Thibaut de la Tocnaye : Retour sur le chiffrage du projet présidentiel de Marine Le Pen
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Est-ce que vous pouvez nous dire ce qu'a représenté ce travail en ce qui concerne le chiffrage ?
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Quelle est l'originalité de l'approche de Marine Le Pen par rapport à l'UMP ou bien par rapport au Parti Socialiste ?
- 4:12OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur la fiabilité de ce chiffrage et sur sa solidité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il s'agissait de chiffrer toutes ces mesures. Ça a été un travail assez sérieux, je dirais d'à peu près 4 semaines. »
- 0:59Invité politiqueFait
« Et puis nous avions d'ailleurs un certain nombre de chiffreurs officieux qui avaient été amenés soit par le directeur de la stratégie de la campagne de Marine et qui officieusement travaillaient pour nous dans l'ombre dans certains ministères de la République. »
- 1:10Invité politiqueFait
« avec des bases de données qui évidemment étaient tout à fait dignes de confiance. »
- 1:17Invité politiqueFait
« Donc c'est un travail extrêmement sérieux qui a été fait très complet. Je pense qu'aucun parti politique n'a fait cet exercice. »
- 1:25Invité politiqueFait
« Et encore une fois, je dirais que cet exercice était d'autant plus facile que le Front National et Marine Le Pen savent exactement ce qu'ils veulent depuis très longtemps. »
- 1:59Invité politiqueFait
« quand je vois aujourd'hui par exemple que dans le domaine de taxer les importations, il y a un certain nombre d'élucubrations qui sont avancées, même par le président Sarkozy aujourd'hui, j'ai envie de dire, mais adressez-vous au Front National et il vous expliquera comment on fait pour taxer correctement les importations. »
- 2:42Invité politiqueFait
« il faut évidemment d'un côté des dépenses, de l'autre côté des économies budgétaires. »
- 3:23Invité politiqueFait
« Je pense en particulier, évidemment, comme gisement d'économie possible, l'affranchissement par rapport à l'Europe de Bruxelles et parallèlement, bien sûr, l'application de la priorité nationale et de nous débarrasser d'une partie du fardeau du coût de l'immigration. »
- 3:26Invité politiqueFait
« l'affranchissement par rapport à l'Europe de Bruxelles »
- 3:34Invité politiqueFait
« l'application de la priorité nationale et de nous débarrasser d'une partie du fardeau du coût de l'immigration. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Je pense à la fraude sociale, à la fraude fiscale et à la réintégration d'un certain nombre de pans de fiscalité que ne payent pas les grands groupes. »
- 4:36Invité politiqueFait
« Le coût de l'immigration, le Front National, à l'époque, on peut le citer, Pierre Milot, qui est aussi un grand fonctionnaire d'État, maintenant à la retraite depuis un moment, qui est le premier qui avait fait un chiffrage du coût de l'immigration. »
- 4:55Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, nous considérons que le coût de l'immigration est de 70 milliards d'euros par an. »
- 5:20Invité politiqueChiffre
« il y a une simple montée en puissance d'économie budgétaire due à l'application de la priorité nationale sur un certain nombre de secteurs très ciblés dans le domaine de l'immigration, qui dégage la première année, en 2013, l'année effective, un peu plus de 5 milliards pour monter à 11 milliards seulement, entre guillemets, en 2017. »
- 5:44Invité politiqueChiffre
« Ce qui nous fait un total cumulé à 5 ans de 40,8 milliards. »
- 6:46Invité politiqueChiffre
« nous avons retenu des taux de croissance pour les trois dernières années de la mandature future de 1,7%, 2,4% et 2,8%. »
Temps de parole
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Thibaut de la Tocnée, bonjour. Vous êtes coordinateur du chiffrage du projet présidentiel de Marine Le Pen et conseiller politique à la réindustrialisation. Est-ce que vous pouvez nous dire ce qu'a représenté ce travail en ce qui concerne le chiffrage ?
Oui, le chiffrage est en fait la dernière étape du programme présidentiel qui avait lui nécessité de longs mois et qui avait été déjà publié en ligne. Et donc il s'agissait de chiffrer toutes ces mesures. Ça a été un travail assez sérieux, je dirais d'à peu près 4 semaines. Je dirais qu'à peu près une quinzaine de chiffreurs ont participé à ce travail, dont beaucoup d'ailleurs émanaient du cercle ou du cap économie animé par Jean-Richard Sulzer.
Et puis nous avions d'ailleurs un certain nombre de chiffreurs officieux qui avaient été amenés soit par le directeur de la stratégie de la campagne de Marine et qui officieusement travaillaient pour nous dans l'ombre dans certains ministères de la République et qui ainsi pouvaient valider un certain nombre de nos chiffrages avec des bases de données qui évidemment étaient tout à fait dignes de confiance. Donc c'est un travail extrêmement sérieux qui a été fait très complet. Je pense qu'aucun parti politique n'a fait cet exercice.
Et encore une fois, je dirais que cet exercice était d'autant plus facile que le Front National et Marine Le Pen savent exactement ce qu'ils veulent depuis très longtemps, ce qu'il ne veut pas dire. Et un programme politique n'est jamais figé. Il va continuer d'évoluer. Mais sur des choses fondamentales et dans tous les secteurs fondamentaux, le Front National a des idées extrêmement claires. Donc c'est pour ça d'ailleurs que le chiffrage s'est fait de manière assez facile. Parce qu'encore une fois, les mesures ont été mûries depuis de longs mois, voire parfois de longues années.
Donc quand je vois aujourd'hui par exemple que dans le domaine de taxer les importations, il y a un certain nombre d'élucubrations qui sont avancées, même par le président Sarkozy aujourd'hui, j'ai envie de dire, mais adressez-vous au Front National et il vous expliquera comment on fait pour taxer correctement les importations. Donc voilà, c'est un travail extrêmement complet qui a été fait.
Alors justement, quelle est l'originalité de l'approche de Marine Le Pen par rapport à l'UMP ou bien par rapport au Parti Socialiste ?
C'est ce qui a permis justement ce chiffrage. C'est que quand on veut faire un chiffrage correct, il faut évidemment d'un côté des dépenses, de l'autre côté des économies budgétaires. Et je dirais l'originalité du Front National, c'est d'avoir bien sûr en tête des mesures capitales à mettre en place, mais nous avons ici aussi des domaines, des gisements d'économie très importants, que n'ont pas les autres partis politiques.
Et c'est ce qui nous a permis d'engager ce chiffrage d'une manière très sereine, parce que nous savions que par rapport à des mesures extrêmement importantes et des mesures, je dirais, quantitativement plus importantes que celles de nos adversaires, ça a été rendu possible parce que nous affranchissions dans le même temps d'un certain nombre de contraintes dont nous sommes les seuls à pouvoir nous affranchir par rapport aux autres partis politiques.
Je pense en particulier, évidemment, comme gisement d'économie possible, l'affranchissement par rapport à l'Europe de Bruxelles et parallèlement, bien sûr, l'application de la priorité nationale et de nous débarrasser d'une partie du fardeau du coût de l'immigration. Donc là, il y a d'autres gisements encore d'économie possible. Je pense à la fraude sociale, à la fraude fiscale et à la réintégration d'un certain nombre de pans de fiscalité que ne payent pas les grands groupes. Et là, on est les seuls à oser dire cela.
Donc vous voyez tout de suite qu'on s'est engagé vraiment d'une manière sereine dans un chiffrage important et détaillé par rapport aux autres partis politiques parce que d'un côté, nous avions plein de mesures à mettre en place, dont malheureusement beaucoup de milliards à dépenser en 5 ans, mais de l'autre, des économies budgétaires très importantes dans au moins 3 grands domaines dont je viens de parler.
D'accord. Est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur la fiabilité de ce chiffrage et sur sa solidité ?
Alors, je dirais qu'on a été extrêmement prudents. Prudents. Bon, je dois le dire, je suis peut-être un peu trop prudent de nature. Parfois, nous avons eu des discussions internes où moi j'ai plutôt proposé d'être toujours le plus prudent, de prendre des marges de manœuvre. Je prends un exemple. L'immigration. Le coût de l'immigration, le Front National, à l'époque, on peut le citer, Pierre Milot, qui est aussi un grand fonctionnaire d'État, maintenant à la retraite depuis un moment, qui est le premier qui avait fait un chiffrage du coût de l'immigration. Et puis, nous avons, année après année, actualisé ce chiffrage.
Aujourd'hui, nous considérons que le coût de l'immigration est de 70 milliards d'euros par an. Et puis, il y a eu d'autres organismes qui ont chiffré. Peu à peu, de plus en plus d'institutions se sont mis à chiffrer le coût de l'immigration. On connaît le coût de l'immigration de Gourévitch qui monte à 35 milliards, 35, 40, 45, 50, 70 parfois. Bon, prenons 70 milliards qui nous paraît être un minimum pour nous. Eh bien, en fait, 70 milliards par an.
Or, dans le programme chiffré de Marine Le Pen, il y a une simple montée en puissance d'économie budgétaire due à l'application de la priorité nationale sur un certain nombre de secteurs très ciblés dans le domaine de l'immigration, qui dégage la première année, en 2013, l'année effective, un peu plus de 5 milliards pour monter à 11 milliards seulement, entre guillemets, en 2017. Ce qui nous fait un total cumulé à 5 ans de 40,8 milliards. Alors qu'on pourrait revendiquer 5 fois 7, 350 milliards. Bien sûr, ce serait exagéré. Mais donc, ce qui montre à quel point le Front National et Marine Le Pen, dans ce chiffrage, a usé d'une très grande prudence.
Donc, évidemment, on ne peut pas dire que le chiffrage de ce programme a été fait de manière abracadabantesque, comme un certain nombre ou un journaliste d'un journal a pu commenter cet exercice. Et d'ailleurs, un journaliste qui n'a même pas dû regarder le moindre détail des tableaux extrêmement précis que nous avons communiqués à la presse, un tableau de synthèse et un tableau de 5 pages, où on peut rentrer dans la mécanique de ce chiffrage.
Alors, un autre point qui montre également à quel point nous avons été prudents et où, je dirais, Marine Le Pen a fait preuve dans ce programme et dans la responsabilité de ce chiffrage d'un réel sens de l'État, c'est tout simplement également les hypothèses de taux de croissance. Alors qu'en fait, nous avons un programme semi-révolutionnaire qui sort du système, la sortie de l'euro est chiffrée, programmée, et qui va entraîner évidemment à la fois de l'oxygène pour le financement, autant bas de bilan et haut de bilan, surtout des entreprises, avec la... on va recouvrer la maîtrise de la Banque de France.
Et donc, il est évident que la réindustrialisation, que le renflouement de toutes les PME, le redéploiement de l'emploi vont générer de la croissance. Pourtant, nous avons été relativement sages puisque finalement, nous avons retenu des taux de croissance pour les trois dernières années de la mandature future de 1,7%, 2,4% et 2,8%. Alors, hors inflation. Donc, ce sont des taux de croissance extrêmement sages, mais bien sûr, nous revendiquons en quelque sorte une relance économique au moins à partir de la troisième année de manière effective du mandat, et spécialement la quatrième et cinquième année.
Bon, également, un autre domaine dont on parle beaucoup, et évidemment, on est au centre des débats sur cette question, ce sont les fameuses écluses douanières. Alors, effectivement, dans le programme, en particulier, nous avons prévu de mettre en place des écluses douanières, et je dois le dire, là, on l'a fait de manière extrêmement circonspecte. Nous avons seulement mis en place des écluses douanières sur des produits ciblés dans des domaines stratégiques. On ne va pas appliquer des écluses douanières sur l'ensemble des importations. Par contre, on va regarder bien où sont les déficits importants d'un point de vue commercial avec certaines zones données.
On va voir là où il y a le plus de dumping social. Et surtout, on va mettre en place des écluses douanières, donc encore une fois, ciblées et intelligentes et raisonnées, mais sur des produits qui ont en face des produits français. Parce que le but, c'est de favoriser les produits français. Alors, si malheureusement, une filière est totalement détruite, on ne va pas mettre des écluses douanières. Donc, ce que je veux dire, c'est que la mise en place de ces écluses douanières, qui se fera d'ailleurs sous l'égide de la cellule de planification de la réindustrialisation, une planification stratégique de la réindustrialisation, et qui va identifier des secteurs à sauvegarder totalement.
Et on va dire, là, pas touche, c'est du domaine du cœur industriel de la France, donc on va protéger. Donc, ces écluses douanières, si on a un peu le sens du poids du nombre de milliards, c'est seulement, pour nous, la mise en place de barrières douanières à hauteur de 3 milliards d'eux par an, ce qui fait 16 milliards à 5 ans, ce qui est totalement, encore une fois, prudent, vraiment, dans notre approche.
Voilà, donc, ce qui prouve que ce chiffrage a été fait de manière extrêmement sérieuse, extrêmement détaillée, et encore une fois, avec beaucoup de prudence, et nous avons beaucoup de marge de manœuvre, et je dirais que dans les mois qui viennent, certainement, l'utilisation de ce chiffrage détaillé nous permettra, en quelque sorte, de valider pleinement toutes les mesures que nous avons décidé de mettre en place.
Merci Thibault Latognaï. Merci beaucoup.
Thibaut De La Tocnaye