Christophe Castaner, après la gifle contre Emmanuel Macron : "Le risque zéro n’existe pas"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:40OuverteRéponse directe
Quelle est votre réaction à la gifle contre Macron ? Que dit cette agression de la France de 2021 ?
- 1:36OuverteRéponse directe
Comment en est-on arrivé à ce degré de tension en politique ?
- 1:59RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on y est là, sur du débat démocratique, ou vous voyez quelque chose d'autre ?
- 2:32OuverteRéponse directe
Y a-t-il une responsabilité des médias dans ce contexte inflammable ?
- 4:48OuverteRéponse directe
Y a-t-il eu une faille dans le dispositif de sécurité du président hier ?
- 5:41FerméeRéponse directe
Si cet homme avait un couteau hier, que se serait-il passé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10Invité politiqueFait
« Tous les présidents de la République qui vont régulièrement au contact de la population des Français s'exposent à cela. »
- 3:23Locuteur non identifiéFait
« Je ne serai jamais en sécurité, parce que le pays est comme ça aujourd'hui. Donc il faut prendre le risque, il faut aller dans le cœur de la bête à chaque fois. »
- 5:25Invité politiqueChiffre
« Le gouvernement américain nous demandait 500 ports d'armes pour que le président américain puisse venir au G7 de Biarritz. »
- 5:51Invité politiqueFait
« Ce fut le cas pour Jacques Chirac où un homme avait un fusil, un de l'enruffe attiré sur le président de la République de l'époque, Jacques Chirac. »
- 6:12Invité politiqueFait
« Le risque zéro n'existe pas. »
- 12:06Invité politiqueChiffre
« Les retraites sont menacées, vont dans le mur. Les chiffres qui sont donnés donnent à échéance de l'année 2030 un déficit de 20 milliards d'euros. »
- 15:28Invité politiquePromesse
« Dès le mois de juillet, nous aurons une nouvelle proposition de loi qui sera portée pour conforter la loi EGalim. »
- 18:25Invité politiquePromesse
« Nous sommes en campagne avec la volonté de faire le meilleur score partout où c'est possible. »
- 20:04Invité politiqueFait
« En 2015, je pense que sans mon retrait aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marion Maréchal-Le Pen serait la tête de la région. »
Temps de parole
- Invité politique61 %
- Présentateur15 %
- Présentateur 215 %
- Invité2 %
- Invité 22 %
≈ 2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le président du groupe La République en marche à l'Assemblée Nationale. Questions et réactions 01-45-24-7000, réseaux sociaux et applis mobiles de France Inter. Bonjour Christophe Castaner. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. On va évidemment commencer sur ces images hier du président de la République giflée lors d'un déplacement à Teint-l'Hermitage. Filmée sous différents angles, cette agression a suscité l'indignation et une condamnation unanime de toute la classe politique. Quelle est votre réaction ce matin ?
Qu'est-ce que cette agression Christophe Castaner dit de la France de 2021 ?
J'ai un double sentiment. A la fois celui de constater la violence du geste, cette gifle qui est violente, cette gifle qui au fond doit nous réveiller aussi dans ce rapport à la violence, j'y reviendrai. Cette gifle qui est adressée à la fonction et qui du coup touche la nation toute entière. Et la force symbolique de cette gifle est extrêmement forte. Et en même temps, le fait de ne pas surdimensionner l'incident. Parce que tous les présidents de la République qui vont régulièrement au contact de la population des Français s'exposent à cela. Et la plupart des prédécesseurs d'Emmanuel Macron n'ont été victimes.
Et je pense que la meilleure réponse à cela, c'est de ne pas changer, de ne pas s'arrêter, de ne pas dramatiser la situation. Mais sans négliger la force et la violence symbolique du geste.
Hier, Anne Hidalgo disait à ce micro, je ne supporte plus la violence en politique. Jusque-là, la violence était verbale, elle est devenue physique hier. Comment on en est arrivé là, à ce degré-là de tension ?
Je crains hélas que ce ne soit pas un phénomène nouveau, mais que la logorée verbale de l'insulte des réseaux sociaux a pu alimenter cela. Moi je suis, comme Anne Hidalgo le disait hier, favorable à la confrontation verbale, à la confrontation politique. Et je sais que le débat démocratique, c'est ce qui permet justement d'apporter la meilleure réponse à la violence.
Mais est-ce qu'on y est là, sur du débat démocratique, sur de la confrontation normale, saine, salutaire, où vous voyez quelque chose d'autre qui se dessine ?
Oui, dans le débat, dans le lieu du débat, je suis député à l'Assemblée nationale, il y a des confrontations, des confrontations fermes. Il y a des confrontations qui sont respectueuses de nos oppositions. C'est vrai dans le jeu institutionnel, c'est vrai dans le rapport avec les médias. Les politiques aujourd'hui doivent rendre des comptes aux Français, ils passent par le prisme des médias. Je suis ici devant vous aussi pour cela. Et ça se fait de façon brutale quelquefois, mais pas violente. Il faut faire la distinction entre les deux.
Y a-t-il une responsabilité des médias, Christophe Castaner, et on s'inclut dedans ? Ce n'est pas de leçon à donner. Est-ce que certaines chaînes de télévision, certaines chaînes de radio, est-ce que les réseaux sociaux, est-ce que la culture du clash et la polémique permanente créent à vos yeux un contexte inflammable ?
On voit bien le besoin de faire le buzz. Et faire le buzz, souvent, se fait par une forme de violence. La violence de la caricature, du propos, la violence peut-être médiatique, elle est aussi politique. Et on voit cette quête du buzz qui enlève la quête de sens. Donc, retrouvons la quête de sens.
Emmanuel Macron avait théorisé la question de sa propre sécurité lors des déplacements publics. Écoutez Christophe Castaner, cet extrait du documentaire de Yann Lenore. Et on est en 2017, pendant la campagne présidentielle, donc, en marge d'un déplacement compliqué à l'usine Whirlpool d'Amiens.
Je ne serai jamais en sécurité, parce que le pays est comme ça aujourd'hui. Donc, il faut prendre le risque, il faut aller dans le cœur de la bête à chaque fois. Donc, le cœur de la bête, il est là, il faut y aller. Parce que si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme vos membres. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes mort.
Voilà, je répète, si on n'entend pas bien, il faut aller au cœur de la bête à chaque fois. Il faut prendre le risque, parce que si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme Hollande. Peut-être que vous êtes sans sécurité, mais vous êtes mort.
C'est un choix simple. Celui de l'hyper-protection du président de la République et certains chefs d'État. Je pense au général de Gaulle, qui pourtant avait fait l'objet, et c'est aussi peut-être la raison pour laquelle il avait la distance avec le peuple dans ses déplacements, il avait fait l'objet de cinq tentatives ou attentats contre lui. Mais soit vous vivez dans une bulle de sécurité, soit vous allez au contact. Je crois que le président Jacques Chirac a été celui qui avait imposé à ses proches de sécurité une certaine distance. Aujourd'hui, Emmanuel Macron souhaite, a besoin, vit aussi de cette proximité avec les Français.
Et donc, il sait très bien que s'il mettait un rempart avec la sécurité, il n'aurait pas ce dialogue et ce constat-là. Et d'ailleurs, hier, dans les secondes qui suivent la GIF, il va immédiatement retourner au contact avec la population. Et il l'a fait toute l'après-midi dans de très bonnes circonstances.
L'un des anciens gardes du corps de Nicolas Sarkozy dit ce matin dans Le Parisien que s'il est toujours très facile d'analyser les choses a posteriori, cette attaque aurait pu être bien plus grave. Vous êtes ancien ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Y a-t-il eu hier une faille dans le dispositif de sécurité du président ?
Je n'ai aucun élément qui me fait penser qu'il y a pu y avoir une faille. J'ai regardé comme vous ces images. Je sais la difficulté pour le groupe de sécurité du président de la République de garantir cela. Dès lors qu'on ne fouille pas les gens, qu'on ne les filtre pas, vous avez toujours ce risque-là. La méthode américaine est très différente. Il n'y a jamais aucun contact. Et pour avoir de temps en temps accompagné le président Trump dans des déplacements en France, pour avoir géré comme ministre de l'Intérieur sa venue au G7 de Biarritz, on est dans un autre univers. Je vous donne une anecdote.
Le gouvernement américain nous demandait 500 ports d'armes pour que le président américain puisse venir au G7 de Biarritz. Vous voyez le niveau de sécurité. Ce n'est pas le choix que font les présidents de la République français. Et ce n'est pas le choix qu'Emmanuel Macron fera parce qu'il ne veut pas un rempart entre lui et les Français.
Mais sans tomber dans les excès américains ultra-armés dont vous parlez à l'instant, si cet homme hier avait un couteau, Christophe Castaner ?
Ce fut le cas pour Jacques Chirac où un homme avait un fusil, un de l'enruffe attiré sur le président de la République de l'époque, Jacques Chirac. Le risque existe. Le niveau de protection des présidents, des responsables politiques de notre pays, particulièrement exposés, est élevé. Il est un très bon niveau. Et les hommes et les femmes et les hommes qui sont autour du président de la République, je vous l'assure, sont des femmes et des hommes de très grande qualité. Mais le risque zéro n'existe pas. Les présidents de la République le savent et ils l'assument.
Sur le climat actuel, le climat aujourd'hui en France, quelle est la part de responsabilité d'Emmanuel Macron ? Certes, ce climat s'était dégradé bien avant lui. Et ça avait commencé bien avant, comme vous le dites. Mais tout de même, il avait promis que son élection serait celle qui allait réconcilier les Français, qui allait en finir de cette France fracturée, qui allait ramener l'optimisme, la bienveillance. Deux ans après, c'était les Gilets jaunes. Hier, il y a cette gifle. Quelle est votre analyse ?
Est-ce qu'il y a des tensions dans notre pays ? Oui. Est-ce que ces tensions sont apparues sous le quinquennat d'Emmanuel Macron ? La réponse est non, nous le savons. Aujourd'hui, et je ne me fie pas aux sondages, mais quand on regarde les bonnes opinions pour le président de la République, je lisais hier un sondage IFOP pour Paris Match, où il a progressé de 7 points, où 50% des Français sont dans de bonnes opinions. Alors j'entends le regard extrêmement critique que l'on peut avoir, il est légitime.
Mais je vois aussi cette réalité qui est traduite par ces bonnes opinions, qu'aucun de ses prédécesseurs, ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy, n'avait eu un an de l'élection présidentielle. Donc est-ce que nous avons réussi à apaiser tout le pays ? Ce serait idiot de vous répondre oui, mais ça veut dire que le combat est encore devant nous.
Dernière question, Christophe Castaner, avant d'aborder la PMA et les retraites, Jean-Luc Mélenchon a déclaré dans l'émission Questions politiques sur Inter, je le cite, vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Mera en 2012, ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées, avant on avait eu Papy Voise, tout ça c'était cri d'avance. La phrase a suscité un tollé. Votre réaction à ces propos ?
C'est normal que cette phrase ait suscité un tollé, c'est la stratégie du buzz et de l'outrance. Vous savez, vous l'avez rappelé, j'étais ministre de l'Intérieur, j'ai présidé les cérémonies annuelles à l'école Osar à Torah. On n'en sort pas indemne, même de seulement présider ce moment-là, parce que j'ai senti la souffrance encore présente chez tous les jeunes enfants qui étaient présents là. J'ai rencontré M. Sandler qui a perdu son fils, son petit-fils. J'ai pensé aussi en l'écoutant à Myriam Monsenegault, 8 ans, et vous rappeler les circonstances dans lesquelles elle a été sauvagement assassinée. Et laisser penser que tout cela serait organisé par une main puissante politique est moche.
C'est très moche. Et j'avoue qu'entendre Jean-Luc Mélenchon tomber dans cette stratégie-là, parce que je pense que c'est une stratégie, et je pense que ce n'est pas une erreur de sa part sémantique. C'est triste.
Bon, allez, on va parler du fond des sujets à présent. Ça y est, 4 ans après son arrivée au pouvoir, la promesse de la PMA pour toutes a été votée hier soir par les députés qui examinaient en 3e lecture le projet de loi bioéthique. Il comprend donc le droit à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes. À quel moment deux femmes pourront désormais accéder à la PMA en France ?
Le texte devrait être définitivement voté. dans une ultime lecture, le 29 juin, à l'Assemblée nationale, et je le dis avec un peu de satisfaction, c'est un sujet sur lequel je m'étais engagé quand j'étais à la tête de la République en marche, dès 2018, où j'avais demandé que mon mouvement prenne position pour la PMA, pour le remboursement de la PMA aussi. Le chute de mime en a été long, c'est un choix. Ça a pris du temps. Celui, vous avez raison, c'est un choix, et je comprends que pour celles qui attendaient que ce soit long, mais en même temps, c'est un choix qui déchire et qui divise dans la société, et donc il a fallu prendre le temps d'écouter tout le monde et d'avancer.
Mais certains nous reprochent de passer en force. J'ai lu, il y a deux jours, un grand quotidien national titré sur le passage en force du gouvernement. Quatre ans, c'est pas tout à fait un passage en force, je vous le conseille.
Le Figaro, et notamment l'ancien président du comité d'éthique, Didier Sicard, qui a critiqué la forme prise par ce débat sur la bioéthique. Ce n'est pas de la bioéthique, c'est du théâtre. Je suis attristé de voir ces sujets de bioéthique traités comme une réforme sur les finances publiques ou sur la sécurité routière.
Ça n'est pas le cas, parce que justement, nous avons pris le temps. Le temps du dialogue, le temps de l'échange, mais un temps un peu long. Et donc, pour répondre concrètement à votre question, ne l'oublions pas, je pense que, et Olivier Véran a annoncé que le gouvernement travaillait en parallèle pour préparer les décrets, nous pourrons, dès cet été, avoir des femmes dans notre pays qui lancent la procédure de PMA.
Le co-rapporteur de la loi de bioéthique, le député LREM Jean-Louis Touraine, a dit croire à la théorie des dominos, qu'il y aurait donc, après la PMA pour toutes, la PMA post-mortem, quant à la GPA, gestation pour autrui, il ne doute pas que ses successeurs sauront s'en éparer, s'en emparer, pardon, après la PMA, la GPA, Christophe Castaner, vous partagez la théorie des dominos ? Non, je ne partage pas,
ni les propos de Jean-Louis Touraine, ni la théorie des dominos, pour nous... Il est dans votre groupe, hein ? Ah mais, il y a des débats, mais je suis le président du groupe, et je peux vous donner la position du groupe, qui n'est pas du tout favorable à la GPA, pour une raison simple, c'est que c'est la commercialisation du corps, ce qui n'a strictement rien à voir avec la PMA. Et je pense que c'est le plus mauvais argument que l'on peut donner pour défendre, justement, cette avancée sociétale majeure de la PMA.
Et plus globalement, ce quinquennat est aussi un quinquennat de progrès, quand nous travaillons sur la thématique du congé paternité, quand nous luttons contre les violences intrafamiliales, quand nous mettons en place le versement par la CAF des pensions alimentaires non payées par le conjoint qui la doit, nous avançons sur ce sujet, ou quand nous adoptons, il y a quelques semaines, une proposition de loi que mon groupe porte avec Marie-Pierre Hixin sur l'égalité économique entre les femmes et les hommes, Forbes, le magazine que l'on connaît bien, a titré que c'était une réforme historique. Oui, ce quinquennat est aussi un quinquennat de progrès.
Venons-en à la réforme des retraites, sujet qui intéresse tout le monde. Christophe Castaner, ma question, elle va être claire, parce qu'on lit les journaux, on entend vos déclarations du gouvernement, de Bruno Le Maire, du président de la République aussi parfois. Est-ce qu'il va y avoir une réforme des retraites avant la fin du quinquennat, oui ou non ?
Je ne suis pas président, je ne suis pas premier ministre ni membre de l'exécutif, et donc je ne sais pas quel est le calendrier du gouvernement. Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, il faut regarder la réalité économique des retraites. Les retraites sont menacées, vont dans le mur. Les chiffres qui sont donnés donnent à échéance de l'année 2030 un déficit de 20 milliards d'euros. La GIRC-ARCO, qui est une caisse de retraite supplémentaire, a consommé rien que l'année dernière un quart de la totalité de ses réserves acquises depuis des dizaines d'années. Donc oui, le sujet des retraites est devant nous, et il faudra le traiter. Quand ? Ça appartient au gouvernement de le décider.
Aujourd'hui, aucune décision n'est prise sur ce sujet, et je ne voudrais pas laisser penser qu'il y a des annonces qui vont venir et un calendrier qui sera arrêté.
Parce que quand on lit Le Monde, par exemple, d'hier après-midi, l'hypothèse d'un relèvement de l'âge de départ à la retraite n'est pas écartée. Elle est sur la table même, dit un membre de l'exécutif. Vous pourriez relever l'âge de départ à la retraite avant la fin du quinquennat ?
Mais attendez, quand on constate que, si on ne fait rien, il n'y aura pas de retraite dans notre pays à l'échéance de 2030, 2035, 2040, c'est-à-dire demain, il est normal que toutes les hypothèses pour sauver le régime de retraite soient sur la table. Mais aucune décision n'est prise.
Ce sera quand la décision ?
Le président de la République qui a évoqué ce sujet a parlé de réflexions qui se poursuivaient jusqu'à l'été. Mais je n'ai aucun élément de calendrier. Je n'ai pas échangé avec le président de l'Opé sur ce sujet-là précisément.
Le patron de la CFDT, Laurent Berger, dit que c'est une folie, qu'il n'y a pas de place pour un débat apaisé autour de la question des retraites avant la présidentielle, que ce serait totalement inflammable. Le même son de cloche de Geoffroy Roux de Bézieux du côté du MEDEF qui dit je ne veux pas d'une réformette rustine.
Moi, j'ai entendu cela. Le problème, c'est que ça fait des années qu'on dit ah, c'est un sujet dangereux et qu'il est repoussé. Nous l'avons ouvert. Il a été suspendu par la crise sanitaire, vous le savez. Il est nécessaire de regarder la réalité en face. Alors, on peut se faire peur, mais en même temps, on peut avoir le courage de sauver le régime des retraites quand il appartiendra à l'exécutif de le décider et de nous le proposer.
Allez, le standard beaucoup de questions sur le sujet sur lequel nous avons démarré cette interview. La gifle au président de la République. Jean-Pierre, bonjour, bienvenue.
Bonjour.
On vous écoute.
Oui, donc, je suis un auditeur fidèle de France Inter rentré en mes vaches le matin et le soir. Je ne valide pas du tout le geste, ni je ne l'approuve. Mais toutes les promesses qui n'ont pas été tenues, notamment dans mon domaine, rien n'a été fait. Je suis producteur de lait. Ça fait six ans que le prix du lait a baissé. On nous paye comme dans les années 90. Et le président avait dit on va s'occuper de ça. C'est toujours les grandes surfaces qui gèrent le truc.
Et donc, vous dites...
Et donc, je dis, je n'aurais jamais mis une gifle au président. Jamais. Mais je crois que je me serais vraiment mis en colère.
Merci. Merci, Jean-Pierre, pour cette intervention. Christophe Castaner vous répond.
D'abord, je dirais à Jean-Pierre que je comprends son inquiétude et notamment sur la question du prix du lait. je reviendrai sur la question agricole. Mais on ne peut pas dire je condamne mais. Parce que le mais excuse. Le mais justifie. Et rien ne justifie la violence. Et donc, je ne veux pas corriger Jean-Pierre, parce que j'entends par contre ce qu'il dit sur le fond.
Il dit j'aurais jamais fait ça mais je suis en colère.
Oui, mais ça ne justifie pas. Et on ne peut pas laisser passer cela et je le dis à Jean-Pierre avec tout le respect que j'ai sur son cri de colère. Et j'entends sa colère. Nous avons, dès les premiers mois de la mise en place de ce quinquennat, travaillé avec le monde agricole pour mettre en place une loi, la loi EGalim, qui a porté une partie des résultats mais sont insuffisants. Dès le mois de juillet, nous aurons une nouvelle proposition de loi qui sera portée pour conforter la loi EGalim et pour faire en sorte que le juste prix soit payé au producteur.
Parce qu'on avance, on évalue et si on constate que le texte que nous avons adopté au début du quinquennat n'est pas suffisant, il faut aller plus loin. Nous irons plus loin et une loi sera débattue à l'Assemblée nationale au mois de juillet.
Benjamin Ostendard. Benjamin Saint-Ouen, bonjour, bienvenue. Bonjour Saint-Inter, bonjour M. Kelsaner.
Vous avez été l'un des rares à soutenir Éric Coquerel à qui je ne suis en opposition politique, je précise, quand il a été agressé et entarté par des gens de l'action française il y a trois ans, la réponse pénale des juges a été un stage de citoyenneté. Est-ce que ce genre de réponse pénale inadmissible n'entraîne pas les comportements qu'on a pu voir hier ?
Merci Benjamin pour cette question. Christophe Castaner.
Moi, j'ai toujours combattu toutes les violences et pas seulement contre le monde politique et donc évidemment quand Éric Coquerel l'a été, j'ai pris position. Il ne m'appartient pas de commenter une décision de justice mais on a évoqué la décision qui vient d'être prise. j'ai aussi en tête une forme de décision qui sont les rappels à la loi. J'ai le souvenir à titre personnel de n'avoir porté plainte comme député maire dans la commune de Fort-Caliquet qu'une seule fois contre quelqu'un qui m'a menacé quasiment de mort et qui a fait l'objet d'un rappel à la loi.
Ce sont des sanctions qui n'apparaissent pas suffisantes pour à la fois contraindre, empêcher et à la fois réparer parce que la sanction c'est aussi une forme de réparation. Il se trouve que le garde des Sceaux il y a dix jours a proposé une loi, a fait adopter une loi à l'Assemblée nationale qui revient sur les rappels à la loi pour qu'effectivement on ait des sanctions qui soient plus proportionnées au délit. Mais chaque décision de justice doit être analysée en fonction du dossier et il appartient au juge à qui moi j'accorde ma confiance et je ne les remets pas en cause de prendre les bonnes décisions.
Au standard, Guillaume, bonjour, bienvenue.
Oui, bonjour. Bonjour à toute l'équipe du 7-9. Bonjour M. Castaner. J'avais une question par rapport aux élections régionales et aux élections départementales parce que c'est vrai qu'on ne parle pas beaucoup de ce sujet ce matin. C'est un petit peu dommageable à 10 jours du scrutin. Je voulais savoir quelles conséquences tire M. Castaner en tant que patron de La République En Marche du futur échec aux élections régionales et départementales de La République En Marche et quel est cet impact aux élections présidentielles l'année prochaine ? Quelle leçon il tire de ce futur échec ? Merci.
Merci, merci à vous Guillaume pour cette question d'introduction parfaite au dossier des régionales. Christophe Castaner. Bonjour Guillaume.
D'abord une pression, je ne suis pas le patron de La République En Marche, c'est Stanislas Guirini qui est le patron du mouvement. C'est tout comme
Christophe Castaner.
Non, mais ce n'est pas tout comme. Chacun est dans ses responsabilités et Stanislas Guirini assume les siennes comme j'assume les miennes à l'Assemblée nationale. Mais la question qui est posée, c'est celle de la fragilité dans son ancrage territorial de La République En Marche. Je n'ai pas peur des mots, je parle de fragilité. Et donc je ne veux pas anticiper le résultat parce que sur le terrain, il y a des candidats qui portent des ambitions et des ambitions de victoire.
Donc aujourd'hui, nous sommes en campagne avec la volonté de faire le meilleur score partout où c'est possible et de faire en sorte que dans certaines régions, nous puissions gagner et nous pouvons gagner dans certaines régions.
François Baroin a eu des mots durs pour qualifier cette fragilité il y a deux jours. Il faut un microscope pour voir ce que pèse le parti d'Emmanuel Macron. 2% des communes, moins de 5% des voix. Jamais depuis 1958, un parti présidentiel n'a été aussi faible dans nos territoires.
Écoutez, je ne vais pas renvoyer la faiblesse des uns et des autres. Peut-être qu'être membre des LR aujourd'hui, pour François Baroin, lui donne une certaine forme de plaisir quotidien. Il pense que le parti des LR est un parti puissant. Il devrait peut-être effectivement commencer par s'intéresser.
Si on voit les municipales, il n'est pas faible les résultats des municipales.
Oui, enfin globalement, la plupart des listes qui ont gagné dans notre pays sont des femmes et des hommes qui n'appartiennent pas à un parti politique. Il y a globalement dans notre pays, et plutôt que de se jeter à la figure les remarques de tel ou tel, projet des partis politiques. Vous avez à peu près 30% seulement de la population qui se sent liée à un parti politique. Ça veut dire que les deux tiers de la population ne se lient pas. Il y a une crise des partis politiques.
À ce micro, Stéphane Séjourné, eurodéputé à l'REM et conseiller du président de la République, a déclaré, je le cite, que le front républicain est mort ou presque. Êtes-vous d'accord avec lui ? Non. Expliquez-nous. Il y a deux lignes au parti ?
Il n'y a pas deux lignes au parti ? Mais attendez, c'est bien d'avoir des débats. Il ne faut pas avoir peur
Non, mais sur le front républicain, il faut avoir une position, pardon.
Mais moi, j'ai une position très claire et je vais vous la donner. Tout comme, c'est bien d'assumer aussi une part de nuance. Vous savez, tout n'est pas blanc et tout n'est pas noir.
Sur le front républicain.
Et donc, il faut assumer cela. Et vous savez, je suis plutôt bien placé pour parler du front républicain. On parlait des régionales à l'instant. En 2015, je pense que sans mon retrait aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marion Maréchal-Le Pen serait la tête de la région en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Et j'ai contribué du coup à l'élection de Christian Estrosi et de Renaud Muselier aujourd'hui président de notre région en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Et pour moi, il n'y a pas de doute possible. Je ne voterai jamais et je ne ferai jamais un vote qui favorise l'élection du Front National.
Donc, le front républicain n'est pas mort à vos yeux ?
Alors, je pense qu'il n'est pas mort même si beaucoup aujourd'hui le considèrent comme secondaire. Il se trompe. Il y a dans notre pays des gens qu'il faut combattre et sur lequel nous devons au nom de nos valeurs républicaines nous retrouver pour les combattre. Et le Front National, le Rassemblement National est un parti que je combats et que je combattrai sans cesse parce que malgré le ripollinage de printemps de Marine Le Pen à la tête du Front National et du Rassemblement National, je sais ce qu'est la réalité du Rassemblement National.
Et il suffit de voir les errements des nombreux candidats qu'elle soutient pour se rappeler que ce parti est un parti raciste composé par un certain nombre de personnes qui ne sont pas des Républicains.
La question de la réforme des retraites fait également réagir au standard. Bonjour Paul. Oui, bonjour. Bienvenue. Merci. On vous écoute.
Oui, alors si je comprends tous les membres du gouvernement actuellement, excusez l'expression, elle n'est pas très fine, on tourne autour du pot. On veut faire travailler davantage les gens, si je comprends bien, et en même temps nous avons des centaines de milliers de personnes qui sont sans emploi ou alors, disons, en CDD, en intérim. Alors, comment concilier les deux problèmes ? À mon avis, c'est indécent.
Merci Paul pour cette question. Christophe Castaner vous répond. Paul, je ne comprends pas
la qualification du mot indécent. Ce qui serait indécent, c'est d'imaginer que vous avez une classe politique, quelle qu'elle soit, et pas seulement celle qui est en responsabilité aujourd'hui, qui ne fait pas tout pour aller vers l'emploi. Toute la classe politique qu'elle a été en responsabilité hier, ou qu'elle le soit aujourd'hui, se bat pour faire en sorte qu'on puisse accéder à l'emploi. Sur la jeunesse, par exemple, ce que porte le gouvernement actuel avec le dispositif Un jeune, une solution, qui vise à ce qu'aucun jeune n'ait pas une proposition de formation ou d'accès vers l'emploi, et ça marche, et ça marche plutôt bien, ce sont des dispositifs que nous mettons en œuvre.
Et donc, vous avez raison sur un sujet. Plus les gens vont vers l'emploi, moins on a de difficultés pour financer les retraites. Parce que c'est notre système actuel qui fait que ce sont les cotisations de ceux qui travaillent et qui financent les retraites de ceux qui ne travaillent pas. Mais dans une société où vous avez de plus en plus de personnes âgées et donc de plus en plus de retraités et de moins en moins de gens qui travaillent en proportion des gens qui sont à la retraite, la question se pose. Il n'y a pas d'indécence à poser la question, il y a plutôt le sens de la responsabilité.
Voilà Paul pour la réponse de Christophe Castaner que je remercie d'avoir été au micro de France Inter ce matin, président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale et député des Alpes de Haute-Provence. 8h45