Salaires des agents d'entretien : "L'Etat ne joue pas le jeu", accuse la Fédération des entreprises de propreté
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:43OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous allez augmenter les autres salaires, ceux juste au-dessus du SMIC ?
- 1:01OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez négocier, renégocier des hausses de salaire ?
- 1:25OuverteRéponse partielle
Qu'êtes-vous prêt à leur proposer ?
- 1:48OuverteÉludée
Jusqu'où est-ce que vous pouvez aller ?
- 2:05RelanceRéponse directe
C'est-à-dire ?
- 2:23OuverteRéponse directe
On n'achète pas, on ne paye pas assez cher les services des agents d'entretien dans les bureaux de l'État ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09PrésentateurChiffre
« 1300 euros net par mois pour un temps complet. »
- 0:13PrésentateurFait
« C'est la troisième hausse du SMIC en quelques mois. »
- 0:25PrésentateurChiffre
« Secteur essentiel, plus de 550 000 salariés, surtout des agents de service, deux tiers de femmes. »
- 4:20PrésentateurChiffre
« deux tiers des femmes employées dans vos entreprises gagnent moins de 900 euros par mois. »
- 5:17PrésentateurChiffre
« Les hommes et les femmes de ménage travaillent à plus de 40% en horaires décalés. »
- 2:13InvitéFait
« l'acheteur public, qui représente 25% de notre chiffre d'affaires dans la profession, donc l'État, qui à travers ses acheteurs ne joue pas le jeu. »
- 2:34InvitéFait
« Les formules de révision de prix, ce qui nous permet tous les ans, à travers les marchés publics, de pouvoir revaloriser nos prix en fonction des indices INSEE, ont été, sur l'année 2020 et 2021, négatifs. »
- 3:23InvitéPromesse
« En tout cas, d'aller au minimum à l'inflation. »
- 7:15InvitéChiffre
« 80% de ce que l'on vend, ce sont des salaires. »
Temps de parole
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Bonsoir à tous et à toutes. Depuis 10 jours, le salaire minimum est un peu plus élevé. 1300 euros net par mois pour un temps complet. C'est la troisième hausse du SMIC en quelques mois. Le salaire minimum suit la hausse des prix. Bonsoir Philippe Jouani. Bonsoir Jean-Lemarie. Président de la Fédération des entreprises de propreté. Secteur essentiel, plus de 550 000 salariés, surtout des agents de service, deux tiers de femmes. Beaucoup de temps partiel. Beaucoup de temps partiel. Beaucoup de petits salaires aussi. C'est pour ça que vous êtes là ce soir pour parler de cette question des salaires qui est particulièrement aiguë dans votre secteur. Le SMIC est en hausse donc je le disais.
Mais est-ce que vous allez augmenter les autres salaires, ceux qui sont juste au-dessus du SMIC notamment ?
Écoutez, par habitude en tout cas, notre grille est toujours impactée par les augmentations, les négociations que l'on a avec les partenaires sociaux. Et c'est l'ensemble de la grille qui régulièrement est revalorisé. Donc pas simplement les premiers niveaux de qualification.
Est-ce que vous allez négocier, renégocier des hausses de salaire ?
Écoutez, en tout cas, on a rendez-vous demain, le 11 mai avec les partenaires sociaux pour justement se réasseoir autour de la table. On a déjà fait cet exercice deux fois cette année. Donc on a pris l'engagement dans le cadre d'une clause de revoyure de se réasseoir autour de la table avec les partenaires sociaux pour renégocier. À leur demande d'ailleurs, une hausse de salaire. Qu'êtes-vous prêt à leur proposer, Philippe Jouani ? En tout cas, on est prêt à leur proposer ce que l'on peut faire. On ne peut donner que ce que l'on a. Donc c'est quand même notre principal message. Et aujourd'hui, on se situe de toute manière.
Et la Fédération des entreprises de propreté et les entreprises ont toujours été en responsabilité. Voilà, donc les partenaires sociaux sont dans leur rôle. Nous sommes aussi dans le nôtre. Donc ça va être le fruit de la négociation qui va y avoir demain. Jusqu'où est-ce que vous pouvez aller ? Écoutez, on pourrait aller. Je vais rebondir sur votre question. On pourrait aller en tout cas certainement au-delà de ce que les uns et les autres sont prêts à faire dès demain. Mais encore faut-il qu'on ait un appui, j'allais dire, et un appui important, notamment de la part de nos clients. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'on est dans cette injonction paradoxale que l'on a depuis plusieurs années.
À savoir que, et je parle principalement d'ailleurs de l'acheteur public, qui représente 25% de notre chiffre d'affaires dans la profession, donc l'État, qui à travers ses acheteurs ne joue pas le jeu. C'est-à-dire ?
On n'achète pas, on ne paye pas assez cher les services des agents d'entretien dans les bureaux de l'État, Philippe Joigny ?
On n'achète pas au juste prix, en tout cas. Ça, c'est une certitude. Je vais vous donner quelques exemples, Patin. Les formules de révision de prix, ce qui nous permet tous les ans, à travers les marchés publics, de pouvoir revaloriser nos prix en fonction des indices INSEE, ont été, sur l'année 2020 et 2021, négatifs.
C'est-à-dire que, dans le même temps, on était en sortie de crise Covid, où nos acteurs, nos hommes et nos femmes, comme vous l'avez dit, étaient essentiels, ont permis, en tout cas, à la nation de pouvoir continuer à fonctionner, c'est la continuité économique et sociale, et où, dans le même temps, l'acteur public descend ses prix régulièrement, tous les ans, et diminue ses contrats de travail. Donc, c'est ça que vous demandez ce soir,
une hausse de tarifs, et notamment à l'État ou aux entreprises privées qui font travailler vos entreprises.
Écoutez, bien entendu, d'abord... De quel ordre, Philippe Jouani ? Écoutez, dans l'ordre de ce qui est raisonnable, tout dépend aussi de ce que l'on...
On parle beaucoup d'inflation en ce moment. Quelle hausse vous semble raisonnable pour pouvoir ensuite augmenter davantage vos salariés ?
En tout cas, d'aller au minimum à l'inflation. L'inflation est un phénomène qui est relativement nouveau, à la fois, bien entendu, pour la nation, et bien entendu, pour nos entreprises de propreté. Et c'est une activité... Enfin, c'est une démarche, en tout cas pérenne, cette inflection. Donc, nous, on a besoin au moins d'aller au-delà de l'inflation pour pouvoir redistribuer. Je vous le redis, on ne peut donner que ce que l'on a. Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas plus de progression dans les salaires
dans le secteur de la propreté ?
Vous êtes un peu sévère parce que depuis plus de 15 ans, on a l'habitude, chaque année, de revaloriser nos salaires. On est une branche qui est, à ce niveau, avec un dialogue social extrêmement mature, on est plutôt vertueux. Tous les ans, dans le cadre de la négociation avec les partenaires sociaux, nous augmentons l'ensemble des salaires de la grille de notre fédération et de nos entreprises de propreté. Donc, on l'a fait, on a toujours joué le jeu dans la limite de ce que l'on pouvait faire.
Est-ce que le problème, alors, c'est la structure de l'emploi dans le secteur ? Je le disais, toujours beaucoup de temps partiel. Un chiffre, je l'ai trouvé d'ailleurs sur le site de la Fédération des entreprises de propreté, deux tiers des femmes employées dans vos entreprises gagnent moins de 900 euros par mois. Comment est-ce qu'elles peuvent faire face à une hausse des prix ? Très important.
Alors, vous parlez de temps partiel, c'est un très bon exemple d'ailleurs et je vous en remercie parce que ça, c'est le montant, les 900 euros que vous donnez, que je ne conteste pas. C'est le montant d'un des contrats de travail. Par définition, les salariés ont plusieurs contrats de travail dans notre branche, vous l'avez dit, 70% de nos salariés sont multi-employeurs, à savoir qu'ils travaillent le matin pour un employeur A et le soir peut-être pour un employeur B.
Notre propos, justement, et ce sur lequel on axe en tout cas toute notre démarche à l'égard de nos clients et principalement là encore de l'acteur public, c'est d'aller vers des temps plus complets et pour ça, de s'organiser sur le travail en journée et en continu que l'on promeut maintenant depuis plusieurs dizaines d'années.
Là aussi, j'ai trouvé un chiffre assez stupéfiant dans les bureaux en particulier puisque ces agents d'entretien travaillent beaucoup dans les bureaux. Les hommes et les femmes de ménage travaillent à plus de 40% en horaires décalés. Bien sûr. Vous voyez les choses évoluer ou pas ? J'ai l'impression qu'on en parle depuis des années
et que ces horaires décalés subsistent. Je ne les vois pas évoluer d'une manière assez sensible. C'est justement tout l'intérêt que l'on a aujourd'hui à porter ce message, notamment auprès de l'acheteur public qui se doit d'être le plus vertueux en termes d'acheteurs.
Mais qu'est-ce qui bloque ? Est-ce que les entreprises ou les collectivités ou l'État refusent que ces salariés travaillent en même temps que leurs propres agents ou leurs propres salariés ?
Oui, c'est plutôt ça. Je pense que le salarié final, le client final, comme l'on dit dans une profession, à savoir l'utilisateur, voit d'un mauvais oeil en tout cas le fait d'avoir un agent de propreté. Ça, c'était avant. Et quand je dis avant, c'était avant le Covid. Le Covid a été extrêmement révélateur en tout cas. Il nous a permis d'énormément progresser à ce niveau-là puisque nos clients ont exigé, parce que leurs propres salariés le demandaient, d'être présents en tout cas en journée pour faire les désinfections, le nettoyage approfondi, pour éviter justement que le Covid ait rassuré en tout cas les salariés qui étaient présents dans les locaux. Et ça rend le travail plus visible.
Et ça rend le travail plus visible. Ça rend les femmes et les hommes d'abord plus visibles. Donc il y avait une satisfaction qui était, je vais dire, tripartite entre le client, l'utilisateur final et puis, ne l'oublions pas, nos salariés, nos femmes et nos hommes qui y travaillent.
Je reviens à la question des salaires. On commençait par là, Philippe Jouani. J'ai bien entendu vous interpeller ceux qui payent vos services en leur disant si vous nous payez plus, on paiera plus. Franchement, quelles sont vos marges de manœuvre à vous aujourd'hui dans l'absolu ? Est-ce que vos entreprises ne peuvent pas de toute façon faire un effort supplémentaire ?
Écoutez, on a déjà fait les efforts mais ça c'est le rôle de la négociation. C'est le jeu, j'allais dire. Le mot est mal choisi. Est-ce que vous n'avez pas
les moyens d'aller plus loin aujourd'hui ? Encore une fois, cette inflation à 5% ? Je vais vous donner un exemple.
Une caractéristique de nos entreprises, ce sont des entreprises à faible marge. En temps normal, je vais dire hors Covid, nos entreprises ont des marges qui sont infra 3%. Et l'autre caractéristique, c'est que 80% de ce que l'on vend, ce sont des salaires. Si vous augmentez les salaires d'une manière importante, vous ne pourrez pas sinon diminuer vos marges. Diminuer les marges quand on est à 3%, on arrive à des marges négatifs.
Philippe Jouani, merci. Avant ces négociations dans le secteur de la propreté, vous êtes le président de la Fédération des entreprises de propreté.