettent lorsqu'il lorsqu'ils ont ce qu'ils ont affirmé et remis en cause et que la vérité non pas alternative parce que ce mot-là est absolument effroyable, mais lorsque la vérité est établie qu'ils se sont trompés, ils le disent et le reconnaissent. Ce n'est pas le cas dans notre dans notre pays où il y a cette espèce de poids euh de de Ouais. de la télé.
Moi quand j'étais journaliste et que je présentais des journaux, on était que deux journaux, que deux chaînes, deux grandes chaînes qui avaient un journal à 13h, c'était TF1 et antenne 2. Vous imaginez le poids qui était le bon peut-être il y avait moins de moins de récepteur de télé, mais c'était énorme. Aujourd'hui, le c'est c'est complètement explosé, hein.
Il y a il y a je sais pas combien de chaînes. Ça veut pas dire pour autant que l'influence est multipliée par autant de chaînes. Non, je ne crois pas.
Mais euh et de toute façon, je pense qu'il faut aussi que l'on soit comment dire euh euh que l'on soit h euh [grognement] équilibré avec ça parce que on se rend compte que ce sont pas les télés qui font euh les élections, hein. Euh par exemple, quand on a accusé l'heure de vérité qui était une émission politique des années 80 qui avait invité Le Pen, vous avez entendu à plusieurs reprises euh la Vox Populi ou certains commentateurs et observateurs dirent que Le Pen, le succès de Le Pen, c'était la faute à la télé à l'heure de vérité. Mais c'est une équivoque totale.
Le Pen, il est né dans la société. Et si le Pen a prospéré, c'est sur les renoncements de la gauche, sur les complaisces de la droite, les odeurs de Chirak et tout ce que tout ce qui a pu être toutes les concessions qui ont été faites à l'extrême droite avec des gens qui sont allés braconner sur leur terre. C'est ça qui a fait prospérer Le Pen, c'est pas la télé.
Et Giscar, on disait qu'il tenait la télé quand j'y étais. Ben Giscar, il a été battu par Miteran. Donc la les télés, elles n'influencent que aux marges aux marges mais c'est pas elles qui font l'élection.
Est-ce que vous êtes sûr de ça ? J'en suis certain. La preuve- viorter.
Est-ce que vous pensez pas Est-ce que vous pensez pas que le fait je vais me faire l'avocat du diable, est-ce que est-ce que est-ce que vous pensez pas que le fait qu'on ne parle pas des gens qui votent votent extrême droite ou qu'on les décrive à chaque fois comme des fronts plats, des cutéreux, des arrièricatau ou des choses comme ça ? Est-ce que ça les pousse pas à se radicaliser à chaque fois ? Est-ce que le journaliste de tendance extrême gauche formé dans une université d'extrême gauche issue d'un milieu où l'extrême gauche se se gargarise de sa de sa de son côté intellectuel ?
Est-ce que vous pensez pas que le fait d'avoir deux prismes de lecture totalement opposé ne génère pas de la radicalisation de l'autre côté du micro, de l'autre côté de la caméra ? C'estàd que quand on voit l'avocat du diable hein, quand on voit à chaque fois tout le temps tout le temps alors toujours les mêmes présentés comme des attardés, est-ce que vous poussez est-ce que vous pensez pas que c'est cette presse, cette télévision qui les pousse à se radicaliser ? Je prends le même exemple avec les antivacins.
À chaque fois les décrire comme des demeurés, bon, on va dire qu'il y en a certains, ils en ont une sacrée couche quand même. Mais à chaque fois de ne pas avoir cette bienveillance ne pousse-t-il pas à ce qu'il se radicalise ? Et le pire, qu'il se taise.
Alors euh là encore, il y a les il y a des réponses dans les questions que vous posez. Non euh je ne suis pas du tout convaincu de ce que vous dites sur les journalistes d'extrême gauche. D'abord à la télé il y en a pas de journalistes d'extrême gauche.
Ils sont tout de suite éliminé. Pourquoi ? Bah parce que justement ils sont considérés comme subversifs.
Et donc la pensée dominante, elle n'est pas d'extrême gauche que je sache. Donc quand on est d'extrême gauche et bien on se réfugie dans des dans des journaux en ligne. La libération.
Non, libération c'est pas d'extrême gauche. C'est pas d'extrême gauche. Mais il y a je ne les connais pas mais je sais qu'il y en a.
Je par exemple est-ce que c'est d'extrême gauche ? Il y a il y a des il y a des lieux de réflexion très intéressants. Je pense par exemple le vent se lève euh une autre qui s'appelle lundi matin.
Bon ce sont des ce sont beaucoup d'intellectuels et aussi de journalistes qui sont plutôt radicaux que vous pouvez qualifier à l'extrême gauche. Je sais pas si on peut leur attribuer ce titre là. Oh il y a ultra gauche.
Comment il y a ultra gauche ? Ultra gauche, ça c'est une ça s'était inventé par madame Alli Marie et et son cabinet noir pour mieux stigmatiser les gens de Tarnac et tout ça c'est une invention. Bah vous avez, c'est très bien que vous parliez d'ultragauche parce que ça a été inventé par un cabinet euh de droite qui voulait euh diaboliser les gens de Tarnac après ce qu'on a après toutes les aventures que que l'on a connu pour essayer de démontrer qui c'étaient euh les responsables.
Tout simplement parce que Coupa et ses copains sont qualifiés comme des gens subversifs parce qu'ils ont une pensée radicale etéronome, on va dire euh et ça ne plaisait pas au pouvoir parce que le pouvoir en avait peur comme il a eu peur de Notredame d'élande. Ça veut dire que c'est une que quand on a peur de gens comme ceux qui sont à Notred Dame d'and ou qu'on a peur des gens de Tarnac ou des gilets jaunes ou des gilets jaunes je sais pas à l'opposé d'ailleurs ou des gilets jaunes. Ça veut dire que ça veut dire que la démocratie est très faible puisqu'elle a peur de elle a peur de non pas de son nombre mais elle a peur de tout ce qui lui renvoie ses ses ses défaillances, tout ce qui lui renvoie au visage comme un miroir ses renoncements et et ses complaisces.
Mais ultra gauche, c'est en effet un mot qui a été inventé par le cabinet euh d'Alomarie, un mot typique de la propagande euh et qui a été repris comme un seul homme qui a été repris comme un seul homme par l'ensemble de la presse. Voilà. Et et donc c'est vrai que les journalistes se précipitent bien souvent sans vérifier sur ce qu'on leur donne à manger d'une certaine manière parce qu'on les a affamé derrière avant on les a affamé donc ils se non les journalistes ne sont pas affamés mais ils sont les journalistes sont affamés quand même.
Ils sont affamés de ils sont affamés de scoop ils sont affamés de bruit ils sont affamés de buzz médiatique pour beaucoup d'entre pulièrement ils sont affamés la plupart des journalistes affamés dans quel sens ? Bah ils gagnent pas un radis. Ah bon ?
Non mais ça c'est autre chose mais que ça n'a rien à voir. Le statut social et l'économie du journalisme. Comment on fait pour qu'un chien obéisse ?
À votre époque, on faisait comment ? J'ai jamais eu chien donc je peux pas vous dire comment on fait pour que c'est soit on leur tape sur la gueule soit on les affamme. Non, on peut peut-être il y a peut-être d'autres méthodes pour faire méode.
Est-ce que les journalistes c'est un peu pareil ? C'est-à-dire que on leur donne pas à manger, on leur donne des salaires de misère. Hm.
Et ensuite on leur dit maintenant vous allez rapporter donc ils mordent tout ce qui bougent, ils attrapent tout ce qui bou. Je ce que je vous expliquais tout à l'heure, dans la mesure où une très grande major très grande partie des journalistes est dans la précarité, ces journalistes là peuvent être en effet un terrain un terro favorable pour aller chercher y compris dans les poubelles. Enfin pour aller ça, on est bien d'accord mais ce n'est pas une raison suffisante pour euh qualifier tous ces journalistes de fouille poubelle et de fouille merne, il faut dire les mots comme ils sont.
Moi, j'en ai vu beaucoup de ces ce qu'on appelle en fait, ils appartiennent à quelle catégorie ? Ils appartiennent à la catégorie qu'on appelle les intellectuels précaires. Bon, vous allez aller dans une grande radio, aller dans des grandes émissions de télé qui sont pas produites par les télés mais par des producteurs.
Vous avez beaucoup de gens qui préparent ces émissions qui sont des précaurs qui vont aller travailler pendant 3 semaines ou un mois ou de mois à tel endroit, une période de chômage et puis tous ces gens-là, ils étaient où ? Il suffisait d'aller à nuit debout. pendant la période de nuit debout, vous alliez place de la République.
J'habite à côté. C'est pas parce que j'habite à côté que j'y allais d'ailleurs, c'est parce que c'était intéressant. Et vous aviez beaucoup beaucoup de de ceux qui étaient à nuit debout.
C'était ce qu'on appelle des intellectuels précaires. Et ces intellectuels précaires aujourd'hui avec la crise de la la COVID-19, ils sont particulièrement menacés et encore plus fragilisés et encore plus vulnérable. Et je ne parle pas de tous ceux que l'on appelle les invisibles et qu'on commence justement à voir sur les écrans de télé.
C'est peut-être un des aspects et disons un effet collatéral euh qui peut être considéré comme positif puisque ça rend visible euh la misère dans laquelle se trouve un certain nombre de Français. Euh aujourd'hui euh je crois que le chiffre qui a été donné euh ce matin au moment où l'on parle, c'est 100 millions de Français qui son qui sont aujourd'hui en dessous du euh du seuil de pauvreté. Et ça c'est un chiffre effrayant.
C'est un chiffre effrayant. Et donc en effet, je le souvenir puisqueon a le temps d'en parler. Pendant le premier confinement, j'avais vu un j'avais lu un un excellent reportage d'une journaliste du monde qui s'appelle Couvler sur la situation à Clichi, Clichi Sous Bois.
Euh un reportage qui montrait comment des familles qui par exemple pouvaient bénéficier de la cantine, la cantine c'est 1 € donc il y a plus de cantine. Bah pour nourrir votre enfant ça va vous coûter plus d'un €. donc des familles qui se trouvaient subitement d'abord dans un confinement qui était en en nette surpopulation euh et avec un budget qui n'arrivait pas à à nourrir la famille.
Et donc j'ai j'avais vu dans ce reportage que l'association assé le feu de mon copain Mohamed Meschmach était très active pour venir en aide à ses familles. J'ai appelé Mohamed qui m'a dit et en effet s'il n'y avait pas eu, si on éétait pas là et s'il y avait pas ses associations pour les aider à pour les pour les aider à se nourrir en fait hein et à subvenir à leurs besoins, il y aurait il y aurait des des explosions, enfin il y aurait des des situations plus que critiques et on les voit aujourd'hui. Regardez les camps de migrants, le camp de migrant qui est au nord de Paris où déjà est en train d'apparaître une maladie comme la gale que l'on croyait éradiqué.
Donc c'est vrai que la Covid a accéléré les inégalités qui est quand même aujourd'hui le mal principal de notre société. Revenons à nos fake news. La dernière fake news fake news que vous vous ayez vu annoncer sur le service public.
Vous avez vu quoi comme fake news la dernière fois annoncer sur le service public ? Vous voulez dire en tant que ? en tant que spectateur euh je sais plus je sais plus d'abord parce que pour ne rien vous cacher, je regarde pas beaucoup les journaux.
Alors ça relevance. Oui, je paye ma relevance. Oui.
Oui. Mais je regarde très peu les journaux. Normalement à votre âge c'est pas gratuit la redevance.
Je ne crois pas. Non non. Faudrait demander à ma femme mais je sais pas.
Non non non je la paye la redevance. Pourquoi elle serait gratuite pour moi ? Je sais pas.
À partir de la carte vermeil, je crois qu'on a une redevance gratuite. Non. Oui oui non mais c'est en fonction des revenus.
Non c'est vrai. Vous avez peut-être raison. On va demander à notre communauté de fa check et ça.
Oui oui en fait je suis pas la dernière grosse fake news que vous ayez entendu sur le service public. Vous vous en rappelez pas, c'était que Ternobyl c'était quoi les armes de il y a longtemps. Entre-temps, il y a eu sans doute d'autres fake news.
Mais alors, est-ce que les Français il y a eu la la l'immense fake news, c'était celle de celle de Bush Bush le fils sur le les armes de destruction massive ? Là, ça a [raclement de gorge] été, j'allais dire c'est le contraire puisque on a eu le vilpin qui avec un certain panache d'ailleurs à préposition à l'Organisation des Nations- Unies contre la l'explication du Coline Powell. à l'époque encore des services de renseignement essayant prouver essayant de prouver que oui, cela dit euh euh [grognement] la France n'était pas blanc bleu si je puis dire à Saddam Hussein.
Rappelons-nous de la visite de Chirak à Saddam Hussein et nous l'avons beaucoup aidé ce ceux, c'est ça ? Oui, absolument. Oui, oui, tout à fait.
Donc on a essayé de lui vendre du nucléaire et donc la la France a une responsabilité évidemment dans le a eu une responsabilité dans la prospérité de de Saddam Hussein de la même manière qu'elle en a eu dans la prospérité de de Kaddafi qui était pourant est-ce que la France du mais mais ce jour-là en effet la fake news elle été aux États-Unis et peut-être dans d'autres pays affidé aux États-Unis mais pas en France mais la dernière fake news pourquoi vous Vous avez une vous avez un exemple à me donner ? Je je vous pose la question. Est-ce que est-ce que pour vous le départ de l'épidémie du Covid ça a été Ah oui, en effet.
Alors la dernière fake news, c'est quand le professeur Salomon qui est un petit peu le clone du professeur pèlerin de Ternobyl en 1986. Attention, pas de diffamation chez nous, hein. Je Non, non, je ne je ne pas du tout à diffamer Salomon, mais on peut on peut faire le parallèle entre 86 Ternobyl, le responsable du nucléaire qui vient vous expliquer qu'il y a pas de risque, qu'il y a pas de problème.
Et puis 40 ans plus tard, en 2019, le le directeur de la santé qui vient vous expliquer qu'il y a pas besoin de masque alors qu'il sait perfamment avec le gouvernement qu'ils n'ont pas assez de masques, qu'il n'y a pas eu de renouvellement en des masques, que ces masques ont été périmés. Oui. Que ces masques n'étaient plus Ça c'est une fake news en effet.
Oui, mais il faut il faut aussi lui dire merci. Pourquoi faudrait lui dire merci ? Z-vous un vent de panique dans une population qui est un désœuvré, paniqué, atterré en perte de confiance.
Est-ce que après 2 ans de gilet jaune, le fait que Salomon mente consciemment [grognement] enfin il est pas le seul, il a menti au nom des autres hein. Oui. Oui.
Non mais c'est pas c'est une responsabilité solidaire. Donc est-ce que c'était pas un geste patriotique de dire tout va bien se passer les enfants, continuez à aramer parce que sinon ça va être compliqué. Oui, on va on peut l'analyser comme ça si vous voulez mais l'avocat du diable.
Oui mais moi je sais pas d'abord pour croire au diable il faut croire au bon Dieu. Donc à chacun à chacun ici de nous dire ce qu'il en pense. Vous avez un ami imaginaire ?
Si j'ai un imaginaire moi. Non. Est-ce que vous avez un ami imaginaire ?
Est-ce que j'ai un ami imaginaire ? Croyez en Dieu. J'ai été élevé chez les prêtres.
Oui. J'ai même fait j'ai même fait la totale. J'ai été élevé chez les prêtres, les bonnes sœurs et les jésuites.
Et votre côté et quand ma mère se désespérait, ma mère ma maman se désespérait de ne pas me voir aller à la messe avec mes frères, je disais "Maman, il y a pas de problème. On a 150 ans de messe d'avance devant nous puisqu'on allait à la messe tous les jours quand on était chez les prêtres." Donc oui, j'ai été élevé dans la religion catholique, ce qui ne m'empêche pas de aujourd'hui de croire d'abord en l'homme.
Mais vous y croyez ou pour vous c'est une fable comme le Père Noël ? Je pense que je ne sais pas si on peut dire que c'est une fable comme le père Noël, mais non, je n'y crois pas. Non, je disons que je suis agnostique maintenant.
Vous attendez plus en dessous du sapin. [soupir][souffle coupé] Oh, j'ai longtemps attendu au dessous du sapin. Mais et le sapin c'est pas de toute façon et je pense que le sapin c'est beaucoup plus profane que ça.
C'est lié à la religion mais c'est lié surtout le sapin. C'est quand vous parliez de la marchandisation de l'information, le sapin c'est une manière de marchandiser la religion. C'est-à-dire, on l'a fait entrer dans le domaine séculier, mais c'était uniquement pour des raisons finalement des raisons souvent très commerciales.
Quel était ma première question juste avant l'histoire du sapin ? Votre première question c'était de me demander qu'elle a été euh elle c'était demandé si j'avais un ami imaginaire et la question d'avant c'était de me demander si quelle était ma ma dernière vision, enfin mon dernier constat de fake news. Et en effet, je ne m'en souvenais pas.
C'était je l'ai évoqué devant vous grâce à vous. C'est la question la question du masque. Je ne suis pas d'accord avec votre analyse.
Je pense que ce gouvernement comme beaucoup d'autres sans doute à la sa place euh était paniqué devant l'ampleur que prenait la pandémie. Mais vous savez en fait cette première réaction de de la du gouvernement face à la pandémie, c'est conforme d'ailleurs à ce qui est dominant dans nos sociétés. C'est le déni.
De la même manière que euh on pratique le déni face au dérèglement climatique et à l'effondrement de la biodiversité et à ses conséquences pour euh l'espèce humaine. De la même manière, on a on on a été dans le déni vis-à-vis euh par rapport aux pandémies. On se croit c'est ce que c'est c'est c'est la question de la démesure et de la puissance.
L'homme moderne de nos sociétés modernes dites modernes se pense tellement puissant qu'il se croit invincible. Donc on n pas tiré les leçons de Ébola, on n pas tiré les leçons du sida, on n' pas tiré les leçons du premier SRAS, ce qu'on fait d'ailleurs les asiatiques avec plus de pertinence parce qu'on considérait que on était épargné. Et d'ailleurs, j'ai entendu cette semaine quand euh Pfizer a annoncé euh la mise au point euh d'un nouveau euh d'un nouveau vaccin, j'ai entendu un inffectionologue dire "C'est génial, ils ont trouvé une méthode qui est totalement révolutionnaire.
Grâce à ça, nous n'aurons plus jamais de pandémie où nous pourrons résister à toutes les pandémies." Et ben encore une fois, on fonctionne dans le déni, on fonctionne dans cette idée selon laquelle la technique, comme le disait si bienul pourrait nous protéger de tout sans remettre en cause les raisons qui conduisent à la situation dans laquelle on se trouve. Parce que euh la question de la pandémie, elle est pas arrivée comme ça.
C'est ce qu'on appelle les zonoses. C'est quoi une zooose ? C'est quand l'homme se rapproche de plus en plus du monde sauvage.
Or comme bah oui, mais c'est exactement ce qui est en train de se passer. Plus vous déforestez pour nourrir avec du soja transgénique euh les bestiaux que nous que nous mangeons ici, plus vous vous rapprochez du monde sauvage, plus vous vous rapprochez d'un monde qui est porteur de virus qui n'est qui sont pas pathogènes pour lui mais pathogènes pour l'homme. Donc continuons comme ça et d'autres pandémies encore plus létal nous en connaîtrons.
Revenons à notre ami Jérôme Salomon. Oui. Et à notre ami le gouvernement.
Vous trouvez pas qu'ils ont pas bien agi ? Je ne sais pas s'ils ont pas bien agi au départ. Ils n'ont ils ont agi avec les moyens d'humour.
Que vouliez-vous qu'il disent ? Ils n'avaient pas le masque. Donc ils étaient obligés de mentir, de dire le masque ça le masque ça sert à rien.
Oui. Donc ils étaient complètement démunis. Est-ce qu'il pouvait dire à la société qu'il commençait à avoir une grande trouille ?
Est-ce qu'il pouvait dire à la société qu'ils étaient démunis ? Qu'il servaient à rien en fait ? Bah la réponse est non.
La réponse est est non parce que la la réaction de la société aurait été aurait été terrible. D'ailleurs, pas du tout par pas simplement par rapport à la survie du gouvernement en terme politique, mais du point de vue du point de vue sociétal. la société déjà qu'on est dans un monde où de plus en plus qui ressemble de plus en plus à ce que raconte Hops sur l'homme est un loup pour l'homme là on serait on serait entré dans un on serait entré dans une logique absolument effroyable.
Finalement euh on a eu plutôt de la chance mais ce qu'il faut dire aussi c'est que il y avait pas simplement un brème de masque c'était aussi payé au prix le plus élevé. C'est ce que on est, c'est ce que les soignants sont en train de de payer cher. Le titre du monde d'aujourd'hui, c'est la grande fatigue des soignants.
C'est que on a payé le prix de politique menée par la gauche et par la droite de de privatisation, non pas de privatisation mais de marchandisation des des hôpitaux ou en tout cas de réduction de moyens, hein, souvenez-vous de de la loi sur les hôpitaux à l'activité. Donc, il fallait que ça rapporte de l'argent. on a supprimé des lits.
Donc le résultat et ben il est là et aujourd'hui on est dans une situation à laquelle on ne on ne peut pas faire face et on est à chaque fois sur une sur une ligne de crète qui peut amener à qui peut amener à comme c'est le cas en ce moment en Italie à une situation que l'on ne que l'on ne contrôle plus. Et alors ce qui est dingue c'est qu'entre le premier confinement et aujourd'hui le second confinement on nous avait dit on va augmenter de 12000 lit ce qui n'a pas été le cas. Ce qui était un gros mensonge d'abord parce que pour ajouter des leaders à animation, il faut compter à peu près trois à quatre personnes pour s'occuper de ces leader animation et la formation de ces soignants qui sont très spécialisés c'està dire entre 3 et 4 ans.
Mais comment on a réduit le personnel soignant ? Voilà où on en est où on en est aujourd'hui. Donc c'est vrai que c'est vrai que tout ça, tout ce que nous connaissons aujourd'hui, toute cette ce sentiment de fragilité, cette obligation que nous avons de ne plus être en contact les uns avec les autres, cette naissance d'une société sans contact qui ne fait qu'enrichir d'ailleurs les les géants du numérique.
C'est c'est lié aussi à au à des politiques publiques qui ont conduit à un retrait de ce que l'on doit au public, à un retrait de de qui n'ont qui n'ont fait de la santé qu'une variable d'ajustement. Or aujourd'hui là, il est clair que on doit considérer que que la santé est la priorité des priorités dans toutes les sociétés modernes. Fake news et revenons à la défiance.
Hm hm. Est-ce que vous pensez pas que c'est le gouvernement qui est le plus grand propagateur de défiance au sein même de sa population ? À force de raconter des conneries, à force de s'arranger avec la vérité, à force de s'arranger avec l'actualité, est-ce que maintenant il n'est pas trop tard dans une grande partie de l'opinion publique pour retrouver confiance dans ces instances dirigeantes ?
Je ne peux pas le dire aujourd'hui, mais les ingrédients pour euh la l'érosion euh encore plus grande de la confiance de cette partie de la population sont là. En effet, on voit bien que alors je pense que ce serait euh exagéré d'attribuer la seule responsabilité à ce gouvernement. C'est une responsabilité qui vient de loin.
Non, mais quand la défiance vis-à-vis de de du monde politique, elle ne date pas d'aujourd'hui. C'est c'est elle s'est construite cette défiance. Mais dans le même sac, on met les écoles qui ont formé cette upper class, les les les tout.
Oui. Oui. Mais c'est pas parce que vous supprimez les NA que pour autant vous supprimez la formation des erc classs.
Euh Bourdieu l'a expliqué beaucoup mieux que moi sur la reproduction et je ne vois pas au nom de quoi on supprimerait science Po l'idée c'est de faire de permettre l'accès à sciences pot de toutes les catégories sociales. Mais ça veut dire qu'avant non c'est pas comme vous dites et on le voit pas. C'est pas que du violon, c'est aussi comment qu'est-ce quel est quel est le rôle que l'on donne à l'école et est-ce que est-ce que on va faire les efforts nécessaires pour que l'école elle aille partout y compris dans ce qu'on appelle aujourd'hui des territoires oubliés de la République ?
Ce qui est ce qui est est d'ailleurs effrayant. On entend le discours politique du politique qui ressort tout de suite. Non, pas du tout, pas du tout.
On va revenir sur l'école et et l'hôpital juste après. Revenons, revenons à C'est la reproduction évidemment. Évidemment, c'est la reproduction quand vous êtes dans une famille qui a les moyens de vous suivre par exemple comme pendant le confinement.
Pendant le confinement, celui qui est en situation de survie, il va se préoccuper d'abord de sa survie plutôt que de l'éducation de ses enfants qui ne vont plus à l'école. Ce qui fait qu'aujourd'hui, il y a une série, il y a toute une partie de la population française qu'on appelle les décrocheurs. Vous avez des profs, des institutes qui ne revoient plus un certain nombre de leurs élèves et qui ne les reverront plus.
Ceuxlà, ils sont passés par prof et perte du on va dire du néolibéralisme de de d'une société qui considère qu'en effet il y a un certain nombre de gens qu'on ne reverra pas qui peut-être comme ça a été le cas en 2005 se révolteront et puis on mattra la révolte et puis voilà puis on oubliera et puis entre-temps d'ailleurs on votera des lois qui permettront de réduire encore un petit peu plus de rétrécir encore un petit peu plus nos libertés comme la dernière sur les et qui est censé répondre aux questions de sécurité générale et qui juge sur l'intention, j'ai jamais vu ça dans le loi français. Bref, euh et à faire des flics euh effectivement, à donner encore un petit peu plus d'impunité aux flics. Bon, tout ça en effet ne peut que contribuer à nourrir ce que ce sur quoi j'insiste, le ressentiment d'une partie de la population qui va même peut-être, et c'est là où votre question est intéressante, qui qui va peut-être même organiser son invisibilité par rapport à par rapport au pouvoir et se réveiller sous des formes qui peuvent être extrêmement extrêmement dures.
Je pense qu'on est à la veille. On n pas encore vu des des Peut-être qu'un jour on se dira bah finalement les gilets jaunes cétait plutôt sympa ou les mec ah ou les Oui. Les mecs de l'ultra gauche c'était plutôt sympa parce que ils étaient ils écrivaient des bouquins et ils venaient pas.
Il y avait pas explosion en effet. Mais en effet, on peut se retrouver dans des situations de de tel que du désenchantement, de tel sentiment d'injustice, de tel ressentiment vis-à-vis d'une autre partie de la population. C'est comme s'il y avait deux Frances ou trois Frances même euh que euh on verra euh on verra exploser euh dans certaines parties du pays euh des formes de révolte qui seront extrêmement dures et qui seront réprimées d'une manière très brutale et très violente.
Elles justifieront d'ailleurs, malheureusement ça justifiera des régimes autoritaires hein. C'est cher. J'en arrive à la deuxième partie de ma question qui est les préconisations pour éviter d'en arriver là.
Parce queon est bien d'accord que le pouvoir en place ou le l'administration en place chargé de faire le maintien de l'ordre s'y attend. On le voit dans la la militarisation de l'espace urbain, la militarisation des procédures. On le voit bien, on le sent bien.
Mais vous en tant que vieux journaliste, en tant que musée du journalisme, vous êtes pas sympa de me placer dans les musétiquetés. Non. Non, je sais pas.
Non, je peux quand même pas encore muséation. Est-ce que vous avez des préconisations à donner soit à vos confrères, soit au gouvernement pour éviter d'en d'en arriver là ? D'abord, les préconisations, elles peuvent pas venir d'un seul homme ou d'une seule personne.
Ça, c'est croire à l'homme providentiel. Et nous avons dans ma famille politique toujours combattu cette idée extrêmement pernicieuse. Les préconisations, elle sont simple.
Que ce soit par rapport au terrorisme, que ce soit par rapport aux tentatives de réduction de nos libertés, que ce soit par rapport même aux conséquences que peut entraîner une pandémie comme la COVID, une conséquence et des conséquences politiques. La seule préconisation, c'est de défendre l'état de droit. c'est de défendre nos libertés et c'est de les préserver et c'est de battre se battre contre tous ceux qui veulent les remettre en cause, contre tous ceux qui prétexte d'un événement particulier ou d'une succession d'événements pour réduire encore un petit peu plus nos libertés, ce qui à court terme apporte de la satisfaction à la société parce qu'elle a peur mais qui à moyen terme et à long terme devient dangereux.
Pourquoi j'ai fait partie des six députés qui se sont opposés à la prolongation de l'état d'urgence après les attentats du Bataclan ? Parce que nous avions dit les S réfuseniques, nous avions dit que des prolongations comme celle-ci, il y en aurait d'autres. Il y en a effectivement eu d'autres.
On était en train dans d'entrer dans une spirale qui a d'une certaine manière non pas englouti mais rétréci euh nos libertés. Et ça s'est terminé comment ? Bah quand euh Macron est arrivé au pouvoir, il a fait entrer dans le droit communs qui étaient vendues comme des dispositions d'exception.
Voilà dans quelle spirale on est en train d'entrer. Et vous avez pas tort de dire que ce le gouvernement sait très bien qu'il peut être confronté à des situations explosives. C'est la raison pour laquelle il militarise de plus en plus la société et il l'accompagne de réduction de nos libertés en favorisant d'ailleurs un petit peu plus cette militérisation.
C'est les c'est l'exemple de l'interdiction de diffuser les images de policiers pendant des manifestations. Heureusement qu'il y a eu des gens comme Dufren et quelques militants solides euh et quelques ONG pour montrer ce qui était devenu euh l'impunité de la police dans un certain nombre de manifestations. Heureusement que des avocats se sont euh associés pour défendre les victimes de violence policière.
Mais vous savez, tout ça a commencé bien plus tôt qu'on ne le croit. Il se trouve qu'après la mort de Réy Fres, la mort tragique de Réy Fres euh euh à Syvince, nous avions encore le groupe écologiste à l'Assemblée nationale. Nos auditeurs qui étaient Réi ?
Réy Fra c'est un jeune Réy Fres c'était un jeune militant écolo qui était qui a rejoint les Lazade la zone à défendre de Sivin qui existait depuis plusieurs mois qui se battait contre un barrage qui devait se faire à destination des hirigants de maïs et qui étaiit qui ne s'inscrivaiit pas du tout dans la logique de lutte contre le réchauffement climatique et qui ne pouvait que contribuer un petit peu plus épuiser la ressource en eau. Donc c'était une bagarre décolo en fait hein. Et ce jeune Rémy Fres, il est il est venu rejoindre un soir les militants et il a été tué par une grenade tiré par un garde mobile qui défendait d'ailleurs un endroit qui était qui n'avait pas à être défendu, qui était un chantier une semaine avant, je je à une semaine avant ce drame, j'y suis allé avec Cécile Duflot sur sur le terrain où on a rencontré les adistes, on a rencontré le préfet qui avait une relation extrêmement tendue avec les les militants sur place qui n'avaient même pas daigné parler au porte-parole que l'on a amené avec nous dans le bureau du préfet et on lui a dit "Vous savez, monsieur le préfet si vous faites pas un effort de discussion et et de compréhension, il risque de se passer des choses graves." Une semaine après, Réy FR était était tué tragiquement et après ça, nous avons demandé une commission d'enquête parlementaire sur le maintien de l'ordre.
Euh la tradition veut qu'à l'Assemblée nationale, lorsqu'il y a euh une une [grognement] instance judiciaire, une procédure judiciaire, on ne peut pas demander une commission d'enquête parlementaire sur le cas précis. Donc on l'a pas demandé sur Emy Fres. Et donc le le la commission d'enquête parlementaire, le son titre c'était euh comment assurer comment adapter le maintien de l'ordre.
C'était ça l'idée. Comment adapter le l'ordre à la liberté d'expression et au droit de manifester. Donc j'ai comme c'était une initiative qui parlait de notre qui est partait de notre groupe euh je n'ai j'ai été président de ce de cette commission d'enquête parlementaire mais le groupe socialiste a refusé que j'en sois le rapporteur et c'est en général le rapporteur qui a le plus de pouvoir dans une commission d'enquête parlementaire puisque c'est par rapport c'est sur son rapport que la commission vote. [grognement] Et comme je sentais le souffre pour le PS, je n'ai été que président.
Donc pendant 6 mois, tous les jeudis, nous avons auditionné différents acteurs venant de tous les milieux, y compris d'ailleurs des jeunes qui avaient été blessés par des tirs de tazer, le tazer dont nous avions demandé en 2000 l'interdiction par une proposition de loi qui évidemment a été rejetée à cette époque. Et le rapporteur était un proche de Manuel Vals. C'était un des spécialistes, paraît-il, de la sécurité à au PS qui s'appelle qui s'appelle Pascal Popelin qui était député Pest du nord de Paris, je crois.
Et dans son rapport euh le son rapport c'est devenu comment adapter la liberté d'expression et le droit de manifester au maintien de l'ordre. Donc, j'ai été le seul avec Marie-Gorge Buffet, le seul des 30 commissaires à voter contre ce rapport. Mais quand vous lisez bien ce rapport, vous y voyez déjà le changement de doctrine du maintien de l'ordre dans ce pays.
Et si le maintien de l'ordre est devenu de plus en plus brutal et et [grognement] comment dire ne correspondant plus à ce qui était la doctrine de la mise à distance et de et et de la de la volonté de la désescalade, et bien c'est à partir de ce rapport là. Donc voyez que il faut aller quelquefois fouiller dans les archives pour comprendre d'où cela vient et ne pas attribuer toujours les mêmes responsabilité à ceux qu'on voit pour l'instant parce qu'avant eux, il y a eu un certain nombre de de politiques qui ont qui ont une responsabilité et qui ont conduit vers la situation dans laquelle on se trouve. Donc pour répondre à votre question, oui, il y a en effet un chemin qui devient de plus en plus chaotique et de plus en plus dangereux qui peut nous conduire.
à des situations d'une de de à une société qui en tout cas aura euh non pas renoncer Oui. qui aura renoncé à l'essentiel, c'est-à-dire la garantie de nos libertés, la mise aujourd'hui on est dans un pays dans lequel le préfet, le policier et le procureur précèdent le juge. Or le juge Or le juge c'est celui qui garantit nos libertés.
Non mais le le journaliste le journaliste il est pas c'est pas lui qui est il est pas préfet, il est pas policier, il est pas procureur. C'est lui qui est sous le robinet du policier. Bah c'est lui qui est sous le robinet.
C'est ben le journaliste, bien souvent, il ne fait que contribuer à à renforcer, disons à cautionner ce nouvel état des choses, ce nouvel ordre juridique. Mais il mais il y a aussi des journalistes, il y a aussi des journalistes qui se battent contre ça. Euh je me souviens très bien que ben écoutez, il y a quand même qu'on leur a donné, c'est les moines.
Il en reste encore mais ils sont pas nombreux. Il oui, ils sont pas nombreux. Par exemple, quand on a fait avec Reporter de RV Kempf, on avait fait à l'époque une enquête avec ces journalistes qui étit disséminé à Nant, à Paris, euh je sais plus dans quelle autre ville pour faire le bilan des violences policières.
Et nous avons fait une conférence de presse avec Amnestie Internationale avec le syndicat des journalistes, syndicat national des journalistes SNJ à l'Assemblée nationale sur cette enquête qui montrait à l'évidence les problèmes rencontrés. D'ailleurs, on n'a pas servi à rien hein puisque le défenseur des droits, monsieur Toubon, à l'époque, a accepté la saisine avec pour Amir Schrai. Nous avons saisi le défenseur des droits sur cette question des violences policières à partir de l'enquête que nous avions mené avec Reporter, c'est le le défenseur des droits a accepté cette saisine et et dans son rapport a proposé la la l'interdiction de de la LBD.
C'est quoi la charte de Munique là ? Pardon ? La charte de Munich.
La charte Dominique de Munique comme la ville. Ah la charte de Munique. Je ne sais pas pourquoi vous posez cette question.
Juste comme ça. J'ai une question d'internet. Non non mais éclirez-moi.
C'est quoi la charte de Munique ? Oh c'est un c'est c'est un peu comme le serment d'Hippocrate mais chez les journalistes. Je le connaissais pas mais de toute façon il y a pas de je je pense qu'un code de déontologie des journalistes c'est c'est ce qu'il y aurait de pire.
Pourquoi ? parce que euh le journalisme ne peut pas être codifié de cette manière comme on par exemple on va codifier la médecine d'abord parce que c'est pas une science exacte, pas plus que la médecine et que ça doit être la responsabilité des sociétés de journalistes. Oui, qu'il y ait des sociétés de journalistes qui a plus de pouvoir au sein des rédactions et puis le problème des journalistes pe avoir le meilleur code de déontologie du monde.
Si vous êtes dépendant de grands groupes, comme c'est le cas aujourd'hui, votre votre code de déontologie, vous voyez ce que je veux dire. [grognement] D'ailleurs, c'est pas pour rien que leur le reniment ou le la conversion ou le changement de Takedine dans quel journal il a été il s'est fait dans Paris Match. À qui appartient Paris Match ?
À la Gardè qui est membre du conseil d'administration de la Gardè Sarkozy. Ça n'engage que vous. [grognement] Attention hein.
Non mais je pourrais vous donner plein d'autres exemples. Bon question d'internet. Je prends la première qui me passe sous les yeux.
Ça ne veut pas dire que je pense que Sargozi est responsable dans cette histoire. C'est pas à moi de le dire hein. Donc c'est la justice.
Bonjour. Comme on parle de fake news virgule Noël ma mère en 2013 a accusé l'ex-président mauritanien Azis d'être le parrain de la drogue. Oui, c'est vrai.
Oui. Dans l'émission 28 minutes en effet. Euh il a il a voulu me faire un procès.
Alors en effet, c'était je pense que ce que j'ai dit n'était pas faux mais et que je n'avais c'était peut-être pas vrai. Je pense que c'était vrai parce que j'avais des témoignages qui me le disaient mais je ne pouvais pas en apporter la preuve. Donc c'est fa donc je ne suis pas allé jusqu'au bout.
Non, c'est pas parce que vous ne pouvez pas apporter la preuve de quelque chose. Il y a des il y a eu des je sais pas s'il y a des crimes parfaits, mais il y a des il y a [grognement] il y a des des épisodes judiciaires qui montrent que quand vous pouvez pas administrer la preuve, c'est c'est le bénéfice du doute. Vous êtes Bah oui.
Et donc je j'ai renoncé à poursuivre mon d'abord c'était lui qui m'avait attaqué en justice. J'ai j'ai renoncé parce que je ne j'étais pas en mesure d'apporter des preuves suffisantes. Euh je ne sais pas quel est le follower qui suit ça et s'il suit ce qui se passe du côté de la Mauritanie et de la zone sub-saharienne, il sait très bien que dans cette zone-là euh le la question de la du trafic enf de la drogue n'est pas n'est pas loin.
Alors question qui fâche, je la lis. Hm. Euh euh qu'est-ce que ça a donné ?
La haute autorité pour la transparence de la vie publique a annoncé mercredi soir saisi la justice de dès la déclaration de patrimoine de fin de mandat de l'ex-député écologiste de Giron Noël ma vu un doute sérieux lié à l'omission d'une partie substantielle du patrimoine. Qu'est-ce que c'est que ça ? Alors bah c'est un truc assez assez idiot.
C'est la maison de Mémé qui a pas été déclarée. Non non non non. D'abord euh alors c'est une un truc totalement idiot.
Ça s'est passé, c'était ma déclaration, la dernière déclaration que je devais faire, la première déclaration que j'ai faite, la la loi sur la haute autorité. La haute autorité a été créée en 2013. Donc la il a été demandé aux députés de faire une déclaration d'intérêt et de patrimoine en 2014, hein.
C'était un an après, ce qui était tout à fait normal. Et après c'est la loi voulait que lorsque vous terminez votre mandat, vous devez refaire une déclaration de patrimoine pour savoir si votre patrimoine a évolué de manière normale ou si il s'est passé des choses. Présellement si vous en êtes mis plein les fouilles.
Non non pas du tout. Je m'en suis pas du tout mis plein les fouilles. C'est pas du tout ça.
Résumer résumé. Non, j'ai j'ai tout simplement comme j'étais tout seul parce que le tout simplement le le père de mon épouse venait de mettre fin à ses jours, elle n'était pas là et c'est elle qui depuis que on est marié depuis 30 ans fait les déclarations d'impôts. J'ai oublié tout simplement de déclarer ces euh ces Allons euh c'est c'est pas les assurances, comment on appelle ça ?
Mince, le je devrais le dire de comment ça s'appelle ? Pension de reversion. Non non non, c'est pas les pensions de reversion.
Euh c'est pas Excusez-moi, j'ai j'ai un trou. Assurances vies. C'est assurance vie.
Voilà. Donc j'ai j'ai oublié ces assurances vies. Donc c'est une omission.
Cette omission, elle a été sanctionnée, ce qui est tout à fait normal. Mais cette omission a été, pour que les choses soient bien claires entre nous, cette omission des assurances vies a été indiquée à la Haute Autorité par l'administration des finances, ce qui veut dire que elles ont été toutes déclarées. Donc je n'ai aucune je n'ai aucun problème avec l'administration fiscale puisque c'est l'administration fiscale qui a dit à l'aute autorité "Mais attendez, il y a il y a il y a il y a telle et telle assurance vie, pardonnez-moi." Avez tu en avais pour combien ?
Comment il y en avait pour combien ? Vous n'alvez pas le savoir parce que je c'est mon c'est c'est notre affaire. Euh mais en effet euh j'ai j'ai été condamné, enfin condamné, j'ai j'éta sanctionné pour cette omission, ce qui est tout à fait euh tout à fait normal, mais je n'ai volé d'argent à personne euh puisque ça a été euh déclaré à l'administration felle.
Vous n'avez pas reçu le pot de vin. Pourquoi j'aurais reçu des pots de vin ? Mais non, mais c'est la question c'est sur non, ça n'a rien à voir mais la transparence c'est celle-ci, c'est que j'étais transparent totalement puisque l'administration fiscale c'est elle qui a dit à la haute autorité que j'avais omis les assurances vie.
Pardonnez-moi pour les le temps que j'ai mis à trouver assurance vie, mais c'est ça exactement ce qui s'est passé. Un journaliste qui devient politique, c'est un petit peu comme un infiltré. Est-ce que Non, est-ce que vous avez vu un journaliste qui devient politique ?
Il y en a pas beaucoup. Il y en a eu quelques-uns. Pericard, était-il déjà politique quand il présentait les journaux ?
Je ne sais pas. Euh, il y a eu mon mon collègue qui est mort prématurément, le maire de Toulouse. Euh puis je viens le retrouver.
Euh il y a on est assez peu nombreux en fait, je sais pas, on est peut-être 5 ou six à avoir été Dominique Baudis euh qui était le successeur de son père à la mairie de Toulouse. Pardonnez-moi, c'est la vieillesse sans doute qui commence à creuser dans mon cerveau. Euh et donc oui, on n'est pas très nombreux.
Non non, c'est pas du tout c'est un choix délibéré. Donc j'avais le sentiment d'avoir fait le tour de ce que je voulais faire à la télévision. Euh en fait, j'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai fait j'ai fait que des émissions engagées.
Les 5 c'est la vie, c'était une émission engagée sur l'environnement puisque notre notre objet c'était de dénoncer les failles, [grognement] de dénoncer tout ce qui pouvait être toutes les toutes les atteintes à l'environnement. Euh j'ai eu une parenthèse qui est tout à fait et que j'ai que j'ai adoré qui était celle du trésor. Vous vous imposez une obligation de réserve par rapport à vos à vos engagements, ce qui est tout à fait normal par respect pour les spectateurs.
Et puis après, les cinq autres années de résistance, c'est une émission qui était une émission militante sur les droits de l'homme. Donc j'ai quand même eu j'ai j'ai eu j'ai eu beaucoup de chance. J'ai j'ai eu une grande liberté en fait dans mon dans l'exercice de mon métier parce que pour vous donner un exemple, c'est la vie.
Euh c'était tous les soirs à 18h30. Je participais à la conférence de rédaction le matin euh qui était la conférence de rédaction qui est préparé le 20h et j'arrivais au bout au bout de la consultation du REDAC chef. Il y avait la politique étrangère, service société, service culture et toi Noël qu'est-ce que tu as ?
Je disais vous inquiétez pas tout va bien. Donc jamais personne m'a emmerdaé. Mon ami Céillon disait de toute façon Noël il fait de l'information au rat de la toile cirée parce que à l'époque si vous voulez la noblesse du journalisme c'était d'aller faire du grand reportage sur du grand reportage de guerre et le journalisme que je pratiquais c'était-à-dire du journalisme à de la porte d'à côté de proximité ça n'avait pas encore de c'est c'était c'était méprisé d'une certaine manière et le fait que ce soit méprisé par une grande partie des journalistes m'a permis une très grande une très grande liberté après coup oui Je peux vous couper avec une question un peu vulgaire.
Allez-y. Est-ce que vous trouvez pas que les présentateur de télé aussi appelés journalistes léchent pas un peu trop le cul des politiques quand ils leur font leurs interviews ? Est-ce que est-ce que vous est-ce que vous imaginez pas ce petit fil de bave ?
Vous voyez en ce côté un peu en adoration devant leurs idoles ? Oui, il y a toujours eu euh de la part des de beaucoup de journalistes d'une on va dire oui d'une majorité de journalistes qui se qui sont choisis pour cet exercice parce qu'ils sont pas très nombreux parce qu'ils ont pas de réflexe de déglition. C'est ça.
Non, c'est pas ça. C'est que il y a cette espèce de fascination euh de fascination pour le pour le pouvoir. Euh comment le dire autrement ?
Euh nous n'avons pas cette culture dans le journalisme français. Nous n'avons pas cette culture dans le journalisme français qui est celle des des pays anglo-saxons. Quand vous regardez par exemple la l'une des dernières interviews de Fox News qui était considéré comme l'ami de Trump, de cette grande représentatrice vedette de Fox News, elle a été sans concession avec Trump alors qu'on aurait pu imaginer qu'elle soit très docile et qu'elle ne pose pas de questions qui dérangent.
Oui, c'est vrai que euh l'histoire montre que dans ce pays, c'est sans doute l'héritage de du poids du gaulisme pendant plusieurs décennies sur la télé qui a qui a laissé des traces. Oui, je pense que c'est ça tra et de toute façon les traces de ça qui sont des traces politiques, elles ont été remplacées par des dépendances économiques. Donc, j'allais dire, on est à peu près dans la même situation.
Il y a il y a très peu de il y a très peu d'interviewers qui sont capables de de d'aller d'aller un peu plus loin que le convenu. C'est ça. Oui.
Comment on fait pour changer et améliorer tout ça ? Là, on sent bien que le pays part un petit peu à volot. On a une class qui est en panique, qui navigue à vue, une administration qui se rend compte qu'elle doit un petit peu plus travailler, qu'elle doit être un petit peu plus secouée, surtout quand il y a des des événements exotiques délétaire.
On sent bien que la résilience de notre administration était l'équivalente d'un gamin de 4 ans face à son caca dans la main. Qu'est-ce qu'on fait pour arranger ça ? Qu'est-ce qu'on fait ?
Ben ce qu'on fait c'est que en effet c'est ce c'est la question de la démocratisation euh de la société. C'est comment éviter euh que cette société ne fasse que reproduire un certain nombre de de schémas qui sont le schéma euh néolibéral. Oui, même peut-être empire.
Euh c'est par exemple quand vous dites la upper classe. Bon ben ça pose la question euh ça pose la question du consentement à l'impôt, ça pose la question de la redistribution, euh ça pose la question de la solidarité, ça pose la question de service public. C'est quoi un service public ? de l'accès de tous à ces services publics, que ce soit le service public de la connaissance et de l'éducation, que ce soit le service public de la culture, que soit le service public de la santé et comment on réintroduit dans la société ceux qui aujourd'hui en sont d'une certaine manière à la périphérie, ceux qui n'ont pas eu la chance de réussir entre guillemets et je pense que c'est sur cet axe là qu'il faut qu'il faut revoir nos sociétés.
Et donc la la question des inégalités est la question qui prime. On ne peut pas parler d'écologie sans l'adoser à la question des inégalités, à la question de la démocratie. Comment un associe ?
Comment on comment vous dire ? On vit dans des sociétés en silo. En fait, ce que vous venez de dire c'est ça, c'est que chacun est dans son chacun est dans son silo et ces silos se parlent de moins en moins.
Communique de moins en moins entre eux. Pourquoi ils communique de moins en moins entre eux ? Parce que face à la vulnérabilité du monde et à l'incertitude dont je parlais au début de cet entretien et chaque silo a tendance à se refermer sur lui-même.
Et puis quand vous prenez les réseaux sociaux, Facebook, c'est la même chose hein, c'est chacun qui qui parle qui qui se conforte dans sa même idée. Donc au lieu qu'il y ait des passerelles entre ces différentes catégories, aujourd'hui il y a des murs qui se construisent. C'est la question du commun.
Qu'est-ce qui nous est commun ? Et comment fait-on pour que ce commun devienne la règle et qu'il concerne l'ensemble de de la société ? Vous voyez ce comprenez ce que je veux dire ?
Nous sommes aujourd'hui dans des sociétés qui ont oublié la question des communs, la question de ce qui nous est commun parce que elles se sont enfoncées dans des formes d'égoïsme qui sont pas simplement des égoïsmes nationaux mais des égoïsmes internationaux qui font que chacun va essayer de de se défendre de défendre ce qui peut lui assurer sa survie. Mais c'est pas pour rien d'ailleurs qu'aujourd'hui face aux menaces que fait peser le réchauffement climatique sur nos sociétés, il y est un mouvement qu'on appelle le survivalisme. Le survivalisme, ce sont principalement des ultra riches pour beaucoup venus d'ailleurs de la Silicone Vallée qui vont aller investir qui investissent en Nouvelle-Zélande au point que la Nouvelle-Zélande a fait voter des lois pour limiter le les achats de de terre dans son pays.
Ce sont d'autres qui vont construire des bunnkers et s'armer éviter de tomber avec les autres. Mais sauf que c'est pas comme le Titanic hein, le réchauffement climatique. Il y aura pas la peut-être que la première classe disparaîtra un petit peu après la 2e et la 3è classe mais son destin, il est déjà il est déjà écrit.
Donc il faut aller chercher les les ferments du commun dans ces petits lieux que sont les lieux les écolieux et les lieux alternatifs comme Notre Dame des Landes par exemple. Et dans toutes les initiatives qui sont prises dans la société, il y a pas besoin d'aller dans des écolieux. Comment on fait pour pour que le commun pour que le commun prospère ?
Comment on fait pour pardonnez-moi ? Alors, comment on fait pour que le commun prospère alors que vous avez des factions h à gauche, à droite, au centre qui pratiquent la pureté idéologique et qui refusent de tendre la main pour s'entendre sur un une route commune. Comment on fait ?
L'extrême droite le fait, l'extrême gauche le fait, ils le font tous. Et on se retrouve avec des minorités très agressive pratiquant l'idéologie la plus pure pour eux. Oui.
Alors tout ce ils peuvent mourir guéris mais ils mourront. Ils mourront de leur pureté. d'abord comme vous l'avez dit sont minoritaires.
Donc je pense que quand une société se mobilise de manière massive, ces minorités sont appelé à rester minoritaires et et même à être complètement dépassé. Il y aura toujours dans nos sociétés, il y aura toujours des des minorités qui chercheront la pureté idéologique et qui au nom de cette pureté sont capables d'aller de faire terre les autres. Non, mais qui sont capables d'aller jusqu'à tuer.
Enfin, il y a beaucoup d'analystes qui sont aujourd'hui développées sur ces ces fameux et tristes et sinistres islamistes qui sont capables d'aller couper la tête des gens. Mais il y a pas de fatalité dans une société. Il y a pas de fatalité à ce qu'elle soit débordée par ses minorités. tout ce qui est toutes les toutes les idéologies qui ont défendu euh la pureté, qui ont voulu la faire appliquer contre les libertés, contre la vie, elles ont échoué.
Ça a duré longtemps pour certaines. Le totalitarisme soviétique a duré longtemps. Il y a eu l'épisode tragique de la choa au nom de de la pureté de de la race, mais fort heureusement les sociétés ont été capables de se de se réveiller ou en tout cas de de réagir et de se mobiliser.
Donc je pense que même si le déni est prime aujourd'hui dans les dans les dans l'ensemble du monde, il n'y a pas de fatalité à ce que nous restions dans le déni. D'abord parce qu'il y a des gens il y a pas de fatalité à ce qu'on reste dans le déni. C'est ce que vous venez de dire.
Oui. Oui. Il y a pas de fatalité à ce qu'on reste dans le déni parce que [soupir] comment vous dire ?
Moi, j'ai si je me suis engagé dans la vie politique pendant 25 ans ou 28 ans, c'est bien parce que j'avais plus de raisons d'espérer que de désespérer. Quand vous vous engager dans la vie politique, c'est pas simplement contrairement à ce que croient beaucoup de gens pour dire "On va gagner du fric, j'ai gagné plus de fric à la télé que dans mon mé de combien. Combien vous gagnez ?" Bah quand j'étais député le je crois que l'indemnité d'un député euh les toute charges comp ça tourne autour de 5000 € à peu près.
Voilà. Donc euh oh ben dans la télé c'est beaucoup plus enfin je sais pas combien mais je ne sais pas combien mais c'est beaucoup plus enfin c'est quoi allez c'est quoi les salaire mais je ne les connais pas les salaires de la télé quand je suis parti de la télé il y avait pas encore les euros je gagnais 26000 balles net ouais mais attendez après je suis parti je suis parti en bah oui je suis parti en 92 26000 francs mais je peux vous dire que quand je suis parti déjà il y avait eu il y avait eu Berlusc con à la 5 et que le le le PAF était en train d'exploser avec des salaires avec des des salaires incroyable attribué à des à des animateurs pour venir faire les beaux jours de la chaîne. Donc c'était c'était très loin de cette de cette somme là et aujourd'hui des présentateurs de journaux les animateurs, ils gagnent bien plus que ça.
Oui. Puadas Pujadas, je ne sais pas combien il gagnent, je peux pas vous dire. Allez petite fourchette. [rires] Non, je ne sais pas. 10 15 30 Non, je pense que c'est plutôt de des c'est plutôt ça tourne plutôt entre 10 et 15000 € sans doute net.
Je ne sais pas si c'est net ou pas. Je suis pas je suis pas fonctionnaire de question question d'internet d'administration fiscale. Question d'internet que je vais essayer de de synthétiser.
Comment on fait pour qu'il y ait plus de journalistes qui deviennent porte-parole de politique ? Mais je vois pas pourquoi. Il faudrait que le follower précise sa question.
Est-ce qu'il parle de journalistes qui sont en fonction de journalistes dans une dans un média ? Bernard Getta, eurodéputé LREM et B Roger Petit devenu mais Bernard Getta, il est plus journaliste. Bernard Getta, il a été journaliste.
Donc il n'est le porte il est le porte-parole de son de son groupe à l'Assemblée nationale. Mais vous allez pas lui reprocher d'avoir été journaliste. Il a été journaliste.
Alors reprocher d'être porte-parole d'un politique derrière. Et pourquoi il peut et pourquoi on pourrait le reprocher ? Mais attendez journaliste c'est pas une journaliste, c'est pas c'est pas une autre caméra, vous faites plusieurs métiers.
Est-ce que je vous C'est pas une profession qui doit être sacralisée. Je pas du tout, pas du tout. Pierre Salinger a été le porte-parole Est-ce que le journaliste Pierre Salinger a été le porte-parole de John Fidal Kennedy et ensuite le correspondant pour toute l'Europe de la chaîne IBC.
Est-ce que ça l'a empêché de faire son métier de journaliste ? Réponse : Non. Les hommes sont capables.
On peut être journaliste, on est dans un pays où on voudrait nous mettre dans des cases. Alors, vous avez été journaliste, ben vous resterez journaliste toute votre vie. Vous pourriez rien faire d'autre.
Bah non. Non, c'est pas parce que j'ai été journaliste que j'ai pas pu m'engager dans la vie politique. Et d'ailleurs, le fait queon me voyait tous les soirs à la télé a été pour moi au début un handicap parce que les gens, ils étaient contents de voir la star entre guillemets qui sortait de son petit écran et il voulait le toucher comme si j'étais un roi tomaturge.
Je leur disais non, je suis pas venu sortir de mon écran pour vous faire plaisir. Oui, je suis venu pour essayer de vous convaincre pour essayer de de défendre les idées auxquelles je crois devant vous. Non non, je pense que Geta, bah il a fait un choix.
Voilà. Et maintenant, bah maintenant GTA il n'est plus journaliste, il est politique. Est-ce que un politique peut redevenir journaliste ?
Et moi par exemple, je pourrais jamais revenir dans un journal, je le sais très bien. Voilà, c'est comme ça. Pourquoi ?
À moins d'être éditorialiste dans un journal engagé qui euh je pourrais par exemple, je sais pas euh faire des chroniques, ce qui m'est arrivé d'ailleurs, j'avais un blog dans Reporter était et je suis membre du conseil d'administration de Bastamag mais j'y écris pas mais je me vestis mais c'est pas voilà c'est mon c'est ce sont des journaux engagés sont pas vous me voyez pas revenir présenter une émission à France 2. Non et ça ne m'empêche pas de proposer des documentaires, mais c'est j'ai le droit d'avoir un regard sur le monde et de et et de le faire partager à travers des des documentaires. Question internet.
Avez-vous déjà participé au dîner du siècle ? Si oui, quelles ont été vos observations ? Jamais.
Jamais. Je n'ai jamais été invité. Je fais pas partie de ce monde là.
C'est quoi ce monde là ? Bah écoutez, c'est un monde je connais pas mal de gens qui étaient au dîner du siècle mais je ne fonctionne pas chez des gens avec qui j'ai entretenu des relations que je connais que j'ai croisé mais c'est pas mon monde. Voilà donc je n'étais pas convié au dîner du siècle et je pense que ceux qui l'organisaient et les responsables du dîner du siècle ne m'y voyaient pas.
Ça tombe bien, je m'y voyais pas non plus. Pourquoi ? parce que je vous dis c'est pas bon mon monde.
C'est c'est ça correspond à ce à ce que vous disiez au milieu de notre entretien. C'est euh c'est une manière de c'est c'est c'est ces scénacles, c'est ces cercles qui deviennent des scénacles. Enfin, on appelle ça des cercles d'ailleurs, hein.
Ça s'appelait comme ça en tout cas. Bah, ce sont des cercles où on on reste entre soi. C'est de l'entre soi.
On cultive cet entre soi pour se sentir très bien entre nous. Voilà, il y a eux puis il y a nous ou il y a nous et il y a eux. C'est pas mon truc.
Les journalistes, ils doivent être sur ce type de cercle ou pas ? Non, je crois pas. Je crois qu'un journaliste qui euh vous savez le le siècle ça fait partie de ces cercles qui sont qui sont la marque de votre reconnaissance sociale et de votre réussite sociale.
Donc c'est pas c'est pas du tout étonnant qu'on voit des journalistes très heureux de faire partie de du siècle parce que c'est une manière c'est une manière pour eux d'être reconnu dans leur dans leur statut de devenir de faire partie de l'élite pour reprendre une expression qu'on a utilisé pendant cet entretien mais moi je ne m'y vois pas et je pense que les que les journalistes ne devraient pas participer à ce genre de de cercle. Vous avez quel souvenir de votre école de journaliste ? Je n'ai jamais fait d'école de journalisme.
J'ai fait j'ai fait une licence qu'on appelle aujourd'hui une maîtrise de droit, un diplôme de sciences politiques, tout ça à Bordeaux. J'ai [grognement] je suis titulaire d'une thèse de 3e cycle en science de l'information et de la communication. Mais mon métier, je l'ai appris sur le tas comme on dit car en sortant de première année de droit en 1969, donc tout ceux qui vous suivent n'étaient pas nés.
Euh c'est pas vrai, on a des gens de votre âge qui su très bien. Alors tant mieux. Salut et même plus vieux.
Alors bienvenue au club. Euh oui, en sortant de première année de droit, je suis devenu journaliste à l'ORTF, ça s'appelait encore, à Bordeaux où je faisais de la radio et de la télé, des reportages télé. et j'ai présenté mon premier JT à 20 ans euh à l'Fordeaux.
Donc, j'y allais pratiquement tous les soirs pour faire des commentaires des journaux télévisés euh et pour faire la radio euh pendant l'année universitaire et puis pendant les vacances universitaires. Pour moi, c'était pas du tout euh une charge, c'était au contraire un plaisir. en je je faisais le journaliste qui qui faisait des reportages et puis j'ai en sortant de en sortant de sciences pot en 74 j'ai été assistant associé à à l'IUT de journalisme qui s'appelle LIBA aujourd'hui qui était une qui est une école qui était une des trois écoles de journalisme reconnu par la convention collective des journalistes avec Lî et Strasbourg.
Euh j'y ai j'ai enseigné à la radio et la télé aux étudiants pendant 3 ans. Voilà. Et après je suis entré Antenne 2, mais je n'ai pas fait d'école du journalisme.
De deux petites questions qui continuent dans le dans le même sens de Dick. Vous connaissez Dick ? C'est un très bon film, on vous le conseille.
Non. Quit de la conivance des journalistes et des politiques qui sortent souvent des mêmes écoles issues des mêmes couches sociales. Point interrogation.
Oui, moi ça a été alors il faut dire à ce followers, je sais pas à quel âge il a ça doit être du 26 27 ans. Alors s'il a 26 27 ans, euh je vais pas lui recommander de se précipiter dans une librairie parce qu'en ce moment c'est pas possible, mais qu'il fasse un click and connect et qu'il se procure un livre majeur d'un sociologue américain des années 50 qui s'appelle Charles Wills. Et Charles Whtmills, c'est le sociologue qui a écrit sur les élites.
Les élites parlent aux élites et comment ces élites sont formées dans les mêmes moules et comment ça se comment ils se reproduisent. Vousz lu ce fameux livre propaganda ? Oui, bien sûr, mais j'ai surtout lu le livre de Jacques Elule euh qui s'appelle Propagande au pluriel et qui est euh qui qu'il faut absolument lire pour détricoter les méthodes de propagande de l'extrême gauche comme de l'extrême droite ou de la droite comme de la gauche. lui il a il a écrit ce livre en pratiquant une étude très fouillée [grognement] notamment sur la technique puisque c'était sa spécialité sur les techniques de propagande des nazis et les techniques de propagande des des staliniennes et vous verrez qu'il y a beaucoup de ressemblances.
Question d'internet : peut-on jouer honnêtement à un jeu avec que des tricheurs ? Si oui, comment ? Bah jouer qu'avec des tricheurs, c'est quand même assez dur.
Mais moi, contrairement à ce que dit ce follower, je ne pense pas qu'il y a que des tricheurs. Qui a rajouté que lui sa question c'était peut-on jouer honnêtement à un jeu avec des tricheurs ? Ça dépend combien il y a tricheurs dans le jeu.
C'est un équilibre. S'il y a quatre tricheurs et un qui triche pas, c'est un petit peu difficile. Mais les tricheurs s'annulent à force de tricher.
Donc ça peut permettre à celui qui ne triche pas d'émerger. Ouais. Couler ou de couler le capitalisme et nous envoyer par le fond avec eux.
Oui, couler le capita. pensais que la presse spécialisée h la presse économique la presse scientifique d'ailleurs récemment est-ce que on l'a bien vu avec la crise de 2008 la presse économique était complètement larguée depuis des années et il ne faisait que de sculpter de l'air chaud et de brasser de la fumée à grand coup de on sait tout, vous inquiétez pas, on est sur des rails. Est-ce que la presse scientifique s'est fait démasquer comme la presse économique en 2008, c'est-à-dire ça ne brasse que du vent, ça occupe qu'une seule chaise, ça fait chauffer un petit peu le le le faux cuir de son de sa chaise de bureau.
Ça écrit de temps en temps des petits papiers, mais quand réellement le carton arrive, ils sont complètement perdus et ils embrayent sous le robinet de l'information politique. Oui. C'est il faut aller plus loin que ce que vous dites parce que là je vais pas faire le savant mais franchement s'il y a un bouquin à lire en ce moment sur la les connexions entre les publications y compris d'ailleurs des publications scientifiques euh je sais plus je sais pas si le land 7 en fait partie mais des publications scientifiques et la presse dite scientifique et même le journalisme scientifique qui est en fait en en en liaison avec beaucoup de de grands lobby industriels ou pharmaceutiques.
Il faut lire le livre de Stéphane Fouard, de Stéphan Fouard, Stéphane Essel et je vais retrouver le nom du sociologue qui l'a fait avec eux qui est sorti il y a 2 mois aux éditions la découverte qui s'appelle Les gardiens de la raison. Bon, il faut savoir que Stéphane Fouard et Stéphane Essel sont les journalistes qui sont responsables de la page planète dans le monde et qui sont euh comment dire des journalistes d'investigation. C'est eux qui euh avaient sorti euh les Monsanto Paper.
Et donc leur livre est est j'allais dire, je sais pas si on peut dire qu'il est effrayant, mais il est très instructif parce qu'il démontre comment vous avez un certain nombre de journalistes. Moi je me souviens que il y a pas très longtemps dans une émission de LCP, je me suis fait démonter par une journaliste qui est journaliste au point que l'on voit régulièrement sur BFM TV et dont je ne citerai pas le nom qui m'a qui m'a sorti le brévière du de Laurent Alexandre, le brévière du promor ridoré pro nucléaire en disant enfin mais on a le droit d'être pro nucléaire hein. Mais mais je suis d'accord mais si vous voulez avec vous préférez être prucléire prucléire ou pro central à charbon je ne suis ni pro nuucléaire ni pro central à charbon je suis proe efficacité énergétique pro énergie renouvelable et pro et pro économie d'énergie et j'ai surtout contre l'oléodépendance et donc par exemple que des sociétés des banques comme la BNP et d'autres quand elles investissent 7 € dans les énergies fossiles elles investissent 1 € dans les énergies renouvelables.
Donc il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles. Mais là encore, Bastamag a un comment dire une branche qui s'appelle l'observatoire des multinationales qui raconte ça très bien et qui le démontre très bien et qui démontre très bien quelle est aujourd'hui la l'hypocrisie du gouvernement et et de toutes ces sociétés qui font qui font du green washing. Donc en effet, il y a aujourd'hui ces gardiens de la raison ont réussi à enfin c'est c'est comme le le film qui avait eu beaucoup de succès des nouveaux chiens de garde de de Serge Alimi.
C'est c'est à peu près pareil. Aujourd'hui, il y a des nouveaux chiens de garde. C'est ces chiens de garde, c'est c'est les chiens de garde qui par exemple comme nos philosophes médiatiques patentés qui s'attaquent à la figure de Greta Tenberg, y compris d'ailleurs en mettant en avant son notice Asperger.
Enfin, c'est vraiment des attaques adominem si si je puis dire parlant d'hystérie là même et ça se reproduit hein. C'est ce que vous raconte très bien le livre de Stéphane Essel et Stéphane Fouer quand Rachel Carson en 1962 a écrit le printemps silencieux qui a été à l'origine du mouvement écolo aux États-Unis qui a fait beaucoup de bruit sur le DDT, elle était traitée d'hystérique. Bon bah 50 ans plus tard ou 60 ans plus tard, Gretaberg est traité d'hystérique par les mêmes.
Ce sont ces chiens de garde qui ne veulent surtout pas voir changer les choses, qui sont pour le statut quo et qui sont en fait les alliés objectifs, les idiots utiles de ces grands lobby qui eux veulent satisfaire leurs intérêts à court terme et qui sont en train de comment dire de de brouiller qui qui ont réussi en fait à à faire bifurquer l'information scientifique vers de la propagande. Alors, revenons à l'information scientifique et au journalistes scientifiques. Là, avec la crise du Covid, on voit émerger les antimasques, les antivaccins et ainsi de suite qui se servent de des mensonges de notre gouvernement et des mensonges relayés par les journalistes scientifiques pour fiouler, pour euh mettre de l'énergie à leur discours de vous voyez bien, ça sert à rien de porter des masques, vous on vous raconte n'importe quoi, c'est le nouvel ordre mondial, on veut on veut eutaniser tous les pauvres et je vous en passe et les meilleurs. le yaourt concentré de tout un tas de bêtises.
On fait quoi ? On s'attaque à madame Michu qui quand même se rend compte que ce qu'on lui a raconté à la télé, c'est parce qu'elle vit dans la vraie vie. Queun con lui dit le masque, tu comprends, faut pas le mettre.
Bon, maintenant, tu comprends, faut le mettre. Sinon, c'est 135 €. Est-ce que qui est responsable ?
Et madame Michu, c'est le compte journaliste qui n'y connaît strictement rien, qui a été formé à l'arrache, qui prend ses 2000 balles par mois avec sa niche fiscale et qui est très content de réciter sa petite sa petite, on va dire prière religieuse qu'on lui a demandé d'apprendre ou c'est le politique qui était en panique, qui a essayé de gérer comme il pouvait. C'est qui ? C'est tout ce biotop ?
C'est le journaliste qui est à la rue, le politique qui est à la rue ou madame Michu qui est à la rue ? Bah c'est j'allais dire c'est un système éducatif qui n'appassion madame c'est ni l'un ni l'autre et l'autre c'est sans doute un ensemble. D'abord c'est certainement pas la faute de madame Michu.
Euh le comportement de madame Michu il n'est que la conséquence d'un défaut d'explication. Il n'est que la conséquence de mensonge pour ce qui concerne par exemple les masques au début du du premier confinement. et il est il est et le comportement de madame Michu, il ne il ne se nourrit justement de de toutes ces imperfections et de toute cette comment dire, c'est pas de l'opacité parce que c'est pas exactement le mot parce que faire croire que tout est opaque, c'est c'est une manière de de contribuer au complotisme.
C'est un un défaut c'est un défaut tragique d'une carence démocratique qui fait qu'on ne s'attache pas à à l'explicitation de la complexité du monde dans la bienveillance. Non, la bienveillance ça veut rien dire. J'aime pas ce mot.
Le la bienveillance c'est que vous soyez bienveillant avec moi ou que je sois bienveillant avec vous. C'est ça. La bienveillance c'est pas ça.
Et puis moi, je pense que c'est pas la bienveillance qu'on doit mettre en avant. C'est l'entraide. Ce qui est autre chose qui a été très bien expliqué par Reclu et Cropotkin.
Euh et l'entraide, ça implique la solidarité. On ne pas être bienveillant. Je pas être bienveillant avec celui qui est plus petit que moi ou celui qui est moins visible que moi.
J'ai à être dans l'entraide et dans la solidarité avec ceux qui aujourd'hui sont les plus pénalisés par le système dans lequel dans lequel nous vivons. Et c'est justement ces gens qui sont pénalisés qui pensent que les autres, ceux qui les nantis, ceux qui sont de pardon ceux qui sont dedans ne font que ne font que réfléchir, que penser, qu'être obsédé par le fait qu'il faudrait que que madame Michu, elle reste à l'écart. Bon ben ça implique un renversement de la pyramide démocratique.
Oui, évidemment qui est qui va qui est d'une très grande verticalité et qui justement est aussi malade. Et ça de ce point de vue Macron il a beaucoup contribué qui est malade de de la suppression de ses corps intermédiaires. Regardez la faiblesse des syndicats. regarder aujourd'hui avec notamment tiens par exemple le la COVID qui touche beaucoup les associations que soient des associations sportives ou des associations d'éducation populaire qui sont autant d'outils de socialisation autant d'outils de la connaissance autant d'outils de qui permettent de faire des citoyens responsables et debout alors là aujourd'hui c'est l'ignorance qui prime.
L'ignorance et la peur de soi. Vous savez quand quand j'ai marié deux hommes à Beigle le 5 juin 2004, j'ai reçu 4000 lettres d'insultes. J'ai reçu bah j'ai pas fait que des trucs bien, mais celui-là oui, c'est la seule trace qui restera d'ailleurs de mon histoire politique.
Mais euh j'ai fait quand j'ai fait ça, c'était au nom de l'égalité des droits. J'ai pas pris cette initiative tout seul. C'est parce queavant il y a eu un gars qui s'appelle Sébastien Nouchet qui avait été brûlé grièvement qui est dans une chaise roulante aujourd'hui qui a suscité la naissance de du manifeste pour l'égalité des droits avec des gens comme Didier Hribibon ou Caroline Mécari et quelques autres et qui euh qui ont demandé que dans ce manifeste pour l'égalité des droits, il y avait le le mariage pour les personnes de même sexe.
Donc ils avaient demandé à des élus euh d'être associé de s'associer à ce manifeste. ce que j'ai fait et puis on a fait une conférence de presse, je vous raconte l'histoire brièvement, on a fait une conférence de presse à Paris avec Clémentine Autin qui était adjoint au maire, Christophe Girard, Jacques Boutau qui était maire du 2e arrondissement merveilleux et ils ont dit nous avons dit nous nous marirons, on a la délégation, on mariera des personnes de même sexe si elles nous le demandent. Et donc Bertrand de la Noé qui était le maire, c'est le maire qui donne les délégations a dit "Vous n'aurez pas la délégation de mariage." Mais moi, j'étais maire, donc j'étais j'étais le maître de mon destin, si je puis dire.
Et donc j'étais à Paris à l'assemblée et quand ma Marie m'a appelé en disant "Voilà, il y a deux gars qui vous ont entendu à la télé, il voulit se paxer mais comme il vous a entendu, ils veulent se marier, qu'est-ce qu'on fait ?" Ben, j'ai dit "On il est marié." Et effectivement, j'ai pas choisi un avocat et un journaliste du 4e arrondissement.
C'était deux deux hommes du bas de l'échelle sociale. L'un était magasinier et l'autre était au chômage. Euh voilà.
Et ça a été un épisode ça a duré plus de d'un mois et demi. Ça a été compliqué. 4000 lettres d'insulte.
J'ai même un médecin qui a signé 11 lettres et qui sur la 11e lettre a dessiné un four crématoire. Ouais. Oui, oui, oui, je recevais des lettres avec des traces d'étron et d'ailleurs un sociologue qui s'appelle Éric Fassin a fait travailler ses étudiants sur euh sur ces lettres qui ont été euh conservés évidemment.
Et quand on me disait "Mais alors c'est des gens haineux" et je répondais souvent et je réponds encore aujourd'hui que tous ces gens-là n'était pas animé par la haine mais par l'ignorance et la peur de soi. Et s'il y a un trait d'union entre le journalisme et la politique, c'est précisément de lutter contre la peur de soi et contre l'ignorance. Et c'est comme ça que vous faites des citoyens parandiens parce que si vous avez peur de vous-même, vous avez peur de l'autre. vous perdez l'estime de vous-même.
En perdant l'estime de soi, vous avez la haine de vous-même et donc forcément la haine de l'autre. Et donc je pense que ce qui animait ces gens-là, c'était cela. En plus euh le l'homosexualité, la question de l'homosexualité fait appel à à des choses extrêmement intimes qui révèlent d'ailleurs, c'est très étonnant, enfin non, c'est pas étonnant en fait, mais j'ai des copains très intelligents, très cultivés, qui ont beaucoup conduit à mon qui sont pas journalistes, non, qui sont universitaires [grognement] euh qui ont beaucoup contribué à mon cheminement intellectuel et qui n'ont pas réussi à franchir le mur.
Il y a quelque chose qui s'est qui s'est bloqué chez eux. Mais ce qui était très intéressant, c'est que à la demande de Jean-Michel Ribble, le patron du théâtre du Rond-point, euh on a procédé à des lectures avec Arian Ascaride, François Martouret, Serge Simon qui est devenu le vice-président de la Fédération française de rugby mais qui était le pilier de l'équipe de Bigle qui a été championne de France en 91 avec qui je suis copain et moi et on a lu ces lettres et quand à Ryan Nascarid par exemple lisait ses lettres, ça a dégoupillé toute la violence qu'il y avait dans les lettres. Les gens rientaient.
Donc voyez qui c'est il y a toujours un moyen de de d'extirper la violence dans la tête des hommes et dans la dans dans les sociétés. Il y a toujours un moyen de le faire. C'est difficile sans doute.
Ça prend plus de temps qu'on ne le pense mais il n'y a pas de fatalité à ce que la violence prime la paix sociale, prime la concorde. Inchallah. Une petite on vous corrige un petit peu.
C'est pas Stéphane Essel, c'est Stéphane Aurel. Stéphane Aurel pardon. Oui.
Les gardiens de la raison. Oui, c'est c'est ce que j'ai dit. C'est alors pardon, c'est pas Stéphane Essessel, évidemment, le pauvre paix à son âme.
Non. Euh et c'est et le troisème il s'appelle Laurence euh je vais retrouver son nom mais en effet c'est les gardiens de la raison. C'est Stéphane Aurel et Stéphane Fouard.
Pardonnez-moi. Ça fait longtemps qu'on parle. Oui.
On arrive à la fin de notre de notre interview. Euh euh est-ce que vous avez trois livres à conseiller à notre communauté ? Oui, oui, oui, j'ai j'ai quelques livres à leur conseiller.
Alors, je viens de terminer deux livres qu'il faut il faut lire les deux d'un auteur américain qui étudie l'histoire de l'Amérique à travers la question de la race. Il s'appelle Colson White Head et [grognement] il a obtenu d'ailleurs pour ses deux livres le prix Pulitzer. Le premier s'appelle Underground Railroad. l'underground Rail, c'était le nom que l'on donnait à ce à à cette comment dire à ce réseau de gens, d'hommes et de femmes qui aidaient des esclaves qui avaient fui les plantations à regagner le Canada s'appelait Underground Railwood et d'ailleurs un des pères de la désobéissance civile dans lequel tous les écologistes se reconnaissent.
Henri David Tureau n'a pas simplement écrit Walden ou la vie dans les bois. N'a pas simplement écrit ce petit livre la désobéissance civile quand il refusait de payer l'impôt qui finançait l'esclavage et la guerre contre le Mexique. Mais avec sa mère et avec sa sœur, il a aidé les les esclaves euh à Fuyard à regagner le Canada.
Il était donc dans cette Underground Railroad et Colson White a écrit un deuxième livre qui a obtenu le prix le prix Pulzer cette année qui s'appelle Nickel Boys qui est un livre sur un centre de de correction entre guillemets euh qui a existé et dans lequel les noirs disparaissaient. C'est en même temps une manière pour Colson White de regarder l'Amérique à travers cette question de la race qui est qui est essentielle. Et là, je suis en train d'écrire de pas d'écrire de lire un livre d'Éric Sadin.
Éric Sadin, c'est un philosophe critique qui a écrit plusieurs livres. Un qui s'appelle la silicolonisation du monde, un autre qui s'appelle l'intelligence artificielle ou l'enjeu du siècle. C'est une référence directe au livre de Jacquelul, écrit en 1954 qui s'intitulait la technique ou l'ange du siècle.
Et le troisème, j'arrive plus à me souvenir du titre, l'individu, ça finit par ça, l'individu tyront. l'individu du tyran et c'est l'individu du tyran et en dessous vous avez dans en en en écriture à la la fin du commun et donc le livre de Sadin est un livre est un livre très intéressant et puis j'ai lu l'air de l'individu tyran l'air de l'individu tyran je recommande vivement et le et puis j'ai lu j'ai lu un petit livre très sympa qui est un exercice de style très intéressant de Laurent Godet qui s'appelle Salina qui et que je que je vous recommande aussi. Est-ce que vous avez lu critiques très virulentes du livre Les gardiens de la raison ?
Non. Non, ben forcément il y a des il y aura forcément des critiques virulentes des gardiens de la raison mais je je alors là je vais vous dire je suis très partisan parce que je pense que le bouquin de de Stéphane Aurel et de Stéphane Fouard est un est tellement bien documenté et tellement bien argumenté que les critiques virulentes sont des critiques de gens qui sont les défenseurs de de ce que nous n'aimons pas. Une dernière question internet de Tommy.
Monsieur ma mère fait un constat de choses qui ne vont pas entre parenthèses A, exprime aussi un avis sur ce qu'il faudrait entre parenthèses B. Très bien. Mais comment passer du A ?
Comment être sûr que l'on ne brasse pas du vent si l'on ne pense pas de façon réaliste ce qu'il est nécessaire de faire passer de faire pour passer de A à B ? Oui, bien sûr. Mais je sais pas engagez-vous en politique, hein.
Comment ne me dites pas engagez-vous en politique. Non, j'ai pas dit ça. D'ailleurs, je pense que voyez si on parle des prochaines présidentielles par exemple, c'est illusoire d'imaginer que tous ces jeunes qui marche pour le climat, tous ces jeunes qui marchent pour la justice pour tous, je pense à au collectif Adama et d'ailleurs c'était très intéressant de voir devant le tribunal de Paris la jonction qui s'est faite entre la justice pour tous du collectif Adama et ces jeunes, beaucoup de jeunes des manifes pour le climat, de la justice pour le climat les ont rejoints et donc On est maintenant dans une exigence d'une partie notable de la société d'une justice pour tous.
Cela c'est pas c'est pas un effet de mode ça. Non, je pense pas. Non, je pense qu'il y a une réalité.
Quand vous interrogez des jeunes lycéens qui font les grèves du du Friday for Climate ou que vous interrogez de plus des gens plus âgé, cette génération des 20 ans, ils sont extrêmement conscients de l'ampleur des inégalités sociales, extrêmement conscients de cela et ils lient leur combat pour le climat la question des inégalités et ils ont absolument raison. Mais ces jeunes-là n'adhéreront jamais à un parti politique. Et donc c'est illusoire d'imaginer que des alliances entre parties pourraient suffire à à faire aimer pardon à faire émerger une candidature alternative à Macron.
Donc je je pense qu'en effet on peut très bien considérer comme ce follower que tout ce qu'on raconte et l'heure et demi qu'on vient de passer ensemble ce n'est que du vent. Peut-être que ce n'est que du vent mais c'est aussi une contribution. Et puis il y a pas, j'allais dire pas que des gens comme moi, on peut pas dire ça parce que j'ai je suis allé beaucoup sur le terrain mais il y a tous les jours des gens qui se battent et les sociétés ne sont aucune société n'a n'a été transformée par le haut, c'est par le bas.
Et donc c'est par la mobilisation. C'est ce que le le jeune philosophe Baptiste Morizo, voilà un livre à lire. Tiens sur la piste animale.
Très bon livre. et son dernier livre qui est encore plus intéressant qui s'appelle manière d'être vivant, manière au pluriel d'être vivant. Et Baptiste Morizo, il parle de l'archipélisation des luttes.
Voilà, ben il faut créer un archipel des luttes. Et des luttes, il y en a, il y en a beaucoup. Et toute la question de savoir, c'est en effet si la somme de ces luttes, ça fera société ou si au contraire ça restera finalement comme malheureusement une manière d'être les idiots utiles d'un capitalisme qui rebondit et qui est toujours capable de se de renaître.
Vous avez un conseil pour les jeunes générations autre que celui-ci ? pour les jeunes générations, c'est se battre, se battre et se battre encore parce que ils savent eux que comme le dit le GC, nous sommes rentrés dans nous sommes entrés dans la décennie critique. Ils sont pas moi ma génération en 68 quand on allait dans les dans les communautés comme on dit le retour à la terre, on avait pas ce sentiment d'urgence.
Ma génération votre époque c'était la très belle époque. Oui, il y avait pas le chômage, il y avait pas le sida, on n pas connu la guerre. Enfin, on a eu époque bénie.
En effet, nous sommes des privilégiés. Vous êtes bien gavé, hein. Comment vous êtes bien gavé, votre génération ?
Oui, c'est vrai. C'est vrai. On peut le On peut le dire.
Vous n'avez pas connu la guerre. C'est ce que je vous dis. On n'a pas connu la guerre.
On n'a pas connu le On n' pas connu le sida. On n' pas connu le euh on n' pas connu le le réchauffement, enfin l'urgence l'urgence climatique. On n pas connu le chômage.
Oui, on a été en on a connu une époque une époque bénie en effet. Mais les jeunes d'aujourd'hui sont parfaitement conscients de cette urgence et je pense qu'ils se ils ne verront pas ils ne resteront pas les bras ballant et donc c'est à eux que la l'avenir appartient et si moi je peux faire partie comme d'autres de ceux qui leur transmettent qui leur transmettent non pas un certain nombre de valeurs parce que je n'ai pas la prétention d'incarner plus de valeurs que les autres mais un certain nombre d'outil mais j'aurais pas servi à rien. Voilà.
C'est quoi le nom de votre dernière BD là ? Alors, le nom de ma dernière BD s'appelle les terrestres. C'est une référence directe euh au livre de Bruno Latour qui est, pourrait-on dire, le chef de field de ce qu'on appelle les écophilosophes et son livre s'appelle Où atterrir avec un point d'interrogation dans lequel il explique qu'il ne faudrait plus dire les terriens parce que les terriens ne savent pas habiter la terre mais les terrestres c'estàd comment habiter la terre autrement.
Et donc c'est une série de reportages dans des écolieux qui commencent à Notre-Dame des Landes que je considère comme matriciel. Euh et puis dans d'autres lieux, c'était cinq éclairages hein. J'ai fait mon métier de journaliste en en proposant cinq éclairages différents dans ces écolieux qui sont le contraire du survivalisme, qui sont vraiment branchés sur le tissu local et les luttes locales même avec une jeune dessinatrice libanaise de 30 ans qui s'appelle Raphaël Macaron, très talentueuse et qui a réussi à traiter un sujet dit sérieux que l'on croit dont on pense que la graphie sera austère avec des couleurs flashies, des couleurs de son époque de de sa génération et qui a su surtout très bien mettre en scène ses interrogations, ses peurs parce qu'en effet, elle appartient à cette génération qui lorsqu'on lui parle d'effondrement ou de chaos, c'est tellement vertigineux que ça les branle totalement hein.
Et moi je connais des jeunes qui ont fait des des petits moments de de dépression face à ça. Et donc petit à petit, au fur et à mesure des reportages, grâce au vieil écolo qui est à côté d'elle, elle elle prend conscience qu'on n'est pas en train d'assister à la fin du monde mais à la fin d'un monde et comment à partir de ce monde qui est finissant, comment on construit un autre ? Noël ma mère, merci.
C'est moi qui vous remercie. [musique]
Noël Mamère