"Hollande au plus bas, Valls en embuscade" Les questions SMS #cdanslair 25/10/2016
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 0 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:02OuverteÉludée
La première question, si Hollande se représentait, ne serait-ce pas la preuve qu'il est coupé du réel ?
- 1:18RelanceÉludée
En tardant à se déclarer, Hollande ne nuit-t-il pas à un autre candidat de gauche ?
- 1:34FerméeÉludée
Un autre candidat de gauche ?
- 3:25OuverteÉludée
Qui peut encore croire que le PS est pour les ouvriers ?
- 4:27OuverteÉludée
Est-ce que Martine Aubry pourrait ressortir du bois ?
- 4:58OuverteÉludée
Hollande n'a-t-il pas eu à affronter des épreuves qu'aucun chef d'État français n'a eu à affronter depuis la guerre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:59InvitéFait
« le seul président depuis 50 ans qui ne se soit pas représenté, quand il pouvait le faire, c'est Lyndon Johnson en 1968 »
- 3:12InvitéChiffre
« Gorbatchev, très impopulaire, mais lui s'est présenté et il a fait 0,5% »
- 3:59InvitéFait
« les travailleurs ont pensé qu'il ne tenait pas ses engagements »
- 4:03InvitéFait
« il avait dit aussi le quinquennat, au départ, on va serrer les vices, on va faire des impôts, puis après on distribuera »
- 5:16PrésentateurFait
« il a eu à affronter des choses qu'aucun de ses prédécesseurs récents, en tout cas, n'ont eu à affronter »
- 7:10InvitéFait
« il y a eu des explications des gravures entre eux »
- 7:48InvitéFait
« Manuel Valls est toujours loyal, fidèle. Il ne fera pas, comme Jacques Chirac, démissionner pour partir »
Temps de parole
- Invité28 %
- Présentateur21 %
- Invité 219 %
- Invité 319 %
- Invité 412 %
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La première question, si Hollande se représentait, ne serait-ce pas la preuve qu'il est coupé du réel ? Il y a une difficulté. Enfin, on voit quand vous regardez l'histoire de la Ve République, c'est qu'un président, en fin de son premier mandat, il est toujours tenté de se représenter, d'abord parce qu'il a envie de temps, et que deuxièmement, c'est très difficile d'avoir quelqu'un qui se met entre ses pattes.
Et je trouve que ce que vit aujourd'hui Emmanuel Valls, c'est exactement ce que François Fillon a vécu sous le précédent quinquennat, où il sentait que Nicolas Sarkozy devenait très impopulaire, que lui pouvait porter quelque chose, mais qu'il ne pouvait pas aller contre le camp du président. Donc voilà, c'est ça qui se joue en ce moment. Une non-candidature de Hollande serait finalement une surprise, et si cela crée un électrochoc positif à gauche.
Cela créera surtout une espèce d'appel de candidature, si vous voulez, et c'est d'ailleurs, effectivement, c'est pour ça, d'ailleurs, qu'effectivement, il y a des leurs qui sont envoyées, parce que c'est pour faire effrayer les électeurs de gauche, et surtout les cadres du Part socialiste, en disant « Regardez si je n'y vais pas, ça va être une foire d'empoigne, ça va devenir encore plus incompréhensible ». Et pour l'instant, les sondages auront un rôle important, mais pour l'instant, ils ne montrent pas qu'un autre candidat ou une autre candidate soit en situation de l'emporter. Alors voilà une question qui est en fait plutôt aussi un commentaire.
« En tardant à se déclarer, Hollande ne nuit-t-il pas à un autre candidat de gauche ? C'est irresponsable, et cela dégrade encore son image qu'elle gâchit », nous dit cette personne qui nous regarde. Mathieu Croissando ? De quel autre candidat de gauche parle-t-il ?
Un autre. Un autre. Non, je suis d'accord avec Françoise, il y a une logique institutionnelle, qui veut que le président se représente, et François Hollande, alors même si le trou de souris se rétrécit, et on l'a souvent dit, est un homme de ce qui se détermine dans des circonstances, un homme de situation. Ce n'est pas une remontée incroyable qu'il prévoit, mais il se dit peut-être qu'il y aura un coup à jouer dans les derniers quinze jours qui précéderont l'élection. C'est un homme de mission impossible. Il faut se souvenir que c'est un homme qui a bataillé pour s'implanter en Corrèze, une terre qui ne lui était pas gagnée d'avance.
C'est un homme qui a pris le Parti socialiste par effraction, entre guillemets, ou par hasard, parce que Lionel Jospin lui a confié les rênes quand il est arrivé à Matignon, qui ne devait pas y rester, et puis qui a tenu tous les congrès, qui devait soi-disant le black-boulé. Et puis c'est un homme qui a démarré la première socialiste à 4% et qui l'a fini désigné et candidat et président. Donc globalement...
Il est à nouveau à 4% quand on a le début de cette émission.
Globalement, non, mais l'idée de se dire, même s'il est conscient que là c'est vraiment une situation qui est épouvantable, l'idée de se dire qu'il y a peut-être un choix, une circonstance, un coup à jouer qui fera qu'il sortira du chapeau, c'est quelque chose qui l'anime profondément.
Pour que François Hollande ne se représente pas, il faudrait qu'il y ait véritablement un rapport de force très violent qui soit organisé au sein du Parti Socialiste par les grands cadres, les grands élus. Il faudrait pour cela que les sondages aussi marquent un possible vainqueur. Parce que Mathieu François Hollande, il y a une logique psychologique et institutionnelle qui est très forte en France, comme d'ailleurs dans d'autres pays, je prends l'exemple des États-Unis, je crois que le seul président depuis 50 ans qui ne se soit pas représenté, quand il pouvait le faire, c'est Lyndon Johnson en 1968.
C'était quand même la guerre du Vietnam, il fallait vraiment avoir des bons arguments pour ne pas se représenter, mais aux États-Unis aussi tout le monde se représente. Dernier exemple qui malheureusement peut être une forme de prédiction, Gorbatchev, très impopulaire, mais lui s'est présenté et il a fait 0,5% je crois. Qui peut encore croire que le PS est pour les ouvriers ? Ce quinquennat ne l'a-t-il pas définitivement éloigné du peuple français ? Ça c'est sévère aussi. Catherine Ney. Les ouvriers, ils votent pour Marine Le Pen. Il n'y a pas... le président n'a pas... je veux dire...
Je ne sais pas si les cendants dont parlait Valérie Trier-Veller ont joué la désespérance, enfin on désespérait du côté de Biancourt, mais c'est vrai que le discours de François Hollande, d'abord il n'y en a pas eu de discours à la gauche. Donc à qui s'adressait-il ? Et sa politique d'offre qui a été lancée à travers le CICE plus le pacte de responsabilité, les travailleurs ont pensé qu'il ne tenait pas ses engagements. Parce qu'il avait dit aussi le quinquennat, au départ, on va serrer les vices, on va faire des impôts, puis après on distribuera.
Et la distribution, même si les impôts ont été baissés, c'est-à-dire ceux qu'il avait élevés, il les a oubliés, mais il y a quelque chose qui, dans l'électorat populaire, on dit « ben non, il n'a pas travaillé pour nous ». Est-ce que Martine Aubry pourrait ressortir du bois ? Françoise Ressos ? Je ne crois pas. Je crois qu'elle a vraiment décidé de ne pas interférer dans la primaire. Alors je pense qu'elle prépare sa succession à Lille, que c'est ça qui compte. Ça n'empêche pas qu'elle a un jugement extrêmement sévère sur ce qui s'est passé, mais elle ne va pas s'interposer.
Et donc je pense que ça serait aussi une des cartes de François Hollande, de peut-être, s'il se déclare candidat, de dire « ben voilà, j'ai le soutien de Martine Aubry » ou en tout cas elle ne s'opposera pas à moi. Hollande n'a-t-il pas eu à affronter des épreuves qu'aucun chef d'État français n'a eu à affronter depuis la guerre ? Mathieu Croissando, j'imagine que cette personne qui nous regarde évoque le terrorisme.
Sur le plan du terrorisme et de la sécurité, oui. Oui, il a eu à affronter des choses qu'aucun de ses prédécesseurs récents, en tout cas, n'ont eu à affronter. Voilà, si on met à part le général de Gaulle, mais qui venait dans des circonstances précisément difficiles. Pour le reste, chaque président a tendance à dire que ce qu'il a eu à affronter était absolument insensé. Souvenez-vous de Sarkozy. Sarkozy a eu la crise de 2008 qui n'était pas mineure. Pas tous en même temps, sinon on ne vous en prend pas. Et François Mitterrand a eu à affronter la chute du mur de Berlin. Enfin voilà, à chaque fois, chaque président a des grosses choses à affronter.
Mais là, sur le plan de la sécurité en tout cas, il y a des menaces sur le sol français, évidemment.
Question suivante. Certains médias évoquent l'éventualité d'une confrontation Mélenchon-Front National. J'imagine que là, il s'agit d'une hypothèse deuxième tour. Qu'en pensez-vous ? Je raisonne par rapport aux sondages qui sont faits six mois à l'avance. Ces sondages, ils disent quoi pour l'instant ? Que le fait que Jean-Luc Mélenchon soit le troisième homme apparaît dans pas mal d'études. C'est possible. C'est-à-dire qu'il soit devant le candidat de la gauche. C'est parfaitement possible. Mais pour l'instant, le fait que Marine Le Pen soit au second tour est enregistré par tous les sondages depuis des années.
Mais le fait que le candidat de droite passe, c'est ça la question en fait, que le candidat de droite passe derrière Jean-Luc Mélenchon, il faudrait pour cela qu'à mon avis, qu'un des candidats, que le candidat battu au second tour de la primaire, refuse de ne pas se présenter. Alors, écoutez cette question, parce que là, c'est une politique fiction. Hollande pourrait-il démissionner pour précipiter l'élection et mettre ainsi la pagaille dans la primaire de la droite ? Personne n'y croit sur le plateau. Pas du tout. Personne. Non, non. C'est pas dans son tempérament. C'est pas dans son tempérament. Et si entre Hollande et Valls, il existait un accord tacite pour contrer Macron ?
Alors, Catherine, est-ce qu'il peut y avoir une espèce de deal, en effet, entre le président et le Premier ministre ? Écoutez, là, je sais pas où ils en sont sur ce deal-là. En tout cas, il s'est passé quelque chose, cette semaine, d'absolument inédit dans l'histoire de la politique. C'est qu'après la sortie du livre, qui a beaucoup choqué Manuel Valls, qui a trouvé qu'un président ne devait pas se comporter comme ça, il y a eu des explications des gravures entre eux. C'est la première fois qu'un Premier ministre a engueulé le président de la République de manière assez... Engueulé, vous dites, carrément.
Enfin, peut-être que le mot est un peu fort, mais il lui a vraiment dit qu'il a morigéné, disons. Et je crois que les proches de Valls disent que la relation n'est plus tout à fait la même, même si Manuel Valls est toujours loyal, fidèle. Il ne fera pas, comme Jacques Chirac, démissionner pour partir. Parce que d'abord, Jacques Chirac, il a mis 18 ans avant de revenir au pouvoir, il ne fera pas ça.
Un mot là-dessus ? D'ici, imaginez qu'il y a un pacte anti-Macron, noué par François Hollande et Manuel Valls. Non, souvenez-vous que la démission de Macron a même surpris le président, qu'il n'attendait pas si tôt, donc rien n'avait été imaginé. Et aujourd'hui, ce qui est plutôt aberrant, c'est que Valls et Macron, qui sont quand même sur des lignes, en tout cas en politique économique sensiblement pareilles, n'arrivent pas à se mettre d'accord. Alors, ils étaient très opposés, l'agressivité a baissé d'un ton.
Merci à tous les quatre, merci beaucoup d'avoir participé à cette émission. Merci à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Dans un instant, Anne-Élisabeth Lemoyne pour C'est à vous. Ce soir, la rediffusion de C'est dans l'air est à 22h30. Très bonne soirée sur France 5 et à demain. Sous-titrage Société Radio-Canada