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AutreFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 24 mars 2026 39 minContradictoireMixte

Présidentielle 2027 : la course vers l’Élysée est-elle lancée ?

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Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur20 %
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0:00
Présentateur

Ce matin, je vous propose de dessiner cette nouvelle carte de France avec les résultats définitifs des élections municipales, avec un clivage gauche-droite retrouvé, disent les uns, avec une présidentielle à droite à chacun son union, comme disent les autres. Bon, évoquer tout cela avec Jérôme Fourquet, bonjour, vous êtes directeur du département Opinion et Stratégie d'entreprise à l'IFOP, on vous doit Métamorphose française, État de la France en infographie et en images, mais peut-être avant d'évoquer la politique actuelle, évoquer la politique actuelle, mais aussi la politique d'hier avec la disparition de Lionel Jospin. Je vous propose d'entendre justement Lionel Jospin évoquer son style.

0:52
Locuteur non identifié

— Je pense que je ne suis pas là pour veufsiférer. D'abord, il y a l'âge. Ensuite, il y a l'expérience. On peut dire que 2002, avril 2002, m'a appris le stoïcisme, pour employer ce terme. Et donc, je pense que dans cette période un peu troublée, un peu incandescente de tensions, il vaut mieux que ceux qui ont une certaine expérience de l'État, mais aussi du militantisme. C'est-à-dire ceux qui se sont engagés dans le siècle avec des convictions, pas par opportunisme. Il vaut mieux qu'ils aident à réfléchir ou qu'ils réfléchissent eux-mêmes, plutôt que d'ajouter au tobu ou au tumulte. Donc oui, j'aborde les choses sereinement, ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas inquiet.

1:46
Présentateur

— C'était Lionel Jospin en 2020, dans la grande table des idées, Jérôme Fourquet.

1:52
Invité

— Alors on mesure tout de suite la différence de tonalité, de style, par rapport à ce qu'on peut constater aujourd'hui. Et on voit que ce type de profil de responsable politique tente à se faire plus rare. C'est le signe aussi d'un changement d'époque. En réécoutant cela, ça me fait penser à une autre interview qu'il avait donnée il y a un ou deux ans à la chaîne LCI, où il était interrogé notamment sur un certain Jean-Luc Mélenchon. Et donc on voit ces différences de style, alors que le parcours militant était similaire. Les deux avaient commencé à faire leur classe dans le mouvement lambertiste, trotskiste-lambertiste, puis étaient rentrés...

— Vraiment, juste pour le rappeler aux plus jeunes, une secte parmi les sectes. — Voilà, ou une organisation où le militantisme était porté à son plus haut niveau, puis ils étaient rentrés au Parti Socialiste. — Vous dites mieux, quoi. — Voilà. Ils étaient rentrés au Parti Socialiste, et on voit la différence de trajectoire et d'attitude — Ils étaient de la même génération aussi, à peu près — entre ces deux figures. Et c'est assez intéressant de voir cela.

Puis peut-être parallèle avec d'autres responsables politiques, le fait que quand Lionel Jospin a décidé de quitter la scène politique au lendemain du tremblement de terre ou du coup de tonnerre du 20 avril 2002, il s'est tenu à cet engagement. Il n'est jamais revenu. Alors il y a quelques petites tentatives. — Il a fait une tentative. — Petite tentative, mais qui n'est pas allée bien loin. Et donc là aussi, ça nous montre... — Ça va, c'est pas ce qu'on veut dans la vie. — Exactement. Mais ça nous montre aussi des changements d'époque et des changements de mœurs et de pratiques politiques. — Sur la gauche plurielle. — Alors il y a une nostalgie à gauche des années Jospin.

D'aucuns disent aujourd'hui, et justement, Jean-Luc Mélenchon a rendu hommage à sa capacité, à la capacité que Jospin avait eue de faire travailler ensemble toutes les gauches. Ce qu'on oublie, ou ce que certains veulent oublier, c'est que si la gauche plurielle avait été rendue possible, c'est à la fois parce qu'il y avait cette figure de Lionel Jospin qui était un bon chef d'orchestre, mais aussi de manière beaucoup plus, j'allais dire, pragmatique et beaucoup plus terre-à-terre par le fait que le Parti Socialiste était la formation dominante.

Électoralement parlant, il n'y avait pas photo entre les scores du Parti Socialiste, ceux des écologistes, des communistes, des radicaux de gauche et des chevènementistes. Et donc c'était plus facile de faire travailler tout ce monde-là ensemble parce qu'il y avait l'imprimature et le magistère politique et électoral du Parti Socialiste. Aujourd'hui, s'il y a des tensions aussi fortes à gauche, c'est aussi parce que le Parti Socialiste a perdu son leadership politique et qu'il est contesté dans sa vocation à être un peu le pivot de ce nouveau Front Populaire ou de cette NUPES.

4:49
Présentateur

J'aimerais revenir sur le style de l'homme que vous évoquiez il y a quelques instants. Si on essaye de prendre ce résultat des municipales, on voit qu'un certain nombre de candidats ou de candidates les plus tonitruants n'ont pas été retenus par les électeurs. Deux exemples, mais il y en a d'autres. Rachida Dati à Paris et Louis Sarkozy à Menton. Il y a des causes politiques, mais le style est aussi important. Et je me disais, voilà, par rapport à d'autres pays, allez, au hasard les Etats-Unis, le style politique en France impose quand même une forme de componction et de sérieux.

5:25
Invité

Alors, je me garderais de faire des généralités, parce que je pense qu'on pourrait trouver, en cherchant bien un certain nombre de contre-exemples, mais ce que vous dites est, je pense, d'autant plus vrai dans le cadre d'une élection municipale, où on attend d'une figure qui va être élue, qu'elle incarne sa ville, mais aussi qu'elle soit en capacité de la rassembler, de la diriger.

Et donc, on voit aussi, peut-être, c'est un élément qu'on n'a pas assez souligné dans l'analyse qui a été faite à chaud des municipales, comment de très nombreux sortants ont été réélus, parce que, justement, la capacité à travailler, à maîtriser les dossiers, à faire se mettre autour d'une table les différents acteurs que peuvent comporter une ville pour faire, encore une fois, déboucher un certain nombre de projets. Tout ça est apprécié par une majorité de Français.

Et derrière les défaites ou les victoires un peu spectaculaires ou assez médiatisées, on voit qu'il y a quand même une grande inertie dans la structure municipale française, et donc une prime assez forte à la stabilité, à la séniorité aussi, et à la maîtrise des dossiers.

6:43
Présentateur

Oui, mais alors, donc ça, Jospin incarnait ça. Alors, les uns diront une austérité insérieuse, les autres, une forme de côté un peu ennuyeux, éterne, qui plaît, effectivement, dans le domaine de la politique. Pour les municipales, pour autre chose aussi, Jérôme Fourquet ? Alors, sur Lionel Jospin, il y a le style, mais... Je voulais vous entraîner aussi sur une généralisation, vous voyez bien que j'essaye de tirer. Parce que la généralisation n'est pas forcément abusive, c'est aussi le style qu'on demande aux hommes politiques.

7:20
Invité

Alors, différence aussi, je pense, majeure avec l'époque, et on ne sera pas que sur la politique, l'inexistence, dans les années Jospin, des réseaux sociaux, et qui participe à cette forme de brutalisation, à cette polarisation accrue, à tout niveau, dans une campagne électorale, mais aussi, vous voyez, les polémiques qui peuvent y avoir, qui peuvent exister entre différents influenceurs, ou comment on prend aujourd'hui à partie, beaucoup plus facilement, une personnalité plus ou moins en vue, comment on règle ses comptes, comment aussi le niveau de langage a été abaissé, où un certain nombre de formes de civilité sont moins respectées.

Donc, ça aussi, c'est le fruit d'une époque et d'une évolution.

8:04
Présentateur

Eh bien, ça, justement, je me demande si on n'assiste pas à une relativisation de ça. Regardez, je vous prends un troisième exemple. Sarah Knafo à Paris, qui était omniprésente sur les réseaux sociaux, et qui avait, disons, une campagne très sophistiquée sur le plan du marketing, très en décalage aussi, pourrait-on dire, par rapport à ses idées. Bon, elle a obtenu un peu plus de 10%. Alors, je vous laisse me dire si c'est beaucoup ou pas, mais en tout cas, c'est très loin, si vous voulez, d'une explosion.

8:34
Invité

Oui, alors, plusieurs choses. Quand je parlais des réseaux sociaux, ce n'était pas le fait de les utiliser dans le cadre d'une stratégie de campagne. C'était les effets que ça pouvait provoquer sur la teneur du débat public et sur les relations interpersonnelles. C'est là-dessus que j'essayais de... Là, je vous suis, évidemment. De répondre.

8:54
Présentateur

Mais sur la manière dont les politiques d'Ati, Sarkozy et Knafo ont été extrêmement présents sur les réseaux sociaux.

9:02
Invité

Alors, sur Paris, on voit... Moi, j'avais fait les comptes. Il suffit d'aller regarder le nombre de followers sur les différents réseaux sociaux, par exemple, des différents candidats à municipales à Paris. On voit que Sarkozy a écrasé le match sur les réseaux sociaux. Alors, être omniprésent sur les réseaux sociaux, on maîtrisait certains codes... Qui était son cas indéniablement ? Souvent à portée des Etats-Unis, parce qu'on reconnaissait les couleurs de la campagne de Mandani à New York. Tout ça ne fait pas de vous le finaliste d'une élection.

Mais pour une petite formation politique comme Reconquête, qui n'était quasiment pas implantée à Paris, le fait de faire 10%, eh bien, je pense que ce score est quand même à souligner et qu'il est dû à cette stratégie qui a été de s'investir fortement sur les réseaux sociaux. Donc, ça ne fait pas tout, mais ça peut aider.

9:59
Présentateur

Oui, mais d'un autre côté, je ne le ferai pas, mais je pourrais faire la liste de tous les candidats ternes et sérieux qui ont été élus au second tour des municipales.

10:08
Invité

Oui, mais on a dit tout à l'heure que le sérieux était important. Mais je disais, en quoi, pour un candidat outsider, le fait d'investir fortement sur les réseaux sociaux et de le faire en maîtrisant un certain nombre de codes peut permettre un relatif succès d'estime ?

10:24
Présentateur

Sur le plan politique à gauche, cette fois-ci, la gauche plurielle semble être très loin, comme vous l'avez dit tout à l'heure, Jérôme Fourquet, et ça aussi, c'est très marqué dans les différents commentaires.

10:37
Invité

Oui, alors, attention aussi à ne pas idéaliser le passé, parce que la gauche plurielle faisait suite à une période au cours de laquelle les deux grandes forces politiques existantes à l'époque, à gauche, le Parti Socialiste et le Parti Communiste, s'affrontaient toujours très durement, précisément dans le cadre des élections municipales. C'est-à-dire qu'on savait se rassembler au deuxième tour quand il y avait la menace d'une victoire de la droite ou la possibilité d'une conquête à droite, mais qu'au premier tour, on s'affrontait entre camarades très violemment.

Et on va sans doute parler de ce département dans la suite de nos échanges, mais si vous prenez, par exemple, le cas du département de la Seine-Saint-Denis, il a été le théâtre d'une lutte au couteau historique entre des communistes qui étaient très implantés traditionnellement dans ce département et des socialistes qui, méthodiquement, les ont délogés un par un de leur fief. Donc, attention à l'idée d'une gauche qui se serait parfaitement entendue. Les municipales ont toujours été un terrain d'affrontement pour conquérir des positions électorales locales.

11:40
Présentateur

Oui, parce que la Seine-Saint-Denis, on a surtout retenu, évidemment, Saint-Denis et la Courneuve. Alors, exactement. Donc, ce qui s'est passé...

11:49
Invité

Deux municipalités passées à la France insoumise. Voilà, que la France insoumise a conquise et qui incarnent ces territoires de banlieue qui se caractérisent par deux facteurs principaux qui sont d'abord être des communes où les populations sont très pauvres. On a un taux de difficultés sociales qui se concentrent dans ces territoires-là. Et puis, la deuxième caractéristique, c'est le fait que les populations issues des immigrations sont très représentées, voire surreprésentées, dans ces communes-là. C'est ce qu'en langage insoumis, on appelle la Nouvelle-France, terme qui fait suite à la France créolisée.

Et c'est dans ces territoires-là que la France insoumise a décidé de s'investir pleinement. Donc, on a retenu l'exemple de Saint-Denis et de la Courneuve au deuxième tour. Mais on pourrait ajouter la ville de Creil, qui avait été rendue célèbre dans le département de l'Oise par la fameuse polémique sur les foulards en 1989, qui a été conquise par la France insoumise dimanche dernier. La ville de Roubaix, dans la banlieue de Lille. Et puis, dans la région lyonnaise, se sont ajoutés Vénitieux, Saint-Fonce et Vaud-en-Velin. Donc, trois communes qui incarnent aussi ces banlieues paupérisées dans lesquelles LFI a décidé de s'implanter et de s'investir.

13:14
Présentateur

Lille, dans la banlieue, il y a eu deux villes assez étonnantes, donc Roubaix, que vous venez d'évoquer, Tourcoing, juste à côté de Roubaix, une conurbation. Et pourtant, Tourcoing a élu une liste sur laquelle on trouvait en seconde position Gérald Darmanin.

13:30
Invité

Oui, alors, les villes sont voisines, elles ont un certain nombre de similarités, mais il y a aussi des différences. Vous regardez le niveau de pauvreté, vous regardez la composition. Tourcoing est une ville assurément plus bourgeoise que Roubaix. Et LFI a décidé de s'investir et de s'implanter dans ces territoires. David Guiraud est originaire de la région parisienne. Il a été parachuté, d'abord député, puis maintenant maire, à Roubaix. Après, les villes dont je parlais dans la région lyonnaise, la tête de liste a été confiée à des députés insoumis. Et donc, c'est cette stratégie-là de s'implanter dans ces territoires qui a payé.

Alors, attention à ne pas trop amplifier ces victoires, qui sont réelles et qui ont une vraie signification politique. Mais la France ne se résume pas à ces communes-là, qui sont encore une fois très particulières et qui sont très typées.

14:24
Présentateur

Il y a d'autres villes qui ont fait couler beaucoup d'encre. Toulouse et Limoges, par exemple, où LFI était en tête.

14:34
Invité

Alors, effectivement, là, on est sur des villes très intéressantes parce qu'elles sont, on va dire, sociologiquement plutôt à gauche. Aux élections nationales, elles votent à gauche, mais elles avaient la particularité d'être dirigées par des maires de droite. Deuxième particularité, la gauche, au premier tour, obtient, dans le total des voix, une majorité des voix. Et dans cette majorité des voix, c'est la liste insoumise qui était en tête. D'où le fait qu'il y ait eu des alliances et qu'au deuxième tour, la gauche était à direction insoumise dans ces villes. Et ces villes ont été marquées par un échec assez cinglant.

Donc, comme j'avais anticipé qu'on parlerait de Toulouse, je suis venu avec mes chiffres. On a estimé, nous, pour le groupe TF1 dimanche soir, les résultats à Toulouse. Donc, on avait des bureaux de vote test dans toute cette ville. Et donc, on a pu reconstituer ce qui s'était passé. Et donc, on constate que seulement deux tiers, un peu plus de deux tiers des électeurs qui avaient voté pour la liste socialiste au premier tour ont voté pour la liste de gauche au deuxième tour. Il y en a 17% qui ont voté pour la liste moudingue, pour la liste de droite. Et puis, à peu près 14 ou 15% qui se sont abstenus. Et donc, on a des pertes en ligne très importantes.

Et c'était un des gros enjeux de cette municipale. C'était de savoir comment se feraient les reports de voie. Donc, mal d'après ce que... Il y a des pertes en ligne qui sont assez fortes. Et donc, tout ça repose une nouvelle fois la question de l'attitude du PS face à la France insoumise. Parce que ce cas toulousain ne s'est pas appliqué partout. Si vous prenez l'exemple de Nantes, par exemple, la maire de Nantes socialiste, Johanna Roland, numéro 2 du PS, en difficulté au premier tour face à une percée de la droite, a fait alliance avec la France insoumise qui ne lui a pas empêché d'être élue.

16:21
Présentateur

On se retrouve dans quelques minutes, Jérôme Fourquet. Vous êtes directeur du département Opinion et Stratégie d'entreprise à l'IFOP. Métamorphose française, c'est le livre que vous avez publié aux éditions du Seuil. On reparlera, bien sûr, des résultats enregistrés par le Rassemblement national. Et puis, les questions posées aujourd'hui à la droite par rapport au Rassemblement national. 8h sur France Culture.

16:45
Locuteur non identifié

Notre invité, Jérôme Fourquet,

16:53
Présentateur

directeur du département Opinion et Stratégie d'entreprise à l'IFOP, Métamorphose française, État de la France en infographie et en images aux éditions du Seuil. Je voyais donc vous agiter suite à ce billet politique de mon camarade Jean Lémarie.

17:07
Invité

Jérôme. On est dans ce qu'on indiquait tout à l'heure, c'est-à-dire le changement d'époque, la capacité du Parti socialiste à être la force dominante qui permettait de mettre tout le monde d'accord. Et on voit qu'aujourd'hui, ce leadership a disparu, que les tensions sont beaucoup plus virulentes et qu'il n'y a plus aujourd'hui de personnes. On parlait de candidats naturels à une époque qui s'est capables de s'imposer. Et les résultats des municipales, on en parlait avant le journal de 8h, ont donné du grain à moudre à ceux qui disent qu'il faut absolument l'union ou à ceux qui considèrent que, au Parti socialiste, s'allier avec LFI est une stratégie perdante.

Et puis, on a encore une troisième catégorie, c'est ceux qui ont la chance d'être dans des villes où l'écart électoral est important entre LFI et le Parti socialiste. Je pense, par exemple, à Paris, à Rouen, ou bien encore à Marseille, et où là, ces candidats socialistes ont été capables de se faire réélire sur leur nom, sans avoir à passer par une alliance avec LFI. Et vous voyez que, dès le soir du deuxième tour, les débats sans piternelle à gauche et notamment au Parti socialiste sur l'attitude à avoir vis-à-vis de LFI sont repartis de plus belle dans la perspective, bien évidemment, de la présidentielle.

18:36
Présentateur

Oui, alors, justement, il y a une question que je me pose. Ce n'est pas tant de savoir pourquoi on vote pour quelqu'un, mais pourquoi on ne vote pas pour quelqu'un. C'est-à-dire, en fait, qu'est-ce qui est diriment dans une élection ? Alors, on sait qu'il y a eu toute une série de thèmes qui étaient diriments, comme, par exemple, à l'époque, par exemple, du mariage pour tous. Il y a eu une césure. Il y a eu une même question à gauche avec la question, donc, de la déchéance de nationalité. Et puis, aujourd'hui, il y a cette question de l'antisémitisme avec des déclarations tout à fait étonnantes.

Un membre de la France insoumise a expliqué, par exemple, qu'il augmenterait aussi le SMIC, aussi pour les personnes juives. Des phrases qui sont vraiment du... Voilà. Qui résonnent de manière très curieuse aujourd'hui. Et cependant, ce thème n'est pas diriment pour un certain nombre des lecteurs. Comment l'expliquez-vous, Jérôme Fourquet ?

19:35
Invité

Alors, effectivement, ce sujet de l'antisémitisme à la France insoumise a été porté à incandescence ces derniers mois. On a eu des déclarations à la veille du premier tour des municipales indiquant qu'il était, dans ce cadre-là, plus du tout envisageable de procéder à des accords, ne serait-ce qu'électoraux. Et pour autant, on a parlé du cas de Limoges, on a parlé du cas de Toulouse, on pourrait parler aussi du cas de Tulle, ville chère à François Hollande. Le Parti socialiste, localement, s'est allié avec la France insoumise.

Ce qu'on évoquait précédemment, c'est que si, au premier tour, la tonalité du discours de la France insoumise lui permet d'obtenir un certain nombre de succès électoraux, on voit pour autant qu'au second tour, les reports sont imparfaits, qu'il y a toute une partie de l'électorat de gauche traditionnelle qui ne se résout pas à passer outre et quand même voter pour...

20:38
Présentateur

Vous l'avez dit, c'est directement, par exemple, pour 17% des Toulousains qui ne se sont pas reportés...

20:45
Invité

Plus, c'est un tiers des socialistes. Il y en a 17% qui ont voté Moudinque et à peu près 14% qui ont voté blanc ou nul. Et donc, morale de l'histoire, les voix... Voilà. Donc, ça fait quand même un score. Mais moi,

20:58
Présentateur

je parlais des 12%... De ceux qui continuent de voter. Qui continuent de voter et la question que je vous posais est la suivante, mais peut-être n'a-t-on pas de réponse. Est-ce que pour eux, en réalité, il n'y a pas d'antisémitisme ou il n'y a pas d'arrière-pensée dans ces différents propos qui, malheureusement, tombent toujours du mauvais côté de la pièce ? Ou bien, est-ce que c'est quelque chose de négligeable par rapport à d'autres questions comme, par exemple, la question sociale, le mix énergétique, que sais-je ?

21:29
Invité

Alors, je pense que ces électeurs font, entre guillemets, la part des choses et ils considèrent que ces propos sont tenus par certaines personnalités de la France insoumise et que tout le mouvement de la France insoumise ne peut pas être, j'allais dire, réduit à cette ligne-là. Vous constaterez que, notamment à Toulouse, mais aussi à Limoges, les candidats qui incarnaient la France insoumise n'étaient pas ceux qui avaient été les plus en pointe sur ces questions-là.

Et ce qu'on disait aussi tout à l'heure, les Français, les électeurs font aussi, entre guillemets, la part des choses en disant que là, il s'agit d'une question d'élection municipale et que pour gérer notre ville, il faut que, quand on est de gauche, on se rassemble, c'est le fameux mantra, et qu'on peut le faire dans ces villes-là où la France insoumise est représentée par des gens qu'on considère comme étant fréquentables et non soubastables. Et donc, pour le résumer d'une formule, beaucoup d'électeurs à gauche considèrent que toutes ces dérives, tous ces dérapages ne sont pas généralisés au sein de la France insoumise et donc, dans ce cadre-là, on peut ponctuellement faire des alliances.

22:41
Locuteur non identifié

Jean-Lémarie. Et dans le cas de Toulouse, par exemple, l'insoumis François Picmal et le socialiste François Briançon ont publié, ensemble, au moment où ils se sont alliés, un texte pour dire, évidemment, leur combat contre le racisme et l'antisémitisme.

22:58
Invité

Exactement. Ce qui n'a pas empêché M. Picmal d'être mal accueilli lors des cérémonies d'hommage à la mémoire des victimes de Mohamed Merah à Toulouse qui avait ensanglanté cette ville.

23:15
Présentateur

Au lendemain des municipales, les questions se posent maintenant à droite aussi et là également, on est dans une situation qui est nouvelle avec, pour beaucoup de personnes à droite, un succès qui donne des idées, c'est le succès d'Éric Ciotti.

23:33
Invité

Alors, on peut, oui, alors, il y a le succès d'Éric Ciotti et puis il y a aussi celui d'Édouard Philippe et tout ça, en fait, peut se résumer à ce qui s'est passé, enfin, on peut prendre... Les deux pôles. Voilà, les deux pôles et on peut prendre la situation de Nice. Alors, c'est un cas assez particulier mais c'est une ville qui est très intéressante qui est historiquement de droite. La fédération UMP puis LR des Alpes-Maritimes était la troisième fédération de France après les Hauts-de-Seine et Paris et on voit que dans ce département bastion de la droite, eh bien, les deux figures emblématiques de cette droite sarcosiste ont choisi soit de rallier Édouard Philippe, c'était le cas de M.

Estrosi, soit de s'allier avec le Rassemblement National, ça a été la démarche de M. Ciotti. Comme si, y compris dans un fièvre de la droite, on avait considéré qu'il n'y avait plus d'avenir pour une ligne LR qui serait de stricte obédience et que, j'allais dire, la masse critique que représente LR est aujourd'hui tellement abaissée qu'il n'y a de salut que dans une alliance ou un rassemblement soit avec le Bloc Central ou une UMP reformée sous étendard Philippe, soit en franchissant le Rubicon et en s'alliant avec le Rassemblement National de Marine Le Pen. On rappelle aussi quand même qu'Éric Ciotti était le patron, le président des Républicains.

Donc, ce n'est pas un cadre intermédiaire qui a rallié, c'était quand même le patron. Il n'a pas emmené beaucoup de troupes avec lui, mais c'est quand même assez significatif.

Et vous voyez qu'à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, il y avait une élection législative partielle qui avait été gagnée par un candidat UDR, donc un candidat du parti d'Éric Ciotti, partielle dans laquelle Bruno Rotaillot avait dit pas une voix pour la gauche, donc ça voulait dire qu'il fallait voter pour l'UDR et puis que plus récemment, en Haute-Savoie, autre terroir de droite, c'est de nouveau dans une partielle un candidat UDR qui l'emportait face à un candidat de droite LR avec les notables LR locaux qui ont dit nous on ne va pas prendre parti parce qu'en fait on a des amis dans les deux camps, tout ça c'est la même famille politique.

Et donc on voit comment se dessine une aspiration d'une partie de la frange la plus droitière de LR dans l'orbite de Marine Le Pen et de Bardella et puis quand une autre frange se dit il y a de salut notamment dans la perspective de la présidentielle qu'autour d'une figure comme Édouard Philippe et donc va se poser la question pour LR de savoir est-ce qu'on va à l'élection sous nos propres couleurs ou est-ce qu'il n'y a encore une fois de perspective raisonnable que dans le cadre d'une alliance. Rappelons-nous Valérie Pécresse c'est 4,7% des voix à la présidentielle et M. François-Xavier Bellamy c'est 7,2% aux élections européennes.

Donc bien sûr LR comme le parti socialiste conserve dès qu'on sort des grandes villes énormément de postes de maires ils sont encore les deux grandes formations dominantes territorialement ils vont le LR va avoir sans doute de bons résultats aussi au sénatorial on l'a évoqué tout à l'heure mais il y a un véritable problème d'incarnation et de positionnement pour la présidentielle.

26:52
Locuteur non identifié

Jean-Lymarie question cruciale évidemment pour les dirigeants à droite avec ces cas que vous évoquiez et l'échéance présidentielle qui arrive mais avez-vous l'impression avez-vous le sentiment après ces municipales que l'opinion à droite l'électorat à droite a bougé a évolué vous parliez de stricte obédience je reprends votre expression LR est-ce qu'il y a encore une stricte obédience dans l'électorat LR aujourd'hui ? Ce qu'on disait

27:16
Invité

ce qu'on indiquait c'est-à-dire que alors c'est un peu le sport national dans une élection municipale notamment à droite c'est de se présenter sous le label majorité municipale rassemblement de la droite divers droites donc des listes qui étaient estampillées LR stricto sensu il y en avait assez peu et l'électeur de droite est quand même assez assez tourneboulé c'est-à-dire que ses repères sont chamboulés dans beaucoup d'endroits les LR partaient en alliance dès le premier tour avec les macronistes dont Bruno Rotaillot a dit qu'il ne fallait plus soutenir la politique gouvernementale dans ce gouvernement on a 6 ou 7 ministres LR qui ont été suspendus de LR et donc l'ancien patron de LR a rallié le rassemblement dans un système d'alliance avec le rassemblement national prenez le cas si on élargit la focale niçoise sur toute la région PACA à Marseille la ville de Jean-Claude Godin la liste Vassal Martine Vassal alliée dès le premier tour au macroniste fait 12% au deuxième tour il tombe à 5% face à un rassemblement national dirigé par Franck Elisio qui est un ancien UMP prenons le cas de Toulon Toulon où la droite a réussi à sauver sa ville mais où beaucoup de cadres locaux avaient rejoint le rassemblement national le patron de la région monsieur Muselier avait rallié les macronistes donc les LR aujourd'hui se disent nos valeurs n'ont pas disparu mais on en retrouve à la fois chez certains qui ont franchi le Rubicon qui sont alliés avec les macronistes et puis on en a d'autres qui sont partis et donc se pose la question de cette centrifugation c'est-à-dire qu'on voit que le capital LR est aspiré des deux côtés et que la masse critique ne cesse la masse musculaire ne cesse de se réduire

29:14
Présentateur

bon mais alors il y a quand même une chose on voit bien les deux pôles de la droite selon vous un pôle Édouard Philippe et un autre pôle Éric Ciotti ou en tout cas pour une union des droites si d'aventure Jordan Bardella était le candidat du rassemblement national lui semble être en faveur d'une union des droites il n'est pas le seul Laurent Wauquiez a parlé d'une primaire de Sarah Knafow sans le rassemblement national

29:39
Invité

quand même Sarah Knafow n'étant pas non non alors sur l'échiquier politique mais organisationnellement c'est pas l'union des droites donc Wauquiez c'est de Knafow à Édouard Philippe bon voilà pour essayer de faire pièce face au rassemblement national alors cette question de l'union des droites dans l'hypothèse d'une candidature Jordan Bardella alors quand on parle d'union des droites soyons clairs c'est une fusion ou un rapprochement entre la droite LR et le rassemblement national ce qu'a fait Éric Ciotti voilà alors c'est un vieux sujet à droite mais qui en fait se pose depuis l'émergence du Front National sauf qu'il se pose dans des termes radicalement nouveaux on revient aux années Jospin dans la mesure où historiquement c'est la droite qui était dominante et la question de l'union des droites c'était est-ce que on se salit les mains pour reprendre la formule de Michel Noir on perd notre âme pour gagner une élection en acceptant des accords avec le Front National pour aller bénéficier de cet appoint de voix ça c'était la question qui était posée en ces termes à l'époque aujourd'hui l'union des droites c'est est-ce que la droite accepte d'être le partenaire junior dans le cadre d'une coalition avec un rassemblement national qui serait dominant donc là c'est une question qui vous voyez que les perspectives politiques ne se posent plus du tout dans les mêmes termes on a parlé de l'UDR d'Éric Ciotti c'est un petit parti qui gravite autour du rassemblement national il ne parle absolument pas d'égal à égal et donc non seulement il y a la question des valeurs qui se posent et qui se posaient déjà à l'époque mais il y a aussi la question du rapport de force dans cette union en disant combien la droite pèserait-elle parce que tout le monde a bien compris quand vous regardez les résultats électoraux qu'il y avait un parti dominant et il y avait un parti dominé on poursuit ce tour d'horizon

31:31
Présentateur

les écologistes les écologistes ont conservé certaines mairies et ils en ont perdu d'autres

31:36
Invité

oui alors ils n'en avaient pas énormément et ça avait été un des principaux enseignements des six particulières élections municipales de 2020 qui s'étaient déroulées durant la période de Covid ça avait été la conquête de plusieurs grandes villes par les écologistes quand on fait le bilan aujourd'hui six ans plus tard la situation est assez contrastée la ville de Lyon est sauvée de justesse par monsieur Doucet avec moins de 3000 voies d'avance mais la métropole spécificité lyonnaise la métropole lyonnaise n'est plus dirigée par les écologistes or c'est à ce niveau administratif là que se décide notamment tout ce qui concerne les politiques de transport donc il y a beaucoup de leviers qui vont échapper désormais aux écologistes la ville de Besançon a été perdue la ville de Strasbourg également la ville de Poitiers la ville de Bordeaux et les écologistes ont conservé en revanche celle de Tours et on a conquis un certain nombre en région parisienne donc on voit que la situation est quand même difficile pour ces écologistes ils sont sans doute victimes de leur bilan de prises de positions qui ont été assez clivantes lesquelles ?

les polémiques récurrentes on aime bien chez les écolos accrocher un certain nombre de symboles donc on se souvient de la polémique sur les sapins de Noël sur le Tour de France sur également le financement aux aéroclubs beaucoup d'électeurs ont été un peu déboussolés et puis sans doute aussi que

33:11
Présentateur

ça apparemment à Lyon par exemple ça n'a pas été diriment l'hostilité au cyclisme l'a emporté sur l'amour du foot

33:19
Invité

alors oui ça se joue quand même au finish au finish

33:23
Présentateur

mais souvenez-vous quand même Jérôme Fourquet au début avant le premier tour Ola s'était élu au premier tour d'après

33:30
Invité

Oui ensuite il y a la alors bien avant le premier tour il y a le rôle des campagnes électorales

33:36
Présentateur

Je ne veux pas dire du mal de votre profession

33:37
Invité

Non mais ce que les sondages et pas que ceux de l'IFOP ont montré c'est que progressivement au fur et à mesure que les débats s'enchaînaient Incontestablement

33:46
Présentateur

surtout que la campagne d'Ola s'a

33:47
Invité

patougé assez rapidement Exactement Et une autre difficulté pour les écologistes c'est qu'ils ont été copiés par notamment le parti socialiste qui est en concurrence avec eux dans ces grandes villes et qui aujourd'hui se réapproprie toute une série des politiques publiques qui avaient été prônées par les écologistes et de ce point de vue là en termes de symboles alors ça a été déjà dit et redit mais la pérégrination en vélo d'Emmanuel Grégoire dans l'Est parisien le soir du deuxième tour vélo électrique il faut que vous soyez précis vélo électrique c'était un symbole de la capacité que les socialistes dans ces grandes villes ont eu de reprendre à leur compte toute une partie des thématiques qui étaient portées par les écologistes

34:31
Locuteur non identifié

J'en ai marre Et même au-delà si on regarde effectivement au-delà des candidats écolos est-ce que tous ces sujets sur les transports la pollution la végétalisation le rafraîchissement des villes ne sont pas aujourd'hui malgré le déclin de quelques figures écologistes est-ce que ces sujets-là ne sont pas portés assez largement non seulement à gauche mais aussi à droite par des candidats qui viennent d'être élus

34:54
Invité

Oui vous avez vous avez tout à fait vous avez tout à fait raison et donc on pourrait dire que c'est un effet paradoxal de la victoire culturelle des écologistes que cette que cette contre-performance électorale c'est-à-dire qu'à partir du moment où ils ont irrigué dans le débat public citadins et urbains avec toute une série de leurs alertes de leurs propositions et bien ils se sont fait quelque part dépouiller de leur fonds de commerce mais on pourrait se dire que cette défaite électorale ou cet échec électoral s'est accompagné ou été précédé c'est un peu l'antigramschisme par une victoire culturelle puisqu'ils ont réussi à convertir y compris leurs adversaires historiques ont bien fondé d'un certain nombre de thématiques qu'ils défendaient

35:42
Présentateur

Il y a eu par exemple le débat sur la voiture en ville Jean-Lémarie qui est un débat qui a donné des résultats plutôt favorables aux écologistes avec à Paris bien sûr la ligne mais c'est pas tant une ligne qui a été préemptée par enfin plutôt elle a été préemptée par les socialistes à Paris mais elle l'a été à partir de Bertrand Delanoé Oui bien sûr

36:08
Invité

mais on voit Je veux dire c'est pas nouveau Non non mais elle a été amplifiée elle a été amplifiée durant cette période et elle a transformé elle a transformé l'espace urbain elle a transformé aussi les mentalités dans ces grandes villes ce qui fait qu'on revient aussi à la droite tout à l'heure cette droite même si elle a quand elle est en responsabilité au niveau local peut faire un certain nombre d'emprunts sur ce type de thématiques la droite classique apparaît aujourd'hui très décalée par rapport à ce qu'est le biotope des grandes métropoles françaises et donc on voit comment là encore une fois on a des écarts entre ce qui se passe dans les grandes villes et ce qui va se passer dans les villes moyennes

36:53
Présentateur

l'échec d'un certain nombre de barons je pense notamment à François Bayrou évidemment à Pau

36:58
Invité

alors là on est peut-être sur des fins de cycle des fins de cycle politiques soit des maires qui ont fait le mandat de trop ça arrive à chaque élection de droite comme de gauche soit François Bayrou qui n'était pas maire de Pau depuis Mathieu Zalem mais quelque part on peut se dire que c'est peut-être sa deuxième motion de censure il a été défait à l'Assemblée Nationale et sa carrière de Premier Ministre s'est terminée assez durement et donc là c'est le match retour à Pau où toute cette séquence se solde aujourd'hui il y a également eu l'affaire Betaram qui l'a vous pensez qu'elle a laissé localement je pense qu'elle l'a abîmé alors la défaite est courte c'est un peu moins de 350 voies sur une ville comme Pau ce qui est assez peu mais ça dit quand même aussi des choses il y a des cycles comme ça politiques électoraux qui se referment

37:53
Présentateur

un cycle qui se referme et puis donc bien évidemment maintenant un cycle qui s'ouvre avec la présidentielle Jérôme Fourquet en conclusion

38:01
Invité

oui alors attention à ne pas extrapoler trop avant les résultats des municipales et les plaquer sur ce que pourrait donner une présidentielle il y a des logiques qui sont propres à ce scrutin mais c'était manifeste sur les plateaux télévisés des dimanche soir tous les états majeurs politiques n'avaient qu'une chose en tête c'était la préparation de la présidentielle et qu'on referme très vite le dossier des municipales donc on peut les comprendre on est à à peine un an de la présidentielle tout ça va aller très vite maintenant

38:32
Présentateur

merci beaucoup merci Jérôme Fourquet je rappelle que vous êtes directeur du département opinion et stratégie d'entreprise à l'IFOP votre livre métamorphose française état de la France en infographie et en images aux éditions du Seuil dans quelques instants mes camarades Lucille Comeau François Saltiel et puis le journal d'Anne Lorchouin le 8h45 merci