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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 17 octobre 2023 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

"Moratoire" : Olivier Faure plaide pour suspendre la participation du PS aux travaux de la Nupes

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    On peut en parler maintenant.

  • 1:43RelanceRéponse partielle

    Mais la polémique vous paraît futile, c'est-à-dire...

  • 1:50RelanceRéponse directe

    Alors, comment pouvez-vous, vous, Olivier Faure, condamner le terrorisme et continuer de travailler main dans la main avec des gens qui ne le condamnent pas ?

  • 3:02FerméeRéponse directe

    Olivier Faure, nous vous entendons. Est-ce que vous comptez rompre avec Jean-Luc Mélenchon ?

  • 4:41OuverteRéponse directe

    La bordélisation permanente. Je vous entends, Olivier Faure, quand vous parlez d'un moratoire.

  • 5:30RelanceRéponse directe

    Mais ça signifie quoi ? Ça signifie que le Parti Socialiste va revenir dans la NUPES, va recommencer à recollaborer avec la France Insoumise. À condition de quoi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Invité politiqueFait
    « Le 7 octobre, le Hamas passait à l'attaque contre Israël. »
  • 0:13Invité politiqueFait
    « Le jour même, la France Insoumise se refusait à qualifier le massacre de terrorisme. »
  • 0:28Invité politiqueFait
    « Je ne veux pas poser la question de la NUPES, je trouve ça indécent. »
  • 2:34PrésentateurFait
    « La gauche, c'est les écologistes. »
  • 2:49PrésentateurFait
    « Nous aurions dû progresser depuis un an. »
  • 2:59PrésentateurFait
    « Et c'est le Front National qui augmente. »
  • 3:35PrésentateurPromesse
    « Je proposerai ce soir aux socialistes un moratoire. »
  • 3:49PrésentateurPromesse
    « que nous ne participions plus aux travaux de l'intergroupe de la NUPES. »
  • 4:35PrésentateurFait
    « À une condition. C'est qu'on arrête avec les diversions permanentes. »
  • 5:16PrésentateurFait
    « Nous avions là un accord général. Et puis, il y a eu ce fameux tweet. Et derrière, tout a explosé. »
  • 6:59Invité politiqueFait
    « Il en a 75, vous en avez 31, vous vous sentez suffisamment fort pour rebâtir une alliance, une union sans lui ? »
  • 7:07PrésentateurFait
    « Mais la NUPES, il n'y a pas de chef. »
  • 7:31PrésentateurFait
    « La NUPES, c'est un accord qui se fait sur une base, qui est une base de réciprocité, d'égalité, de consensus. »
  • 8:39PrésentateurPromesse
    « Je veux l'union avec toutes les forces de la gauche et de l'écologie. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Olivier Faure25 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France en terre, le 7h49, Sonia De Villers, votre invitée ce matin et députée, premier secrétaire du Parti Socialiste.

0:10
Olivier Faure

Le 7 octobre, le Hamas passait à l'attaque contre Israël. Le jour même, la France Insoumise se refusait à qualifier le massacre de terrorisme. La France Insoumise et le Parti Socialiste sont à ce jour alliés au sein de la NUPES. Bonjour Olivier Faure.

0:23
Présentateur

Bonjour Sonia De Villers.

0:24
Olivier Faure

Le 9 octobre, vous disiez au journal Le Monde, on est en train de parler de vie et de mort. Je ne veux pas poser la question de la NUPES, je trouve ça indécent. Le délai de décence est-il passé ?

0:34
Présentateur

On peut en parler maintenant. Moi, ce que je veux surtout dire, c'est que, évidemment, le Hamas est une organisation terroriste. Et ce qui est fou, c'est que dans ce moment-là, que doit dire la gauche ? Elle doit effectivement être solidaire d'Israël, solidaire du peuple israélien, mais aussi porter une parole qui est une parole de paix. refuser que la riposte se mue en vengeance aveugle et continuer à porter un message de paix. Les accords d'Oslo, c'est la gauche. Yitzhak Rabin, c'était la gauche. Et qui l'a tué ? L'extrême droite. La droite israélienne qui a refusé ces accords d'Oslo. Le Hamas qui a tout fait pour tout faire chuter.

Et donc, nous, nous sommes là et nous devons porter cette voix. Et là où j'enrage, Génière de Villers, là où j'enrage, c'est que depuis une semaine, de quoi parle-t-on ? On parle exclusivement de la France insoumise qui a refusé, à un moment, de qualifier, ce qui est pourtant une évidence, le Hamas d'organisations terroristes. Et je n'en peux plus. Je n'en peux plus de ces polémiques, de ces diversions qui empêchent la gauche d'être audible et d'être entendue à un moment où nous aurions tellement besoin qu'elle soit entendue, qu'elle puisse porter une parole de paix.

1:44
Olivier Faure

Mais la polémique vous paraît futile, c'est-à-dire... Non, elle ne me paraît pas futile, c'est ce que je vous dis. C'est ça, c'est ça.

1:48
Présentateur

Je vous dis que je n'en peux plus, je ne veux plus assister à cela.

1:50
Olivier Faure

Alors, comment pouvez-vous, vous, Olivier Faure, condamner le terrorisme et continuer de travailler main dans la main avec des gens qui ne le condamnent pas ? La question, elle est hyper claire.

1:59
Présentateur

La question, elle est claire, ma réponse le sera aussi. Il y a, y compris chez les insoumis, des gens différents. Ça n'est pas un bloc monolithique, ça n'est pas vrai. Mais il y a effectivement une stratégie posée par Jean-Luc Mélenchon de tout conflictualiser, de faire en sorte qu'à tout moment, il y ait toujours un clivage net. Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, il ne clive plus seulement la droite par rapport à la gauche, mais il clive aussi la gauche. Et c'est le problème, parce que moi, ce que je voulais, ce que j'ai fait, je suis un partisan, un artisan de ce qu'on a appelé, de ce qu'on appelle encore la NUPES. Je suis un artisan et un partisan de la gauche, rassemblée.

La gauche, c'est les écologistes. Mais pour la rassembler, encore faut-il ne pas tout antagoniser en permanence. Parce que c'est aussi ce qui fait que nous ne sommes plus en capacité d'avancer. Nous aurions dû progresser depuis un an. Nous avons stagné au mieux. Nous aurions dû progresser après la réforme des retraites. Nous aurions dû progresser après l'affaire Naël. Nous aurions dû progresser maintenant sur la question du conflit israélo-palestinien. Et nous reculons. Et c'est le Front National qui augmente.

3:00
Olivier Faure

Olivier Faure, nous vous entendons. Est-ce que vous comptez rompre avec Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que vous comptez rompre avec la France insoumise ?

3:08
Présentateur

Je crois qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, qui pourtant a incarné il y a un an et demi nos espoirs collectifs, ne peut plus prétendre être celui qui incarne l'ensemble de la gauche et de l'écologie. C'est clair. Il y a aujourd'hui un sujet avec la méthode Mélenchon, parce qu'effectivement, il conduit la gauche dans une forme de stagnation et à un moment où, au contraire, il faudrait qu'elle reprenne son élan. C'est une rupture, oui ou non ? Il y a aujourd'hui, moi je proposerai ce soir aux socialistes un moratoire.

3:40
Olivier Faure

Ce soir, c'est le Conseil National du Parti Socialiste. Vous serez 300 participants.

3:43
Présentateur

Je suggérerais que, tant que nous n'avons pas réussi à obtenir une clarification, eh bien que nous ne participions plus aux travaux de l'intergroupe de la NUPES. Je cherche quoi ? Je cherche non pas moins d'union. Je cherche au contraire plus d'union. Je veux faire en sorte que nous puissions avancer d'un même pas. Mais je veux un autre fonctionnement. Je veux que nous puissions avoir un fonctionnement plus démocratique. Je veux que nous puissions avancer avec toutes celles et ceux qui, en sincérité, ont envie à la fois de partager un projet commun, mais aussi une candidature commune à l'élection présidentielle en 2027. Ça suppose beaucoup d'exigences.

Mais moi je ne trahirai pas cette promesse initiale. qui est la promesse de faire ensemble pour pouvoir ensuite, non pas seulement témoigner, pas simplement résister, mais même gagner. Parce que cette possibilité-là, elle existe à une condition. Oui. À une condition. C'est qu'on arrête avec les diversions permanentes. Et moi je n'ai pas signé pour la bordélisation permanente.

4:41
Olivier Faure

La bordélisation permanente. Je vous entends, Olivier Faure, quand vous parlez d'un moratoire. Vous parlez d'une suspension temporaire. Que les choses soient bien claires.

4:49
Présentateur

Tant que nous n'aurons pas réussi à avancer, effectivement, nous ne participerons plus aux travaux de l'intergroupe de la NUPES. Ça ne veut pas dire que ce soit définitif. Et il y a des gens, et même qui ont pris organisation, personnalité. J'appelle un dialogue. J'appelle à ce que celles et ceux qui veulent vraiment avancer puissent le faire ensemble. Qu'ils ne soient plus contraints. Parce que je vois que la voix puissante de Jean-Luc Mélenchon a à chaque fois étouffé ce que nous construisions ensemble sur les retraites. Nous avions là un accord général. Et puis, il y a eu ce fameux tweet. Et derrière, tout a explosé. Moi, je n'en peux plus de ça. Je ne veux plus de ça.

Je veux au contraire que nous puissions continuer à travailler avec ceux qui veulent travailler. Ceux qui ont le désir sincère de dépasser nos antagonismes. On vous a compris.

5:30
Olivier Faure

Mais ça signifie quoi ? Ça signifie que le Parti Socialiste va revenir dans la NUPES, va recommencer à recollaborer avec la France Insoumise. À condition de quoi ? Que la France Insoumise sorte de la NUPES, peut-être ?

5:43
Présentateur

Ça ne veut pas dire ça. Ça veut dire tout simplement que moi, je souhaite que nous puissions construire le rassemblement sur des bases claires. Donc, celles et ceux qui y sont prêts doivent dialoguer ensemble. Et on verra comment les choses se passent. Est-ce que c'est la même NUPES ? Est-ce que c'est une autre NUPES ? On verra bien. Mais il faut ce dialogue.

5:59
Olivier Faure

Et il faut que celles et ceux qui, dans la France Insoumise,

6:02
Présentateur

chez les écologistes, chez les communistes, chez les socialistes, et aussi, je vois, d'autres formations à l'extérieur, des formations qui sont peut-être inconnues du grand public, mais qui ont envie, là aussi, de s'associer, qui ont envie d'avancer. Il faut que tous ces gens-là puissent le faire. Que toutes celles et ceux qui ont une société civile organisée ont envie d'aider, d'accompagner une gauche qui veut gagner, et bien puissent le faire.

6:26
Olivier Faure

Olivier Faure, vous êtes en train d'annoncer une NUPES alternative, une sorte d'alter NUPES.

6:30
Présentateur

J'annonce un dialogue pour aboutir à une gauche qui se rassemble sur des bases qui soient les plus claires possibles, et en finir avec une stratégie qui nous convient dans un mur.

6:43
Olivier Faure

J'ai bien compris, mais moi, ce que je voudrais comprendre, c'est que la NUPES, l'alliance de la gauche, cet intergroupe, c'est Jean-Luc Mélenchon qui l'a voulu, c'est lui qui l'a bâti, c'est lui qui l'a mené, les 151 députés à l'Assemblée nationale, c'est lui qui vous les a fait avoir. Il en a 75, vous en avez 31, vous vous sentez suffisamment fort pour rebâtir une alliance, une union sans lui ?

7:07
Présentateur

Mais la NUPES, il n'y a pas de chef. En fait, il y a cinq formations politiques.

7:10
Olivier Faure

Il n'y a pas de chef, il y en a un qui est beaucoup plus puissant, et qui pèse beaucoup plus lourd que les autres.

7:14
Présentateur

Et il faut le reconnaître. Eh ben oui. C'est une réalité. Eh ben oui. C'est une réalité. Mais ça ne donne pas les moyens non plus d'imposer, de soumettre l'ensemble de ses partenaires. Ce n'est pas possible. La NUPES, c'est un accord qui se fait sur une base, qui est une base de réciprocité, d'égalité, de consensus. Et c'est comme ça que nous avons avancé pendant la campagne des législatives. Et c'est comme ça que nous avons réveillé l'espoir. L'espoir, il ne peut pas naître de la volonté d'un seul. Nous avons demandé une sixième république. Ce n'est pas pour avoir un nouveau Jupiter. C'est pour avoir, au contraire, la possibilité d'avancer avec un esprit qui est un esprit collectif.

Si ce collectif se crée, eh bien j'en serai. Et les socialistes en seront, parce que nous avons toujours plaidé pour cela. Et parce que la gauche, c'est aussi ça. La gauche va être une fête. Ça ne peut pas être simplement, à un moment, la parole d'un seul qui s'impose à tous les autres.

8:01
Olivier Faure

Alors il y a une autre fête, c'est donc le Conseil National du Parti Socialiste. Ce soir, vous serez 300. Vous savez que vos opposants réclament depuis un long moment maintenant la sortie de la NUPES que vous y étiez opposé parce que vous en étiez, comme vous dites, l'un des bâtisseurs et l'un des cofondateurs. Si aujourd'hui, vous arrivez ce soir en disant « nous en sortons, nous suspendons notre parti », vous vous retrouvez, vous, en minorité ?

8:24
Présentateur

Non, je ne sais pas. Face à vos opposants ? Mais là aussi, j'ai parlé beaucoup de Jean-Luc Mélenchon, parce qu'il est la principale voie à gauche. C'est ça, parlez-nous des socialistes. Mais la réalité, c'est qu'il y a aussi des socialistes qui ne veulent pas l'union. Et moi, je vous le dis ce matin, je veux l'union. Je veux l'union avec toutes les forces de la gauche et de l'écologie. Et je ne suis pas de ceux qui cherchent le chaos à gauche pour chercher à tenter une aventure individuelle. Ce n'est pas du tout mon état d'esprit. Ce que je veux au contraire, c'est plus d'union. Je veux une union plus forte. Je veux une union qui s'élargisse.

Je veux que nous puissions être en situation, non pas simplement d'être toujours celles et ceux qui résistons et qui sommes là pour simplement mendre les mollets du gouvernement. Je veux gouverner.

9:07
Olivier Faure

Plus d'union, mais sans la France insoumise telle qu'elle se présente aujourd'hui. On vous a bien compris.

9:13
Présentateur

Vous m'avez compris. Et ce que je veux, c'est que nous puissions, même avec celles et ceux qui, chez les insoumis, ont envie d'avancer, nous puissions avancer ensemble.

9:19
Olivier Faure

D'accord. Vous récupérez donc les dissidents. Merci Olivier Faure et bonne journée.

9:24
Présentateur

Merci Sonia de Villers.