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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 15 août 2017 57 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploiSolidarités & famille

Les 100 jours de Macron #cdanslair 14.08.2017

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 39 %Défensif 31 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:07OuverteRéponse partielle

    Pourquoi Marseille ?

  • 3:24ComplaisanteÉludée

    On connaissait le tropisme marseillais. Bon, hélas, il est supporter de l'OM.

  • 5:58RelanceRéponse directe

    Pourquoi l'Élysée ne confirme pas, Jean-Jérôme Bertrand ? C'est un peu ridicule, non ?

  • 7:46OuverteRéponse directe

    Vous êtes tous d'accord, donc, sur le fait que ce sont des vacances, pour l'instant, discrètes, mais éminemment politiques.

  • 8:06OuverteRéponse directe

    Vous pensez que les Français ont envie de voir le président en vacances ? De voir ses images ?

  • 8:43OuverteRéponse directe

    Ça fait partie de l'histoire de nos présidents. C'est même un marqueur, d'ailleurs, à la fois de leur présidentialité et de la société dans laquelle ils se meuvent.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:58PrésentateurFait
    « Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, affirme aujourd'hui que la transformation est en marche. »
  • 1:08PrésentateurChiffre
    « Les Français, eux, semblent avoir tranché. 36% seulement sont satisfaits de l'action du nouveau président, un chiffre en très forte baisse. »
  • 13:06InvitéFait
    « Depuis son arrivée, trois votes majeurs. La loi sur le renforcement du dispositif antiterroriste, celle sur la moralisation de la vie politique et la loi d'habilitation qui autorise la réforme du travail par ordonnance. »
  • 13:58InvitéFait
    « En juin, le président fait face à une vague de démissions, quatre ministres empêtrés dans des affaires et un général des armées forcé de se retirer suite au désaccord sur le budget de la défense. »
  • 14:11InvitéFait
    « Cafouillage aussi autour de plusieurs annonces budgétaires sur la taxe d'habitation, le gel du point d'indice des fonctionnaires ou encore sur la baisse des aides au logement. »
  • 15:02PrésentateurFait
    « Ça vient d'où cette tradition des 100 jours ? »
  • 15:11InvitéFait
    « On pourrait parler des 100 jours de Napoléon Bédaparte quand il revient de l'île d'Elbe et qu'il reconquiert le pouvoir. Mais plus directement, je pense que ça fait plutôt référence aux 100 jours de Franklin Roosevelt, qui est en 1933, pour lancer le New Deal. »
  • 17:08InvitéFait
    « Emmanuel Macron a justement dit que lui, il n'adoptait pas cette théorie des 100 jours, il l'a écrite, il l'a répétée, en disant que son mandat courait sur 5 ans, et qu'il entendait faire et changer la France. »
  • 20:00PrésentateurFait
    « C'est comme souvent le porte-parole du gouvernement qui a été chargé aujourd'hui de faire le service après-vente de l'exécutif. »
  • 20:04PrésentateurFait
    « Christophe Castaner affirme dans une tribune sur Facebook que ces 100 jours ont permis de jeter les bases d'une transformation profonde. »
  • 21:41PrésentateurChiffre
    « Marguerite, vous comprenez ce sondage qui a surpris un peu tout le monde. 36% de personnes satisfaites de l'action du président de la République. »
  • 27:43InvitéChiffre
    « 36% de personnes satisfaites de l'action du président de la République. Il faut quand même noter qu'en juin, il était à 64. »
  • 29:06PrésentateurFait
    « Il n'y a plus d'état de grâce, est-ce pour autant la disgrâce ? »
  • 31:30PrésentateurFait
    « Les 100 premiers jours d'Emmanuel Macron ont été 100 jours de calvaire pour les partis traditionnels. »
  • 34:55InvitéFait
    « La socialiste Elisabeth Guigou ne ressent pourtant pas d'amertume. Je trouve que c'est plutôt rafraîchissant tout ça. Et qu'en tout cas, il faut faire confiance à cette jeunesse. »
  • 46:57PrésentateurFait
    « En tant que chef des armées, je suis ici venu aujourd'hui leur rendre hommage et témoigner de ma confiance et de ma détermination. »
  • 47:45InvitéFait
    « « La France se doit d'être plus ambitieuse encore pour l'avenir. » »
  • 47:57InvitéFait
    « « Make our planet great again. Thank you. » »
  • 48:29InvitéFait
    « « Aujourd'hui son départ n'est plus un préalable. » »
  • 52:12PrésentateurFait
    « Moi, ces réformes que vous exigez de nous, on va les faire. »
  • 53:25PrésentateurFait
    « Le reste, c'est de la diplomatie. »
  • 55:36PrésentateurFait
    « Il y a clairement l'Europe et il va jusqu'à admettre que l'Europe percute la scène politique intérieure. »

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Invité11 %
  • Invité 24 %
  • Invité 34 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. C'est donc à Marseille que le président de la République fête, entre guillemets, ses 100 premiers jours au pouvoir. Comme l'a révélé le journal du dimanche, Emmanuel et Brigitte Macron sont en vacances dans la villa du préfet de région, au cœur d'un quartier huppé et résidentiel. L'Elysée ne confirme pas ce secret de Polichinelle et se contente de préciser que le chef de l'État est en France et mobilisable à tout moment. Voilà pour la partie carte postale, car ce pont du 15 août marque aussi et surtout une première étape dans le quinquennat. Les 100 jours sont un marqueur de l'action politique.

On peut en effet dresser un tout premier bilan de la présidence Macron. Les échecs, les succès, les espoirs, les déceptions n'ont pas manqué pendant ces trois mois. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, affirme aujourd'hui que la transformation est en marche. Les Français, eux, semblent avoir tranché. 36% seulement sont satisfaits de l'action du nouveau président, un chiffre en très forte baisse, alors que la rentrée se profile et que d'autres difficultés s'annoncent pour l'exécutif. Les 100 jours de Macron, on en parle ce soir avec nos invités. Yves Tréhard, vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro.

Jean Garrigue, vous êtes historien spécialiste de la vie politique. Rappelons votre dernier ouvrage, président au cœur du pouvoir, aux éditions du Faune. Mariana Grépinet, vous êtes journaliste politique pour l'abdomadaire Paris Match, pour lequel vous suivez l'actualité de l'Elysée. Jean-Jérôme Bertolus, vous êtes journaliste politique au quotidien L'Opinion. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. On aurait donc aperçu le président faire du jogging à Marseille sur la plage du Prado avec un t-shirt de l'OM.

Emmanuel et Brigitte Macron séjournent dans une villa discrète sur les hauteurs de la ville. Pourquoi Marseille ? Le roucas blanc. Il faut savoir d'abord qu'Emmanuel Macron est un fan, un grand supporter de l'Olympique de Marseille. Il préfère Marseille ou Paris Saint-Germain, puisque Paris Saint-Germain est très à la mode aujourd'hui. Ça c'est la première des choses. La deuxième des choses, c'est que Marseille, pour la République en marche, c'est peut-être une ville à prendre. Le maire, M. Godin, a dit qu'il ne se représenterait pas. La droite est assez désunie, on va dire, dans la cité phocéenne.

Et ça pourrait être une grande ville, après Lyon, qui pourrait tomber dans l'escarcelle de la République en marche, puisque Lyon est dirigée par Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur. La troisième chose, c'est que Marseille, c'est une ville populaire. Et c'est une façon de dire qu'il n'y a pas que Paris, ville autour de laquelle tourne l'actualité française. Il y a aussi Marseille. Marseille qui est une ville très populaire, très modeste d'ailleurs. Parce que lui, il habite dans une maison du Rocasse Blanc. C'est un quartier assez bourgeois de Marseille. Mais la ville de Marseille est une des villes les plus pauvres de France.

Je crois que c'est là où est distribué, en tous les cas, en France métropolitaine, le plus de RSA et de RMI. Donc il y aurait une explication à la fois personnelle et politique. Vous pensez, Jean Garry, que ça a fait l'objet de réflexions, ce lieu de villégiature ? On connaissait le tropisme marseillais. Bon, hélas, il est supporter de l'OM. Bon, personne n'est parfait, cher Bruce. Je ne vois pas de quoi vous parler. Je ne dirais rien. Mais bon, il est sûr qu'aujourd'hui, un président de la République ne peut plus prendre de vacances sans avoir mûrement réfléchi l'endroit, la durée et peut-être même le contenu de ses vacances.

Il est sûr qu'Emmanuel Macron voulait ne pas refaire les erreurs qui avaient été commises par Nicolas Sarkozy lors de ses vacances bling bling sur le yacht de Bolloré ou ensuite dans une luxueuse résidence près d'un lac dans le New Hampshire, si je me souviens. Aux Etats-Unis, absolument. Aux Etats-Unis, qu'il ne voulait pas non plus faire l'erreur de François Hollande qui avait été de prendre des vacances trop longues, donner l'impression qu'il s'était déconnecté des affaires du pouvoir, donc rester toujours mobilisable, pas loin de Paris. Je crois qu'il faut de toute manière qu'il participe chaque semaine au Conseil de défense, donc qu'il revienne à l'Elysée.

Donc pour toutes ces raisons-là... Ça va confirmer ça. Ça va confirmer ? Non, non, non.

4:37
Invité

Le prochain Conseil de défense, c'est le 30. Le 30 août.

4:39
Présentateur

Il n'y a pas de Conseil de défense. En principe, dans le passé, on disait qu'il fallait participer au Conseil de défense. Mais en tout cas, il y avait quand même la nécessité d'être assez proche de Paris, si possible de rester en France. Bon, tout ça, c'est des paramètres qui ont dû être pris en compte. On en parle, mais ces vacances ne sont pas mises en scène. Il n'y a pas d'image, pas de photo, à moins que Paris Match soit sur le coup et qu'il y ait des révélations dans votre prochain numéro. Il y a une volonté de discrétion ?

5:08
Invité

Alors, effectivement, je peux vous l'annoncer. Pour l'instant, nous n'avons pas de photo d'Emmanuel Macron en vacances. Et on le regrette, puisque c'est vrai que nous, on aime voir les présidents pendant leurs vacances, surtout pendant leurs premières vacances, qui sont quand même des moments stratégiques et importants en termes de communication. Et peut-être ce qu'on peut retenir, c'est qu'Emmanuel Macron, qui a voulu faire de sa parole quelque chose de très rare, mais qui s'est beaucoup montré, qui a donné des images, des cartes postales de lui, essaye aussi, peut-être maintenant, de raréfier ces images.

Et c'est vrai que les images, elles ont un inconvénient par rapport à la parole, c'est qu'on peut leur faire dire ce qu'on veut. Les images, on les commente abondamment, tandis que la parole, effectivement, elle est ce qu'elle est. Et donc, de fait, on sent bien qu'il a envie de moins se montrer. Et que là, ces cartes postales, ce sera peut-être des passants qui vont le prendre en photo en train de courir. Mais en tout cas, pour l'instant, il n'y a pas de volonté de communiquer et de faire des choses avec la presse, en tout cas.

5:58
Présentateur

Pourquoi l'Élysée ne confirme pas, Jean-Jérôme Bertrand ? C'est un peu ridicule, non ? Oui, surtout, par exemple, sur Twitter, il y avait beaucoup de marcheurs qui disaient mais laissait le président prendre ses vacances, comme si les journalistes, vraiment, étaient comme ça, des bêtes trop curieuses. Clairement, ce sont des vacances très politiques. Je ne sais pas s'il va y avoir des images. Il semble déjà qu'il y ait des images de son arrivée dans la villa, effectivement, du préfet de région. Donc, globalement, ces images confirment qu'il est bien là-bas. Clairement, c'est des vacances ultra politiques. Oui, Marseille, c'est vraiment une ville où le cœur bat très fort en France.

Oui, il y a les municipales de 2020 et clairement, au sein de l'exécutif, on y songe déjà. Et clairement, il y a, pour le président de la République, l'idée de ne pas refaire, certes, Nicolas Sarkozy et les vacances bling bling, mais aussi, et non seulement sur la durée, les vacances de François Hollande, mais souvenez-vous l'image délétère de François Hollande sur la plage, en train de lire un journal. Il faut savoir que les vacances du président de la République, de François Hollande, c'était le seul sujet sur lequel François Hollande... C'était devenu un sujet tabou.

C'est-à-dire que, plusieurs mois après, quand on demandait, par exemple, où allaient-ils passer ces vacances en 2013, on sentait immédiatement le président se rédire, le président plus qu'agacé, parce qu'il avait senti que, eh bien, cette image, notamment, au-delà de la longueur, effectivement, de ces vacances, avait d'ores et déjà cranté son quinquennat, ce que ne veut pas faire, évidemment, Emmanuel Macron. Vous êtes tous d'accord, donc, sur le fait que ce sont des vacances, pour l'instant, discrètes, en effet, mais éminemment politiques. Alors, il y a les municipales... Discrètes, il parle, quand même, hein. Il s'est exprimé, déjà, à trois ou quatre prises, depuis qu'il est à Marseille.

Par communiquer. Par communiquer, mais sur des sujets, quand même, qui sont importants, notamment internationaux. Et on peut imaginer, effectivement, qu'il travaille beaucoup, aussi, puisqu'il sait que la rentrée sera une rentrée compliquée. Vous pensez que les Français ont envie de voir le président en vacances ? De voir ses images ?

8:12
Invité

En tout cas, on les attend depuis, quand même, très longtemps, depuis des années. On voit le président en vacances. C'est pas quelque chose de nouveau. Il ne faut pas croire que la pipolisation de la vie politique conserve les vacances du président. Non, ni même sur les questions des vacances des présidents. Les vacances des présidents, on les a toujours vues en vacances, les présidents. Souvenez-vous de Jacques Chirac à Brégançon ou ailleurs, de Nicolas Sarkozy, mais même avant, même Valéry Giscard d'Estaing s'était montré pendant ses vacances. Donc, je ne sais pas s'il y a véritablement une attente de la part des Français. En tout cas, une curiosité, sûrement, de ce côté-là.

8:43
Présentateur

Jean Garry. Ça fait partie de l'histoire de nos présidents. C'est même un marqueur, d'ailleurs, à la fois de leur présidentialité et de la société dans laquelle ils se meuvent. On parle de Giscard d'Estaing. Giscard d'Estaing avait totalement cassé les codes en se présentant pendant ses premières vacances à Saint-Jean-Cap-Ferrat en maillot de bain. Et en montrant le corps d'un homme jeune, svelte, aimé, apprécié des dames. Enfin, c'était quelque chose qui tranchait avec les vacances de ses prédécesseurs. Bon, le général de Gaulle, lui, ne se montrait pas. Il était à Colombais, les deux églises. Mais Georges Pompidou avait commencé à... Pompidou...

Il s'était fait rappeler à l'ordre par Charles de Gaulle. Mais oui, c'est intéressant parce que Pompidou avait l'habitude, en tant que Premier ministre, de vacances relativement jet-set à Saint-Tropez avec des artistes, des acteurs, etc. Et quand il devient président de la République, il comprend que les codes, à l'époque, sont très différents. Et il va passer des vacances en Bretagne, dans la propriété des Bétancours, d'ailleurs. Des vacances assez pépères, en Boukina, en Feu... Ce qui, aujourd'hui, ferait la polémique, justement, en allant chez l'une des plus grandes formules de vente.

Moi, justement, je pense que, effectivement, si vous avez les photos, ça fera des très, très bonnes ventes. Clairement, les Français sont curieux. Mais en même temps, ce sera des photos délétères pour le président. Aujourd'hui, les Français... On parle du passé. On parle de septennat. Aujourd'hui, les Français ont voté pour la rupture. Tant bien que mal. On va y revenir. Et ils veulent que, eh bien, cette majorité qu'ils ont élue soit au boulot. Et en particulier, le premier d'entrée de cette majorité, Emmanuel Macron.

Je rappelle juste que, l'an dernier, Paris Match avait fait sa une, avec Emmanuel Macron, pas encore président, et Brigitte Macron, en maillot de bain, à Biarritz, je crois, croisant un nudiste. Ça avait fait beaucoup parler tout l'été.

10:31
Invité

À ce moment-là, souvenez-vous, on était quand même au début de la campagne présidentielle. Et Emmanuel Macron, on l'oublie un peu, mais n'était pas si connu que ça. Donc, il avait besoin de nous pour se faire encore connaître davantage.

10:39
Présentateur

– 100 jours, donc, pour Emmanuel Macron. Et un premier bilan pour un président qui impose sa marque de fabrique, tout contrôlé, même quand les difficultés se présentent. Et il y en a eu pendant ces trois premiers mois. Retour tout de suite sur le début de ce quinquennat, au moment où le chef de l'État s'accorde un break à Marseille. Laure Herpeux et Stéphane Lopez.

10:58
Invité

– Niché à l'abri des regards, au bout de cette impasse, la maison prêtée par le préfet de la région, au couple Macron, pour leur trêve estivale. – Marseille, aussi un choix politique, ville populaire, loin des fastes des résidences officielles de la République. Premier moment de répit pour le président, 100 jours après son élection en mai dernier.

11:26
Présentateur

– Merci à vous d'être là ce soir, vous l'avez emporté, la France !

11:37
Invité

À 39 ans, le plus jeune président de la Ve République rêve d'insuffler un vent de renouveau sur la France, perceptible, même pour ceux qui le critiquent.

11:48
Présentateur

– Il y a eu une vague d'optimisme important pour le pays, et j'espère que ça va contribuer à enclencher un optimisme dans la vie économique française, et j'espère que les résultats seront là.

11:59
Invité

– À l'inverse de son prédécesseur, Emmanuel Macron fuit la normalité, et multiplie les démonstrations de force comme ici, à Versailles, au début du mois de juillet. Mise en scène d'un pouvoir et d'un président omniprésent.

12:15
Présentateur

– Je me souviens d'une déclaration où il disait que depuis que les Français avaient coupé la tête au roi, vous voyez, ça remonte loin dans son esprit, il y avait un vide, il fallait occuper un peu la place du monarque. Il le fait à plein, il utilise les institutions de la Vème République pour concentrer le pouvoir sur le président.

12:30
Invité

– Un chef d'État qui contrôle tout a commencé par une communication parfaitement orchestrée. Pilote de chasse, commandant de sous-marins, boxeur, tennisman, un jeune président prêt à enfiler tous les costumes.

12:47
Présentateur

– Je pense qu'il est plus dans la communication que dans l'action. Je n'ai toujours pas vu de mesures concrètes allant dans le sens de l'emploi, allant dans le sens de la solidarité ou même de plus de sécurité précisément.

13:02
Invité

– Emmanuel Macron cherche pourtant à agir vite. Depuis son arrivée, trois votes majeurs. La loi sur le renforcement du dispositif antiterroriste, celle sur la moralisation de la vie politique et la loi d'habilitation qui autorise la réforme du travail par ordonnance. – Objectivement, cette Assemblée, ce Parlement, à travers ses 100 jours, a bien travaillé. Le gouvernement a engagé un certain nombre de réformes en profondeur. – Séance de nuit, vacances écourtées, un rythme qui laisse l'opposition amère.

– Lors des trois premières semaines, nous n'avions pas de bureau, nous étions obligés de découvrir les textes et d'y apporter des amendements dans les cages d'escalier, avec l'ordinateur portable sur les genoux. Je pense que c'est une façon de traiter le pouvoir législatif qui n'est pas satisfaisant. – Amateurisme à l'Assemblée et premier raté du gouvernement. En juin, le président fait face à une vague de démissions, quatre ministres empêtrés dans des affaires et un général des armées forcé de se retirer suite au désaccord sur le budget de la défense.

Cafouillage aussi autour de plusieurs annonces budgétaires sur la taxe d'habitation, le gel du point d'indice des fonctionnaires ou encore sur la baisse des aides au logement. – Je pense qu'elles ont été annoncées une après l'autre et on avait donné l'impression qu'elles étaient faites au cas par cas. En réalité, il y a une cohérence nécessaire pour trouver 4 à 5 milliards de baisse de charges. Et donc c'est cette pédagogie, en tout cas, de ce qui a amené aux différentes annonces qui auraient pu être améliorées.

Un travail de pédagogie d'autant plus important que la reprise de la croissance de l'économie française pourrait, selon certains observateurs, rendre inaudibles, moins faciles à accepter les futures restrictions budgétaires.

14:57
Présentateur

– Alors le bilan, c'est 100 jours. D'abord, juste un mot, Jean Garrix, ça vient d'où cette tradition des 100 jours ? – On pourrait parler des 100 jours de Napoléon Bédaparte quand il revient de l'île d'Elbe et qu'il reconquiert le pouvoir. Mais plus directement, je pense que ça fait plutôt référence aux 100 jours de Franklin Roosevelt, qui est en 1933, pour lancer le New Deal, conduit à marche forcée tout un ensemble de réformes, ce qu'il appelait le Code Packing Plan, tout un ensemble de réformes dans lesquelles il force véritablement le Congrès à voter, voter, voter pendant 3 mois, tout ce qui seront les bases, finalement, du New Deal.

Et finalement, cette référence au New Deal et à Franklin Roosevelt, elle me semblait relativement inopérante pour les prédécesseurs d'Emmanuel Macron, parce qu'il ne s'est pas en réalité passé grand-chose pendant les premiers 100 jours de ses prédécesseurs. Je pense qu'il faudrait remonter à Valéry Giscard d'Estaing pour voir des 100 jours qui sont denses et qui produisent de la loi. Mais avec Macron, c'est vrai qu'on peut considérer qu'en induisant cette session exceptionnelle du Parlement, cette session extraordinaire du Parlement, et en voulant aller très vite pour mettre en place au moins la loi de confiance, il y a quelque chose qui relève des 100 jours.

Mais sinon, le terme lui-même me paraît un peu décalé par rapport à la réalité politique française. Néanmoins, est-ce qu'on peut dire que ce premier repère est désormais pris en compte par les politiques ? Ils savent qu'ils auront des comptes à rendre au bout de trois mois ? Oui. Alors, ils le savent. Et justement, Emmanuel Macron, pendant la campagne électorale, avait détricoté la théorie des 100 jours. Cette théorie des 100 jours, elle était chère notamment à Nicolas Sarkozy.

Quand Nicolas Sarkozy, qui est impétueux, qu'il l'est encore, quand il est arrivé au pouvoir, et il avait commencé des textes importants, la loi TEPA, des choses comme ça, des doigts économiques, avait été introduite dès son arrivée à l'Élysée. Donc, il y avait cette théorie-là, cette théorie que Nicolas Sarkozy, d'ailleurs, a reproduite après, à chaque fois qu'il s'est représenté à l'élection présidentielle, ou au moins en primaire.

Emmanuel Macron a justement dit que lui, il n'adoptait pas cette théorie des 100 jours, il l'a écrite, il l'a répétée, en disant que son mandat courait sur 5 ans, et qu'il entendait faire et changer la France, puisque son mot n'est même pas réformer la France, c'est changer la France, changer la France en 5 ans. Donc, évidemment qu'on a une impression, parce que s'il est jugé aujourd'hui, c'est qu'on a aussi l'impression qu'il y en a, ça va dans tous les sens, on discute de beaucoup de choses qui ne sont même pas encore en discussion à l'Assemblée nationale. Mais, il y a aussi la volonté d'Emmanuel Macron de réformer dans tous les domaines. Et tous les domaines, tout est sur la table.

Donc, c'est pour ça qu'on a l'impression qu'il y a beaucoup de choses qui se passent. Mais, effectivement, il n'y a eu que 3 lois de voter, et dont l'une, d'ailleurs, le contenu reste encore à définir. Donc, Macron ne veut pas se tenir à 100 jours. Mais, c'est très dangereux de faire ça. Pourquoi ? Parce que le temps politique a changé en France.

Le temps politique s'est accéléré, d'une part parce qu'on est passé du septennat au quinquennat, et deuxièmement, parce qu'on le voit bien, les moyens de communication, les moyens d'information, aujourd'hui, c'est de l'information en continu, permanente, jour et nuit, et que, eh bien, vous vous retrouvez, quand vous êtes président de la République, non pas dans la situation d'un Charles de Gaulle, en 58, quand il revient, où il a le temps, et pourtant il va vite, où il a le temps de réformer la France parce qu'il n'y a qu'une chaîne de télévision, parce que les journalistes sont plus révérencieux que nous ne le sommes aujourd'hui, alors qu'aujourd'hui, eh bien, un président de la République, quel qu'il soit, il est sous le feu des critiques permanentes.

Marie-Anne Gripiney.

18:49
Invité

Il y a peut-être aussi l'idée, voilà, de l'urgence politique, et que tout ce qui ne sera pas impulsé pendant ces 100 jours ne sera pas fait. Et donc, effectivement, Emmanuel Macron peut bien ne pas vouloir utiliser l'expression des 100 jours, ça ne nous empêche pas, nous, de l'utiliser et de la commenter. Et puis aussi, on peut peut-être voir qu'en général, ce qui se passe pendant les 100 jours, les 100 premiers jours d'un quinquennat, préfigure le quinquennat. Et donc, ce sont des marqueurs. Alors, peut-être que c'est de la communication, mais malgré tout, ça compte.

Et il le sait très bien, c'est aussi pour ça qu'il a tenu dès les premiers jours, enfin, dès les premiers jours, pour le coup, on peut le dire, dès la cérémonie d'investiture, par exemple, à restaurer l'autorité présidentielle qui aurait été défaite sous François Hollande. Donc, peut-être qu'il n'aime pas cette expression, mais on peut l'utiliser. Et par ailleurs, alors, eux, essayent de dire que les 100 jours, ça ne compte pas. On m'a dit, un élu de La République En Marche m'a dit, les 100 jours, c'est l'apéritif. Nous, ce qu'on veut, c'est de juger à mi-mandat, à la fin du mandat et surtout dans 10 ans.

Donc, vous voyez bien que son horizon, ce n'est même pas le quinquennat, c'est la décennie, puisqu'il envisage dès maintenant son deuxième quinquennat.

19:53
Présentateur

C'est comme souvent le porte-parole du gouvernement qui a été chargé aujourd'hui de faire le service après-vente de l'exécutif. Christophe Castaner affirme dans une tribune sur Facebook que ces 100 jours ont permis de jeter les bases d'une transformation profonde. Question SMS, en quoi la transformation de la France annonce-t-elle aussi profonde que la firme Christophe Castaner ? Qu'est-ce qui a fondamentalement changé ? Jean-Jérôme, c'est-à-dire ? C'est vraiment la question essentielle. Effectivement, Emmanuel Macron n'a jamais revendiqué les 100 jours, il a plutôt revendiqué les 24 mois.

Il a dit, il faut que je fasse des réformes au cours des deux premières années du quinquennat, parce qu'après, finalement, on ne peut plus réformer. On est déjà dans les élections intermédiaires, dans les élections finales. Mais il n'empêche que ces 100 jours, sans que je pense que ça cristallise tout le quinquennat, contrairement à François Hollande et ses vacances, ou contrairement, effectivement, au raté des premiers mois de Nicolas Sarkozy. Moi, je ne pense pas du tout que les 100 jours, là, pour Emmanuel Macron, vont cristalliser le quinquennat, parce que je pense quand même qu'on est rentré dans une nouvelle ère politique.

C'est pour ça aussi que je prends les sondages avec beaucoup de prudence, parce que je pense que l'opinion est beaucoup plus versatile. Mais pour vous répondre directement, Bostoussin, ce qui est clair, c'est que, contrairement à ce que dit Christophe Castaner, l'omniprésent porte-parole du gouvernement de ces 100 jours, eh bien non, le gros problème, c'est qu'il n'y a pas eu de cap pendant ces 100 jours. Il y a eu des annonces plus ou moins maîtrisées, certaines pas maîtrisées du tout, même certaines restant un mystère, comme la baisse des APL.

Il y a des à-coups, il y a la menace, parce que c'est vrai que ça peut faire peur aux Français du prochain budget, même si dans le sondage qui est très intéressant, c'est que les Français plébiscitent les économies dans les ministères, le sondage du Figaro, mais en même temps, ils déplorent, par exemple, la démission du chef d'état-major des armées, qui est quand même directement liée à ces économies au sein de la défense. Donc on voit bien qu'il y a, comment dire, trois mois pas vraiment maîtrisés, avec un... Il y a quand même trois projets de loi votés. Oui, alors...

Non, non, il y a eu une loi d'habilitation des ordonnances, mais on ne sait pas très bien ce qu'il y a dans les ordonnances, on ne sait pas très bien ce qu'il y a en matière de réforme du marché du travail. La moralisation... Il y a eu la moralisation qui est de la vie même des parlementaires d'En Marche, une loi, mais il y en aura d'autres. Et puis surtout, le gros problème, le gros problème de cette loi, c'est qu'elle n'a pas été portée politiquement. François Bayrou devait l'incarner, exite François Bayrou, et on ne peut pas dire que Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, l'ait portée incarnée. Est-ce qu'il fait mieux ou pire que ses deux prédécesseurs ?

Essayons de nous mettre dans le... Alors, il me semble incontestable de dire qu'il fait mieux que son prédécesseur François Hollande en termes de présidentialité. Je veux dire qu'on a quand même eu l'impression pendant le premier mois de la présidence d'Emmanuel Macron qu'il avait reconquis un peu du terrain perdu sur ce point par François Hollande, en redevenant un président un peu plus d'autorité, de distance. Parfois, ça lui a joué des tours parce que ça lui a tiré un peu la... Je dirais un peu la véhémence des journalistes qui considéraient qu'il y avait trop de murailles entre le pouvoir exécutif et eux-mêmes.

Mais donc, de ce côté-là, on a eu l'impression que dans toute cette séquence qui commence le jour de l'élection au Louvre, etc., il reconquère une sorte d'autorité présidentielle. Il le prouve aussi en recevant Poutine, Donald Trump, il se montre comme un chef d'État à la hauteur. Alors lui, il parle de mitterrandogaullisme, c'est peut-être un peu exagéré, mais on pourra en reparler. Mais en tout cas, il y avait de ce côté-là quelque chose qui marquait une nouveauté.

Maintenant, c'est assez normal aussi que si l'on regarde un peu ce qu'est le projet de transformation, je dirais, du rapport des Français à leur système social et à la nouvelle économie qui est en train de se mettre en place, c'est assez normal qu'on ne tire pas un bilan au bout de deux mois. Enfin, je veux dire que c'est assez logique que l'objectif soit sur cinq ans. et j'entends qu'il n'y a pas de cap. Mais s'il y a un cap, le cap, il a été fixé par le projet présidentiel.

Le cap, s'il n'y a pas d'incarnation de la loi de confiance, c'est parce que François Bayrou a connu les vicissitudes qu'on connaît, mais en même temps, ce projet de moralisation, il existait avant que François Bayrou se soit rallié à Emmanuel Macron. Ce que je veux dire, c'est que ce mot de transformation, il n'est pas anodin. Est-ce que le pays est transformé ? Il utilise le porte-parole du gouvernement aujourd'hui. Donc, il l'assume. Est-ce qu'il a raison de parler de transformation ? Il y a la forme et le fond. Qu'est-ce qui s'est passé pendant les trois derniers mois ? Il s'est passé, ce que j'appelle moi, un ravalement de façade. C'est-à-dire qu'on a changé les cadres de la politique.

Les partis, les vieux partis, les républicains, le mot est nouveau mais le contenu est ancien. Les républicains, le parti socialiste, tous ces partis, quand même, aujourd'hui, ces deux grands partis qui structuraient la vie politique française sont dans un état, je dirais, quasi sous respiration artificielle. Il y a un nouveau parti qui a émergé. On n'avait jamais vu ça dans la politique française. Même Valéry Giscard d'Estaing n'avait pas réussi à le faire avec plus de 300 députés qui viennent pour la plupart d'entre eux de nulle part, que personne ne connaît. Pareil pour le gouvernement. Un gouvernement et de droite et de gauche dont on ne connaît pas très bien toutes les figures.

Donc là, il y a quand même un changement, si vous voulez, de contexte qu'il a réussi. C'est les Français qui lui ont donné le mandat pour le faire mais il a quand même réussi ça, ce qui est exceptionnel dans l'histoire de la Ve République parce qu'encore une fois, même Charles de Gaulle en 1962 aux législatives n'arrive pas à faire ce qu'a fait Emmanuel Macron aux législatives là. Ça, c'est la première des choses. La deuxième des choses, après, il y a eu des annonces de fêtes. Ce que se disent les Français, c'est un, est-ce qu'il va s'y tenir à ces annonces de réformes et ces réformes elles sont assez colossales.

La réforme de l'assurance chômage, la réforme des retraites, la réforme du code du travail, passer l'état d'urgence dans le droit commun, c'est quand même des textes qui sont très lourds. Et là où je rejoins tout à fait ce qu'a dit Jean-Jérôme Bertolus tout à l'heure, c'est que je suis désolé, le cap n'est pas, Jean, le cap n'est pas très clair. Je prends un exemple. Les jeunes. Les jeunes, on leur promet un pass jeune de 500 euros pour consommer de la culture. Et par ailleurs, eh bien la première mesure, une des premières mesures qui est prise, c'est de réduire de 5 euros, ce qui n'est pas énorme, mais pour un jeune c'est quand même beaucoup, de 5 euros l'aide par mois au logement.

Il y a quelque chose de contradictoire là. Je suis désolé, quand vous êtes étudiant, vous avez 18, 20 ans, ça, ça vous paraît quand même assez contradictoire. Et puis on sent qu'il est prisonnier de deux slogans qui vont marquer son quinquennat. Le premier, c'est en même temps. Le deuxième, c'est et de droite et de gauche. Est-ce que vous pouvez conduire une politique lisible, compréhensible par vos compatriotes quand vous dites et de droite et de gauche, et en même temps ? C'est-à-dire vouloir finalement mécontenter personne. A force de mécontenter personne, vous prenez le risque de vous exposer à mécontenter tout le monde.

Marguerite, vous comprenez ce sondage qui a surpris un peu tout le monde. 36% de personnes satisfaites de l'action du président de la République. Il faut quand même noter qu'en juin, il était à 64. Et il faut noter aussi que François Hollande faisait 10 points de plus. il y a 5 ans et on sait qu'il a fini en satisfaction.

28:02
Invité

Alors ce que disent les spécialistes du sondage et de l'opinion, je me suis fait expliquer ça, c'est que le mouvement a commencé à bouger légèrement à partir du moment du discours de politique générale du Premier ministre et du Congrès où Emmanuel Macron avait réuni l'ensemble des parlementaires. Et ce qu'il y a aussi, c'est que ça tombe en même temps que la précision ou en tout cas l'apparition de premiers sujets clivants. Donc on a vu les questions sur les migrants, le code du travail, les sujets budgétaires qui sont quand même excessivement sensibles et puis on verra bien qu'au moment de la préparation du prochain budget, ça va encore se cristalliser et ça va compliquer les choses.

Et peut-être aussi qu'un certain nombre de gens ont cru en Emmanuel Macron. Lui, on laissait une chance, on a eu une espèce de bienveillance, d'attentisme bienveillant en ne sachant pas très bien ce qu'allait faire Emmanuel Macron. Alors évidemment, Emmanuel Macron dit j'ai tout dit pendant ma campagne, je ne fais que ce que j'ai dit mais tout le monde lit un peu les promesses des candidats en fonction de ce qu'on a envie d'y voir. Et peut-être qu'aujourd'hui, maintenant que les choses se précisent, une partie des gens sont un peu plus sceptiques. Il n'y a plus d'état de grâce,

29:07
Présentateur

est-ce pour autant la disgrâce ?

29:09
Invité

Je ne pense pas qu'on puisse dire ça dès aujourd'hui. Peut-être qu'on va le voir, on va voir, les enquêtes de septembre seront intéressantes à ce titre-là parce qu'on verra si les choses ont évolué pendant l'été et si la situation s'aggrave ou pas pour Emmanuel Macron.

29:22
Présentateur

J'ai des choses à dire sur les Français aussi parce que bon, les Français, on est quand même très particuliers. Vous voulez qu'on fasse un sondage sur les Français ? Non, mais Philippe Diribarne qui était un grand sociologue actuel qui parlait de l'étrangeté de la France. C'est vrai qu'il y a un côté schizophrénique si vous voulez, chez les Français. C'est-à-dire qu'ils veulent à la fois une chose et son contraire. Ils veulent... C'est compliqué et réformer la France et ça, quel que soit le responsable politique, tout le monde l'a dit, tout le monde le sait. C'est pas simple.

Ne serait-ce que sur ce premier été, justement, on avait reproché à François Hollande de ne pas travailler, de ne pas suffisamment travailler. Il était quand même à 46% de satisfaction. C'est retombé assez vite. Et là, on reproche à Emmanuel Macron au fond d'en faire trop, de lancer trop de réformes et de le faire peut-être avec peut-être une absence de cap, mais ça, on peut en discuter. Mais moi, je pense qu'il faut quand même regarder ces sondages avec beaucoup de circonscription, circonspection, enfin bref, voilà, on est d'accord, de prudence, avec beaucoup de prudence et circonspection. Voilà. J'ai raison de ça le dire. On est le 14 août, on a le droit de buter sur un mot quand même.

Et ce... J'ai quand même l'impression, pardonnez-moi, mais qu'il y a eu un effet d'engouement de Macron-mania pendant le premier mois qui est en partie fabriqué par les médias, en partie simplement, et aussi très utilisé par Emmanuel Macron, qui a, au fond, gonflé, contribué à gonfler la bulle qu'avait créé le second tour de l'élection présidentielle, mais qui ne correspondait pas du tout, finalement, au noyau dur de ceux qui adhèrent au macronisme. Le noyau dur des macronismes, c'est 24% au premier tour de l'élection présidentielle.

Donc, il est assez normal que lorsque cette bulle de Macron-mania se explose et que le Macron-bashing apparaît, parce qu'il y a eu quand même beaucoup de Macron-bashing, il faut le reconnaître, après, on peut discuter sur les raisons ou pas de ce Macron-bashing, eh bien, on redescende à des taux de satisfaction qui soient beaucoup plus petits. Les 100 premiers jours d'Emmanuel Macron ont été 100 jours de calvaire pour les partis traditionnels. À gauche, le PS est affaibli comme jamais, la droite est profondément divisée. Nous sommes allés à la rencontre de ces femmes et hommes politiques qui représentent aujourd'hui ce que certains appellent de façon péjorative le vieux monde.

Ils nous racontent cette vague qui a balayé leur carrière et le paysage politique. Myriam Zéard, Pierre de Horne, Arnaud Forat et Clément Voyer. Il y a un an, personne n'aurait imaginé un tel renouvellement politique. Nous le devons à la volonté du président de la République de donner un nouveau souffle à notre démocratie.

32:09
Invité

Un nouveau souffle, un nouveau monde souhaité par Emmanuel Macron dont l'élection inattendue va balayer les partis traditionnels dès les premiers jours de son mandat.

32:24
Présentateur

Malgré tous mes efforts, malgré ma détermination, je n'ai pas réussi à vous convaincre.

32:30
Invité

Première victime, les Républicains, éliminés dès le premier tour de la présidentielle. La nomination d'un premier ministre issu de leur rang porte un nouveau coup à l'unité de la famille politique. Une droite morcelée encore un peu plus quand des députés Macron compatibles font d'un nouveau groupe, les constructifs. Au Sénat, Roger Carucci, spectateur privilégié de la campagne, avoue ne pas avoir vu venir l'effet Macron.

33:00
Présentateur

Je crois que, comme beaucoup de Français, je me suis dit, d'abord, ça va se couer, un président de 39 ans qui, il y a un an, était une espèce d'ovni de la politique où tout le monde disait « Ouais, ouais, vas-y mon pote, c'est ça, compte Bois de l'eau fraîche si tu crois que tu vas gagner la présidentielle ». Même en rêve, c'est non. Tous les analystes, les sondeurs, les experts, ô combien éminents, nous expliquaient que c'était une bulle, que bien entendu, au bout du bout, les électeurs reviendraient à des choix plus classiques, plus traditionnels, qu'au moment où l'électorat allait un peu se décider, les choses changeraient.

Et dans la pratique, il a créé une dynamique qui ne s'est plus arrêtée.

33:45
Invité

Une dynamique qui installe à l'Assemblée une majorité de nouveaux députés, pas toujours rompus à l'exercice législatif. Pour les plus anciens, la cohabitation n'est pas toujours facile. « J'ai déjà utilisé ce règlement sur le... » « Par moment, c'est presque exotique ici. Qu'est-ce que c'est que ces manières de s'habiller n'importe comment ? Nous sommes quand même dans un émissible qui représente la nation. Je sais bien qu'on peut faire n'importe quoi. On a l'impression que le monde bobo est arrivé à l'Assemblée nationale. » Une assemblée renouvelée que l'on observe aussi du Sénat d'un œil perplexe.

34:24
Présentateur

« L'élection personnelle d'Emmanuel Macron a modifié la donne. Et les conséquences législatives avec le succès d'En Marche a donné à contrario le sentiment que l'inexpérience, l'amateurisme apparaissent quand même de plus en plus nettement. »

34:49
Invité

Des députés novices, un brin amateur, amateur, battu dans sa circonscription de Seine-Saint-Denis, la socialiste Elisabeth Guigou ne ressent pourtant pas d'amertume. « Je trouve que c'est plutôt rafraîchissant tout ça. Et qu'en tout cas, il faut faire confiance à cette jeunesse. Je ne ressens aucune espèce de regret. Il ne faut pas être aigri en plus. Écoutez, à 70 ans, on fait la place. » Passé le relais, alors que son parti peine à se faire entendre. Avec seulement 31 députés socialistes dans l'hémicycle et un ex-premier ministre, Manuel Valls, désormais noyé dans la majorité Macron. Difficile de parler d'avenir, rue de Solferino.

Même le siège historique pourrait être vendu pour enflouer les caisses. Une déshérence que l'ex-ministre de la Justice, partisane de la social-démocratie, explique par la stratégie de Benoît Hamon pendant les présidentielles. « Passer cinq semaines à courir derrière Mélenchon, c'est une erreur majeure. Le parti socialiste

36:04
Présentateur

ne peut pas être un grand parti s'il passe son temps à courir derrière l'extrême-gauche,

36:11
Invité

qui ne vise d'ailleurs qu'à le détruire. » Une gauche incarnée aujourd'hui par Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis, qui depuis l'élection d'Emmanuel Macron ne cesse de se faire entendre au Palais Bourbon. « Revigorée par une recomposition politique inédite. »

36:32
Présentateur

C'est intéressant d'entendre ces témoignages. Et d'ailleurs, quand on entend Roger Carucci, Claude Gouasguen, Elisabeth Guigou, finalement, on a le sentiment qu'aujourd'hui encore, 100 jours après, finalement, le traumatisme est encore là et ils n'ont pas tout à fait compris ce qui s'était passé. Je pense que c'est plus qu'un traumatisme. C'est vraiment inédit sous la Ve République. Il faut aller en plus rencontrer ces parlementaires, ces 314 parlementaires. Vous avez tous les profils et c'est vrai qu'il y a des profils mais jamais vus comme députés. Il y a les néo-néos, par exemple, ceux qui n'ont jamais été députés et qui n'étaient pas dans la politique.

Je peux vous dire qu'ils sont très rafraîchissants. La question, c'est est-ce qu'ils vont passer la barre ? Vous savez, il y en a certains qui seraient prêts à jeter l'éponge parce qu'ils se sont retrouvés comme ça dans une espèce de machine à laver cette session extraordinaire et puis ils ne s'attendaient pas à ce que ce soit ça le métier de député. Donc certains sont un peu découragés. Ce n'est vraiment pas, je ne veux pas qu'on caricature ce que je dis, ce n'est vraiment pas la majorité des députés en marche qui y croivent, qui ont une espèce de foi de révolutionnaire. Mais c'est clair que des deux côtés de la République en marche, on est à terre, à part peut-être la France insoumise.

On est vraiment à terre. Les Républicains viennent de déposer un recours sur les emplois familiaux. On peut être pour ou contre, on peut penser que la question est complexe des emplois familiaux, mais déposer un recours au Conseil constitutionnel sur les emplois familiaux, c'est vraiment prendre les verges pour se faire battre. Quant au PS, vous voyez, on interview Elisabeth Guigou pour l'instant, le PS, et Julien Drey l'a dit ces derniers jours, « Attention, réveillez-vous, sinon, dans quelques mois, vous n'existez plus ». Ce renouvellement, Mariana Grépinès, c'était finalement la grande action politique d'Emmanuel Macron pendant ces trois premiers mois.

38:16
Invité

Oui, on peut dire ça. Et puis, il y a eu beaucoup de critiques sur ces députés qui n'y connaîtraient rien, qui seraient nuls, en phase d'apprentissage, enfin, étaient assez critiques. Alors qu'en fait, c'est vrai quand même que l'Assemblée est un endroit très codifié, assez compliqué. Et donc, pour des néo-députés, c'est quelque chose qui mérite une initiation, un apprentissage. Et c'est normal de tâtonner un petit peu. Et puis, ils ont eu à subir de la part de ceux qui étaient plus expérimentés et de l'opposition une sorte de bizutage. Et puis, Jean-Jérôme évoquait tout à l'heure les élus de la France insoumise.

La différence entre les élus de la France insoumise et ceux de la République en marche, parmi les nouveaux élus, les néo-députés, il y en a un certain nombre, la France insoumise, la plupart sont néo-députés, c'est que ceux-là étaient en politique depuis des années. Même s'ils sont très jeunes, certains d'entre eux étaient élus ou avaient des responsabilités ou un rôle, une activité politique depuis 10 ans. Ce qui n'est pas le cas de la plupart des nouveaux députés de la République en marche qui, eux, ont été parfois investis aux législatives par surprise, ils ne s'y attendaient pas du tout, et qui ont fait campagne.

Et ils ont eu deux mois pour s'initier à ce que serait leur travail de député. Donc, moi, je serais quand même aussi assez indulgente sur les néo-députés et puis le groupe, le fonctionnement du groupe de la République en marche. Alors, il y a eu des couacs, mais c'est normal, ça arrive tout le temps, ce genre de...

39:33
Présentateur

Yves Tréard, que va devenir la droite ? Grande question. Si vous voulez, la droite, elle est divisée. Déjà, aujourd'hui, depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé aux affaires, vous pouvez distinguer deux droites. La droite... Irréconciliable ? Je pense qu'à terme, elle sera difficile à réconcilier. Elle se réconciliera difficilement. Donc, vous avez ceux qu'on appelle les constructifs qui sont prêts à soutenir et qui soutiennent pour le moment Emmanuel Macron et la droite, on va dire, néo-gaulienne qui est incarnée. Alors, par quel leader ? C'est bien le problème puisque son leader, si leader il y a un jour, il y en aura un.

Probablement, Laurent Wauquiez, il n'est pas à l'Assemblée nationale, il n'est pas député puisqu'il est président de la grande région Ronald Auvergne. Mais si vous voulez, tout ça, aussi bien au Parti Socialiste que chez les Républicains, l'avenir, c'est Macron qu'il détient. Si Macron échoue, vous pouvez être sûrs que le vieux clivage gauche-droite, qui n'a pas disparu, il est encore dans les têtes et il est encore installé, si Macron échoue, eh bien ce clivage se reconstituera et vous verrez des constructifs de droite qui lâcheront Macron et vous verrez des socialistes néo en marche qui lâcheront en marche pour revenir dans leur famille d'origine. Donc, ils attendent. Il est très tôt.

L'horreur valement de façade, il faut qu'il se soit consolidé. Il n'est pas encore consolidé. Il ne se consolidera qu'à partir justement où on attaquera les sujets de fond. Et il y a un sujet qui va marquer le quinquennat, qui va être déterminant pour Macron. Est-ce qu'il réussit sa réforme du Code du Travail ? S'il réussit cette réforme-là, qui est une réforme que la droite aurait voulu faire, que la gauche ne s'interdisait de faire, que la gauche, je veux dire, la gauche de la gauche, eh bien là, on peut dire que le paysage politique va se stabiliser. Sinon, eh bien c'est assez difficile de voir aujourd'hui encore.

On entend dire que la France insoumise, j'entends ça, est le principal opposant. Ils sont le principal opposant dans la forme parce qu'ils font du bruit, parce qu'ils sortent leur folklore. Mais ils ne sont pas appelés à être les principaux opposants parce qu'ils ne sont pas très nombreux. Et en plus, je ne pense pas qu'ils soient les porte-voix de millions et de millions de Français. Ça pourrait être Marine Le Pen, question SMS. Marine Le Pen, attend-elle la rentrée pour occuper plus d'espace dans l'opposition ?

Marine Le Pen, déjà, elle a perdu beaucoup de crédibilité à l'extérieur et au sein de sa formation politique par ce fameux duel de l'entre-deux-tours où elle a quand même laissé beaucoup de plumes. Et elle se retrouve dans une famille politique qui, comme toutes les autres, d'ailleurs, et comme ça se passe toujours lorsque vous êtes en situation d'échec, est totalement en désarroi, qui cherche sa ligne, peut-être même son leader. Je pense qu'elle a pour l'instant les capacités pour rester aux commandes du Front National. Le souci n'est pas vraiment là. Mais on voit très bien que deux lignes se sont mises en place, peut-être même plus.

En tout cas, une ligne qui est la ligne Philippot souverainiste qui peut déboucher sur le départ de Florent Philippot et puis une autre ligne que pourrait incarner Marion Maréchal, plus conservatrice, plus traditionnaliste sur le plan des mœurs, etc. Donc là aussi, au Front National, comme dans les autres familles dont finalement la victoire de Macron, elle a été le révélateur de ce qui ne fonctionnait pas dans les partis traditionnels, mais y compris au Front National. On voit bien aussi que là, il n'y a pas véritablement une unité qu'on se cherche, en tout cas jusqu'au mois de septembre, jusqu'à la rentrée.

On sent qu'il y a de l'attentisme à droite, à gauche, vous le disiez, il y a urgence selon Julien Drey, mais le PS, au-delà des problèmes d'immobilier et de vente éventuelle de Solferino, qu'est-ce qui se passe en ce moment au Parti Socialiste ? Oui, d'ailleurs, c'est pas seulement, en fait, le problème de la rue de Solferino, donc le siège social du PS, c'est pas seulement un problème financier, parce qu'en fait, le PS peut surmonter sa défaite, même si le nombre de députés a été pratiquement divisé par 10, parce que le PS n'était pas un parti endetté. Le problème de Solferino, c'est, est-ce que c'est le bon siège social pour un parti qui se veut de gauche ?

Je rappelle, pour ceux qui ne sont pas parisiens, que la rue de Solferino, c'est vraiment au cœur de Paris, à côté de l'Assemblée, au cœur des ministères. C'est l'un des quartiers les plus chers de Paris. Et très établi, on va dire ça comme ça. Alors, le PS, il a, comment dire, un besoin urgent de se transformer. C'est clair, tout ce qui a été écrit est vrai, c'était un parti à bout de souffle, au sens qu'on était arrivé au bout du bout par rapport au congrès d'Épinay. Le petit problème, c'est, est-ce qu'une direction à 28 va y parvenir ? Je vous donne juste une anecdote.

Par exemple, parmi ces 28, il y avait une personne que j'ai rencontrée la veille, par hasard, qui n'était pas au courant qu'elle faisait partie de la direction, qui a tapé sur cette direction à venir, sur le rôle de Jean-Christophe Cambadélis tirant les ficelles, je ne sais pas, et puis qui, le lendemain, se retrouve dans la liste. Donc, c'est compliqué, ça va être très compliqué pour le PS. Et encore une fois, même si la France insoumise ne sont pas nombreux, ils occupent le terrain. Mais je voudrais juste dire deux choses. En fait, pour La République en marche, le principal défi, c'est eux-mêmes, puisqu'ils sont plus que majoritaires.

Et le principal défi, c'est ce que vous disiez, Yves Tréhard. C'est-à-dire que, pendant une campagne, on peut se dire de droite et de gauche, mais quand on est au pouvoir, qu'est-ce que ça veut dire ? Et là, c'est là où trois mois ont été un peu gâchés avec des annonces dans tous les sens. Et le deuxième défi, c'est comme c'est un groupe ultra majoritaire, c'est de respecter aussi l'opposition. Parce qu'il n'y a rien de pire que d'être ultra majoritaire et de ne plus avoir de partenaires. Dès le début de son mandat, Emmanuel Macron s'est imposé sur la scène internationale en recevant Vladimir Poutine à Versailles, puis Donald Trump à Paris le 14 juillet.

Il a clairement marqué son territoire, au point que le très sérieux Washington Post lui prête le projet de devenir le leader du monde libre. Sébastien Bouquet et Stéphane Lopez. Ouagadougou, cette nuit, un restaurant est attaqué en plein cœur de la capitale burkinabèse. Bilan, au moins 18 morts et une dizaine de blessés. Comme toujours, l'Elysée réagit rapidement. Quelques heures seulement après l'attaque, le président diffuse ce communiqué après s'être entretenu avec son homologue burkinabé.

46:15
Invité

Le président de la République a marqué sa solidarité dans cette nouvelle épreuve traversée par le Burkina Faso et a réitéré sa détermination à approfondir notre coopération.

46:28
Présentateur

Emmanuel Macron, réactif et omniprésent dans le monde. En trois mois, il s'est entretenu en France ou en déplacement avec plus de 50 chefs d'État, le quart des leaders de la planète. Un rythme effréné depuis le début de son mandat. Le 19 mai, il choisit le Mali pour son premier déplacement en zone de guerre. Auprès des troupes de l'opération Barkhane, il endosse ses habits de président.

46:57
Invité

En tant que chef des armées,

46:58
Présentateur

je suis ici venu aujourd'hui leur rendre hommage et témoigner de ma confiance et de ma détermination

47:05
Locuteur

côté de celles et ceux

47:06
Présentateur

qui se battent pour notre sécurité, pour celle du Mali,

47:09
Invité

pour celle du Sahel, celle de la France.

47:12
Présentateur

A son retour, direction Bruxelles et le sommet de l'OTAN. Le président français se fait remarquer une première fois pour avoir ostensiblement privilégié Angela Merkel au président Trump. Mais c'est en tête à tête que la poignée de main très virile entre les deux hommes marque le monde entier. Macron montre les muscles à son homologue américain. Quelques minutes après l'annonce du retrait des États-Unis de l'accord de Paris, Emmanuel Macron prend sans attendre la parole en français d'abord.

47:45
Invité

« La France se doit d'être plus ambitieuse encore pour l'avenir. »

47:53
Présentateur

Puis en anglais, il reprend à son compte le slogan de Donald Trump.

47:57
Invité

« Make our planet great again. Thank you. »

48:04
Présentateur

des tensions qui prennent fin le 14 juillet. Donald Trump est invité en grande pompe à Paris pour dîner puis pour assister au défilé. Les deux alliés historiques se rapprochent, notamment sur la question syrienne.

48:18
Invité

« On a par exemple une nouvelle attitude de la France vis-à-vis d'Acharbel Assad puisqu'aujourd'hui son départ n'est plus un préalable. Ça, c'était clairement la position de Donald Trump. Donc là, on a effectivement un rapprochement entre les deux hommes et le corollaire de tout ça, c'est la lutte contre le terrorisme. »

48:40
Présentateur

Au temps G7, G20, Emmanuel Macron rajeunit la diplomatie française en déplacement et impressionne ses hôtes. Fin mai, il dénonce les méthodes de Moscou à quelques centimètres d'un Vladimir Poutine dans le palais de Versailles. Et sur le plan européen, Emmanuel Macron veut aussi être un moteur. Il a rencontré Angela Merkel à neuf reprises. Complicité affichée, y compris lors de ce Conseil des ministres franco-allemands avant la trêve estivale.

49:14
Invité

« La question, c'est comment améliorer l'Europe. Mais tout cela repose sur un cap pro-européen très général. D'autre part, nous aurons un calendrier très ambitieux pour la zone euro. »

49:33
Présentateur

Migrants, relations avec Moscou, Corée du Nord, d'autres questions sensibles restent à aborder par les deux leaders européens. Le bilan international d'Emmanuel Macron, incontestable, est stable selon certains observateurs étrangers. Il aurait d'ailleurs l'ambition d'être le leader du monde libre. C'est en tout cas, dans un article récent, la conviction du très sérieux Washington Post. Question SMS. « Macron a-t-il perdu autant de popularité à l'étranger qu'en France ? » Il n'y a pas de sondage ?

50:03
Invité

Il n'y a pas de sondage, mais malgré tout, il y a quand même quelques éléments puisque la France est en tête cette année du soft power 30, c'est une étude britannique sur l'influence des pays dans le monde. Et donc, une étude qui prend en compte à la fois les dirigeants, mais aussi des tas de questions comme la culture, l'éducation, la gastronomie. Et donc, c'est la première fois qu'on est en tête de ce classement. L'effet Macron. L'effet Macron prétend l'Elysée qui d'ailleurs rappelle aussi effectivement comme vous le disiez l'ensemble des déplacements qu'Emmanuel Macron a fait, l'ensemble des dirigeants auxquels il s'est adressé.

Et puis, ils veulent aussi montrer que le président a une parole très libre et très franche sur toutes les questions. On l'a vu avec les questions avec Vladimir Poutine et avec Donald Trump. Donc, il veut s'affranchir des règles protocolaires de bien parler entre chefs d'État. Il veut, en tout cas, montrer qu'il ose dire les choses.

51:02
Présentateur

Si on le compare à ses deux prédécesseurs, il est plus actif, plus convaincant sur ses 100 premiers jours. Alors, sur ses 100 premiers jours, ce qui est sûr, c'est que les deux prédécesseurs, s'ils ont un bilan positif, c'est sans doute sur la politique internationale. Parce que c'est grand, puisque François Hollande a quand même été là-dessus plutôt assez courageux en certaines circonstances et Nicolas Sarkozy avait, dès son arrivée, agi face à Poutine sur le conflit géorgien, ukrainien, géorgien plutôt, et il était intervenu en allant à Moscou. Enfin bon, c'était quelque chose qui lui tenait très à cœur. Là où ils ont échoué, les deux prédécesseurs, pas clairement, c'est sur l'Europe.

Alors, qu'est-ce que nous dit Emmanuel Macron ? Emmanuel Macron dit, il a mis un peu d'eau dans son vin parce qu'il a dit, lui aussi, il voulait rebâtir l'Europe et tout. Non, ce qu'il veut, c'est que l'axe franco-allemand avec Angela Merkel, et c'est ça qui est intéressant, c'est qu'Angela Merkel répond positivement à Emmanuel Macron. Pourquoi elle répond positivement ? Non pas parce qu'elle a changé d'opinion sur la France, c'est parce qu'Emmanuel Macron dit, moi, ces réformes que vous exigez de nous, on va les faire. C'est-à-dire que l'économie française doit être au même niveau que l'économie allemande. l'Allemagne ne doit plus être le seul pays en Europe à attirer le vieux continent.

Donc là, je dirais qu'il a une carte importante à jouer et qu'il commence à jouer qu'il a joué dès le début. La deuxième chose qui va être très importante, on n'en parle pas assez, mais l'attentat de Ouagadougou cette nuit nous le rappelle, c'est l'Afrique. Pourquoi ? Parce qu'il est allé en Afrique pour dire, on va réorganiser les forces françaises, 4000 hommes, Barkhane, sur un territoire qui est grand comme l'Europe, je ne sais pas si vous vous rendez compte. C'est-à-dire que 4000 hommes qui font la police sur un territoire truffé, pour bien le connaître, je peux vous le dire, d'islamistes. Eh bien, là, ça va être compliqué. Et la France est au défi. Et qu'est-ce que demande Macron ?

C'est une de ses principales exigences vis-à-vis des États-Unis. C'est quand il voit Trump, il lui dit, est-ce que vous acceptez de payer ce dispositif-là ? Parce que ce dispositif, il est fait contre le terrorisme, donc aussi pour protéger les États-Unis. Donc, là, je dirais que c'est les plus, deux grands défis sur le plan l'efficacité de Macron. Le reste, c'est de la diplomatie. Sa posture face à Poutine, on reste dans le dialogue. Face à Trump, on reste dans le dialogue. Face au Proche-Orient, on sait que ce n'est pas la France, je le regrette, mais qui va mettre un terme au conflit du Proche et du Moyen-Orient. Jean-Garrigue. Je suis assez d'accord.

Au-delà de l'effet de présidentialité dont on parlait tout à l'heure, de la manière dont il s'est positionné de façon de grand et où il a un petit peu restauré ce que pouvait être la fonction présidentielle, l'enjeu fondamental, celui de l'Europe. D'ailleurs, il a été annoncé dans sa campagne électorale. Il a eu d'ailleurs le courage de promouvoir l'idée européenne, ce qui était quand même plutôt difficile dans le contexte de cette campagne.

Sauf que le problème pour lui, c'est que là, le projet européen qui passe par Angela Merkel, il passe donc par un problème de politique intérieure qui est précisément au fond une politique libérale, une politique, disons-le, d'austérité ou de rigueur en tout cas pour l'année 2017. Donc, ce qui peut faire de lui un moteur de l'Europe passe précisément par quelque chose qui a priori va se heurter à tous les corporatismes, à toutes les oppositions d'une société française qui admettra mal, et on le voit déjà que tous les fameux coups de rabot qui ont été faits ont été très mal reçus. Comme disait Henri Rochefort, la France compte 36 millions de sujets plus des sujets de mécontentement.

Henri Rochefort qui était le grand polémiste de l'époque, 1868, le Yves Tréard de l'époque. Et donc, voilà le problème, la quadrature du cercle pour Emmanuel Macron, c'est-à-dire que le succès européen passe par quelque chose de dur pour la France. En tout cas, Jean-Jérôme Bertolus, on a le sentiment que ça l'intéresse plus ou qu'il consacre plus d'énergie aux dossiers internationaux. C'est peut-être sa communication qui nous donne cette impression. Pas seulement. Franchement, il est clair que le président de la République a embrassé l'international, le traditionnel domaine réservé du président de la République comme rarement ses prédécesseurs l'ont fait.

Alors qu'il n'avait pas une grande expérience dans la matière. Par exemple, alors là, il y a clairement l'Europe et il va jusqu'à admettre que l'Europe percute la scène politique intérieure puisque, clairement, il se retrouve face à une politique comptable. C'était l'homme de la révolution. C'est le livre qu'il a écrit. Et pour atteindre les 3%, essentiel pour Angela Merkel, après les élections, il va se retrouver Angela Merkel, il va dire j'ai fait le job, maintenant, parlons ensemble de l'Europe, le job, c'est d'arriver déjà aux 3%. Donc, il accepte ça.

Mais sur le plan international, par exemple, la rencontre qu'il y a eu entre les deux principaux partis d'opposition sur la Libye, c'est lui. C'est lui qui a imposé cette rencontre. C'est lui qui a imposé cette rencontre presque contre le Quai d'Orsay, qui trouvait qu'il n'y avait pas tout le monde autour de la table. C'est lui qui fait sortir la France du, comment dire, de la traditionnelle révérence par rapport à l'ONU qui veut qu'il y en ait un, un des leaders libyens qui est reconnu par la communauté internationale et l'autre, le général Haftar, qui ne l'est pas. Donc, il s'impose. Avec Trump, il impose quand même.

Le 14 juillet, il dit, l'un de ses proches, oh là là, on me reproche d'inviter Donald Trump. Mais rappelez-moi, c'est quand même le président des États-Unis. Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, OK, on estime qu'il a réussi son pari que pour Donald Trump, la France, c'est le référent en Europe. Maintenant, la question, et on va le voir peut-être assez effectivement à payer cette force, cette nouvelle force qui comprend les États au Seul, à quoi ça va servir ce rapprochement avec Trump ? En tout cas, pas sur le climat parce que pour l'instant, c'est mal parti. Voici maintenant vos questions SMS et Internet. sur le climat.