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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 24 juin 2022 53 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalDéfense

Dernier Conseil européen sous Présidence française du Conseil de l’Union européenne.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que la Russie pourrait couper complètement le robinet de gaz dans les prochains jours ? Les mesures d'urgence toucheront-elles les entreprises et les particuliers ? La France peut-elle se passer du gaz russe d'ici l'hiver ?

  • 26:00OuverteRéponse directe

    Quand la Commission présentera-t-elle son avis sur le plafonnement des prix de l'énergie (price cap) ? Cela fera-t-il partie du plan de juillet ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Risque-t-on un manque de leadership en Europe de l'Ouest avec les fragilités politiques en Allemagne et en Italie ? Combien de milliards de m³ de gaz remplaceront le russe ? Où en est le blocage hongrois sur l'imposition minimale des sociétés ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    Pensez-vous que le plafonnement des prix du pétrole pour réduire les recettes russes sera adopté au G7 ?

  • 45:00OuverteRéponse directe

    Comment sera organisée la réunion de la communauté politique européenne sous présidence tchèque ? La situation politique en France pourrait-elle ralentir l'Europe ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Président du Conseil européenFait
    « La guerre fait augmenter les prix de l'énergie et des denrées alimentaires de base et a une incidence sur les citoyens et les entreprises. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci d'être là pour notre conférence de presse qui clôture le Conseil européen formel de juin. Nous venons d'adopter nos conclusions sur le sujet économique. Hier soir, nous avons tenu notre première discussion sur la Communauté politique européenne en émergence, qui ne se veut pas une alternative à l'élargissement.

Nous avons planté le décor en posant trois questions. D'abord, assurer la sécurité et la stabilité sur le continent européen. Quelle forme ?

Celle d'une plateforme de dialogue et de coordination avec nos partenaires européens sur pied d'égalité. Nous avons également répondu à la question du qui. Le format sera réservé, dans un premier temps, aux seuls chefs.

Nous aurons une première réunion, qu'il faudra confirmer, sous présidence tchèque à Prague, et qui sera préparée en intelligence entre les deux présidences tournantes, France et Tchéquie, après le sommet. Aujourd'hui, nous nous sommes attardés sur les points économiques. D'abord, la situation économique actuelle, l'inflation est un problème qui nous tarabuste tous.

La guerre fait augmenter les prix de l'énergie et des denrées alimentaires de base et a une incidence sur les citoyens et les entreprises. Nous restons unis et déterminés à coordonner notre politique économique. Nous sommes ensuite passés à notre architecture financière.

Nous restons attachés à l'achèvement de l'union bancaire et à l'approfondissement de l'union des marchés des capitaux. Cela reste notre priorité. Nous avons abordé, une fois encore, les progrès qui doivent être réalisés en termes de questions énergétiques, avec la ferme intention de continuer à déployer des efforts pour coordonner nos actions dans ce domaine important, en prenant également en compte le travail qui est réalisé au départ de la Commission.

Enfin, deux points particuliers que je souhaite mentionner, c'est le pas en avant significatif par la Croatie pour rejoindre la zone euro. C'est une décision importante qui a été endossée par le Conseil européen. Une implémentation va intervenir dans les prochaines semaines et les prochains mois, et nous souhaitons chaleureusement féliciter les autorités et le peuple croates pour cette décision qui montre la force et la résilience de la zone euro.

Enfin, un point également qui concerne la Grèce, puisque nous avons eu l'occasion de saluer le pas en avant réalisé par la Grèce en termes de fin du programme renforcé de surveillance. Cela montre aussi les avancées significatives qui ont pu être réalisées. Il me reste à mentionner deux éléments encore.

D'une part, une fois encore, dire nos remerciements pour la présidence française de l'Union européenne. On a eu l'occasion, en fin de Conseil européen, de saluer tous ensemble, avec les 27 leaders, le travail gigantesque qui a été réalisé en termes législatifs mais également politiques dans les différentes dimensions. Les efforts vont se poursuivre puisque, dans les quelques prochains jours encore, particulièrement sur la question des Balkans occidentaux et de la Macédoine du Nord et de l'Albanie, compte tenu du vote intervenu au Parlement bulgare il y a quelques heures, je ne doute pas que nous allons rester très actifs pour tenter de progresser sur ce sujet-là.

Encore une fois, un immense merci au président et à l'ensemble des équipes qui ont été mobilisées pour faire avancer le projet européen. Je voudrais également donner un message particulier et plus personnel aux Pinos, Pino et Pino. Cela va susciter effectivement un peu de surprise peut-être, mais Pino et Pino, vous êtes des institutions pour la salle de presse.

Votre notoriété est internationale. Je souhaitais vous remercier du fond du cœur, et je vois que les applaudissements montrent l'affection qui vous est portée. Un immense merci à vous.

Merci beaucoup. Merci, merci. Oui.

Merci, Monsieur le Président. Madame la Présidente. Merci beaucoup.

En effet, aujourd'hui nous avons eu l'occasion d'avoir une discussion approfondie sur l'économie à l'Eurosommet. La zone Euro devrait continuer de croître en 2022 et 2023, mais en moindre mesure que prévu avant la guerre. Bien évidemment, la guerre en Ukraine a un impact lourd sur la croissance et sur l'inflation.

Nous avons assisté à cette action de la Russie sur le gaz. On a vu des augmentations de l'énergie au-delà des sources énergétiques, sur l'alimentaire et le reste. Donc nous avons discuté de comment atténuer l'impact économique, surtout pour les personnes les plus vulnérables dans nos sociétés.

Cela commence par une préparation adéquate pour faire face à des atteintes ultérieures à la livraison du gaz russe en Europe, et nous y travaillons d'arrache-pied. Nous avons revu tous les plans d'urgence nationaux, pour veiller à ce que chacun soit prêt face à des perturbations ultérieures, et nous travaillons à un plan d'urgence pour la réduction de la demande en Europe avec l'industrie, avec les 27 États membres. Nous le faisons parce que nous avons tiré la leçon de la Covid 19.

Nous avons vu qu'en agissant ensemble, à 27, en évitant la fragmentation, on a été forts et on a eu un impact énorme. Je vais présenter ce plan au mois de juillet aux chefs d'État et de gouvernement. On ne reviendra pas à des combustibles à bas prix.

Au-delà donc d'une assistance ciblée aux populations vulnérables et à l'industrie, il faudra aider l'économie et la société à s'adapter au nouvel environnement. La cause du problème, c'est essentiellement notre dépendance aux combustibles fossiles dont nous devons nous débarrasser. C'est là l'essence même de REPowerEU.

Grâce à REPowerEU, nous apportons des ressources, 300 milliards d'euros environ, pour faire trois choses. D'une part, diversifier les sources d'énergie et les sources d'approvisionnement. Deuxième pilier, accroître l'efficacité énergétique, et, le troisième pilier, un approvisionnement en énergies vertes produites chez nous.

Nous voyons déjà des résultats. Je vous donne un exemple pour le premier pilier. Pour la diversification, au-delà du gaz russe, on peut voir que les États- Unis et le GNL ont augmenté les livraisons de 75 % cette année par rapport à l'année dernière.

Nous venons de passer un memorandum d'accord avec Israël et l'Égypte, pour faire en sorte qu'on ait du gaz naturel d'Israël, liquéfié en Égypte et acheminé vers l'Europe. Le gaz qui vient de la Suède a augmenté de 50 %, l'Azerbaïdjan 90 % de plus, donc beaucoup de choses bougent pour se diversifier et avoir recours à des fournisseurs de confiance. Pour ce qui est des renouvelables, je pense qu'il y a un chiffre intéressant.

L'Union européenne a été et reste le deuxième plus grand marché à l'échelle globale pour ce qui est de la capacité accrue en renouvelables en 2021 et 2022. Là, on voit un grand pas en avant des investissements en renouvelables, l'énergie du futur. C'est la voie à suivre.

Deuxième thème que nous avons abordé en parallèle, c'est que nous travaillons à la révision de la gouvernance économique. Nous le savons, l'endettement et les déficits se sont aggravés après la Covid dans tous les États membres et, en même temps, les besoins en termes d'investissement sont très importants pour une bonne transition en termes verts et numériques, pour avoir des sociétés européennes résilientes et une économie résiliente. Donc nous devons concevoir des règles qui permettent de concilier les besoins en investissements élevés, nécessaires, tout en sauvegardant la bonne gestion financière, les deux allant de pair, la durabilité budgétaire et la croissance.

Je voudrais conclure, cher Emmanuel, en vous félicitant pour la présidence française qui a été couronnée de succès. Vous avez fait un travail énorme. J'ai pu voir au jour le jour le travail intense fait par votre équipe et vous-même, et tous les progrès réalisés par l'Union européenne.

Vous avez fait la différence. Il ne faut pas oublier que, quand vous avez commencé, vous aviez beaucoup de choses sur la table, mais vous ne pouviez pas prévoir qu'une guerre arriverait. En un temps record, nous avons préparé six paquets de sanctions lourdes et je pense que c'est la marque de votre présidence, voir la détermination de l'Union européenne et la vitesse à laquelle nous pouvons aller de l'avant.

Nous avons accueilli 7,5 millions de réfugiés d'Ukraine, 3 millions qui sont toujours là. Vous et votre équipe de la présidence avez fait en sorte que, très rapidement, nous puissions leur donner la protection temporaire, donc l'accès au marché de l'emploi, au système d'enseignement et à la sécurité sociale, tout ça grâce à la présidence française. Je vous remercie personnellement pour les progrès énormes que nous avons réalisés pour le Pacte vert, et surtout le grand paquet Fit for 55.

Des dizaines de propositions ont été lancées, c'est un grand pas en avant. La même chose vaut, et je sais que vous y tenez beaucoup, pour le DSA et le DMA, donc l'architecture du monde en ligne. Avoir les mêmes règles que dans le monde réel pour protéger nos citoyens et pour maintenir la compétitivité de nos entreprises dans le monde virtuel, c'est le DSA, c'est le DMA.

On les a négociés avec ambition et on les a adoptés dans un temps record. Il y a eu la Conférence sur l'avenir de l'Europe et, personnellement, je suis très fière d'un dossier très spécifique que vous avez pu conclure sous présidence française, c'est le dossier avec les femmes, « Women On Boards ». Il a fallu dix ans, ça a été bloqué pendant dix ans.

La présidence française a permis de faire en sorte qu'il refasse surface et il a été négocié et adopté dans un délai record. Vous avez mis fin à une injustice vis-à-vis des femmes, et vous avez aussi pu corriger une perte de revenus pour les entreprises. C'est un grand pas en avant que nous avons maintenant sur ce « Women On Boards », les femmes dans les conseils d'administration.

Enfin, je voudrais mentionner que nous avons réalisé beaucoup de progrès sur le Pacte pour la migration et l'asile, notamment pour le mécanisme de solidarité volontaire et pour la gouvernance de Schengen. Des dossiers importants et difficiles à gérer. Vous avez contribué à les faire avancer.

J'arrête là mais vous le voyez, cher Emmanuel, je pense que la France peut être très fière de sa présidence. Elle a été exceptionnelle. Merci beaucoup.

Merci, Madame la Présidente. Monsieur le Président, vous avez la parole. Merci beaucoup.

Merci Monsieur le Président, Madame la Présidente. Beaucoup de choses ont été dites. Je ne reviendrai pas sur les débats de ce matin qui se sont tenus.

Les conclusions sont claires et je crois que le président du Conseil et la présidente de la Commission ont bien retracé la nature de ces débats visant à apporter une réponse encore accélérée sur la question énergétique et, plus largement, évidemment, le sujet que nous sommes en train de vivre, d'un retour accéléré de l'inflation, de normalisation de la politique monétaire des deux côtés de l'océan, et, on le voit bien, des premiers signes de ralentissement économique. Tout ça crée une situation qui nous impose de prendre des décisions rapides sur plusieurs sujets, dont l'énergie, et de continuer à mettre en œuvre les grands chantiers structurants pour rendre notre union plus forte, plus souveraine et plus solidaire sur le plan budgétaire et financier. Je voudrais juste d'un mot, dans la marge si je puis dire, de ce que le président Michel a dit tout à l'heure sur la communauté politique européenne, dire que le débat d'hier soir, après la conférence de presse que nous avons tenue, a permis vraiment d'éclairer et de construire un très large consensus autour de cette thématique.

Ce n'est pas une construction ou un processus qui se substitue à l'élargissement, en aucun cas. Mais nous avons tous mesuré d'abord le besoin d'avoir un cadre politique en Européens, de pouvoir traiter de sujets stratégiques, et nous avons vu que l'élargissement en quelque sorte, compte tenu de son rythme et des conditions, n'épuisait pas tout ce qui doit être une relation entre Européens. Donc cette communauté politique européenne va permettre, à l'échelle du continent européen, et donc d'une manière très ouverte, sur une base géographique et de valeurs, de l'Islande à l'Ukraine, de pouvoir réunir des partenaires qui, sur les sujets de défense et de sécurité, d'énergie, d'infrastructures, de crises sanitaires et de solidarité économique, pourront discuter de thèmes structurants que nous aurons à préparer.

Il a donc été acté que la première réunion se tiendrait en République tchèque, dans le cadre de la présidence à venir, avec tous nos partenaires et avec une volonté comme ça d'avoir une relation entre égaux et donc de structurer progressivement cette démarche, compte tenu de l'intérêt évident qu'elle emporte. D'un mot, je voudrais également revenir, nous l'avons évoqué hier mais l'actualité de ce matin l'a fait évoluer, sur les négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie. En effet, je veux ici féliciter du vote aujourd'hui du Parlement bulgare, qui ouvre la voie à la levée du veto bulgare et à l'ouverture des négociations avec la Macédoine du Nord et, ce faisant, l'avancée aussi du dossier albanais.

Dans les prochaines heures, nous poursuivrons le travail technique, qui est nécessaire, et les échanges avec nos partenaires bulgares et macédoniens, afin de formaliser un accord dans les tout prochains jours. Je dirais que la machine est prête pour ensuite avaliser complètement et mettre en oeuvre ce qui pourra être décidé. C'est un très bon signal et je veux en remercier le Premier ministre bulgare, mais également les forces de sa coalition et de son opposition, qui ont su se réunir autour de ce vote, et remercier aussi les Nord-Macédoniens pour leurs avancées.

Il y a encore du travail et donc il ne faut pas crier victoire trop tôt, mais c'est une avancée importante. Je veux remercier Madame la présidente von der Leyen du point qu'elle a fait sur ce semestre. Ce qui me permet d'ailleurs de dire que toutes ces avancées, je vais revenir sur quelques-unes, n'auraient pas été possibles sans la complicité et le travail ardu du président Michel, et je l'en remercie, ainsi que de l'ensemble de ses services, de Madame la présidente et de la Commission et de ses services, et du Parlement européen à qui je veux également rendre hommage, qui a travaillé d'arrache-pied.

Les institutions unies ont su agir durant ce semestre parce que, nous devons tous le reconnaître avec beaucoup d'humilité, l'Europe de juin 2022 est très différente de celle de janvier 2022, et nous l'avions assez peu anticipé à ce point. Évidemment et avant tout parce que la Russie a décidé de lancer une guerre, mais parce qu'aussi nous avons acté et uni une série de décisions extrêmement structurantes pour notre continent. Des sanctions avec une rapidité inédite, en deux jours pour la première série de sanctions, avec six paquets ; avec aussi des sanctions comme celles prises lors du dernier Conseil, qui paraissaient inenvisageables il y a six mois.

Personne, je crois pouvoir dire nous-mêmes n'aurions pu envisager qu'on allait sanctionner 90 % du pétrole russe, et nous l'avons fait. Un soutien macroéconomique puissant à l'égard de l'Ukraine. À la fois sa défense, et je veux saluer aussi les décisions qui ont été prises à cet égard, en activant la facilité européenne de paix, et en montrant que nous savions aussi nous mettre en situation de pouvoir aider un pays qui rentrait dans une guerre pour nos valeurs, à s'équiper, en plus de tous les soutiens bilatéraux qui se sont décidés sur ce point, et soutien macroéconomique et financier, en plus du financement et de l'accueil des réfugiés et de ce qui a été fait à la fois pour mieux les accueillir et les intégrer au marché du travail, vous l'avez rappelé, et aider les pays qui ont été en première ligne, je pense en particulier à la Pologne, la Roumanie et la Hongrie.

En parallèle de tout ce travail et de ce contexte, nous avons su parachever celui-ci par les décisions d'hier, et le geste politique très fort de notre Europe à l'égard de l'Ukraine, de la Moldavie et la perspective européenne aussi donnée à la Géorgie. Mais, à côté de ça, nous avons fait avancer notre agenda parce que cet agenda, je crois pouvoir le dire, était aussi très cohérent avec ce changement géopolitique. Donc nous n'avions pas vu la guerre arriver, et nous avons dû prendre des décisions massives pour faire face à ce conflit, mais il n'a fait que renforcer, qu'accréditer et valider la conviction qui était au cœur de nos travaux, celle d'un besoin d'une plus grande souveraineté européenne.

Plus que jamais. Cette souveraineté qui paraissait, il y a encore deux ou trois ans, une idée française farfelue, qui avait ensuite permis de bâtir une vraie convergence de vues, je crois qu'on a tous mesuré l'importance de la souveraineté technologique, de défense ou de la souveraineté énergétique européenne. Cette crise, cette guerre en Europe a accéléré au fond notre agenda collectif et, donc, nous avons en effet pu faire avancer nombre de dossiers durant ce semestre.

Nous avons pu acter au Conseil la mise en place, sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, de plusieurs éléments conséquents au Parlement : la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe au Conseil, un outil pour lutter contre la déforestation par nos importations. Nous travaillerons jusqu'à la dernière seconde pour que les États membres puissent adopter l'ensemble des textes qui permettront d'atteindre notre objectif de réduction de 55 % de nos émissions à horizon 2030. Sur beaucoup de ces sujets, et là aussi je veux remercier l'ensemble des institutions de l'énorme travail fait, nous ne sommes pas loin de pouvoir parachever quasiment tous ces textes essentiels et les prochains jours donneront lieu encore à d'intenses travaux techniques et négociations.

Sur le plan de l'Europe sociale, là aussi les engagements pris ont été tenus, avec une avancée majeure sur les salaires minimaux, pour que les travailleurs européens puissent vivre dignement de leur salaire et mettre un terme à la course vers le bas, ce qui est cohérent avec la bataille que nous avions menée pour mieux réguler le travail détaché. Là-dessus, nous avons pu vraiment être aidés, et je veux remercier la présidence portugaise qui avait joué un très grand rôle lors du sommet social, mais nous avons levé tous les malentendus qu'il pouvait y avoir et les différences de modèles qu'il y avait entre nous pour parachever ce texte. Je veux aussi dire notre satisfaction, Madame la présidente l'a évoqué, d'avoir pu enfin parachever cette avancée pour l'égalité entre les femmes et les hommes dans les conseils d'administration des entreprises.

Ce texte-là était bloqué depuis dix ans et donc collectivement, par le jeu des coalitions nouvelles aussi, nous avons pu le faire avancer. Sur la régulation des géants numériques, là aussi nous avons bâti ensemble des avancées fortes avec les deux lois européennes des marchés et des services numériques, qui vont permettre de réguler à la fois le jeu des acteurs et éviter les phénomènes d'hyper concentration, mais aussi de mieux réguler les contenus, ce qui est un fait nouveau. Nous sommes le premier espace à le faire et, comme nous avions mis en place un règlement général pour protéger les données individuelles, c'est une avancée.

Nous ne sommes pas au bout de la route, là aussi. Je le dis avec à la fois beaucoup de fierté qu'on ait avancé sur ces deux directives, et beaucoup d'humilité parce qu'il reste énormément à faire si on veut pouvoir aller au bout, mais nous avons pu commencer à imposer aux grands acteurs du digital le respect de la concurrence, d'un côté, et le retrait des propos haineux, racistes et terroristes de l'autre. Beaucoup d'autres législations ont pu avancer, sur la souveraineté à nos frontières avec la réforme de Schengen et les avancées sans précédent sur la politique européenne d'asile et migration, parce qu'on a fait collectivement le choix de cette approche graduelle.

C'est vrai que notre paquet qui est très ambitieux, et la proposition de la Commission, moi je l'ai toujours dit, je la soutiens avec force, mais on a pu faire avancer beaucoup de sujets parce qu'on a décidé cette approche graduelle qui nous a permis de mieux protéger, de mieux filtrer les entrées à nos frontières, de mieux répartir l'effort d'accueil et de préserver la libre circulation dans l'Union. C'est une première avancée structurante. En matière de défense, avec la définition pour la première fois d'une feuille de route stratégique pour les dix prochaines années, et l'engagement pris lors du Sommet de Versailles de renforcer nos capacités et nos investissements de défense.

Là aussi, c'est une avancée historique et c'est l'aboutissement du travail qui avait été lancé sous présidence allemande, d'une boussole stratégique, et c'est très cohérent. Nous arrivons unis en Européens, au sommet de Madrid à l'OTAN, pour défendre notre position. En matière de souveraineté énergétique, en décidant à Versailles d'accélérer la réduction de notre dépendance aux combustibles fossiles et de diversifier nos sources et voies d'approvisionnement pour réduire nos dépendances, avec des premiers choix très structurants d'achats communs, entre autres.

Et, en matière de souveraineté économique, avec des instruments pour protéger nos marchés publics des stratégies agressives de certaines grandes puissances, avec des avancées dans le sens d'un capitalisme plus responsable et pour un meilleur financement de notre économie. Et je veux dire ici combien, au-delà des sujets de voisinage, des avancées que nous avons pu faire et sur lesquelles nous sommes revenus hier, le partenariat avec l'Afrique a aussi structuré ces six derniers mois. Le sommet que nous avons tenu avec l'Union africaine en février, avec l'ensemble de nos partenaires, a permis de bâtir une méthode renouvelée, mais d'avancer sur des sujets là aussi très structurants et qui se sont confirmés avec le temps.

Je pense tout particulièrement aux sujets de sécurité alimentaire, de coopération et de stratégie protéinique, mais beaucoup d'autres sujets, en particulier sur le plan du financement, ont permis d'avancer. Enfin, l'Europe ne sera pas une puissance juste sans être à l'écoute de ses citoyens, et la Conférence sur l'avenir de l'Europe, initiée en 2019 et lancée officiellement il y a un an, a remis ses travaux le 9 mai dernier. Nous avons maintenant à nous saisir de ces transformations profondes que la France soutient, comme vous le savez, pour une Europe plus puissante, audacieuse et protectrice.

Sur ce sujet, nous avons eu les premiers échanges et nous poursuivrons en Conseil européen. Voilà les quelques mots que je voulais ici avoir pour dire à quel point, en effet, durant ce semestre nous avons réagi vite et fort à un retour de la guerre sur le sol européen, mais nous avons en même temps poursuivi notre agenda. Nous l'avons consolidé parce qu'il a aussi démontré, je crois, sa grande cohérence avec le contexte géopolitique qui est le nôtre.

Je veux terminer avec un mot pour remercier, j'ai remercié l'ensemble des institutions, mais les équipes françaises, à Bruxelles comme à Paris, pour leur très grand travail, parce que les remerciements que vous m'avez attribués, c'est en quelque sorte pour la devanture. J'ai essayé d'impulser et de prendre les choses qui me revenaient, mais il y a eu un énorme travail des ministres, de leurs équipes, mais ici vraiment de notre représentation permanente de l'ensemble des équipes et, à Paris, des équipes aussi à l'Élysée, à Matignon et aux SGAE. Je veux remercier l'ensemble des équipes françaises pour leur formidable travail et leur engagement.

Dans quelques jours nous passerons le relais, ces quelques jours seront encore très occupés à la présidence tchèque. Je veux ici souhaiter beaucoup de courage au Premier ministre Petr Fiala et à la République tchèque. J'aurai l'occasion, à l'issue du sommet de Madrid, de passer officiellement le bâton.

En tout cas, nous étions très fiers et très heureux de pouvoir,à vos côtés, faire avancer tous ces sujets et construire une Europe plus forte. Merci du grand privilège de travailler à vos côtés, cher Charles et chère Ursula. Merci, Monsieur le Président.

On a pas mal de presse française avec nous, naturellement. Je vais donner la parole d'abord à Mathieu Coache de BFM. Après.

C'est rare de dire non. Moi, j'ai une question sur le gaz. Vous avez évoqué des mesures d'urgence en juillet.

Est-ce que vous avez des informations selon lesquelles la Russie pourrait couper complètement le robinet dans les prochains jours ou les prochaines semaines ? Est-ce que les mesures qui sont préparées vont toucher les entreprises, mais aussi peut-être les particuliers, comme l'envisage l'Allemagne maintenant ? Et, pour la France, est-ce que vous êtes sûrs de pouvoir complètement vous passer du gaz russe d'ici l'hiver ?

Nous avons vu l'évolution, non seulement de ces dernières semaines et de ces derniers mois, mais aussi de l'année dernière. Si on étend un peu la portée de notre introspection, nous avons en fait les niveaux les plus bas depuis dix ans et, désormais, ce sont douze États membres qui sont coupés, soit totalement, soit partiellement de la source d'approvisionnement russe. Il faut toujours se préparer au pire, et c'est ce que nous faisons.

Nous n'avons pas commencé maintenant mais au début de l'année, lorsque nous voyions s'affirmer cette menace russe. Non seulement nous y sommes parvenus par la façon dont nous avons configuré nos sanctions, mais aussi en essayant de gérer cette réduction des fournitures russes. C'est un travail qui nous a conduits non seulement à envisager des mesures nationales qui pourraient avoir des effets délétères sur les marchés voisins, mais surtout à envisager des mesures intelligentes d'économie d'énergie, ou de forte réduction sur l'ensemble de l'Union européenne et pour nos différents marchés.

Lorsque vous réduisez la production en pièces détachées, quelque part cela n'est pas susceptible d'avoir un effet seulement sur votre marché et dans votre État membre, mais aussi sur celui où le produit fini est fabriqué. C'est dans cette optique que nous avons repensé notre disponibilité à prendre des mesures et à réagir face à ce qui nous attend. J'y ajouterai le travail consacré à ce que j'appelle la solidarité énergétique.

Avec les différentes sources d'énergie dont nous disposons, j'en ai présenté certaines, nous sommes en train de constater que nous arrivons à nous détacher des combustibles fossiles russes et que notre schéma de fourniture se déplace vers le sud ou des amis et partenaires fiables tels que les États-Unis ou à l'Est. Ce qui importe, en tout cas, c'est que le réseau international d'interconnecteurs, notamment les gazoducs de l'Union européenne, soit adapté à la situation du moment, et qu'il permette la circulation dans toutes les directions. La Première ministre et la ministre en charge de l'énergie ont expliqué la stratégie et, en effet, ont donné de la visibilité sur le fait que nous n'aurions pas de problème.

Comme vous le savez, la France dépend peu du gaz et elle dépend peu du gaz russe. Nous avons bâti des stratégies pour justement diversifier. Mais cette approche a un sens qui est limité parce qu'en effet notre marché est intégré et, qu'il s'agisse du gaz lui-même ou de l'électricité, nos marchés sont interdépendants.

S'il y avait une stratégie de couper complètement le gaz russe, la difficulté serait très forte et la pression très forte sur plusieurs États membres. C'est pour cela qu'il nous faut une stratégie européenne, et pareil pour l'électricité. Là, nous en avons besoin parce que, selon les journées, la France exporte ou importe de l'électricité, ça dépend à la fois de nos besoins et de nos capacités de production à un instant T.

Il est très important, pour toutes ces raisons, qu'on ait un marché qui continue à fonctionner. Donc on a besoin d'avoir cette stratégie de diversification d'apport des approvisionnements de gaz, comme nous la conduisons, moi je suis un grand avocat d'une coordination européenne encore renforcée avec tous les collègues, mais, à côté de ça, que nous accélérions aussi la transition pour réduire la part du gaz dans la production électrique, ce qui est très cohérent avec Fit for 55. Les deux ensemble sont la meilleure politique, de court et de moyen terme.

Giovanni Del Re pour le quotidien italien Avvenire. En parlant d'énergie, je voulais savoir si vous aviez aussi abordé la question du plafonnement des prix, le price cap, et en particulier pour Madame la présidente von der Leyen : vous avez été mandatée au dernier Conseil européen, de la Commission européenne, bien sûr, pour explorer la possibilité d'avoir ce price cap. Je voulais savoir quand est-ce que vous pensez présenter votre opinion ?

Cela fera partie du plan que vous avez déjà annoncé pour juillet ? Et finalement, comme Madame la Présidente a parlé de présenter ça aux leaders, est-ce que ça implique qu'on peut peut-être avoir une nouvelle réunion des leaders en juillet pour discuter de ça ? Merci.

Oui, nous en avons parlé également. Dans les conclusions du Conseil, vous trouverez un passage qui y est consacré. Effectivement, une mission m'avait été confiée au dernier Conseil.

Nous y travaillons, différents modèles qui permettent non seulement de contenir les prix de l'énergie et les prix de l'électricité, mais aussi de concevoir notre marché différemment, car l'architecture actuelle ne semble plus adaptée aux nécessités du jour. Comme vous le savez, nous avons beaucoup de renouvelables et d'autres sources d'énergie qui approvisionnent le marché. Le dernier entrant sur ce marché, c'est le gaz qui définit toute la structure de prix.

C'est la raison pour laquelle ses prix sont aussi élevés, alors que les renouvelables sont bon marché et le rapport coût/efficacité séduisant. Cette structure a été mise en place lorsque les renouvelables devaient entrer sur le marché il y a douze ans, un marché qui était à l'époque dominé par les combustibles fossiles. Aujourd'hui, nous sommes dans une donne tout à fait différente, et c'est la raison pour laquelle il est temps, pour la Commission, de repenser l'architecture du marché, en y assortissant le découplage du gaz, de la détermination et de la structure des prix.

Nous en parlerons à la prochaine session ordinaire du Conseil qui, si je ne m'abuse, interviendra en Octobre. D'ici la fin de l'été, nous devrions être prêts à fournir différentes pistes de réflexion. Nous avons eu, effectivement, l'occasion d'aborder l'ensemble de ces sujets et les conclusions sur le price cap font aussi le lien avec la volonté de travailler avec nos partenaires internationaux sur un sujet tel que celui-là, comme vous le savez.

Le débat a permis, encore une fois, de mettre en évidence une volonté très forte, exprimée par beaucoup autour de la table, d'accélérer les efforts pour tenter d'agir en commun. Agir en commun dans le cadre des achats de ressources énergétiques, agir aussi en commun en termes de stockage. Et, comme vous le savez, de nouveau des voix se sont élevées pour encourager le regard sur le marché de l'électricité, en particulier cette question de l'impact du prix du gaz sur le prix de l'électricité.

C'est-à-dire qu'une confiance a été exprimée envers la Commission pour continuer à travailler sur le sujet, confiance exprimée aussi pour le Conseil, à l'échelle de la présidence française et de la présidence tchèque qui auront la responsabilité de coordonner les actions des différents États membres s'agissant d'un Conseil européen. Je confirme qu'effectivement nous sommes supposés avoir ce débat à nouveau après l'été, au mois d'octobre. Il n'y a pas de décision prise, en aucun cas pour un Conseil qui interviendrait plus tôt.

Simplement, comme c'est la tradition, nous suivons et nous monitorons la situation. Par ailleurs, les différentes institutions, y compris au niveau ministériel, seront mobilisées sous l'autorité et sous la direction des chefs d'État et de gouvernement. Virginie Malingre du Monde.

Bonjour. Bonjour, j'ai plusieurs questions. Le gouvernement allemand est fragilisé, celui de Mario Draghi aussi.

En France, on ne se rend pas encore bien compte des conséquences des résultats des élections législatives. Est-ce que vous pensez, cette question s'adresse à vous, qu'on risque de souffrir d'un manque de leadership en Europe de l'Ouest, à un moment où ça pourrait poser un problème ? Sur le gaz, pour vous Madame von der Leyen, vous avez parlé des diversifications.

Je voudrais savoir, on importait, avant la guerre, à peu près 150 milliards de mètres cubes de gaz. Aujourd'hui, entre ce qui a été conclu avec les États-Unis, avec Israël, etc, on peut compter sur combien de milliards de mètres cubes de gaz qui remplaceront le gaz russe ? J'ai une dernière question sur l'imposition minimale sur les sociétés.

La Hongrie bloque. Est-ce que vous en avez parlé avec Viktor Orban ? Est-ce que vous comptez le faire d'ici à la fin du mois ?

Bruno Le Maire avait dit qu'il essaierait de débloquer la situation avant la fin de la présidence française, donc on en est où ? Merci. Merci beaucoup.

Peut-être, sur la troisième question, le diagnostic est très juste, c'est la Hongrie qui bloque. Nous en avons parlé avec Viktor Orban, et donc nous allons tout faire, à la fois Européens et non-Européens impliqués par cet accord parce que, je le rappelle, c'est un accord qui implique une plateforme d'États aussi plus large, et beaucoup sont intéressés à ce que l'Europe bouge parce que nous sommes liés avec l'agenda américain et de beaucoup d'autres qui ont signé. Donc nous allons faire le maximum pour pouvoir débloquer ce veto hongrois à ce stade, qui est en effet le seul point qui reste, là où les autres sujets ont été clarifiés avec les autres États membres.

Donc nous allons faire le maximum mais, permettez-moi d'être stoïcien en la matière, comme dans toute chose qui ne dépend pas de soi, on peut s'engager raisonnablement mais pas plus. Par contre, je peux m'engager raisonnablement sur votre première question, et vous dire que, somme toute, on ne peut pas, dans le même temps, considérer que notre Europe doive être une Europe démocratique et forte et déplorer le fait que la plupart des gouvernements et des parlements reflètent la vitalité démocratique de nos pays. Il a pu m'arriver qu'on me reproche d'avoir trop de pouvoir parce que des majorités trop claires.

La France est dans une situation parlementaire, qu'elle a connue d'ailleurs en 1988, peu de choses de différence, mais elle est surtout affreusement banale au niveau européen. Sur l'ensemble des États membres, il y en a une vingtaine qui ont des gouvernements de coalition, certains avec cinq, six ou sept partenaires, d'autres qui agissent en gouvernement minoritaire. Donc, je ne crois pas une seule seconde.

La question qui nous est posée à tous, dirigeants européens dans des pays, on le voit bien, où des divergences montent, où parfois les extrêmes montent, ce qu'on a vu aussi dans notre pays, c'est de bâtir des compromis pour pouvoir convaincre tout le monde, en tout cas le maximum, obtenir des majorités constructives. Et donc, je crois que c'est ce que, vous citiez deux de mes confrères, mais c'est ce que l'Italie comme l'Allemagne font, et c'est ce que nous ferons. C'est ce que nous ferons.

Et avec l'ensemble des partis de gouvernement, de pouvoir bâtir soit coalition, soit accord sur des textes, pour avancer sur un agenda clair. Donc je pense que l'Europe a un leadership, mais je pense que nous tous, on doit être très vigilants à ne pas opposer le leadership et les contraintes de la démocratie parce que sinon, je peux vous citer des leaderships beaucoup plus clairs que nous, mais ils ne sont pas démocratiques. Mais je crois que ces modèles sont moins féconds que les nôtres.

Et d'ailleurs, nous avons pu le voir quand nous avons géré la crise sanitaire, qui nécessitait l'urgence des décisions fortes. Beaucoup de pays ont pris des décisions hors système démocratique. Elles se sont avérées bien plus fausses que nous.

Alors nous, on a plus de polémiques, on a des séances au Parlement, qui durent plus longtemps que d'autres. On l'a vécu aussi. Ça permet d'avancer.

Donc je n'opposerai pas la complexité politique de nos pays dans la situation que vit notre continent et l'efficacité et le leadership européen. Au contraire, je pense qu'elles se renforcent. Simplement ça nous donne plus de travail, à nous, parce qu'il nous faut concilier, si je puis dire, la convergence dans nos pays et la capacité de bâtir des compromis, et la capacité de bâtir ces compromis, ensuite, au niveau européen.

C'est ce que nous ferons, avec beaucoup de cœur, de volonté et d'optimisme. Oui. Sur les livraisons de gaz, Si on prend l'année dernière, 150 Bcm de gaz russe à remplacer.

Et vous connaissez les trois approches : diversification, j'y viendrai dans quelques instants, économies d'énergie et investissement dans les renouvelables ou remplacement par les renouvelables. La diversification. Alors, vous vous souviendrez que j'avais passé un accord avec le président américain sur des livraisons accrues à l'Union européenne, cette année-ci, 15 Bcm.

Et la bonne nouvelle, c'est que les deux tiers ont déjà été passés par contrat. Donc les firmes européennes ont déjà bénéficié de cette possibilité d'approvisionnement supplémentaire. Dans les prochaines années, ce sera 50 Bcm par an.

Ce sont des chiffres que je connais comme ça, par cœur. Pour les autres sources, la Norvège, +15 %, l'Azerbaïdjan, 90 %, l'Algérie aussi a augmenté ses fournitures. Voilà !

Ils ont aussi bien compris que c'est une grande opportunité commerciale d'obtenir un nouveau client très important, dans la durée, pour occuper le vide que laisse la Russie. Le deuxième thème. Pour les 150 Bcm, on remplace pas seulement par le gaz, mais on va toujours saisir l'occasion de bénéficier d'économies d'énergie.

Je n'insisterai jamais suffisamment. Je vous donne un exemple. Si dans l'ensemble de l'Union européenne, nous pouvions réduire la température de chauffage que nous avons, parfois 24 heures sur 24, de 1 degré, ou le conditionnement d'air, si on pouvait le réduire, on pourrait économiser l'ensemble des fournitures de Nordstream 1.

Donc il y a un énorme potentiel. Les experts pourront vous donner une richesse de détails de toutes les pertes d'énergie que nous avons. Et le troisième point, ce sont les renouvelables.

Là aussi, il y a eu le sommet avec quatre États membres, le sommet de l'éolien, où on a décidé de créer une éolienne en mer. Et lorsque ceci sera opérationnel, ça pourra couvrir toute la demande énergétique de 50 millions de foyers dans l'Union européenne. Voilà dans quelle direction nous allons.

Donc 150 Bcm, aujourd'hui, oui, c'est important comme défi. Mais si on voit au-delà d'un remplacement du gaz par le gaz seulement, on voit d'autres perspectives. Je voudrais ajouter une chose.

Pour tout ça, il faut une plateforme d'achat en commun. Nous avons pris une décision il y a quatre semaines, elle est fonctionnelle depuis deux semaines. Et c'est là que les États membres, avec la Commission européenne, vont s'occuper de discuter avec les fournisseurs.

Merci Madame la Présidente. Si vous le permettez, Sam. Une question à tous les trois, si vous me le permettez.

On a beaucoup discuté avec les partenaires, dont les États-Unis, d'un plafonnage des prix du pétrole pour réduire les recettes russes. L'administration Biden aime beaucoup cette idée. Est-ce que vous pensez que les choses bougent en vue du G7 ?

Est-ce que vous pourrez rallier davantage de pays, suffisamment pour que ça fonctionne de par le monde ? Alors je confirme que nous avons participé et que pour le G7, ce sera un point à l'ordre du jour du G7 et nous voyons bien quels seraient les avantages d'une telle proposition, mais il faut aussi que l'on prenne tout en considération pour être certains qu'on aura une vision claire des effets possibles, collectifs. Donc pour cela, il faut vraiment une étude approfondie et un effort précis pour être certains que nous sommes tous d'accord et que nous pouvons être convaincus que c'est l'idée qu'il faut pour parvenir à nos objectifs.

Oui. Si on prend le pétrole russe vers l'Union européenne, 90 % en moins d'ici la fin de l'année, c'est énorme, mais ça n'exclut pas, bien sûr, de mener des discussions constructives avec les États-Unis au G7. On va entendre, écouter leurs propositions.

Je ne peux qu'abonder dans le sens que, quelle que soit la décision, il nous faudra une coalition large, pas seulement dans l'Union européenne. Il faut rallier d'autres pays. Ce sera discuté au G7, certainement.

On va terminer avec Anne. Anne Rovan, tu voulais nous poser une question. Merci.

Oui, Anne Rovan, au Figaro. J'ai deux questions. Deux ou trois, mais assez rapides.

La première, c'est sur la communauté politique européenne. Comment vous voyez les choses ? Vous parlez d'une réunion, donc, sous présidence tchèque.

Bon, on sait, enfin j'imagine que les Balkans, les pays des Balkans occidentaux seront là. On peut penser que l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie seront représentées. Mais comment vous allez faire pour les autres pays ?

Est-ce que vous avez lancé, est-ce que vous allez lancer des invitations ? Donc c'est la première question. La deuxième question, c'est sur la situation politique en France.

Vous nous avez expliqué tout à l'heure, enfin il y a quelques minutes, que dans le fond, la France était en situation, enfin était en voie de normalisation. Donc ça veut dire qu'il n'y a pas de tabou vis-à-vis de vos homologues. Est-ce que vous avez discuté du sujet avec certains de vos homologues, qui connaissent bien les difficultés de construire des majorités, etc ?

Et puis une question pour vous, Madame von der Leyen et Monsieur Charles Michel. Est-ce que vous pensez que la situation politique en France pourrait ralentir le cours de l'Europe ? Voilà.

Merci. Moi je suis extrêmement confiant et extrêmement optimiste. Cela a été indiqué.

Et puis, celui qui vous parle a quelque expérience dans un pays qui n'est pas le plus simple, en termes d'organisation institutionnelle et démocratique. Et puis peut-être pour faire écho, aussi, à ce qui a été indiqué, je pense qu'on a pu démontrer tout au long des derniers mois le leadership de l'Union européenne, cette capacité à rester unie. Cela a été décrit, notamment tout au long des six derniers mois, autour de cette présidence française, qui est un clair succès.

C'est un succès parce que, malgré des circonstances extrêmement difficiles, il y a eu une occasion d'accélérer un agenda, une ambition, de souveraineté et d'autonomie stratégique, d'identifier quels sont les intérêts communs et quels sont les sujets sur lesquels il y a une volonté, même dans des thèmes qui sont principalement des thèmes nationaux, d'avancer ensemble. C'est le cas en matière énergétique, c'est le cas en matière de sécurité et de défense par exemple. Et je ne reprends pas la longue liste des avancées qui ont été réalisées tout au long des derniers mois.

Donc, il y a vraiment une grande confiance et une grande confiance aussi, que nos modèles démocratiques, qui effectivement, c'est juste, donnent lieu à un certain nombre d'éléments, de critères, de facteurs à prendre en considération, de réalités institutionnelles, de réalités, de sensibilités politiques, sociales, des rôles importants pour les sociétés civiles, ce sont des systèmes politiques qui garantissent, nous le pensons très sincèrement, ça touche directement à nos valeurs fondamentales, cette adhésion et cette confiance des citoyens qu'en permanence on doit aller chercher, qu'on doit aller conquérir. Ça demande des efforts permanents mais il y a cette grande confiance que je veux exprimer, que tout au long des prochains mois et des prochaines années, l'Union européenne, forte de ses États membres, de nos démocraties nationales, soit bien au rendez-vous des enjeux auxquels nous sommes confrontés. On sait qu'en Europe, on peut se reposer sur la France, un de nos pays fondateurs, et d'expérience, avec le président français.

Je sais que nous avons en lui, non seulement un Français convaincu mais aussi un Européen convaincu. On parle en permanence avec les collègues des modèles politiques, de ce qu'on fait. Donc évidemment, en permanence, avec les principaux collègues, je suis leur vie politique, ils suivent la nôtre.

Les choses sont différentes parce que nous n'avons pas la même culture politique, ils sont structurés différemment. Et malgré tout, même si en France, il y a au Parlement aujourd'hui une majorité relative, elle apparaît comme très importante par rapport à beaucoup d'autres régimes parlementaires, avec une pure proportionnelle. Si on regarde, en toute proportion, on le voit souvent.

L'Allemagne, en ce moment, a une coalition avec trois partenaires. Donc vous voyez, tout cela montre que les systèmes sont très différents l'un de l'autre mais on s'inspire toujours des choses...

Et après, je suis toujours frappé, dans nos débats politiques domestiques, la France sait faire des compromis, et y compris votre serviteur. On passe notre vie à en faire, ici. On passe notre vie à bâtir des solutions avec des gens qui ont, qui des intérêts, qui des sensibilités qui ne sont pas les nôtres, pour bâtir des textes et des décisions.

Pourquoi serions-nous incapables de le faire dans une assemblée avec des femmes et des hommes, pour autant qu'ils ont des sensibilités différentes mais s'inscrivent dans le champ républicain et de la volonté de gouverner, de faire avancer le pays ? Donc moi, je suis très confiant parce que je crois dans la bonne volonté des femmes et des hommes qui sont là pour représenter la nation. Et donc, je pense que les choses avanceront, mais avec, encore une fois, un modèle qui est un peu différent selon les pays.

Sur la communauté politique européenne, nous allons faire les choses très simplement, et on va faire l'inverse de ce qui généralement n'a pas fonctionné, c'est-à-dire construire des entités avant de savoir où on voulait en venir et sans que les gens soient tous autour de la table. Donc l'intuition stratégique que je pose au Parlement européen le 9 mai dernier, a donné lieu à des échanges, beaucoup de travail par nos ambassadeurs, nos sherpas. Nous avons eu hier une longue session et on a partagé, je crois, une conviction stratégique : passer de l'intuition à la conviction.

Et puis on avait besoin d'avoir, justement, un forum de travail, d'échanges et peut-être d'ailleurs de structurer davantage sur tous ces sujets, dans cet espace européen, partageant les mêmes valeurs. Et donc, qu'est-ce que nous allons faire ? Nous allons préparer, avec le président Michel et le Premier Ministre Fiala, une liste de sujets, et puis tous les collègues qui veulent s'impliquer, une liste de sujets qui nous paraissent d'intérêt général, à discuter, et nous allons inviter de l'Islande à l'Ukraine, c'est-à-dire des pays qui sont dans l'espace économique européen, des pays qui ont récemment quitté l'Union européenne, des pays qui aspirent à en devenir, des pays des Balkans occidentaux qui ne sont pas encore reconnus comme ayant le statut de candidats, des pays dits de partenariat oriental qui sont candidats maintenant, avec des perspectives ou pas.

Voilà. Et simplement, on va bordurer les choses sur le plan oriental, c'est-à-dire la frontière passera à l'est de notre Union européenne, incluant, si je puis dire, l'Ukraine et la Moldavie. Voilà !

Je dis ça parce qu'il y a eu d'autres tentatives où on allait beaucoup plus loin, et qui d'ailleurs ont contribué à les faire échouer. Plusieurs d'entre vous, à juste titre, ont fait référence à la Confédération européenne, qui avait été lancée, l'histoire est toujours ironique puisqu'elle avait été lancée chez Vaclav Havel par François Mitterrand, mais elle était à ce moment-là un peu un substitut à l'élargissement et elle était résolument inclusive pour la Russie, ce que nous n'avons pas proposé. Donc voilà, ce cadre géographique va faire qu'on va inviter ces pays autour de la table et nous allons avoir cette discussion.

Et l'idée ensuite, c'est qu'on puisse le ritualiser et progressivement structurer. Je crois que c'est la méthode qui a fait consensus hier et qui permet, de manière très pragmatique, d'avancer. Merci beaucoup Monsieur le Président.

Merci beaucoup. Merci. [INAUDIBLE]