Jérémy Ferrari : "J'ai l'impression d'avoir découvert un nouveau jouet" - Mehdi Maïzi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 86 %Attaque 5 %Défensif 9 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:59OuverteRéponse directe
En tant que réalisateur, comment ça va ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est aussi plaisant quelque part de te mettre en danger par rapport à une situation dans l'humour ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Est-ce que là, le fait de se mettre en danger sur un projet comme ça est challengeant et excitant ?
- 6:30OuverteRéponse directe
Est-ce que tu as hésité avant de mener ce projet dans toutes ces dimensions ?
- 8:37OuverteRéponse directe
Est-ce que ce travail-là que tu as fait de manière scolaire, est-ce que tu l'avais fait aussi dans l'humour quand tu commences au début ?
- 9:40OuverteRéponse directe
Quand tu dis qu'il faut mériter ton succès, est-ce que ça veut dire qu'il y a des moments où tu as eu l'impression de ne pas le mériter ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:57InvitéFait
« J'ai l'impression d'avoir découvert un nouveau jouet »
- 4:47InvitéFait
« La seule chose maintenant que je peux te dire, ça sera toujours le One Man Show et la réalisation »
- 10:05InvitéFait
« J'ai une culpabilité »
- 10:30InvitéFait
« Moi, je viens d'une famille extrêmement modeste »
- 10:40InvitéFait
« C'est-à-dire que je n'avais rien et tout d'un coup, j'avais la télévision et les salles de 2000 places »
- 11:18InvitéFait
« Tu gagnes de l'argent honnêtement en faisant plaisir aux gens »
- 22:25InvitéFait
« J'aime bien les histoires vraies et j'aime bien les histoires épiques »
- 23:17InvitéFait
« À ce moment, il a été reçu comme un chef d'État, totalement fréquentable, tout allait bien »
- 23:33InvitéFait
« Il a pu avoir un enfant de cette aventure »
- 23:41InvitéFait
« Il est considéré comme l'homme le plus riche du monde, mais il n'y a pas l'argent »
- 29:41InvitéFait
« L'absurde n'est jamais aussi drôle que quand il est plausible »
- 36:21InvitéFait
« En humour, tu n'inventes plus de mécaniques, tu les traites différemment »
- 37:27InvitéFait
« Un film, c'est quelqu'un qui a un problème »
- 40:49InvitéChiffre
« J'ai fait une comédie d'aventure qui n'est pas très cher par rapport au budget des autres comédies d'aventure. Je suis pratiquement deux fois moins cher. »
- 41:16InvitéFait
« Il a trouvé ça très drôle. Il nous a laissé filmer le marathon des sables et les marathoniens ont joué le jeu. »
- 42:34InvitéFait
« moi, l'important, c'était de préserver ma liberté d'expression et ma liberté artistique. »
- 46:46InvitéFait
« Renaud était censuré à la radio, sa chanson Hexagone était censurée à la radio, Coluche s'est fait virer d'RMC, Coluche s'est fait virer d'Europe 1. »
- 51:59InvitéFait
« en fait, dès qu'on écrit tous les trois, il y a un truc. En fait, les trois univers se marient et se mélangent très bien. »
Temps de parole
- Invité64 %
- Présentateur25 %
- Invité 25 %
- Locuteur non identifié5 %
≈ 0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans A La Régulière, l'émission de Toutes les Cultures. Ce soir, nous sommes avec Jérémy Ferrari, une des superstars de l'humour français. Il est né dans les Ardennes, il a quitté l'école tôt, il a commencé par jouer dans des salles minuscules avant de remplir des Zéniths et des Bercy. Révélé au grand public dans On ne demande qu'à en rire, à l'époque, il est devenu en quelques années l'un des humoristes les plus puissants de sa génération. Sur scène, il a parlé de religion, de guerre, de terrorisme, d'ONG, de médecine, d'alcoolisme, de politique à la télé. Il a même tenu tête à un Premier ministre en direct. Quelle séquence ?
Et aujourd'hui, il passe derrière la caméra son premier long métrage, Les 4 heures, sort le 11 mars, une comédie d'action tournée dans le désert avec une chasse au trésor, un fils supposé de Kadhafi, un trio improbable, de l'absurde, de la satire et un chien à trois pattes. Bref, un film d'aventure à la française, ambitieux et spectaculaire, entre deux dates de la tournée triomphale du trio avec Arnaud Samer et Baptiste Le Capelin et l'écriture de son prochain spectacle solo. Il trouve encore le temps de réaliser un film et de jouer le rôle principal dedans. Jérémy Ferrari est avec nous, à la régulière.
À la régulière Medimizing Eh, Thibault, une chèque, je suis choqué, carrément, comment t'es gaulé, frère, n'importe quoi.
Ah, c'est toi ? Le petit babetou qui se prend pour le fils de Kadhafi ? Qui veut son héritage ?
Bravo ma puce.
Je veux savoir pourquoi on est dans un hammam. On est dans un hammam parce que tu es en face de toi. T'adore manipuler les gens, tu te trouves hyper beau, t'as un problème avec la violence. Franchement, il serait hyper fier ton père, là-haut, le père Kadhafi. Je ne fais pas de mytho au tout début, on t'a un tout petit peu carotte. Parce qu'on avait besoin de toi pour passer la frontière avec l'argent. C'est quoi ce plan ? C'était un meuble par contre là.
Ça, c'est la bande-annonce, un extrait de la bande-annonce. Dès qu'il adore donc ton premier film. Jérémie, en tant que réalisateur, comment ça va ?
Ah, ça va ? C'est très stressant. C'est très stressant un premier film. C'est vrai ? Qu'est-ce que c'est stressant. Oui, parce que tu vois, les spectacles, on a l'habitude, on ouvre les dates un an avant. En plus, moi j'ai de la chance, les gens réservent tôt. Du coup, je pars en tournée six mois avant, je suis complet. Donc, c'est confortable. Là, on fait toute la promo. Alors, il y a quand même toute cette tournée d'avant-première qui est extraordinaire parce que tout est plein et que du coup là, je commence à me rassurer parce que j'ai 15-20 000 personnes qui ont vu le film. Donc, je commence à sentir que ça rit fort en salle et que les gens passent un super moment. Donc, ça me rassure.
Mais c'est vrai que tu sais, en fait, c'est terrible le cinéma parce que moi déjà, je découvre. Donc, je regarde autour de moi et tout le monde est très fébrile. Tu vois, c'est-à-dire que tu sens qu'il y a des succès que tu n'attends pas. Des fois, tu attends des succès qui ne viennent pas. Des fois, tu n'attends pas un succès et ça vient. Donc, tu sens que tout le monde est un peu en train de dire bon, mais c'est rigolo la période que je vis parce qu'en même temps, on a des avant-premières qui sont complètes. On a la presse qui est avec nous. On a le public qui est étirambique. Donc, on sent que tout le monde a envie de dire bon, ça devrait aller. Mais tout le monde dit quand même.
Mais bon, c'est le cinéma, on ne sait pas.
Est-ce que c'est aussi plaisant quelque part de te mettre en danger par rapport à une situation dans l'humour où ça se passe bien, comme tu le dis, tu remplis des salles, etc. Je pense que les gens autour de toi sont assez confiants quand tu annonces un spectacle, même si on ne sait jamais ce qui peut se passer.
Il n'y a qu'eux. Moi, je ne suis pas confiant.
Peut-être que toi, tu n'es pas confiant. En tout cas, d'un point de vue extérieur, on imagine que ça se passe bien et qu'il n'y a peut-être pas tant de stress, en tout cas, autour d'un projet, d'un spectacle de Jeremy Ferrari. Est-ce que là, le fait de se mettre en danger sur un... Parce qu'en plus, tu réalises aussi et tu joues la comédie. Est-ce que là, il y a quelque chose de challengeant qui peut être assez excitant aussi et peut-être nouveau ?
Évidemment. Après, moi, je ne suis pas détendu sur le one. Là, j'ai vu mes équipes parce qu'ils me voient très stressé et je leur ai dit. Mais vous savez, si j'ai réussi ça, je pense qu'après, je vais être beaucoup plus apaisé. Ils ont tous éclaircés de rire. Ils te connaissent. Le prochain spectacle, tu vas être terrorisé. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne veux pas m'empatter. L'idée d'un film, ce qui est extraordinaire avec le cinéma, c'est que j'ai l'impression d'avoir découvert un nouveau jouet, d'autant que je ne devais pas réaliser le film.
C'est Saïd Beltibia qui est le co-auteur du coup du film, qui est réalisateur et qui m'avait fait tourner juste avant dans un film qui s'appelle Rocky Haïgol Shifter Farahani. Donc, du coup, moi, je me suis retrouvé propulsant en tant que réalisateur, ce qui n'était pas forcément mon ambition. J'ai pris ça extrêmement à cœur. Maintenant, je suis complètement happé dans le projet. C'est-à-dire que j'y ai tellement mis d'énergie, d'heures, de sueurs, de larmes, de sang, de rire, de joie, de crainte, de tout. Parce que c'est ça, la réalisation. Il y a un truc que je dis en ce moment, en avant-première, quand les gens me posent ce même type de questions.
J'ai la chance depuis 15 ans, au-delà de la scène, de faire plein de choses, d'écrire pour plein d'humoristes, de mettre en scène, d'écrire, de produire, de faire plein de choses. Et il n'y a jamais rien qui a eu la même intensité que le One Man Show, d'être tout seul sur scène devant 2, 3, 4, 5, 10, 15 000 personnes. La seule chose maintenant que je peux te dire, ça sera toujours le One Man Show et la réalisation. C'est-à-dire que ça n'a rien à voir. Et en même temps, c'est tellement proche. Parce que tout part de toi et tu dois décider de tout. Et tu dois embarquer les gens dans ton univers et dans ce que tu as dans la tête. De manière totalement différente.
Mais c'est presque tellement à l'opposé que ça se ressemble. Je sais que la phrase n'est pas très claire, mais sur scène, je suis tout seul. Je n'ai que mon micro et mon texte. Et au cinéma, on te donne tout. C'est-à-dire que tu veux un lance-flamme, on te donne un lance-flamme. Tu veux une poule, on te donne une poule. Donc, en fait, du coup, ça devient similaire. Parce que tout est possible sur scène et tout est possible au cinéma. Dans la limite du budget qu'on t'a accordé. Mais à priori, il a été calculé avant que tu écrives ton scénar. Au moment où tu as écrit ton scénar. Donc, c'est incroyablement stressant. Mais c'est tellement grisant. Et je ne parle même pas de plaisir.
Ce que je veux dire, c'est que je peux des fois prendre plus de plaisir, par exemple, sur une tournée avec Baptiste et Arnaud, mes deux copains, parce que j'ai moins de pression, parce que je suis avec mes potes. C'est du rire du matin au petit-déj jusqu'au soir sur scène. Mais la satisfaction qu'on peut ressentir en étant tout seul sur scène ou la satisfaction qu'on peut ressentir là en réalisant un film, elle est à la hauteur des angoisses que ça t'a générées avant. Donc, ce monde est comme ça.
Plus tu dérouilles, plus tu profites après. Parce qu'effectivement, finalement, quand on regarde ta carrière, tu n'as pas tant joué au cinéma que ça. C'est-à-dire qu'il y a des humoristes qui ont fait beaucoup d'aller-retour, parce que vous êtes comédien et que ça ne pourrait plus être logique finalement. C'est mon deuxième film. Exactement. Donc, tu ne te fascines pas la vie, effectivement, déjà en jouant un premier rôle, c'est toujours une source de stress, avec un film qu'on imagine, je n'ai pas le budget, mais en tout cas avec des attentes. Forcément, c'est une comédie d'action avec un casting attrayant et tu le réalises.
Donc, comme on a l'impression, j'ai l'impression de voir que tu es un garçon qui peut être aussi angoissé, un projet comme ça, est-ce que tu as hésité avant de le mener dans toutes ces dimensions-là ? Parce qu'en fait, tu aurais pu y aller aussi à tâton, en fait, et te dire, je ne vais peut-être pas y aller comme ça.
Au départ, je n'étais que auteur sur le film. Et comédien principal. Enfin, comédien principal, c'est une comédie chorale. Oui, il y a trois, c'est un trio. On va en parler, bien sûr. Avec Éric et Laura. Un petit chat dans la gorge. J'avais du montage. Oui, bien sûr. Éric, je dors et Laura, il ne faut pas. J'ai vraiment craché ma gorge comme si vous avez du montage. Non, mais donc, c'est un film chorale. Mais au départ, je ne devais être que auteur. Donc, la fabrication du film m'importait peu. Moi, je n'étais que auteur. Après, c'était au réel et au prod de se débrouiller. Donc, moi, ça ne m'importait pas du tout. Quand il a fallu le fabriquer, j'ai pris ça avec une immense responsabilité.
C'est-à-dire que je me suis dit, du coup, ça devient un film de et non plus un film avec. Et ça change tout. Parce que là, c'est mon public à qui je promets quelque chose. Et ces promesses-là, j'essaie de les tenir depuis 15 ans dans tout ce que je fais. Parce que j'ai un public très fidèle qui me suit. Même si là, j'espère l'élargir et avoir aussi des gens qui ne me connaissent pas ou qui me connaissent moins, qui viendront voir le film. Je pense qu'en plus, le film s'y prête. Je dis toujours, si tu ne connais pas l'univers de Ferrari, c'est un bon premier pas. C'est le pédiluve. Parce qu'il y a un peu tous les thèmes que j'ai traités. Et donc, j'ai pris ça extrêmement au sérieux.
Donc, j'ai commencé par appeler tous des potes réals en ayant très peur, en disant, est-ce que tu crois que je suis capable ? Comment c'est ? Et puis, après, j'ai lu des bouquins. Ensuite, je me suis quand même rappelé qu'il y avait plein de gens qui faisaient leur premier film et que si j'étais bien accompagné, je pouvais y arriver. Mais j'ai pris ça avec beaucoup d'humidité. J'ai parlé avec tous les postes, tous les chefs de postes. Je leur ai demandé quels étaient les films qu'ils avaient préféré tourner. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils attendaient d'un réel ? Pourquoi ? J'ai passé des mois et des mois et des mois et des mois à la prépa.
J'ai fait le découpage avec les équipes techniques. J'ai appris ce que c'était qu'un découpage. J'ai été très scolaire et très assidu, tu vois, pour arriver avec vraiment une base de connaissances et de l'humidité. Et après, c'est vrai que ce qui est magique, c'est que quand tu as une très, très, très bonne équipe, tu leur expliques ce que tu as dans la tête. On y arrive quand même, tu vois.
Est-ce que ce travail-là que tu as fait de manière, travail scolaire finalement, est-ce que tu l'avais fait aussi dans l'humour quand tu commences au début ? Est-ce que tu avais aussi passé des heures, voire des années à emmagasiner du contenu des spectacles ? Ou pas du tout ? C'était quelque chose de plus instinctif ?
Non, non, j'ai vraiment fait ça. J'ai lu et regardé tout ce qui pouvait m'apprendre quelque chose. Et après, une fois que j'ai été professionnel ou prêt, entre guillemets, j'ai arrêté de travailler ça. Mais je me suis remis quand même dans l'exercice similaire en prenant des spectacles à thème que j'étudiais pendant deux ans. Donc, en fait, j'ai fait un stag sur la religion, j'ai étudié la religion pendant deux ans, j'ai fait un stag sur la géopolitique, je suis retourné à la fac à étudier la géopolitique. Enfin, tu vois, donc en fait, finalement, je remets ce process en route.
Mais parce que je pense que je suis un laborieux et je pense que j'ai cette culture-là de il faut mériter ton succès. Et donc, il faut beaucoup souffrir. Je ne sais pas si la totalité des heures que je passe à travailler est nécessaire pour obtenir le résultat que j'ai. Parfois, je me dis, je pense que vraiment la moitié de ça, c'était suffisant. Mais bon, ça me permet aussi d'avoir confiance en moi quand je le fais.
Quand tu dis qu'il faut mériter ton succès, est-ce que ça veut dire qu'il y a des… Parce que ce n'est pas exagéré que dire ça. Tu rencontres un grand succès en tant qu'humoriste sur scène. Est-ce que tu as eu l'impression parfois de ne pas le mériter ? Ou tu sais, parfois, il peut y avoir ce fameux syndrome de l'imposteur. On a beaucoup parlé. Est-ce que des fois, tu t'es dit, bon, pourquoi moi ? Ça va vite, ça va très fort, des si grandes salles. Est-ce que tu as déjà eu ce sentiment-là ? Et du coup, tu compenses en voulant être le plus irréprochable et le plus près possible.
Mais totalement. J'ai une culpabilité. Déjà, je n'arrive pas à ressentir ça. C'est-à-dire que la vision que j'ai de moi est très différente de la vision qu'ont les autres de moi. Et d'ailleurs, souvent, quand ils me connaissent, ils sont très étonnés. Parce que je pense que quand on ne me voit pas dans un couloir, je pense que j'ai un physique assez froid. Et puis, peut-être que je suis quelqu'un d'assez angoissé. Donc, je dois paraître un peu fermé. Et puis, souvent, quand les gens me parlent, ils se disent, mais tu es super sympa en fait. Parce que c'est vrai que je suis quelqu'un de gentil. Mais oui, déjà, le salaire. Tu vois, moi, je viens d'une famille extrêmement modeste.
Donc, ce que tu gagnes en tant qu'humoriste quand ça commence à marcher très fort. Et en plus, moi, ça a été d'un coup. C'est-à-dire que je n'avais rien et tout d'un coup, j'avais la télévision et les salles de 2000 places. Donc, moi, j'ai un peu, tu vois, l'argent qui commençait à rentrer. Je ne l'ai pas toujours. Ça n'a pas été progressif en fait. Et puis, je ne l'ai pas toujours bien vécu. Tu vois, j'avais un truc de culpabilité. De dire, mais mon père, il est agent de sécurité. Il gagne ça. Il reste 14 heures debout dans un Auchan. Et moi, je vais gagner ce qu'il gagne. Ou trois fois ou quatre fois ou cinq fois qu'il gagne en une heure.
Enfin, tu vois, il y avait quand même un truc de ce n'est pas normal. C'est aussi, mais tu sais, c'est Laurent Ruquier qui m'a beaucoup aidé là-dessus parce que je lui ai posé la question. Parce que lui aussi vient d'une famille très modeste. Et je lui ai dit comment tu gères ça. Il m'a dit déjà, il ne faut pas avoir honte. Tu gagnes de l'argent honnêtement en faisant plaisir aux gens. Et on a la chance de faire un métier qui marche une fois sur mille. Mais quand il marche ou sur 20 000 ou sur un million. Mais quand ça marche, c'est vrai que ça rapporte de l'argent. Mais ce n'est pas de l'argent que tu voles et puis il faut en faire des choses bien.
Et c'est vrai que très vite, je me suis mis à produire. Donc, il y a une bonne partie de mon argent que j'ai réinvesti en mes sociétés pour produire des artistes. Moi, je fais tout en fonds privés. On n'a pas d'aide, on n'a pas de subvention. Tu vois, donc on a monté plein de projets. On fait travailler des gens. Maintenant, on a beaucoup d'employés. On a beaucoup de boîtes. Donc, je me dis, je n'en ai pas rien fait de cet argent. Tu vois, moi, je n'achète pas de montre. Je n'achète pas de cambrioleur. Ça ne sert à rien. Il n'y a rien à vouloir chez moi. C'est vrai, il n'y a rien. Je ne suis pas bling bling. Je ne peux pas avoir le prix d'une maison au poignet. Ça me rend malade.
En fait, je n'arriverai pas à me... Tu vois, je me sentirai mal à l'aise. Ce n'est pas moi. Donc, ce n'est pas mon éducation. Ce n'est pas ma culture. Donc, du coup, j'essaye de produire, de faire plein de choses. Puis, je pense que j'ai un peu une âme d'entrepreneur. Donc, ça, ça m'aide à me dire que je fais des choses bien. Et puis, ça m'a permis aussi d'aider mes proches. J'ai pu acheter une maison à mes parents. Donc, bon, tu vois, c'est vrai que l'argent ne fait pas le bonheur. Mais on ne va pas se mentir quand même. Moi, qui ai connu vraiment... Des moments compliqués. Des moments compliqués. Où vraiment, tu ne sais limite pas manger. Tu ne sais pas payer ton loyer.
Tu ne sais pas allumer le chauffage. Je ne vais pas mentir quand même. Le fait d'avoir de l'argent, quand même, ça améliore le quotidien. Il n'y a que des gens qui ont toujours eu de l'argent qui vont te dire que l'argent, ce n'est pas important.
Je propose qu'on écoute un morceau qu'on entend dans le film. Lecador, c'est un morceau d'Isadora. Extraordinaire. Tinder date. Je t'avoue que je ne connaissais pas ce morceau. Ni cet artiste. Donc, on l'écoute. Avec grand plaisir. Isadora, Tinder date qu'on entend dans le film Lecador réalisé par Jeremy Ferrari et avec Jeremy Ferrari qui sortira le 11 mars prochain. Isadora, le film Lecador qui sortira Jeremy Ferrari et avec Jeremy Ferrari. Mais il n'y a pas que toi dans ce film. Non. Il y a, on l'a dit un petit peu, on l'a évoqué, un casting, parce qu'il y a notamment Eric Judor qui joue le personnage de Ryan qui, comme à son habitude, est très drôle.
Qu'est-ce que ça représentait pour toi d'avoir Eric ? Est-ce que tu as peut-être aussi été élevé quelque part aussi avec Eric Hermsi à l'époque ? Enfin, dans quelle mesure ? Et peut-être que vous connaissiez bien. Est-ce que c'était important pour toi qu'il soit sur ce film, dans ce rôle ?
En fait, je peux te raconter l'histoire que je trouve assez intéressante. Parce qu'en réalité, voilà comment s'est passé, j'avais un premier scénario il y a quelques années dans lequel il y avait trois personnages principaux qui étaient trois hommes dont Guillaume Batts. Oui. On commence le financement, Guillaume Batts meurt. Donc, il m'a vraiment cassé les couilles jusqu'au bout Guillaume Batts. Et donc bon, il s'en suit une période évidemment de deuil et un truc où je ne suis pas…
Guillaume Batts qui était un humoriste qui était un ami à toi.
Qui était un ami à moi, que je produisais, qui était comme un petit frère pour moi, qui était atteint de la maladie des autres verts et qui est décédé. Et donc, du coup, je décide, je ne peux pas réécrire un rôle. Je ne peux pas mettre les mots de Guillaume que j'avais écrits pour Guillaume dans la bouche d'un autre comédien. Puis, émotionnellement, c'est trop compliqué pour moi. Donc, je refonds les deux personnages, je garde juste le mien, je garde l'histoire. Et un des producteurs me dit peut-être tu pourrais mettre une femme au casting. Du coup, peut-être ça va t'aider à t'éloigner de ce que tu avais écrit. Je dis ouais, bonne idée. Et moi, j'adore écrire pour les autres.
Et j'avais écrit un sketch avec le Raphaël Pain qui s'appelle Le Confessionnal qu'on avait fait dans mon émission Les lieux impossibles. Et puis, je l'avais vu sur scène et tout. Et donc, je commence à m'inspirer d'un de ses personnages pour écrire Zulika. Oui, ça part d'un de ses personnages. Ça part d'un de ses personnages. Mais je ne lui dis pas. C'est-à-dire que j'écris le rôle en m'inspirant d'elle, en pensant à elle, sans lui dire. Donc, je prends quand même un petit risque. Et j'écris le personnage de Ryan sans penser à personne au départ, juste en contre par rapport à Zulika. Et j'appelle le Raphaël Pain. Je lui dis, j'espère que tu vas aimer le rôle parce que je l'ai écrit pour toi.
Je ne vois pas à qui je vais proposer ce rôle. Elle lit. Elle me dit, écoute, je pleure de rire dans le train. J'accepte le rôle. Et là, on se met à la recherche de l'acteur qui pourrait interpréter Ryan. On discute, on discute. Il y a plein de noms qui viennent, qui viennent comme ça. Puis, il n'y a rien qui me tilte. Puis, à un moment donné, Eric Judor, je dis, mais comment je n'ai pas pensé à ça avant ? Donc, Eric, non, je ne le connaissais pas. Je l'admire beaucoup. C'est un mec, j'ai tout vu d'Eric Judor et de Ramzi, soit lui tout seul, soit les deux. Et je me dis, extraordinaire. J'appelle Eric. Alors déjà, j'appelle Eric, je ne le connais pas.
Il entend mon chien aboyer derrière, je ne sais pas quoi. Il me fait une heure de van au téléphone. Il ne sait même pas pourquoi je l'appelle. C'est vraiment Eric Judor tel qu'on l'imagine. C'est le même. Ce n'est pas une façon de parler. Quand je dis une heure, ce n'est pas 37 minutes, c'est une heure. Et au bout d'un moment, je lui dis, j'ai un pitch un peu zinzin. C'est un mec qui est peut-être le fils de Kadhafi, qui part chercher une journaliste dans un camp de djihadistes avec une fichée S, un malvoyant. Il me dit, mais c'est extraordinaire. Il n'y a que lui qui pourrait me répondre ça. Et il me dit, mais bon, j'ai peut-être un tournage au même moment. C'est quoi les dates ?
Je lui dis, il me dit, j'ai un tournage à ce moment-là, mais envoie-moi quand même le scénar, je suis curieux de lire. Le lendemain, il me rappelle, il me dit, j'ai lu 20 pages. Si tout est comme ça, je décale mon tournage et je fais le film. Le lendemain, il ne me rappelle pas. Donc, je me dis, bon, a priori, la 21e page, j'ai été très déceptif. Et finalement, on s'est au téléphone. Puis, il me dit, écoute, je trouve que le scénar est vraiment génial. Il me fait plein de compliments sur le film. Et il me dit, je trouve que le personnage de Ryan, il s'éteint un peu au fur et à mesure du scénario. Je dis, ah bon ? Il me dit, ouais, mais il me dit, bon, réécris pas pour moi, ça sert à rien.
De toute façon, j'ai mon tournage, mais je sens que peut-être que je peux arriver à le convaincre. Donc, je raccroche, je relis le scénar et je me dis, il a raison. Mais parce que j'écrivais pour personne, je pense. Donc, je me refais platane, H, problemo. Enfin, je me refais tout ce que je trouve d'Éric Judor pour me remettre sa mélodie dans la tête. Le lendemain, je l'appelle. Enfin, le lendemain, je retourne au bureau. Je réécris tout le rôle. Je suis hyper inspiré parce que c'était vraiment un rôle pour lui. Donc, je n'avais plus qu'à habiller.
Le fait d'avoir eu son retour, j'imagine que ça te galvanise aussi.
Il y a un truc, je me dis, putain, je suis à deux doigts d'avoir Éric Judor et d'avoir un casting exceptionnel. Le soir, je lui envoie le nouveau scénar. Je l'appelle, je lui dis, ouvre tes mails. Il ouvre, il voit qu'il y a genre 25 ou 30 pages de plus. Donc, il éclate de rire. Il me dit, on m'avait dit que tu étais zindin, mais tu es vraiment zindin, tu as réécrit 30 pages con. C'est eu hier. Je dis, aujourd'hui, j'arrête de chez toi et aujourd'hui. Il me sentait hyper. Et puis, il me dit, bon, j'accepte. Mais je dis, mais tu n'as pas lu. Il me dit, si tu as réécrit un scénario en une journée, si le rôle ne me plaît pas, tu réécriras dans l'avion.
C'est comme ça qu'il s'est retrouvé sur le tournage.
Alors, il y a aussi quelqu'un d'autre qui a un plus petit rôle, mais je t'en parlais en antenne, je le trouve exceptionnel. Et je trouve qu'on le voit peut-être pas assez, en tout cas, dans des comédies comme ça, des comédies populaires. C'est Fred Testo qui joue le personnage de Barberousse et qui est vraiment la scène, une scène d'interrogatoire qui est extraordinaire. Là aussi, vraiment, je trouve qu'elle est particulièrement drôle, cette scène. Est-ce que toi, tu le savais que c'était pour lui aussi ? Est-ce que tu l'as écrit en l'ayant ?
Ok. En fait, j'ai écrit, les personnages, je les joue dans mon bureau quand je les écris. Je les joue avec l'intonation. Alors, je ne les joue pas aussi bien que le comédien à qui je vais le donner.
Après, tu es comédien toi-même.
Oui, mais du coup, tu vois, j'ai la mélodie du personnage dans la tête. Puis, je commençais à faire Barberousse pour les gens qui nous écoutent. C'est un personnage qui arrive dans le dernier tiers du film qui est, on va dire, un chef djihadiste en burn-out. Qui ne supporte plus le désert, qui ne supporte plus le sable, qui ne supporte plus son métier. Et on sent que c'est un mec qui a dû être haut placé dans les sphères. Et puis, qui s'est retrouvé là avec un camp avec beaucoup de débiles. Et il ne les supporte plus. Il ne supporte plus son taf, il ne supporte plus rien. Et c'est vrai qu'on ne s'y attend pas. Il y a presque un spin-off à faire sur Barberousse.
Ah oui, je suis complètement d'accord. Moi, ça m'éclaterait d'écrire un spin-off sur un djihadiste en burn-out. Ça me ferait beaucoup rire. Et donc, quand je commence à écrire le personnage, c'est vrai, je commence à le jouer un peu comme ça. Oh là là, ce désert, les cailloux, toujours des cailloux. Je commence à faire un peu cela, mais je dis, mais il y a quelqu'un qui parle comme ça. Et tu sais, ça ne me revient pas tout de suite. Et au bout d'un moment, je fais, putain, c'est testo. Et Fred, c'est quelqu'un que j'aime énormément. Je l'appelle, je dis, ça te dit, je vois un djihadiste en burn-out. Il éclate de rire. Il me fait, allez, d'accord. Et je lui ai envoyé le texte et tout.
Il me dit, mec, c'est trop drôle, c'est génial.
Vas-y, on le fait. Et voilà. C'était évidemment un rôle pour lui. Jérémy Ferrari est avec nous jusqu'à 23h. Alors, effectivement, on l'a rapidement dit, mais il y a aussi quelque chose dans le film, c'est on ne sait pas si ton personnage est le fils ou pas de Kadhafi. Il y a quand même tout ce mystère-là. Pourquoi tu as voulu donner un peu cette back story à ce personnage?
Parce qu'en fait, moi, j'aime bien les histoires vraies et j'aime bien les histoires épiques. Je trouve que quand on va au cinéma, après, c'est mon avis, mais moi, ça me déprime quand c'est trop terre à terre. J'aime bien. En fait, je suis assez paradoxal. C'est-à-dire que j'aime les histoires épiques, mais j'aime bien les histoires vraies. Donc, évidemment, ce que je préfère, c'est une histoire épique qui aurait pu être vraie ou qui est vraie. Et je ne trouvais pas d'histoire vraie adaptée. Et avec les co-auteurs, on a commencé à discuter. Puis je ne sais pas pourquoi on s'est mis à parler de Kadhafi. Je pense qu'il devait être dans l'actu avec notre ami Nicolas Sarkozy.
Encore une fois, il devait déjà être en train de dire, ce n'est pas moi, je suis innocent. Je ne sais pas. Et donc, on se met à parler de Kadhafi. Puis moi, j'avais écrit un texte sur la géopolitique où j'avais déjà traité un peu ces thèmes. Donc, c'est des thèmes que j'aime bien parce qu'ils sont noirs et qu'il y a plein de... C'est des thèmes qui ne nous concernent pas et en même temps qui nous concernent indirectement. Enfin, j'aime bien ces thèmes-là. Et donc, je me suis dit, attend, mais Kadhafi, dans les années 80, 90, il a pu avoir une aventure vu qu'il était beaucoup en France. Il faut se rappeler quand même, il faut recontextualiser.
À ce moment, il a été reçu comme un chef d'État, totalement fréquentable, tout allait bien. Il plantait sa tante dans les jardins de l'Élysée. Donc, on imagine qu'à ce moment-là, il a dû avoir des aventures. Puisque c'était quelqu'un quand même qui était connu pour avoir un petit problème de gestion de son rapport aux femmes. Ce n'était pas son seul problème, mais il avait aussi celui-là. On sait que c'était un homme à femme. Donc, on imagine une aventure, ce qui est totalement plausible. Donc, il a pu avoir un enfant de cette aventure. Et quand on regarde sa vie en 2011, quand il meurt, Kadhafi, on ne retrouve pas l'argent.
Il est considéré comme l'homme le plus riche du monde, mais il n'y a pas l'argent. Il n'y a pas l'or, il n'y a pas les dollars. Et il manque aussi des reliques, des objets, etc. Donc, la légende dit qu'il aurait quelques mois avant, senti le vent tourner, qu'il aurait tout planqué. Ce qui fait qu'en 2026, il y a encore des mecs, des chasseurs des trésors modernes. Ça existe, ça, vraiment ? Oui, qui cherche l'argent de Kadhafi. Donc, je me dis, mais attends, si il y a un gamin qui est né dans les années 80-90, en 2011, il a l'âge de devenir un de ses chasseurs des trésors, ça serait génial de voir ce qui est devenu 10 ans après.
Et ça, ça me permet d'avoir une histoire plausible, un truc qui aurait pu être vrai, et qui l'est peut-être, je ne sais pas, d'un mec qui est peut-être le fils de Kadhafi et qui cherche l'argent de son père. Et ça, ça me permet d'avoir un mec un peu malade, mais un peu militaire, tu vois, et d'utiliser cette mécanique humoristique qui est si efficace. C'est un mec qui ne rigole pas, qui a un objectif, tu vois, qui devient un drame, et qui doit s'entourer de deux planches pourries, parce qu'il n'a pas le choix que d'aller avec eux pour récupérer son truc.
Et justement, aussi, je trouve que le côté chasse au trésor, c'est aussi finalement un marronnier des films d'aventure. C'est aussi ça. Les 4 d'or, c'est une comédie, mais il y a aussi le côté film d'aventure. Est-ce que tu avais des références que tu as grandi avec ça, avec des films d'aventure plus petits ou pas ?
Je pense que j'ai vraiment tout regardé, j'ai regardé tout ce qui était, je ne sais pas, moi j'aimais beaucoup les films d'action. Après, tu vois, on a tous grandi avec les Indiana Jones, les Crocodile Dundee, les armes fatales.
Est-ce que tu te souviens, dans les 6 Indiana Jones, il y avait Alan Quaterman aussi ? Ah non, je ne vois pas qui c'est. C'est avec Richard Chamberlain. Je crois que c'est adapté d'un roman, mais c'était un peu les Indiana Jones du pauvre, entre guillemets. Et d'ailleurs, je crois que c'est un des premiers rôles de Sharon Stone.
Peut-être que j'ai vu, parce que moi, je suis très mauvais pour retenir le nom des réals, le nom des acteurs. C'est une catastrophe, mon cerveau les élimine immédiatement. C'est l'histoire de ma vie, tu as un film à me conseiller, on me donne le nom du film, je regarde 10 minutes, j'ai déjà vu. Ça, c'est vraiment l'histoire de ma vie. En tout cas, tu as été un peu vibré à ces films-là. Tous ces films-là, et puis moi, j'ai une culture populaire, tu vois, donc on regardait tous les gros blockbusters, tous les gros trucs qui marchaient, tu vois, ça est Jurassic Park et Titanic, tu vois. Donc, j'étais nourri à la culture populaire, tous les gros trucs qui marchaient, je regardais, tu vois.
Après, quand je suis arrivé à Paris, j'ai eu la chance de faire les cours Florent et j'ai croisé des gens qui venaient de familles un peu plus aisées, donc avec des références un peu plus pointues sur certaines choses. Et donc là, j'ai découvert les frères Cohen, tu vois, j'ai découvert The Big Leosky, c'est devenu ma passion. J'ai découvert Guirici, des films un peu plus pointus, enfin pointus, je ne sais pas si on peut dire pointus, mais en tout cas, pas des choses avec lesquelles tu avais grandi. Voilà, pas des choses avec lesquelles j'avais grandi, exactement.
Donc, voilà, mais moi, j'adore, tu vois, mon film préféré, c'est Le Grand Bleu, parce que c'est le film que je regardais quand j'étais petit, Léon, tu vois. Donc, je fais plutôt des grands écarts, tu vois, sur ce que je vais regarder, quoi. Le dernier film qui m'a vachement touché, c'est Splash, tu vois, que j'ai trouvé incroyable. Donc, tu vois, je passe vraiment d'un truc à l'autre, mais la musique, c'est pareil, tu vois, je peux passer de Brassens à Chinese Man dans la même journée, quoi.
On vit comparé, tu sais, de Kadhafi un petit peu juste avant et qu'il a un rôle plus ou moins dans le film. Et je ne sais pas si tu es d'accord avec ça, mais je pense que quand on parle de toi, de tes spectacles, on peut en tout cas, je ne sais pas si tu es un humoriste engagé, je ne sais pas si tu te définis comme ça, mais en tout cas, tu es un humoriste qui parle de l'actualité, qui vraiment, qui n'a pas peur de parler de sujet qui parfois peuvent être clivants, ce qui n'est pas le cas de tous les humoristes.
Est-ce que le fait justement d'intégrer une part, plus ou moins de manière éloignée, mais en tout cas de géopolitique dans le film, c'est aussi une manière d'être quelque part cohérent ou en tout cas en lien avec ce que tu peux faire sur scène ? Parce que mine de rien, c'est aussi toi, ça, en fait.
Alors, écoute, tu sais que ça, ce sont les journalistes qui m'ont fait remarquer. C'est-à-dire qu'en fait, une des premières interviews que j'ai faites pour commencer à parler de ce film, il y a un journaliste qui me dit, mais c'est marrant, vous avez pris tous les thèmes de votre vie. Je dis, c'est-à-dire ? Il me dit, le handicap, les animaux, vous adorez les animaux, vous avez mis de l'action parce que voilà, on sait que vous êtes un mec qui cherchait la drague, qui fait des sports de combat, machin, machin. Vous avez mis de la géopolitique, du handicap et en fait, je me suis dit, mais c'est la nature.
Moi, je suis un amoureux de la nature, je suis allé au fin fond du Sahara pour tourner mon film et en fait, je me suis dit, mais c'est vrai qu'en fait, c'est fou. J'ai mis toute ma vie dans ce film. Alors, ce n'était pas voulu, mais en tout cas, ce qui est intéressant maintenant, c'est que dans mes spectacles, je traite les sujets de manière très frontale, très politique, très recherchée, très sourcée, etc. Et là, j'ai l'impression que j'ai traité un peu tous les sujets que j'ai traités dans ma vie, mais de manière humaine.
C'est-à-dire que là, j'ai l'impression que, parce que du coup, ça m'a fait réfléchir à ça et en fait, en regardant le film, je me dis, c'est marrant, j'ai traité le côté humain de tous ces contextes géopolitiques. Tu vois, dans « Vente de pièces à Beyrouth », j'ai fait deux heures et demie de géopolitique, je n'ai jamais parlé de l'humain. Et là, en fait, ce qui est marrant, c'est que Noé, par exemple, c'est presque une, comment on appelle ça, un dommage collatéral d'un Kadhafi qui se balade partout en Europe en totale impunité. Puis finalement, on change d'avis, puis finalement, il n'est plus fréquentable, puis finalement, machin. Et puis, il meurt, et puis il était milliardaire.
Et tu vois, en fait, ce qui est rigolo, c'est que là, j'ai pris tous les aspects humains. Mais tu sais, moi, je suis un amoureux du « Père Noé est une ordure ». Je trouve que ça, c'est avec le « Dîner de cons ». « Dîner de cons » parce que les dialogues sont extraordinaires. Et « Père Noé est une ordure » parce que c'est une comédie sociale. Qui sont d'ailleurs les deux pièces de théâtre au départ. Les deux films ont ce point commun. Exactement. Et c'est pour ça que c'est aussi drôle. C'est parce qu'en fait, au théâtre, tu n'as pas d'artifice. Donc, tu es obligé d'aller chercher du texte et de la vanne.
Et en réalité, ce qui est génial avec « Père Noé est une ordure », c'est que c'est une comédie sociale. C'est-à-dire que ce n'est que des gens qui vont mal. Le « Père Noé est une ordure », ce n'est que des gens qui vont mal et qui font semblant d'aller bien et qui ont l'air d'avoir un but alors qu'en fait, ils n'ont pas de but. En tout cas, ils n'ont aucune idée de comment atteindre le but ni des circonstances pour l'atteindre. Et c'est un peu ça que j'ai essayé de faire dans le film. Et c'est pareil dans « Père Noé est une ordure », par exemple, ils aiment beaucoup les personnages secondaires complètement zinzin. Et tu vois, j'en ai mis partout dans mon film.
Tu vois, tu as Virginie qui est une coureuse qui n'a plus de bras. Tu as le Belge, l'Otage qui se fait… Bon, je ne vais pas trop spoiler les films, mais bon, tu as trois, quatre… Il y a une galerie de personnages comme ça. Voilà, des personnages secondaires qui arrivent et qui sont aussi zinzins, voire plus tarés que les personnages de base qu'on suit depuis une demi-heure, une heure ou une heure et demie. Donc, je crois que ce que j'aime, c'est prendre des fous, les mélanger et toujours en étant ancré dans le réel. C'est-à-dire que je pense que l'absurde n'est jamais aussi drôle que quand il est plausible. Donc, je cherche toujours la ligne avec « est-ce que ça, c'est possible ?
» C'est très, très, très haut, mais c'est possible. Tu vois ? Et dès qu'on est dans un truc où ce n'est plus possible, ça ne me fait plus rire et je retourne.
En tout cas, ce sera à retrouver dans les cadres le 11 mars prochain. En attendant, on va continuer à parler du film. Nous, on va écouter un morceau d'un artiste, un rappeur qu'on a reçu il n'y a pas longtemps dans l'émission qui s'appelle Nes et qui sort un album à la fin du mois lui aussi qui s'appelle « Des pieds et des mains ». Et on va écouter le morceau, le bruit et le silence. Un morceau que j'adore, un morceau qui est en playlist sur France Inter.
Je n'ai pas pour rien si y'a mon place sur le tract. Regarde-moi bien, je n'ai jamais signé le pacte. Je n'ai fait que viser le top, je n'ai fait qu'assumer mes failles. Regarde-nous bien, on n'a jamais signé le pacte. Faut mettre bien sa famille, ses amis, les amis de la famille, la famille des amis et j'en passe. Les gens viennent, les gens partent, des boulevards, des impasses. Des civils, des gendarmes, des refrains, des gens lâches. Des refrains, des couplets, des touts larges, des touts maigres. J'voulais un crew, une équipe, j'voulais palper du liquide. J'étais frêle et intuitif. Si tu n'es pas pour de vrai, je ne fais pas de collab.
Et il y a deux, trois rappeurs qu'il faudrait call out. J'vous baise, je suis dans le métro, des flèches dans le rétro. Soit je me bouge, soit je moisis, c'est moi qui choisis. Je confonds le mercredi et le dimanche, le bruit et le silence, le lit et le divan. Tu m'achèteras pas avec un peu de fame, ils veulent draguer des fillettes. Ils sont sur une ficelle, ils méritent la...
C'était le morceau, le bruit et le silence, donc morceau de Nes, extrait de son tout prochain album.
Medi-Mizi à la régulière.
Est-ce que tu aimes bien ce morceau ? Oui, j'adore. Tu sais de qui il est ? Non. Il est de Bob Sinclair. Ah oui, je vais dire que c'est un remix. Non, non, c'est un morceau où existe un morceau de Gwolderland. Et en fait, est-ce que tu sais d'où tire son nom Bob Sinclair ? Non. Et bien d'un film français. Et je vais te raconter ça. En fait, je voulais qu'on parle un petit peu de quelques comédies d'action françaises, puisque tu sors d'une comédie d'action avec les cadors. Et Medi-Mizi, c'est un genre qui n'est pas tant investi que ça en France. Non, c'est vrai. Et il y en a eu, il y en a quelques-uns.
Et je pense que ça commence pour moi dans les années 70 avec Le Magnifique, qui est donc un film de Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo. Donc c'est un film d'action, mais c'est un peu un film sur un film d'action, puisque Belmondo joue un écrivain timide qui s'appelle François Merlin, qui s'invente un double fantasmé, l'agent secret, Bob Sinclair. Un genre de James Bond à la française, dopé à Lego, aux gadgets et aux poses viriles. Et donc, c'est ça qui a donné ce nom d'alter ego à Bob Sinclair.
Est-ce que les films de Belmondo, l'idée aussi de parler de tes éventuelles références ou influences, même si je crois comprendre que tu étais un peu plus bercé peut-être par le cinéma américain, est-ce que les films de Belmondo, tu as grandi avec ça ? Est-ce que ça passait à la télé ou pas tant que ça ?
Oui, ça devait passer à la télé. Après, très sincèrement, si je prends vraiment des bribes de souvenirs que j'ai, c'est plutôt des films avec Villeray, c'est plutôt des films avec… Je ne peux pas oublier ce nom. Ah, les noms, les noms ! Non, non, ce n'est pas possible. C'est ça ? Non, non, mais là, ce n'est pas possible.
Il veut dire quoi ? Dis-moi, je vais t'aider. C'est trop connu. J'adore ces jeux, j'adore ces jeux. Louis de Funès, putain. Ah, Louis de Funès. Ah, mais là, je suis fatigué. La Soupeau Chou ? Ils ont fait un film ensemble.
La Soupeau Chou, Pouic Pouic, enfin, tu vois, j'ai des bribes comme ça, je sais qu'on regardait beaucoup des films humoristiques comme ça, un peu absurdes, et après, le reste, je me rappelle de Van Damme, de Stallone, mon père me regardait ça, tu vois, donc je me souviens de regarder beaucoup, beaucoup de comédies comme ça, des trucs à Wesley Snipes, des films un peu comme ça, des Jurassic, et puis après, les gros films, les gros bugbusters, on allait tous les voir au cinéma, les Titanic, les… Oui, oui, les gros rendez-vous. Les gros rendez-vous, on y allait, on y allait, ça, je me souviens.
Alors, il y a un autre film pour moi, alors c'est intéressant, mais on en parlait un petit peu en antenne, quand j'ai vu la première affiche, j'y ai un peu pensé, c'est un film de 2 minutes qui s'appelle Le Boulet, un film de…
moi, que j'aimais beaucoup à l'époque, je n'ai pas revu depuis longtemps, un film d'Alain Berberian et Frédéric Forestier avec un buddy movie, là, vous êtes trois, c'est vraiment un trio qu'on suit dans les 4 heures, là, c'est deux personnes qui sont jouées par Gérard Lanvin et Benoît Pellvord, deux mecs que tout oppose, histoire classique, forcés de se supporter, d'un côté un caïd évadé Maltese, de l'autre un maton régio que tout le monde surnomme Le Boulet et au milieu un ticket de l'autogagnant qui part dans un délire de poursuite jusqu'en Afrique.
Alors, il y a quand même un fait intéressant, c'est que dans ce film, il y a une apparition de Nicolas Anelka, ça, moi, bien sûr, et ça, moi, ça me rendait fou quand j'étais petit.
Est-ce que ça, les buddy movies comme ça, parce qu'il y a une énergie dans ce film, tu sais, notamment entre toi et les personnages de Laura et d'Eric, d'ailleurs les deux, tu sais, c'est toi qui a le rôle principal musclé, tu sais, un peu froid, versus les, quelque part, ce qui s'appelait Le Boulet, on aurait pu appeler ces personnages d'un peu comme ça, parce qu'ils peuvent ralentir un petit peu la trajectoire du rôle principal, est-ce que ça t'as, c'est aussi des choses que tu as pu regarder qui ont pu t'influencer ?
Bien sûr, mais de toute façon, c'est des mécaniques classiques, et de toute façon, en humour, tu n'inventes plus de mécaniques, tu les traites différemment.
C'est plus possible d'inventer, tu penses, on a tout épuisé.
Si, de temps en temps, de temps en temps, mais c'est pas grave en fait, parce que qu'en réalité, ce que je veux dire, c'est que dans l'art, de manière générale, on traite quoi ? On traite l'amour, la mort, le sexe, la dispute, la guerre, tu vois ce que je veux dire. Ouais, les sujets sont déjà éculés. Les sujets sont déjà éculés, donc après, une fois que… ce que je veux dire, c'est qu'après, c'est le traitement et la modernité que tu y mets qui fait que tu es un artiste dans l'ère du temps et que tu es un artiste qui est ancré dans ton époque.
Mais je veux dire, le clown blanc et le clown noir, c'est classique, le mec qui embête, un mec qui est sérieux dans quelque chose, qui ne peut pas avancer parce qu'il a un mec qui n'est pas sérieux. Je veux dire, c'est…
Tu parlais du dîner de cons, c'est l'énergie, même des films de Weber avec les François Pignon, La Chèvre…
Tout, tout, même Les Bonzés, même tout, tout est comme ça, tu as toujours un mec qui a un but et puis quelqu'un qui l'en empêche, c'est le mécanisme même du… en fait, et pourquoi c'est tout le temps comme ça ? C'est parce qu'en fait, une comédie, ça naît d'un problème. S'il n'y a pas de problème, il n'y a pas de comédie. Oui, absolument. Donc, tu as toujours… et d'ailleurs, si je réduis encore, si je vais encore dans le macro, c'est le principe même d'un film. Un film, c'est quelqu'un qui a un problème. Il faut un élément perturbateur. Même si c'est un film d'horreur, ils ont un problème, tu vois. Titanic, il y a un problème. Tu prends n'importe quel film, il y a un problème.
Je parlais de Splash d'ailleurs, il y a un problème. C'est-à-dire qu'on te raconte une histoire et une histoire, c'est un problème. C'est quelque chose qui doit se passer et qui ne se passe pas.
Dernier film, je ne sais pas si tu l'as vu à l'époque, il y a même eu une suite, c'est Gomez et Tavares. Mais en fait, tout part d'un album qui s'appelle Gomez et Dubois. Ça s'appelle Hotel Commissaria, référence évidemment à Hotel California. C'est intéressant parce qu'à la base, c'est un album de rap qui s'appelle Gomez et Dubois avec deux rappeurs qui s'appelle Faf Laraj, Rappeur Marseille et Ben. Et donc, c'est un album qui a plutôt marché et ça a donné lieu à ce film Gomez et Tavares qui, initialement, devait être réalisé par Luc Besson. Finalement, ça n'a pas été le cas.
Et donc, avec effectivement Titoff et Tommy Bugsy, un humoriste comme toi, qui passait à la comédie et Tommy Bugsy, un rappeur. Est-ce que tu as des souvenirs ? Il y a même eu une suite. Il y a eu après Gomez versus Tavares.
Là, je ne sais pas quel âge j'avais, mais je me rappelle que j'ai... À mon avis, je devais avoir 15-16 ans quand c'est sorti ça. Un truc comme ça, je pense. Oui, j'ai des souvenirs. Je suis pratiquement sûr que je l'ai vu au cinéma. Je n'en ai pas gardé beaucoup de souvenirs, mais je sais que je l'ai vu. Et je me rappelle de l'album. Ça, c'est sûr. Ça, c'est des choses que j'écoutais. C'est ça que tu écoutais quand tu étais plus petit ? Tu écoutais du rap ? J'écoutais beaucoup de rap, oui. J'écoutais NTM, j'écoutais IAM. D'ailleurs, j'écoute toujours IAM. J'ai eu la chance de les rencontrer. En plus, c'est les mecs adorables.
Voilà, pareil de quelques films. Parce que c'est vrai que c'est un genre qui est très populaire aux États-Unis. On a énormément de comédies d'action comme ça. Et en France, un peu moins. Et même d'ailleurs, les films d'action sont un peu moins fréquents.
C'est un peu moins fréquent. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est vrai que le style humour, mais où on se marre vraiment. Tu vois, un truc où on se marre vraiment et où il y a de l'aventure et de l'action. C'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup. Alors aussi, peut-être parce qu'on n'ose pas. Peut-être. On est quand même dans un univers aussi où il faut se battre un peu. Tu vois, quand moi, je suis avec mon pitch, je te dis, l'argent ne me l'a pas donné tout de suite. Tu vois. Tu as senti que c'était compliqué auprès des studios ? Non, ça a été. Après, on a Canal qui a joué le jeu, mais ça n'a pas été simple, simple, simple.
Tu vois, pour réunir tout l'argent, avoir exactement l'argent qui me fallait, ça n'a pas toujours été facile.
C'est-à-dire même quand on, je suis très naïf, mais quand on a un humoriste à succès qui remplit autant de salles, quand on veut se lancer dans un projet comme ça, tu sens que les portes ne s'ouvrent pas aussi facilement qu'on peut l'imaginer.
Bien sûr, on m'a suggéré à plusieurs reprises. À plusieurs reprises, bon, financement, il y a plein de gens. Moi, j'ai vu tout le métier, tu vois. Oui. Et à plusieurs reprises, on m'a suggéré, on m'a expliqué que si je faisais un scénar un peu plus lisse, un peu plus passe-partout, on me donnerait de l'argent, tu vois. Et j'ai refusé. Donc, je pense aussi que, tu vois, moi, j'ai la chance justement d'avoir ces 15 ans de carrière derrière moi qui fait que peut-être, si je dis non, c'est comme ça et c'est tout, on y va. Oui, on t'écoute un peu plus.
Alors que peut-être un jeune réal, un jeune réal qui arrive avec un film un peu zinzin, drôle, aventure, parce que ça coûte aussi un peu plus cher. Bien sûr. Même si moi, j'ai été raisonnable sur mon budget. J'ai fait une comédie d'aventure qui n'est pas très cher par rapport au budget des autres comédies d'aventure. Je suis pratiquement deux fois moins cher. Donc, je me suis bien débrouillé. Tu vois, j'ai vraiment mis tout l'argent dans le film. Ça, par contre, il y a tout l'argent qui est dans le film. Mais puis, j'ai eu de l'aide. Tu vois, j'ai eu des coups de bol aussi. Par exemple, le marathon des sables. Il y a une séquence au marathon des sables.
C'est le vrai marathon des sables parce qu'en fait, on s'est rendu compte que le marathon était là au même moment. On a écrit à Cyril Gauthier, qui est le directeur du marathon, lui a envoyé le scénario. Il a trouvé ça très drôle. Il nous a laissé filmer le marathon des sables et les marathoniens ont joué le jeu. Ce qui fait qu'on a eu 200 marathoniens et toute l'infrastructure du marathon des sables gratuitement. Et le départ du marathon des sables, c'est le vrai départ du marathon des sables avec les vrais marathoniens. Donc, c'est extraordinaire.
Toi qui vient de la Seine, quand on fait un film comme ça, est-ce que c'était obligatoire pour toi que le film sorte en sable ou est-ce que tu as imaginé les plateformes ? Parce qu'aujourd'hui, c'est aussi une possibilité. Il y a des films tout le temps qui sortent sur les plateformes. Est-ce que tu aurais été ouvert à l'idée ou tu voulais que le film sorte en sable ?
Non, tu sais, avec le style d'humour que moi je fais aussi, moi j'ai confiance en ce que je fais et j'ai confiance au public qui va me suivre. Donc, si j'avais dû à un moment donné passer par la plateforme pour montrer mon travail en tant que réalisateur, je l'aurais fait. Mais je préférais la salle et donc j'ai réussi à obtenir la salle. Donc, je suis ravi que ça se passe comme ça. Mais non, si à un moment donné, il fallait aller sur Netflix ou sur Amazon, j'y serais allé. Parce qu'on est dans un monde maintenant où il y a de la concurrence partout et il faut arriver à s'imposer et tu t'imposes en montrant ton travail. Moi, je me suis imposé dans l'humour.
La liberté que j'ai aujourd'hui dans l'humour, c'est parce que je suis monté sur scène des milliers, des milliers, des milliers, des milliers de fois. La liberté que j'ai en télévision, c'est parce que j'ai fait des audiences et parce que j'ai montré que je savais faire. Donc, je comprends très bien qu'au cinéma, je dois prouver puisque je n'ai encore rien fait. Et donc, moi, l'important, c'était de préserver ma liberté d'expression et ma liberté artistique. À partir du moment où l'œuvre que je présente, elle est celle que je voulais, écoute, je la mets là où on peut la voir.
Tu viens de parler de liberté et ça me semble être quand même un sujet important aujourd'hui quand on est artiste, quel qu'on soit, et peut-être encore plus quand on est sur scène tous les soirs parce que est-ce qu'on est vraiment libre aujourd'hui ? Tu sais, à une époque où tout est filmé, où tout peut être sorti du contexte, tout peut être réinterprété. Est-ce que tu te sens complètement libre sur scène ?
En fait, ah oui, totalement, mais à la télévision aussi. Très sincèrement, je fais partie de ces gens, mais après, moi, c'est un truc que j'ai acté depuis le départ. C'est-à-dire déjà, on ne demande qu'à en rire. J'ai eu la chance, j'avais Laurent Ruquier à l'époque qui me protégeait de cela et qui se battait pour que de toute façon, on me laisse 100% de liberté d'expression. Mais du moment où j'ai commencé à être en télévision, ça n'a jamais été un débat. C'est-à-dire que la première chose que je disais, j'ai travaillé sur toutes les chaînes, tous les groupes, toutes les radios, que ce soit moi ou avec mes artistes, les artistes que j'ai la chance de prouver.
Donc, je travaille avec tout le monde et c'est toujours la même chose. Il n'y a pas de discussion. On peut discuter, mais c'est moi qui ai fait le final cut. Tu peux me donner ton avis sur quelque chose. Je vais d'ailleurs l'écouter. C'est pour ça que les gens travaillent avec moi, parce que je ne suis pas un zinzin. On peut croire que je suis en mode solo, mais pas du tout. Si par exemple, là demain, tu me dis un truc, imaginons que je fasse une chronique dans ton émission de radio. Tu viens me dire cette vanne, je la trouve un peu trop trash. Je dis ah bon, pourquoi ? Si tu as un argument qui me convainc, je vais me dire ok, peut-être qu'il a raison.
Donc, soit je vais retravailler la vanne pour la rendre plus drôle, soit je vais l'enlever. Parce que le but, c'est de faire d'abord rire. Mais si tu ne me convainc pas, je vais dire non, je ne suis pas convaincu, je garde cette vanne. Et la plupart du temps, je dis quand même, je ne suis pas convaincu, je garde cette vanne. C'est quand même très rare. Mais même sans parler de provoque ou quoi, parce que je ne fais pas que ça, tu vois, je fais de l'absurde. En fait, tu vois, dès qu'on dit ça, on a l'impression qu'on parle de vanne trash, mais pas du tout.
Non, je parle de liberté parce que je pense que c'est un vrai sujet au censure. Je pense, j'imagine qu'il y a aussi des jeunes artistes pour en parler avec eux, des jeunes humoristes, qui se posent cette question-là de qu'est-ce qui se passe si c'est mal interprété ?
Je pense qu'en fait, déjà, les gens confondent, et c'est un peu là la conversation le prouve aussi, c'est que là, on confond la censure et la critique. Ce sont deux choses différentes. On est dans un monde où on se fait critiquer quoi qu'on fasse. Absolument. Moi, j'ai un compte X sur lequel je vais très peu, je suis plutôt sur Insta et Facebook. Mais bon, j'ai un compte qui est toujours existant. De temps en temps, je poste un truc juste pour dire, tiens, je suis en avant-première. Tu postes juste tourner des avant-premières de mon film. Encore une grosse merde de comédie française. Il n'y a même pas une image qui est sortie. Grosse merde. Mais c'est fou.
J'ai l'impression qu'il y a un bassin de piranhas et que tu jettes un pied de table, une côte de bœuf, ça sera la même chose. Donc, on est dans un monde comme ça. On est dans un monde où maintenant, il y a tout un tas de gens qui attendent, comme des loups dans la forêt, qu'il y ait quelque chose qui se passe pour aller déverser leur frustration et leur haine. Donc, on le sait. Donc, c'est les réseaux sociaux. On en profite sur plein d'aspects. Le côté négatif de ça, c'est qu'on a donné la parole à tout le monde et de manière anonyme.
Donc, évidemment, tu te doutes bien que si Twitter, enfin, si X, c'était la représentation de ce qu'on vivait, toi et moi qui sommes exposés dans la rue, la vie serait invivable. Absolument. Et on s'aperçoit quand même que dans la rue, ça se passe plutôt bien. Moi, j'ai quand même plus de gens qui me font « Ah putain, j'adore ce que vous faites », que les gens qui me font « Ah ouais, ta comédie de merde ». Donc, il faut accepter, c'est le jeu. Donc, évidemment, c'est relou et c'est chiant et ça fait peur parce qu'à n'importe quel moment, on peut prendre une vanne. Mais moi, après, j'ai 15 ans de carrière de télé, de machin, de truc.
Donc, à n'importe quel moment, il y a un mec qui peut prendre un truc, de sortir du contexte, machin. Mais bon, ça, c'est le jeu. Après, l'avantage que j'ai, c'est comme je suis là depuis très longtemps, quand il y a quelqu'un qui sort du contexte, j'ai toujours quelqu'un de mon public qui va venir lui dire « Non, regarde, t'es malhonnête parce qu'il a dit ça, il a fait ça, il a fait ci, il a fait ça ». Mais en même temps, on ne peut pas se plaindre d'un truc duquel on profite parce que c'est aussi génial d'avoir presque un million d'abonnés sur Insta et de balancer une pub sur Insta. Donc, on est obligé d'accepter, c'est la règle du jeu. Donc, ça, c'est l'aspect critique.
Après, le côté censure, déjà, on n'est pas dans une époque qui… ça a toujours existé. Et ça, c'est un truc que je répète et que je martèle parce que tu sais, ça me fait un peu… Tu sais, il y a aussi plein d'humoristes, ça les arrange de parler de liberté d'expression ou on va les entendre parler de liberté d'expression, alors qu'ils ne s'en servent pas. Donc, il faut en parler avec des gens qui ont vraiment des problèmes quand ils font des sketchs ou qui ont des propos qui peuvent choquer. Moi, ce que je peux en tout cas te dire, c'est que Renaud était censuré à la radio, sa chanson Hexagone était censurée à la radio, Coluche s'est fait virer d'RMC, Coluche s'est fait virer d'Europe 1.
Donc, quand on me dit à l'époque, on pouvait dire des choses qu'on ne peut plus dire maintenant, ça me fait doucement rigoler. Ce n'est pas complètement vrai. Parce que si on les réanime, enfin, Renaud n'est pas encore mort, mais ça lui fera quand même pas mal d'être réanimé. Si on parle avec ces gens, ils te diront non, pardon mon pote, mais il y a 20 ans, il y a 30 ans, moi aussi, je devais me battre. Je pense que la censure, elle existe partout et ce n'est pas forcément le patron. Ce n'est pas forcément le patron d'ailleurs, ça peut être un directeur d'antenne, un animateur. Et moi, personnellement, de la censure, j'en ai vu et j'en ai entendu partout, partout.
Donc après, c'est à l'artiste, même si c'est difficile, de dire non, d'être dans la discussion. Parce que c'est normal quand tu rentres dans une émission, il faut être dans la discussion avec le mec qui fait l'émission. Sinon, tu es juste un malade. En fait, si on ne peut pas parler avec toi et que tu as un texte que tu caches dans ta poche et que tu sors. Bon, tu es obligé de partager, tu travailles en communauté, c'est normal, mais il faut se battre. Si tu commences à dire oui, alors ce n'est plus de la censure, c'est un accord que tu as passé. Tu vois ? Et moi, personnellement, j'ai toujours refusé ça. Donc, on me prend comme je suis ou on ne prend pas.
Très bien. Jérémy Chloubrose, qu'on écoutait un morceau, un morceau de Essa Brokey, rappeur américain qui a sorti un très bon album récemment qui s'appelle Don't Beat Dumb. On s'écoute le morceau Hélicoptère et juste après, on finit, on poursuit l'émission avec Jérémy Ferrari qui sort à l'écador le 11 mars prochain.
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Hélicoptère d' Essa Brokey, présent sur son dernier album Don't Beat Dumb. On est avec Jérémy Ferrari qui sort l'écador le 11 mars prochain. Tu le réalises et tu joues dedans. Et puis, je t'ai un peu, on l'a dit, mais il y a aussi quelque chose qui a été couronné du succès. succès, c'est la tournée en trio avec Baptiste Lecaplin et Arnaud de sa mère. Je pose toujours une question, moi parfois c'est une question que je pose, tu sais, quand des musiciens travaillent ensemble, mais comment on écrit à trois ? Est-ce que vous êtes chacun en vase clos ? Est-ce que tout se fait de manière collective ? Comment ça se passe, l'écriture ?
C'est tout en collectif. On ne met pas une vanne dans le spectacle si les trois n'ont pari à la vanne. C'est vraiment tout en collectif. Après, Arnaud, Baptiste et moi, on a eu un truc assez incroyable. Il y a des années, quand on s'est rencontrés, on avait un producteur qui était commun et qui nous a dit peut-être vous pourriez essayer de faire des zeniths ensemble. On était tous au début de notre carrière et donc on devait faire chacun une heure de spectacle et puis on s'est retrouvé dans un train en se disant quand même c'est un peu nul de faire une heure chacun, de rien faire à trois.
Donc on s'est dit on pourrait peut-être écrire des petites conneries qu'on ferait entre les sketchs, mais de manière totalement naïf, sans réfléchir à la mise en scène et tout, juste en disant écrivons des petits trucs à trois. Et tout à coup, en fait, c'est une chance incroyable. C'est-à-dire que moi, j'écris des duos et des trios depuis dix ans pour mon émission et des fois, ce n'est pas aussi naturel que ça. Ça ne veut pas dire que ça ne va pas être bien, mais des fois, il faut forcer un peu l'univers pour que ça rentre. Et là, il y a une espèce de magie qui s'opère. Donc il y a quinze ans maintenant, on se rend bien compte qu'en fait, dès qu'on écrit tous les trois, il y a un truc.
En fait, les trois univers se marient et se mélangent très bien. Donc, on n'a jamais changé notre méthodologie de travail. On a commencé à refaire des sketchs ensemble dans les duos impossibles. C'est ça qui a généré, je pense, le succès du trio derrière. C'est que les gens aimaient beaucoup nos sketchs là-bas. Et pour écrire le trio, on a refait comme d'habitude, on s'est mis dans un salon et on s'est mis à rire ensemble. Et dès qu'un truc nous fait éclater tous les trois, on le note.
Jérémy, c'est l'heure de la question qui tue. J'ai peur que tu aies déjà un peu répondu pendant cette émission, mais ce n'est pas grave, je te la pose quand même. Pour toi, quelle est la meilleure comédie française de tous les temps ? C'est le Pernod est une ordure. Tu m'as un peu tué ma question qui tue.
Un peu ex aequo avec le dîner de con parce que quand même, le dîner de con, les dialogues sont extra... En fait, j'aime l'univers du Pernod est une ordure, j'aime le côté social du Pernod est une ordure et je suis amoureux des dialogues du dîner de con. Et d'ailleurs, dans les cas d'or, tu vois, je me suis autorisé des moments très Pernod est une ordure avec que des fous dans la même pièce qui racontent n'importe quoi. Et puis, des moments très posés où il n'y a que le dialogue qui compte. Tu vois, des moments... D'ailleurs, quand j'ai commencé à travailler avec mon équipe technique, ils m'ont dit c'est rare d'avoir des scènes de dialogue aussi longues dans un film actuellement.
Et moi, je me suis autorisé des... Tu vois, la scène notamment, tu as vu, je peux en parler, mais la scène notamment où il y a la première rencontre entre Noé, Zulika et Ryan, c'est une scène qui dure très longtemps. Tu vois, elle est très longue dans le temps. Alors, on a l'impression qu'elle est coupée en deux ou en trois, mais en réalité, c'est la même scène et elle est très longue. Donc moi, j'aime aussi bien le dialogue. J'ai du mal à faire un choix en fait dans ce film.
Quand les gens te disent, les dialogues sont longs pour les films de maintenant, t'as l'impression que les films ont changé, que les choses doivent aller plus vite. En tout cas, c'est ce qu'on t'a fait ressentir quand t'as préparé le film, quand t'as tourné le film avec...
On m'a fait ressentir... Non, en fait, c'est juste que tout le monde était très étonné pour une comédie de prendre le temps de poser des dialogues. Alors, je pense que si t'as confiance en tes dialogues, ça marche en fait. Il faut juste écrire des bons dialogues. Mais on a souvent... Je pense qu'on a un peu peur de la qualité des dialogues et du coup, on suggère souvent aux gens d'être dans le visuel et dans l'action. Mais je pense que tu ne dois pas faire de choix.
Tu vois, pour le coup, dans les cas d'or, t'as des scènes qui sont extrêmement dialoguées, t'as des scènes qui sont complètement de l'action, t'as des trucs très américains où tu vas avoir de la bagarre pendant qu'on fait des vannes. Tu vois, j'ai pas voulu faire de choix dans les univers, quoi.
Très bien. Jérémy, c'était un plaisir de t'avoir aujourd'hui. Moi aussi. Vraiment, on rappelle donc que les cas d'or, c'est ton premier film en tant que réalisateur. Ça sort le 11 mars avec Eric Judor, avec Laura Felpin, avec Fred Testo, avec plein de personnes. Et tu joues dedans aussi. Voilà, donc ça, c'est le 11 mars dans les salles. Merci beaucoup d'avoir été là. Merci à toutes les personnes qui ont participé à la fabrication de cette émission qui était préparée par Alex Lacour et Redouane Tella, réalisée par Gaëtan Colli. La programmation musicale est finie. Jean-Baptiste Audiber à la technique, ce soir, c'était Guillaume Roux et Rémi Sistiaga. Merci aux équipes Web et Vidéo.
Demain, émission spéciale Metallica pour les 40 ans de l'album Master. Tu peux pas s'écouter Metallica ou pas trop, Jérémy ? Ouais, j'adore ! Bah voilà, tu pourras nous écouter demain. Demain spéciale Metallica.
Merci à tous.