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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 27 mars 2026 11 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Guerre au Moyen-Orient : la colère d'un député franco-iranien

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on a abandonné les Iraniens?

  • 2:00RelanceRéponse directe

    Cette réponse n'est pas suffisante?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous demandez une grande conférence internationale. Ça pourrait changer le cours de la guerre?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    La France aurait été la première à vouloir monter une coalition internationale pour protéger le peuple iranien.

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous dites que la France a un rôle à jouer. D.Trump ne nous a pas prévenus. Il est encore notre allié?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les nouvelles qui viennent d'Iran? Vous avez de la famille sur place?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20P.AmirshahiChiffre
    « On a vu récemment des dizaines de milliers de morts. Il n'y a pas eu de vrai soutien au peuple iranien, à part des déclarations générales. »
  • 2:20P.AmirshahiFait
    « La seule alternative qu'on nous propose, ce sont des bombardements illégaux qui ne font que rajouter du malheur au malheur. »
  • 4:20P.AmirshahiFait
    « Il faut plaider pour le droit international. On peut organiser une conférence internationale avec une conférence pour la paix. »
  • 6:20P.AmirshahiChiffre
    « Entre 2,5 et 6 millions de barils de pétrole auraient brûlé lors de cette attaque. Ca a généré près de 2 millions de tonnes d'équivalent de CO2. »
  • 8:20P.AmirshahiFait
    « J'ai été pris de stupeur comme tout le monde. On essaie d'éviter l'affect. Je suis député français. J'essaie de penser la situation à l'aune de la géopolitique. »
  • 10:20P.AmirshahiFait
    « Ce pays qui a inventé les canaux est déjà, avant cette tragédie, victime d'une sécheresse terrible. »
  • 12:20P.AmirshahiFait
    « Il y a autour de l'eau des enjeux énormes dans la région. Quand monsieur Nétanyahou vise la Palestine, ce n'est pas simplement au nom de ses folies nationalistes. »
  • 14:20P.AmirshahiFait
    « J'ai mon père. Les nouvelles ne sont pas bonnes dans la mesure où le pays sort du traumatisme de la répression sanglante des manifestations. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C'est neuf ? ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue. Bonsoir, P.Amirshahi.

Vous êtes député de Paris, membre du groupe Ecologiste et Social. Vous êtes franco-iranien. A l'Assemblée nationale, cette semaine, alors que la guerre a commencé il y a près d'un mois, vous avez dénoncé l'impuissance verbeuse et parfois complice des diplomaties européennes face aux tragédies du monde.

Est-ce qu'on a abandonné les Iraniens? - P.Amirshahi: Oui.

Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'empathie, voire de la compassion avec ce que vit le peuple iranien, en particulier les femmes. On voit un peuple qui a un haut niveau d'éducation, plus de femmes étudiantes que d'hommes étudiants, plus de femmes médecins que d'hommes, mais vivant sous la coupe du régime des mollahs. Depuis 2009, en sortant dans la rue, en exigeant la démocratie, la prospérité partagée, car c'est un pays victime de corruption, personne ne les a jamais aidés.

On a vu récemment des dizaines de milliers de morts. Il n'y a pas eu de vrai soutien au peuple iranien, à part des déclarations générales. En tout cas, pas assez.

La seule alternative qu'on nous propose, ce sont des bombardements illégaux qui ne font que rajouter du malheur au malheur. Même face à ces stratégies américano-israéliennes, les diplomaties européennes ne sont pas à la hauteur. Elles se sont couchées, comme la présidente de la Commission européenne, U.von der Leyen, qui a justifié les interventions militaires.

Soit, elles ont laissé faire, comme la diplomatie allemande. Les Français ont essayé de se mettre à distance. Mais en vérité, on est hors-jeu. - A.Casse: Le ministre des Affaires étrangères vous répond. ...

Cette réponse n'est pas suffisante? - P.Amirshahi: Non.

Protéger les siens, c'est bien. Ce que dit le ministre des Affaires étrangères est conforme à sa mission. C'est le minimum.

Là, on parle d'une diplomatie offensive qui doit faire face aux agressions contre le droit international de monsieur Poutine, de monsieur Trump, de monsieur Nétanyahou. La liste est de plus en plus longue, ces Etats qui ont décidé que contrairement à ce qu'on croit, ces puissances ont compris que le réchauffement planétaire était là. Il y a une course à l'accaparement des ressources.

On est allés en Ukraine pour prendre des terres rares. On indexe la Palestine, la bande de Gaza, car il y a un accès à l'eau et l'industrie du dessalement. Le pétrole du Venezuela...

Face à cette offensive, il faut plaider pour le droit international. On peut organiser une conférence internationale avec une conférence pour la paix. On aurait le soutien de bien des Etats. - A.Casse: Vous demandez une grande conférence internationale.

Ca pourrait changer le cours de la guerre? - P.Amirshahi: Il faut être face à D.Trump, assez ferme.

Si on lui dit juste que ce n'est pas notre guerre, alors quoi? Une fois qu'on a dit que c'était hors du droit international, ces frappes, que faire? Derrière ces interventions, il y a une dislocation de l'Etat iranien.

Je souhaite le changement de régime en Iran par le peuple lui-même. Dislocation du peuple, C'est l'effondrement de l'Etat, un risque terroriste dans toute la région. En Irak, ça a donné Daech.

D'autres régions ont été concernées par l'émergence de groupes terroristes qui nous ont attaqués directement ensuite. C'est contre nos intérêts que de laisser faire Trump et Nétanyahou. L'amour de la démocratie n'est pas la première des vertus.

Monsieur Nétanyahou est recherché par la Cour pénale internationale. - A.Casse: La France aurait été la première à vouloir monter une coalition internationale pour protéger le peuple iranien. - P.Amirshahi: Il y a une liste de prisonniers en Iran connue.

Il faut pouvoir protéger ces prisonniers politiques qui sont menacés d'exécution. Il peut y avoir une intervention. Les diplomaties disent: "Nous voulons faire en sorte qu'il n'y ait pas ces exécutions." Ensuite, il y a une politique de visa et d'accueil de milliers de personnes, de scientifiques, d'artistes, qui veulent pouvoir vivre en paix.

Ils vont sans doute demander des visas. Il faut pouvoir mettre des parcours d'acheminement, notamment vers l'UE. S'il y a dans ce lot des bases arrière qui veulent former un Iran démocratique, tant mieux.

Ca peut être une aide. Et il y a des dispositifs de protection de la population parfaitement encadrés par l'ONU. Encore faut-il le demander. - A.Casse: Vous dites que la France a un rôle à jouer.

D.Trump ne nous a pas prévenus. Il n'a pas prévenu ses alliés.

Il est encore notre allié? - P.Amirshahi: Non.

Je pense que les Etats-Unis sont des adversaires de l'UE, comme V.Poutine, ce qui nous met dans une situation grave. La France peut encore affirmer le "ni Trump ni Poutine", mais proposer à l'UE une stratégie de défense partagée, avec une souveraineté européenne.

Il y a cette idée de parapluie nucléaire partagé. Il faut une stratégie commune. Il y a un cap à franchir pour permettre à l'Europe de s'affirmer.

On a d'un côté G.Meloni avec monsieur Trump de facto. - A.Casse: Elle a pris ses distances avec lui. - P.Amirshahi: Tant mieux.

Et monsieur V.Orban aussi. L'UE, comme ça, ça ne veut rien dire.

Il faut être parmi les nations qui appellent à respecter le droit international et redéfinir l'agenda différemment de monsieur Trump et Nétanyahou ou de monsieur Poutine. Plutôt que l'accaparement des ressources, le partage des richesses. - A.Casse: Quelles sont les nouvelles qui viennent d'Iran?

Vous avez de la famille sur place? - P.Amirshahi: J'ai mon père.

Les nouvelles ne sont pas bonnes dans la mesure où le pays sort du traumatisme de la répression sanglante des manifestations que vous avez commentée. Je vous en remercie. Il y a aussi des bombardements.

C'est un pays où on respire mal. C'était déjà pollué. Là, vous avez des bombardements qui font sortir dans l'air des particules fines, des métaux lourds. - A.Casse: Il y a quelques chiffres.

On avait eu ces images de Téhéran en noir à cause des fumées noires. On voyait des journalistes porter des masques pendant les duplex. Entre 2,5 et 6 millions de barils de pétrole auraient brûlé lors de cette attaque.

Ca a généré près de 2 millions de tonnes d'équivalent de CO2. Est-ce que l'environnement est la victime silencieuse de cette guerre? - P.Amirshahi: Oui.

Derrière le vivant, l'écosystème du vivant...

L'Iran a inventé les canaux. Le thème "canal" vient du persan. Ce pays qui a inventé les canaux est déjà, avant cette tragédie, victime d'une sécheresse terrible.

Il y a un stress hydrique documenté. Il est aussi lié à une absence de développement économique par le régime des mollahs qui a abandonné son pays et a laissé tout ça se faire. Il y a autour de l'eau des enjeux énormes dans la région.

Quand monsieur Nétanyahou vise la Palestine, ce n'est pas simplement au nom de ses folies nationalistes. Il y a une stratégie immédiate d'accès à une ressource maritime qui l'intéresse énormément. Il y a là, au niveau de l'eau, qui est très polluée, puis au niveau de l'air avec la remontée des particules, et les bombes au phosphore, qui sont manifestement en train d'être lancées sur le pays, des contaminations à long terme.

Il va y avoir des morts liées à toutes les maladies qui vont être issues de ça. Qui gagne? Voilà le rôle de la France.

Il faut dire non à ça. On ne peut pas accepter que l'humanité, qui n'a jamais eu autant de connaissances, se laisse aller à ça. - A.Casse: Comment vous vivez cette guerre sur le plan personnel?

Votre père est toujours en Iran. La dernière fois que vous êtes allé sur place, c'était quand? - P.Amirshahi: En 2016.

Ca remonte. Avant ça, en 2003. J'y étais né 30 ans avant.

J'ai été pris de stupeur comme tout le monde. On essaie d'éviter l'affect. Je suis député français.

J'essaie de penser la situation à l'aune de la géopolitique. - A.Casse: On a l'impression d'être surveillé?

On peut faire pression sur votre famille? - P.Amirshahi: Mon père a un certain âge.

Je pense qu'il a la sagesse persane qui le guide. Je ne pense pas qu'il soit inquiet. Je suis surtout inquiet pour le pays, pour des millions de femmes, d'hommes, de jeunes alors qu'ils ont tant de choses entre les mains pour leur propre bonheur demain.

Je suis peiné, mais à titre personnel, quand je suis arrivé en France, l'Iran était un pays duquel je me mettais à distance. J'étais venu avant le coup d'Etat islamique dans la révolution de 1979. La guerre démarre en 79.

A la télévision, on ne voit que les images de guerre, des gens habillés en noir. Ce n'était pas la gaieté. La seule beauté qui me venait de l'Iran, c'était ma famille, la cuisine, la langue, les poésies.

Je me suis réapproprié un parcours, une identité, un bagage, une langue...

Je m'y suis de plus en plus intéressé. Si bien que j'avais plaisir à y retourner. J'y suis allé.

Malheureusement, la géopolitique et le fracas du monde

Guerre au Moyen-Orient : la colère d'un député franco-iranien — Pouria Amirshahi · Pourquijevote