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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 30 mars 2024 20 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesTravail & emploiEnvironnement & énergie

Élections européennes : "On est à la croisée des chemins", soutient la députée Maud Bregeon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Quels sujets budgétaires et politiques aborder avec vous ?

  • 1:03RelanceRéponse partielle

    Comment expliquer que vous soyez à la peine dans les sondages ?

  • 2:32FerméeRéponse partielle

    Une étude montre que 30 anciens électeurs Macron pourraient voter PS aux européennes. Vous avez perdu l'aile gauche ?

  • 4:06OuverteÉludée

    Est-ce qu'on pourra se passer d'une cure d'austérité ?

  • 5:41RelanceRéponse partielle

    Vous refusez le mot austérité ?

  • 6:39OuverteRéponse partielle

    La cible prioritaire des économies, c'est l'assurance chômage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57Invité politiqueFait
    « on est à une croisée des chemins »
  • 1:44Invité politiqueFait
    « on est aux responsabilités depuis sept ans »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « Je pense à l'immigration, je pense à l'écologie »
  • 2:19Invité politiqueFait
    « Je suis ingénieur dans le nucléaire »
  • 4:22Invité politiqueChiffre
    « Les dépenses sociales depuis l'année 2000 ont doublé »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « on restera sur des hausses, par exemple, sur l'écologie »
  • 4:34Invité politiqueChiffre
    « les 10 milliards par Bruno Le Maire le mois dernier »
  • 4:43Invité politiqueChiffre
    « de 2017 à 2020, on était repassé sur la barre des 3% de déficit »
  • 5:06Invité politiqueFait
    « la Russie envahit l'Ukraine »
  • 5:11Invité politiqueChiffre
    « le bouclier tarifaire 25 milliards d'euros l'année dernière »
  • 6:41Invité politiquePromesse
    « Il y a une réflexion qui va être menée sur l'assurance chômage »
  • 7:13Invité politiqueFait
    « on continue à inciter, on aide les gens à remettre un pied à l'étrier »
  • 7:25Invité politiqueChiffre
    « presque un million d'apprentis »
  • 10:15Invité politiqueChiffre
    « 400 000 entreprises créées et de créer 2 millions d'emplois depuis 5 ans »
  • 14:15AuditeurChiffre
    « un projet de plus de 25 milliards dans son globalité »
  • 17:01PrésentateurChiffre
    « 3000 euros pour faire voyager les costumes du président de la République jusqu'au Brésil en classe affaire »

Temps de parole

  • Maud Bregeon65 %
  • Présentateur18 %
  • Invité9 %
  • Invité 24 %
  • Auditeur4 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le grand entretien ce matin avec Marion Lourdes, nous recevons une députée des Hauts-de-Seine. Elle est porte-parole des députés du groupe Redescence à l'Assemblée Nationale. Vos réactions, vos questions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Bonjour Maude Bréjon. Bonjour. Et bienvenue, de nombreux sujets à aborder avec vous, avec des questions budgétaires, des questions très politiques, et notamment la mobilisation pour les élections européennes qui s'approchent, qui commencent à s'installer dans le débat public. La liste de la majorité présidentielle est emmenée par Valérie Ayé. Elle est à la peine dans les sondages.

Vous sortirez de ce studio et vous irez faire campagne avec elle, du porte-à-porte.

0:42
Maud Bregeon

Je vais aller dans mes circonscriptions, tout simplement, sur le marché, avec mes militants, essayer d'expliquer aux gens pourquoi, d'abord, c'est une échéance extrêmement importante et pourquoi, effectivement, il faut faire le choix du bulletin de vote Renaissance le 9 juin parce qu'en France, comme chez nos voisins européens, deux blocs s'opposent et donc on est à une croisée des chemins.

1:03
Présentateur

À la croisée des chemins, comment expliquer que vous soyez à la peine ? Comment expliquer que dans les sondages d'intention de vote, vous soyez loin derrière la liste portée par Jordan Bardella et le Rassemblement National et que le président de la République ait besoin que tous ses principaux alliés discrets jusqu'ici s'investissent à fond dans la campagne ?

1:24
Maud Bregeon

Alors, d'abord, que toutes les personnes importantes dans cette famille politique s'investissent à fond dans la campagne. Vu l'importance qu'on donne nous-mêmes à l'Europe et à cette échéance, ça me semble être bien la moindre des choses. Ensuite, il reste encore deux mois et demi de campagne et puis on est aux responsabilités depuis sept ans. Ça induit forcément plus de difficultés parce que vous faites face au réel. On parlait de la question de l'économie, parce qu'on fait face à des problématiques complexes.

Je pense à l'immigration, je pense à l'écologie et qu'en face, moi j'entends beaucoup dans les oppositions et je pense notamment à Jordan Bardella, des acafocons permanents, des contre-vérités, des discours extrêmement simplistes. Que nous, on ne peut pas tenir quand on est aux responsabilités. Moi, encore une fois, j'ai la conviction que sur des sujets aussi importants, je le redis, que l'écologie, que l'immigration, les réponses, elles se trouvent à l'échelle européenne. Je vais vous donner un exemple, je suis ingénieur dans le nucléaire. Il prône la relance du nucléaire tout comme nous.

Il n'y aura pas de relance du nucléaire en France s'il n'y a pas une réflexion et une relance à l'échelle européenne. Et donc c'est cet échelon-là aujourd'hui sur lequel on doit travailler.

2:32
Invité

Maude Bréjon, il y a une étude que vous avez peut-être vue de la fondation Jean Jaurès qui est parue cette semaine sur 100 électeurs susceptibles de voter pour la liste PS Place Publique de Raphaël Glucksmann aux européennes le 9 juin prochain. Donc 30 sont d'anciens électeurs d'Emmanuel Macron. Vous avez perdu l'aile gauche ?

2:50
Maud Bregeon

Non, je ne crois pas qu'on ait perdu l'aile gauche. Peut-être que certains électeurs ici ou là s'interrogent. Moi, ce que je leur dis, c'est d'abord qu'on a toujours eu un positionnement extrêmement clair sur la question de l'Union européenne. Je rappelle ensuite que Raphaël Glucksmann, qui a des qualités par ailleurs, m'a soutenu l'Union autour de Jean-Luc Mélenchon. Et je ne pense pas... Au niveau national, vous voulez dire ? Oui, mais enfin, quand même... Que là, ils s'en différencient. Oui, mais voyez-vous, quand on soutient une Union qui avait pour objectif, en tout cas affiché, d'emmener Jean-Luc Mélenchon à Matignon, c'est quand même une certaine idée de ce qu'est la gauche.

Moi, je crois que les électeurs qui ont une sensibilité de gauche, j'en ai dans ma famille, dans mes amis, n'ont pas soutenu ça. Et donc, ça dénote bien, à mon avis, des différences fondamentales. Je vais vous donner un autre exemple. Raphaël Glucksmann, qui s'exprimait hier, disant qu'il ne voterait pas pour les textes du pacte Asie-L'Immigration. Alors qu'on a des attentes et des enjeux extrêmement forts, je pense que chacun l'entend et que ça transcende aujourd'hui les clivages politiques, c'est une autre différence là qui me semble majeure.

3:47
Présentateur

C'est donc que vous le redoutez, parce que les deux personnes que vous avez citées, c'est Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, c'est donc contre eux que vous menez campagne.

3:55
Maud Bregeon

C'est vous qui avez cité Raphaël Glucksmann, pas moi.

3:58
Présentateur

En l'occurrence, vous avez pris soin de manifester ce qui vous différenciez, et on va d'ailleurs passer à la question européenne. Mais alors là, pour le coup, sur le plan budgétaire, on a parlé tout à l'heure avec Alexandra Ben Saïd du dérapage du déficit et de nombreuses idées éventuelles pour le combler. Est-ce qu'on pourra se passer d'une cure d'austérité, Maude Bréjon ?

4:22
Maud Bregeon

Les dépenses sociales depuis l'année 2000 ont doublé. Et encore cette année, malgré les baisses annoncées, notamment les 10 milliards par Bruno Le Maire le mois dernier, on restera sur des hausses, par exemple, sur l'écologie. Je n'appelle pas ça de l'austérité. Quand vous regardez ce qui s'est passé depuis 2017, parce qu'il faut regarder un petit peu dans le rétroviseur, de 2017 à 2020, on était repassé sur la barre des 3% de déficit. Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? Vous le savez aussi bien que moi, la crise du coronavirus. Moi, je suis fière d'appartenir à la majorité qui a, pardonnez-moi, payé le salaire de 10 millions de Français pendant des mois.

5:00
Présentateur

Mais le déficit public en 2023, il atteint 5,8% du PIB.

5:04
Maud Bregeon

Ensuite, la Russie envahit l'Ukraine. Ça a les conséquences qu'on connaît. On met en place, par exemple, le bouclier tarifaire 25 milliards d'euros l'année dernière. 25 milliards d'euros, on est allé jusqu'à prendre en charge quasiment la moitié des factures d'électricité des Français. Mais sans refaire l'histoire, on la connaît cette histoire-là. Mais vous voyez, il faut quand même regarder un petit peu pourquoi est-ce qu'on en est là. Il est temps donc d'en venir à une politique d'austérité. Les crises sont derrière nous et donc on a des choix à faire. Est-ce qu'on continue à accumuler les dépenses ?

Moi, je pense que les dépenses qui étaient des dépenses exceptionnelles doivent rester des dépenses exceptionnelles. Et donc, il y a des choix à faire. Ça ne s'appelle pas de l'austérité, ça s'appelle de la responsabilité.

5:38
Présentateur

Quel mot employé ? Vous refusez de l'employer ? Vous, Bruno Le Maire, Gabriel Attal, Et pourtant, Bruno Le Maire l'a laissé échapper dans un livre qu'il vient de publier, le mot d'austérité. Il a l'air d'être tabou pour vous.

5:51
Maud Bregeon

Quand on réitère, comme on le fait depuis 7 ans, qu'on n'augmentera pas les impôts des gens, on les a même baissés d'ailleurs depuis 2017, ça ne s'appelle pas de l'austérité. Quand on continue à investir, par exemple, dans ma prime Rénov' pour permettre aux gens de faire la transition écologique... Investir moins que prévu. Dans leur foyer. Oui, mais malgré tout, ça restera des hausses. Idem sur les sujets du travail, on restera avec des budgets en hausse. Ça ne s'appelle pas de l'austérité. Ça ne s'appelle pas de l'austérité. Donc vous ne vous intéressez pas aux recettes ? En revanche, on va devoir effectivement baisser les dépenses.

Sur un certain nombre de sujets, on regardera avec les parlementaires, on regardera avec le gouvernement, parce qu'on ne peut pas se permettre de laisser filer le déficit. On sait très bien ce qui se passe derrière. On a connu, on se rappelle, c'est loin maintenant, mais ce qui s'est passé en Grèce, c'est quand même ça qui nous guette, si on ne fait rien.

6:39
Invité

Mais donc la cible prioritaire, par exemple, c'est l'assurance chômage.

6:41
Maud Bregeon

Il y a une réflexion qui va être menée sur l'assurance chômage. Moi, je vais vous dire, on ne doit pas être dans une réflexion comptable lorsqu'on parle du chômage. Parce que derrière, c'est des femmes et des hommes.

6:52
Invité

Mais quand on dit passer de 18 mois à 12 mois, c'est comptable ?

6:57
Maud Bregeon

Non, on ne doit pas être dans une logique comptable, dans une logique uniquement financière, économique. L'objectif qui est le nôtre, encore une fois, depuis le début, et qui a été constant, c'est d'aider les gens à retourner vers l'emploi,

7:10
Invité

d'aider les gens à retourner vers le marché du travail.

7:13
Maud Bregeon

Et donc, il y a eu effectivement une réforme de l'assurance chômage, il y a eu ce qu'on a fait sur le RSA, et moi j'étais très à l'aise avec le fait qu'effectivement, on continue à inciter, on aide les gens à remettre un pied à l'étrier. Il y a ce qu'on a fait sur l'apprentissage, presque un million d'apprentis. Et donc tout ça, ça va dans le sens, encore une fois, de valoriser le travail. Et moi, je trouve, pardonnez-moi, mais je trouve que ça ne doit pas être un gros mot. Je pense que permettre aux gens, encore une fois, d'accéder au marché du travail, c'est bénéfique pour tout le monde.

C'est d'abord bénéfique pour eux, parce que c'est ce qui vous permet de payer vos factures, de payer vos loyers. Le travail, c'est aussi un vecteur de socialisation extrêmement fort.

7:50
Invité

Mais c'est parce que vous allez toucher de l'argent du chômage que vous n'allez pas travailler ?

7:53
Maud Bregeon

Et puis enfin, vous voyez bien, c'est parce que je vous dis qu'on a un système d'assurance chômage qui est effectivement généreux, et donc dans les périodes compliquées, comme on traverse en ce moment, il n'est pas complètement absurde de le réinterroger. Moi, ce que je pense, c'est qu'il faut continuer à accompagner les chômeurs, je pense notamment aux chômeurs de longue durée. Il faut qu'on accompagne les travailleurs sociaux dans les missions locales, à France Travail, qui font un travail extrêmement important.

8:21
Invité

Mais sur cette réforme, votre majorité, elle est divisée. Par exemple, Sacha Houillet, qui préside la commission des lois, qui est citée dans Le Parisien aujourd'hui, il dit précariser les chômeurs, ce n'est pas notre philosophie. Vous n'avez pas toute votre majorité derrière vous à l'Assemblée pour mettre en œuvre une réforme de l'assurance chômage telle que vous voulez par le Premier ministre.

8:35
Maud Bregeon

Sacha Houillet a raison. Précariser les chômeurs n'est pas notre philosophie et ne doit pas être notre philosophie. Et passer de 18 mois à 12 mois d'indemnisation, ça ne précarise pas ? Je pense que l'essentiel, c'est de continuer à accompagner sur la formation, à accompagner sur la réinsertion et effectivement d'avoir un système qui est davantage incitatif. Personne ne dit que l'ensemble des chômeurs restent au chômage parce qu'ils sont plus à l'aise à la maison qu'au travail. Ce n'est pas vrai. Il y a des débordements, probablement, et donc c'est pour ça qu'il y a une réflexion à mener.

Mais on sera tous très vigilants, encore une fois, pour que ça ne pénalise pas ceux qui sont le plus dans le besoin en France.

9:11
Présentateur

On va aller au standard dans un instant, Maude Bréjean, pour donner la parole aux auditeurs. Je reprends malgré tout ma question. Et excusez-moi si on parle budget, si on entre dans une logique comptable, mais après tout, c'est votre travail de voter le budget, de contrôler l'action du gouvernement. L'exécutif, donc, cherche à donner un coup de frein sur les dépenses. Alexandre Rabin Saïd nous le rappelait. Ça, on l'a compris. Tout le monde se demande si le gouvernement va aussi s'intéresser aux recettes. Et vous n'avez pas répondu sur ce volet-là pour parler clair. A quelle distance, à quelle temporalité faut-il s'attendre à une hausse d'impôts et pour qui ?

9:48
Maud Bregeon

Alors, je le redis, à vous et surtout aux personnes qui nous écoutent, il n'y aura pas de hausse d'impôts pour les Français. Point.

9:58
Présentateur

Gabriel Attal a dit, pour les classes moyennes, et ce qu'on l'a compris comme étant les entreprises.

10:02
Maud Bregeon

Nous avons également toujours réitéré notre volonté de poursuivre notre politique d'attractivité. Et donc, de ne pas augmenter l'impôt des entreprises. Et nous n'augmenterons pas les impôts des entreprises. Pourquoi ? Parce que c'est ce qui nous a permis, l'année dernière, d'avoir 400 000 entreprises créées et de créer 2 millions d'emplois depuis 5 ans. Et donc, ça, à la fin, c'est quand même bénéfique pour les gens.

10:22
Invité

J'ai primé des niches fiscales, le crédit impôt recherche.

10:25
Maud Bregeon

Donc, on ne... Pardonnez-moi, je termine. Il y a quelques secteurs, je pense notamment aux énergéticiens, qui ont fait des profits très importants du fait du contexte qu'on a traversé. Il y avait une taxe qui n'a pas rapporté autant que l'on pensait. Est-ce qu'elle pourrait être recalibrée ? La réponse est oui, mais on reste là sur des rentes extrêmement ciblées.

10:47
Présentateur

Total. Il faut comprendre les noms, par exemple, que vous mettez derrière les énergéticiens. Mais où est-ce que Total fait ses bénéfices ? Justement, je vous pose la question. A l'étranger, essentiellement, mais... Mais très peu en France. On va filer au standard. Bonjour Frédéric.

11:03
Invité

Oui, bonjour à tous. Mon de Vréjons, bonjour. Vous avez écrit que les Français n'avaient pas à payer le quoi qu'il en coûte et qu'il fallait donc aller vers le plein emploi. Alors moi, je répète justement si on n'est pas en train de payer le quoi qu'il en coûte, c'est-à-dire les centaines de milliards, disons, déversés totalement à l'aveugle. Et je pense également aux milliards qui ont été déversés auparavant, également sans aucune réflexion. Je pense au CEU, je pense à la plaque taxe.

Si l'on y ajoute le déficit démocratique, si l'on ajoute le recul au plan écologique, si l'on ajoute bientôt un bilan sanitaire qui n'est pas aussi bon, ou plutôt qui sera peut-être beaucoup plus mauvais que ce que l'on pensait, est-ce qu'on n'est pas en face, en fin de compte, d'un constat d'échec et d'incompétence ? Est-ce que vous ne pouvez pas ouvrir les yeux et accepter ceci ?

11:49
Présentateur

On va laisser Maude Bréjons vous répondre. Frédéric, merci pour votre question.

11:54
Maud Bregeon

Alors moi, je reconnais volontiers, Frédéric, que tout n'a probablement pas été parfait depuis 2017. Je ne crois pas qu'on soit sur un constat d'échec. Je pense que sur la question de l'écologie, on a avancé. Quand on vote des lois qui permettent d'accélérer le déploiement des énergies renouvelables, le déploiement du nucléaire, on avance. Les dépenses qui ont été les nôtres ces dernières années n'étaient pas des dépenses inutiles. Moi, je suis encore une fois très fière, et je pense qu'il faut le revendiquer, d'être dans un pays qui a bien davantage protégé ses concitoyens qu'ailleurs en Europe.

Donc je comprends que ce soit compliqué, et je sais que c'est compliqué pour beaucoup d'entre vous au quotidien. Mais malgré tout, moi je crois qu'on avance quand en France des usines ouvrent là où avant elles fermaient. On est sur des vrais points positifs.

12:45
Invité

Maude Bréjons, on parlait de tous ces milliards à trouver pour retomber sur nos pattes, pour sortir du rouge financièrement. Est-ce que pour toutes ces économies, il faut une loi de finances rectificative ? Parce que sur France Inter, on a cette information que le gouvernement hésite à passer par l'Assemblée, notamment parce qu'il a peur d'une motion de censure de la part des autres députés qui n'appartiennent pas à la majorité.

13:06
Maud Bregeon

Alors il est trop tôt pour dire si on aura besoin d'un projet de loi de finances rectificatif. Ça va dépendre de l'évolution de la conjoncture dans les deux mois à venir, et des éventuelles baisses de dépenses.

13:20
Invité

Mais sur le plan des principes, ça devrait être validé par les députés ?

13:23
Maud Bregeon

De toute façon, on a un budget. Mais la rectification ? L'important pour moi, c'est qu'on discute du budget de l'année prochaine, en octobre et en novembre à l'Assemblée nationale, comme on le fait chaque année.

13:36
Invité

Et après on change, mais c'est pas grave.

13:38
Maud Bregeon

Si effectivement il y a des baisses de dépenses supplémentaires importantes, et qu'il faut passer par un projet de loi de finances rectificatif, moi j'y suis tout à fait prête. Je pense que c'est encore une fois démocratiquement extrêmement sain d'aller devant le Parlement. Mais en tout état de cause, chaque année on discute du budget, et ce sera le cas cette année, comme toutes les années passées.

13:57
Présentateur

Bonjour Didier, et bienvenue sur Inter.

13:59
Auditeur

Bonjour à vous, je vous remercie de me prendre la question. En fait, je suis président d'un collectif qui s'oppose à la ligne nouvelle LGV PACA, donc on l'a renommé LNPCA. En fait c'est un projet de plus de 25 milliards dans son globalité, qui nous est présenté en tronçon de 3 milliards pour la première phase. Et je voudrais savoir quand est-ce que l'État arrêtera d'investir ces sommes folles dans des projets dévastateurs de l'environnement, au prétexte que le train c'est bien alors que les travaux sont phénoménaux, risqués pour l'eau, enfin voilà.

Donc je voudrais savoir s'il y avait un changement de cap un peu, au lieu de nous dire que c'est le chômeur qu'il faut à tout prix restreindre dans ses budgets qui le prouve de cherche du travail.

14:44
Présentateur

Merci pour votre intervention, votre question, réponse Maude Bréjon.

14:47
Maud Bregeon

Je crois que le ferroviaire ça doit rester au cœur de notre stratégie. Si aujourd'hui on a 60% de l'énergie consommée en France qui vient des énergies fossiles, on doit tendre vers des modes de consommation plus propres, que ce soit sur les transports, que ce soit sur le chauffage, que ce soit évidemment sur la production d'électricité. Et il faut le faire sans opposer l'écologie à la biodiversité. Ce n'est pas facile, mais il y a un nombre important de garde-fous derrière, d'enquêtes publiques qui sont réalisées, justement pour faire converger l'écologie et la biodiversité. Moi je pense que ça va ensemble. De la même façon qu'on ne doit pas opposer l'agriculture à l'écologie.

Mais c'est des investissements qui sont nécessaires, parce qu'encore une fois, l'objectif, ça doit être de sortir des énergies fossiles.

15:29
Invité

Maude Bréjon, si c'est si important que ça, l'écologie, pourquoi est-ce que le volet environnemental a été ôté du projet de loi souveraineté énergétique au Parlement ?

15:38
Maud Bregeon

Alors, vous pouvez présider votre question ?

15:39
Invité

Il y avait un volet environnemental, programmation avec les énergies renouvelables, il a été enlevé de ce projet de loi souveraineté énergétique qui vous a été présenté.

15:47
Maud Bregeon

On doit travailler sur une programmation pluriannuelle de l'énergie. On a aujourd'hui, on fait face à une difficulté majeure à l'Assemblée nationale, c'est qu'on a d'un côté sur notre gauche une partie de l'hémicycle qui est très hostile à l'énergie nucléaire, et de l'autre côté, sur notre droite, l'autre partie de l'hémicycle qui est très hostile aux énergies renouvelables. Moi, ce que je dis à l'ensemble de ces parlementaires, c'est que vous vous trompez complètement de sujet. Encore une fois, l'objectif, c'est de sortir du gaz, c'est de sortir du fioul, c'est de sortir du charbon.

Quand, encore une fois, je le redis, on a 60% de l'énergie en France qui vient du fossile, on n'a pas le luxe d'opposer les énergies décarbonées entre elles.

16:23
Invité

Mais donc, en attendant, on n'en parle pas, on ne peut pas en parler parce qu'il y a cette majorité trop fragile.

16:27
Maud Bregeon

On en parle toutes les semaines, on en parlait la semaine dernière en commission des affaires économiques, on a débattu sur la question suite à une proposition de loi d'Europe Écologie-les-Verts. On en parlera probablement jeudi prochain, encore une fois, en hémicycle. Mais vraiment, nous, on a toujours porté là-dessus une vision très claire. On a besoin de toutes les énergies décarbonées. L'important, c'est de sortir des énergies fossiles. Et moi, je déplore aujourd'hui, je déplore qu'on ait à gauche des gens qui s'opposent à l'énergie nucléaire et à droite des gens qui veulent supprimer toutes les éoliennes terrestres. Ce n'est vraiment pas à la hauteur des enjeux.

16:57
Présentateur

Maude Bréjon, 3000 euros pour faire voyager les costumes du président de la République jusqu'au Brésil en classe affaire. Est-ce que ça vous choque ?

17:05
Maud Bregeon

Écoutez, je comprends que ça ait pu interroger les personnes qui ont lu cet article de libération, me semble-t-il. Je n'ai pas regardé le détail de l'affaire, mais ce qui est sûr, c'est qu'on est à une époque où chacun, responsable politique, en premier lieu, devons montrer l'exemple.

17:23
Présentateur

Alors, montrer l'exemple, il en est aussi question dans les choix qui sont faits par différents pays. On a vu le Canada, on a vu l'Allemagne, notre voisin légaliser le cannabis récréatif au moment où la France, elle, fait place nette XXL pour reprendre l'expression consacrée avec une stratégie pour lutter contre le trafic et à l'opposé de ce que font nos voisins. Pourquoi ce choix-là ?

17:48
Maud Bregeon

Moi, je pense que légaliser le cannabis comme toute drogue, ce serait un renoncement moral et politique inouï. Je pense que ce n'est pas parce qu'une politique publique, en l'occurrence la lutte contre la drogue, est difficile qu'on doit l'abandonner et qu'on doit baisser les bras. Derrière ça, il y a quoi ? Il y a des trafiquants qui génèrent énormément d'insécurité dans les quartiers, il y a des jeunes qui consomment, à qui on vend ces drogues-là. Pourquoi ce qui devient une exception française par rapport à l'Allemagne ? Et ça pose de graves problèmes en matière de santé publique, ça pose des problèmes de décrochage scolaire aussi. Et donc je pense qu'on a raison de tenir notre ligne.

Encore une fois, ce n'est pas parce qu'un combat est dur à mener qu'il faut baisser les bras.

18:29
Invité

Maude Bréjean, vous êtes députée, la présidente de l'Assemblée nationale vient de remettre sur la table l'idée d'une dose de scrutin proportionnelle législative. Vous y êtes favorable ? Ça dépend comment est-ce que c'est amené.

18:41
Maud Bregeon

C'est quoi l'objectif ?

18:42
Invité

C'est d'avoir une France qui ressemble, une chambre qui ressemble plus aux Français. C'est ce que dit Yael Broadbillet.

18:46
Maud Bregeon

Je vais vous le dire autrement. Moi, mon objectif, c'est de rapprocher les élus, et notamment les élus nationaux, de leurs concitoyens.

18:52
Invité

Et donc est-ce que ça passe par là ?

18:53
Maud Bregeon

Est-ce qu'un système proportionnel dans lequel des députés n'auraient plus de circonscription tend à rapprocher les députés de leurs administrés ? Votre réponse ? Non. Je ne pense pas. Donc vous n'y êtes pas favorable ? Donc on réfléchit à comment est-ce qu'on a une assemblée qui est davantage représentative, je veux bien, mais ça ne doit pas se faire au détriment de la proximité entre, encore une fois, les élus et leurs circonscriptions. Moi, je vais vous dire, j'ai quatre villes dans ma circonscription. Châtenay-Malabry, Sceau, Anthony, Bourg-la-Reine. Demain, si je n'ai plus de circonscription, qui ira à Châtenay-Malabry, Sceau, Anthony et Bourg-la-Reine ? Peut-être plus personne.

Et là, je vous parle de territoires qui sont des territoires franciliens, donc ce sera plus facile d'y aller plus de l'Assemblée nationale. Qui, pardonnez-moi ? C'était une promesse présidentielle. C'était une promesse présidentielle. On se rend compte, je pense, depuis 2022, qu'en fait, la proportionnelle, les Français, quand ils veulent de la représentativité, ils savent le faire. Vous voyez ? Quand on regarde ce qu'est l'Assemblée nationale aujourd'hui, on n'a pas eu besoin de la proportionnelle pour avoir 100 et quelques députés d'UPS, 90 députés du Rassemblement national. Donc vous n'êtes pas pour ?

Je suis pour ce qu'on réfléchisse à un modèle qui permet de rapprocher les députés de leurs concitoyens.

20:02
Présentateur

Merci Maude Bréjon d'avoir été l'invité de France Inter ce matin.

Élections européennes : "On est à la croisée des chemins", soutient la députée Maud Bregeon — Maud Bregeon · Pourquijevote