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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 16 octobre 2021 66 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Présidentielle : qui inquiète Macron ? #cdanslair 16.10.2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 38 %Attaque 25 %Défensif 37 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse partielle

    Quels sont les candidats que craint le plus Emmanuel Macron ? Quelle stratégie adopter ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Bruno Jeudy, vous parliez de l'image d'Emmanuel Macron en footballeur. Que faut-il en penser ?

  • 3:05OuverteRéponse directe

    Cécile Cornudet, sur le fond, c'est une campagne pour une réélection, pour un second mandat. C'est un exercice compliqué, non ?

  • 4:31RelanceRéponse directe

    Claire Gatinois, on l'accuse de faire campagne avec le carnet de chèque des Français. Xavier Bertrand et Marine Le Pen l'ont dit. Qu'en pensez-vous ?

  • 5:57OuverteRéponse directe

    Pascal Perrineau, quand se déclare un candidat ? Mitterrand en 1988 l'a fait très tard. Emmanuel Macron doit-il faire de même ?

  • 7:17ComplaisanteRéponse directe

    Reste à savoir... Macron, c'est comme Amazon. Il y a de tout. Et c'est livré chez vous. C'est Aurélien Taché qui illustre votre propos.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:21PrésentateurFait
    « Aucun président, hormis les cohabitations, n'a été réélu. »
  • 4:53PrésentateurChiffre
    « 600 millions pour les agriculteurs, 15 millions pour les refuges de chats et chiens. »
  • 5:43PrésentateurFait
    « Il y a un argent un peu plus facile qu'auparavant, c'est clair. »
  • 9:56PrésentateurChiffre
    « 24-25%, c'est plutôt aujourd'hui son score du premier tour 2017. »
  • 10:15PrésentateurChiffre
    « 47% des Français ont une bonne opinion du président de la République. »
  • 15:53PrésentateurChiffre
    « La stratégie pour 2030 doit nous conduire à investir 30 milliards d'euros. »
  • 17:23PrésentateurChiffre
    « 600 millions d'euros pour les agriculteurs, 500 millions pour les policiers, 400 millions pour les personnes âgées, 50 millions pour les pêcheurs, 40 millions pour les sages-femmes. »
  • 17:47PrésentateurChiffre
    « On en serait à entre plus 5 à 7 milliards d'euros dépensés en 15 jours annoncés. »
  • 30:15PrésentateurFait
    « Deux repas par jour par les restos à un euro. »
  • 31:25PrésentateurPromesse
    « Je présenterai à la rentrée le revenu d'engagement pour les jeunes. »
  • 32:28PrésentateurFait
    « Si chez les 18-34 ans, le président est en tête des intentions de vote. »
  • 38:26PrésentateurFait
    « la retraite à 60 ans »
  • 39:01PrésentateurChiffre
    « François Fillon avait fait 9% chez les 18-24 ans »
  • 49:05InvitéFait
    « elle a influé la décision d'Emmanuel Macron de ne pas fermer les écoles lors du troisième confinement »
  • 55:47Invité politiqueChiffre
    « sur la proximité c'est à peine 25% des français qui lui accordent cela »
  • 1:02:00PrésentateurPromesse
    « une mini réforme des retraites dès maintenant avec la pension minimum à 1000 euros »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Emmanuel Macron17 %
  • Invité6 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Emmanuel Macron en déplacement à Marseille, mais on a également vu le président en joueur de football avec le Varieté Club de France à Poissy et marquant même un but sur pénalty. Et ce quelques jours après avoir dévoilé un grand plan d'investissement pour la France en 2030. Bref, la campagne est bel et bien lancée alors que le jeu est en train de s'ouvrir pour accéder au second tour de la présidentielle. Un chamboule-tout qui rebat les cartes de cette campagne. Question. Quels sont les candidats que craint le plus Emmanuel Macron ? Quelle stratégie adopter ? Y a-t-il un risque à partir favori dans une campagne qui sera longue et déjà pleine de rebondissements ?

C'est le sujet de cette émission de ce C dans l'air, intitulé ce soir « Présidentiel qui inquiète Macron ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Cécile Cornudet. Vous êtes éditorialiste politique aux Echos. Bruno Jeudy, rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Citons votre édito de la semaine dernière « Pourquoi Emmanuel Macron n'ignore plus ? » Éric Zemmour. Pascal Perrineau, politologue. Vous enseignez à Sciences Po. Vous êtes l'auteur d'un « Que sais-je ? » sur le populisme. Et enfin Claire Gatinois, journaliste au service politique du Monde. Merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct.

Bruno Jeudy, on commence avec vous et avec votre œil de rédacteur en chef de Paris Match, puisqu'il y a cette belle photo d'Emmanuel Macron en footballeur. Vous me faisiez remarquer juste avant l'émission qu'il avait même marqué un but sur pénalty. C'est une belle image à tel point qu'il a fait la une du Times de Londres, Emmanuel Macron. On va le voir avec cette image. Voilà. Donc même les Anglais, vous voyez, même les Anglais, ça les fascine. C'est une belle photo qui a été prise à dessein d'ailleurs pour faire la une des journaux. Tout est calculé dans cette image. Et la une du Times, les anglo-saxons adorent ce genre d'image.

Bill Clinton faisant du jogging était une de leurs images préférées. Alors la nouveauté, c'est que Emmanuel Macron met en scène encore un peu plus ça. Parce que c'est vrai qu'un match de football pour un président de la République, je crois que c'est une première. Giscard l'avait fait, mais comme ministre pendant sa campagne électorale, avec un geste un peu plus raide. Emmanuel Macron un peu plus souple, pas non plus un grand footballeur, mais un peu plus souple. Et puis il a mis un but. Il a pris un risque en tirant le pénalty. Il l'aurait raté, on en aurait parlé. Alors François Hollande avait raté un pénalty aussi dans un but vide. Mais à l'époque, il avait joué, c'était pas un match.

Il était allé visiter un stade très connu, la Bombanera, en Argentine, à Buenos Aires. Il avait raté le but. Donc Emmanuel Macron, la Russie, s'il l'avait raté, oui, il aurait eu le droit aux railleries. Moi, je trouve que c'est plutôt une belle image pour lui. Et puis ça lui permet de rappeler que c'est un président jeune, qu'il est en pleine forme pour attaquer la campagne. Parce que pour l'instant, il nous diffuse comme ça des images. Il envoie des signaux d'un candidat qui est en train de se préparer, s'échauffer et qui est impatient de rentrer sur le terrain. Impatient de rentrer sur le terrain, Cécile Cornudé. Sur le fond, c'est une campagne pour une réélection, pour un second mandat.

C'est un exercice compliqué, ça, de dire on en reprend pour 5 ans ? Aucun président, hormis les cohabitations, n'a été réélu. Donc évidemment, c'est très compliqué. Et il a regardé Emmanuel Macron, il a regardé Nicolas Sarkozy, notamment 2012. Nicolas Sarkozy qui s'était dit, je vais rester président le plus longtemps possible. Mais qui du tout, n'avait pas du tout préparé sa campagne. Et entré mi-janvier dans la campagne, il avait eu du mal à réendosser les habits de candidat. Là, Emmanuel Macron n'est pas candidat, mais il fait tout comme s'il était candidat. Et rien n'est caché, tout est dit. Il y a un QG de campagne, il y a des gens qui travaillent sur ses propositions.

Et il annonce des projets, vous parlez des investissements pour d'an après. Donc c'est une sorte de présidentielle projetée pour installer l'idée que naturellement, il continuera, puisqu'il a commencé et que tout n'est pas fini et qu'il y a eu la crise. Donc c'est un peu ça qu'il essaie de marquer en ce moment, en étant évidemment candidat, qu'on le voit dans une activité incroyable. Tous les jours, il y a quelque chose de différent pour un public ciblé différent. Un jour, Marseille aujourd'hui, les grands investissements, les harkis, tout est catégorisé, si vous voulez. Et donc depuis début septembre, il a des réponses pour tout le monde. Il est en campagne.

Claire Gatinois, c'est vrai qu'on l'accuse de faire campagne avec le carnet de chèque des Français. C'était Xavier Bertrand qui avait dit ça. Mais même Marine Le Pen, elle a trouvé, elle dit, c'est le quoi qu'il en coûte, je veux être réélu. Tout à fait. C'est une critique qui est assez aisée, puisqu'on le voit, comme le disait Cécile tout à l'heure, semaine après semaine, jour après jour. C'est 600 millions pour les agriculteurs, 15 millions pour les refuges de chats et chiens. On arrose partout ? On arrose un petit peu partout pour chaque public. Et je pense que ça répond aussi à une préoccupation qu'a l'Elysée en ce moment.

C'est de savoir que l'Elysée, c'est qu'on n'est pas réélu avec des grandes lois. En fait, on est réélu parce qu'on change le quotidien des Français. Il faut que les Français aient l'impression que ce quinquennat leur a apporté quelque chose. Donc, il va voir les indépendants, il leur explique que pour eux, il fera ceci. Il va voir les agriculteurs et pour eux, il les protégera, etc. Et en plus, il a un contexte qui lui est extrêmement favorable, puisqu'il n'y a plus les critères de Maastricht, puisque c'est l'ère de l'argent facile. Donc, il n'a plus toutes les contraintes qui ont pu peser sur les présidents avant lui et qui restreignaient justement ce...

Il y a de l'argent magique maintenant, grâce à la Banque centrale européenne. Il y a un argent un peu plus facile qu'auparavant, c'est clair. Pascal Perrineau, on parlait tout à l'heure d'une campagne particulière, parce que c'est pour un second mandat, c'est pour continuer 5 ans de plus avec Emmanuel Macron. Quand se déclarer ? Alors, j'ai regardé François Mitterrand en 1988, c'était déclaré très tard, le 25 mars, soit un mois à peine avant le premier tour de la présidentielle de 88. C'est typiquement le genre de précédent qu'a dû regarder Emmanuel Macron ?

6:13
Emmanuel Macron

Oui, bien sûr, parce que, si vous voulez, il faut garder l'intérêt d'être en fonction et d'être en fonction sans avoir la vulgarité d'être un candidat comme un autre. Ça, c'est extrêmement important. Être candidat, c'est un peu vulgaire. Voilà, c'est un peu vulgaire de descendre dans l'arène. Donc, on descend dans l'arène relativement tard. Et puis, d'autre part, voilà, on n'est pas en ligne de mire, tout de même, pendant trop longtemps, puisque l'on est sur une campagne officielle qui est une campagne relativement courte. Et puis, ça permet, on en parle, de distribuer la manne présidentielle jusqu'au bout en envisageant l'électorat comme un ensemble de parts de marché. Voilà.

Et on sert chaque part de marché en espérant que cela ait un écho parce que c'est quelques mois avant l'élection. Peut-être même, on ira jusqu'à quelques semaines avant l'élection. Et que les retraités, les jeunes, les pêcheurs, les agriculteurs, les propriétaires de chats et de chiens s'en souviendront.

7:17
Présentateur

Reste à savoir... Je ne peux m'empêcher de... Parce qu'on avait prépare des petites citations. Macron, c'est comme Amazon. Il y a de tout. Et c'est livré chez vous. C'est Aurélien Taché qui illustre un petit peu votre propos. L'ancien député de La République En Marche qui a déclaré ça au Monde.

7:30
Emmanuel Macron

Voilà. Donc il y a certainement ça. Et puis il y a une crainte, je crois, plus générale. C'est la crainte d'embrasement qu'on ne voit pas venir. C'est tout de même le souvenir des Gilets jaunes. Personne n'avait vu venir quelque chose. Ni le président, ni le premier ministre de l'époque, Édouard Philippe, ni les ministres. Personne n'avait vu sur ce terrain, en effet, du prix de l'énergie. Et vous voyez que ça nous rappelle quelque chose aujourd'hui. Venir cet embrasement qui a fait trembler, même la République, sur ses fondamentaux. Donc il y a le souci de tout déminer. De tout déminer. Mais si vous voulez, on peut distribuer. On peut distribuer.

Mais il faut que les Français s'en rendent compte. Le vote du porte-monnaie, oui, ça existe. Mais à condition que les Français se disent, le dimanche du premier tour, eh bien oui, notre pouvoir d'achat a véritablement augmenté.

Et il n'est pas évident que dans de multiples couches sociales, particulièrement celles qui ont été directement impactées par la crise de la Covid-19, on se rend compte, les fameux travailleurs de la main et du cœur, qu'on applaudissait sur nos balcons avec un petit drapeau français tous les soirs, il n'est pas certain que ces couches sociales, qui sont des couches en souffrance, se rendent compte aujourd'hui, objectivement, que leur pouvoir d'achat a véritablement changé. Donc là, il y a une épreuve de vérité, tout même.

8:52
Présentateur

Bruno Jeudy, il l'empêche, Emmanuel Macron part visiblement pour un second mandat, largement favori dans les sondages. 25% selon le sondage IFOP pour le Figaro. Est-ce qu'à la limite, partir comme ça, comme favori, c'est pas presque un peu tétanisant ? D'abord, il vaut mieux quand même être dans cette position aujourd'hui pour un président sortant qu'un président qui serait pas certain de pouvoir se représenter et même qui renoncerait, comme ce fut le cas de François Hollande, souvenons-nous, c'était il y a 5 ans. Aujourd'hui, effectivement, Emmanuel Macron est plutôt dans la position du favori, avec quand même, un, le caractère toujours aléatoire d'une élection présidentielle.

C'est dans 6 mois. Et 6 mois avant une élection présidentielle, il se passe souvent des choses. Des favoris peuvent chuter. C'est toujours un peu... Mais c'est vrai que là, ce qui est singulier, Cécile le disait, c'est que c'est une élection avec un président sortant qui va se représenter. Donc il est à la fois difficile et en même temps, Emmanuel Macron a fait un travail de sable depuis 5 ans qui lui permet aujourd'hui de se retrouver à peu près avec le même capital qu'il a eu. C'est même plus, 25%. C'est plus que le premier tour de 2017. Oui, mais les sondages, c'est plutôt 24 que 25. Enfin, on ne va pas y ergoter. 24-25, c'est plutôt aujourd'hui son score du premier tour 2017.

Ce qui est à la fois une bonne base, mais aussi inquiète un peu le président et son entourage. Pourquoi ? Parce que quand on regarde les sondages de popularité, quand on mesure, on demande aux Français s'ils ont une bonne opinion du président de la République, cette semaine dans le tableau de bord IFOP Paris-Maps, 47% des Français ont une bonne opinion du président de la République, ce qui est un chiffre très important. Nicolas Sarkozy, c'était 15 points de moins. François Hollande, c'était quasiment 25 points de moins. Le problème, c'est que ces 47% ne sont pas convertis, se retrouvent avec 24% d'intention de vote. Donc c'est quand même une personnalité qui continue à cliver.

Et quand on demande aux Français s'ils ont une bonne opinion, ils peuvent dire oui, mais est-ce qu'ils voteront pour lui ? Beaucoup, notamment à droite, par exemple, ne disent pas forcément oui. Ce sont les mêmes, les 24% aujourd'hui qui disent qu'ils vont voter pour Emmanuel Macron au premier tour de 2022, est-ce que ce sont les mêmes que ceux qui ont voté pour lui en 2017 ou est-ce que son électorat a bougé ? Je dirais que oui. Si on se base notamment sur l'enquête IFOP, on voit qu'à peu près 90% de l'électorat de 2017 a une bonne opinion et fait confiance à Emmanuel Macron. Au fond, le côté « il aurait changé son électorat » n'est pas si vrai que ça.

Il reste assez fort à gauche, contrairement à ce qu'on dit. Et c'est vrai qu'il a progressé à droite, ça c'est incontestable. Mais à droite, il n'a pas non plus... La faiblesse de la gauche s'explique aussi par le fait que les électeurs de gauche, beaucoup votent Macron. Absolument. Dans le total des voix de gauche qui est extrêmement faible, qui est en dessous de 30%, ce qui, je parle sous le contrôle de Pascal Perrineau, est historiquement très bas, il faudrait ajouter sans doute la part des électeurs de gauche ou qui sont sensibilités de gauche qui votent Macron. Ils disent toujours vouloir voter Emmanuel Macron. Et finalement, c'est plutôt à droite où il y a de la résistance.

C'est-à-dire qu'il a envoyé beaucoup de signes. Il a, comme disait Edouard Philippe, voulu faire travailler la poutre tout au long de ce quinquennat. Mais il n'a pas totalement plié le match à droite. Et on voit bien que, même si les candidats LR, on en parlera, sont en difficulté, il reste néanmoins quand même un socle pour voter les Républicains. Donc c'est sans doute là aussi où est la clé. Et donc, le match n'est pas plié pour reprendre votre élection. Il y a quand même à la fois le caractère aléatoire, le fait que 24% c'est bien, mais on sait que quand on entre dans l'atmosphère, ça peut baisser ce total. Et puis, c'est un président sortant.

C'est un président aussi qui clive et peut-être que son meilleur adversaire, c'est aussi lui-même. Il y a sa personnalité. Et on sait qu'il peut, même si je trouve que depuis deux ans, finalement depuis la crise sanitaire, il a complètement gommé le côté provocateur qu'on pouvait lui reprocher. Les petites phrases pouvaient lui faire perdre pas mal de points dans les sondages. La crise des gilets jaunes est passée par là. Il a tiré les leçons de ça. Aujourd'hui, je le trouve plutôt assez concentré quand même dans ses déplacements et les phrases qu'il peut dire comme ça un peu à l'importe pièce. Cécile Cornudet, un président clivant, disait Bruno Jeudy.

Ça veut dire que dès qu'on entre en campagne, qu'on s'abaisse en tant que candidat, on peut déclencher un tout-sauf-Macron qu'on ne voit pas pour l'instant. Il y a deux zones d'inquiétude chez les macronistes qui sont quand même globalement confiants parce qu'ils regardent les sondages. La première, c'est qu'ils ne savent pas qui va être leur adversaire. Et donc ça, c'est un sujet. Se retrouver au second tour face à un Xavier Bertrand, c'est beaucoup plus risqué que face à un Zemmour ou une Le Pen. Comme il ne sait pas, ça participe aussi de ce moment où il fait du tennis, il tape toutes les balles parce qu'il ne sait pas d'où viendra le... Il ne sait pas quel sera le terrain. Voilà.

L'autre chose, c'est qu'on l'a vu avec le phénomène Zemmour, les gens sont un peu perdus idéologiquement. Ils cherchent quelque chose. On disait qu'ils ne voulaient pas de l'affiche Le Pen-Macron. Alors il y a cet engouement autour de Zemmour. Mais est-ce que le fait que là aujourd'hui, il y a moins de la moitié des gens qui s'intéressent à la présidentielle, ceux qui vont s'y intéresser plus tardivement, qui sont plus les classes populaires, est-ce que celles-ci ne vont pas à leur tour chercher quelqu'un d'autre ?

Il y a un comportement électoral ces derniers temps, lié au Covid, où les gens sont quand même beaucoup repliés sur eux, sont moins intéressés à ces choses-là, qui est très incertain. Et donc ça participe d'une inquiétude générale. Ils sont quand même concentrés sur la chose parce que ce n'est pas gagné d'avance. Alors si ce n'est pas officiellement une campagne, cela y ressemble beaucoup, on l'a dit, depuis plusieurs semaines. Le président enchaîne les déplacements et les promesses. L'opposition l'accuse de jouer les Pères Noël. Lui enfile progressivement son costume de candidat et mouille le maillot au sens propre. Reportage de Walid Berissoul et Éric Chevalier.

C'est sans doute le tir de pénalty le plus politique de l'histoire du football français. Le buteur s'appelle Emmanuel Macron. Et à 200 jours du premier tour, le président de la République fait campagne en short et en crampon pour soutenir l'opération piège jaune et en costume pour les attaques français en vue des Jeux Olympiques. J'étais là, Tony le rappelait, à vos côtés pour... On essaye d'obtenir la responsabilité d'avoir ces Jeux, de les accueillir en France. On l'a eu. Puis ensuite, il y a 2024. Mais l'entretemps, c'est presque le plus dur. L'entretemps, pour lui, c'est 2022. Et en attendant, Emmanuel Macron est retourné à Marseille hier pour la deuxième fois depuis la rentrée.

Histoire de faire un point d'étape sur l'application de son plan pour sauver la ville, annoncé tout début septembre. Et donc en même temps qu'on investit, monsieur le maire, moi j'attends de vous que vous réformiez. Et je sais que vous en avez l'envie. 3, 2... Après le candidat disruptif en 2017, le chef de l'État cherche une autre histoire à raconter aux Français. En les invitant par exemple à se projeter dans la France de 2030, une France championne des industries d'avenir. La stratégie pour 2030 doit nous conduire à investir 30 milliards d'euros pour répondre justement à ce déficit, qui est le déficit en quelque sorte de croissance français.

Mais ses opposants l'invitent plutôt à revoir sa copie sur la forme. Nouvelle journée de propagande macroniste.

16:10
Invité

Qui décide ? Macron tout seul ? C'est plutôt France 1970, c'est le retour de Giscard d'Estaing. Ce plan, il a été fait par une agence de com' ou par un cabinet de consultants américains sûrement, et quelques technocrates, et il ne prend pas la réalité industrielle de ce pays. Quand d'autres le renvoient surtout à son bilan sur le fond. Bonjour Arnaud Mondour.

16:30
Locuteur

Bonjour.

16:30
Invité

J'ai laissé à Emmanuel Macron qui m'a succédé 34 plans industriels, qui étaient des nouvelles frontières dans tous les secteurs de la technologie, qui ont été abandonnés. Entre temps, le Made in France en a pris un sacré coup, puisque si on fait le bilan du macronisme, on peut voir que Alstom, Lafarge, Alcatel, Technip, Essilor, Suez et le prochain CNJ... C'est le bilan d'Emmanuel Macron ?

16:53
Présentateur

C'est le bilan destructif de M. Macron. Alors pour donner 5 ans de plus au chef de l'Etat, la Macronie s'emploie à défendre son bilan. Et sur les réseaux sociaux, l'Elysée met en scène un président providentiel au chevet des chefs d'entreprise.

17:06
Invité

Le quoi qu'il en coûte est officiellement terminé.

17:19
Présentateur

Mais depuis la rentrée, l'exécutif multiplie les annonces d'aides publiques. 600 millions d'euros pour les agriculteurs, 500 millions pour les policiers, 400 millions pour les personnes âgées, 50 millions pour les pêcheurs, 40 millions pour les sages-femmes. Des milliards pour soutenir de nombreux secteurs de l'économie, dit l'Elysée, à moins que ce ne soit pour soutenir les électeurs, répond l'opposition.

17:43
Invité

C'est le quoi qu'il en coûte, je veux être réélu. On en serait à entre plus 5 à 7 milliards d'euros dépensés en 15 jours annoncés. Emmanuel Macron fait campagne avec le chéquier de la France. Et parmi les aides publiques annoncées, nous avions oublié nos amis les animaux. Un président à la campagne. Et bien sûr ceux qui s'en occupent,

18:08
Présentateur

comme dans ce refuge de la SPA. Il y a eu l'enveloppe pour aider les refuges, 15 millions, là qu'on va doubler. Et puis il y avait une enveloppe de 5 millions en plus pour vraiment aider aux opérations de stérilisation, toutes les associations qu'ils font. Parce que c'est vrai que c'est un énorme boulot. L'occasion surtout d'envoyer des signaux aux uns et aux autres. Tout le monde est attaché à la condition animale. Et personne ne veut qu'il y ait des pratiques qui soient cruelles, qui ne correspondent plus à la manière dont nous voyons les animaux. En même temps, nos compatriotes sont attachés à la ruralité et à des traditions. On a trop tendance à opposer les mondes dans notre pays.

Les chasseurs, ce sont des acteurs de la ruralité. Un chasseur, il aime son chien, il aime les animaux, il aime la nature. Sinon, il ne ferait pas de la chasse. Savoir, flairer, l'humeur du pays. Et les sondages qui, semaine après semaine, placent Emmanuel Macron en tête du premier tour, au risque de l'excès de confiance. Le week-end dernier, c'est son ancien Premier ministre, Edouard Philippe, qui a un peu douché l'euphorie ambiante, en prévenant que le match pour la réélection du chef de l'État est encore loin d'être plié. Alors justement, question téléspectateur Pascal Perrineau.

Emmanuel Macron ne doit-il pas attendre de connaître son adversaire, les Républicains, pour orienter au mieux sa campagne ?

19:22
Emmanuel Macron

Certainement. Parce qu'on le voit même à l'heure actuelle, en testant plusieurs candidats possibles pour les Républicains, les Républicains restent dans le jeu. Restent dans le jeu, puisque le ticket d'accès au second tour a baissé, et que donc, avec 14-15% des suffrages exprimés, on pourrait s'inviter au second tour. Et les intentions de vote, dans la perspective d'un second tour, montrent qu'un adversaire républicain est beaucoup plus difficile à battre qu'un adversaire type Zemmour ou type Marine Le Pen. D'autre part, il y a différentes sensibilités. On voit bien que le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, est quelque part le candidat.

C'est peut-être pour ça qu'il est, pour l'instant, celui qui est le plus populaire. C'est celui qui a toutes les caractéristiques du candidat anti-Macron. C'est un élu. Il représente les périphéries et une région qui est une région en profonde difficulté, les Hauts-de-France, où il a réussi à s'enraciner jusque dans les couches populaires, ouvrier et employé. Il est porteur d'une tradition plutôt de droite sociale. Ce n'est pas un homme qui appartient aux grandes élites administratives. Il n'a jamais été banquier d'affaires, un ancien inspecteur des finances ayant pantouflé. Il n'a aucune des caractéristiques de ces élites avec lesquelles les Français sont un peu, aujourd'hui, fâchés.

Donc, c'est un candidat qui, pour Emmanuel Macron, aurait peut-être plus de capacité à réactiver une forme d'anti-macronisme ou de malaise avec Emmanuel Macron que d'autres candidats.

21:06
Présentateur

Cécile Candudé, est-ce qu'Emmanuel Macron, oui, craint de se retrouver au second tour face à Xavier Bertrand ? Est-ce que c'est pour lui la configuration la plus difficile ? Oui, je pense que c'est lui ou Valéry Pécresse, un candidat LR capable d'être sur un discours de réforme et puis quand même une dimension sociale pour le second tour. Oui, je pense que c'est pour lui le plus embêtant. C'est pour ça qu'il continue à actionner l'idée qu'il faut réformer les retraites. Enfin, on sent qu'il a toujours, en seconde ligne de son discours, si vous voulez, des messages très directs à l'électorat LR parce que c'est celui-là qui lui faut absolument conserver ou capter pour la présidentielle.

Cela dit, l'arrivée d'Éric Zemmour, on voit qu'il se prépare aussi à cette possibilité-là. On disait tout à l'heure que l'idée de la campagne, c'était de présenter aux gens des mesures très précises comme ça ils sauront pourquoi ils voteront pour Emmanuel Macron. Éric Zemmour est arrivé dans la campagne avec un discours sur la France plus général, qui n'a pas cette idée d'objet du quotidien, etc. Et on sent depuis quelque temps, Emmanuel Macron lui-même essayer de revenir comme ça à un discours un peu général sur la France. C'est pour ça qu'il a parlé beaucoup de nucléaire dans son plan investissement. C'est un domaine qui est apparu tardivement dans le plan investissement.

C'est fin septembre qu'Emmanuel Macron a dit qu'il faut aussi qu'on rajoute la dimension nucléaire parce que le nucléaire, c'est la France puissante. Il a senti que ça pourrait être un clivage dans la campagne par rapport à Éric Zemmour. Claire Gatinois, il faut qu'Emmanuel Macron parle du quotidien pour l'améliorer, mais aussi de la grandeur de la France éternelle et lui donner un horizon. Exactement. Et pour rebondir sur ce que disait Cécile, effectivement, le plan France 2030, c'était empaqueté, c'était le package parfait pour ça. Bruno Bonnel dit Macron, c'est la France capable de se retrousser les manches. Il veut offrir une vision positive, là où d'autres sont déclinistes ?

Antidécliniste, c'est la France active. Et on voit justement sur ce thème du nucléaire, ça évoque cette France gaulopompidolienne, qui est l'âge d'or, du TGV, tout ce discours justement, qui est aujourd'hui un peu flatté par Éric Zemmour, auquel Emmanuel Macron essaye de répondre avec justement un plan d'investissement qui, l'espère, pourra aussi se concrétiser, mais qui fait ce jeu du... à la fois le temps long et le temps court. Je change le quotidien des Français et je les projette dans l'avenir et je leur offre une dimension de l'espoir que n'offre pas du tout pour le moment Éric Zemmour, qui a un discours extrêmement sombre.

Bruno Jeudy, on le disait à l'instant, Emmanuel Macron a tout à craindre d'un second tour face à un candidat, les Républicains. On a l'impression que... Alors, que penser de, finalement, de Xavier Bertrand, qui, finalement, accepte de se soumettre au vote des militants, accepte de reprendre sa carte des Républicains, est-ce qu'il mange son chapeau ou est-ce que non ? On fait l'unité et LR se donne les moyens d'avoir un candidat et d'être crédible pour cette présidentielle 2022. Comment vous voyez les choses ? Non, c'est incontestablement une séquence compliquée pour les Républicains, voire pénible pour les adhérents.

Xavier Bertrand est obligé d'aller à Canossa manger son chapeau, comme vous dites, parce qu'il ne voulait ni de la primaire. Il accepte le Congrès après avoir dit qu'il n'en voulait pas. Ses allers-retours sur cette question sont un peu compliquées. Je ne suis pas sûr que les Français suivent tout ça de très près, mais ça donne quand même une impression de fébrilité chez Xavier Bertrand, qui reste, Pascal l'a dit, le candidat LR le plus populaire, en tous les cas le mieux placé dans les intentions de vote.

À un moment, Valérie Pécresse l'a presque challengé, et puis finalement, Valérie Pécresse, son plafonne un peu, on a l'impression que son débat avec Gérald Darmanin l'a un petit peu bloqué. Là, il y a eu un plafond. Et Michel Barnier, dont on dit qu'il est un peu plus porté par les militants, parce que la différence, au fond, puisque maintenant, ce sont les adhérents, ils étaient 87 000 au début de semaine, ils seront probablement 100 000 et plus au moment du vote le 4 décembre, les adhérents, il y a une chose qu'ils n'ont pas aimé. Ils n'ont pas aimé que Xavier Bertrand quitte le parti à l'automne 2017, claquant le bec à Laurent Wauquiez, qui venait d'être élu président.

Ils n'ont pas aimé davantage que Valérie Pécresse s'en aille des Républicains lorsque Laurent Wauquiez a lui-même dû démissionner. Donc c'est quand même deux accros importantes. Or, on connaît le patriotisme de parti à droite, ça compte. Et c'est vrai que du coup, Michel Barnier paraît un peu porté. Alors après, Michel Barnier, il est aussi porté parce que Laurent Wauquiez, il y a des règlements de comptes. Vous êtes dans un parti, Michel Barnier, qui a beaucoup de relais dans le parti et a beaucoup d'influence. On sait qu'il soutient en sous-main, sans l'avoir jamais dit publiquement, Michel Barnier. Il y a une partie des Sarkozy, ce qui n'aime pas beaucoup, Xavier Bertrand.

Donc tout ça crée un peu de suspense, c'est vrai. Ça va être très difficile de savoir ce qui va sortir le cas de l'exemple. Moi, à mon avis, je pense que les adhérents voteront pour celui qui sera le mieux placé, le mieux à même d'amener le parti. Parce qu'ils n'ont beaucoup pas à perdre. C'est une question de survie pour ce parti. Si pour la deuxième fois de suite, ils sont éliminés de la présidentielle, alors là, c'est le parti qui peut-être tombera dans le vide. Donc c'est quand même très important. Ce qui va se passer le 4 décembre, ça va sans doute être un élément important pour la suite de la campagne et même pour Emmanuel Macron.

parce que Xavier Bertrand, face à lui, ou si c'est Michel Barnier, ce n'est pas la même campagne, ce n'est pas les mêmes chances. Vous savez, quand les socialistes ont choisi Benoît Hamon plutôt que Manuel Vaz, on a vu ce que ça donnait. Benoît Hamon, à la fin, c'est 6%. C'est la harmonisation d'un parti. C'est presque la disparition d'un... Et c'est un élément important de la campagne qui va jouer le 4 décembre. Pascal Perrineau, vous l'avez étudié, cette base de la droite, ce vote militant. Comment vous voyez les choses pour le 4 décembre ? Vous qui avez étudié de l'intérieur

27:03
Emmanuel Macron

ce vote des militants. La grande enquête que nous avons réalisée était une enquête sur les sympathisants. C'est-à-dire ceux qui disent ben voilà, je me sens plus ou moins proche des Républicains. Là, ce sont, comme Bruno vient de le dire, les adhérents qui vont voter. Donc les sympathisants sont une population différente. Mais je crois que les adhérents se posent de plus en plus la question quel est parmi les 4 ou 5 candidats celui ou celle qui est le plus capable de nous faire revenir au pouvoir. Vous savez, sous la Ve République, la droite, elle a eu l'habitude d'être au pouvoir.

Le fait depuis 2012, depuis 10 ans, d'être dans l'opposition, c'est quelque chose d'exceptionnel pour la droite française. Et puis en effet, ils ont tous l'exemple du Parti Socialiste. Personne n'y croyait. Ce grand parti de pouvoir de la gauche qui aujourd'hui est devenu un parti marginal dont la candidate a du mal à atteindre 5% d'attention de vote. Et donc, ils se disent si c'est cela qui nous attend, c'en est fini. Non seulement de LR, mais peut-être même du clivage gauche-droite, on va rentrer dans d'autres choses. Et donc, c'est avec, à mon avis, toutes, quelle que soit leur envie, si vous voulez, je crois que le principe de réalité va l'emporter sur le principe de plaisir.

Mais je peux me tromper. d'autant que cette fois,

28:28
Présentateur

on voit qu'il y a deux personnalités qui sont prêtes à se partager les restes de LR. Vous avez Éric Zemmour en la partie qui est très offensif sur l'électorat Fillonis, si on peut dire, et Édouard Philippe sur l'autre électorat. Donc, c'est aussi pour ça qu'il y a une question de survie. Il y a danger chez les LR. Alors, c'est un enjeu pour tous les candidats, séduire les jeunes électeurs souvent tentés par l'abstention. Là encore, le président a fait des promesses, notamment la création d'une allocation pour les plus précaires, un revenu d'engagement qui tarde néanmoins à voir le jour. Reportage de Constance Meyer avec Juliette Perrault et Diane Cacciarella.

29:04
Invité

Des files interminables de jeunes devant les banques alimentaires. Une jeunesse qui a faim, l'image d'une précarité qui est devenue visible aux yeux des Français à cause de la crise sanitaire. Une situation rencontrée par Alix Mockard en janvier dernier, cette étudiante de 19 ans n'arrive plus à joindre les deux bouts. J'avoue que déjà je fais du baby-sting pour pouvoir me permettre de vivre un peu parce que du coup mes parents ils ne m'ont pas du tout donné de saut pour vivre ici. Après, ils me payent le loyer donc c'est déjà ça. Mais il faut que je me débrouille tout seul donc c'est vrai qu'il y avait des moments où j'étais un peu en mode « Ah, que faire ? » Un budget serré.

Alors pour se nourrir, Alix se rend deux fois par mois dans cette association caritative. Une aide indispensable pour remplir son frigo. « Nous on a un petit pamplemousse, des bananes, du coup le chou je vais le faire à l'eau. Ça va me durer très très longtemps parce qu'il est énorme. » Génération Covid, génération sacrifiée. Dans la rue, la jeunesse crie sa détresse. Le chef de l'État annonce alors la mise en place d'une mesure spéciale pour tous les étudiants.

30:15
Présentateur

« Deux repas par jour par les restos à un euro. »

30:19
Invité

Seulement voilà, aujourd'hui la situation ne semble pas vraiment s'être améliorée.

30:26
Présentateur

« Est-ce que vous voulez des coups de pote ? » « Oui. » « Des petits biscuits au beurre. »

30:30
Invité

Dans cette épicerie solidaire du Secours Populaire, chaque jour, des dizaines de jeunes continuent de venir chercher des denrées pour se nourrir. « Depuis le début de la crise, on pense qu'on a multiplié

30:41
Présentateur

par trois ou par quatre le nombre de jeunes gens, qu'ils soient étudiants, jeunes travailleurs. C'est sans doute la première fois depuis bien des années qu'on a autant de jeunes à accompagner que depuis cette période de crise sanitaire. »

30:56
Invité

Parmi les bénéficiaires, des jeunes aux emplois précaires.

30:59
Présentateur

« Un bon nombre d'entre eux, parfois, ont un travail, mais ça ne suffit pas. Vous connaissez le niveau des loyers sur Paris. Tout est extrêmement cher dans une capitale comme la nôtre. Et même en ayant un boulot, un petit boulot, c'est extrêmement compliqué de joindre les deux bouts. Et donc, nous, on essaie de les accompagner. »

31:18
Invité

Pour aider les jeunes travailleurs en difficulté, mais aussi ce sans emploi ni formation, Emmanuel Macron avait promis un revenu d'engagement de 500 euros par mois.

31:28
Présentateur

« Je présenterai à la rentrée le revenu d'engagement pour les jeunes, qui concernera les jeunes sans emploi ou formation et sera fondé sur une logique de devoir et de droit. »

31:39
Invité

Une nouvelle aide qui devait toucher plus d'un million de 16-25 ans et qui se fait toujours attendre, à tel point que certains se demandent si la mesure ne va pas rester dans les cartons.

31:53
Présentateur

« Aujourd'hui, si jamais le dispositif voit le jour, ce qui n'est même pas sûr, le gouvernement est sur une version rétrécie, limitée aux jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation. Donc en fait, on est dans une prolongation des dispositifs existants et pas du tout dans ce qui avait été annoncé un revenu jeune beaucoup plus global. »

32:18
Invité

Recule au renoncement, pour Emmanuel Macron, l'enjeu est pourtant considérable à l'approche de l'élection présidentielle. Selon un récent sondage, si chez les 18-34 ans, le président est en tête des intentions de vote, Marine Le Pen est à quelques points et entend bien leur tendre la main. « C'est à vous, jeunes, notre espoir et notre avenir que je voudrais m'adresser tout particulièrement. Car vous avez été les premières victimes des armements et des fautes de nos gouvernants. C'est pour cela que j'envisage de mettre en œuvre un ambitieux plan à destination de la jeunesse dès mon arrivée à la tête de l'État.

» Pour tous les candidats, une même bataille, convaincre la jeunesse de se rendre aux urnes, car le premier parti des 18-24 ans reste l'abstention.

33:05
Présentateur

Je vous propose de revoir le sondage qui a été diffusé dans le sujet, le sondage de l'Obs qui a interrogé le vote des moins de 34 ans, des 18-34 ans. On voit qu'Emmanuel Macron arrive en tête avec 28% des voix, suivi par Marine Le Pen, 23%. Il surperforme, comme on dit, en tous les cas, ils sont chez les jeunes au-dessus de la moyenne nationale. Derrière, il y a aussi qui surperforme Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon à 13%.

33:30
Emmanuel Macron

Avant cela, il faut toujours dire à tous les Français que de manière écrasante, les jeunes s'abstiennent. Au dernier régional, 87%, 87% des 18-24 ans se sont abstenus. Il y avait une participation de 13%. Donc, le premier choix des jeunes, c'est le retrait. Un retrait qui peut être un retrait d'indifférence, mais aussi un retrait de protestation, en disant que la classe politique est trop loin de nous. En revanche, quand ils vont voter, qu'est-ce qui s'exprime dans ce sondage ? Ce sont deux choses. Il n'y a pas une jeunesse, il y a des jeunesses.

Il y a la jeunesse qui va bien, qui va bien socialement, qui va bien au plan culturel, qui, en effet, fait des études prolongées, étant master, sait qu'ils auront une profession après leur formation. C'est la jeunesse dont on parle, la jeunesse que l'on voit. Et cette jeunesse-là, elle vote, oui, elle vote quand elle vote. Quand elle vote. Elle vote pour le président de la République, qui est toujours le candidat d'une France qui va bien.

Mais les autres candidats, et en particulier Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui avaient fait un très bon score à la dernière présidentielle de 2017 auprès des jeunes, c'est-à-dire ces candidats de la protestation, ils parlent à la jeunesse invisible, à la jeunesse dont on ne parle pas, à la jeunesse en galère, à la jeunesse qui est à la recherche d'un premier haut-ploi, à la jeunesse qui sort des CAP et des BEP, brevets d'enseignement professionnel, à la jeunesse qui est en apprentissage, à la jeunesse qui est au chômage.

Et cette jeunesse-là, quand elle va voter, là aussi, elle vote beaucoup, massivement, parfois, pour les représentants des partis protestataires, pour exprimer tout simplement son désarroi, mais qui est un désarroi objectif. Vous savez que les jeunes Français qui travaillent, quand on prend les jeunes Français uniquement qui travaillent, le salaire moyen, c'est 625 euros par mois. Voilà quel est leur revenu. Donc, il y a, on le voit, oui, une vraie précarité, une vraie pauvreté et une vraie souffrance

35:37
Présentateur

dans la jeunesse. Cécile Candelé, ce que montre ce sondage, c'est que la jeunesse, quand elle est d'extrême droite, bien plus Marine Le Pen, 23, qu'Éric Zemmour qui est à 10%. Là, il y a un vrai décalage. Le match est plié en faveur de Marine Le Pen au sein de la jeunesse. On est encore à 6 mois de l'élection et Éric Zemmour existe dans le paysage depuis un mois. Donc, c'est peut-être un petit peu tôt pour être déménalisé. Ils sont moins politisés, les jeunes ?

Ce qui est sûr, c'est que, oui, ils sont peut-être moins politisés et aujourd'hui, Éric Zemmour, il a tapé dans l'œil, si je veux dire, du personnel des électeurs fillonistes, âgés, qui regardaient son émission sur CNews, il ne faut pas se cacher. Donc, c'est un petit peu ça qui explique cette différence. L'autre différence, c'est que Marine Le Pen, il y a une différence, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, sur l'âge. Les moins de 25 ans, parce que là, le sondage, il porte jusqu'aux 34 ans, les moins de 25 ans, ils sont pour Emmanuel Macron.

En revanche, sur les actifs, les jeunes actifs, 25-35 ans, c'est Marine Le Pen qui est devant très nettement et ça devient un vrai sujet de préoccupation pour l'Elysée. Et ça explique notamment que peut-être le revenu d'engagement ne sera pas aussi important que ce qu'on pense. Pourquoi les 25-34 ans sont Marine Le Pen ? C'est une incompréhension. À l'Elysée, ils disent, on ne comprend pas, c'est les gens qui viennent d'avoir un emploi, qui ont une famille, qui sont tournés vers l'avenir et pourtant, dans le pays, ce sont les plus en colère contre nous. Et donc, ils réfléchissent aujourd'hui à une réflexion, à avoir un discours particulier à avoir pour cette tranche de la population.

Et donc, c'est vrai qu'aujourd'hui, cette population-là, elle est majeure chez Marine Le Pen. Bruno Jeudy, on voit que l'électorat de Marine Le Pen et celui d'Éric Zemmour est différent. Néanmoins, ce sont deux personnalités politiques qui ont vocation à se retrouver. À la fin, je dis ça parce que Marine Le Pen a dit sur RTL l'autre jour, nous serons amenés à faire le rassemblement à un moment ou à un autre. Nous faisons le même constat sur l'immigration et la sécurité. Tout se passe comme si c'était une sorte de primaire sauvage entre les deux. C'est comme ça que vous voyez les choses. C'est-à-dire que je vois les choses, je regarde aussi les chiffres.

Marine Le Pen, à la fin du mois de juin, c'était grosso modo 29-30% dans les intentions de vote. Mi-octobre, ces mêmes 29-30% sont grosso modo selon les enquêtes d'intention de vote par la présidentielle divisées en deux. Éric Zemmour ayant siphonné exactement la moitié des suffrages ou des intentions de vote attribuées à Marine Le Pen. Ce qui est intéressant, c'est que sans doute dans cette moitié, on voit l'électorat, j'allais dire le fameux Front National du Sud, plus âgé, qui serait vers Éric Zemmour. Quand le Front National, issu de plutôt ouvriérisme, populaire, sensible aux questions sociales, la retraite à 60 ans, plutôt rester chez Marine Le Pen.

Est-ce qu'Éric Zemmour peut aller plus loin ? On verra dans les semaines qui viennent, on verra aussi en fonction de son discours. Mais je suis d'accord avec Cécile, pour l'instant, Éric Zemmour, il ne performe pas chez les jeunes. Ce qui est intéressant dans votre graphique, c'est que c'est quasiment l'inverse d'il y a 5 ans. C'était Jean-Luc Mélenchon qui surperformait chez les jeunes, faisait presque 30% chez les 18-24. Marine Le Pen était deuxième, Emmanuel Macron troisième. Là, on voit que c'est Emmanuel Macron qui pour l'instant semble un peu plus fort chez les jeunes. Il y a quand même un chiffre qu'il faut avoir en tête, c'est que pour les Républicains, il y a une difficulté 5% !

Comment vous l'expliquer, ça ? François Fillon avait fait 9% chez les 18-24 ans. Ils ne parlent pas la même langue, Xavier Bertrand et les jeunes ? Non, ils ont raté deux choses. Ils ne se sont pas adressés aux jeunes depuis quand même un certain nombre d'années. Alors peut-être depuis ces années de reconquête qui ne parviennent pas à positiver, ils ne s'adressent pas suffisamment aux jeunes, ils ne parlent pas d'écologie non plus, pas du tout, très peu, pas suffisamment. Et du coup, les jeunes sont sortis de leur... Ils se sont concentrés sur leur électorat, vous allez dire, traditionnel, le plus captif, les personnes âgées.

François Fillon était en tête chez les personnes âgées il y a 5 ans et on voit bien qu'aujourd'hui dans les intentions de vote, Xavier Bertrand est très... 5% chez les personnes âgées qui font des voix et chez les jeunes, pas du tout. C'est un problème parce que dans une campagne, il faut un peu d'enthousiasme, il faut quand même avoir les jeunes parce que sinon, vous prenez le risque d'avoir une campagne un peu à tône, un peu recroquevillée sur, j'allais dire, les personnes les plus installées, les plus âgées. Et puis les grands-parents, ils écoutent leurs petits-enfants et s'ils à table à Noël, tiens.

Il y a quand même un point, c'est qu'à mon avis, pour l'instant, il est sous les radars, mais il y a un potentiel pour ce parti, ce sont les écologistes. Je pense que Yannick Jadot est en train de réfléchir. Vous avez mis M.Torfeu là. Il a 8% là. Il a fait une note à Yannick Jadot. Ils ont même fait leur propre sondage pour voir comment ils pouvaient... Parce qu'ils devraient être plus haut chez les jeunes. L'écologie, pour l'instant, ils sont bas. Mais rien ne dit qu'ils ne vont pas pouvoir justement trouver un écho et peut-être faire surgir leur candidat. Claire Gatinois.

Oui, je voulais souligner, comme vous le disiez, qu'effectivement, l'électorat jeune, c'est un électorat qui vote très peu. Donc on pourrait se dire pourquoi est-ce que tous les politiques surinvestissent comme ça ce public ? Et en fait, c'est surtout, comme le disait Bruno, une question d'image. C'est-à-dire qu'il faut véhiculer l'espoir. Il faut véhiculer la capacité qu'un politicien à se projeter dans l'avenir, à rester à l'écoute de sa population. Et même si les jeunes ne votent pas beaucoup, ce sont leurs parents, leurs grands-parents qui seront sensibles au message divulgué. Et il y a effectivement aussi cette question de l'écologie.

C'est-à-dire que c'est des jeunes qui ne votent pas beaucoup, mais qui sont capables de se mobiliser pour des causes importantes et notamment l'écologie. Et il est toujours possible, en fait, le principal ennemi en politique, en fait, c'est l'inconnu. Donc on ne sait pas si tout d'un coup, il peut y avoir un sujet qui émerge et peut-être que l'écologie pourrait être de cela. pour revenir sur le match, la primaire sauvage, comme le disait Bruno Jeudy, entre Éric Zemmour et Marine Le Pen. De toute façon, tactiquement, pour l'Elysée, c'est bien plus confortable d'avoir au second tour d'affronter Marine Le Pen ou Éric Zemmour que Xavier Bertrand, comme on le disait au début de cette émission.

Pour l'Elysée, je pense que ce n'est pas tout à fait la même chose. C'est-à-dire que Marine Le Pen, elle a quand même énormément souffert du débat de 2017. Donc c'est son meilleur ennemi. C'est une situation de faiblesse. Je pense que Marine Le Pen, l'Elysée la regarde avec des yeux presque bienveillants en se disant si on est en face de nous, ce sera un adversaire plutôt assez facile. Éric Zemmour, c'est compliqué parce que c'est un adversaire qui a un nouveau discours qui est cultivé et qui est difficilement attaquable. On le voit dans les débats, il arrive à toujours se sortir, à jamais se faire coincer, à jamais se faire prendre en défaut.

Et donc je pense que c'est quelque chose que l'Elysée doit regarder avec beaucoup d'attention. Alors, la course à l'Elysée est aussi souvent une affaire de couple. Il y a cinq ans, derrière Emmanuel Macron, les Français découvraient son épouse, Brigitte Macron, première conseillère omniprésente, puis première dame plutôt discrète pour le coup. Elle aussi s'apprête à faire campagne. Alors, quel est et quel sera son rôle ? Voyez ce sujet de Magali Lacroze et Benoît Thébaud.

42:54
Invité

La première dame en première ligne dans l'équipe du président. Elle est toujours là, toujours à ses côtés. Brigitte Macron, c'est rarement sans Emmanuel. Et avant même qu'il devienne président, pendant sa campagne, elle est indispensable comme dans la vie. J'ai apporté une écharpe aussi pour Emmanuel. Si tu as... Non, non, c'est pas... Sur scène, c'est elle que les militants réclament. C'est elle que le futur président met en lumière.

43:38
Présentateur

Toujours présente et encore davantage, sans laquelle je ne serais pas moi.

43:43
Invité

On est là, l'un pour l'autre, sans arrêt, 24 sur 24. On ne peut pas vivre l'un sans l'autre. Nous sommes totalement fusionnels. Brigitte Macron, c'est un style qui détonne. Parfois sobre ou très paillette. Une maîtrise parfaite de la communication politique, à la fois discrète et très présente. Je suis présente sans qu'on me voit. Présent partout, visible nulle part. Quand il a besoin, il sait où je suis. On peut se parler à tout moment de la journée. Et il a souvent besoin ? Il n'y a pas de problème. Ça dépend des moments. Pour les journalistes qui l'ont suivi de près, la première dame de France a une certaine influence à l'Elysée.

Elle a un rôle quasi de première conseillère et beaucoup plus important que celui qui pouvait incomber traditionnellement à une première dame. Et ce qui nous a peut-être un peu plus surpris, c'est de découvrir qu'elle pouvait avoir une forme d'influence politique, que ce soit en termes de recrutement dans l'entourage du chef de l'État, y compris ministériel, puisque c'est par exemple elle qui a eu l'idée assez incroyable de soumettre le nom de Jean-Michel Blanquer à son époux. Très proche du ministre de l'Éducation, de Marlène Schiappa, elle s'exprime rarement dans les médias.

Mais quand elle aussi, comme le président, devient la cible de critiques pendant la crise des Gilets jaunes, en quelques mots, le message est donné. Je pense qu'il faut qu'on soit tous ensemble. Je pense qu'il faut qu'on se parle, qu'il faut qu'on se réconcilie parce que, franchement, on a tout à faire ensemble. Je suis persuadée. L'ancienne professeure, devenue première dame, c'est aussi respecter les traditions. Classique et moderne. Classique et moderne. Virgule. Elle s'engage, comme les femmes de président avant elle, auprès des enfants malades, dans la lutte contre le handicap. Elle trace sa route hors de l'Elysée. Elle va prendre le pouls des Français et le rapporte au président.

Brigitte Macron fait vraiment office de capteur auprès de lui. C'est quelqu'un qui se déplace énormément et qui prend des notes. Et le soir, ils ont une espèce de rituel, quand ils se retrouvent, c'est qu'elle le débriefe. Ils appellent ça un débriefe. Et donc, elle lui rapporte cette voix, cette humeur des Français qu'elle a pu glaner au fil de ses déplacements. Quant à sa place dans la future campagne du président, pas encore tout à fait candidat. Alors, il faut être où pour pas de l'idée ? Au milieu ! Au milieu ! Ni devant, ni derrière. Sans doute, restera-t-elle discrète et à la fois très présente, comme une définition du fameux en même temps.

46:31
Présentateur

Alors, question téléspectateur, Cécile Cornudet. Le meilleur conseiller d'Emmanuel Macron n'est-il pas sa propre épouse ? Alors, conseiller, c'est pas un mot qu'elle revendique. Elle n'est pas conseillère en disant qu'on va parler du nucléaire, par exemple, dans le plan d'investissement, des choses comme ça. Non. En revanche, elle est le lien. Dans le reportage, on voyait, elle parle beaucoup de rassemblement, d'union, etc. Elle est le lien, elle est très vigilante à ce lien entre Emmanuel Macron, dont on sait qu'il a été très fragile et très malmené à certains moments, et le pays. Et donc, elle, elle a toute une action en sous-main pour effectivement écouter les Français.

Elle reçoit beaucoup de lettres, elle répond souvent, dit-elle. Pendant le Covid, elle a beaucoup été dans des hôpitaux, elle a essayé de rester en lien avec les soignants qui vivaient des choses difficiles. Donc, je pense que dans la campagne, c'est ce rôle qu'elle pourrait avoir d'humanisation. C'est-à-dire qu'elle l'apaise, attention à ne pas provoquer. C'est elle, par exemple, qui lui a beaucoup dit, il faut arrêter avec les petites phrases qui hérissent les Français, les Gaulois réfractaires, les choses comme ça. Elle a compris et donc, elle a dû s'y reprendre plusieurs fois parce qu'il n'a pas arrêté tout de suite.

Mais c'est ce type de message qu'elle passe parce que pour elle, le plus important, c'est le lien du Président avec les Français et de fait, c'est ça aujourd'hui la grande interrogation. Avant le Covid, on avait quitté quand même un pays très en colère, la crise des Gilets jaunes, des retraites. On avait l'impression que les Français étaient hostiles aux Présidents, beaucoup de Français hostiles aux Présidents de la République. Là, avec le Covid, le Quoi qu'il en coûte, cette période très particulière, on a l'impression que ça s'est apaisé. Mais est-ce que ça s'est apaisé tant que ça ? On ne sait pas en réalité. Les gens sont un peu croquevillés sur eux.

Ils ne sont pas dans la campagne encore complètement. Donc elle, elle va être très vigilante à essayer de mettre de la douceur entre son mari et les Français. Claire Gatinois, on dit souvent que le pouvoir isole. Est-ce que quand on est à l'Elysée, finalement, on n'a pas grand monde qui vous dit la vérité ? Autrement, il y avait une foudure roi. Exactement. Donc il y a toujours cet esprit de cour, cette absence, en fait, de sincérité qui finit par isoler complètement les chefs d'État.

Et c'est en ce sens que Brigitte Macron a sans doute un rôle puisque c'est sans doute l'une des rares et peut-être l'une des seules personnes qui peut lui parler franchement, lui dire les choses directement, critiquer. Et effectivement, je pense qu'elle a un rôle qui n'est pas seulement de tenter d'apaiser le discours, etc. mais elle a une véritable influence. On l'écoutait dans votre reportage, elle est très proche du ministre de l'Éducation, Blanquer. On sait maintenant qu'en fait, elle a influé la décision d'Emmanuel Macron de ne pas fermer les écoles lors du troisième confinement. Donc elle a un véritable... Elle était elle-même enseignante, donc elle connaît très bien.

Voilà, et comme le disait Cécile, en fait, elle va sur le terrain, elle prend le pouls des Français, donc elle connaissait toute la souffrance qui était véhiculée par les confinements et toutes les conséquences que ça pouvait avoir, tous les effets psychologiques désastreux sur les étudiants. Donc il y a un vrai rôle aussi, un rôle complémentaire qu'elle peut avoir par rapport à des conseillers, tous les autres conseillers de l'Élysée. Bruno Jeudy, elle est assez discrète. Alors vous, vous l'avez interviewée. C'était compliqué à avoir. Comment on interview la première dame qui se veut assez discrète ? C'est vrai qu'elle est beaucoup plus discrète qu'on ne le dit.

On a l'impression qu'elle parle tout le temps. Or, moi, j'ai regardé, même pour l'émission, le nombre d'interviews qu'elle a donnés, que ce soit à la radio, à la télévision, dans la presse écrite, il n'y en a pas eu tant que ça quand on regarde. Mais c'est vrai qu'il y a les médias français et les médias étrangers encore plus, ont beaucoup, beaucoup, beaucoup mis le focus sur cette première dame. Un genre nouveau, évidemment, il y a l'histoire de ce couple, les cardages. Il y a beaucoup de choses qui font qu'elle a très vite été plongée dans ce bain médiatique.

Il y a aussi une deuxième raison qui est qu'au fond, il n'y avait pas eu une première dame présente sur tout le mandat d'un couple qui s'installe et vit à l'Elysée depuis Bernadette et Jacques Chirac. Il y a du Bernadette-Chirac un peu chez Brigitte Macron dans un genre différent. Bernadette-Chirac était une élue de terrain qui a dû faire sa place parce que le premier mandat elle était plutôt mise sous les ténières par sa fille Claude. Elle était très présente sur le second mandat jusqu'à faire un livre déterminant au début de campagne de Jacques Chirac. Elle fait un livre conversation qui va ensuite lui donner une place de premier plan dans la campagne.

Je ne crois pas qu'on sera dans cette configuration-là même si... Elle a envie qu'Emmanuel Macron se représente et entame un second mandat. Moi quand je l'avais vu on sent bien qu'un mandat aurait suffi mais en même temps elle dit c'est son choix c'est lui évidemment que je serai avec lui. Donc la question ne se pose pas. En tous les cas elle la pose pas. Elle n'en parle pas publiquement de la même manière. Brigitte Macron écrit par exemple je ne sais pas si elle en fera un livre mais elle écrit parce que c'est quelqu'un qui est une littéraire qui a besoin d'écrire.

Je trouve que dans sa façon de faire ça a été décrit par Claire et Cécile il y a un côté au fond elle passe derrière tout le monde dans le macronisme et elle essaie de réparer ce qui a été notamment au début du mandat un peu saccagé le lien avec les français elle était capable de lui dire t'es complètement con pardonnez-moi l'expression quand il fait ses sorties sur faut traverser la rue ou aux Antilles qui est une image qui avait beaucoup choqué donc Brigitte Macron elle lui dit les choses franchement après moi je suis plus sceptique sur le côté conseillère de Londres qui déciderait de ci de ça je trouve qu'il y a un peu de fantasme derrière tout ça ce qui est certain c'est que c'est un couple très uni Brigitte Macron forcément lui parle et lui donne son avis sur certaines questions la culture c'est évident les questions de santé elle est présidente de la fondation des hôpitaux de France hôpitaux de Paris elle a beaucoup agi elle a même pratiquement pendant le confinement eu une activité quasi opérationnelle moi je l'ai vu dans des visioconf avec les directeurs d'hôpitaux les directeurs d'hépad très concrètement on va installer ça ici faire un chèque là c'est quelque chose de très concret c'est des micro actions mais c'est des actions extrêmement concrètes elle est très soucieuse de ça et puis elle reçoit beaucoup de courriers de français qui se plaignent de français qui racontent leur quotidien évidemment c'est une façon d'avoir l'oreille du président c'est à dire qu'elle le transmet Emmanuel Macron qui c'est vrai dans son lien avec les français manque d'empathie il y a une froideur il y a quelque chose un peu de techno par moments parce qu'évidemment c'est tout le contraire Claire Gatinois est-ce qu'ils sont politiquement 100% raccords ?

je vous pose la question parce que quand elle avait rencontré Nicolas Sarkozy elle avait dit ah j'ai voté pour vous non ? elle a voté Sarkozy oui oui elle a voté Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy l'a raconté deux fois et Brigitte Macron n'a jamais caché que politiquement elle était un peu plus à droite elle est moins en même temps comment ? elle est moins en même temps elle est moins en même temps elle est plus conservatrice et notamment sur tous les sujets de société Pascal Perrineau elle a un rôle alors ce rôle de conseillère il est fantasmé ou bien non ? forcément on a toujours un couple quelque part

53:44
Emmanuel Macron

au pouvoir il y a des couples dans lesquels on n'est pas forcément en conseil permanent en soutien etc il y a des couples où c'est plutôt deux individus qui vivent ensemble mais l'un à côté de l'autre sans intervention tandis que là il y a une intervention et depuis très longtemps il ne faut pas oublier si vous voulez sans remonter à Matusalem que Brigitte Macron Brigitte Trogneux a été le professeur de l'élève Macron alors c'est un élève qui avec le temps s'est révélé difficile bien sûr qui a son tempérament qui est le président en effet que l'on connaît et puis je crois qu'il y a un deuxième élément moi qui est important c'est qu'elle a à faire tout de même à un président qui est un peu à part dans la Vème République c'est un homme qui a créé autour de lui un isolement volontaire certes le pouvoir isole mais le pouvoir isole énormément quand le président en effet crée un isolement regardez Emmanuel Macron n'a pas créé un parti c'est l'échec complet de la République en marche il n'a pas créé un réseau d'élus locaux regardez c'est terrible les départementales les régionales les municipales vous êtes incapable de citer un grand élu local véritablement de la nouvelle génération macroniste il n'a pas créé un groupe autour de lui dans lequel

55:09
Présentateur

il n'a pas de vieux compagnons de route

55:11
Emmanuel Macron

il n'a pas de vieux compagnons de route certains disent c'est certainement excessif il n'a pas d'amis donc il y a un isolement volontaire qui en effet a besoin d'être brisé parce que c'est un handicap pour le président tout à fait récemment on a fait une enquête pour mesurer les différents éléments qui font un président alors représente bien la France à l'étranger la Macron est très bien située mène une politique bonne politique économique là ça devient mitigé mais l'item sur lequel il est bas et même très bas c'est proche des préoccupations des gens comme vous c'est à dire sur la proximité c'est à peine 25% des français qui lui accordent cela donc le problème macronien c'est la distance une distance qui existe bien sûr avec le pouvoir mais une distance qu'il a beaucoup contribué à créer et que certainement à sa place et avec sa discrétion ce qu'elle disait tout à l'heure je suis présente partout est visible nulle part c'est très beau et ça décrit bien sa situation et bien ça lui permet tout de même elle d'être le go-be-twin entre les français et le président bien isolé Claire Gatinois

56:20
Présentateur

je voulais juste rajouter peut-être aussi pour cette campagne et comme sans doute Brigitte Macron l'a été en 2017 qu'elle peut être un élément aussi assez stratégique pour le vote féminin parce qu'il y a Emmanuel Macron souffre de cette image de quelqu'un d'arrogant ou de quelqu'un qui a toujours réussi et là il est dans un couple où ils ont souffert tous les deux ils ont souffert des moqueries du fait de la différence d'âge elle, elle a souffert au moment de l'élection d'Emmanuel Macron donc elle peut apporter un élément il y a des femmes qui se reconnaissent qui ont de l'empathie un élément d'empathie et vis-à-vis des femmes cette élégance qu'Emmanuel Macron peut avoir parce que il n'est pas attiré par des petites jeunettes 30 ans de moins comme ça se voit dans d'autres milieux allez tout de suite on revient à vos questions cette campagne présidentielle s'annonce-t-elle plus dure que la précédente Cécile Cornudet est-ce qu'Éric Zemmour vient quand même ajouter une tension et un côté elle s'annonce aussi folle que les précédentes la dernière fois et en 2017 c'était le dégagisme dès que quelqu'un se présentait toutes les primaires toutes les têtes qu'avaient fait les dernières années étaient coupées les unes après les autres là on sent toujours que l'électorat cherche du neuf et c'est vrai qu'Éric Zemmour c'est un personnage qui parle différemment qui apporte des sujets dont on ne pensait pas qu'il pourrait prendre autant de mettre comme ça la question de l'étranger de façon aussi décomplexée dans le débat et que ça prenne tellement que ça glisse sans créer de polémiques c'est fou donc les gens sont à la recherche d'un autre discours des autres personnages disruptifs en campagne sans le dire le président ne fait que suivre l'exemple de ses prédécesseurs pourquoi s'en priverait-il c'est un grand classique Pascal Perrineau c'est à quoi on assiste finalement

58:15
Emmanuel Macron

il y a certains classiques oui en effet caractéristiques bien sûr il faut qu'il s'inspire de ses prédécesseurs c'est bien surtout pour un homme qui disait en effet qu'il ne fallait plus parler de l'ancien monde et prôner un nouveau monde que le nouveau monde s'inspire un peu de l'ancien monde c'est une bonne chose je crois et donc en effet il regarde en arrière d'ailleurs il regarde en arrière dans l'exercice de la fonction présidentielle et le renouveau de la fonction présidentielle qu'il était censé porter il y a un président qui l'admire plus que les autres dans la cinquième on voyait bien comment au moment de la campagne le général de Gaulle le retour aux origines du gaullisme parce qu'il se disait tout comme le général de Gaulle est arrivé comme un homme neuf renouvelant complètement la fonction présidentielle et créant des institutions et quand il parlait de la présidence jupitérienne vous voyez il n'y a pas eu 36 Jupiters c'est un peu passé quand même

59:11
Présentateur

le côté Jupiter de Gaulle avait aussi ce dépassement des clivages je trouve qu'en fait c'est quand même un vieux classique segmenter les électorats à la fois vanter son bilan parler à certaines cibles sortir le chéquier c'est quand même très vieux monde en 2022 c'est bienvenu dans le vieux monde quand en 2017 la promesse c'était quand même le nouveau monde Claire Gatinois quel bon moment Emmanuel Macron attend-il pour se déclarer candidat est-ce que la question du camp agite l'Elysée en ce moment tout à fait il y a différentes options il y a l'option d'Inde de Noël qui sera le soir de Noël se présente un petit peu avant Noël pour que justement on discute de sa candidature au moment du repas de Noël en famille entre jeunes entre vieux enfin jeunes avec vieux je veux dire il y a l'option 31 décembre lors des voeux Saint-Sylvestre exactement je ne l'ai jamais vu voilà je ne l'ai jamais vu ça et il y a une petite fenêtre qui semble être sans doute privilégiée qui serait courant janvier début février et qui qui ne serait pas trop tôt puisqu'effectivement il faut que les chiquiers se mettent en place il faut que les français aient en tête l'élection présidentielle mais il ne faut pas non plus déclarer trop tard pour ne pas laisser les adversaires prendre trop d'avance et commencer à faire tout ça se terminera entre le 15 et le 17 février je dis ces dates là parce que Chirac c'était le 15 février et Nicolas Farbeni le 17 février il y a aussi un autre paramètre qui entre en ligne de compte c'est la présidence française de l'Union Européenne donc il ne peut pas être candidat et il y a un discours et il y a un discours important qui est le discours du président français président de l'Union Européenne le 18 janvier je crois ou le 19 janvier à Strasbourg devant les parlementaires avec une séance de questions donc la question c'est est-ce qu'il y va en étant candidat ou est-ce qu'il y va en restant président et donc gardant cette hauteur en tout cas cette date est importante dans l'agenda du président de la République Cécile Cornudet Emmanuel Macron semble oublier le poids des seniors dans le vote qu'a-t-il fait à ce jour pour le pouvoir d'achat des retraités on a vu que les retraites complémentaires ne suivaient pas l'inflation il va y avoir une perte de pouvoir d'achat oui c'est un vrai sujet peut-être qu'il pense que cet électorat est captif qu'ils voteront pour lui parce qu'il a protégé le pays du Covid il a organisé la vaccination toutes ces thématiques de santé dont on voit qu'elles sont très importantes chez les français depuis évidemment un an et demi globalement les français ont le sentiment qu'il a plutôt bien géré le pouvoir d'achat a été maintenu malgré le Covid oui mais c'est vrai que pas pour les retraités et c'est pour ça que la question de faire quand même une mini réforme des retraites dès maintenant avec la pension minimum à 1000 euros ça a été vraiment envisagé mais là ça a plus l'air d'être dans les tuyaux mais il y a un vrai sujet pouvoir d'achat des retraités parce que la réforme des retraites est populaire chez les retraités oui parce qu'ils sont du bon côté de la barrière voilà et si le climat social jouait en défaveur du président Macron les gilets jaunes ne vont-ils pas faire leur retour est-ce que c'est quelque chose qui inquiète Cécile Claire Gatinois ça inquiète je pense alors pas forcément le retour des gilets jaunes mais en fait ce qui inquiète beaucoup c'est ce que je disais un petit peu tout à l'heure c'est l'imprévu c'est-à-dire aujourd'hui Emmanuel Macron est un peu sur les rails il est favori systématiquement de tous les sondages il a des ennemis qui ne sont pas encore des adversaires pardon qui ne sont pas encore complètement déclarés mais il y a toujours une incertitude qui plane sur le climat social et aussi sur le Covid on voit aujourd'hui la situation sanitaire est à peu près sous contrôle mais il y a certaines personnes qui vont commencer à ne plus être protégées par leur vaccin s'il y a une reprise épidémique si les gens ne font pas leur rappel vaccinal si le président doit de ce fait être amené à prendre de nouveau des mesures type confinements au couvre-feu électoralement c'est catastrophique donc il y a effectivement une tension là-dessus et c'est ce qui explique aussi cette hyperactivité c'est-à-dire il faut tout regarder tout observer et surtout anticiper au maximum c'est vrai qu'on a hanté le Covid de l'équation mais oui mais on peut revenir et cette hyper précaution sur le pouvoir d'achat et notamment sur la flambée des prix de l'énergie c'était ça l'étincelle des gilets jaunes et on voit au départ le gouvernement se disait on a fait beaucoup pour le pouvoir d'achat quand vous regardez les chiffres c'est vrai quoi qu'il en coûte ça a incroyablement protégé le pouvoir d'achat des français par rapport aux autres mais ça la flambée et le ressenti par rapport au prix du pétrole donc il va y avoir des mesures ça c'est évident dans les prochains jours Voilà c'est la fin de cette émission juste un mot pour vous dire avant qu'on se quitte qu'il ne faut pas rater demain c'est dans l'air exceptionnel qui est consacré au jeu trouble de Vladimir Poutine qui a recours à des mercenaires vous savez ce sont la fameuse division Wagner qui opère militairement à l'étranger pour le compte de la Russie mais sans être relié officiellement au Kremlin je vous propose de regarder un court extrait de ce documentaire qui sera diffusé demain soir on regarde

1:04:43
Invité

Wagner c'est une invention assez géniale

1:04:50
Présentateur

ça a un avantage incroyable c'est que ça n'engage pas directement l'armée russe ça donne une certaine liberté d'action au pouvoir qui l'emploie en disant écoutez c'est pas nous on paye pas

1:05:03
Invité

du point de vue des autorités russes et notamment du ministère de la défense qui est le plus friand pour les employés c'est des supplétifs tout simplement

1:05:13
Présentateur

c'est une manière assez moderne

1:05:16
Invité

de faire la guerre ça permet à la Russie d'intervenir tout en ayant politiquement les mains libres pour négocier avec les gens d'en face en disant écoutez oui c'est une société mais c'est pas nos soldats évidemment qu'il y a une forme d'hypocrisie mais en politique l'hypocrisie c'est pas forcément toujours négatif

1:05:35
Présentateur

voilà voilà donc documentaire exceptionnel demain soir 20h50 sur France 5 qui sera suivi d'un c'est dans l'air tout aussi exceptionnel autour de Caroline Roux sur cette division Wagner en attendant vous restez sur France 5 à suivre c'est l'hebdo et on se retrouve lundi pour un nouveau c'est dans l'air bonne soirée sur France 5 pour un nouveau c'est

Présidentielle : qui inquiète Macron ? #cdanslair 16.10.2021 — Emmanuel Macron · Pourquijevote