S'engager pour que les mots fassent loi - La force de l'engagement
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Pourquoi cette commission d'enquête ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué pendant ces 6 mois ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la France peut dire que l'exception culturelle a parfois servi de paravent à l'impunité ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Ce rapport dénonce-t-il un fonctionnement systémique ou des dérapages individuels ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Parmi les 64 recommandations, quels sont les leviers essentiels ?
- 19:00OuverteRéponse directe
Vous préconisez une obligation d'enquête interne en cas de signalement. Pensez-vous que c'est réalisable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:00Erwan BalananFait
« On a confondu liberté de création et liberté de transgresser les règles du droit commun. »
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AGP association d'assurés engagés et responsables présente Sud Radio le grand matin weekend la force de l'engagement Muriel Rus. Bonjour à toutes et à tous. Ce matin, je reçois Erwan Balanan, député du finissaire, rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les violences dans les secteurs du cinéma, de lieu de visuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité.
Avec lui, nous allons parler de la façon dont la parole des femmes, les mobilisations sociales et la pression de l'opinion peuvent faire bouger les lignes. Mais avant cela, comme chaque semaine, un ditôt et ce matin, engageons-nous pour que les mots fassent loi. Depuis mit tout, des milliers de femmes ont pris la parole.
Elles ont raconté, exposé, dénoncé des gestes, des silences, des systèmes. Elles ont mis des mots sur des faits et ces mots ont changé les fait, pas seulement dans les consciences, mais dans les règles du jeu. Car la parole, quand elle devient collective, quand elle devient visible, audible, irrépressible, peut faire évoluer le droit dans les lois, dans les politiques publiques, dans la façon dont la République elle-même se positionne.
La parole n'est pas qu'un exutoire. quand elle est écoutée, quand elle est prise au sérieux, quand elle s'organise, elle est aussi force politique. C'est ce lien-là que nous entourgeons aujourd'hui le lien entre société et politique publique, entre les victimes et les législateurs, entre la colère et la réforme.
Quand la société s'empare d'un sujet que le politique ignoré, contourné ou minimisé, il se passe parfois un basculement. La pression se transforme en influence et l'influence oblige à agir. Cela commence par les témoignages.
Puis vient le besoin de comprendre, de nommer, de qualifier, puis celui de réparer, de prévenir, de poser des limites. C'est ainsi que des lois changent, que des décréentes, que des dispositifs secrets. Pas parce que le pouvoir l'a décrété mais parce que la société l'a exigé.
Ce lien est fragile. Il peut-être récupéré, instrumentalisé, vidé substance. Mais quand il est sincère, quand il reste connecté à la réalité du terrain, il devient un levier formidable.
C'est lui qui permet à la démocratie de ne pas être hors sol, de ne pas être sourde, de ne pas être aveugle, de ne pas être complice. Aujourd'hui, ce lien s'incarne dans un travail parlementaire inédit. Un rapport mené par une commission d'enquête pour faire toute la lumière sur les violences commises dans le monde du cinéma, de la mode, de l'audiovisuel, du spectacle vivant, de la publicité. un monde trop souvent protégé par l'excuse du talent, par l'exception culturelle, par le silence des puissants.
Ce rapport recueille des voix et il trace une route. Il dit ce que trop de milieux n'ont pas voulu entendre. Il propose ce que trop d'institutions ont tardé à mettre en œuvre.
Ce matin, on en parle avec celui qui en est le rapporteur, le député Erwan Balanan. Bonjour Balanan. Bonjour.
Bonjour. Alors, vous êtes député du Fistère. Vous avez été membre de la commission des lois pendant 8 ans, particulièrement engagé sur les sujets de justice, de liberté fondamentale et de lutte contre les violences.
Aujourd'hui, rapporteur du rapport parlementaire sur les violences dans les secteurs du cinéma, de l'audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité. Alors, ma première question pour nos auditeurs, pourquoi cette commission d'enquête ? Je voudrais que vous replaciez le contexte du déclencheur de cette commission.
Bah le le contexte c'est euh c'est les révélations de de Judith Godch il y a maintenant 18 mois à peu près. et une une audition qu'elle avait faite à l'Assemblée enfin suivant une audition qu'elle avait faite au Sénat et on avait estimé avec un certain nombre de députés dont Francesca Pasquini du groupe des écolos qu'il fallait faire la lumière et dresser des constats et essayer d'avoir des propositions fortes pour que pour que tout ça change. Et si on l'a si c'était c'était donc Francesca Pasquini qui qui était au départ à la manœuvre, elle m'avait associé, il y a eu la dissolution et suite à la dissolution, on a remis en place cette commission d'enquête et là c'est Sandrine Rousseau qui a repris le travail et le flambeau avec moi.
Donc c'est un travail qui a été long, un travail de 6 mois. Je pense que c'était un travail nécessaire et vous venez de de le dire dans dans votre dans votre édito, vous venez de parler de la parole. Euh la parole, ça fait longtemps en fait qu'il y a des femmes qui parlent.
C'est Judith Godche n'est pas la première. Elle a eu un impact fort mais elle est pas la première. La question c'est plutôt celle de l'écoute et l'écoute de la société comme vous l'avez démontré qui à un moment donné est en capacité à se transformer et c'est ce queon essaie d'accompagner avec le rapport de cette commission d'enquête.
Alors 6 mois hein, 85 auditions, près de 350 personnes entendues, des victimes, des professionnels, des responsables d'institution, des syndicats, des avocats, des experts. Vous, qu'est-ce qui vous a le plus marqué pendant ces 6 mois ou au cours de ces 6 mois ? Bah ce qui est marquant et c'est ce que je dis dès l'introduction du du rapport, c'est qu'en réalité le cinéma est à l'image de la société.
C'est une société encore basée sur une culture patriarcale et sur un sexisme et des violences sexistes présente, forte. Mais le cinéma, il y a des facteurs aggravants et des facteurs amplifiants. ce culte du génie.
Peut-être qu'on y reviendra. Ce cette hiérarchie très forte, enfin quand je dis cinéma, le monde de la culture, cette hiérarchie et puis aussi une certaine vision, un rapport au code du travail assez souple parce que souvent dans le monde de la culture, les gens n'ont pas toujours l'impression de travailler, ils ont l'impression de de faire œuvre, d'être d'être dans un dans un métier passion. Mais un métier passion, ça reste un travail. et un travail ça des cadres et le cadre il existe et il faut le le respecter.
Oui. D'ailleurs le rapport ilque un culte du talent une liberté artistique sacralisé qui aurait longtemps tout justifié. Est-ce qu'en France on peut dire que l'exception culturelle a parfois servi de paravant à l'impunité ?
Est-ce qu'on a confondu liberté de création et liberté de transgresser les règles du droit commun ? Bah oui, je crois. Hélas euh on a cette exception culturelle française qui est magnifique, qui nous permet d'avoir des œuvres splendides, d'avoir un milieu culturel qui fonctionne.
Mais on a aussi euh mis en place cette excuse de génie, cette excuse de génie qui pardonne tout à celui qui est celui qui tient le film par son pouvoir économique, celui qui tient la production, le spectacle par son talent. Et ça c'est pas c'est plus possible en fait. C'est plus possible parce que le monde a changé et que surtout d'ailleurs ça n'aurait jamais dû être possible.
C'est ça la réalité mais bon le monde n'est pas toujours parfait. Et donc il faut il faut changer ça. Il faut changer ça.
Il faut il faut rappeler que l'acte créatif, le message que l'on veut passer culturel, politique, artistique, il ne peut se faire que dans le respect de l'état de droit. et et notre état de droit. Il y a des règles et les règles, elles sont assez elles sont assez précises en fait hein, que ça soit notre code pénal et notre code euh notre code du travail.
Alors, ce rapport, il se contente pas d'énumérer des violences, hein. Il dénonce aussi un système, je pense à cette logique de précarité, d'emprise, de dépendance économique dont vous venez de parler, l'opacité des castings, certains flous contractuels, la solitude des intermittents, mais aussi cette loi du silence qui a protégé les agresseurs plus qu'à n'ég. Est-ce que vous vous avez eu le sentiment d'exumer un fonctionnement systémique et non des dérapages individuels ?
Oui, je crois qu'il y a hélas et c'est on le dit euh quelque chose de de l'ordre du système, de l'ordre de des habitude aussi beaucoup euh dans sur un plateau euh dans une production euh souvent celui qui est euh ou celle le plus le plus régulièrement euh celle qui est hiérarchiquement en bas de l'échelle ne ne parlera pas parlera pas parce qu'elle se dit un je vais mettre en péril le collectif C'est souvent, ça part souvent dans une bonne intention de se dire "Attendez, j'ai subi quelque chose mais si je parle, je détruis le collectif, je détruit la production et parfois ça a des conséquences économiques." Et puis il y a aussi pour la personne le fait de se dire ce que la précarité de l'intermittence où on n'est pas nécessairement que en précarité économique, on est surtout en précarité de temps de travail. On travaille un temps et puis si on a parlé, si on a dérangé, est-ce qu'on travaillera encore ?
Et c'est ça qu'il faut qu'on change. Et je crois je crois qu'il y a un début de changement. D'ailleurs, ce que vous évoquez c'est cette forme de merta.
Cette forme de merta dans le monde de la culture. Alors est-ce qu'elle est en train de se fissurer sous la pression de la parole du victime d'immobilisation ? On observe encore des stratégies de contournement, de protection entre pères hein, toujours d'inertie volontaire dans certaines grandes institutions, même si ça a bougé.
Moi, j'ai envie de vous demander. Vous pensez que la peur a changé de quand ? Ben je je j'espère j'espère que la peur va changer de camp et j'espère que aussi la honte changera de camp. euh les deux sont liés, les deux sont pas tout à fait les mêmes ressorts.
Je pense que ce qui peut euh nous nous faire avancer euh c'est justement la pression de la société parce que j'ai dit tout à l'heure que le cinéma était à l'image de la société mais nous sommes dans une société qui change et dans un monde qui change et on le voit bien et j'espère que ça va durer parce qu'on sent aussi des freins que le le fait d'être enfin la honte peut changer de camp. C'est ça le sujet en fait, c'est que aujourd'hui pour une production jusqu'à maintenant vous cachiez, vous minimisiez parce que parce que voilà, vous saviez que ça pouvait avoir des conséquences économiques très graves et j'espère que demain les les auteurs se disent "Mais si je fais une connerie, excusez-moi du mot, ça passera pas quoi, ça passera plus." Et donc j'ai peur et je la fais plus.
Et puis si je la fais surtout c'est moi qui aurai la honte et pas la personne qui a dénoncé. C'est ça qu'il faut qu'on arrive aussi, c'est que les personnes qui parlent, les personnes qui sortent de leur silence, en réalité, ce sont elles et eux les héros de ces histoires. Ce sont elles qui doit être nos rôles modèles.
Et c'est pas toujours simple, on le sait. Et on a beaucoup d'exemples de femmes, un peu moins d'hommes mais qui ont parlé et qui ont payé très cher de leur carrière. travaille plus travaille beaucoup moins et ça ça doit changer.
Je crois que ces femmes qui parlent en réalité Judith God qui a aujourd'hui visiblement non pas des difficultés mais qui sent un peu de de stracisation et ben non ça doit être elle toutes celles qui ont parlé sont les femmes sont des références aujourd'hui qui doivent être mises en avant. Alors, revenons sur le rapport, hein, 64 recommandations. Euh c'est un plan d'action complet, très concret qui va de la formation à la gouvernance en passant par le financement et les procédures internes.
Euh, parmi toutes ces propositions, quels sont selon vous les leviers essentiels les plus structurants pour transformer durablement ces secteurs ? Bah, continuer la formation. Ouais.
Continuer la formation de façon intensive et la commencer dès les parcours d'étudiants. On devient pas artiste ou technicien. comme ça par la grâce du Saint-Esprit.
Euh on le devient parce qu'on a souvent été formé été formé à son métier, à sa pratique. Et aujourd'hui, moi j'ai constaté une lacune très forte sur ces questions-là, sur la question du droit du travail, sur la question même de du code pénal, sur la question tout simplement du droit. Et ça c'est un sujet.
Et d'ailleurs, si on a si le CNC a mis en place des formations, c'est parce que justement il a constaté qu'il y avait un manque. Donc premier point, continuons les formations. Celles qui sont continues, mais faisons aussi de la formation initiale sur ces sujets.
Je crois qu'on doit apprendre à nos comédiens, à nos techniciens que ils s'intègrent dans un dans un cadre juridique et ce cadre juridique les protège, leur donne des droits et leur donne aussi un certain nombre de devoirs et d'attitudes à avoir. Ça c'est le premier point. Après, il y a un certain nombre de choses qui doivent être améliorées, qui doivent être transformées.
Je pense aujourd'hui, par exemple qu'un certain nombre de métiers doivent être certifiés pour qu'on ait des personnes qui soient très professionnelles sur ces sujets, qui qui a les connaissances et qui est surtout la capacité de d'emporter cette transformation du monde. Je pense évidemment à des métiers comme la coordination d'intimité qui doit être certifié, qui doit être généralisé, mais je pense aussi à la question des agents euh les agents de de de comédiens, les agents de réalisateurs. aujourd'hui, je pense qu'ils ne sont pas suffisamment formés à cette question et à cette question de l'écoute et parfois à cette question de défendre la personne qui a été qui a été violentée dans son exercice professionnel.
Elles ne peuvent pas être des personnes qui étouffent les histoires parce que c'est un poids économique. Elles doivent dire elles doivent être en capacité d'accompagnement et je pense que comme les producteurs de euh dans le monde du cinéma et aussi maintenant dans le monde du spectacle vivant sont en train ont tous été formés et leur subvention est contingentée à ces formations. Je pense que les agents doivent aussi suivre ces formations.
Et il y a quelque chose que vous préconisez qui me paraît extrêmement important. On l'a dit, la la prise de parole est difficile euh même si l'écoute s'est amélioré. Euh vous vous préconisez une obligation d'enquête interne en cas de signalement, même sans plainte pénale.
Oui. Vous pensez qu'on peut y arriver ? Oui, oui, oui, il faut il faut parce que parce qu'il faut que lumière soit faite euh dès qu'il y a dès qu'il y a un cas dans une entreprise parce que dans le monde euh du cinéma, de l'audiovisuel euh de la publicité euh du spectacle vivant, euh nous avons à faire des entreprises à des personnes qui ont leur responsabilité d'employeur et comme dans le reste et comme dans tous les métiers, l'employeur a une responsabilité. il a l'employé, il a la responsabilité de de mettre en sécurité ses salariés et ça passe par une enquête interne dès qu'il y a un signalement effectivement.
Ouais. Ça passe peut-être aussi par une question sur l'organisation économique de ce secteur he parce que vous l'avez évoqué tout à l'heure he c'est un système où évidemment les enjeux économiques sont forts, où on prend protège la rentabilité des des projets. Donc vraiment est-ce que peut-être c'est aussi une question sur cette organisation économique ?
Peut-être qu'elle doit bouger. Oui, mais si la honte change de camp, si la peur change de camp, c'est ce que j'ai essayé de d'expliquer tout à l'heure, pour un projet, un projet qui serait frappé d'une attitude inadmissible et d'une attitude condamnable par le code pénal, on sait aujourd'hui que c'est un projet qui perd sa valeur économique parce que il y a la pression de la société qui est là maintenant. Et donc euh ce modèle euh bah il va falloir qu'il tienne compte aussi euh de ce risque.
Et moi je pense qu'il y a la question assurantielle qui doit être posée et que euh je pense que le risque euh violence sexiste et sexuelle doit euh être enfin il doit y avoir une clause assurantielle qui permette de faire les les enquêtes de qui permettent de réagir, de faire des interruptions de tournage si nécessaire. Et ça c'est ce que nous allons essayer de mettre en place et de travailler avec le secteur de l'assurance. On vous a vu hein au festival de Cann euh d'ailleurs, il y a eu une montée avec vous et la ministre Aurore Berger et des associations qui défendent les droits des femmes et qui soutiennent les victimes.
Le festival a pris une décision, me semble-t-il assez nouvelle. Ils ont demandé à un acteur présent dans un film en compétition de ne pas monter les marches. Non pas parce qu'il s'était conduit euh il avait enfin agi et et et provoquer des violences sur un tournage ou sur un lieu de production, mais parce que il avait été accusé par trois de ses compagnes de viol conjugal et de violence psychologique dans son domicile.
Ça c'est une avancée, c'est-à-dire de prendre en compte même ce qui se passe dans la vie personnelle des gens hors situation professionnelle. Mais la décision du festival, je pense qu'elle a été euh une très bonne décision et qu'elle est euh révélatrice de ce monde qui change. Justement, en prenant cette décision, je crois qu'elle a protégé tout le monde.
Le le festival a protégé tout le monde. Elle a protégé évidemment euh la production, le film parce que le film avec une polémique aurait perdu de la valeur économique et puis aurait même perdu de l'intérêt alors que c'est un très beau film. par ailleurs, elle a protégé les victimes en les sortant d'un bruit médiatique qui parfois n'est pas simple pour les victimes.
Et puis je pense qu'elle a aussi protégé euh l'auteur présumé, enfin la personne aujourd'hui accusée. Euh elle l'a protégé de d'un d'un comment dire de quelque chose qui qui parfois vous dépasse et voilà. Donc je pense que c'est de la bonne décision et à Cann cette année, j'ai quand même eu l'impression qu'il y avait un chemin nouveau qui avait été pris.
Alors, je parle pas de la programmation qui va aussi dans un sens plus ouvert sur ces questionsl et plus égalitaires, mais aussi sur les attitudes. et on a eu une jeune femme qui a dénoncé des faits durant un colloc où où j'étais devant le CNC et plutôt que d'être la paria, elle est devenue le rôle modèle et elle a été accompagnée et c'est cette jeune femme aujourd'hui le fait d'avoir eu cette écoute quoi qu'il arrive après dans la procédure judiciaire et ben elle a pu sans doute commencer sa reconstruction grâce à cette écoute et cette bienveillance où on a écouté la personne, on l'a protégé et on lui a dit "On va prendre des mesures conservatoires pour te protéger et c'est ça qu'il faut à mon avis mettre en place le plus souvent possible. Alors, on arrive à la fin de cette conversation.
Est-ce que certains récits parmi tous ceux que vous avez entendu ont déplacé vos propres repères sur la gravité ou la banalité des violences dans ces milieux ? Vous à titre personnel ? Oui.
Oui. certaines comédiennes qui nous expliquent en réalité que dès le premier tournage de leur carrière, parfois enfant, elles ont subi soit des violences morales, soit des violences physiques ou ou sexuelles et que toute la vie toute la vie ça les a ça les a accompagné et qu'elles ont tenu parfois parce qu'elles ont une soif de jouet qui est plus forte que tout le reste mais parfois certaines craquent et en craquant on perd un talent et c'est pour ça que j'ai appelé cette ce rapport machine à broyer des talents parce que perdre des talents c'est pas possible dans notre société. Alors ce rapport est un point de bascule.
Il rend visible ce qui a été trop longtemps étouffé. Il formule des propositions concrètes applicables mais surtout parce qu'il incarne ce que peut produire une démocratie quand elle prend au sérieux la parole des femmes. Merci à vous Eran Balanan d'avoir conduit ce travail.
Merci d'avoir été avec nous ce matin et on se retrouve dimanche prochain dans la force de l'engagement sur Sud Radio. Sud Radio, le grand matin weekend. La force de l'engagement Muriel Reus avec AGP association d'assurés engagé et responsable.
Erwan Balanant